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La réforme du mode de scrutin n’a pas besoin de l’appui du PLQ

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Une fois de plus, le politicologue Christian Dufour, zélote du statu quo au regard des institutions démocratiques, s’attaque au projet de la réforme du mode de scrutin en utilisant la tactique de la désinformation. Dans Le Devoir du vendredi 30 novembre dernier, l’ancien professeur de l’ENAP et son nouvel acolyte, l’ancien haut fonctionnaire du Comité de législation du Québec, Louis Sormany, affirment qu’il n’y a pas de consensus institutionnel et populaire pour réformer le mode de scrutin parce que le Parti libéral du Québec, devenu l’opposition officielle, s’y oppose et que son accord est indispensable. Selon la thèse de ces chantres du vieux mode de scrutin britannique, l’électorat québécois est condamné à renoncer à une revendication vieille de 119 ans parce qu’un parti qui ne représente plus que 24,8 % de la population et moins de 15 % des francophones a changé son fusil d’épaule en 2007 après avoir promis électoralement quatre ans plus tôt de passer enfin à l’action.

Or, le dernier scrutin du 1er octobre dernier a amené à l’Assemblée nationale 94 députés sur 125 qui ont promis solennellement de faire adopter un mode de scrutin proportionnel mixte compensatoire régional, qui reflétera mieux l’appui des gens à chacun des grands partis politiques et qui donnera une représentation politique au Parlement plus juste. Soit dit en passant, ces partis ont été élus il y a deux mois avec 70,58 % des suffrages exprimés auxquels il faut ajouter les 3,7 % de votes accordés à trois autres partis ayant appuyé eux aussi la réforme proposée, soit le Parti vert, le NPD-Québec et le Parti conservateur du Québec. En somme, plus de 74 % des gens ont donné un mandat politique clair de réformer le mode de scrutin.

Expériences étrangères

L’exigence du consensus posé la semaine dernière par le premier ministre François Legault pour honorer son engagement électoral est normale, dans la mesure où son parti, malgré ses 74 députés, n’a obtenu que 37,4 % de l’appui populaire. La légitimité élémentaire est que la loi soit adoptée par une forte majorité parlementaire qui représente une grosse majorité de la population. Actuellement, le consensus existe. Il faut le maintenir et idéalement, bien sûr, l’élargir. À cet égard, plusieurs personnalités du giron du Parti libéral du Québec, dont l’ancien président de la dernière campagne électorale, ont déjà appuyé le projet de réforme, et certains parlementaires de l’opposition officielle y ont déjà été favorables. Il est encore temps pour le PLQ de faire amende honorable et de montrer son respect pour l’opinion très majoritaire de la population.

Christian Dufour aime bien présenter constamment les partisans de la réforme comme des croisés doctrinaires et des élites déconnectées autant que désintéressées du pouvoir québécois, entendu sans le dire du pouvoir de la majorité canadienne-française. Il est facile de réécrire négativement l’histoire du Québec comme si certains progrès n’auraient pas été possibles avec un mode de scrutin plus démocratique et, surtout, ne pourraient survenir à l’avenir. Malheureusement pour cette conception des choses, l’expérience écossaise démontre le contraire. MM. Dufour et Sormany se plaisent aussi à laisser croire que les futurs élus avec la partie proportionnelle du système mixte promis ne seraient pas légitimes alors que leurs noms apparaîtraient pourtant sur les listes des candidats présentés par les partis avant le scrutin. Selon eux, seuls les députés élus selon le mode actuel seraient légitimes, alors qu’ils sont et seront d’abord et avant tout choisis par l’électorat selon leur appartenance partisane, ce que démontrent toutes les études en sciences politiques ! Les expériences allemande, néo-zélandaise et, encore une fois, écossaise infirment toutes les prétentions énoncées pour apeurer les gens.

Pour les personnes qui pensent que l’unanimité des partis politiques est nécessaire et qu’une règle constitutionnelle encadrerait cette obligation, une simple petite recherche sur Internet permettra de prendre connaissance d’une étude publiée en 2005 par le politicologue émérite Louis Massicotte, qui a été conseiller spécial du gouvernement libéral de Jean Charest après sa promesse électorale de 2003. Selon ce spécialiste reconnu des modes de scrutin, l’unanimité des partis ou l’adhésion de l’opposition officielle n’est absolument pas indispensable sur le plan légal ni à Québec, ni au Canada, ni en Grande-Bretagne, ni nulle part ailleurs ! Le mode de scrutin n’est d’aucune façon enchâssé dans la Constitution et aucun parti ne dispose en cette matière d’un droit de veto, car cela signifierait la consécration d’un abus de pouvoir permettant de maintenir indéfiniment un blocage à un changement largement désiré, ce qui condamnerait la société à l’immobilisme.

