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Le RGPD ou comment l’Europe protège les données personnelles

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« Nous sommes à une phase nouvelle de l’Internet qui a perdu son innocence. On s’est rendu compte que les données pouvaient se retourner contre les individus et qu’il faut reprendre la maîtrise de tout ça. Grâce au Règlement général sur la protection des données (RGPD), la vie privée a pris du muscle! », lance Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de la Commission nationale informatique et libertés (CNIL).

La mission de son organisme est notamment de faire respecter la vie privée sur Internet. Pour elle, le RGPD consacre le fait que les citoyens veulent reprendre la maîtrise de l’utilisation de leurs données personnelles dans l’univers numérique.

Le ton est donné. Les ambitions sont grandes et les moyens, considérables… à tout le moins du point de vue nord-américain.

Un nouvel écosystème

Depuis l’entrée en vigueur du RGPD, les individus ont davantage de droits. Des exemples? Ils peuvent dorénavant consentir ou non à certaines utilisations de leurs données, notamment à des fins de publicité ciblée. Ils acquièrent un droit à la portabilité de leurs données, c’est-à-dire la possibilité de télécharger toutes les données récoltées sur eux par une plateforme, un commerçant ou un fournisseur d’accès Internet.

Parallèlement, le règlement prévoit de nouvelles exigences pour les entreprises qui amassent, détiennent et traitent les données personnelles des Européens. L’accord des utilisateurs doit être plus explicite. Il faut spécifier quelles données sont collectées et il n’y a plus de consentement précoché. Les plateformes qui ne se conforment pas risquent de lourdes amendes. Il n’est donc pas rare, depuis l’Europe, d’être incapable de consulter certains sites nord-américains qui ne se sont pas encore soumis au RGPD.

Un panneau indique que les sites du Journal de Montréal et du Journal de Québec sont indisponibles.Capture d’écran du site du « Journal de Montréal », réalisée en novembre 2018 depuis l’Europe. Le site est inaccessible depuis l’entrée en vigueur du RGPD. Photo : Radio-Canada

Les règles doivent être faciles à comprendre. Les mineurs de 13 à 16 ans, selon les pays, doivent obtenir l’aval de leurs parents pour utiliser une plateforme qui traite les données, comme Facebook.

Isabelle Falque-Pierrotin souligne que la décision européenne est liée aux révélations des dernières années. Celles d’Edward Snowden en 2011 sur l’espionnage des citoyens. Ou encore les diverses fuites de données rapportées dans les médias. Ou, plus récemment, l’affaire Cambridge Analytica. Pour elle, le RGPD est une réponse et un cadre de confiance pour des citoyens devenus méfiants.

Plan rapproché de Mme Falque-Pierrotin.Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de la CNIL Photo : Radio-Canada

Je crois qu’avec le RGPD, l’Europe a posé un jalon ambitieux dans la société numérique. Il pourrait devenir un standard mondial.

Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de la CNIL

La haute fonctionnaire revient du Japon où l’on travaille en ce moment sur un mécanisme inspiré de l’Union européenne. Elle ajoute qu’une loi fédérale est de plus en plus discutée aux États-Unis.

Considérer l’importance de la gestion des données personnelles dès le début

Le RGPD crée un nouveau poste au sein des entreprises qui traitent des données personnelles, le délégué à la protection des données.

C’est le travail de Nicolas Bertrand chez Volountis, une société française qui développe des applications médicales mobiles, notamment pour les personnes diabétiques.

Les données personnelles, c’est précisément le modèle d’affaires de Volountis. Le patient entre sa glycémie (son taux de sucre dans le sang) et l’application déduit l’insuline qu’il doit s’injecter. Rien de neuf ici. Sauf que l’application récolte des tas d’autres données sur les patients : le moment de la journée, l’activité physique, l’heure des repas. Au bout du compte, l’algorithme apprend et ajuste la dose d’insuline automatiquement au fil du temps. Cela facilite grandement la vie des patients.

