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Athlète de jeux vidéo professionnel, une carrière derrière le clavier

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Niklas Mouritzen, alias Pengu

Avec ses 420 000 abonnés sur sa chaîne Twitch, Niklas Mouritzen est l’un des joueurs les plus populaires du tournoi. Le Danois de 21 ans évolue au sein de G2, l’équipe que la plupart des observateurs s’attendent à voir remporter le championnat.

Une photo de Pengu, un jeune homme aux cheveux roux courts. Il porte un t-shirt noir et blanc sur lequel le logo de son équipe et ceux de ses commanditaires sont imprimés.Niklas Mouritzen, alias Pengu, joue pour l’équipe G2, les favoris du tournoi. Photo : Radio-Canada / Karl-Philip Vallée

Question : Comment vous assurez-vous d’être dans le bon état d’esprit avant un match?
Réponse : Dans le cas d’un événement comme celui-ci, la préparation commence environ deux semaines avant. On pratique énormément et on bloque le plus de distractions possible : les amis, les copines, le travail, l’école, etc.

En arrivant à l’événement, on se concentre sur les choses simples : quelle est la prochaine équipe qu’on va affronter? On doit les connaître par cœur : quelles sont leurs habitudes, quel est leur style de jeu, quelle est leur philosophie?

C’est exactement comme dans les sports traditionnels. Par exemple, un boxeur va toujours vouloir savoir si son adversaire préfère frapper de la droite ou de la gauche. Dans les sports électroniques, c’est un peu la même chose. Les équipes ont tendance à répéter les mêmes stratégies. Les bons joueurs et les bonnes équipes sont capables d’analyser et d’apprendre les stratégies de leurs adversaires.

Q : Avez-vous une superstition avant un match important?
R : Pas moi, mais mon coéquipier Fabian [Hällsten] en a une. Il doit toujours mettre un soulier avant l’autre. Il a pratiqué beaucoup de sports traditionnels auparavant, alors ça lui vient peut-être de là. Mais pour moi, j’essaie juste de placer mon clavier et ma souris à des angles qui me sont familiers. J’ajuste aussi ma chaise et ma posture pour qu’elles soient confortables, ça m’aide à me concentrer.

Q : Rêviez-vous de gagner votre vie en jouant aux jeux vidéo en grandissant?
R : J’avais 4 ans quand j’ai dit à mes parents que je voulais devenir un joueur de jeux vidéo professionnel. Ma mère m’a dit que ça n’existait pas. En 1997, ce n’était pas vraiment quelque chose de commun.

Q : À quel moment avez-vous senti que les sports électroniques pouvaient devenir une carrière?
R : Quand j’avais 16 ans, je jouais à League of Legends de façon compétitive. Je n’étais pas un professionnel, mais je faisais de mon mieux. Dans la plupart des jeux, il faut avoir 18 ans pour pouvoir évoluer dans une ligue professionnelle. Dès que j’ai atteint cet âge, j’ai compris que je pouvais tenter ma chance.

Je m’entraînais déjà beaucoup à Rainbow Six Siege. Deux mois après avoir eu 18 ans, j’ai écrit sur un forum en ligne que je désirais devenir un professionnel, et moins d’un mois plus tard, une équipe m’a recruté.

Q : D’où vous vient votre côté compétitif?
R : Je n’ai jamais vraiment pratiqué de sport traditionnel de façon compétitive en grandissant. Comme vous pouvez le voir en me regardant, je n’ai pas la corpulence pour pratiquer des sports de contact! Mais mon père était très compétitif. Il me disait : « Finir deuxième, c’est être le meilleur perdant. » Je pense que cette mentalité s’est implantée en moi très jeune, mais c’est en jouant aux jeux vidéo que je m’en suis vraiment rendu compte.

Q : Que pense votre famille de votre carrière d’athlète électronique?
R : Ma famille me soutient entièrement. Au début, je m’entraînais 12 heures par jour pour participer à des tournois et je faisais environ 100 euros par semaine. C’est fou non?

