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ALENA: des négociations sous forte pression, au profit de qui?

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Maintenant que les États-Unis ont réussi à conclure une entente avec le Mexique, la pression est forte sur le Canada pour qu’il accepte à peu près les mêmes conditions dans l’ALENA renouvelé. Si on doit se réjouir du fait que les négociateurs canadiens aient jusqu’à présent refusé de conclure un traité de manière précipitée, on sait aussi que la prochaine échéance fixée, celle du 1er octobre, est plus ferme que les précédentes. La raison en est que Donald Trump veut se présenter devant l’électorat, le 6 novembre prochain, en se servant de cette victoire pour gagner des votes.

Pourtant, plusieurs enjeux clés nécessitent que le Canada ne baisse pas la garde !

Dans le but d’en arriver à une entente, le gouvernement canadien doit impérativement résister à la tentation de faire des concessions sur la gestion de l’offre. Déjà, l’accord entre le Canada et l’Union européenne (AECG) et le Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP) prévoient que les pays partenaires peuvent exporter au Canada davantage de produits sans droits de douane. Ceci a pour effet concret de réduire la part du marché qui était réservée à nos producteurs locaux de fromage, de lait, de volailles et d’oeufs. Si des concessions semblables étaient faites aux États-Unis, où les fermes sont de taille industrielle et les usines de transformation gigantesques, plusieurs fermes familiales au Québec et au Canada auraient beaucoup de difficulté à survivre et seraient acculées à la faillite.

Pour les États-Unis, dans ces négociations, la culture n’est qu’un marché comme un autre. Pourtant, s’ils avaient gain de cause, les impacts seraient majeurs sur le monde de l’édition, des magazines, de la radio et de la télévision. L’exception culturelle doit donc être maintenue coûte que coûte. Une ouverture de marché dans le secteur des supports numériques, essentiels aujourd’hui à la diffusion des produits culturels, pourrait avoir de lourdes conséquences pour les artistes québécois : de grandes entreprises comme Netflix ou Amazon pourraient continuer à promouvoir sans restriction la production américaine sans accorder d’attention à celle d’ici et sans que nos gouvernements puissent intervenir.

Dans l’entente avec le Mexique, les États-Unis ont ouvert leurs marchés publics, c’est-à-dire les contrats des gouvernements par appel d’offres. Mais ils le font seulement à la hauteur de la valeur des marchés que lui ouvrira le Mexique, dont la valeur est de manière générale dix fois plus petite que celle de leur voisin américain. Si quelque chose de similaire devait s’appliquer au Canada, cela signifierait que les entreprises des États-Unis auraient accès à la totalité de nos marchés publics alors que les entreprises du Canada n’auraient accès qu’à 10 % des leurs, un déséquilibre patent. Ce qu’il faut négocier, c’est plutôt le droit de réserver davantage de marchés publics aux entreprises du pays de façon à ce que nos impôts servent aussi à stimuler l’économie de nos régions. Particulièrement dans les marchés publics de secteurs importants de notre économie, notamment celui de la santé.

Par ailleurs, le nouvel ALENA pourrait faire hausser considérablement le coût des médicaments. Dans l’accord États-Unis–Mexique, les données sur les essais cliniques seront protégées pendant dix ans ! Leur prix, qui sera maintenu élevé plus longtemps, restera pour beaucoup de personnes une barrière à leur accessibilité. Alors que notre réseau de la santé et de services sociaux est déjà mis à mal par les compressions budgétaires, l’augmentation du coût des médicaments ne va qu’aggraver le problème.

Il semblerait que, dans les présentes négociations, le Canada et les États-Unis soient prêts à éliminer chapitre 11 de l’ALENA, qui accorde le droit aux entreprises de poursuivre les gouvernements quand ceux-ci prennent des décisions qui risquent de nuire à leurs profits. L’élimination totale du chapitre 11 serait l’aboutissement de plusieurs années de lutte de la part des organisations de la société civile pour que cessent ces poursuites qui ont aussi comme effet de dissuader les gouvernements d’adopter des règlements dans le but de protéger le bien commun.

Toutefois, le Canada et les États-Unis pourraient aussi choisir de limiter la portée du chapitre 11 au seul secteur des hydrocarbures, ce qui serait toujours problématique puisque ce secteur d’activité menace à la fois notre environnement et la santé des populations.

