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Opinions

L’Arabie saoudite est au centre de la politique internationale depuis sa création

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Dans sa chronique du 31 octobre 2018, Francine Pelletier avance plusieurs idées erronées qui ne résistent pas à l’analyse des faits. Je me contente, ici, d’en examiner cinq.

1. La chroniqueuse écrit : « Mais depuis quand légifère-t-on chez soi en fonction de ce qui se passe dans un pays isolé de la planète ? » L’Arabie saoudite, un « pays isolé de la planète » ? Archifaux ! L’Arabie saoudite est au centre de la politique internationale depuis sa création en 1932. Fort de son alliance avec les États-Unis depuis le pacte du Quincy (1945), ce pays a propagé sa doctrine du wahhabisme de façon à infléchir les mouvements nationalistes arabes en Égypte, en Irak, en Syrie et en Algérie, par exemple.

La monarchie des Saoud, pays dominant au sein de l’OPEP, provoque le premier choc pétrolier de 1973. Cette année-là, le prix du baril quadruple. Quelques années auparavant, le royaume wahhabite créait deux leviers politiques des plus influents dans le monde : la ligue islamique mondiale (1962), à l’origine de la demande des tribunaux islamiques en Ontario en 2004, et l’Organisation de la conférence islamique (OCI : 1969), le seul lobby religieux constitué de 57 États.

La pénétration du wahhabisme en Afrique correspond, d’ailleurs, à cette décennie. En 1979, grâce à son allié pakistanais, l’Arabie saoudite s’installe en Asie et joue un rôle déterminant dans la guerre en Afghanistan contre les Soviétiques. Dans les années 1990, son influence s’étend à la Tchétchénie et à l’Algérie en plus de prendre pied au Kosovo et en Bosnie en raison de la guerre en ex-Yougoslavie. Cette nouvelle fenêtre lui permet d’asseoir durablement sa présence sur le continent européen, où elle pilote déjà la grande mosquée de Bruxelles depuis 1969 et le Centre islamique de Genève à partir de 1961. Actuellement, l’Arabie saoudite a une influence directe sur l’Égypte, de loin le pays arabe le plus populeux, comptant près de 100 millions de personnes, en plus de son implication dans le bourbier syro-irakien. Sans oublier l’atroce guerre menée contre le Yémen et l’autre guerre, plus sournoise, contre son rival iranien.

Récapitulons. Dynamisme politique, alliances majeures, emprise idéologique déterminante, réserves pétrolières pharaoniques. Et ce n’est pas tout. Car l’Arabie saoudite jouit d’un autre atout considérable : sa diplomatie religieuse. Elle est la gardienne des lieux saints de l’islam, avec des retombées économiques astronomiques chaque année, deux millions de musulmans y convergeant pour le pèlerinage. Avec son réseau de mosquées, d’universités islamiques et de fondations caritatives, le pays est devenu la plaque tournante des prédicateurs salafistes à travers le monde. Cette lame de fond idéologique a conduit à la montée de l’islam politique et de son corollaire, le djihadisme.

2. Venons-en à la déclaration que les musulmans sont moins pratiquants que les catholiques. Sur quoi repose cette affirmation ? Mesurer la vigueur et la rigueur religieuses n’est pas une mince affaire. Dans le cas des musulmans, cela est encore plus vrai. La piste de la fréquentation des mosquées n’est pas concluante, et ce, pour deux raisons. La plupart des mosquées, au Québec comme ailleurs, sont sous le contrôle des États musulmans, en plus de faire l’objet de la surveillance des services de sécurité.

3. Rien ne permet d’affirmer que 15 000 femmes portent le voile au Québec. Par ailleurs, une étude publiée par Radio-Canada en 2016 indiquait que quelque 48 % des musulmanes canadiennes se couvrent la tête, comparativement à 38 % en 2006.

Si le phénomène du port du voile est difficile à mesurer quantitativement, son impact est observable de trois façons : a) l’âge du voilement des femmes est de plus en plus bas, si bien que le voilement des petites filles s’est généralisé avec les tensions que cela engendre (famille Shafia par exemple) ; b) dans plusieurs quartiers comptant une majorité d’immigrants, le port du voile est devenu le modèle dominant ; c) avec le voile intégral, des modèles de voilement plus rigoristes jusque-là inexistants ont gagné en popularité. Cette perspective historique sur une échelle d’une dizaine d’années permet de confirmer que la tendance du voilement est en nette progression, surtout parmi les jeunes.

