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Arts Et Spectacles

Netflix et le grand écran peuvent-ils cohabiter? | Marc-André Lussier

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Mario Fortin

Le président du Cinéma Beaubien administre aussi le Cinéma du Parc et le Cinéma du Musée, à Montréal. Il est également le vice-président de la Confédération internationale des cinémas d’art et d’essai. Sa position, très ferme, rejoint celle des différentes associations de cinémas d’art et d’essai de par le monde.

«On m’a offert de présenter Roma dans l’une de mes salles, mais j’ai refusé. Tant que Netflix – ou n’importe qui – proposera une sortie simultanée sur une plateforme et dans les salles, il m’est impossible d’accepter une proposition comme celle-là. Leur ouvrir la porte donnerait lieu à un combat inégal dont on ne pourrait sortir gagnants. On perdrait beaucoup de spectateurs. Les salles doivent garder l’exclusivité d’un film. Amazon Studios respecte les règles et ça fonctionne bien. Pourquoi pas Netflix?»

Vincent Guzzo

Le président de l’Association des propriétaires de salles de cinéma a longtemps vu Netflix comme une plateforme où aboutissent des productions de deuxième ordre, indignes d’une sortie en salle, mais l’arrivée de films Netflix de grande qualité ne lui fait pas changer son point de vue.

«Il n’est pas question d’adoucir notre position. Mettre en marché un film, ça coûte cher. Tenir des salles de bonne qualité entraîne aussi beaucoup de frais. Si Netflix m’offre l’année prochaine de présenter The Irishman [le prochain film de Martin Scorsese] en respectant l’exclusivité de la projection en salle pendant 90 jours, qui est la règle, je n’ai aucun problème avec ça. On accepte même, exceptionnellement, de réduire la fenêtre d’une quinzaine de jours parfois, mais il faut quand même que les exploitants puissent avoir l’exclusivité d’un film pendant un moment. Si ce n’est pas le cas, même si c’est un film de Scorsese, il n’est pas question de le présenter chez nous.»

Andrew Noble

Le président du Regroupement des distributeurs indépendants de films du Québec est en tous points solidaire avec les exploitants.

«Je trouve extrêmement triste le cas de Roma. C’est un film qui devrait être vu sur grand écran, mais Netflix en a acquis tous les droits. La vocation d’une salle de cinéma est d’offrir un divertissement exclusif. Si tu proposes un film qui est diffusé en même temps sur une plateforme, qui va vouloir payer pour aller le voir dans une salle ? C’est pour cette raison que les différentes fenêtres d’exploitation existent. Sans elles, il n’y a plus aucune raison de garder des salles de cinéma, car l’écosystème entier ne peut pas survivre sans exclusivité.»

Marcel Jean

Si Netflix lui offrait de présenter Roma au mois de décembre, le directeur général de la Cinémathèque québécoise le mettrait à l’affiche sans aucune hésitation.

«Depuis plus de deux ans, la Cinémathèque propose aussi des nouveautés, principalement des documentaires québécois et des films de fiction indépendants québécois et étrangers, et ce, même si ces films-là ont déjà été diffusés à la télé. On n’arrivera pas à faire fermer Netflix, personne. J’ai beaucoup de sympathie pour les exploitants et les distributeurs, mais je crois que leur combat est perdu. Nous évoluons maintenant dans un monde où il faut penser différemment, car tout le modèle traditionnel est mis à mal. On arrive à un moment de l’histoire où il faut se poser des questions, cesser d’avoir des certitudes et des préjugés, et se dire qu’il va falloir s’adapter. Je pense que le bras de fer qui a lieu actuellement va se jouer dans les 18 ou 24 prochains mois, et la situation ne pourra rester telle quelle, y compris par rapport au Festival de Cannes.»

L’avis d’une cinéphile milléniale *

«J’aime bien aller au cinéma, mais si les salles de cinéma disparaissaient demain, je ne serais pas inconsolable. Selon moi, il ne faut pas voir Netflix comme un ennemi, mais d’abord et avant tout comme un allié. Ce service permet, entre autres, à des films « pointus » d’être accessibles à énormément de personnes. Il faut voir cela comme un avantage. L’exemple le plus flagrant demeure celui du film hongrois On Body and Soul, lauréat de l’Ours d’or à Berlin en 2017, acheté par Netflix. Aurait-il été aussi accessible s’il était sorti en salle ? Serait-il même sorti en salle ? À mon avis, il est légitime de se poser cette question. Certes, il peut facilement se perdre dans le catalogue Netflix, mais je crois que les cinéphiles vont se donner la peine de chercher. Peut-être pas les autres utilisateurs, mais, de toute façon, qui serait allé voir ce film au cinéma ? Bref, cela ne me dérange aucunement qu’un film comme Roma ne sorte jamais en salle. Il sera sur Netflix, je vais pouvoir le regarder. C’est tout ce qui compte.» – Isabelle Descoteaux, Montréal