Un matin, le lendemain d’un tournoi, j’ai dit à ma mère que je n’avais pas envie d’aller à l’école. Pour elle, ce n’était rien de nouveau (rires). Je lui ai fait comprendre que je ne voulais plus aller à l’école du tout et que je voulais gagner ma vie en jouant à des jeux vidéo. J’avais un appartement et j’avais économisé assez d’argent pour payer mon loyer pendant cinq mois. Elle m’a dit que tant que je pouvais payer mon loyer, elle était d’accord. Elle m’a aussi donné une condition. Le prochain semestre d’école débutait dans six mois. Si j’arrivais à dégager un profit avant le début du semestre, je pourrais continuer à jouer, sinon il faudrait que je retourne à l’école. Mon équipe et moi avons gagné notre premier tournoi, avec 25 000 $ à la clé, et c’est comme ça que tout a commencé!

Q : À quoi ressemble une journée d’entraînement typique?
R : Je me réveille vers 22 ou 23 h et je joue en ligne pendant 6 ou 7 heures. Je diffuse ces parties sur ma chaîne Twitch. Ensuite, je passe une heure à enregistrer des vidéos, à donner des entrevues ou à remplir mes obligations auprès de mes commanditaires. Après, je m’entraîne de cinq à six heures avec mon équipe. Une journée de travail de 12 heures est la norme pour moi. Je travaillerais huit jours par semaine si c’était possible!

Lorsqu’on devient professionnel, ce n’est pas rare d’abandonner tout le reste : les copines, le cercle social, le travail, l’école. C’est possible de trouver un équilibre, mais je ne pense pas qu’on peut exceller si on ne se concentre pas sur le jeu à 100 %.

Q : Auriez-vous des conseils pour des jeunes qui aspirent à devenir des professionnels?
R : Je pense que le talent découle du rêve, mais qu’il faut aussi arriver à être réaliste. Je ne pense pas que d’abandonner ses amis, sa relation amoureuse, son travail et ses études soit une bonne idée quand on commence, parce que si l’on échoue, on n’a plus rien. Je leur conseillerais d’abord de jouer le plus possible dans leurs temps libres. S’ils sont vraiment doués et qu’ils s’entraînent beaucoup, ils vont finir par y arriver. Et une fois qu’ils y seront arrivés, ils pourront commencer à donner la priorité au jeu. Je dirais aussi que le meilleur moment pour s’entraîner, c’est entre 14 et 18 ans. À la majorité, c’est le moment d’y aller à fond.

Troy Jaroslawski, alias Canadian

Troy Jaroslawski, 22 ans, est le capitaine de l’équipe Evil Geniuses et, comme son surnom l’indique, il est l’un des deux seuls Canadiens des phases finales du tournoi. Il a quitté son Oakville natale, en banlieue de Toronto, pour parcourir le monde avec ses coéquipiers. Son équipe est parmi les favorites de l’événement.

Un jeune homme aux cheveux bleus courts. Il porte une veste bleu marine sur laquelle le nom et le logo de son équipe sont imprimés, ainsi que de nombreux logos de commanditaires.Troy Jaroslawski, alias Canadian, est l’un des deux seuls Canadiens à participer aux phases finales du Six Invitational. Photo : Radio-Canada / Karl-Philip Vallée

Question : Comment vous assurez-vous d’être dans le bon état d’esprit avant un match?
Réponse : Je suis un joueur assez concentré, alors je n’ai pas besoin de faire quoi que ce soit de spécial. Normalement, je me réchauffe en jouant un peu et je discute avec mon équipe.

Q : Avez-vous une superstition avant un match important?
R : Je ne suis pas très superstitieux, alors non.

Q : Rêviez-vous de gagner votre vie en jouant aux jeux vidéo en grandissant?
R : Ça n’a jamais vraiment été un rêve pour moi en grandissant. Je jouais beaucoup au hockey, j’ai joué à un niveau assez élevé, mais j’ai finalement dû arrêter. C’est à ce moment que j’ai commencé à jouer à des jeux vidéo plus sérieusement.

