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Opinions

En sol québécois | Le Devoir

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En 1989, j’ai croisé Bernard Landry tout près de l’UQAM. Je le connaissais déjà depuis nos études doctorales à Paris. Je n’ai pas pu m’empêcher de l’arrêter pour lui dire combien j’avais apprécié ce qu’il venait de dire lors d’une interview à une chaîne de Radio-Canada. C’était dans le contexte des débats qui ont précédé la commission Bélanger-Campeau. À un journaliste qui lui demandait ce qui définit un ou une Québécois(e), il avait répondu « est Québécois celui qui habite en sol québécois ». C’est cette phrase qui m’a décidée à me rallier au Parti québécois. J’ai par la suite gagné sa confiance lors de ma nomination à un des postes les plus difficiles de la diplomatie québécoise, la représentation du Québec à Washington durant la période référendaire de 1995. Près de trente ans plus tard, nous sommes bien loin de la représentation de l’identité québécoise désignant tous ceux qui résident en sol québécois. Il m’arrive de me demander si aujourd’hui, devant un certain discours issu d’un nationalisme conservateur, je trouverais encore ce motif fondamental pour soutenir l’objectif de souveraineté, ce « nous » désignant tous les résidents du Québec. Bernard Landry a été un bâtisseur et un modèle pour les souverainistes. Marcher dans ses pas et ne pas tergiverser sur l’identité québécoise est une condition de réussite de l’objectif que nous poursuivons.



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État de droit, démocratie et populisme

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Dans son texte du 3 novembre dernier paru dans Le Devoir, Christian Nadeau fait de l’État de droit le principe fondamental de la démocratie. Sur la base de cette corrélation entre les deux, il voit conséquemment dans toute contestation du rôle politique exercé par les tribunaux une menace pour celle-ci. Or, il me paraîtrait plus juste de dire que les régimes démocratiques modernes sont nés d’une tension entre, d’une part, la démocratie proprement dite, c’est-à-dire le pouvoir du peuple (qui se manifeste à travers élections, référendums, consultations diverses, protestations, etc.) ; et, d’autre part, cet État de droit (qui protège l’individu contre l’arbitraire du pouvoir et les minorités contre l’oppression de la majorité).

Il me semble également qu’on ne peut pas comprendre l’émergence actuelle de ce qu’il est convenu d’appeler le « populisme » si on ne prend pas en compte le fait que, depuis environ trois décennies, dans la plupart des pays occidentaux, l’équilibre (toujours instable) entre cet État de droit et le pouvoir théoriquement dévolu au demos a été rompu en faveur du premier.

Plusieurs phénomènes ont contribué à engendrer un tel déséquilibre : principalement, le carcan réglementaire que les accords économiques internationaux ont imposé aux États, pour l’essentiel au profit des multinationales (à quoi il faudrait ajouter, pour ce qui est de l’Europe, toutes sortes de règles décidées par la Commission de Bruxelles, en dehors de tout contrôle démocratique réel, et qui pourtant ont force de loi) ; mais aussi une « politique des droits », qui, conjuguée à un activisme des juges, contribue à imposer, en faveur de certaines minorités, et contre la volonté souvent manifeste de la population, des décisions dont celle-ci ne veut pas (pensons, au Québec, à la décision de la Cour suprême concernant le port du kirpan). Ces deux phénomènes concourent à une érosion de l’espace dévolu au débat démocratique et réduisent d’autant l’expression d’une volonté populaire qui ne trouve plus à s’exprimer que sur des enjeux sans consistance, tandis qu’échappent à son contrôle des pans entiers de l’ordre politique et social.

Souveraineté populaire

Dans ces circonstances, qui prédominent depuis plus de trente ans, la souveraineté populaire, qui est en principe au fondement de nos démocraties, a tout désormais d’une peau de chagrin. D’un côté s’imposent aux peuples des règles du commerce international et des accords multinationaux qui ne font jamais l’objet de véritables débats, et qui sont toujours présentés à l’opinion publique à la fois comme inévitables et comme facteurs d’une prospérité à venir qui se fait cependant attendre, tandis que se détériorent sensiblement les conditions de vie de la majeure partie de la population. De l’autre, la rhétorique des droits délégitime le rôle politique des majorités historiques au profit des tribunaux et des groupuscules militants, tout en leur suggérant qu’elles n’ont plus vraiment voix au chapitre et en les dessaisissant sur le plan symbolique (à travers entre autres les attaques menées au nom de la diversité contre la nation) de toute maîtrise de leur destinée.

Il en résulte, particulièrement dans les couches économiquement les plus menacées de ces populations, un désintérêt pour la politique et les politiciens traditionnels, qui ont causé leur propre impuissance en enfermant leurs pays dans ce carcan de fer dont ils se montrent bien incapables de retrouver la clé, ainsi qu’un sentiment oppressant de fatalité, puisqu’il ne semble y avoir d’autres solutions que de se soumettre et de s’adapter à ces nouvelles réalités économiques (achat des compagnies locales par des intérêts étrangers, délocalisations, détérioration des conditions de travail, etc.) et de céder devant les revendications de plus en plus extrêmes des minorités religieuses ou ethniques issues de l’immigration (accommodements dits raisonnables, quotas à l’embauche, appropriation culturelle, etc.).

Se reprendre en main ?

Face à une telle situation de blocage et à un tel sentiment de dépossession, il n’est pas si étonnant que bien des électeurs se tournent alors vers des partis qui se prétendent « antisystème » et surtout vers des leaders charismatiques qui leur donnent l’illusion de pouvoir reprendre politiquement la main, la sensation de retrouver la capacité de lutter contre toutes ces évolutions sociales qui leur sont toujours présentées comme indiscutables et fatales. À travers ce populisme s’expriment certes de la rancoeur et de la colère — émotions dangereuses en politique —, mais aussi une revendication démocratique, celle de voir la politique renouer avec une certaine liberté.