L’avis d’un cinéphile millénial *

«En tant que cinéphile millénial, je réfléchis constamment sur la relation entre le cinéma et Netflix. Je comprends très bien l’utilité des plateformes en ligne, mais je considère que l’expérience en salle est essentielle à la survie du cinéma. Il est certain que l’arrivée d’un film comme Roma sur Netflix est encourageante. Cela peut démocratiser une oeuvre qui aurait autrement eu droit à une diffusion plus anonyme. Toutefois, j’aurais bien aimé avoir l’occasion de voir Roma en salle. Le cinéma, en tant que lieu, est une expérience à part entière. Au-delà de la grandeur de l’écran et de la qualité du son qui rendent les oeuvres immersives, c’est un endroit d’échanges. La salle est un écosystème vivant qui vibre au gré des spectateurs. C’est un lieu de rencontres entre les spectateurs et le film, mais aussi entre les spectateurs entre eux. À mes yeux, c’est la somme de ces relations qui, amplifiant l’émotion des films, est la nature même du cinéma.» – Pierre-Luc Racine, Boucherville

_______________________________________________________________________________

* Après un appel lancé sur les réseaux sociaux, où l’option de la sortie simultanée sur Netflix et dans une salle de cinéma fait presque l’unanimité, nous avons sélectionné deux points de vue de cinéphiles milléniaux qui résument bien la question.



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Arts Et Spectacles

Une exposition sur le hockey à la Grande Bibliothèque

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L’exposition intitulée À nous la glace ! – L’ADN du hockey amateur puise dans les collections de BAnQ pour dresser un portrait vivant de l’univers du hockey amateur au moyen d’archives animées, de séquences de films, de photos et de témoignages. Elle montre notamment des entrevues avec des jeunes athlètes, des entraîneurs, des parents, des personnalités et des joueurs retraités.

Le court métrage Les Pee-Wees sur glace, réalisé en 1961 sous la direction photo de Jean-Claude Labrecque et avec une narration du célèbre descripteur de hockey René Lecavalier, fait partie des documents en montre. Les images montrent l’ancienne grande étoile du hockey, Jean Béliveau, qui s’amuse sur une patinoire extérieure avec de jeunes joueurs.

Jean-Louis Roy, président directeur-général de BAnQ, estime que cette exposition témoigne de la nordicité du Québec et de la passion des Québécois pour un sport qui traverse toute leur histoire.

L’exposition offre un parcours interactif sous la forme d’un jeu sur tablettes et cellulaires qui consiste à répondre à une série de questions à l’aide d’informations glanées dans l’exposition.

Les visiteurs sont invités à donner leur propre témoignage sur le hockey grâce à une installation sonore interactive. Ils pourront enregistrer leurs propos, puis les réentendre dans un espace mettant en scène des sons de parties de hockey à l’aréna.

L’humoriste Jean-Thomas Jobin est le porte-parole de l’exposition.

L’accès à l’exposition est gratuit du mardi au jeudi de 12 h à 21 h, le vendredi de 10 h à 21 h et le samedi et le dimanche de 10 h à 17 h.



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Arts Et Spectacles

Keith Richards annonce avoir réduit l’alcool

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Agence France-Presse
New York

Keith Richards, le guitariste des Rolling Stones dont le nom est synonyme d’excès, de drogue, de sexe et de rock’n’roll, a annoncé avoir arrêté l’alcool. Ou presque.

«C’était le moment d’arrêter», a expliqué le musicien britannique de 74 ans, connu pour son amour du whisky, dans une entrevue au magazine culturel américain Rolling Stone.

«Ça fait un an maintenant», a-t-il précisé. «J’en avais marre».

«Je ne vois pas vraiment de différence», a continué le meilleur ennemi de Mick Jagger.

Son compère guitariste au sein des Stones, Ronnie Wood, sobre depuis 2010, a pour sa part expliqué qu’il trouvait dorénavant Richards «plus doux».   

«C’est un plaisir de travailler avec lui», a-t-il dit à Rolling Stone. «Il est ouvert à plus d’idées».

