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Saint-Émilion, la romaine – Le Figaro Vin

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Quatre pieds (soit 1,30 mètre) entre chaque rangée et cep planté en « échalas « . C’est-à-dire sans palissage. L’unité de mesure s’appelle un « carré romain ». Ordre symétrique chanté par Virgile dans les Géorgiques : « Que tes ceps soient ainsi disposés en rangs égaux, non pour que leur perspective soit seulement un vain spectacle pour l’esprit, mais pour que la terre puisse donner également à tous les plants et que leurs rameaux ne puissent s’étendre librement dans l’espace. » Aujourd’hui, sur une parcelle d’un demi-hectare déclassé de leur Château La Gaffelière, premier grand cru classé B de l’AOC Saint-Emilion, la famille Malet Roquefort rend hommage au carré parfait prôné par le poète. Un clin d’oeil à l’occupation romaine dans la région. En témoignent les vestiges archéologiques découverts sur leur vignoble mais également à Fombrauge, le plus vaste domaine parmi les crus classés de l’appellation avec ses 58,7 hectares de vignes alors que la moyenne des prestigieuses propriétés sur l’AOC avoisine les 8 hectares. Quand il en fait l’acquisition en 1999, l’homme d’affaires Bernard Magrez fait défricher une zone recouverte de buissons. Que n’avait-il fait ? L’école d’archéologie de Bordeaux lui signifie qu’il vient de défigurer l’un des plus anciens observatoires permettant de voir arriver les envahisseurs depuis la Dordogne. Nouveau venu sur ce terroir antique, Magrez, entrepreneur visionnaire à la tête de 42 propriétés viticoles dans le monde entier – dont 510 hectares de crus classés -, se retrouve dans la position de l’envahisseur des temps modernes. « On ne fait pas ce qu’on veut à Saint-Emilion, reconnaît l’investisseur. Protégé par ses remparts, le village s’enorgueillit de son passé qui lui confère un aspect précieux, partie intégrante du storytelling. Au même titre que les histoires « à la Mauriac » de ces prestigieuses familles présentes depuis des siècles sur l’appellation et que se transmettent les domaines de génération en génération. Avec toujours cette même question : l’héritier va-t-il faire aussi bien ? » M. Magrez ne revendique aucun ancêtre à Saint-Emilion. C’est donc en « homme libre » qu’il s’est plié à la campagne de fouilles avant d’entreprendre les grands travaux qu’il projetait pour redonner à Fombrauge son lustre d’antan.

Château Fombrauge

Saint-Emilion, petite bourgade médiévale qui parade sur son éperon rocheux. Rive droite de la Garonne, 8 kilomètres à l’est de Libourne, un village classé depuis 1999 par l’Unesco pour son « paysage culturel remarquable » avec son exceptionnel tapis de vignes. Un joyau médiéval du Bordelais avec ses remparts, ses placettes ombragées, ses toits de tuiles et sa collégiale, son église monolithique creusée dans ce calcaire blond qui servit à construire les plus belles demeures de Bordeaux et, depuis 2007, son hôtel 5 étoiles, l’Hostellerie de Plaisance, désormais table réputée, mais autrefois une guinguette dont le jardin est situé à quelques mètres des marches où le poète latin Ausone aimait – dit-on – méditer.

Une demeure à péristyle

Au pied du village de Saint-Emilion, une petite route serpente sur moins de 2 kilomètres entre la gare et le village. Collé à la départementale, avec vue fracassante au sud-est sur la colline de Pavie et son nouveau chai, paquebot minéral arrimé à un océan émeraude, se trouve un modeste lieu-dit baptisé Le Moulin du Palat. Un pré en friche où me voici penchée au bord d’un ruisseau, encouragée par Bérangère de Malet Roquefort-Petges à faufiler ma main entre les herbes folles et les bouquets d’orties pour deviner, à tâtons, le bourrelet arrondi d’un bassin. Daté du IVe siècle avant J.-C., ce plan d’eau monumental (60 mètres de long pour 6 de large) venait autrefois compléter l’aménagement somptueux d’une villégiature gallo-romaine. Une demeure à péristyle ornée de magnifiques tapis de mosaïques. Scènes de chasse, rondes de poissons, pampres de vignes entrelacés, grappes de raisins, guirlandes de lauriers et autres motifs plus géométriques. Les décors témoignent d’un savoir-faire inhabituel en Gaule. Une célébration de ce beau pays du Libournais béni des dieux depuis l’Antiquité. La demeure a été excavée par inadvertance en 1969 lors de travaux de défrichage entrepris par le père de Bérangère, le comte Léo de Malet Roquefort (descendant d’un guerrier fait chevalier par Guillaume le Conquérant en 1066), copropriétaire avec ses trois enfants, Bérangère, Alexandre et Guillaume, du Château La Gaffelière. Un vignoble extraordinaire dans leur famille depuis quatre siècles, 22 hectares de grands crus classés orientés plein sud sur le « triangle d’or » des trois terroirs spécifiques de Saint-Emilion : le plateau calcaire, les coteaux argilo-calcaires et le pied de côte, plus siliceux.

