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Arts Et Spectacles

Berlinale: «nous aurons peu d’amis et beaucoup d’ennemis!» | MARC-ANDRÉ LUSSIER

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«Oui, et après? a-t-elle lancé en riant au cours d’une rencontre de presse à laquelle La Presse a pu assister, hier. Dès notre première rencontre, j’ai tout de suite dit à mes collègues que nous aurons peu d’amis et beaucoup d’ennemis! Ayant déjà fait partie de ce genre de compétition à maintes reprises, il faut prendre ce genre de chose exactement comme ce qu’est la vie : parfois tu gagnes, et parfois pas. On ne peut jamais savoir si le vent viendra de la gauche ou s’il tournera à droite. J’ai parfois été très surprise de gagner et à d’autres moments, j’ai été étonnée de ne pas avoir le prix. Ça fait partie du jeu!»

Élever les consciences

Dix-sept longs métrages sont en lice pour l’Ours d’or cette année, parmi lesquels Répertoire des villes disparues. Le nouveau film de Denis Côté sera d’ailleurs présenté à Berlin en primeur mondiale aujourd’hui même. De par sa position historique, la Berlinale a toujours été reconnue pour sélectionner des films à teneur politique et sociale. Fondé sur les ruines de la Seconde Guerre mondiale, le festival de Berlin a longtemps fait le pont entre le cinéma occidental et celui issu de l’Europe de l’Est. Le Mur est tombé il y a 30 ans, et avec lui plus de 40 ans de guerre froide, mais il reste quand même ici une sensibilité particulière à cet égard. D’autant que la montée des extrémismes un peu partout est en train de chatouiller de vieux démons.

«Il est important de se concentrer sur ce qui se passe maintenant. Le festival de Berlin s’est toujours fait un devoir de monter une programmation constituée de films politiques et d’oeuvres qui aident à élever les consciences. C’est très spécifique à cet événement», estime Juliette Binoche.

«Le film qui aura l’Ours d’or ne sera peut-être pas le plus accompli sur le plan cinématographique, mais il évoquera, peut-être, un sujet très important pour notre époque. Cela dit, ma voix n’est pas préférentielle aux autres. Nous serons six à voter et chaque vote a la même valeur. Ce sera donc un vote collectif, et je peux vous dire que même si nous sommes des personnes très différentes l’une de l’autre, que nous ne partageons pas toujours les mêmes opinions, il y a beaucoup d’écoute. Notre état d’esprit est harmonieux. Et nous n’allons rien voir dans les médias ou sur les réseaux sociaux. Nous ne voulons pas être influencés par quoi que ce soit.»

Précisons que Juliette Binoche préside un jury duquel font aussi partie l’actrice allemande Sandra Hüller, la productrice britannique Trudie Styler, le cinéaste chilien Sebastián Lelio, le journaliste américain Justin Chang et Rajendra Roy, curateur du département de cinéma du MoMA.

Avancée pour les femmes

L’actrice voit aussi comme une avancée le fait que 7 des 17 films en lice sont réalisés par des femmes – une représentation jusqu’ici inédite dans la compétition d’un grand festival -, mais elle prévient cependant que le genre du cinéaste ne sera pas du tout un critère.

«Je veux être impartiale. C’est avant tout une question de sujet, de la façon dont on l’aborde, et de l’impact émotif qui en découle.»

En plus de présider le jury, Juliette Binoche a accompagné la présentation de Celle que vous croyez, présenté ici hors concours. Dans ce film de Safy Nebbou (L’empreinte de l’ange), l’actrice incarne avec brio une femme dans la cinquantaine qui, plutôt que de devenir «invisible», s’invente une nouvelle identité sur les réseaux sociaux – une jeune femme de 24 ans – et se laisse prendre au piège de l’amour avec un jeune homme (François Civil). Mettant aussi en vedette Nicole Garcia dans le rôle d’une psy, Celle que vous croyez a été acheté par Axia Films pour une future distribution au Québec.