En diabolisant leurs adversaires politiques, et leurs électeurs, en les qualifiant de « fascistes » de manière à se faire croire à eux-mêmes qu’ils sont partie prenante dans la lutte éternelle et héroïque de la Résistance et de la Bête immonde, en faisant du populisme et du nationalisme le repoussoir idéal afin de gagner les élections et de se maintenir au pouvoir (pensons à Macron, en France, qui, en chute dans les sondages, essaie de convaincre les Français que c’est lui ou Le Pen et qu’il n’y a pas d’autre option), les libéraux jouent à un jeu dangereux. Ils continuent en fait à alimenter les conditions (entre autres le mépris des élites à l’égard des craintes ressenties par bien des gens modestes) qui ont politiquement propulsé le populisme et ses solutions simplistes sur le devant de la scène (car si elles sont souvent simplistes, elles se donnent au moins pour des façons de régler des problèmes sur lesquels les dirigeants libéraux préfèrent quant à eux fermer les yeux).

Ne devraient-ils pas plutôt descendre de leur tour d’ivoire et daigner écouter les craintes des gens ordinaires qui ne sont pas toutes infondées ; condescendre à laisser de côté les deux ou trois slogans (ouverture, vivre-ensemble, compétitivité) qui leur tiennent lieu de seul programme ; tenter de revivifier, enfin, la démocratie elle-même afin qu’elle retrouve un peu de lustre et de vigueur (réforme du mode de scrutin — n’est-ce pas, Monsieur Trudeau ? — ; introduction du référendum d’initiative populaire — pourquoi pas ? — ; réhabilitation aussi de la souveraineté nationale, la nation étant, jusqu’à preuve du contraire, le seul espace où peut s’exprimer démocratiquement la souveraineté populaire) ?



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Pénurie de main-d’œuvre et retraités

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Jour après jour dans l’actualité, on souligne que le Québec est en manque de main-d’oeuvre. Il y a à mon avis des solutions très simples et à portée de main. L’une d’elles, que je propose, est de mettre en place des mesures fiscales incitatives pour les retraités qui seraient ouverts à revenir sur le marché du travail à temps partiel pour meubler quelques jours de leurs semaines et arrondir leurs fins de mois, mais sans se faire bouffer tout le fruit de leur labeur.

Personnellement, j’ai connu une carrière professionnelle me permettant de bénéficier d’une bonne rente de retraite. Je ne souhaite pas retourner à un emploi qui entraîne tracasseries, anxiété, temps de transport important, comme c’était le cas à mon emploi antérieur. Ce qui m’intéresserait, comme bien d’autres de mes amis retraités, c’est un petit emploi de contact près de mon domicile, sans casse-tête, de 10 à 20 heures par semaine, et ce, même au salaire minimum. Par contre, avec ma rente de retraite, travailler au salaire minimum, en tenant compte du taux d’imposition actuel, c’est accepter de travailler pour un salaire net d’environ 6 $ l’heure. À ce compte, je préfère faire du bénévolat ou bricoler dans mon garage.

Comme mesure fiscale incitative et équitable, je propose que les retraités qui retournent sur le marché du travail soient imposés uniquement pour la portion du salaire post-retraite au taux où serait imposé un nouveau travailleur entrant sur le marché du travail occupant cet emploi. Ainsi, le gouvernement toucherait les mêmes gains fiscaux et cette mesure serait un réel incitatif pour les retraités qui, comme moi et bien d’autres, recherchent avant tout un travail pour maintenir la forme ou socialiser. L’économie s’en porterait mieux, tout en permettant aux entreprises d’accéder rapidement à des ressources disponibles en grand nombre.



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De la nécessité du retour du vrac dans les grandes surfaces

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Depuis quelques années, plusieurs nouveaux commerces de quartier proposent des aliments et des produits d’entretien bio en vrac. Apparemment que la clientèle augmente, se diversifie. C’est bien : en fréquentant ces commerces, on réduit le plastique et le gaspillage alimentaire, puis on mange plus sainement. Ça vaut le détour, il paraît.

Justement : tout consommateur ne peut faire le détour pour réduire le plastique tout en achetant bio, d’autant que les prix sont beaucoup plus élevés. J’admets sans gêne qu’il me fait mal au coeur, au portefeuille et aux pieds de me déplacer pour payer mon savon à vaisselle bio en vrac à 4 $ quand le bon vieux Palmolive de mon Jean Coutu est à 1,67 $. Quant aux arachides, quinoa, fruits séchés, je les achète chez un distributeur alimentaire au quart du prix. Mon banquier et mon employeur sont chiches : ma tirelire n’est pas élastique. Et je manque déjà de temps pour faire tout ce que j’aime. Comme bien des Québécois, je ne peux donc passer au bio et au vrac en même temps.

Le retour du vrac dans les grandes surfaces devient une option nécessaire en proposant des produits sans emballages, bio ou non, et ce, sur les lieux d’achats alimentaires usuels de la majorité des familles. Si les grandes chaudières et les braoules des années 1980 ne répondent plus aux standards d’hygiène du XXIe siècle, d’autres distributeurs verticaux sont commercialisés depuis.

Pourrait-on espérer que Metro fasse presse positive en proposant un retour du vrac dans ses épiceries à la grandeur du Québec ? L’épicier pourrait nous proposer ses 2500 produits de marques privées en vrac dans ses quelque 300 magasins ! Rappelons que Metro, en partenariat avec RECYC-QUÉBEC, a réellement changé les choses en 2006 en lançant des sacs réutilisables à 1 $.



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