Des travailleurs étrangers qualifiés oubliés par Québec

Alors que le Québec connaît une pénurie de main-d’œuvre, des travailleurs étrangers qualifiés dans des domaines jugés prioritaires attendent depuis près de deux ans le certificat qui leur permettrait d’être embauchés ici et pour lequel ils ont déjà payé plus de 700 $.

Ces aspirants immigrants venus d’Europe, d’Afrique ou d’Amérique latine ont tous postulé via la plate-forme en ligne Mon Projet Québec, lors de son lancement, au début de 2016.

Ce système électronique qui a coûté au ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) plus d’un million de dollars avait pour but de remplacer les dossiers papier et d’accélérer le traitement des demandes.

RATÉS ET RETARDS

Mais dans la pratique, Mon Projet Québec semble accumuler les ratés et les retards.

« Ce qui est frustrant, c’est que depuis deux ans je ne sais pas où je vais », explique Frédéric Beck, un Français de 40 ans, détenteur d’un diplôme d’infirmier et de chef de travaux en construction.

L’homme fait partie des chanceux qui ont réussi à déposer leur dossier sur Mon Projet Québec en janvier 2016 malgré les nombreuses pannes de serveur qui avaient alors fait les manchettes et obligé le ministère à fournir des explications.

« J’ai payé environ 1000 $ pour les coûts de gestion administrative et après ça, plus rien, raconte-t-il. Je n’ai eu aucune nouvelle du MIDI depuis, et lorsqu’on les appelle, il est impossible d’obtenir la moindre réponse. »

PARADOXAL

À la fin de l’été dernier, M. Beck a finalement reçu un message du ministère lui demandant une liste de documents. L’homme les a fournis immédiatement et n’a depuis reçu aucune information sur l’avancement de son dossier.

« C’est paradoxal parce que d’un côté, le ministère fait plein de communications en affirmant avoir besoin de main-d’œuvre [voir autre texte] et de l’autre, il ne fait rien pour combler ce besoin », déplore-t-il.

M. Beck est loin d’être le seul travailleur qualifié en attente d’une réponse à désespérer de ces délais.

SACRIFICE

« J’ai dû verser environ 750 $ pour les frais de gestion et je n’ai toujours pas de réponse 20 mois après, explique Arsène Koffi, un informaticien d’Abidjan, en Côte d’Ivoire. C’est un gros sacrifice pour moi. »

Sur les forums spécialisés, ils sont des centaines à écrire depuis l’Algérie, la Moldavie ou le Brésil leur impuissance devant la lenteur et le mutisme du MIDI.

« On sait que le ministère traite encore des demandes papier qui ont été faites avant le lancement de Mon Projet Québec, explique l’avocat spécialisé en droit de l’immigration, Andres Miguel Pareja. Il y a un retard important. Peut-être que c’est une question de ressources ou d’efficacité, mais je ne pense pas que cela justifie autant d’années d’attente. »

Interrogé par Le Journal sur ces délais anormalement longs, le MIDI n’a pas été en mesure de nous répondre.

Réduction des GES: les efforts du Québec restent insuffisants

Malgré des investissements qui devraient dépasser les quatre milliards de dollars de fonds publics, le Plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques du gouvernement Couillard permettra seulement de « stabiliser » les émissions de gaz à effet de serre du Québec. C’est ce que conclut le bilan « mi-parcours » de ce programme, obtenu par Le Devoir.

Le gouvernement du Québec s’est engagé à réduire de 20 % les émissions de gaz à effet de serre (GES) de la province d’ici 2020 par rapport au niveau de 1990. Or, les plus récentes données disponibles, qui remontent à 2014, indiquent que le taux de réduction atteignait alors 8 %, mais aussi que ce bilan ne montrait « pas de progression globale significative dans les réductions d’émissions de GES réalisées au Québec ».

« Ceci laisse entrevoir qu’un effort substantiel de réduction d’émissions de GES est nécessaire d’ici 2020 pour maximiser les réductions d’émissions de GES réalisées au Québec. Selon ces projections, les efforts de réduction déjà prévus permettraient uniquement de stabiliser les émissions de GES d’ici 2020 », peut-on lire dans le bilan mi-parcours du Plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques (PACC 2013-2020).

Ce document, produit par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, est daté de 2017, mais il n’a toujours pas été publié.

Cette stagnation des réductions de GES dans la province « s’explique par la tendance à la hausse des émissions découlant notamment de la croissance démographique et économique du Québec et par certaines tendances lourdes dans le choix des modes de déplacement », ajoutent les auteurs de ce rapport de près de 80 pages dont Le Devoir a obtenu copie.

Certes, le PACC 2013-2020 génère des réductions d’émissions. Mais même en y ajoutant des mesures du gouvernement fédéral « à venir », « le risque que les réductions d’émissions de GES réalisées au Québec soient moins importantes qu’on le souhaitait est présentement significatif si aucune mesure additionnelle n’est [prise] d’ici 2020 ».

Pour éviter que le Québec soit forcé de se tourner vers des achats importants de crédits d’émissions sur le marché du carbone — qui pourraient atteindre près de 10 millions de tonnes par année —, le bilan gouvernemental insiste sur la nécessité d’un « renforcement important » du plan actuel. C’est d’ailleurs ce qui serait prévu, afin de « maximiser » les réductions au Québec d’ici deux ans.