Aux États-Unis, le Journal of American Medicine a démontré en 2016 que des applications mobiles pour les diabétiques recueillaient des données personnelles des utilisateurs et les partageaient avec des tierces parties. Ce n’est pas le cas de Volountis ni d’aucune autre entreprise européenne qui respecte le nouveau Règlement général de protection des données, le RGPD.

Nicolas Bertrand explique qu’il n’est plus envisageable d’entreprendre des discussions avec un sous-traitant sans aborder la question de la protection des données. « Maintenant, c’est un sujet central des discussions alors qu’avant on l’évoquait seulement à la fin. C’est un changement de philosophie important. »

Plan rapproché de M. Bertrand.Nicolas Bertrand, délégué à la protection des données chez Volountis Photo : Radio-Canada

On doit informer les gens de ce que l’on va faire avec les données dès le départ.

Nicolas Bertrand, délégué à la protection des données, Volountis

La loi est contraignante et les amendes pour les infractions les plus graves peuvent être très salées : 30 millions de dollars ou 4 % du chiffre d’affaires mondial de l’entreprise. Nicolas Bertrand cite le cas d’une décision rendue récemment au Portugal où la compagnie prise en défaut a été condamnée à 600 000 $ d’amende. Rien à voir avec les anciennes pénalités.

Les plus petites entreprises peuvent confier en sous-traitance les tâches de délégué à la protection de la vie privée. Elles font alors affaire avec des spécialistes comme Assaf Bensoussan, directeur de l’entreprise DPO 101. Le juriste accumule les clients depuis l’entrée en vigueur du RGPD.

Plan rapproché de M. Bensoussan.Assaf Bensoussan, directeur de DPO 101 Photo : Radio-Canada

Souvent, on dit que les Américains innovent, les Chinois copient et les Européens réglementent. Cette fois, avec le RGPD, on innove!

Assaf Bensoussan, directeur, DPO 101

Selon lui, le règlement arrive au bon moment, avant une vraie crise des données personnelles où même les comptes bancaires pourraient être compromis. Cette réforme était nécessaire, ajoute M.  Bensoussan, pour la sauvegarde des intérêts des citoyens. Il précise que l’on n’a pas idée jusqu’à quel point les données des citoyens sont accumulées, vendues et revendues à droite et à gauche. Il cite l’exemple d’une campagne de publicité sur Facebook qu’il préparait pour des clients avant l’entrée en vigueur du RGPD.

« La plateforme pouvait nous offrir de cibler des gens en fonction de leurs revenus, raconte M. Bensoussan. En principe Facebook ne dispose pas de cette information! Si elle l’a, c’est parce qu’elle l’a achetée à quelqu’un d’autre. Le RGPD va permettre de suivre cette donnée personnelle et savoir qui l’a vendue. »

Le reportage de Janic Tremblay sera diffusé à Désautels le dimanche sur ICI Première le 10 février, dès 10 h.

Une Europe plus faible face à l’Amérique et la Chine?

Il n’y a pas que des éloges à l’égard de la nouvelle réglementation européenne. Laurent Alexandre, le chirurgien devenu entrepreneur du Web et auteur d’un récent livre sur la montée de l’intelligence artificielle, est très dur envers l’initiative de Bruxelles.

« On n’est pas dans un monde de bizounours! Le monde d’aujourd’hui, dit-il, c’est la guerre entre les technologies d’intelligence artificielle chinoises et américaines! Et l’Europe est sortie de cette guerre parce qu’elle est remplie de bécassines et de bizounours bienveillants. »

Dans son livre La guerre des intelligences, il rappelle que les grands amas de données sont fondamentaux dans l’entraînement des intelligences artificielles. Selon lui, le RGDP prive l’Europe de précieuses données et laisse le champ libre à l’Amérique et surtout à la Chine qui produit plus de données que tout le monde.

