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Des stars chez les bourgeois

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LE FIGARO :  Combien de crus bourgeois conseillez-vous ?

Hubert DE BOÜARD : Une quinzaine sur différentes appellations.

Michel ROLLAND : Je n’ai aucune idée, mais assurément quelques-uns, dont Phelan Ségur et Clément-Pichon.

Stéphane DERENONCOURT : Quatorze.

Alain RAYNAUD : À ce jour, deux, Château Tour Prignac et Rollan de By.

En quoi un cru bourgeois est-il intéressant par rapport aux crus classés que vous conseillez ?

H. de B. : Il y a une certaine liberté d’expression pour un cru bourgeois par rapport à un cru classé, plus enfermé dans un confort, un environnement et des contraintes. Cette liberté favorise une compétition forte et une émulation positive pour les bourgeois qui veulent se positionner en haut de l’affiche et obtenir, par leurs qualités et leurs efforts, une reconnaissance à travers un nouveau classement.

M. R. : Notre métier, c’est de faire du vin, et tous ne sont pas classés, mais le challenge reste de donner à tous les terroirs leur meilleure expression.

S. D. : Sa réussite est un challenge : le titre de « cru bourgeois » n’a en rien la force du classement de 1855, les prix de vente des vins sont infiniment plus bas, ce qui engendre des moyens à la production beaucoup plus limités, même à qualité de terroirs égale. Outre l’incidence sur le coût de production, il faut redoubler d’énergie pour valoriser son image et sa place sur le marché.

A. R. : J’éprouve le même intérêt que lorsque je conseille un cru classé, car l’exigence de qualité pour chacun amène à avoir la même attitude tant pour la vigne que pour les vinifications.

Votre définition personnelle d’un cru bourgeois ?

H. de B. : Il y a tellement de cas particuliers, de diversités de sols, de surfaces, de prix, de volontés et d’objectifs, tous différents. En tous les cas, un cru bourgeois, c’est l’existence d’un terroir, d’une démarche qualitative et d’un accompagnement de la vigne au chai extrêmement exigeant, d’une typicité affirmée, mais d’une certaine liberté pour que l’intervention de l’homme puisse exprimer et faire évoluer le style du vin.

M. R. : C’est la volonté des propriétaires de flirter avec l’excellence, sur des sols parfois plus difficiles à gérer que certains grands terroirs qui parfois auraient tendance à s’endormir sur leurs lauriers. Comme disait Yves Glories, professeur d’oenologie et directeur de l’Institut d’oenologie à Bordeaux, « certains ont beaucoup de chance d’avoir des terroirs chaise longue ».

S. D. : Je n’ai pas de définition personnelle d’un cru bourgeois. C’est un titre qui repose sur un cahier des charges défini par la profession afin de tenter de valoriser les châteaux qui en bénéficient. Il y a eu par le passé des tentatives de rafraîchissement de ce label, en essayant d’y inclure une hiérarchisation. Manifestement, le message n’a pas été entendu par le circuit de distribution, ni même par les consommateurs et on se retrouve aujourd’hui avec une nouvelle tentative de définition de ce titre.

Aujourd’hui, les titres comme les appellations et surtout les moins en vue, ne garantissent plus la réussite commerciale des crus. Parfois même, ces mêmes crus peuvent en être victimes en proposant des vins considérés comme hors de prix dans leur catégorie, même si leur qualité demeure sans conteste un excellent rapport qualité-prix. Nous vivons dans l’ère du marketing, du culte de la marque, et le monde du vin n’échappe pas à cette règle.

A. R. : Pour moi, un cru bourgeois est bien souvent, en termes de qualité intrinsèque, très proche d’un cru classé. Simplement, l’historique n’a pas permis d’acquérir une notoriété suffisante à ce jour, ce qui, par voie de conséquence, amène à ce que les prix pratiqués pour le consommateur soient beaucoup plus accessibles.

Le consultant anoblit-il, ennoblit-il, le cru bourgeois ? Intrinsèquement et dans l’esprit du consommateur ?

