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Bienvenue dans l’usine à saucisse : comment on crée une fausse nouvelle

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Le 15 octobre 2018

L’auteur canadien Bill Tufts envoie un gazouillis sur son compte Twitter personnel, qui compte 8000 abonnés.

« Le Pacte mondial sur les migrations permettra à des millions d’immigrants de voter aux élections de 2019. L’entente dit que les « citoyens universels » dans le « cycle de l’immigration » doivent recevoir les mêmes droits humains et légaux que les citoyens des États pré-postnationaux [Qu’est-ce qu’il veut dire? On ne sait pas trop, NDLR]. [Le premier ministre du Canada, Justin] Trudeau mettra cela en application pour permettre aux immigrants récemment arrivés au pays de voter », affirme-t-il.

Cette affirmation est fausse, point, et je vous explique au bas de cet article pourquoi (voyez l’encadré). Concentrons-nous d’abord sur comment l’information de ce tweet est devenue une fausse nouvelle. Ce que vous devez savoir pour l’instant, c’est que le pacte est une entente internationale proposée par l’Organisation des Nations unies (ONU). Celui-ci est compliqué et assez controversé. Le Canada est supposé le signer lors d’un sommet à Marrakech, au Maroc, les 10 et 11 décembre prochains. Le pacte ne forcerait pas le Canada à permettre aux non-citoyens de voter.

L’affirmation de M. Tufts est balancée seule comme ça, sur Twitter, sans même inclure un lien vers le fameux pacte (vous pouvez aller le lire ici). Où prend-il son information? Nul ne le sait.

Bref, ce n’est pas quelque chose de très solide. Malgré cela, le tweet génère 159 retweets, 125 J’aime et 32 commentaires.

Le 16 octobre 2018

Un blogue partisan canadien assez obscur publie un article en se basant sur le tweet de M. Tufts.

Capture d’écran de l’article sur un blogue Photo : Capture d’écran – The Nectarine

« Le Pacte mondial pour les migrations fera en sorte que des millions voteront en 2019 », affirme l’article sans broncher. Remarquez que le langage utilisé est déclaratif et ne laisse aucun doute. Ce n’est pas « ferait en sorte », mais « fera en sorte ». Le texte a comme seule source le tweet de M. Tufts et ne tente pas de valider l’information. Pire, l’auteur mentionne cette « nouvelle » une seule fois dans son article, dans la première phrase. Il n’y revient pas.

Le reste de l’article parle d’une ribambelle de controverses visant l’immigration au Canada. Puis il affirme que le gouvernement Trudeau cherche à révoquer la loi C-71, ce qui permettra aux Canadiens de voter sans s’identifier, simplement en présentant la carte d’information de l’électeur.

Encore une fois, vous pourrez voir dans l’encadré, plus bas, pourquoi c’est faux. Rapidement, il s’agit d’adopter le projet de loi C-76 (et non de révoquer C-71, comme le mentionne l’article – le projet de loi C-71 concerne plutôt les armes à feu). Le projet de loi C-76 permettra aux citoyens d’utiliser leur carte d’information d’électeur pour prouver leur lieu de résidence, mais ils devront toujours s’identifier à l’aide d’une carte d’identité avec photo.

L’article ne se base pas sur grand-chose pour appuyer l’affirmation déjà faible de M. Tufts. De plus, il ajoute une autre couche de désinformation avec une mauvaise interprétation du projet de loi C-76.

L’article génère 5864 interactions sur Facebook, dont 864 partages. Il est relayé par plusieurs pages et groupes hyperpartisans au Canada.

Le 18 octobre 2018

Un mème apparaît sur la page « Take Back your Power Canada » (Reprends ton pouvoir, Canada).

Celui-ci est un amalgame confus des deux affirmations contenues dans l’article. D’une part, on parle du Pacte sur les migrations, puis on mentionne la fausse information sur le projet de loi C-76. Peu importe si ces deux choses n’ont aucun lien ensemble (l’une est un accord mondial, l’autre est une réforme électorale canadienne) : elles sont présentées comme étant la même chose, comme si le projet de loi découlait du pacte.

On en ajoute une couche, laissant sous-entendre que M. Trudeau met en œuvre ces dispositions pour acheter des votes. On répète que « des millions » voteront et on reprend l’erreur en parlant de C-71 (et non C-76) dans l’accroche. On inclut aussi un lien vers l’article du blogue.

L’image est relayée 1462 fois sur la page, mais j’ai trouvé d’autres exemplaires dans d’autres pages et groupes. Comme il s’agit d’une fausse nouvelle de type « guérilla », il est impossible de mesurer sa portée sur les réseaux sociaux.