Un paysage enchanteur à la mesure de la demeure antique qui, « vu la quantité de marbre, devait appartenir à un notable important », s’enthousiasme Bérangère de Malet Roquefort-Petges, persuadée qu’il pourrait s’agir de Lucaniacum, la villa préférée d’Ausone. Parmi les « indices concordants », les 35 lieues comptabilisées par le poète entre sa villa et Bordeaux, y compris la distance de 7 lieues depuis le petit port du Condat d’où il finissait le voyage à bord d’une charrette à boeufs. Mais aussi la vue sur la plaine et la « mer de Dordogne ». Et le bonheur qu’il ressentait à ramer sur son bassin. Or, d’après l’héritière Malet Roquefort, le bassin de la villa du Palat est l’unique de cette taille répertorié en Aquitaine. L’idée serait donc d’édifier un musée sur le site, « un bâtiment tout en longueur avec billetterie, vestiaire, boutique, salle de projection en 3D pour partager ce trésor archéologique avec le public… » Un projet ambitieux qui s’inscrirait dans la valorisation du domaine de La Gaffelière entrepris depuis quinze ans. « Une façon de prouver que les vieilles familles « un peu poussiéreuses » peuvent aussi innover », s’amuse Bérangère de Malet Roquefort-Petges. Une nécessité pour ces domaines ancestraux confrontés à la concurrence de puissants investisseurs qui affolent un peu plus les prix chaque année en déployant des moyens considérables. En cinq ans, 25% des 82 crus classés de Saint-Emilion ont changé de main. Près de 180 millions d’euros auraient été déboursés en juillet 2017 par le groupe de réassurance Scor pour Château Troplong-Mondot, un premier grand cru classé. L’hectare a été propulsé à 7 millions d’euros ! En comparaison, les 240 millions de francs alignés en 1998 par l’ex-patron d’hypermarchés de la région parisienne et autodidacte Gérard Perse pour s’offrir Château Pavie paraissent bien modestes. Château Pavie, Gérard Perse en rêvait.