Un nouvel ALENA, négocié sous la contrainte, dans le seul but de servir les intérêts d’une élection de mi-mandat aux États-Unis, deviendra un mauvais accord pour les Canadiennes et les Canadiens, celui-là même que prétend vouloir refuser Justin Trudeau. Les organisations signataires de cette lettre exhortent ainsi le Canada à continuer de ne rien précipiter.

* Signataires : Nancy Bédard, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) ; Denis Bolduc, président du Syndicat canadien de la fonction publique – Québec (SCFP-Québec) ; Daniel Boyer, président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) ; Donald Cuccioletta, coprésident d’Alternatives ; Carolle Dubé, présidente de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) ; Sonia Éthier, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) ; Fred-William Mireault, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) ; Richard Perron président du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) ; Luc Vachon, président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD) ; Claude Vaillancourt, président de l’Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne (ATTAC-Québec)

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COVID-19 – Massé à Trudeau: pas de bailout pour les pétrolières et les gazières de l’Alberta

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La porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, presse le gouvernement Trudeau d’abandonner son plan de sauvetage du secteur pétrolier et gazier canadien, dont l’annonce est attendue la semaine prochaine et qui pourrait s’élever à 15 milliards de $.

« Quand l’économie coule, donner le premier canot de sauvetage à l’industrie pétrolière et gazière n’a aucun bon sens. Alors que les Québécoises et les Québécois se préparent à des pertes d’emploi massives, le gouvernement fédéral doit faire preuve de lucidité et intervenir pour rendre l’économie plus résiliente, pas l’exposer encore plus aux lubies de l’Arabie saoudite et aux tendances de fond du marché mondial de l’énergie. La priorité, c’est la santé financière des travailleurs et des familles, pas celle des actionnaires du pétrole et du gaz », a affirmé Mme Massé.

« Les nuages s’accumulent au-dessus de l’économie mondiale. Dans un contexte plus ensoleillé, les hydrocarbures étaient déjà un puit sans fond pour les finances publiques. Au Québec comme au Canada, nous devons maintenant nous demander si le jeu en vaut encore la chandelle. Le meilleur service que nous pouvons rendre aux travailleurs et aux travailleuses du secteur, c’est de leur donner un rôle à jouer dans la transition énergétique vers une économie verte et durable », a conclu la porte-parole de Québec solidaire.

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Matériel pédagogique – Des ressources pour favoriser l’égalité des chances, demande Christine Labrie

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La députée de Sherbrooke et responsable pour Québec solidaire en matière d’éducation, Christine Labrie, appelle le ministre Jean-François Roberge à bonifier son offre de matériel pédagogique afin de répondre aux besoins de tous les élèves, et lui demande de déployer rapidement un plan de rattrapage pour les élèves qui en auront besoin lorsque les mesures de distanciation physique seront levées.

« L’École ouverte est un bon point de départ pour enrichir la vie de nos enfants pendant les mesures de distanciation physique. Malheureusement, ça ne permet pas aux enfants de poursuivre leur parcours scolaire et ça ne suffira pas non plus pour remplacer plusieurs mois d’absence à l’école », déplore Mme Labrie.

« Le choix de proposer des ressources en ligne est pratique pour plusieurs familles, mais les élèves qui n’ont pas accès à des outils informatiques adéquats ou qui ont certaines limitations fonctionnelles, par exemple un handicap visuel, ne pourront pas les utiliser. Ça creuse un écart déjà grand entre les enfants. Il faut pallier à ce problème et fournir à tous les élèves une vraie trousse de matériel couvrant le contenu spécifique de leur niveau, par exemple en leur envoyant par la poste », ajoute-t-elle, en invitant aussi le ministre Roberge à augmenter les ressources d’Allô-prof, qui possède une expertise en soutien à distance.

Vers un plan de rattrapage

La députée de Sherbrooke appelle également le ministre de l’Éducation à rassurer les parents et les élèves en dévoilant rapidement les mesures de rattrapage qui seront mises en place au sortir de la crise pour venir en aide aux élèves qui se trouveraient en situation d’échec à la fin de l’année scolaire.