Le 23 novembre 2018

La version française du mème. Photo : Capture d’écran – Facebook

Une version française de l’image aboutit dans un groupe Facebook au Québec, nommé « Bienvenue au Québec, République Banane la plus Corrompue au Canada.! [sic] » et comptant 931 membres. C’est l’une des membres du groupe qui la publie.

Le mème est identique à la version en anglais, mais contient du texte clairement traduit à la bonne franquette. Vive Google Traduction! Il contient même le nom du groupe Facebook anglophone, Take Back your Power Canada, traduit en français (Reprends ton pouvoir Canada). Aucun groupe Facebook n’existe à ce nom.

La publication ne contient aucune information supplémentaire, pas même le lien vers l’article d’où sont tirées les fausses informations.

Ce n’est pas grave : elle est partagée 4031 fois, et elle suscite au moins une menace de mort envers le premier ministre du Canada.

En résumé

L’information part d’un tweet sans source d’information. Elle est reprise par un blogue et devient un mème anglophone, qui est ensuite traduit en français. Publiée dans un groupe de quelque 900 membres, elle est partagée plus de 4300 fois, atteignant un auditoire qui dépasse très largement le membership du groupe.

En cours de route, l’origine de la fausse information se perd. Des gens se fâchent et partagent une information qui remet en question la validité des élections au Canada en ne sachant pas trop d’où elle provient.

Bienvenue dans l’usine à saucisse.

Pourquoi l’affirmation sur le Pacte mondial sur les migrations est fausse

Nulle part n’est-il mentionné dans l’entente que les migrants non citoyens devraient avoir le droit de voter. Le préambule mentionne non seulement qu’il s’agit d’un pacte juridiquement non contraignant, mais qu’il « maintient la souveraineté des États », ce qui veut dire qu’il ne modifie en aucun sens les lois en place dans les pays signataires. Seuls les citoyens canadiens âgés de plus de 18 ans peuvent voter, que le pacte soit ratifié ou non.

Pourquoi l’affirmation sur la carte d’information d’électeur est fausse

Le projet de loi C-76 ne donnera pas le droit à n’importe qui d’aller voter. Il permettra aux citoyens de présenter leur carte d’information d’électeur comme preuve de résidence, mais ils devront toujours s’identifier à l’aide d’une pièce d’identité avec photo.

C’est l’ancien directeur général des élections du Canada, Marc Mayrand, qui avait recommandé cette disposition lors des représentations sur le projet de loi C-76. À Élections Canada, on m’a expliqué que cela faciliterait la preuve de résidence au moment de voter, puisque ce ne sont pas tous les Canadiens qui disposent d’une pièce d’identité avec l’adresse de résidence. Pour des personnes habitant en centre d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) ou sur des réserves, par exemple, elles n’ont pas toujours de factures ou de documents contenant leur adresse pour prouver leur lieu de résidence. Le projet de loi C-76 rétablirait tout simplement la carte d’information d’électeur comme preuve d’adresse.

Les personnes qui ne possèdent pas de document d’identité avec photo devront prêter serment et faire valider leur identité par un témoin, comme c’est le cas à l’heure actuelle. Cela ne changerait pas.

Quant à l’idée que le projet de loi C-76 permettrait à « des millions » d’immigrants de voter illégalement, Élections Canada la trouve farfelue. « Nous avons des mécanismes et de sauvegarde. Le registre national des électeurs est mis à jour de façon quotidienne », explique Ghislain Desjardins, conseiller principal en relations avec les médias à Élections Canada. Il serait en réalité impossible qu’un large nombre de personnes vote illégalement sans qu’Élections Canada ne le détecte, encore moins « des millions ».

De plus, voter illégalement est un acte criminel sérieux. « Si une personne décide de voter illégalement, il peut y avoir des sanctions assez sévères », dont des amendes ou même l’emprisonnement, explique M. Desjardins, ajoutant qu’il s’agit d’un acte assez rare. Élections Canada n’a déchiffré qu’une poignée de cas pendant l’élection fédérale de 2015.

Vous avez vu circuler une info douteuse, une photo louche ou une citation peu crédible? Envoyez-la-moi! Vous pouvez m’écrire un courriel ou me joindre sur Facebook ou Twitter.



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Des vedettes d’Hollywood viendraient en aide à Apple

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Fidèle à ses habitudes, Apple refuse de commenter les rumeurs, mais selon des médias américains, l’entreprise pourrait faire des annonces le 25 mars au siège de Cupertino en Californie. Et elle pourrait frapper fort, avec des vedettes comme Jennifer Aniston, Reese Witherspoon ou le réalisateur J.J. Abrams invitées à l’événement.