« De surcroît, la nécessité de réduire le plus possible les émissions en sol québécois prend une importance accrue depuis que le Québec s’est doté, en 2015, de cibles et d’objectifs encore plus ambitieux pour 2030 et 2050, dont l’atteinte exige la décarbonisation de son économie », rappelle le rapport. L’objectif de réduction des GES est fixé à 37,5 % en 2030 par rapport à 1990.

« Urgence » en transport

Pour placer le Québec sur la voie de cette nécessaire « décarbonisation » de l’économie, il y a « urgence d’agir » dans le secteur des transports, qui compte à lui seul pour 41 % des émissions de GES. Les actions dans ce secteur doivent d’ailleurs accaparer plus de deux milliards de dollars du budget du PACC 2013-2020.

Le bilan du ministère de l’Environnement constate toutefois que les sommes investies jusqu’à présent dans le transport collectif, jugé « alternatif à “l’auto solo” », «ont essentiellement permis de maintenir et de consolider la hausse de l’offre de services réalisée entre 2006 et 2012 ».

On note cependant que les investissements dans le transport en commun ont contribué à la « mobilité ». « Ils ont toutefois peu contribué à la réduction des émissions de GES, et leur coût [du point de vue des] dollars investis/tonne de GES réduite est élevé ». Celui-ci atteindrait 60 000 $ par tonne, selon ce qu’on peut voir dans un tableau présentant les réductions de GES à l’horizon 2020.

En ce qui a trait à l’électrification du parc automobile québécois, le rapport indique que les ventes de véhicules zéro émission (VZE) « devront augmenter de façon significative pour atteindre la cible de 100 000 véhicules immatriculés au Québec en 2020 ». Au mieux, cette cible sera atteinte « vers 2022 ». Et encore, cela ne représentera qu’une infime partie du parc automobile du Québec, qui avoisine présentement les 4,5 millions de véhicules.

Décarboniser

En parallèle de cet objectif gouvernemental, « peu de mesures visant à réduire les émissions de GES des millions de véhicules qui sont déjà sur les routes du Québec ont été mises en oeuvre ». Qui plus est, les émissions des véhicules lourds ont augmenté de 90 % depuis 1990. Le bilan suggère donc de mener des « études de faisabilité » en vue de la « mise sur pied de mesures additionnelles de réduction des émissions de GES » dans le secteur des transports.

Plus largement, ce bilan propose la création d’un « institut de la décarbonisation » pour aider le gouvernement à trouver des solutions « porteuses » pour l’économie et la société québécoise « tout au long de sa transition vers une économie sobre en carbone ». Une mesure qui devrait s’accompagner d’une « campagne de sensibilisation en continu » sur les enjeux climatiques, un domaine où « peu d’actions ont été mises en oeuvre à ce jour ».

Le rapport souligne par ailleurs le manque de gestes concrets en matière d’« adaptation » aux impacts des changements climatiques. À l’heure actuelle, à peine 8 % du budget du PACC 2013-2020 y est destiné. Il faudrait donc réévaluer cette part, d’autant plus que « les impacts des changements climatiques sont déjà tangibles au Québec », notamment par l’augmentation de l’intensité des tempêtes, des inondations, de l’érosion côtière, des glissements de terrain et de la fonte du pergélisol.

Autant de phénomènes qui sont appelés à prendre de l’ampleur, peu importe les actions qui seront prises pour réduire les GES au Québec. En plus des coûts importants pour l’État québécois, cette crise environnementale pourrait provoquer plus de 20 000 décès dans la province d’ici 50 ans, selon des données du consortium Ouranos citées dans le rapport du ministère.

Le truc est simple: un prêt de 800 000$ pour un passeport

Neuf immigrants investisseurs sur dix ne s’établiront jamais au Québec même s’ils profitent d’un programme d’Investissement Québec pour obtenir leur passeport canadien.

Le Programme québécois des immigrants investisseurs est loin d’engendrer des retombées économiques importantes au Québec, car 90 % des participants quittent la province pour élire domicile ailleurs au pays, révèlent des données compilées par Statistique Canada pour Le Journal.

Près de 1900 gens d’affaires étrangers sont admis tous les ans dans le cadre ce programme d’Investissement Québec. Ceux-ci doivent :

  • disposer d’au moins 1,6 million $ d’actifs;
  • avoir « l’intention de s’établir au Québec »;
  • prêter 800 000 $ sans intérêt à Investissement Québec.

De 1991 à 2016, 57 935 immigrants, surtout originaires de la Chine, ont bénéficié du programme.

Du lot, seulement 6050 vivent aujourd’hui au Québec. Vancouver et Toronto en accueillent 46 000, ou 80 %.

Leurs revenus au pays sont bien plus faibles que la moyenne canadienne, ce qui laisse croire aux experts que l’essentiel de leur richesse reste dans leur pays d’origine, échappant au fisc canadien.

Un « point d’atterrissage »

« Montréal n’est qu’un point d’atterrissage. […] Le Québec obtient son prêt et tous les coûts se retrouvent dans d’autres villes canadiennes », résume David Ley, de l’Université de la Colombie-Britannique, expert des programmes d’immigrants investisseurs du Canada et du Québec.

Ottawa a fermé son programme en 2014, car il ne « présentait pas d’avantages économiques », selon le gouvernement. Or, Québec­­­ insiste pour maintenir le sien, déplore M. Ley.

