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Des avertissements sur chaque cigarette ? | STÉPHANIE MARIN

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Le ministère fédéral de la Santé trouve important d’explorer d’autres avenues pour bien informer les citoyens des risques associés au tabagisme, a expliqué en entrevue téléphonique Saira David, directrice du Bureau de l’étiquetage et de la banalisation des emballages au sein du ministère.

De plus, les règles sur l’étiquetage n’avaient pas été mises à jour depuis longtemps, a-t-elle ajouté.

Selon cette responsable, l’initiative n’a pas été lancée parce que les emballages actuels – des avis sur les paquets de cigarettes avec des photos montrant par exemple des poumons noircis et atrophiés – n’atteignent pas l’objectif recherché. Il était tout simplement temps de regarder d’autres idées, a-t-elle souligné.

Pourtant, de récentes données de Statistique Canada démontrent que le nombre de fumeurs au pays a augmenté. Selon les plus récents chiffres datant de 2017, 15 % des Canadiens ont déclaré être des fumeurs – occasionnels aussi bien que quotidiens – ce qui est en hausse par rapport à 2015, qui n’en comptait alors que 13 %, un creux historique.

D’écrire de tels avis sur chaque cigarette serait-il plus efficace ? Des recherches récentes, mais limitées, montrent que les mises en garde qui figurent directement sur le produit pourraient être efficaces pour le rendre moins attrayant auprès des utilisateurs, a confié Mme David.

Cela serait un rappel sur une base régulière, pour le fumeur comme pour ceux qui se trouvent à proximité.

De quoi auraient l’air ces cigarettes ? Mme David a signalé que rien n’était décidé encore. Mais le document accompagnant la consultation donne en exemple des cigarettes où il est écrit en noir sur la partie blanche de la cigarette : « Fumer cause le cancer ».

La consultation, lancée vendredi dernier, portera aussi sur d’autres aspects de l’étiquetage, comme des rotations d’avertissements, pour qu’ils soient constamment renouvelés.

Le public, et toute organisation concernée, auront jusqu’au 4 janvier 2019 pour faire part de leur opinion et de leurs commentaires.



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La nécessité de réfléchir, mais surtout d’agir, du Parti québécois

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Les candidats élus et battus, y compris l’ex-chef Jean-François Lisée, se réunissent « à huis clos » samedi à Montréal afin de tirer les leçons de la dernière campagne électorale du Parti québécois, qui s’est conclue sur son pire résultat enregistré en 50 ans. Quels sont les ressorts de la défaite du 1er octobre dernier ? Quels sont les défis à relever d’ici au prochain rendez-vous électoral ? Tour d’horizon.

Causes de la défaite

Un « problème d’identité »

La stratégie de « chasser les libéraux » en 2018, puis de « réussir l’indépendance » en 2022, « dans cet ordre », a plombé le PQ, indique sans détour l’ancien ministre des Finances Nicolas Marceau. « Nous sommes un parti indépendantiste qui reporte l’enjeu, qui fait de l’indépendance un objectif parmi d’autres », dit le candidat défait dans Rousseau. « Ça donne donc un parti dont l’identité n’est plus claire, et c’est pour moi le premier enjeu. Diluer l’indépendance [au fil des ans] a mené à l’éclatement de la coalition qu’était le PQ », ajoute-t-il, tout en appelant à l’adoption d’un discours souverainiste clair et assumé.

Il y a eu « les conditions gagnantes », « l’assurance morale de gagner », « la gouvernance souverainiste et l’idée d’attendre 2022 » : le PQ « a épuisé ses stratégies d’adaptation à l’environnement électoral », fait valoir le politologue Eric Montigny. Cette forme d’attentisme a fini par « éroder le clivage Oui-Non » qui a longtemps servi le PQ, dit-il.