« S’il n’y a pas une défense atlantique américaine et européenne avec une mutualisation de nos données, nous allons perdre la bataille face à la Chine. Aller à la guerre avec des canons en carton-pâte, ça sauve des vies. Mais si les gens en face ont de vrais canons, il vaut mieux avoir de vrais canons! »

À la CNIL, la présidente Isabelle Falque-Pierrotin ne partage pas du tout ce point de vue. « Nous pouvons entraîner les intelligences artificielles avec nos données. Renoncer à la protection, c’est un mauvais calcul. Il faut choisir une voie plus robuste et un ancrage juridique solide pour l’intelligence artificielle », ajoute-t-elle.

Et la valeur des données dans tout ça?

Le sociologue du numérique Antonio Casilli croit que l’un des aspects des données qui sont très peu discutés, c’est leur valeur. « Souvent, on dit si c’est gratuit, vous êtes le produit, ajoute-t-il. Moi, j’ai tendance à reformuler en disant si c’est gratuit, vous êtes le travailleur de ce service. »

Pour lui, les plateformes sont basées sur une contribution active constante de leurs utilisateurs. Chaque recherche entraîne les algorithmes. Les données sont rachetées à droite et à gauche. Les utilisateurs produisent donc de la valeur pour les plateformes, mais le service qu’ils reçoivent en échange n’est pas équivalent, selon lui. Il ne croit pas à une rémunération des individus, mais plaide plutôt en faveur d’une fiscalité du numérique afin qu’une partie des immenses profits réalisés par les géants du web soit redistribuée aux collectivités.

Dans la même série sur nos vies numériques :



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Des vedettes d’Hollywood viendraient en aide à Apple

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Fidèle à ses habitudes, Apple refuse de commenter les rumeurs, mais selon des médias américains, l’entreprise pourrait faire des annonces le 25 mars au siège de Cupertino en Californie. Et elle pourrait frapper fort, avec des vedettes comme Jennifer Aniston, Reese Witherspoon ou le réalisateur J.J. Abrams invitées à l’événement.

Si Apple a déjà un pied dans le domaine de la vidéo avec iTunes ou Apple TV, qui permet l’accès à des plateformes tierces, c’est encore timide. L’étape suivante ne fait plus guère de doute : lancer son propre service en ligne, nourri de programmes exclusifs et de vedettes, qui concurrencera Netflix et Amazon Prime.

À la fin de janvier, le patron d’Apple, Tim Cook, avait de nouveau affirmé ses ambitions dans les contenus originaux, rappelant avoir signé un contrat avec la papesse de la télé américaine Oprah Winfrey. « Je suis super confiant et nous aurons d’autres choses à dire un peu plus tard », avait-il ajouté.

Sur le modèle d’Apple Music, son abonnement de musique en ligne ouvert en 2015, Apple pourrait lancer son équivalent en vidéo d’ici quelques mois, selon la presse américaine.

Arrivé tardivement sur le créneau, Apple Music a néanmoins crû très vite et revendique déjà plus de 50 millions d’abonnés payants.

La firme a d’ailleurs largement construit sa réputation en parvenant à révolutionner le marché, même en arrivant sur celui-ci après les autres, comme il l’a fait avec l’iPod ou l’iPhone.

Des services automatiquement installés

Outre des moyens financiers gigantesques, Apple a une force de frappe incomparable : les 1,4 milliard d’appareils de la marque en circulation, sur lesquels l’entreprise préinstalle ses services.

Ce qui lui a permis, les trois derniers mois de 2018, d’afficher une hausse de 19 % (presque 11 milliards) du chiffre d’affaires tiré de ses services (iCloud, Apple Pay, iTunes, Apple Music etc.).

Le lancement d’une plateforme numérique paraît à ce point incontournable que les analystes de JPMorgan Chase suggéraient récemment à Apple de racheter Netflix, de très loin le leader du marché avec ses 140 millions d’abonnés.