« Ça a été fermé par les conservateurs, qu’on ne peut pas accuser d’être anti-business­­­. Les revenus des gens au Canada étaient si faibles qu’ils ne contribuaient pas à la croissance économique, et ce, tout en envoyant leurs enfants à l’école et en utilisant nos services de santé. Ils contribuent aussi activement à l’explosion des coûts de l’immobilier à Vancouver et Toronto. »

Cette réalité a d’ailleurs poussé l’ex-première­­­ ministre de la Colombie-Britannique, Christy Clark, à demander au Québec de modifier son programme, pour que les immigrants investisseurs « dépensent et restent au Québec ». En vain.

Le Conseil du patronat du Québec, qui a produit une étude sur le programme, est plus nuancé. Le programme est imparfait et doit être réformé, croit l’économiste en chef Norma Kozhaya.

Pas si pire que ça

Elle se dit « surprise » par la proportion de demandeurs qui quittent le Québec, mais fait valoir que ces gens fortunés contribuent à l’économie grâce à leur pouvoir d’achat. Leur prêt de 800 000 $ rapporte gros, ajoute-t-elle.

Il est vrai que Québec dispose ainsi d’un prêt sans intérêt de 5 milliards $. Les revenus générés par les placements des candidats financent deux programmes d’aide aux entreprises.

« Si on exigeait qu’ils restent au Québec ou qu’ils achètent une résidence ici, ils dépenseraient plus, démarreraient peut-être des entreprises, créeraient des emplois », croit Mme Kozhaya.

Plus de 10 M$ par an pour gérer le programme

Controversé et décrié par les provinces de l’Ouest, le programme québécois d’immigrants investisseurs a coûté près de 12 millions $ au gouvernement du Québec l’an dernier, révèlent des données obtenues par Le Journal. Bien plus que l’ancien programme fédéral, qui desservait pourtant neuf provinces et trois territoires.

Les coûts rattachés au programme québécois n’ont cessé d’augmenter depuis 2012.

Coûts en hausse

Pendant cette période, les coûts en tous genres liés au programme sont passés de 9,3 millions à 11,8 millions $, selon des données obtenues en vertu de la Loi d’accès à l’information.

En comparaison, pour tout le reste du pays, les frais de fonctionnement du programme fédéral n’étaient que de 5 millions $ par an lorsqu’il a été aboli par les conservateurs en raison de son inefficacité, en 2012.

La grande majorité des coûts sont attribuables aux salaires des personnes employées par le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) du Québec et Investissement Québec, au Québec et à l’étranger.

Ces fonds servent notamment à analyser les demandes présentées par les candidats du programme québécois des immigrants investisseurs.

Un bureau à Hong Kong

« Ces [employés] doivent vérifier le respect des normes du programmes [sic], notamment les conventions d’investissement et la licité des fonds qui seront placés au Québec », affirme une porte-parole du MIDI dans un échange courriel.

Le ministre de l’Immigration, David Heurtel, a refusé d’accorder une entrevue au Journal.

Les coûts sont également attribuables à l’occupation de locaux à Hong Kong, soit le loyer, l’aménagement et divers frais d’administration, selon le ministère.

Les revenus générés par les placements des candidats, d’environ 45 millions $ par an, financent deux initiatives d’aide aux entreprises, en plus de couvrir l’ensemble des coûts liés à la gestion du programme.

La Chine en train de gagner sa guerre à la pollution, selon une étude américaine

PÉKIN, Chine | La Chine, premier pollueur mondial, «est en train de remporter la guerre contre la pollution» atmosphérique, au point d’esquisser une augmentation de l’espérance de vie de plus de deux ans, selon une étude américaine rendue publique mardi.

A partir de données collectées par 200 récepteurs répartis dans tout le pays, l’Université de Chicago a calculé que le taux de particules fines, très nuisibles pour la santé, avait baissé de 32% entre 2013 et 2017.

Si cette tendance se maintenait, l’espérance de vie moyenne des Chinois augmenterait de 2,4 ans, selon l’étude. Les particules fines (PM 2,5) jouent un rôle dans les maladies cardiovasculaires et respiratoires ainsi que le cancer.

«Il n’y a pas d’exemple d’un pays parvenant à une réduction aussi rapide de la pollution atmosphérique. C’est remarquable», déclare à l’AFP Michael Greenstone, qui a dirigé l’étude à l’Institut de politique énergétique de l’Université de Chicago.

Par contraste, il a fallu plus d’une dizaine d’années aux États-Unis pour parvenir à une amélioration comparable après l’adoption d’une loi sur l’air en 1970.

«Ce que les quatre années écoulées prouvent, c’est que les choses peuvent changer, et même rapidement, avec de la volonté politique», observe M. Greenstone.

Sous la pression de l’opinion publique, le régime communiste a lancé en 2013 un plan contre la pollution destiné à réduire d’un quart la concentration de particules fines dans certaines régions clés comme autour de Pékin et Shanghai.

«La Chine n’est pas considérée comme un pays démocratique et pourtant on constate que le gouvernement a dû prendre des mesures que l’opinion exigeait», note M. Greenstone.

La politique antipollution s’est toutefois accompagnée d’un coût économique et social, les autorités ordonnant la fermeture de milliers d’usines trop proches des centre-ville.