Si Apple a déjà un pied dans le domaine de la vidéo avec iTunes ou Apple TV, qui permet l’accès à des plateformes tierces, c’est encore timide. L’étape suivante ne fait plus guère de doute : lancer son propre service en ligne, nourri de programmes exclusifs et de vedettes, qui concurrencera Netflix et Amazon Prime.

À la fin de janvier, le patron d’Apple, Tim Cook, avait de nouveau affirmé ses ambitions dans les contenus originaux, rappelant avoir signé un contrat avec la papesse de la télé américaine Oprah Winfrey. « Je suis super confiant et nous aurons d’autres choses à dire un peu plus tard », avait-il ajouté.

Sur le modèle d’Apple Music, son abonnement de musique en ligne ouvert en 2015, Apple pourrait lancer son équivalent en vidéo d’ici quelques mois, selon la presse américaine.

Arrivé tardivement sur le créneau, Apple Music a néanmoins crû très vite et revendique déjà plus de 50 millions d’abonnés payants.

La firme a d’ailleurs largement construit sa réputation en parvenant à révolutionner le marché, même en arrivant sur celui-ci après les autres, comme il l’a fait avec l’iPod ou l’iPhone.

Des services automatiquement installés

Outre des moyens financiers gigantesques, Apple a une force de frappe incomparable : les 1,4 milliard d’appareils de la marque en circulation, sur lesquels l’entreprise préinstalle ses services.

Ce qui lui a permis, les trois derniers mois de 2018, d’afficher une hausse de 19 % (presque 11 milliards) du chiffre d’affaires tiré de ses services (iCloud, Apple Pay, iTunes, Apple Music etc.).

Le lancement d’une plateforme numérique paraît à ce point incontournable que les analystes de JPMorgan Chase suggéraient récemment à Apple de racheter Netflix, de très loin le leader du marché avec ses 140 millions d’abonnés.

Bien que déjà largement occupé – Netflix et Amazon seront bientôt rejoints par Disney ou WarnerMedia –, le marché de la vidéo en ligne a encore un potentiel de croissance énorme, à mesure que les consommateurs changent leurs habitudes.

Des quotidiens refusent de s’engager avec Apple

Cependant, outre la vidéo, Apple a un autre marché en vue, plus compliqué celui-ci : les médias.

Les relations entre groupes technologiques et les médias sont notoirement difficiles, ces derniers accusant les premiers d’utiliser leurs contenus sans payer ou de les ruiner en captant les revenus publicitaires.

Apple propose déjà une sorte de portail vers la presse, avec Apple News. L’étape suivante serait de proposer un service d’abonnement qui permettrait d’accéder à du contenu de façon illimitée, mais ce projet est loin de faire l’unanimité en raison du pourcentage des recettes exigé par Apple.

Là encore, l’entreprise avait préparé le terrain en rachetant, l’an dernier, Texture, un service d’abonnement illimité à des magazines en ligne, pour 1 $ par mois.

Cependant, les discussions avec certains éditeurs sont difficiles, car selon la presse américaine, Apple exige de conserver la moitié des recettes. Résultat, certains grands titres, comme le New York Times ou le Washington Post, refusent de signer avec le géant californien.

« Même si on peut argumenter que beaucoup d’éditeurs [de presse] perdent [de l’argent] avec leurs abonnements à prix bas, il est difficile de justifier une part de 50 % », estime l’analyste Carolina Milanesi (Creative Strategies).

« Compte tenu des marges de la presse aujourd’hui, même la répartition habituelle d’Apple [des revenus dans les services] 70/30 semblerait un peu cupide, mais la moitié, c’est démentiel », estime pour sa part le blogueur spécialisé dans les technologies, John Gruber.

Apple pourrait proposer un abonnement unique à tous ses services, sur le modèle de Prime d’Amazon. « Cela serait très logique », estime Carolina Milanesi.

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Technologie

Ces transhumanistes qui promettent l’immortalité

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Un badge défie la gravité au bout de l’annulaire de Dorian Kodelja. Comme dans tous les tours de magie, il y a une explication logique. Celle-ci est tout de même un peu inattendue. Le badge, loin d’échapper aux lois de la physique, est plutôt maintenu entre ciel et terre grâce à un petit aimant que Dorian s’est fait implanter au bout du doigt.