Bien que déjà largement occupé – Netflix et Amazon seront bientôt rejoints par Disney ou WarnerMedia –, le marché de la vidéo en ligne a encore un potentiel de croissance énorme, à mesure que les consommateurs changent leurs habitudes.

Des quotidiens refusent de s’engager avec Apple

Cependant, outre la vidéo, Apple a un autre marché en vue, plus compliqué celui-ci : les médias.

Les relations entre groupes technologiques et les médias sont notoirement difficiles, ces derniers accusant les premiers d’utiliser leurs contenus sans payer ou de les ruiner en captant les revenus publicitaires.

Apple propose déjà une sorte de portail vers la presse, avec Apple News. L’étape suivante serait de proposer un service d’abonnement qui permettrait d’accéder à du contenu de façon illimitée, mais ce projet est loin de faire l’unanimité en raison du pourcentage des recettes exigé par Apple.

Là encore, l’entreprise avait préparé le terrain en rachetant, l’an dernier, Texture, un service d’abonnement illimité à des magazines en ligne, pour 1 $ par mois.

Cependant, les discussions avec certains éditeurs sont difficiles, car selon la presse américaine, Apple exige de conserver la moitié des recettes. Résultat, certains grands titres, comme le New York Times ou le Washington Post, refusent de signer avec le géant californien.

« Même si on peut argumenter que beaucoup d’éditeurs [de presse] perdent [de l’argent] avec leurs abonnements à prix bas, il est difficile de justifier une part de 50 % », estime l’analyste Carolina Milanesi (Creative Strategies).

« Compte tenu des marges de la presse aujourd’hui, même la répartition habituelle d’Apple [des revenus dans les services] 70/30 semblerait un peu cupide, mais la moitié, c’est démentiel », estime pour sa part le blogueur spécialisé dans les technologies, John Gruber.

Apple pourrait proposer un abonnement unique à tous ses services, sur le modèle de Prime d’Amazon. « Cela serait très logique », estime Carolina Milanesi.

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Ces transhumanistes qui promettent l’immortalité

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Un badge défie la gravité au bout de l’annulaire de Dorian Kodelja. Comme dans tous les tours de magie, il y a une explication logique. Celle-ci est tout de même un peu inattendue. Le badge, loin d’échapper aux lois de la physique, est plutôt maintenu entre ciel et terre grâce à un petit aimant que Dorian s’est fait implanter au bout du doigt.

Le jeune homme, doctorant en intelligence artificielle, est un transhumaniste. Il croit que le corps de l’humain peut passer outre à certaines limites, et il est prêt à expérimenter de nouvelles sensations et fonctions avec son propre corps.

Un badge se colle comme par magie sur la main de l'homme.Un aimant est implanté dans le doigt du transhumaniste Dorian Kodelja. Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Cet aimant lui permet maintenant de ressentir les champs électromagnétiques comme ceux émis par les fours à micro-ondes.

« Cela me permet de comprendre ce que ça fait que d’avoir un nouveau sens. Quand mon doigt vibre, je le ressens un peu comme une odeur de brûlé. Mon cerveau s’est adapté à cette nouvelle sensation », explique Dorian Kodelja.

Je ne vois pas mon corps comme un sanctuaire. Je suis prêt à y intégrer plein de choses, du moment qu’elles sont sécuritaires.

Dorian Kodelja
Dorian Kodelja.Le transhumaniste Dorian Kodelja Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Dorian dit qu’il ne voit donc aucun problème à utiliser son corps de toutes les façons afin de tirer profit de la richesse du monde. C’est une partie seulement de l’idéologie transhumaniste, qui va beaucoup plus loin.

Téléverser son cerveau pour ne pas mourir

Le pape du mouvement, l’ingénieur et futurologue Raymond Kurzweil, ambitionne carrément d’en finir avec la mort. Il croit que dans quelques décennies, la puissance informatique et les développements de la science permettront de ne plus mourir… ou à tout le moins de téléverser son cerveau dans le nuage informatique afin de continuer à exister sous la forme d’un pur esprit jusqu’à la fin des temps.