4. Une autre déclaration qui soutient que la communauté musulmane est plus éduquée que les Québécois de souche est tout aussi problématique. De quoi parle-t-on au juste, de diplômes québécois, canadiens, ou de ceux délivrés par les pays d’origine de ces ressortissants ? Dans le palmarès des 10 pays d’où proviennent principalement les immigrants depuis 2011, on retrouve l’Algérie, le Maroc, l’Iran, l’Égypte, la Tunisie et le Liban. On ne peut faire une simple équivalence entre les diplômes délivrés par ces pays et ceux du Québec. D’abord, le niveau universitaire est loin d’être le même. La fonction même qu’occupe l’université est différente d’un pays à l’autre, en plus du tissu social et culturel.

5. Là où la journaliste s’égare complètement, c’est lorsqu’elle s’appuie sur une étude faite sur la société américaine pour en transposer les conclusions dans le monde musulman en déclarant : « L’éducation, on le sait, milite contre l’obscurantisme religieux. » Cela ne se vérifie pas dans le monde musulman. C’est même le contraire qu’on observe. En Égypte, en Algérie, en Iran, par exemple, l’islam politique a d’abord pris pied dans les universités avant de travailler le corps social. C’est dans les facultés des sciences exactes, d’éducation et de médecine, entre autres, que se sont formées les premières cohortes des militants islamistes.

Réplique de Francine Pelletier

L’analyse de ce qui se passe ici, au Québec, ne révèle pas de grave menace intégriste. D’abord, l’influence pernicieuse de l’Arabie saoudite dont vous parlez a été démentie par un rapport de la GRC affirmant que le djihadisme n’est pas disséminé dans les mosquées mais est le fait « d’individus isolés ». Les réseaux sociaux semblent donc beaucoup plus en cause que les quelconques pamphlets wahhabites qu’on retrouve à Montréal.

Ensuite, comme le dit un rapport de la Commission des droits de la personne, « les musulmans québécois font partie des groupes qui affichent les taux de dévotion religieuse parmi les plus faibles au Canada ». De façon générale, les immigrants qui s’établissent ici sont deux fois plus nombreux que les natifs à ne se réclamer « d’aucune religion ». C’est une perception erronée de penser que les immigrants sont beaucoup plus attachés à la religion que nous.

S’il est vrai que le nombre de femmes qui portent le voile tient de l’extrapolation très souvent, il est également vrai que l’étude canadienne que vous citez n’est absolument pas applicable au Québec. Les groupes musulmans canadiens sont majoritairement issus de l’Inde, du Pakistan et du Bangladesh, des pays très conservateurs et très pratiquants, alors qu’au Québec, le groupe majoritaire est maghrébin, une population beaucoup plus éduquée et moins conservatrice.

Il est également incontestable que plus on est éduqué, moins on est croyant, en Occident tout au moins. Vrai, aussi, que la communauté musulmane affiche deux fois le taux de diplomation des Québécois francophones, les chiffres du gouvernement du Québec sont là pour le prouver. Il faudrait pouvoir s’en réjouir plutôt que de se lamenter.

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Opinions

Même les jeunes RÉPUBLIQUES se lassent du capitalisme, selon les sondeurs américains — RT USA News

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Moins de la moitié des jeunes Américains ont une vision positive du capitalisme, selon un nouveau sondage. Même les jeunes républicains sont de plus en plus sceptiques – mais ne vous attendez pas à ce que l’Amérique devienne complètement socialiste pour l’instant.

Un sondage Axios publié vendredi a révélé qu’aux États-Unis capitalistes, seulement 49% des Américains âgés de 18 à 34 ans soutiennent réellement le capitalisme. Et 51% déclarent avoir une vision positive du socialisme.

Depuis plusieurs années, les sondages ont trouvé un soutien au socialisme croissant parmi les démocrates et les jeunes. En conséquence, les démocrates qui se présentent sur des plateformes explicitement socialistes – comme les membres des Democratic Socialists of America Alexandria Ocasio-Cortez (D-New York) et Rashida Tlaib (D-Michigan) – ont traduit ce mécontentement en succès électoral.