Le chef Lisée

Plus d’un militant contacté par Le Devoir en veut toujours à son ancien chef Jean-François Lisée pour avoir pressé de questions Manon Massé sur l’identité du vrai chef de Québec solidaire lors de l’ultime débat électoral. Il a alors perdu la bataille de la crédibilité qu’il menait contre le chef caquiste, François Legault.

M. Lisée cherche aujourd’hui la « rédemption » en tentant de démontrer à coups d’appels téléphoniques et de messages électroniques qu’il avait bien fait sur le plateau de TVA, fait remarquer un candidat désirant ne pas être nommé. Celui-ci avoue avoir stoppé net, le soir du « face à face » de TVA, les dépenses de son équipe de campagne. « Cet homme-là [M. Lisée] a à porter sur la conscience, sur sa conscience, la plus grande défaite de l’histoire du parti indépendantiste au Québec. À sa place, que ce soit de sa faute ou pas, j’aurais de la misère à dormir », affirme-t-il.

La volonté de changement et le poids des mauvaises décisions

Mathieu Traversy, qui a mordu la poussière dans Terrebonne le 1er octobre dernier, est persuadé que les électeurs ne voyaient pas le PQ « capable de répondre » à leur désir de chasser les libéraux du pouvoir et à leur soif de changement. « On s’est ramassés dans la craque du sofa, le PQ », soutient-il.

Les candidats ont porté le poids des décisions impopulaires prises par les gouvernements péquistes successifs. Un candidat défait raconte qu’un électeur refusait net de l’appuyer en raison des coupes salariales imposées aux employés de l’État en 1982 par le gouvernement Lévesque. « Je n’étais même pas né », fait-il remarquer au Devoir. Il s’est aussi fait reprocher, en lieu et place du PQ, non pas d’avoir élaboré la charte des valeurs québécoises, mais d’en avoir fait « un enjeu électoral en 2014 ». Il s’est également fait rappeler le feu vert donné à l’exploration pétrolière sur l’île d’Anticosti — qui a « fâché notre gauche » — et l’annonce d’une hausse d’impôt rétroactive pour les plus nantis — qui a « fâché notre droite » — sous le gouvernement Marois.

 

 

Défis à relever

Réflexion sans complaisance, mais dans l’ordre

Après la débâcle électorale du 1er octobre, « c’est important que tout soit sur la table », insiste Mathieu Traversy, qui est actuellement en cure de « désintox » de la politique forcée.

« La reconstruction de la coalition péquiste ne pourra se faire avec seulement les indépendantistes sociodémocrates », croit Nicolas Marceau. Ce dernier soutient que le PQ doit se « recentrer sur l’axe gauche-droite, et sur l’axe identitaire également. Ça prend des positions plus équilibrées, plus consensuelles », pense-t-il.

Un militant influent suggère lui aussi de débattre de tout, « à part le fait d’être indépendantiste et social-démocrate », mais dans l’ordre. Il craint de voir le PQ prendre les mauvais plis du Bloc québécois, qu’il décrit comme un « camp de réfugiés » tombé dans « des niaiseries ».

Rallier l’appui de tous les indépendantistes

Animée par la conviction que le PQ ne dispose pas du « monopole de l’indépendance », Gabrielle Lemieux, propose de « mettre le Parti québécois au service du mouvement indépendantiste ». « Quand je parle de “mouvement [indépendantiste]”, je parle de quelque chose de très, très large qui rassemble autant les individus qui se réclament de l’indépendance que les organisations, les partis politiques, les leaders politiques, les politiciens », précise la présidente du PQ. La jeune trentenaire garde un « grand espoir » pour l’avenir en raison de la présence de « tous ces gens et toutes ces organisations indépendantistes » dans le paysage politique québécois. « Reste que le défi est [de trouver] comment tout le monde peut travailler ensemble », souligne-t-elle.