Elles ont également décrété fin 2017 la fin du chauffage au charbon, la principale source d’énergie en Chine, dans des régions du nord du pays, avant même que des systèmes de chauffage au gaz aient pu être installés. Des écoles de la province du Hebei (nord) ont dû se résoudre à faire classe dans la cour, où la température était moins froide qu’à l’intérieur…

L’hiver, traditionnellement très pollué dans le nord de la Chine, a été relativement pur cette année, mais un pic de pollution frappait Pékin mardi, avec un taux de particules fines supérieur à 300 microgrammes par m3, soit plus de 12 fois la norme recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’astrophysicien britannique Stephen Hawking s’est éteint à l’âge de 76 ans

Cloué dans un fauteuil et s’exprimant grâce à un ordinateur, Stephen Hawking, qui est décédé mercredi à 76 ans, a consacré sa vie à percer les secrets de l’univers et à populariser l’astrophysique, au point d’en devenir une star.
« Je suis certain que mon handicap a un rapport avec ma célébrité. Les gens sont fascinés par le contraste entre mes capacités physiques très limitées et la nature extrêmement étendue de l’univers que j’étudie », disait le scientifique contemporain certainement le plus célèbre du monde.
Stephen Hawking est né à Oxford le 8 janvier 1942, 300 ans jour pour jour après la mort de Galilée.
Son père, biologiste, souhaite qu’il suive ses pas en étudiant la médecine à Oxford. Mais le jeune Stephen s’est déjà pris de passion pour les mathématiques. Cette matière n’étant pas enseignée dans la prestigieuse université, il opte pour la physique.
Au bout de trois ans, il part pour Cambridge, afin d’y poursuivre des recherches en astronomie.
Peu après son 21e anniversaire, il apprend qu’il souffre d’une maladie dégénérative paralysante, la sclérose latérale amyotrophique (SLA) ou maladie de Charcot.
Les médecins ne lui donnent que deux ans à vivre. Ne sachant même pas s’il pourra achever sa thèse de doctorat, il plonge dans une profonde dépression, dont il ne sort que grâce à sa rencontre avec une étudiante en linguistique, Jane Wilde, qu’il épouse en 1965.
Le couple, qui divorcera 30 ans plus tard, aura trois enfants. Stephen Hawking épousera en seconde noces Elaine Mason, dont il se séparera au bout de onze ans, en 2006.

Son corps décline inexorablement. En 1974, il est incapable de se nourrir ou de sortir de son lit par lui-même. En 1985, il perd définitivement l’usage de la parole après avoir subi une trachéotomie à la suite d’une pneumonie.

L’incarnation populaire du scientifique

 

Mais son esprit est intact. Et son but, simple : « Comprendre complètement l’univers, pourquoi il est comme il est et pourquoi il existe. »
Dans les années 1970, il développe l’idée que les trous noirs ne se contentent pas d’absorber toute matière et lumière passant à leur proximité, mais émettent aussi un rayonnement, le « rayonnement Hawking ».
Ce faisant, il est le premier à parvenir à toucher du doigt le Graal des physiciens : commencer à concilier les deux grandes théories qui expliquent le fonctionnement de l’univers et sont apparemment incompatibles, à savoir la relativité générale d’Einstein pour l’infiniment grand et la mécanique quantique pour l’infiniment petit.
De l’avis des scientifiques, cette théorie aurait valu le prix Nobel à Stephen Hawking si elle avait pu être expérimentalement démontrée.
À 32 ans, il devient le plus jeune membre de la Royal Society, l’équivalent britannique de l’Académie des sciences.
En 1980, il obtient la chaire de professeur lucasien de mathématiques de l’université de Cambridge, un poste occupé avant lui par Isaac Newton. Il le quittera en 2009, frappé par la limite d’âge.
Tout en approfondissant ses travaux sur les origines de l’univers, le théoricien publie en 1988 Une brève histoire du temps, afin d’expliquer au grand public les grands principes de la cosmologie, du Big Bang à la théorie des cordes.
Jamais un ouvrage de vulgarisation scientifique ne connaîtra un tel succès. Depuis sa parution, il s’est écoulé à plus de neuf millions d’exemplaires.
Stephen Hawking devient alors l’incarnation populaire du scientifique, multipliant les interventions pour promouvoir la recherche et, parfois, s’inquiéter de ses possibles dérives.
Formidable communicant, capable d’effectuer un vol en apesanteur malgré son handicap, il se prête au jeu avec un plaisir certain et un grand sens de l’humour.
Sa page Facebook, qu’il alimente lui-même avec des messages signés « SH », compte plus de 4 millions d’« amis ».
Il joue son propre rôle dans des séries comme Star TrekThe Big Bang Theory et The Simpsons, signe des livres pour enfants avec sa fille Lucy, « chante » avec sa voix synthétique aux côtés de U2, Pink Floyd et même des Monthy Python.
Il y a un an, il était apparu lors d’une conférence à Hong Kong par hologramme. Devant des centaines de personnes, il avait soutenu que les réponses aux multiples crises environnementales « viendront de la science et de la technologie ».

Ottawa hausse le ton face aux géants du Web

Les géants du Web représentent une menace préoccupante à plusieurs fondements de l’écosystème culturel et médiatique canadien, soutient Mélanie Joly. Souvent accusée de complaisance à l’égard des plateformes numériques étrangères, la ministre du Patrimoine canadien durcit aujourd’hui le ton face à ces grands joueurs.