Le jeune homme, doctorant en intelligence artificielle, est un transhumaniste. Il croit que le corps de l’humain peut passer outre à certaines limites, et il est prêt à expérimenter de nouvelles sensations et fonctions avec son propre corps.

Un badge se colle comme par magie sur la main de l'homme.Un aimant est implanté dans le doigt du transhumaniste Dorian Kodelja. Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Cet aimant lui permet maintenant de ressentir les champs électromagnétiques comme ceux émis par les fours à micro-ondes.

« Cela me permet de comprendre ce que ça fait que d’avoir un nouveau sens. Quand mon doigt vibre, je le ressens un peu comme une odeur de brûlé. Mon cerveau s’est adapté à cette nouvelle sensation », explique Dorian Kodelja.

Je ne vois pas mon corps comme un sanctuaire. Je suis prêt à y intégrer plein de choses, du moment qu’elles sont sécuritaires.

Dorian Kodelja
Dorian Kodelja.Le transhumaniste Dorian Kodelja Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Dorian dit qu’il ne voit donc aucun problème à utiliser son corps de toutes les façons afin de tirer profit de la richesse du monde. C’est une partie seulement de l’idéologie transhumaniste, qui va beaucoup plus loin.

Téléverser son cerveau pour ne pas mourir

Le pape du mouvement, l’ingénieur et futurologue Raymond Kurzweil, ambitionne carrément d’en finir avec la mort. Il croit que dans quelques décennies, la puissance informatique et les développements de la science permettront de ne plus mourir… ou à tout le moins de téléverser son cerveau dans le nuage informatique afin de continuer à exister sous la forme d’un pur esprit jusqu’à la fin des temps.

Le spécialiste en intelligence artificielle a cofondé l’université de la singularité et est maintenant l’un des directeurs de Google. L’arrivée de ce théoricien du transhumanisme au sein du géant du web a renouvelé l’intérêt pour le mouvement. L’un des porte-parole de l’Association française transhumaniste, Florent Boissonnet, ne cache pas son enthousiasme.

On commence à penser que ça peut être possible. On va peut-être avoir une annonce de Google concernant un traitement pour augmenter la longévité. Peut-être demain? Dans 5 ans? Peut-être jamais aussi. On ne sait pas.

Florent Boissonnet, de l’Association française transhumaniste
Florent Boissonnet,.
      Florent Boissonnet, porte-parole de l’Association française transhumaniste Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Il cite la compagnie Calico qui veut allonger la vie humaine. Ou encore Neuralink, compagnie du milliardaire Elon Musk, dont les travaux portent sur les interfaces cerveaux-machines. Et des tas d’applications qui sont aujourd’hui réservées à des personnes handicapées ou atteintes de certains problèmes médicaux, mais qui pourraient bien devenir accessibles au commun des mortels d’ici quelques années.

Le rêve d’augmenter l’humain

Un point en commun entre ces projets : il s’agit toujours d’augmenter l’humain. Des chantres du projet transhumaniste comme l’Américain Tim Cannon refusent les limites biologiques de notre espèce. Pendant quelques mois, il s’est même fait insérer, directement sous la peau, un dispositif de la taille d’un iPhone afin de transmettre ses données biométriques directement à son téléphone.

Le scientifique anglais Kevin Warwick va même plus loin en affirmant que, dans l’avenir, ceux qui refuseront de s’augmenter seront handicapés par rapport au reste de la population qui choisira la voie transhumaniste.

En France, l’un des plus influents porte-parole du transhumanisme est probablement le médecin et entrepreneur du web Laurent Alexandre.

Auteur d’un livre intitulé La mort de la mort, il est persuadé que les enfants qui naissent aujourd’hui vivront beaucoup plus longtemps. Il croit qu’ils profiteront d’avancées techniques et biomédicales que l’on n’imagine pas encore, mais qui commenceront à faire leur apparition dans une trentaine d’années, soit quand l’intelligence artificielle dépassera celle des humains, prévoit-il.

Cela pourrait signifier des puces dans le cerveau ou d’autres types d’augmentation. Qu’en sera-t-il alors de l’inviolabilité du corps ou de la dignité humaine? Il croit que ces principes vont fluctuer pour s’adapter à un nouveau contexte.

La plupart des gens accepteront les propositions des transhumanistes. Pour moins souffrir et moins mourir. Nous ne nous verrons pas de la même façon dans le futur. Les modifications dont nous parlons aujourd’hui paraîtront naturelles à nos descendants.

Laurent Alexandre, médecin et entrepreneur du web
Laurent Alexandre est en train de parler au micro devant un lutrin.         Laurent Alexandre, lors d’un dîner-conférence devant les membres du Cercle de l’union interalliée à Paris en novembre 2018 Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Le transhumanisme, une utopie?