Eric Montigny y voit « un changement important » s’opérer. « Depuis le début, le PQ rassemblait tous les indépendantistes, avec un chef qui établissait le chemin pour y arriver. On entre dans une nouvelle phase où ce leadership n’est plus entre les seules mains du chef du PQ. »

« Miser sur ses forces » : ses convictions indépendantistes et ses jeunes

Le PQ peut compter sur des milliers de militants animés d’une « cause tellement importante » à leurs yeux : l’indépendance du Québec — ce qui n’est pas le cas de la Coalition avenir Québec ou encore du Parti libéral du Québec, fait valoir Gabrielle Lemieux.

Le président général de la Société Saint-Jean-Baptiste, Maxime Laporte, appelle les « élus indépendantistes à remettre, sérieusement, maintenant, le cap sur l’indépendance ». « C’est là le seul moyen de faire renaître l’espoir, de faire renaître le Québec », soutient-il. « L’indépendantisme, s’il n’est pas proactif, ne peut que s’enliser dans la boue du statu quo constitutionnel. Bien sûr, il ne s’agit pas de faire des concours de credo indépendantiste, mais que les indépendantistes sortent de la passivité. Je plaide donc pour l’action », poursuit-il.

La députée de Marie-Victorin, Catherine Fournier, est partante. Elle invite ses consoeurs et confrères à « recentrer [le PQ] autour de [leur] projet fondateur de faire du Québec un pays et à recommencer à additionner ». « Il faut certes réfléchir, mais aussi agir. Trop souvent, le Parti québécois a fait des constats sur sa situation sans avoir le courage de faire les gestes qui s’imposaient par la suite », note-t-elle.

Martine Ouellet demeure convaincue que le PQ « a tout à gagner à s’aligner sur l’indépendance ». Par ailleurs, l’instigatrice du Mouvement Québec indépendant demande « qu’on arrête de dire que les jeunes ne sont pas indépendantistes et ne s’y intéressent pas ». Près de la moitié des jeunes ont voté il y a un mois et demi pour QS ou le PQ, « deux partis indépendantistes ».

D’ailleurs, une nouvelle génération a discrètement pris les commandes du PQ au fil des dernières semaines : des trentenaires occupent de nombreux postes clés à la fois à la permanence du parti et à l’Assemblée nationale. « Tu te promènes aux funérailles d’État de Bernard Landry, tu regardes tout le monde et tu te dis : ils ont eu de grandes responsabilités. Tu retournes chez toi et tu te dis : c’est notre gang de jeunes qui a le PQ sur les épaules. On a hérité du parti de René Lévesque. C’est une crisse de grosse responsabilité. »

 

Ce texte fait partie de notre section Perspectives.



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Francophonie ontarienne: Sonia LeBel s’entretient avec Caroline Mulroney | Hugo Pilon-Larose

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Hugo Pilon-Larose

(Québec) La ministre québécoise de la Justice, des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne, Sonia LeBel, affirme avoir discuté avec son homologue ontarienne, Caroline Mulroney, pour lui faire part de ses «inquiétudes» concernant «la fin du projet d’université francophone à Toronto et du transfert de la responsabilité du Commissariat aux services en français au Bureau de l’ombudsman».

«Caroline Mulroney m’a fait part de son engagement envers la communauté franco-ontarienne et des défis budgétaires auxquels le gouvernement de l’Ontario fait face», a écrit Mme LeBel sur Twitter.  

Selon plusieurs médias, l’équipe des communications de Mme Mulroney, procureure générale de l’Ontario et ministre déléguée aux Affaires francophones, a indiqué qu’elle n’était pas disponible cette semaine pour donner des entrevues.  



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Un tunnel sous la rue Sainte-Catherine pour limiter les chantiers ? | Pierre-André Normandin

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La Ville de Montréal vient de commander une série d’études aux firmes CIMA+ et Provencher_Roy afin de planifier les prochaines étapes dans le vaste chantier de modernisation de la rue Sainte-Catherine Ouest. Si l’administration Plante a récemment dévoilé ses orientations pour le premier volet de cet important projet – entre De Bleury et Mansfield -, il faut planifier les travaux sur un autre tronçon, plus long encore, soit entre Atwater et Mansfield.