Q : À quel moment avez-vous senti que les sports électroniques pouvaient devenir une carrière?
R : Quand Rainbow Six Siege est sorti. J’ai commencé à prendre ça un peu plus au sérieux et je suis devenu meilleur. J’ai quitté l’école pour essayer de devenir un professionnel.

Q : Que pense votre famille de votre carrière d’athlète électronique?
R : Ma famille m’a toujours soutenu, en particulier ma mère. Elle m’a dit que tant que j’arrivais à payer mes factures, elle n’avait pas de problème avec ça. Au début, je ne gagnais pas beaucoup d’argent, évidemment, mais peu à peu ça s’est amélioré. Ma mère a vu que j’avais du potentiel. Et maintenant, je n’ai pas de problème à payer mes factures (rires)!

Q : À quoi ressemble une journée d’entraînement typique?
R : Je me réveille, je fais un peu d’exercice physique, puis je prends une douche et je déjeune. Ensuite, mes coéquipiers, notre entraîneur et moi discutons des stratégies que nous voulons pratiquer avant de jouer des parties en ligne. Un peu plus tard, nous visionnons les enregistrements des parties du jour pour cibler nos erreurs, puis nous avons du temps libre, pendant lequel j’ai l’habitude de jouer d’autres parties. Je dirais que je joue de six à huit heures par jour.

Q : Auriez-vous des conseils pour des jeunes qui aspirent à devenir des professionnels?
R : Je ne crois pas qu’il existe de secret pour devenir un professionnel. Il faut juste choisir un jeu qu’on aime vraiment. Personnellement, j’ai toujours été compétitif. Mais évidemment, comme pour n’importe quoi d’autre, il faut investir énormément de temps dans un jeu avant de devenir vraiment bon. C’est pour ça que c’est important de choisir un jeu qu’on aime. Rainbow Six Siege n’a jamais ressemblé à du travail pour moi.

Matthew McHenry, alias Acez

Matthew McHenry a fait le voyage de l’autre bout du monde pour venir compétitionner à Laval… littéralement! Le joueur originaire de l’Australie a tout donné avec son équipe Fnatic en phases préliminaires, ressortant avec une fiche parfaite. Ils se sont toutefois inclinés dans le premier match des quarts de finale face aux Japonais de PET Nora-Rengo.

Une photo de Matthew McHenry, un jeune homme avec des lunettes, les cheveux noirs peignés vers l'arrière et une barbe noire fournie. Il porte un chandail à capuchon noir et gris sur lequel le logo de son équipe et ceux de ses commanditaires sont visibles. Il tient une peluche de kangourou dans sa main droite.Matthew McHenry, alias Acez, est venu tout droit d’Australie avec ses coéquipiers pour se frotter aux meilleures équipes de la planète. Photo : Radio-Canada / Karl-Philip Vallée

Question : Comment vous assurez-vous d’être dans le bon état d’esprit avant un match?
Réponse : Ça prend beaucoup d’entraînement. Mon équipe et moi avons passé deux semaines à Londres à nous entraîner avant l’événement, parce que le niveau des équipes européennes est plus élevé que celui des équipes australiennes.

Q : Avez-vous une superstition avant un match important?
R : J’essaie de toujours porter le même chandail. J’ai aussi une routine les jours de match. Je fais les mêmes choses, je mange les mêmes choses. Ça m’aide à me concentrer.

Q : Rêviez-vous de gagner votre vie en jouant aux jeux vidéo en grandissant?
R : Pour mon équipe et moi, c’est arrivé un peu par surprise. Nous avons participé à un événement de qualification sans avoir d’attentes particulières et nous nous sommes qualifiés. Nous étions au bon endroit au bon moment.