Bel accueil pour Une colonie

Cette projection d’Une colonie était belle à voir. Pas un seul – ou presque – des 1018 sièges que compte la salle de la Haus der Kulturen der Welt (Maison des cultures du monde) n’était libre. Les images du film de Geneviève Dulude-De Celles, serties de sous-titres anglais et allemands, ont eu droit à un accueil attentif, ponctué parfois de rires plus inattendus. Deux salves d’applaudissements nourris se sont fait entendre quand est apparu le générique de fin. Après la projection, toute l’équipe est montée sur la scène pour un échange avec le public, auquel ont d’ailleurs participé beaucoup de jeunes spectateurs. Rappelons qu’Une colonie est en compétition à la Berlinale dans la section Génération Kplus, réservée à des thématiques liées aux adolescents. Flanquée des trois acteurs principaux du film, Émilie Bierre, Jacob Whiteduck-Lavoie et Irlande Côté, la réalisatrice s’est aussi prêtée à une séance de signatures d’autographes fort courue.

«Ça dépasse mes attentes, a déclaré Geneviève Dulude-De Celles, tout de suite après la projection. Je ne m’attendais pas du tout à être reçue comme ça, avec le traitement très glamour, le tapis rouge, tout ça. Et ce public allemand au rendez-vous. Quand les spectateurs sont venus me voir après, plusieurs d’entre eux m’ont dit s’être reconnus dans ce personnage, même des adultes à qui cela rappelait des sensations de leur adolescence. J’ai entendu ce genre de choses au Québec, mais de l’entendre ici, ça résonne autrement!»

Melvil Poupaud se souvient de Laurence Anyways

Lors d’un entretien accordé à La Presse, Melvil Poupaud a révélé que son rôle dans Grâce à Dieu, de François Ozon, ne lui avait pas demandé d’efforts particuliers. À titre d’acteur, il pouvait facilement ressentir les émotions de son personnage, victime d’agression sexuelle par un prêtre dans son enfance. En revanche, il affirme que son personnage dans Laurence Anyways, de Xavier Dolan, un homme qui veut changer de sexe, a été l’un des plus difficiles à incarner. «Ce fut un cap dans ma carrière, a-t-il déclaré. J’ai eu la chance inouïe de rencontrer un cinéaste encore tout jeune et en pleine maîtrise. Mais ce fut très difficile à jouer. Le tournage a été long et il faisait très froid en robe! Xavier est aussi très exigeant. Comme il est aussi très bon acteur, il y avait le défi pour moi d’être à son niveau. En plus, je n’étais pas chez moi. Je me suis retrouvé un peu isolé dans un monde très dolanien, avec ses meilleurs amis, bref… Mais je suis heureux que ce film soit resté. Encore aujourd’hui, pas un jour ne passe sans que quelqu’un vienne me dire à quel point ce film a compté dans sa vie!»

«L’affaire» Liam Neeson

En s’amenant à Berlin pour présenter en compétition officielle Out Stealing Horses (un très beau film avec, notamment, Stellan Skarsgård), Hans Petter Moland se doutait bien qu’il allait devoir commenter «l’affaire» Liam Neeson. Aux yeux du cinéaste norvégien, la vedette de Cold Pursuit, dont il signe la réalisation, n’a strictement rien d’un raciste. «Je le sais par expérience, a-t-il déclaré au Hollywood Reporter. Mais il est extrêmement honnête, parfois à son détriment.» Rappelons que l’acteur, dont on peut voir la photo sur plusieurs affiches de la ZDF, partenaire médiatique de la Berlinale, a enflammé les réseaux sociaux la semaine dernière à cause d’une confidence faite au cours d’une entrevue accordée à The Independent, laquelle faisait écho à une pulsion raciste survenue il y a 40 ans. Il a aussi ajouté en avoir été «horrifié».

Stéphane Lafleur en toute discrétion

Croisé à la faveur de la projection officielle d’Une colonie, le film de Geneviève Dulude-De Celles dont il signe le montage, Stéphane Lafleur a indiqué ne pas avoir encore de projet de film précis en vue. «Je suis dans les balbutiements d’une écriture de scénario, indique-t-il. Depuis Tu dors Nicole, la musique a pris beaucoup de place avec le band [Avec pas d’casque], même si c’était un passe-temps au début. Et puis, j’apprends beaucoup en montant les films des autres. Être monteur te donne un siège privilégié, car tu as alors accès à toutes les images. Tu peux voir ce qui fonctionne et ce qui fonctionne moins bien. J’aime aussi changer de chapeau et passer de scénariste à réalisateur, d’auteur-compositeur à monteur. Je n’ai pas assez d’idées pour faire un film chaque année!» Rappelons que Stéphane Lafleur a aussi signé l’an dernier le montage de La disparition des lucioles, de Sébastien Pilote.