En conclusion de son analyse détaillée, le professeur Massicotte pose aux supporteurs de la thèse de Christian Dufour la question suivante : « Pourquoi le statu quo serait-il dispensé, lui, par grâce d’État, de l’unanimité qu’on exige pour toutes les autres options envisageables ? »

Heureusement que le premier ministre n’a pas été dupe et qu’il a annoncé dès le début de la nouvelle législature que le refus réitéré du PLQ n’empêcherait pas l’Assemblée nationale de procéder au changement promis.



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Je ne suis pas Québécois

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En discutant avec des amis, j’ai constaté que nous sommes nombreux à remarquer que, depuis quelques mois, il semble y avoir une recrudescence d’accusations d’intolérance envers les Québécois.

D’ailleurs, lorsqu’on se demande si « les Québécois sont racistes », on parle des francophones. On ne parle pas des Québécois d’origine chinoise, italienne, grecque, et autres, qui habitent Montréal et ailleurs au Québec. Si c’est ça la nouvelle définition du Québécois, j’affirme ceci : je ne suis pas Québécois.

Mais nous sommes nombreux à en avoir soupé de ces accusations, car elles sont injustes. […] Il n’y a pas plus d’intolérants chez les francophones que dans les autres communautés, mais on dirait qu’on tente de nous faire croire le contraire. C’est anormal que nous devions répéter cela en 2019…

Mais je n’abdique pas devant les diffamateurs qui expriment leur propre intolérance en nous lançant injustement de la boue.



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Campagne de financement de «La Presse +»

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La Presse + mène une campagne de souscription très agressivement jaune auprès des lecteurs et des entreprises. Qui aurait pu prévoir qu’un jour La Presse, propriété de l’une des plus riches entreprises canadiennes, demanderait un jour à ses lecteurs une aide financière ? Mais avant de souscrire, il faut à mon avis plus d’informations. Qu’en est-il de la situation financière de La Presse présentement ? Avant le changement de statut, La Presse était, selon plusieurs sources, très déficitaire et ce serait là la principale raison du désistement de Power Corporation et de de sa transformation en OBNL. Mais les mêmes causes produisant les mêmes effets, la décision de l’administration Crevier d’abandonner le papier en faveur de la tablette comme seul support informatique de l’entièreté de La Presse + continuera-t-elle de plomber les finances de La Presse […] ? De plus, qu’en est-il des 50 millions de dollars promis par Power Corporation ? Sont-ils dans les coffres de La Presse ? Et où en est la demande au fédéral de rendre admissibles en tant qu’organisme de bienfaisance les contributions de vos lecteurs et mécènes à la déduction d’impôts ? (Au fait, Power Corporation pourra-t-elle profiter de cet avantage ?)

Ces questions peuvent paraître indiscrètes ou exagérées, mais cette demande de souscription publique impliquera plus de transparence. Le Syndicat des travailleurs de l’information de La Presse vient de conclure une entente où il a dû concéder 1 million de dollars annuellement et accepter un gel des salaires jusqu’en 2021, mais a en contrepartie exigé de voir les chiffres de l’entreprise une fois par année. Les entreprises et les donateurs privés n’en exigeront pas moins.

Un dernier irritant a trait au fait que La Presse + a choisi lors de son passage au numérique de ne demander aucuns frais d’adhésion. La Presse + est donc entièrement gratuite alors que ses principaux concurrents coûtent plus de 20 $ par mois. […] Le calcul fait par l’administration Crevier était que cette gratuité serait un avantage comparatif important pour attirer les annonceurs au détriment de la concurrence. Il y a donc là une situation qui se défendait lorsque La Presse était une entreprise commerciale, mais qui n’a plus sa raison d’être en tant qu’OBNL. Les gouvernements et les souscripteurs devront exiger une concurrence plus équitable avant de souscrire. Le vieil adage « Aide-toi et le ciel t’aidera » trouve ici une application.



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L’Égypte totalitaire | Le Devoir

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L’Égypte est une vedette des histoires d’horreur d’Amnistie internationale et de Human Rights Watch. Entre tortures, censures et arrestations arbitraires, elle serre chaque jour un peu plus la vis, aux mains d’un homme à poigne, en route vers un régime néo-totalitaire sans précédent.