« Certains enfants ont la chance de poursuivre leur cursus scolaire avec leurs parents, mais c’est loin d’être le cas de tout le monde. Bien des parents travaillent encore et ne sont pas en mesure de consacrer du temps à la scolarisation de leurs enfants. Certains élèves ont aussi besoin de services spécialisés auxquels leurs parents ne peuvent pas répondre. Le ministère de l’Éducation a la responsabilité de l’égalité des chances et doit mettre des solutions en place pour éviter que ces élèves soient pénalisés. Je propose qu’on fournisse aux élèves qui seront en situation d’échec une occasion de faire du rattrapage pour qu’ils puissent être au même niveau que leur cohorte à la prochaine année scolaire », conclut la députée solidaire.

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Québec solidaire propose un Plan d’indépendance alimentaire pour subvenir aux besoins du Québec

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Manon Massé, porte-parole de Québec solidaire, et Émilise Lessard-Therrien, députée de Rouyn-Noranda–témiscamingue et porte-parole solidaire en matière d’agriculture, proposent un Plan d’indépendance alimentaire afin d’assurer la sécurité alimentaire des Québécoises et Québécois durant toute la durée de la crise de la COVID-19.
« Avec la crise de la COVID-19, il y a beaucoup d’insécurité qui s’installe dans la population. À l’aube de notre prochaine saison agricole, l’incertitude plane sur nos producteurs agricoles, aurons-nous toutes les ressources nécessaires pour répondre aux besoins alimentaires de la population québécoise? En hiver et au printemps, c’est environ 40% des aliments consommés au Québec qui proviennent ou transitent par les États-Unis. Alors qu’on sait que le combat contre le coronavirus sera long, si on veut se garantir des récoltes abondantes à l’automne, il ne faut pas manquer la fenêtre d’opportunité que nous offre les semaines à venir avec le temps des semis », a expliqué Mme Lessard-Therien.
« On est face à l’éventualité d’une crise mondiale sans précédent. C’est le moment de se serrer les coudes et se donner les moyens de passer à travers la pandémie. Le Québec aurait la capacité de nourrir son monde si on faisait les choix politiques qui s’imposent. Il s’agit que chacun et chacune y contribue et que nos gouvernements fassent le nécessaire pour rendre ça possible. Que ce soit sur les balcons, dans les plates-bandes des villes et des familles, ou bien dans les champs, un maximum d’espaces disponibles et cultivables doivent être mis à profit pour nous permettre d’assurer notre indépendance alimentaire », affirme Manon Massé.
Se déployant en deux volets, le plan solidaire prévoit dans un premier temps des mesures pour soutenir le monde agricole et renforcer sa capacité de production, notamment en misant sur une main-d’oeuvre locale avec des incitatifs financiers. Le plan prévoit également l’autorisation de l’accès aux services de garde d’urgence pour les enfants d’agriculteurs et agricultrices ainsi que l’augmentation des seuils de production hors quota pour les petits producteurs.
Parallèlement, le plan comprend une série de changements réglementaires pour encourager la mise en place de Jardins de la victoire inspirés de ceux de la Deuxième Guerre mondiale. En 1943, près de 60% de la population des États-Unis avait un potager. Cette année-là, 42% des légumes consommés provenaient des potagers citoyens. Visant à stimuler le jardinage citoyen, la mesure stimulerait la production alimentaire dans l’ensemble des municipalités du Québec.
Plan d’indépendance alimentaire de Québec solidaire
Soutenir le monde agricole : faire fonctionner les fermes à plein régime
  • Subventionner une partie des salaires des employés agricoles en instaurant une prime salariale de 4$ l’heure pour les travailleurs et travailleuses agricoles.
  • Stimuler le recrutement d’une main-d’œuvre agricole locale en permettant aux personnes qui le souhaitent, retraité-es ou personnes sans emplois, d’être formées et rémunérées pour travailler sur une ferme pour la saison estivale sans pénalité sur les prestations reçues;
  • Augmenter les seuils de production hors quota pour les petits producteurs, notamment pour les œufs et la volaille;
  • Autoriser l’accès aux services de garde d’urgence pour les enfants d’agriculteurs et d’agricultrices;
  • Reconnaître les marchés publics et kiosques à la ferme dans la liste des « services essentiels ».

    Instaurer les Jardins de la Victoire : cultiver partout où c’est possible

  • Encourager les potagers collectifs et le jardinage citoyen dans toutes les municipalités du Québec;
  • Autoriser la culture potagère en cour avant dans l’ensemble des municipalités du Québec;
  • Convertir les serres ornementales publiques municipales et privées vers la production maraîchère;
  • Convertir un maximum d’espaces prévus pour l’ornementation florale municipale en espaces de culture maraîchère.

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