H. de B. : Le consultant n’anoblit ni n’ennoblit le vin, il n’en a ni le rôle, ni l’envie, ni le pouvoir, ni la volonté. Il aide à révéler le terroir, à affiner le style du vin et à accompagner l’équipe technique. Pour le consommateur, le consultant peut être une garantie, un gage de sérieux et de confiance, de fiabilité. Le consultant soutient le cru bourgeois dans sa démarche de qualité et dans la reconnaissance de son statut.

M. R. : Le consultant travaille avec une équipe et le résultat obtenu dépendra de leur capacité à travailler ensemble. Le consommateur ne connaît pas le travail de consultant, mais des noms, comme les grosses notes qui sonnent mieux aux oreilles de certains sans que cela signifie grand-chose sur le fond.

S. D. : Le rôle essentiel d’un consultant, selon moi, est de proposer à son client un itinéraire technique lui permettant de mettre en avant des vins singuliers, identitaires, reflétant la nature des sols et le lieu de production. Que le cru soit bourgeois ou non, la démarche et la philosophie restent les mêmes, fort heureusement. Le titre de cru bourgeois est une tentative de valorisation des appellations médocaines qui n’a rien à voir avec le process d’élaboration des vins, chacun restant libre d’interpréter son terroir et son millésime comme bon lui semble.

A. R. : Si le cru bourgeois utilise l’identité du consultant pour communiquer, il est vraisemblable qu’il puisse y avoir par assimilation avec les autres crus de l’ « écurie » de celui-ci, une forme d’ « ennoblissement » dans l’esprit du consommateur. 

EN CHIFFRES

270 châteaux au total, 123 en AOC médoc89 en AOC haut-médoc18 en AOC saint-estèphe15 en AOC listrac-médoc12 en AOC moulis9 en AOC margaux4 en AOC pauillac33  millions de bouteilles, 5 000 hectares, 32 % de la production du Médoc, 60% pour le marché français, 40% à l’export.

Que sont devenus les anciens crus bourgeois exceptionnels ?

Dans le classement de 2003, annulé puis remplacé par celui de 2010, ils étaient neuf.
– Deux en AOC moulis- en-médoc : Poujeaux et Chasse-Spleen.
– Quatre en AOC saint-estèphe : Phélan-Ségur, Haut-Marbuzet, Les Ormes de Pez et Pez.
– Un en AOC médoc : Potensac.
– Deux en AOC margaux : Siran et Labégorce-Zédé (dont l’étiquette n’existe plus, le vignoble ayant été réintégré dans celui de Château Labégorce).

Tous ces châteaux, d’une surface entre 25 et 80 hectares, ont quitté la famille des crus bourgeois et valorisé individuellement leur propre marque. En 2006, leurs millésimes 1999 étaient vendus entre 14 et 33. Aujourd’hui, toute comparaison gardée, un millésime 2011 vaut entre 28 et 72.

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100 emplois en péril au centre de contrôle du CN

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Le Canadien National (CN) fermerait son centre de contrôle ferroviaire à Montréal afin de centraliser ses opérations en Alberta, déplore le syndicat Teamsters Canada.
Une centaine de postes de contrôleurs de circulation ferroviaire seraient ainsi transférés dans l’ouest du pays.

«L’entreprise a déjà commencé le transfert d’une vingtaine de postes à Edmonton. Les travailleuses et travailleurs en question venaient tout juste d’être transférés de Toronto à Montréal cette année», a soutenu le syndicat dans un communiqué.

En entrevue à TVA Nouvelles, Christopher Monette, directeur des affaires publiques de Teamsters Canada, a indiqué que le CN est en train de déraciner des familles à l’autre bout du pays.

«Certaines de ces familles venaient tout juste de trouver une école ou une garderie pour leurs enfants à Montréal. On ne peut pas jouer de la sorte avec la vie des gens», a précisé le président de Teamsters Canada, François Laporte.

La majorité des contrôleurs ferroviaires au pays, donc quelque 200 contrôleurs qui travaillent pour le CN, est représentée par la Conférence ferroviaire de Teamsters Canada (CFTC). Leur rôle est de coordonner les mouvements ferroviaires, un peu comme le font les contrôleurs aériens. Ils protègent également les travailleurs sur les voies ferrées.