Je pratiquais pas mal de sports d’équipe en grandissant, comme le rugby et le cricket, mais je me suis blessé à plusieurs reprises et j’ai dû arrêter. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à jouer un peu plus aux jeux vidéo. Et soudainement, je me suis retrouvé dans une ligne mondiale.

Q : À quel moment avez-vous senti que les sports électroniques pouvaient devenir une carrière?
R : Ce n’est pas vraiment devenu une carrière pour moi avant que Fnatic nous approche pour nous recruter, en avril 2018. Jusque-là, nous avions participé à quelques tournois et nous avions eu un peu de succès, mais je n’avais pas l’impression que c’était mon métier. Fnatic nous a offert des salaires, un système d’entraînement et de l’encadrement.

Q : Que pense votre famille de votre carrière d’athlète électronique?
R : Ma famille me soutient entièrement. Elle regarde probablement le tournoi à la maison [en Australie], en ce moment. Il doit être 3 ou 4 h, là-bas.

Q : À quoi ressemble une journée d’entraînement typique?
R : On se réveille vers 8 h, on déjeune, puis on commence à jouer des parties en ligne pendant environ trois heures. On prend une pause pour dîner avant de jouer un autre bloc de trois heures. Après, on peut continuer à jouer, mais on n’est pas obligés. Pendant la journée, notre entraîneur est toujours en train d’analyser nos parties pour nous aider à améliorer de petits détails. Notre journée commence à 8 h, mais ce n’est pas si rare qu’elle se termine vers 2 h le lendemain matin.

Q : Auriez-vous des conseils pour des jeunes qui aspirent à devenir des professionnels?
R : Le plus important, c’est de trouver des coéquipiers qui sont aussi motivés que vous. Une fois que vous en avez trouvé, vous pouvez travailler ensemble pour faire de votre rêve une réalité.



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Des vedettes d’Hollywood viendraient en aide à Apple

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Fidèle à ses habitudes, Apple refuse de commenter les rumeurs, mais selon des médias américains, l’entreprise pourrait faire des annonces le 25 mars au siège de Cupertino en Californie. Et elle pourrait frapper fort, avec des vedettes comme Jennifer Aniston, Reese Witherspoon ou le réalisateur J.J. Abrams invitées à l’événement.

Si Apple a déjà un pied dans le domaine de la vidéo avec iTunes ou Apple TV, qui permet l’accès à des plateformes tierces, c’est encore timide. L’étape suivante ne fait plus guère de doute : lancer son propre service en ligne, nourri de programmes exclusifs et de vedettes, qui concurrencera Netflix et Amazon Prime.

À la fin de janvier, le patron d’Apple, Tim Cook, avait de nouveau affirmé ses ambitions dans les contenus originaux, rappelant avoir signé un contrat avec la papesse de la télé américaine Oprah Winfrey. « Je suis super confiant et nous aurons d’autres choses à dire un peu plus tard », avait-il ajouté.

Sur le modèle d’Apple Music, son abonnement de musique en ligne ouvert en 2015, Apple pourrait lancer son équivalent en vidéo d’ici quelques mois, selon la presse américaine.

Arrivé tardivement sur le créneau, Apple Music a néanmoins crû très vite et revendique déjà plus de 50 millions d’abonnés payants.

La firme a d’ailleurs largement construit sa réputation en parvenant à révolutionner le marché, même en arrivant sur celui-ci après les autres, comme il l’a fait avec l’iPod ou l’iPhone.

Des services automatiquement installés

Outre des moyens financiers gigantesques, Apple a une force de frappe incomparable : les 1,4 milliard d’appareils de la marque en circulation, sur lesquels l’entreprise préinstalle ses services.

Ce qui lui a permis, les trois derniers mois de 2018, d’afficher une hausse de 19 % (presque 11 milliards) du chiffre d’affaires tiré de ses services (iCloud, Apple Pay, iTunes, Apple Music etc.).