Élément central du mandat de 900 000 $ confié aux deux firmes, elles devront étudier la possibilité d’implanter sous l’artère une « galerie multiréseaux ». Il s’agit d’un tunnel qui abriterait l’ensemble des services d’utilité publique : égouts, alimentation en eau, électricité, gaz et télécommunications.

Si ce type de galerie souterraine sert souvent de décor aux films d’horreur, celle-ci pourrait éviter bien des cauchemars aux Montréalais à l’avenir. Normalement, conduites et câbles sont enfouis sous terre. Pour les réparer lors de ruptures, il faut donc creuser une tranchée dans la chaussée pour y accéder, ce qui force la mise en place d’une entrave et entraîne une interruption de la circulation.

Miser sur une galerie souterraine permettrait d’éviter ces entraves en facilitant l’accès à ces conduites ou câbles en cas de ruptures ou de travaux d’entretien. Les réparations pourraient être apportées sans qu’il faille interrompre la circulation en surface.

RARE À MONTRÉAL, FRÉQUENT AILLEURS DANS LE MONDE

Ce type de tunnel est rare à Montréal, mais fréquent ailleurs dans le monde, notamment en Asie, selon le Centre d’expertise et de recherche en infrastructures urbaines (CERIU). Ce groupe mène depuis avril, avec l’Université Concordia, une étude sur ces galeries souterraines pour le compte de la métropole.

On avance que ce type d’aménagement sous la chaussée permet de réduire le nombre d’interventions pendant 100 ans.

Montréal s’intéresse de près aux galeries souterraines depuis un an. La métropole a d’ailleurs entrepris de réaliser un projet pilote alors qu’un premier tunnel du genre doit être aménagé en 2019 sous un tronçon de 250 m de la rue Ottawa, dans Griffintown. La Ville compte ensuite suivre l’évolution de l’installation pendant cinq ans pour évaluer comment elle se comporte dans le sol montréalais.

Mais déjà, la métropole envisage d’étendre l’utilisation des galeries. La rue Sainte-Catherine Ouest est considérée comme une bonne candidate pour ce type d’aménagement en raison de sa forte densité urbaine. On y recense une importante concentration de commerces, trois stations de métro – Peel, Guy-Concordia, Atwater -, quatre musées importants et plusieurs établissements d’enseignement.

ÉTENDRE LA VOIE UNIQUE ?

Au-delà d’une galerie souterraine, les firmes CIMA+ et Provencher_ Roy devront aussi étudier la possibilité d’étendre le concept en surface retenu pour la rue Sainte-Catherine, entre les rues Mansfield et De Bleury. L’administration Plante a dévoilé cette année qu’elle comptait aménager une seule voie de circulation, éliminer le stationnement sur rue et élargir les trottoirs.

Les ingénieurs et architectes devront maintenant déterminer si cette géométrie peut convenir pour le tronçon de 1,7 km entre la rue Mansfield et l’avenue Atwater. Des analyses de la circulation et de la fonctionnalité sont jugées nécessaires.

Les firmes ont 30 semaines pour livrer leurs recommandations sur la galerie souterraine ainsi que la géométrie de la rue. Ils ont un an pour préparer l’avant-projet préliminaire pour les travaux de la rue Sainte-Catherine, qui serviront à évaluer le coût de ce chantier.

Ces études ne retarderont pas le début du chantier de la rue Sainte-Catherine Ouest puisqu’elles visent uniquement la deuxième phase du projet, dont les travaux ne débuteront pas avant 2022 et s’étendront jusqu’en 2027.

De 2018 à 2020 De Bleury à Mansfield

De 2020 à 2021 Secteur du square Phillips

De 2022 à 2024 Entre Mansfield et Bishop

De 2024 à 2026 Entre Bishop et Saint-Marc

De 2026 à 2027 Entre Saint-Marc et Atwater



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