Le spécialiste en intelligence artificielle a cofondé l’université de la singularité et est maintenant l’un des directeurs de Google. L’arrivée de ce théoricien du transhumanisme au sein du géant du web a renouvelé l’intérêt pour le mouvement. L’un des porte-parole de l’Association française transhumaniste, Florent Boissonnet, ne cache pas son enthousiasme.

On commence à penser que ça peut être possible. On va peut-être avoir une annonce de Google concernant un traitement pour augmenter la longévité. Peut-être demain? Dans 5 ans? Peut-être jamais aussi. On ne sait pas.

Florent Boissonnet, de l’Association française transhumaniste
Florent Boissonnet,.
      Florent Boissonnet, porte-parole de l’Association française transhumaniste Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Il cite la compagnie Calico qui veut allonger la vie humaine. Ou encore Neuralink, compagnie du milliardaire Elon Musk, dont les travaux portent sur les interfaces cerveaux-machines. Et des tas d’applications qui sont aujourd’hui réservées à des personnes handicapées ou atteintes de certains problèmes médicaux, mais qui pourraient bien devenir accessibles au commun des mortels d’ici quelques années.

Le rêve d’augmenter l’humain

Un point en commun entre ces projets : il s’agit toujours d’augmenter l’humain. Des chantres du projet transhumaniste comme l’Américain Tim Cannon refusent les limites biologiques de notre espèce. Pendant quelques mois, il s’est même fait insérer, directement sous la peau, un dispositif de la taille d’un iPhone afin de transmettre ses données biométriques directement à son téléphone.

Le scientifique anglais Kevin Warwick va même plus loin en affirmant que, dans l’avenir, ceux qui refuseront de s’augmenter seront handicapés par rapport au reste de la population qui choisira la voie transhumaniste.

En France, l’un des plus influents porte-parole du transhumanisme est probablement le médecin et entrepreneur du web Laurent Alexandre.

Auteur d’un livre intitulé La mort de la mort, il est persuadé que les enfants qui naissent aujourd’hui vivront beaucoup plus longtemps. Il croit qu’ils profiteront d’avancées techniques et biomédicales que l’on n’imagine pas encore, mais qui commenceront à faire leur apparition dans une trentaine d’années, soit quand l’intelligence artificielle dépassera celle des humains, prévoit-il.

Cela pourrait signifier des puces dans le cerveau ou d’autres types d’augmentation. Qu’en sera-t-il alors de l’inviolabilité du corps ou de la dignité humaine? Il croit que ces principes vont fluctuer pour s’adapter à un nouveau contexte.

La plupart des gens accepteront les propositions des transhumanistes. Pour moins souffrir et moins mourir. Nous ne nous verrons pas de la même façon dans le futur. Les modifications dont nous parlons aujourd’hui paraîtront naturelles à nos descendants.

Laurent Alexandre, médecin et entrepreneur du web
Laurent Alexandre est en train de parler au micro devant un lutrin.         Laurent Alexandre, lors d’un dîner-conférence devant les membres du Cercle de l’union interalliée à Paris en novembre 2018 Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Le transhumanisme, une utopie?

Le projet transhumaniste est loin de faire l’unanimité et reçoit de virulentes critiques dans le monde de la science et de l’éthique. Jacques Testart est justement au confluent de ces deux mondes.

Le biologiste, connu comme le père du premier bébé-éprouvette français, est un scientifique, mais aussi un bioéthicien de renom. Il a publié il y a quelques mois un livre intitulé Au péril de l’humain – Les promesses suicidaires des transhumanistes. Pour lui, rien dans l’état actuel de la science ne valide les idées et les projections des transhumanistes.