Dans un horizon rapproché, les GAFA [acronyme qui désigne Google, Apple, Facebook, Amazon et autres plateformes numériques] devront «respecter nos politiques culturelles, et aussi mieux répartir les bénéfices liés à leur modèle d’affaires», a affirmé Mme Joly lundi au Devoir, lors d’une longue entrevue suivant un voyage qu’elle vient d’effectuer au coeur de la Silicon Valley.

Elle prévient également que la révision annoncée de la Loi sur la radiodiffusion sera l’occasion d’exiger des géants du Web qu’ils rendent plus transparents tout l’univers des algorithmes.

« Le problème fondamental est que les GAFA ne reconnaissent pas leurs responsabilités, constate la ministre, après plusieurs mois de «conversations» variées avec ces joueurs.« Ils ne reconnaissent pas l’ampleur de leur pouvoir, due à leur taille, à leur portée et à leur impact dans les secteurs comme le journalisme et la culture. Il y a un changement fondamental de culture que les GAFA doivent faire, parce que c’est [présentement] très préoccupant. »

Elle évoque notamment la situation des revenus publicitaires qu’accaparent certaines plateformes. « Elles ont 75 % des revenus en ligne et elles ne les redistribuent pas aux créateurs de contenu, note-t-elle. Il y a une totale iniquité en ce moment. »

Et encore : « Les GAFA ne reconnaissent pas qu’ils ont une responsabilité en tant qu’éditeurs de contenu, en tant que producteurs, ajoute-t-elle. Selon eux, ce sont des pipelines neutres [de diffusion]. C’est une prémisse que je rejette complètement. »

Contradiction ?

N’y a-t-il pas contradiction importante entre le discours que Mme Joly tient aujourd’hui et l’approche générale du gouvernement Trudeau face aux géants du Web ?

En septembre dernier, la présentation des orientations de la politique culturelle canadienne a été occultée par le dossier Netflix, c’est-à-dire le débat sur le refus par Ottawa de taxer les produits numériques étrangers (ce que plusieurs pays font déjà), puis cette controversée entente de production qui ne prévoit aucun quota de contenu francophone.

Les critiques ont été vives — plusieurs y voyant un abandon de la souveraineté culturelle du Canada — et la ministre a essuyé sa part d’attaques.

« L’entente Netflix a toujours été pour nous une entente de transition, une façon d’avoir de l’argent à court terme, répond-elle aujourd’hui. Réformer nos lois prend du temps. En attendant, c’est à Netflix d’investir dans le contenu francophone et je m’attends à ce que ce soit le cas. »

Plus largement, elle fait valoir que l’enjeu des GAFA impose deux types d’action. D’une part, il s’agit d’« avoir une voix forte à l’international pour mener la discussion » sur la diversité culturelle et le rôle des GAFA. L’objectif étant ici d’avoir une « action collective ».

D’autre part, Mme Joly mise énormément sur la modernisation des lois canadiennes sur la radiodiffusion et les télécommunications, ce qui sera de son propre aveu un « très gros chantier ». Les détails de la révision seront annoncés dans les prochaines semaines.

Sinon, plaide-t-elle, le gouvernement « a mis 3,3 milliards dans les trois derniers budgets pour le ministère, Téléfilm Canada, Radio-Canada, le Conseil des arts, l’Office national du film et le Fonds des médias du Canada ».

Stanford

En ce qui concerne les démarches à l’international, la ministre a participé jeudi dernier, à l’Université Stanford, à un forum coorganisé par le Centre pour l’innovation dans la gouvernance internationale de l’Université de Waterloo. Stanford est située dans la Silicon Valley, en Californie, et héberge le Digital Global Policy Incubator.
Devant des intervenants de tous les horizons (experts du monde numérique, représentants du milieu culturel ou de compagnies comme Facebook), Mélanie Joly a défendu l’importance du concept de diversité culturelle, à l’heure où quelques grands joueurs contrôlent l’essentiel de la diffusion culturelle en ligne. Ce n’était pas sa première intervention du genre, « mais c’était souvent sans la présence des Américains », dit-elle.

« Nos alliés pour la diversité sont des gouvernements [européens], mais aussi des gens qui se préoccupent de l’impact des GAFA sur la survie de nos institutions démocratiques, sur la sécurité nationale et aussi sur l’avenir du journalisme et de notre culture », confie Mme Joly.
« Le concept de la diversité culturelle n’est pas connu aux États-Unis », ajoute la ministre, en rappelant que la perspective est forcément différente chez « le plus gros producteur de contenu au monde ».
Et s’il est davantage connu en Europe, c’est un concept mal adapté pour les mutations en cours, remarque-t-elle. « La question de la diversité culturelle n’était pas jusqu’ici nécessairement comprise comme un soutien aux politiques nationales culturelles. C’était plutôt vu comme le besoin de diversité des voix de façon générale. »

 

Algorithmes

Dans son discours à Stanford, Mélanie Joly a soutenu que la protection de la diversité culturelle au Canada veut dire « que les Canadiens ont accès à du contenu canadien qui reflète et contribue à la diversité et à la force de la structure sociale ».
Or, c’est précisément ce qui est menacé par le fonctionnement des plateformes des GAFA, glisse-t-elle en entrevue. Elle nomme en exemple les bulles de contenu qui créent une homogénéité de pensée et une polarisation des débats politiques, ou encore cette opacité des algorithmes qui empêchent la « découvrabilité » des contenus culturels canadiens.