Le carré d’as des premiers grands crus classés A

Déjà propriétaire de Monbousquet depuis 1993, ce fan de vélo enfourchait sa bécane tous les matins et pédalait sur la colline en admirant Pavie, l’un des premiers vignobles plantés à l’époque romaine. Tous les jours, il s’ébaudissait devant ce « plateau calcaire à 85 mètres au-dessus du niveau de la Dordogne, ce milieu de côte composé d’un sol brun argilo-calcaire et ces 90 mètres de dénivelé : ça n’existe nulle part ailleurs. Quand il a été mis en vente, j’ai à peine regardé l’état du vignoble et des chais, j’ai acheté un terroir. Pour moi, le plus beau de tout le Bordelais. » Il a fallu tout refaire, tout reprendre à zéro. Mais, vingt ans après, Pavie fait partie du carré d’as des premiers grands crus classés A de l’appellation.
Un club très sélect intégré en 2012 (avec Château Angélus) alors que n’y trônaient, depuis 1955, que les deux fleurons historiques de l’AOC, Château Ausone et Cheval Blanc. Le premier, constitué de 7 hectares splendides accrochés à quelques mètres des remparts de la ville et dans la famille de l’actuel propriétaire Alain Vauthier depuis le XVIIIe siècle. Le second, de 40 hectares argilo-graveleux à la limite de Pomerol et propriété de Bernard Arnault et de son ami le baron Albert Frère depuis 1998. Dans cette bataille pour se hisser au sommet du classement, Pavie et Angélus se sont comportés comme une légion romaine concentrée et décidée à atteindre son but. Et ils ont réussi. Car, contrairement à la classification des vins du Médoc figée depuis 1855, l’une des spécificités de l’AOC Saint-Emilion repose sur un classement revu tous les dix ans par l’Institut national des appellations d’origine (Inao). La possibilité pour certaines propriétés de grimper les échelons. Le risque pour d’autres de les redescendre si elles se laissent aller. « Une émulation », philosophe Pierre Lurton, autoproclamé « LE Saint-Emilionnais ». Cavalier émérite à l’humour et à la faconde réjouissants, le très puissant directeur de Cheval Blanc s’enorgueillit du domaine qu’il dirige, mais aussi de ses trente-sept années passées « face à la collégiale » de Saint-Emilion. Une prouesse. Car ils sont rares à avoir vécu aussi longtemps dans ce village transformé en carte postale, vidé au fil des ans de ses commerces comme de sa population au profit des caves à vins et des touristes. « Plus de 1,3 million par an pour 120 habitants à l’année, rendez-vous compte », s’énerve Alain Vauthier, accroché à son magnifique coteau abrupt d’Ausone. Un terroir d’exception planté à 45 % de merlot et 55% de cabernet en terrasses avec un microclimat qui le préserve du gel – « Les Romains ne s’installaient pas n’importe où. » Refusant de céder aux sirènes de l’oenotourisme, « ça pourrit l’image », Alain Vauthier, tel Astérix dans son village gaulois déploie des trésors d’ingéniosité pour se préserver des importuns. On ne trouve pas le chemin jusqu’à chez lui ? C’est exprès. Aucun panneau ne l’indique. Les visites de touristes ? « Perte de temps ! » Et le temps, il préfère le consacrer à son vin. Car que ne ferait-on pas pour ce nectar dont la légende veut qu’il ait été le préféré de Jules César ?

Château Cheval Blanc

C’est Alain Vauthier qui me glisse de grimper en haut du clocher de l’église monolithe creusée dans la roche de Saint-Emilion : « deux cents marches, vous verrez, ce n’est rien… », pour appréhender le paysage dans sa globalité. Il a raison. Vu d’en haut, le panorama est époustouflant. Au premier plan, le village, le couvent des Cordeliers, la collégiale, son cloître, la tour du Roy, le mur d’enceinte. Sur la droite, Château Canon et ses vignobles clos de murets qui se dorent au soleil couchant : 34 hectares d’un seul tenant, 75 % de merlot, 25 % de cabernet, les racines ancrées dans la roche. « On est sur le plateau pur et dur. C’est le calcaire qui apporte fraîcheur, minéralité et tension à des vins d’une grande sophistication », analyse Nicolas Audebert. Il a été surnommé « el Gaucho de Saint-Emilion » depuis son retour d’Argentine où il a passé dix ans missionné par Pierre Lurton pour lancer sur orbite Cheval des Andes. Un mariage entre le prestigieux premier cru classé A de Saint-Emilion et Terrazas de los Andes, propriété de Moët-Hennessy. Un succès pour le beau gosse des vignobles recruté ensuite par la maison Chanel pour diriger Canon et Château Berliquet, autre grand cru de l’AOC. Tout en veillant sur Rauzan-Ségla à Margaux. Trois propriétés auxquelles il redonne du souffle, de l’énergie et qu’il relooke. Chemise en jean, Land Rover 1970, petite quarantaine bronzée, faux air de poète rock and roll, aussi féru de ses vignes que des brassées de cosmos qu’il a fait semer pour égayer une friche, du jardin de roses aménagé devant la jolie chartreuse, du potager secret, de l’enclos précieux au sein de la ville même, Nicolas Audebert veille surtout à se débarrasser du sempiternel « on n’a jamais fait comme ça avant » seriné si souvent par les anciens de Saint-Emilion. Peu de risques, avec « el Gaucho ». Il va vite, pense vite, ose tout.