Ils vous disent qu’on va mettre le contenu de nos cerveaux sur un disque dur. Cela ébahit les gens. Mais la vérité c’est qu’on n’a strictement aucune idée comment faire ça! Il n’y a aucune base scientifique!

Le biologiste Jacques Testart
Jacques Testart.                  Jacques Testart, rencontré chez lui en banlieue de Paris. Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Il rappelle que l’on ne sait presque rien du génome et du fonctionnement du cerveau. Partisan d’une science lente et précautionneuse, il est persuadé qu’il faudra encore de très nombreuses années avant de voir certains volets du projet des transhumanistes devenir possibles. Mais, de toute façon, il rejette en bloc à peu près tout ce qu’ils proposent.

Pour moi le transhumanisme, c’est le nouveau nom de l’eugénisme. Fabriquer des individus identiques et hyperperformants, moi, j’appelle cela du clonage social.

Le biologiste Jacques Testart

Ses reproches ne s’arrêtent pas là. Pour Jacques Testart, le transhumanisme n’est pas un projet de société, mais plutôt un amalgame d’aspirations individuelles et égoïstes. Il cherche sans les trouver les valeurs collectives et citoyennes dans ce mouvement.

Ce sont des libertariens qui créent de nouveaux mythes en promettant l’immortalité. Il y a même une forme de violence contre ceux qui ne se soumettraient pas à ce nouvel idéal.

Le biologiste Jacques Testart

« Cela ne fonctionnera pas, mais ça fait quand même du mal à notre espèce, car cela isole les gens. Où est l’empathie? Où est la solidarité dans tout ça? Il ne faudrait pas oublier que si Homo sapiens a réussi à s’imposer, c’est surtout grâce à la coopération qui caractérise notre espèce », observe Jacques Testart.




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YouTube recommande de la pornographie juvénile, allègue un internaute

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Dans une vidéo (Nouvelle fenêtre) vue plus d’un million de fois en 18 heures, M. Watson explique que des pédophiles s’échangent des numéros WhatsApp par le biais des commentaires sous les vidéos. Ces numéros peuvent ensuite être utilisés pour s’envoyer de la pornographie juvénile explicite à l’aide des communications chiffrées de l’application de messagerie détenue par Facebook.

N’essayez pas de répliquer l’expérience de Matt Watson, puisqu’il pourrait s’agir d’un crime.

Les commentaires sous les vidéos hébergées sur YouTube, qui ne sont pas explicites, contiennent également de nombreux messages dans lesquels les utilisateurs indiquent les moments où les enfants sont dans des positions considérées comme sexuellement implicites.

Dans sa démonstration, Matt Watson crée un nouveau compte YouTube et parvient à entrer dans ce qu’il appelle un « trou noir pédophile » en à peine deux clics. Une fois dans ce « trou noir », toutes les recommandations de l’algorithme de YouTube sont des vidéos d’enfants associées à des commentaires pédophiles.

D’après ce youtubeur, plusieurs de ces vidéos contiennent des publicités mises en ligne par le système automatisé de YouTube. En d’autres mots, la plateforme reçoit de l’argent chaque fois qu’une personne voit l’une de ces publicités, et profite donc, sans nécessairement le savoir, de cette situation.

Les accusations de M. Watson ont suscité de nombreuses réactions sur Twitter. Le mot-clic  (Nouvelle fenêtre)#YoutubeWakeUp (Nouvelle fenêtre) (« YouTube réveille-toi »), associé à ce sujet, a été utilisé des centaines de fois par des personnes qui espèrent que la plateforme bloquera ces contenus.

« L’objectif de cette campagne n’est pas de détruire YouTube, a notamment écrit le compte Twitter YouTubewakeup (Nouvelle fenêtre). Notre but est de montrer l’hypocrisie de YouTube, qui monétise des vidéos d’enfants autour desquelles des pédophiles sont actifs. »

YouTube n’avait pas encore réagi au moment d’écrire ces lignes.



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