 

Médias

Au sujet des médias — premiers remparts contre la montée des fake news qu’elle a dénoncée à Stanford — Mme Joly dit qu’il sera intéressant « de voir comment les médias et le gouvernement peuvent travailler ensemble pour faire contribuer les plateformes numériques […] et aller chercher une partie de leurs revenus publicitaires ».
« La réalité est que, pour plusieurs artistes et journalistes, le marché des plateformes numériques n’est pas équitable, résumait-elle à Stanford. Les avantages et les opportunités du monde numérique ne sont pas partagés entre les différents intervenants. »

L’objectif global de ces démarches de la ministre du Patrimoine serait ainsi « de s’assurer que les GAFA respectent nos politiques culturelles, et aussi de mieux répartir les bénéfices liés à leur modèle d’affaires. »

Un fonctionnaire fédéral défend son droit de travailler en français

La Cour fédérale a entamé mardi l’audience finale d’une cause aux accents linguistiques qui sera déterminante pour l’ensemble des employés fédéraux au Canada. L’issue de la bataille judiciaire menée par un fonctionnaire fédéral basé à Montréal devrait permettre de savoir pour la première fois comment le gouvernement fédéral doit garantir à ses travailleurs le droit de travailler dans la langue officielle de leur choix.

Bravant le froid en ce mardi matin dans le Vieux-Port de Montréal, André Dionne a pris la parole entouré d’une dizaine de manifestants défendant la langue française.

« Ce n’est pas de gaieté de coeur que je suis ici, portant ma cause devant le tribunal », a lancé ce gestionnaire du Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF), avant d’entrer dans la salle d’audience de la Cour fédérale du Canada pour assister aux dernières représentations des avocats avant que le juge Peter B. Annis rende une décision fort attendue.

Le test des tribunaux

En 2010, M. Dionne a adressé une plainte au Commissaire aux langues officielles (CLO) en affirmant ne pas avoir pu exercer son droit de travailler en français au cours de sa carrière au sein du bureau montréalais du BSIF.

Le plaignant a fait valoir que les gestionnaires du bureau de Montréal doivent rendre compte chaque jour à des directeurs anglophones établis à Toronto et que la communication doit donc se faire presque exclusivement en anglais.

Dans son rapport d’enquête, le CLO a reconnu en 2014 que « certaines pratiques de longue date nuisent toujours à l’emploi du français dans le milieu de travail par les employés du bureau régional de Montréal », mais M. Dionne a estimé que cet avis n’a pas permis de faire bouger les choses.

Il a donc déposé en mai 2015 une poursuite contre le BSIF pour que les tribunaux se penchent pour la première fois sur les dispositions de la Loi sur les langues officielles qui concernent la langue de travail.

Selon cette loi, les organismes fédéraux doivent notamment veiller à ce que « leur milieu de travail soit propice à l’usage effectif des deux langues officielles tout en permettant à leur personnel d’utiliser l’une ou l’autre ».

« Ce sont des dispositions qui n’ont jamais été testées auparavant devant les tribunaux canadiens, donc la cause risque de faire jurisprudence », fait remarquer M. Dionne. « C’est étonnant qu’on n’ait pas vu ces enjeux soulevés avec toutes ces années », a d’ailleurs glissé le juge Annis mardi au moment de commencer l’audience.

Argumentaires différents

La première des deux journées d’audience a permis aux avocats d’André Dionne de défendre le point de vue de leur client. Ils ont essentiellement plaidé que le français est la langue officielle du Canada au même titre que l’anglais et qu’il doit exister une « égalité réelle » entre les deux langues. Le fait qu’un employé soit bilingue ne peut pas être un prétexte pour bafouer ses droits, ont-ils fait valoir.

Mercredi, ce sera au tour du BSIF d’exposer son argumentaire. Dans ce dossier, il soutient que des mesures ont été mises en place à la suite du rapport du CLO et que les exigences de la Loi sur les langues officielles sont satisfaites.

Le Commissaire aux langues officielles aura également l’occasion de se faire entendre, puisqu’il a obtenu le statut d’intervenant.

« La détermination de la portée des obligations linguistiques qui incombent au BSIF en vertu de ces dispositions aura […] un impact important sur l’ensemble des institutions fédérales », a écrit le CLO dans un mémoire déposé en février dernier.

Présent mardi devant l’édifice montréalais de la Cour fédérale pour appuyer André Dionne, le porte-parole du Bloc québécois en matière de langues officielles, Mario Beaulieu, espère quant à lui que cette cause incitera les Québécois à se mobiliser à nouveau pour défendre leur langue.

« Pour moi, la Loi sur les langues officielles, c’est un échec. Ça aboutit à l’assimilation des francophones hors Québec et au Québec, dit-il. Il faut se réveiller. »

La rue, à la vie, à la mort

Montréal recensera le 24 avril prochain le nombre de sans-abri sur son territoire. Privés de toit ou en situation de logement précaire, plusieurs sont retrouvés morts chaque année dans la rue. De nombreux intervenants souhaitent qu’on lève le voile sur ces morts cachées.