Le président de la CFTC, Lyndon Isaak, est d’avis que «le CN va probablement perdre des contrôleurs chevronnés et leur connaissance du réseau ferroviaire, ce qui pourrait mettre en danger les cheminots, les préposés à l’entretien des voies et le public en général».

De son côté, la direction du CN a expliqué que «pour des raisons d’efficacité et de gestion, il a été décidé que les opérations pour le nord de l’Ontario seraient contrôlées d’Edmonton à partir du printemps 2020».

«Il faut noter que ce bureau (Nord de l’Ontario) est à Montréal que depuis tout récemment puisque le CN évalue constamment ses besoins et prend des décisions sur une base opérationnelle et continue, a-t-on ajouté. Moins d’une quinzaine d’employés sont touchés par ce changement.»

L’entreprise a ajouté qu’il y avait des discussions avec le syndicat pour déterminer les modalités des relocalisations, assurant que «les employés ne désirant pas être relocalisés auront droit aux bénéfices prévus à leur convention collective».

Rappelons qu’en raison d’un ralentissement de l’économie nord-américaine, le CN a confirmé le mois dernier qu’il procède à des mises à pied au sein de ses effectifs. L’entreprise basée à Montréal n’a toutefois pas voulu confirmer les informations du «Globe and Mail» voulant que 1600 travailleurs soient mis au chômage.

Par ailleurs, l’entreprise ferroviaire a dû faire face à un conflit de travail lorsque quelque 3200 chefs de train et membres d’équipes de manœuvre du Canadien National (CN) ont déclenché une grève.

Le débrayage, qui a duré une semaine, a perturbé les activités de nombreuses industries, incluant les agriculteurs dont les livraisons de propane avaient été réduites ou même arrêtées, ce qui avait de graves conséquences sur la récolte et le séchage du grain au Québec.

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Le Canada renforce les droits des passagers aériens

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À compter de ce 15 décembre, les passagers aériens disposent de nouveaux droits en vertu du Règlement sur la protection des passagers aériens (RPPA) de l’Office des transports du Canada (OTC).

Les compagnies aériennes offrant des vols à destination/au départ du Canada doivent verser aux passagers des indemnités pouvant atteindre 1000 dollars canadiens en cas de retard ou d’annulation de vol attribuable à la compagnie aérienne (sauf pour des raisons de sécurité); fournir aux passagers des commodités en cas de retard ou d’annulation de vol attribuable à la compagnie aérienne (nourriture et boissons en quantité raisonnable; accès à des moyens de communication; et hébergement pour les retards se prolongeant jusqu’au lendemain).

De plus, les compagnies aériennes doivent prendre les mesures nécessaires pour attribuer, sans frais supplémentaires, des sièges aux enfants de moins de 14 ans à proximité de l’adulte qui les accompagne. Pour faire en sorte qu’un enfant ne soit pas assis trop loin, les parents devaient parfois payer d’importants frais de réservation de sièges. Désormais, cela n’est plus nécessaire : le règlement exige qu’un enfant de 4 ans ou moins soit assis à côté d’un parent, qu’un enfant de 5 à 11 ans soit placé dans la même rangée, séparé par un voyageur tout au plus, alors qu’un adolescent de 12 ou 13 ans ne doit pas être séparé d’un parent par plus d’une rangée.

Ces règles s’ajoutent à la charte canadienne des droits des passagers aériens (ou charte des voyageurs) qui était entrée partiellement en vigueur à l’été 2019 et qui prévoyait déjà des obligations en matière de communication claire, de surréservation, de retard sur le tarmac, de perte ou de bris de bagages et de transport d’instruments de musique.

Pour aider les passagers aériens à se retrouver dans leurs droits, l’OTC leur offre un service en ligne : il s’agit d’un guichet unique où les passagers aériens peuvent se renseigner sur leurs droits, déposer une plainte contre une compagnie aérienne et trouver des astuces pour voyager sans tracas.

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L’environnement fiscal est plus profitable aux entreprises au Canada qu’aux E. U.