Mais Keith Richards, arrêté plusieurs fois pour possession de drogue au cours de son exténuante carrière, a reconnu ne pas avoir totalement arrêté. Il consomme toujours «à l’occasion» une bière ou un verre de vin.



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Ten Years Thailand fait entrer la politique au cinéma | SIPPACHAI KUNNUWONG ET DELPHINE THOUVENOT

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Une femme nue lapidée par une foule rappelant les manifestants pro-junte, des soldats ridiculisés lors d’une opération contre une exposition de photos dans une galerie, une générale en uniforme rose envoyant les récalcitrants se faire découper dans l’espace… Autant de sujets jamais montrés au cinéma habituellement.

Les opposants aux militaires au pouvoir depuis un coup d’État en 2014 se sont pressés à la première mardi soir à Bangkok, des étudiants abonnés aux interpellations à l’étoile montante de l’opposition, le millionnaire Thanathorn Juangroongruangk.

Mais pour Aditya Assarat, coréalisateur et producteur, le but est de dépasser le public de l’intelligentsia bangkokienne et de toucher des spectateurs «normaux», qui «ne vont d’habitude pas au cinéma».

«Nous voulons que viennent voir le film tous ceux qui sont inquiets de la direction prise par le pays, avec les militaires au pouvoir», explique Aditya Assarat, qui a étudié le cinéma en Californie.

Il espère attirer 500 000 spectateurs et renouveler l’exploit de Ten Years Hong Kong, le premier de cette série de films à petit budget, qui avait créé la surprise en attirant les foules à Hong Kong.

L’époque était favorable: le film était sorti en 2015, dans le contexte de la révolte des parapluies, manifestations de jeunes Hongkongais dénonçant la mainmise de Pékin sur leur île.

Ce nouveau film, combinant des moyens métrages de quatre réalisateurs thaïlandais dont Apichatpong Weerasethakul, Palme d’or à Cannes en 2010, est à l’origine une commande du producteur hongkongais de Ten Years, qui a dupliqué le projet en Thaïlande, au Japon et à Taïwan. Avec un même cahier des charges: imaginer son pays dans dix ans.

Dans sa partie de Ten Years Thailand, «Catopia», le réalisateur Wisit Sasanatieng imagine un monde où les chats ont pris le pouvoir et poursuivent les derniers hommes, en une métaphore de l’écrasement récurrent en Thaïlande, par des coups d’État conservateurs, des gouvernements réformateurs élus.

«La Thaïlande est divisée entre démocrates et partisans de la dictature», résume le réalisateur, marqué par la répression meurtrière par l’armée d’une manifestation d’opposition en 2010.

Chasse aux sorcières

«Certains pensent que si vous militez pour la démocratie, vous êtes un sale type», témoigne Wisit, évoquant une atmosphère de «chasse aux sorcières», notamment sur les réseaux sociaux.

«Nous nous dissimulons et prétendons adhérer à la majorité, être un des leurs», commente la spectatrice Lalita Sirimongkol, filant la métaphore de «Catopia». Employée d’une agence de publicité, elle confie son «malaise à voir exprimées (dans le film) toutes ces choses qu’on ne peut pas dire dans la société» thaïlandaise.

«Il s’agit de mélanger politique et science-fiction. Et d’imaginer notre société dans le futur, marquée par l’héritage de la junte», explique Chulayarnnon Siriphol, le cadet du quatuor de réalisateurs, âgé de 32 ans.

Sa partie, «Planetarium», est la plus ouvertement critique de la junte: une équipe de scouts, sous l’égide de la fameuse générale en uniforme rose, y épie la population jusque dans les toilettes, depuis les téléscopes d’un mystérieux observatoire. Le système d’expulsion des opposants dans l’espace est quant à lui contrôlé par un moine au visage dissimulé par un casque de moto.

«Je suis surprise que le film ait passé la censure», réagit Naya Adam-Ehrlich, entrepreneuse de Bangkok, à sa sortie de salle, toute mise en cause des instances bouddhistes ou militaires étant habituellement censurée.

Il y a quelques semaines, un réalisateur a dû couper une scène de moine en pleurs à des funérailles, signe de l’étonnante mansuétude du comité de censure du ministère de la Culture avec Ten Years Thailand.

Mais, explique Chulayarnnon, «il y a des limites à ce que je peux dire, une forme d’autocensure, sur la plus haute institution par exemple», expression par laquelle les Thaïlandais désignent la royauté. Il a d’ailleurs accepté de couper une séquence, à caractère potentiellement lèse-majesté, qui donnait des sueurs froides aux producteurs.



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