Le lancement d’une plateforme numérique paraît à ce point incontournable que les analystes de JPMorgan Chase suggéraient récemment à Apple de racheter Netflix, de très loin le leader du marché avec ses 140 millions d’abonnés.

Bien que déjà largement occupé – Netflix et Amazon seront bientôt rejoints par Disney ou WarnerMedia –, le marché de la vidéo en ligne a encore un potentiel de croissance énorme, à mesure que les consommateurs changent leurs habitudes.

Des quotidiens refusent de s’engager avec Apple

Cependant, outre la vidéo, Apple a un autre marché en vue, plus compliqué celui-ci : les médias.

Les relations entre groupes technologiques et les médias sont notoirement difficiles, ces derniers accusant les premiers d’utiliser leurs contenus sans payer ou de les ruiner en captant les revenus publicitaires.

Apple propose déjà une sorte de portail vers la presse, avec Apple News. L’étape suivante serait de proposer un service d’abonnement qui permettrait d’accéder à du contenu de façon illimitée, mais ce projet est loin de faire l’unanimité en raison du pourcentage des recettes exigé par Apple.

Là encore, l’entreprise avait préparé le terrain en rachetant, l’an dernier, Texture, un service d’abonnement illimité à des magazines en ligne, pour 1 $ par mois.

Cependant, les discussions avec certains éditeurs sont difficiles, car selon la presse américaine, Apple exige de conserver la moitié des recettes. Résultat, certains grands titres, comme le New York Times ou le Washington Post, refusent de signer avec le géant californien.

« Même si on peut argumenter que beaucoup d’éditeurs [de presse] perdent [de l’argent] avec leurs abonnements à prix bas, il est difficile de justifier une part de 50 % », estime l’analyste Carolina Milanesi (Creative Strategies).

« Compte tenu des marges de la presse aujourd’hui, même la répartition habituelle d’Apple [des revenus dans les services] 70/30 semblerait un peu cupide, mais la moitié, c’est démentiel », estime pour sa part le blogueur spécialisé dans les technologies, John Gruber.

Apple pourrait proposer un abonnement unique à tous ses services, sur le modèle de Prime d’Amazon. « Cela serait très logique », estime Carolina Milanesi.

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Ces transhumanistes qui promettent l’immortalité

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Un badge défie la gravité au bout de l’annulaire de Dorian Kodelja. Comme dans tous les tours de magie, il y a une explication logique. Celle-ci est tout de même un peu inattendue. Le badge, loin d’échapper aux lois de la physique, est plutôt maintenu entre ciel et terre grâce à un petit aimant que Dorian s’est fait implanter au bout du doigt.

Le jeune homme, doctorant en intelligence artificielle, est un transhumaniste. Il croit que le corps de l’humain peut passer outre à certaines limites, et il est prêt à expérimenter de nouvelles sensations et fonctions avec son propre corps.

Un badge se colle comme par magie sur la main de l'homme.Un aimant est implanté dans le doigt du transhumaniste Dorian Kodelja. Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Cet aimant lui permet maintenant de ressentir les champs électromagnétiques comme ceux émis par les fours à micro-ondes.

« Cela me permet de comprendre ce que ça fait que d’avoir un nouveau sens. Quand mon doigt vibre, je le ressens un peu comme une odeur de brûlé. Mon cerveau s’est adapté à cette nouvelle sensation », explique Dorian Kodelja.

Je ne vois pas mon corps comme un sanctuaire. Je suis prêt à y intégrer plein de choses, du moment qu’elles sont sécuritaires.

Dorian Kodelja
Dorian Kodelja.Le transhumaniste Dorian Kodelja Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Dorian dit qu’il ne voit donc aucun problème à utiliser son corps de toutes les façons afin de tirer profit de la richesse du monde. C’est une partie seulement de l’idéologie transhumaniste, qui va beaucoup plus loin.