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Le ministre des Finances Bill Morneau était au courant que l’environnement fiscal des entreprises ayant des activités au Canada était supérieur à celui des États-Unis _ même après les fortes réductions du gouvernement dirigé par Donald Trump _ plusieurs mois avant de donner un nouveau coup de main aux entreprises canadiennes.

L’analyse réalisée en août 2018 souligne que les réformes fiscales «avaient réduit, mais n’avaient pas éliminé» l’avantage fiscal dont jouissent les entreprises au nord de la frontière.

En novembre 2018, M. Morneau a publié un énoncé politique contenant des mesures permettant aux entreprises de passer en charge immédiate du coût total des machines et du matériel et de déduire une plus grande part du coût des biens nouvellement acquis lors de l’année pendant laquelle un investissement est effectué. Ces mesures devraient coûter 14 milliards $ sur cinq ans au Trésor public.

M. Morneau devrait présenter lundi une mise à jour qui exposera les perspectives de l’économie et des finances fédérales. Bien que peu s’attendent à des mesures comme celles annoncées dans l’énoncé économique de l’an dernier, la mise à jour dressera le tableau du budget fédéral de 2020 et devrait indiquer comment les mesures de 2018 ont été utilisées.

Les données sur l’investissement des entreprises sont mitigées depuis l’entrée en vigueur des nouvelles règles.

L’incertitude entourant le nouvel accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM) devrait disparaître lorsqu’il sera ratifié. Cela pourrait encourager les entreprises à utiliser davantage les règles d’amortissement accéléré, estime Brian Kingston,vice-président aux politiques internationale et budgétaire au Conseil canadien des affaires.

Selon lui, M. Morneau devrait toujours viser à abaisser le taux d’imposition combiné fédéral-provincial aux entreprises à 20 % par rapport au taux actuel d’un peu moins de 27 %, ce qui est supérieur à la moyenne des pays de l’OCDE.

«Quand on essaie d’attirer des capitaux en Amérique du Nord, en particulier dans un environnement protectionniste défendu par le président américain. Les entreprises veulent être à l’intérieur de la forteresse américaine. Le Canada, en tant que petite économie, a toujours un avantage sur les États-Unis pour se rendre plus attrayant.»

En juillet, le ministère des Finances a publié un document qui examinait le «taux d’imposition effectif marginal», qui tient compte des taxes provinciales et autres pour estimer le coût pour les entreprises de faire de nouveaux investissements. Le taux d’imposition effectif a servi de base à l’analyse de l’été 2018 qui a révélé que les taxes des entreprises du Canada étaient inférieures à celles des États-Unis, et pour les chiffres de la mise à jour de novembre 2018.

Le Canada est le seul pays à avoir adopté des mesures concernant l’amortissement accéléré en réponse aux réductions fiscales de M. Trump. Une vingtaine de pays ont préféré réduire le taux d’imposition des sociétés, mentionne Jack Mintz, expert en politique fiscale à l’Université de Calgary.

Les propres calculs de M. Mintz, qui tiennent compte de secteurs comme le pétrole et le gaz que le ministère laisse de côté, laissent entendre que le taux d’imposition effectif du Canada sur le capital était un peu plus élevé qu’aux États-Unis avant et après les changements de l’an dernier.

«Le leur était inférieur, affirme-t-il. Mais si c’était vraiment le cas, cela soulève des questions. Pourquoi prôner l’amortissement accéléré? C’est une mauvaise politique qui génère des distorsions.»

La décision américaine permettant l’annulation immédiate des coûts de certains équipements a été considérée comme la mesure la plus importante par les entreprises indépendantes au sud de la frontière, soutient Dan Kelly, président de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante.

La réponse du Canada a été un pas dans la bonne direction, ajoute-t-il. Mais les modifications apportées à la taxe sur les petites entreprises adoptées en 2017, la taxe fédérale sur les émissions de carbone, les augmentations des cotisations au Régime de pension du Canada pour financer ce programme ont nui aux sociétés.

«Tout cela nous a coupé l’herbe sous les pieds, dit M. Kelly. On veut stimuler l’économie d’une main, mais on la freine de l’autre. On peut ainsi comprendre pourquoi cela n’avait pas vraiment fouetté le monde des affaires.»

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