Sans domicile, ils vivent dans l’oubli et meurent dans l’ombre. Pour plusieurs, leur vie en dents de scie n’aura connu en définitive qu’un seul domicile fixe : le cimetière. Comme Denis (nom fictif), 51 ans, retrouvé mort dans le fond d’une ruelle la semaine dernière, l’aiguille encore piquée dans le bras.

« Ça arrive encore trop souvent. Il y a de plus en plus de risques de décès, mais on préfère ne pas trop en parler », affirme l’abbé Claude Paradis, responsable de l’organisme Notre-Dame-de-la-Rue, qui en a long à dire sur ces morts oubliées. Depuis quatre ans, il tient des cérémonies funéraires à la mémoire de personnes dont les corps non réclamés sont dirigés vers la fosse commune du Repos Saint-François-d’Assise, un cimetière de l’est de Montréal. L’an dernier, on y a reçu la dépouille de 101 personnes « non réclamées », « dont une majorité d’itinérants », affirme-t-il.

Selon ce prêtre qui a choisi de se consacrer au travail de rue, plusieurs sans-abri, même une fois hébergés dans des logements transitoires, finissent tout de même par mourir dans la rue. « Ils ont un pied en chambre, mais n’y vont que pour dormir, l’autre est toujours dans la rue. Toute leur vie est là, leurs amis, dit-il. Plusieurs finissent par mourir de froid, de maladies ou d’overdose. »

« Les gens meurent dehors, pas dans les refuges. Il faut plus de travailleurs de rue. C’est pas dans les bureaux que ça se passe, mais sur le terrain », insiste ce prêtre, favorable à un mécanisme qui permettrait de comptabiliser ces décès de la honte.

L’exemple de Toronto

Des chercheurs proposent aussi d’emboîter le pas à Toronto, qui a mis en place un tel recensement en 2017, tout comme la France, qui tient un registre des décès rapportés « dans la rue » pour l’ensemble de son territoire. « À Toronto, ils savent maintenant que ça compte pour deux décès par semaine. C’est énorme. Documenter ce phénomène a permis d’avoir un portrait juste et de rediriger les politiques et programmes », soutient Dahlia Namian, professeure en service social à l’Université d’Ottawa. Le taux de mortalité dans la population itinérante est quatre fois plus élevé que celui de la population en général.

Dans la Ville reine, les autorités de santé publique ont en effet mis en place un recensement des décès dans la rue, avec le concours de quelque 200 organismes et ressources d’aide aux itinérants. Bilan : plus de 100 personnes ont été retrouvées mortes en situation d’itinérance l’an dernier, âgées en moyenne de 51 ans. Dans la seule ville de London, huit fois moins populeuse, on a déploré 19 morts « dans la rue ».

En France, les données colligées depuis 2002 par le Collectif Les Morts dans la rue (CMDR) ont permis de comprendre l’ampleur du phénomène, de déconstruire certains mythes et de mettre un visage sur cette réalité peu glorieuse. « On pensait que les mortalités étaient plus importantes en hiver, par exemple, mais il y a plus de morts l’été, quand les gens quittent les refuges et se retrouvent seuls, hors d’atteinte des services d’aide. Les efforts du CMDR ont fait naître de nouvelles pratiques pour rejoindre les clientèles les plus à risque », affirme Maude Lévesque, étudiante en service social et auteure d’un mémoire de maîtrise sur la mortalité des personnes en situation d’itinérance.

De 2002 à 2015, le recensement des mortalités s’est raffiné en France et le nombre de décès rapportés — bien que sous-évalué par rapport au nombre réel des décès — a bondi de 80 %. Quelque 570 « morts dans la rue » ont été signalés pour toute la France. Pas moins de 6 % étaient des migrants. « Plus le filet de sécurité sociale s’amenuise, plus les morts augmentent. Ça a souvent peu à voir avec les conditions météorologiques », ajoute Maude Lévesque.

La drogue a détruit son cœur

Un jeune homme de 23 ans attend une greffe du cœur pour survivre parce qu’il a détruit le sien en consommant de la cocaïne et jusqu’à 10 comprimés de méthamphétamines par jour.

« Je ne pensais pas en arriver là en gobant un speed ou en sniffant une ligne. Je ne pensais pas que ce serait catastrophique […] C’est fou comment la vie peut tenir juste à un fil » confie Joé Lagacé-Maillé dans une vidéo publiée sur Facebook, vue et partagée des milliers de fois.

« Tout ça parce que j’ai voulu me geler la face comme un cave », souffle le jeune mécanicien-soudeur de Barraute, en Abitibi, couché dans son lit de l’Institut de cardiologie de Montréal.

S’il se dit « dompté » après avoir frôlé la mort, il espère maintenant que d’autres jeunes tireront les mêmes leçons que lui en voyant ce qu’il traverse.

Il est hospitalisé depuis le 11 mars, quand il a été transporté d’urgence en avion depuis Amos. Il s’était rendu chez le médecin, car il était faible et fatigué depuis des mois, presque incapable de monter 10 marches d’escalier.

Son cœur ne fonctionne qu’à 10 % de sa capacité, dit-il. Son ventricule gauche, qui doit pomper son sang est presque arrêté. Demain ou lundi, il risque d’être opéré pour qu’on lui installe un cœur articifiel en attendant une greffe, sa seule chance de survie.

Dès 12 ans

Joé Lagacé-Maillé l’avoue, il a commencé à se droguer très jeune. Dès l’âge de 12 ans, il fumait du cannabis et buvait de l’alcool. Il voulait « triper » avec ses amis qui consommaient eux aussi.