« Beaucoup d’humilité, des nerfs solides »

Même audace au Château Corbin, quand, en 2007, Anabelle Cruse prend la succession de sa grand-mère maternelle à la tête de ce grand cru classé « qui sommeillait, miné par l’indivision ». Pour réveiller le bel endormi bourré de charme, elle décide de restructurer des parcelles mal plantées. « Ici, on n’arrache pas », lui signifie-t-on en la regardant avec « des yeux ronds ». Issue d’une famille de négociants protestants d’origine danoise, élevée au Château Laujac, propriété de son père sur la rive gauche, la jeune oenologue ne s’en laisse pas conter. Elle restructure, inaugure son nouveau cuvier en béton, « une cuve par parcelle, j’en rêvais » avant d’être frappée de plein fouet par le gel qui détruit sa récolte en 2017. Un drame dont elle se remet à peine, mais qui la ramène au vrai « métier de l’agriculture : beaucoup d’humilité, de bon sens, des nerfs solides ».

Du haut du clocher, le tour d’horizon court vers la Dordogne nichée dans sa vallée après le plateau calcaire. Côté nord-ouest, les sols sablonneux et peu profonds prennent le relais. Cheval Blanc et son chai dessiné par Christian de Portzamparc comme une voile blanche. Et Figeac, en limite de la petite butte argileuse de Pétrus, navire amiral de Pomerol. Pétrus le secret. Le visage de saint Pierre et les clés du paradis sur l’étiquette. Peu d’élus ont le privilège de franchir les grilles du domaine. « La discrétion est un choix de la famille Moueix. Les vins parlent d’eux-mêmes, tout en retenue, en onctuosité. Parmi les plus tanniques de Bordeaux », rappelle le directeur de la propriété, Olivier Berrouet. Pétrus se démarque de ses proches voisins notamment par son sol. Contrairement à l’AOC saint-émilion, où le calcaire dominant était prisé des Romains pour y planter vignes et oliviers, Pétrus est « un bouton d’argile bleue exceptionnelle de plus de 40 millions d’années ». Une rareté. « Sur un point culminant, on ne devrait pas trouver d’argile, c’est toute la magie du site. L’essentiel de Pétrus est contenu dans ce sol. » Autre « petit détail qui nous différencie », explique le fier et jeune directeur, « l’encépagement à 100 % merlot, l’un des plus sensibles au geste de l’homme, aux agressions, aux excès de chaleur ». La combinaison de ce cépage unique et d’un sol si particulier demande des précautions infinies mais également « le moins d’interventions possible ». Aussi paradoxal que cela puisse paraître pour une propriété du XVIIIe, « l’histoire de Pétrus comme celle des vins de la rive droite est assez récente », rappelle Olivier Berrouet. C’est Edmonde Loubat, fille d’aubergistes dotée d’une « force de persuasion hors norme » qui, la première, est convaincue du potentiel extraordinaire de Pétrus dont elle a acquis 12 hectares dans les années 1920, à une époque où la rive droite était à peine regardée par les négociants qui n’en ont que pour le Médoc. Peu lui importe. A force de travail et grâce à un art de la communication très poussé, elle parvient à faire servir son vin en 1947 lors du mariage de la reine d’Angleterre. Elle en confie la commercialisation à un négociant corrézien, Jean-Pierre Moueix, père de l’actuel propriétaire, qui « travaille » le marché américain. Vin préféré de la famille Kennedy, Pétrus acquiert ses lettres de noblesse à l’étranger avant que la France ne le consacre, à partir des années 1970. Avec Pétrus, les crus de la rive droite sont lancés. « Des vins rouges avec un supplément d’âme, des noms et des parcelles connues aujourd’hui jusqu’aux confins de la Chine », se réjouit Jean-Valmy Nicolas, cogérant du Château La Conseillante, emblématique propriété familiale de 12 hectares voisine directe de Pétrus sur l’appellation pomerol. Sa particularité ? Etre gérée depuis quinze ans par un conseil de famille sur le mode d’une PME avec « reporting, newsletter, réunion tous les quatre mois, décisions expliquées et prises ensemble », atteste son président, lui-même financier à Paris. Un professionnalisme doublé d’un sens des « affaires de famille » qui lui vaut d’avoir été appelé par Marie-France Manoncourt et ses quatre filles au chevet de Château Figeac, premier grand cru classé dès 1955 de l’AOC saint-émilion dans leur famille depuis 1892.