Téléverser son cerveau pour ne pas mourir

Le pape du mouvement, l’ingénieur et futurologue Raymond Kurzweil, ambitionne carrément d’en finir avec la mort. Il croit que dans quelques décennies, la puissance informatique et les développements de la science permettront de ne plus mourir… ou à tout le moins de téléverser son cerveau dans le nuage informatique afin de continuer à exister sous la forme d’un pur esprit jusqu’à la fin des temps.

Le spécialiste en intelligence artificielle a cofondé l’université de la singularité et est maintenant l’un des directeurs de Google. L’arrivée de ce théoricien du transhumanisme au sein du géant du web a renouvelé l’intérêt pour le mouvement. L’un des porte-parole de l’Association française transhumaniste, Florent Boissonnet, ne cache pas son enthousiasme.

On commence à penser que ça peut être possible. On va peut-être avoir une annonce de Google concernant un traitement pour augmenter la longévité. Peut-être demain? Dans 5 ans? Peut-être jamais aussi. On ne sait pas.

Florent Boissonnet, de l’Association française transhumaniste
Florent Boissonnet,.
      Florent Boissonnet, porte-parole de l’Association française transhumaniste Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Il cite la compagnie Calico qui veut allonger la vie humaine. Ou encore Neuralink, compagnie du milliardaire Elon Musk, dont les travaux portent sur les interfaces cerveaux-machines. Et des tas d’applications qui sont aujourd’hui réservées à des personnes handicapées ou atteintes de certains problèmes médicaux, mais qui pourraient bien devenir accessibles au commun des mortels d’ici quelques années.

Le rêve d’augmenter l’humain

Un point en commun entre ces projets : il s’agit toujours d’augmenter l’humain. Des chantres du projet transhumaniste comme l’Américain Tim Cannon refusent les limites biologiques de notre espèce. Pendant quelques mois, il s’est même fait insérer, directement sous la peau, un dispositif de la taille d’un iPhone afin de transmettre ses données biométriques directement à son téléphone.

Le scientifique anglais Kevin Warwick va même plus loin en affirmant que, dans l’avenir, ceux qui refuseront de s’augmenter seront handicapés par rapport au reste de la population qui choisira la voie transhumaniste.

En France, l’un des plus influents porte-parole du transhumanisme est probablement le médecin et entrepreneur du web Laurent Alexandre.

Auteur d’un livre intitulé La mort de la mort, il est persuadé que les enfants qui naissent aujourd’hui vivront beaucoup plus longtemps. Il croit qu’ils profiteront d’avancées techniques et biomédicales que l’on n’imagine pas encore, mais qui commenceront à faire leur apparition dans une trentaine d’années, soit quand l’intelligence artificielle dépassera celle des humains, prévoit-il.

Cela pourrait signifier des puces dans le cerveau ou d’autres types d’augmentation. Qu’en sera-t-il alors de l’inviolabilité du corps ou de la dignité humaine? Il croit que ces principes vont fluctuer pour s’adapter à un nouveau contexte.

La plupart des gens accepteront les propositions des transhumanistes. Pour moins souffrir et moins mourir. Nous ne nous verrons pas de la même façon dans le futur. Les modifications dont nous parlons aujourd’hui paraîtront naturelles à nos descendants.

Laurent Alexandre, médecin et entrepreneur du web
Laurent Alexandre est en train de parler au micro devant un lutrin.         Laurent Alexandre, lors d’un dîner-conférence devant les membres du Cercle de l’union interalliée à Paris en novembre 2018 Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Le transhumanisme, une utopie?

Le projet transhumaniste est loin de faire l’unanimité et reçoit de virulentes critiques dans le monde de la science et de l’éthique. Jacques Testart est justement au confluent de ces deux mondes.

Le biologiste, connu comme le père du premier bébé-éprouvette français, est un scientifique, mais aussi un bioéthicien de renom. Il a publié il y a quelques mois un livre intitulé Au péril de l’humain – Les promesses suicidaires des transhumanistes. Pour lui, rien dans l’état actuel de la science ne valide les idées et les projections des transhumanistes.