Inféodée au régime, la Chambre des députés a approuvé la semaine dernière — et intégrera à la constitution égyptienne — des mesures qui permettront au « président bien-aimé » Abdel-Fattah al-Sissi (64 ans, 97,1 % des suffrages en 2018) de prolonger son règne jusqu’en 2034…

Les modifications constitutionnelles lui confèrent le pouvoir de nommer les juges ainsi que le procureur général, et de procéder par décrets. Son armée aura un veto sur les nominations de ministres, dont celui de la Défense. Selon le nouveau texte constitutionnel, « l’armée est le gardien, le protecteur de l’État, de la démocratie, de la nation ».

On consacre la domination totale de l’armée sur le pays… et celle d’un (ex) général sur les institutions.

Un monsieur arrivé au pouvoir à l’occasion d’un sanglant coup d’État, en juillet 2013. Putsch alors mené au nom de la démocratie et de la liberté menacées, contre un président des Frères musulmans (Mohammed Morsi) qui avait pris le pouvoir un an plus tôt, lors de la seule élection présidentielle vraiment libre de toute l’histoire de l’Égypte.

 

L’éphémère gouvernement Morsi avait des tendances autoritaires et rétrogrades. Après tout, les Frères musulmans sont des islamistes — encore que d’une tendance plus « douce », qu’il faut distinguer de la tendance salafiste. Mettre dans le même panier les Frères musulmans (sectaires et entristes) et par exemple la Gamaa Islamiya (des terroristes sanguinaires) n’est pas seulement injuste, mais aussi — la suite l’a démontré — stratégiquement désastreux…

Le putsch de 2013 en Égypte a fait reculer de plusieurs décennies l’espoir démocratique dans le monde arabe : au lieu de se préparer à battre, dans les urnes, des intégristes rétrogrades — ce qui aurait été une étape extraordinaire de la démocratie —, on a tout de suite crié au loup, sorti les fusils, propagé les mensonges…

Quels mensonges ? Par exemple lorsqu’en juin 2013, l’armée, les réseaux sociaux et une presse acquise à l’opposition avaient multiplié par dix (au moins) le nombre des manifestants anti-Morsi : une « intox » magistrale, lever de rideau du coup d’État.

On s’est mis à diffuser des chiffres délirants, matériellement impossibles — 12 millions, 18 millions de manifestants ! — repris tels quels par les agences. Alors que des centaines de milliers de personnes, ça oui, étaient descendues dans les rues du Caire et d’Alexandrie contre le régime des Frères musulmans, lors de manifestations au demeurant impressionnantes et importantes.

(Pour mémoire : tous pays confondus, les plus grosses manifestations de l’ère contemporaine sont probablement celles de Catalogne, où les indépendantistes sont, de façon crédible et vérifiable, capables de faire défiler plus de 500 000 personnes au centre de Barcelone. A-t-on vu ce que, du haut des airs, représente vraiment une manifestation d’un demi-million de personnes ???).

Mohammed Morsi avait contre lui les trois quarts de la presse, qui l’a pilonné quotidiennement pendant les 12 mois de son règne. Il ne contrôlait pas le système de justice, pas plus que l’armée ou la majeure partie de la police… Pourtant, on lui a fait un procès en totalitarisme.

 

Le vrai totalitarisme en Égypte n’est pas celui, « appréhendé » ou « tendanciel », de 2013. C’est celui, bien concret, de 2019 : une répression politique « tous azimuts », pas seulement contre les islamistes. Les « jeunes libéraux laïques » de 2011, les internautes et les blogueurs du Printemps arabe oscillent aujourd’hui entre exil, prison et désespoir silencieux.

Une loi de septembre 2018 permet la surveillance systématique des réseaux sociaux et la fermeture des sites Internet. En matière de « lutte contre le terrorisme », elle prescrit aux médias la publication telle quelle des communiqués de l’armée et de la police… et interdit tout commentaire indépendant sur le sujet !

Face à l’Égypte, on est revenu au consensus d’avant 2011, à savoir que la dictature militaire, même féroce, serait le prix à payer pour « combattre le terrorisme ». Même si cela implique de pactiser avec le Joseph Staline arabe du XXIe siècle, aujourd’hui adoubé par les Trump, Macron et Nétanyahou.

François Brousseau est chroniqueur d’information internationale à Ici Radio-Canada.



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