À 14 ans, il essayait les méthamphétamines, sous forme de comprimés comme le speed. Pendant des années, il pouvait en prendre jusqu’à 10 comprimés par jour. Sans compter les trois lignes de cocaïne qu’il pouvait inspirer quotidiennement.

Il a aussi essayé l’ecstasy, le LSD et le crystal meth, raconte-t-il.

Pourtant, il avait réussi à presque tout arrêter depuis un an, après avoir rencontré sa copine actuelle. Mais il était trop tard, les ravages à son cœur étaient faits.

« Si je n’étais pas allé voir le médecin ce jour-là, j’aurais crevé chez moi », dit-il, conscient de l’avoir échappé belle, mais complètement abasourdi quand les médecins lui ont dit que sa consommation de drogue était la coupable.

« Extrêmement toxique »

« Dix comprimés par jour, c’est énorme et extrêmement toxique, surtout quand le corps n’est pas encore complètement formé », soutient l’expert Jean-Sébastien Fallu.

Le Canadien est officiellement exclu des séries éliminatoires

 

PITTSBURGH | Deux tirs de punitions, quelques échappées, des buts spectaculaires. Il y a un bail que le Canadien n’avait pas été impliqué dans un match aussi enlevant. Dommage, toutefois, qu’il se soit retrouvé, une fois de plus, du côté des perdants.

En raison de ce revers de 5 à 3 face aux Penguins, subi mercredi soir sur la glace du PPG Paints Arena, le Canadien est officiellement exclu des séries éliminatoires pour la deuxième fois en trois ans.

Même en remportant la totalité des huit matchs qu’il lui reste à disputer en saison régulière, il ne serait pas en mesure de rejoindre les Devils du New Jersey, détenteurs, pour l’instant, de la dernière place donnant accès aux séries éliminatoires.

De retour au jeu après une absence d’un mois résultant d’une commotion cérébrale, Carey Price a stoppé 34 tirs. Même sa présence devant le filet du Canadien a été insuffisante pour mettre un terme à ses insuccès sur les patinoires adverses.

Défait dans un quatrième match consécutif, la troupe de Claude Julien a remporté un seul de ses 15 derniers matchs loin du Centre Bell.

Fin de la sécheresse

Au moins le Canadien est parvenu à mettre un terme à sa sécheresse en attaque. En déjouant Casey DeSmith à la toute fin du premier engagement, Jonathan Drouin a mis fin à une disette de 166 min 33 s sans but. Un moment que Pierre Houde avait sans doute perdu espoir de décrire d’ici à la fin de la saison.

« Ça faisait quelques périodes qu’on n’avait pas marqué. J’étais simplement soulagé que quelqu’un marque un but pour qu’on arrête d’en parler », a indiqué Drouin, pour qui il s’agissait d’un 12e but cette saison.

Cependant, les moments de réjouissance créés par Drouin, Nikita Scherbak (superbe but en échappée) et Jacob de la Rose ont été assombris par les prouesses des meneurs des Penguins.

Dans les jeux de l’année

Au cœur de la course au trophée Art Ross, Evgeni Malkin a démontré pourquoi il sera un candidat à considérer pour l’obtention du trophée Hart, remis au joueur le plus utile à son équipe.

Le numéro 71 a donné le ton en participant aux deux premiers buts de son équipe. Jake Guentzel a également eu son mot à dire avec un but et deux mentions d’assistance.

Néanmoins, le but du match revient à Sidney Crosby. Le capitaine des Penguins a frappé la rondelle au vol à deux reprises pour déjouer Price et niveler, à ce moment, la marque à 3 à 3. Un bijou qu’on n’a pas fini de revoir.

« La dernière fois que j’ai vu un joueur frapper la rondelle au vol comme il l’a fait, il s’agissait probablement encore de Sidney. Il en a marqué quelques-uns de cette façon au cours des dernières années. Il a une façon de penser sur la patinoire que plusieurs joueurs n’approchent pas », a vanté son entraîneur, Mike Sullivan.

Règlement nébuleux

L’obstruction envers les gardiens de but ayant été le sujet du jour lors de la rencontre des directeurs généraux, il fallait bien que l’on ait droit à un exemple précis de la nébulosité de ce règlement.

Price et le Canadien ont fait les frais de cet exemple lorsque Malkin a ouvert le pointage. Étendu de tout son long dans le demi-cercle de Price, l’attaquant russe a inscrit le 41e but de sa saison.

Même une contestation de Claude Julien auprès des superviseurs installés dans les bureaux de la LNH à Toronto n’a pas été suffisante pour faire renverser la décision des officiels sur la patinoire.

D’ailleurs, on ne peut pas dire que les explications de la LNH au sujet de cette séquence aient aidé à éclaircir la situation.

« Après avoir visionné les reprises disponibles et après consultation avec les membres des opérations hockey de la LNH, l’arbitre a confirmé qu’aucune obstruction sur le gardien ne s’était produite », a-t-on pu lire dans un courriel de la LNH.

Cependant, même si plusieurs partisans ont déchiré leur chemise sur les réseaux sociaux, aux yeux de Price, il s’agissait de la bonne décision.

« Quand tu fonces au filet, la chance te sourit. Personnellement, je ne crois pas qu’il y avait obstruction », a-t-il soutenu.