Sur l’emplacement de la demeure gallo-romaine des Figeacus, Figeac fait partie des propriétés historiques de Saint-Emilion. Cinquante-quatre hectares dont 41 consacrés au vignoble planté en grande partie de cabernet sur trois collines d’alluvions et de graves sableuses. Figeac remodelé par Thierry Mononcourt à partir de 1947 et un très grand nom de Bordeaux jusque dans les années 1970-1980 avant d' »oublier de le faire savoir », risque le très diplomate winemaker et actuel directeur de la propriété, Frédéric Faye. Sous sa direction, Figeac redresse la barre, vise à se repositionner dans le peloton de tête, se lance dans la construction d’un chai monumental. Mais Figeac ce sont aussi 13 hectares d’un parc centenaire considéré comme « une pièce de la maison » par Blandine et Hortense Manoncourt. En leur compagnie, me voici comme Alice au pays des merveilles. Cabanes perchées, bambouseraie, séquoias, chênes-lièges, verts ou pédonculés, rosiers du Bengale par centaines, étang, collection rare de chauves-souris, potager et maison de famille. Une vraie. Avec des chapeaux de paille suspendus aux trumeaux des cheminées, un joyeux désordre, des fleurs des champs en bouquets qui racontent une demeure aimée. Château Figeac est un « organisme vivant », un lieu adoré qui existe et ne subsiste que grâce au vin. Il s’agit donc qu’il « fonctionne bien », explique Blandine.

Château Canon

code d’honneur

« Venez, je vous embarque, on va faire un tour, il faut que je vous montre » me suggère, pour finir, Jean-Luc Thunevin, l’une des personnalités les plus atypiques de l’AOC. « Regardez ! De ce côté de la route, l’hectare vaut tant. De l’autre, il vaut le double. Et là, dans la plaine, il ne vaut plus rien. La vie est très dure pour certains. Il n’y a pas que les belles propriétés sur les 5 400 hectares de Saint-Emilion. » Fils de pied-noir, Thunevin sait de quoi il parle. Alors qu’il n’y connaît rien à la vigne, il s’endette en 1989 « à 100 % » pour acheter 60 ares dans un vallon qu’il baptise Château Valandraud. Val pour vallon, Andraud en l’honneur de sa femme, Murielle Andraud. Le couple travaille d’arrache-pied, conseillé par Alain Vauthier, propriétaire d’Ausone et son copain de jeunesse. « Je lui dois tout. Il m’a tout appris. » Aujourd’hui, Château Valandraud fait 8,88 hectares. Entre-temps, il y a eu « cette espèce de folie des grandeurs », dit Thunevin de l’époque où il proposait son vin « plus cher que Cheval Blanc », encouragé par le critique américain Richard Parker, bluffé par ce « Mozart de Saint-Emilion » qui osait tout. Les acheteurs ont suivi car le vin était bon. « Mon histoire est connue. Je suis le type sans fric qui est devenu riche. C’est très rare dans le vin. J’ai eu du bol. » Thunevin vit à Saint-Emilion, village qu’il adore. Il y possède ses bureaux, sa maison, je ne sais combien de boutiques de vins. Il y a aussi des amis. Car, s’il a « bousculé les règles tarifaires », il n’a jamais transgressé son code de l’honneur : ne pas importuner ses voisins, ne jamais écrire ou dire que leur vin est mauvais, ne pas les provoquer, essayer de comprendre la main de l’autre comme à la belote, mais éviter la triche du poker. Fuir les jeux de hasard en somme. Comme ceux du cirque.

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100 emplois en péril au centre de contrôle du CN

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Le Canadien National (CN) fermerait son centre de contrôle ferroviaire à Montréal afin de centraliser ses opérations en Alberta, déplore le syndicat Teamsters Canada.
Une centaine de postes de contrôleurs de circulation ferroviaire seraient ainsi transférés dans l’ouest du pays.

«L’entreprise a déjà commencé le transfert d’une vingtaine de postes à Edmonton. Les travailleuses et travailleurs en question venaient tout juste d’être transférés de Toronto à Montréal cette année», a soutenu le syndicat dans un communiqué.

En entrevue à TVA Nouvelles, Christopher Monette, directeur des affaires publiques de Teamsters Canada, a indiqué que le CN est en train de déraciner des familles à l’autre bout du pays.

«Certaines de ces familles venaient tout juste de trouver une école ou une garderie pour leurs enfants à Montréal. On ne peut pas jouer de la sorte avec la vie des gens», a précisé le président de Teamsters Canada, François Laporte.