Ils vous disent qu’on va mettre le contenu de nos cerveaux sur un disque dur. Cela ébahit les gens. Mais la vérité c’est qu’on n’a strictement aucune idée comment faire ça! Il n’y a aucune base scientifique!

Le biologiste Jacques Testart
Jacques Testart.                  Jacques Testart, rencontré chez lui en banlieue de Paris. Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Il rappelle que l’on ne sait presque rien du génome et du fonctionnement du cerveau. Partisan d’une science lente et précautionneuse, il est persuadé qu’il faudra encore de très nombreuses années avant de voir certains volets du projet des transhumanistes devenir possibles. Mais, de toute façon, il rejette en bloc à peu près tout ce qu’ils proposent.

Pour moi le transhumanisme, c’est le nouveau nom de l’eugénisme. Fabriquer des individus identiques et hyperperformants, moi, j’appelle cela du clonage social.

Le biologiste Jacques Testart

Ses reproches ne s’arrêtent pas là. Pour Jacques Testart, le transhumanisme n’est pas un projet de société, mais plutôt un amalgame d’aspirations individuelles et égoïstes. Il cherche sans les trouver les valeurs collectives et citoyennes dans ce mouvement.

Ce sont des libertariens qui créent de nouveaux mythes en promettant l’immortalité. Il y a même une forme de violence contre ceux qui ne se soumettraient pas à ce nouvel idéal.

Le biologiste Jacques Testart

« Cela ne fonctionnera pas, mais ça fait quand même du mal à notre espèce, car cela isole les gens. Où est l’empathie? Où est la solidarité dans tout ça? Il ne faudrait pas oublier que si Homo sapiens a réussi à s’imposer, c’est surtout grâce à la coopération qui caractérise notre espèce », observe Jacques Testart.




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YouTube recommande de la pornographie juvénile, allègue un internaute

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Dans une vidéo (Nouvelle fenêtre) vue plus d’un million de fois en 18 heures, M. Watson explique que des pédophiles s’échangent des numéros WhatsApp par le biais des commentaires sous les vidéos. Ces numéros peuvent ensuite être utilisés pour s’envoyer de la pornographie juvénile explicite à l’aide des communications chiffrées de l’application de messagerie détenue par Facebook.

N’essayez pas de répliquer l’expérience de Matt Watson, puisqu’il pourrait s’agir d’un crime.

Les commentaires sous les vidéos hébergées sur YouTube, qui ne sont pas explicites, contiennent également de nombreux messages dans lesquels les utilisateurs indiquent les moments où les enfants sont dans des positions considérées comme sexuellement implicites.

Dans sa démonstration, Matt Watson crée un nouveau compte YouTube et parvient à entrer dans ce qu’il appelle un « trou noir pédophile » en à peine deux clics. Une fois dans ce « trou noir », toutes les recommandations de l’algorithme de YouTube sont des vidéos d’enfants associées à des commentaires pédophiles.

D’après ce youtubeur, plusieurs de ces vidéos contiennent des publicités mises en ligne par le système automatisé de YouTube. En d’autres mots, la plateforme reçoit de l’argent chaque fois qu’une personne voit l’une de ces publicités, et profite donc, sans nécessairement le savoir, de cette situation.

Les accusations de M. Watson ont suscité de nombreuses réactions sur Twitter. Le mot-clic  (Nouvelle fenêtre)#YoutubeWakeUp (Nouvelle fenêtre) (« YouTube réveille-toi »), associé à ce sujet, a été utilisé des centaines de fois par des personnes qui espèrent que la plateforme bloquera ces contenus.

« L’objectif de cette campagne n’est pas de détruire YouTube, a notamment écrit le compte Twitter YouTubewakeup (Nouvelle fenêtre). Notre but est de montrer l’hypocrisie de YouTube, qui monétise des vidéos d’enfants autour desquelles des pédophiles sont actifs. »

YouTube n’avait pas encore réagi au moment d’écrire ces lignes.



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