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Arts Et Spectacles

Lou-Adriane Cassidy: des morts, une naissance ***1/2 | CHARLES-ÉRIC BLAIS-POULIN

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Connue à l’émission La voix en 2016, puis reconnue depuis grâce à des concours (Petite-Vallée, Francouvertes), des collaborations vocales (Keith Kouna, Hubert Lenoir) et des simples, Lou-Adriane Cassidy propose son premier «long-jeu».

Le joliment nommé C’est la fin du monde à tous les jours, qui fait écho à la pièce d’ouverture cosignée par Stéphanie Boulay, propose 10 chroniques d’amour et de mort; souvent les deux.

Réjouissance d’abord dans ce juste dosage entre l’instrumentation et la voix, entre les accents rock guidés par la batterie et les cordes – superbes arrangements orchestraux de Gabriel Desjardins – et ces moments de flottement où les mots battent le rythme (Il pleut, La petite mort).

En ce sens, le travail du guitariste Simon Pedneault (Louis-Jean Cormier) à la coréalisation laisse échapper, pour le mieux, quelques ambiances karkwaesques.

L’incarnation vocale de la chanteuse, qui porte les mots de scribes raffinés (Tire le coyote, Philémon Cimon) en plus des siens, reste la plus grande force du disque.

On sent et on sait en outre que l’auteure-compositrice-interprète a plus à dire encore, et on répondra présent pour la suite. Car oui, il y en aura une.

* * * 1/2

Pop. C’est la fin du monde à tous les jours. Lou-Adriane Cassidy. Grosse Boîte.



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Arctic: survivre à l'Arctique ***1/2

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L’histoire: Seul survivant d’un écrasement en Arctique, un homme tente de survivre physiquement et psychologiquement en suivant une routine stricte. Une série d’événements le force toutefois à revoir cette stratégie et à considérer une marche désespérée pour aller chercher du secours.



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Arts Et Spectacles

Grâce à Dieu de François Ozon sortira-t-il en salles?

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Le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris a indiqué vendredi que sa décision serait connue «lundi à partir de 16 heures».

Il avait été saisi le 1er février par la défense d’un prêtre de Lyon, le père Bernard Preynat, inculpé en France depuis février 2016 pour agressions sexuelles sur mineurs et qui pourrait être jugé à la fin de l’année.

La défense du père Preynat demande que la sortie, prévue mercredi, du long métrage soit reportée après son procès afin de ne pas porter atteinte à sa présomption d’innocence.

Le sujet est en pleine actualité en France, au moment où s’est tenu début janvier à Lyon le procès du cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, et de cinq autres personnes pour non dénonciation des agissements du père Preynat. Le jugement est attendu le 7 mars.

Grâce à Dieu raconte la naissance de l’association française de victimes La Parole Libérée, fondée par d’anciens scouts qui avaient dénoncé les agissements de Bernard Preynat.

Dans son film, M. Ozon a changé les noms des victimes, mais pas ceux de Bernard Preynat, du cardinal Barbarin et de l’ancienne bénévole du diocèse Régine Maire, jugée à Lyon aux côtés du cardinal.

Mme Maire a de son côté mis en demeure François Ozon de retirer son nom du film. Une décision sera prise lundi à Lyon.

Vendredi, l’avocat du père Preynat a argué que le film «va à l’encontre de la présomption d’innocence dont bénéficie son client».

«Dans le film, Bernard Preynat est-il présenté comme coupable ? Assurément oui. Or mon client est placé sous le statut de témoin assisté pour les faits de viol. A-t-il été jugé coupable par la justice ? Non», a déclaré l’avocat Emmanuel Mercinier.

De son côté, Benoît Goulesque-Monaux, un des deux avocats du producteur et du distributeur du film, a répondu qu’«un carton, inséré dans le film, précise que le père Preynat n’a pas été jugé et que dans l’attente de son procès, il bénéficie de cette présomption d’innocence».  Il a insisté sur le fait que «le procès du père Preynat n’est pas le sujet du film».

Ce film est en lice pour l’Ours d’or au festival du film de Berlin. Sa copie est parvenue à 307 salles en France.



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