La majorité des contrôleurs ferroviaires au pays, donc quelque 200 contrôleurs qui travaillent pour le CN, est représentée par la Conférence ferroviaire de Teamsters Canada (CFTC). Leur rôle est de coordonner les mouvements ferroviaires, un peu comme le font les contrôleurs aériens. Ils protègent également les travailleurs sur les voies ferrées.

Le président de la CFTC, Lyndon Isaak, est d’avis que «le CN va probablement perdre des contrôleurs chevronnés et leur connaissance du réseau ferroviaire, ce qui pourrait mettre en danger les cheminots, les préposés à l’entretien des voies et le public en général».

De son côté, la direction du CN a expliqué que «pour des raisons d’efficacité et de gestion, il a été décidé que les opérations pour le nord de l’Ontario seraient contrôlées d’Edmonton à partir du printemps 2020».

«Il faut noter que ce bureau (Nord de l’Ontario) est à Montréal que depuis tout récemment puisque le CN évalue constamment ses besoins et prend des décisions sur une base opérationnelle et continue, a-t-on ajouté. Moins d’une quinzaine d’employés sont touchés par ce changement.»

L’entreprise a ajouté qu’il y avait des discussions avec le syndicat pour déterminer les modalités des relocalisations, assurant que «les employés ne désirant pas être relocalisés auront droit aux bénéfices prévus à leur convention collective».

Rappelons qu’en raison d’un ralentissement de l’économie nord-américaine, le CN a confirmé le mois dernier qu’il procède à des mises à pied au sein de ses effectifs. L’entreprise basée à Montréal n’a toutefois pas voulu confirmer les informations du «Globe and Mail» voulant que 1600 travailleurs soient mis au chômage.

Par ailleurs, l’entreprise ferroviaire a dû faire face à un conflit de travail lorsque quelque 3200 chefs de train et membres d’équipes de manœuvre du Canadien National (CN) ont déclenché une grève.

Le débrayage, qui a duré une semaine, a perturbé les activités de nombreuses industries, incluant les agriculteurs dont les livraisons de propane avaient été réduites ou même arrêtées, ce qui avait de graves conséquences sur la récolte et le séchage du grain au Québec.

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Le Canada renforce les droits des passagers aériens

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À compter de ce 15 décembre, les passagers aériens disposent de nouveaux droits en vertu du Règlement sur la protection des passagers aériens (RPPA) de l’Office des transports du Canada (OTC).

Les compagnies aériennes offrant des vols à destination/au départ du Canada doivent verser aux passagers des indemnités pouvant atteindre 1000 dollars canadiens en cas de retard ou d’annulation de vol attribuable à la compagnie aérienne (sauf pour des raisons de sécurité); fournir aux passagers des commodités en cas de retard ou d’annulation de vol attribuable à la compagnie aérienne (nourriture et boissons en quantité raisonnable; accès à des moyens de communication; et hébergement pour les retards se prolongeant jusqu’au lendemain).

De plus, les compagnies aériennes doivent prendre les mesures nécessaires pour attribuer, sans frais supplémentaires, des sièges aux enfants de moins de 14 ans à proximité de l’adulte qui les accompagne. Pour faire en sorte qu’un enfant ne soit pas assis trop loin, les parents devaient parfois payer d’importants frais de réservation de sièges. Désormais, cela n’est plus nécessaire : le règlement exige qu’un enfant de 4 ans ou moins soit assis à côté d’un parent, qu’un enfant de 5 à 11 ans soit placé dans la même rangée, séparé par un voyageur tout au plus, alors qu’un adolescent de 12 ou 13 ans ne doit pas être séparé d’un parent par plus d’une rangée.

Ces règles s’ajoutent à la charte canadienne des droits des passagers aériens (ou charte des voyageurs) qui était entrée partiellement en vigueur à l’été 2019 et qui prévoyait déjà des obligations en matière de communication claire, de surréservation, de retard sur le tarmac, de perte ou de bris de bagages et de transport d’instruments de musique.

Pour aider les passagers aériens à se retrouver dans leurs droits, l’OTC leur offre un service en ligne : il s’agit d’un guichet unique où les passagers aériens peuvent se renseigner sur leurs droits, déposer une plainte contre une compagnie aérienne et trouver des astuces pour voyager sans tracas.