Le projet transhumaniste est loin de faire l’unanimité et reçoit de virulentes critiques dans le monde de la science et de l’éthique. Jacques Testart est justement au confluent de ces deux mondes.

Le biologiste, connu comme le père du premier bébé-éprouvette français, est un scientifique, mais aussi un bioéthicien de renom. Il a publié il y a quelques mois un livre intitulé Au péril de l’humain – Les promesses suicidaires des transhumanistes. Pour lui, rien dans l’état actuel de la science ne valide les idées et les projections des transhumanistes.

Ils vous disent qu’on va mettre le contenu de nos cerveaux sur un disque dur. Cela ébahit les gens. Mais la vérité c’est qu’on n’a strictement aucune idée comment faire ça! Il n’y a aucune base scientifique!

Le biologiste Jacques Testart
Jacques Testart.                  Jacques Testart, rencontré chez lui en banlieue de Paris. Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Il rappelle que l’on ne sait presque rien du génome et du fonctionnement du cerveau. Partisan d’une science lente et précautionneuse, il est persuadé qu’il faudra encore de très nombreuses années avant de voir certains volets du projet des transhumanistes devenir possibles. Mais, de toute façon, il rejette en bloc à peu près tout ce qu’ils proposent.

Pour moi le transhumanisme, c’est le nouveau nom de l’eugénisme. Fabriquer des individus identiques et hyperperformants, moi, j’appelle cela du clonage social.

Le biologiste Jacques Testart

Ses reproches ne s’arrêtent pas là. Pour Jacques Testart, le transhumanisme n’est pas un projet de société, mais plutôt un amalgame d’aspirations individuelles et égoïstes. Il cherche sans les trouver les valeurs collectives et citoyennes dans ce mouvement.

Ce sont des libertariens qui créent de nouveaux mythes en promettant l’immortalité. Il y a même une forme de violence contre ceux qui ne se soumettraient pas à ce nouvel idéal.

Le biologiste Jacques Testart

« Cela ne fonctionnera pas, mais ça fait quand même du mal à notre espèce, car cela isole les gens. Où est l’empathie? Où est la solidarité dans tout ça? Il ne faudrait pas oublier que si Homo sapiens a réussi à s’imposer, c’est surtout grâce à la coopération qui caractérise notre espèce », observe Jacques Testart.




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YouTube recommande de la pornographie juvénile, allègue un internaute

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Dans une vidéo (Nouvelle fenêtre) vue plus d’un million de fois en 18 heures, M. Watson explique que des pédophiles s’échangent des numéros WhatsApp par le biais des commentaires sous les vidéos. Ces numéros peuvent ensuite être utilisés pour s’envoyer de la pornographie juvénile explicite à l’aide des communications chiffrées de l’application de messagerie détenue par Facebook.

N’essayez pas de répliquer l’expérience de Matt Watson, puisqu’il pourrait s’agir d’un crime.

Les commentaires sous les vidéos hébergées sur YouTube, qui ne sont pas explicites, contiennent également de nombreux messages dans lesquels les utilisateurs indiquent les moments où les enfants sont dans des positions considérées comme sexuellement implicites.

Dans sa démonstration, Matt Watson crée un nouveau compte YouTube et parvient à entrer dans ce qu’il appelle un « trou noir pédophile » en à peine deux clics. Une fois dans ce « trou noir », toutes les recommandations de l’algorithme de YouTube sont des vidéos d’enfants associées à des commentaires pédophiles.

D’après ce youtubeur, plusieurs de ces vidéos contiennent des publicités mises en ligne par le système automatisé de YouTube. En d’autres mots, la plateforme reçoit de l’argent chaque fois qu’une personne voit l’une de ces publicités, et profite donc, sans nécessairement le savoir, de cette situation.

Les accusations de M. Watson ont suscité de nombreuses réactions sur Twitter. Le mot-clic  (Nouvelle fenêtre)#YoutubeWakeUp (Nouvelle fenêtre) (« YouTube réveille-toi »), associé à ce sujet, a été utilisé des centaines de fois par des personnes qui espèrent que la plateforme bloquera ces contenus.

« L’objectif de cette campagne n’est pas de détruire YouTube, a notamment écrit le compte Twitter YouTubewakeup (Nouvelle fenêtre). Notre but est de montrer l’hypocrisie de YouTube, qui monétise des vidéos d’enfants autour desquelles des pédophiles sont actifs. »

YouTube n’avait pas encore réagi au moment d’écrire ces lignes.



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