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L’environnement fiscal est plus profitable aux entreprises au Canada qu’aux E. U.

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Le ministre des Finances Bill Morneau était au courant que l’environnement fiscal des entreprises ayant des activités au Canada était supérieur à celui des États-Unis _ même après les fortes réductions du gouvernement dirigé par Donald Trump _ plusieurs mois avant de donner un nouveau coup de main aux entreprises canadiennes.

L’analyse réalisée en août 2018 souligne que les réformes fiscales «avaient réduit, mais n’avaient pas éliminé» l’avantage fiscal dont jouissent les entreprises au nord de la frontière.

En novembre 2018, M. Morneau a publié un énoncé politique contenant des mesures permettant aux entreprises de passer en charge immédiate du coût total des machines et du matériel et de déduire une plus grande part du coût des biens nouvellement acquis lors de l’année pendant laquelle un investissement est effectué. Ces mesures devraient coûter 14 milliards $ sur cinq ans au Trésor public.

M. Morneau devrait présenter lundi une mise à jour qui exposera les perspectives de l’économie et des finances fédérales. Bien que peu s’attendent à des mesures comme celles annoncées dans l’énoncé économique de l’an dernier, la mise à jour dressera le tableau du budget fédéral de 2020 et devrait indiquer comment les mesures de 2018 ont été utilisées.

Les données sur l’investissement des entreprises sont mitigées depuis l’entrée en vigueur des nouvelles règles.

L’incertitude entourant le nouvel accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM) devrait disparaître lorsqu’il sera ratifié. Cela pourrait encourager les entreprises à utiliser davantage les règles d’amortissement accéléré, estime Brian Kingston,vice-président aux politiques internationale et budgétaire au Conseil canadien des affaires.

Selon lui, M. Morneau devrait toujours viser à abaisser le taux d’imposition combiné fédéral-provincial aux entreprises à 20 % par rapport au taux actuel d’un peu moins de 27 %, ce qui est supérieur à la moyenne des pays de l’OCDE.

«Quand on essaie d’attirer des capitaux en Amérique du Nord, en particulier dans un environnement protectionniste défendu par le président américain. Les entreprises veulent être à l’intérieur de la forteresse américaine. Le Canada, en tant que petite économie, a toujours un avantage sur les États-Unis pour se rendre plus attrayant.»

En juillet, le ministère des Finances a publié un document qui examinait le «taux d’imposition effectif marginal», qui tient compte des taxes provinciales et autres pour estimer le coût pour les entreprises de faire de nouveaux investissements. Le taux d’imposition effectif a servi de base à l’analyse de l’été 2018 qui a révélé que les taxes des entreprises du Canada étaient inférieures à celles des États-Unis, et pour les chiffres de la mise à jour de novembre 2018.

Le Canada est le seul pays à avoir adopté des mesures concernant l’amortissement accéléré en réponse aux réductions fiscales de M. Trump. Une vingtaine de pays ont préféré réduire le taux d’imposition des sociétés, mentionne Jack Mintz, expert en politique fiscale à l’Université de Calgary.

Les propres calculs de M. Mintz, qui tiennent compte de secteurs comme le pétrole et le gaz que le ministère laisse de côté, laissent entendre que le taux d’imposition effectif du Canada sur le capital était un peu plus élevé qu’aux États-Unis avant et après les changements de l’an dernier.

«Le leur était inférieur, affirme-t-il. Mais si c’était vraiment le cas, cela soulève des questions. Pourquoi prôner l’amortissement accéléré? C’est une mauvaise politique qui génère des distorsions.»

La décision américaine permettant l’annulation immédiate des coûts de certains équipements a été considérée comme la mesure la plus importante par les entreprises indépendantes au sud de la frontière, soutient Dan Kelly, président de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante.

La réponse du Canada a été un pas dans la bonne direction, ajoute-t-il. Mais les modifications apportées à la taxe sur les petites entreprises adoptées en 2017, la taxe fédérale sur les émissions de carbone, les augmentations des cotisations au Régime de pension du Canada pour financer ce programme ont nui aux sociétés.

«Tout cela nous a coupé l’herbe sous les pieds, dit M. Kelly. On veut stimuler l’économie d’une main, mais on la freine de l’autre. On peut ainsi comprendre pourquoi cela n’avait pas vraiment fouetté le monde des affaires.»

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