Cependant, le dernier sondage a révélé que les jeunes républicains, généralement des défenseurs infatigables du capitalisme de libre marché, en ont marre du système qu’ils ont l’habitude de défendre. Parmi les républicains âgés de 18 à 34 ans, environ 66% ont désormais une vision positive du capitalisme, contre 81% en 2019. Mais 56% des jeunes républicains souhaitent que le gouvernement se concentre sur la réduction des inégalités de richesse, contre seulement 40% en deux ans. depuis.https://googleads.g.doubleclick.net/pagead/ads?us_privacy=1—&client=ca-pub-5390986774482540&output=html&h=280&adk=180704450&adf=4168993513&pi=t.aa~a.2874080257~i.7~rp.4&w=1092&fwrn=4&fwrnh=100&lmt=1628065615&num_ads=1&rafmt=1&armr=3&sem=mc&pwprc=5987108905&psa=1&ad_type=text_image&format=1092×280&url=https%3A%2F%2Fnews-24.fr%2Fmeme-les-jeunes-republiques-se-lassent-du-capitalisme-selon-les-sondeurs-americains-rt-usa-news%2F&flash=0&fwr=0&pra=3&rh=200&rw=1092&rpe=1&resp_fmts=3&wgl=1&fa=27&dt=1628065633854&bpp=2&bdt=2280&idt=-M&shv=r20210729&mjsv=m202108030101&ptt=9&saldr=aa&abxe=1&cookie=ID%3D5bc0ba73a725e77e-2207b6abaeca00da%3AT%3D1628065618%3ART%3D1628065618%3AS%3DALNI_MbfJtFs3LXLAMzQhf9X_KnK26CNWQ&prev_fmts=0x0%2C1092x280%2C1092x280%2C1092x280&nras=3&correlator=4582349290288&frm=20&pv=1&ga_vid=188329949.1628065617&ga_sid=1628065633&ga_hid=1441312153&ga_fc=0&u_tz=330&u_his=4&u_java=0&u_h=720&u_w=1280&u_ah=680&u_aw=1280&u_cd=24&u_nplug=0&u_nmime=0&adx=85&ady=1595&biw=1263&bih=567&scr_x=0&scr_y=416&eid=20211866&oid=3&pvsid=4333132958230926&pem=75&eae=0&fc=1408&brdim=-7%2C-7%2C-7%2C-7%2C1280%2C0%2C1295%2C695%2C1280%2C567&vis=1&rsz=%7C%7Cs%7C&abl=NS&fu=128&bc=31&ifi=5&uci=a!5&btvi=3&fsb=1&xpc=dqEjBFITRH&p=https%3A//news-24.fr&dtd=358

Axios attribue cette augmentation au fait que davantage d’Américains voient le « avantages tangibles de niveaux d’intervention gouvernementaux sans précédent » pendant la pandémie de coronavirus. En effet, le président de l’époque, Donald Trump, a critiqué les deux partis au Congrès pour avoir accepté d’envoyer « ridiculement bas » chèques de relance de 600 $ en décembre, au lieu des 2 000 $ qu’il a réclamés – une critique qui aurait été étrangère à un président républicain au cours des dernières décennies. Tout aussi rarement, Ocasio-Cortez et Tlaib étaient tous deux d’accord avec Trump sur la question.

Pourtant, l’abandon par la droite du capitalisme sans entraves est en cours depuis avant que la pandémie ne frappe. L’animateur de Fox News, Tucker Carlson, l’animateur de nouvelles du câble le plus regardé aux États-Unis et une influence sur Trump pendant son mandat à la Maison Blanche, a soutenu les propositions des démocrates visant à briser les monopoles technologiques de la Silicon Valley et a condamné « républicain grand public » se concentrer sur le « religion » de « capitalisme de marché ».

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Opinions

« Aucune crise climatique ne causera la fin du capitalisme ! »

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Andreas Malm est un très sympathique quadragénaire suédois, militant de longue date contre le réchauffement climatique. Invité à Paris par son éditeur, La Fabrique, à l’occasion de la publication en France de son dernier ouvrage, il a par conviction traversé l’Europe en train, au départ de Malmö. Géographe spécialisé en écologie humaine de l’université de Lund, en Suède, il propose notamment une analyse du mouvement climat au sein de la vie politique suédoise (longtemps sous hégémonie sociale-démocrate), lui qui est originaire du même pays que Greta Thunberg. En septembre dernier, il a publié La Chauve-souris et le capital. Stratégie pour l’urgence chronique.

Andreas Malm est par ailleurs membre du collectif Zetkin, composé de chercheurs, d’enseignants et d’activistes de plusieurs nationalités œuvrant à la préservation du climat et de la biodiversité. Ce groupe s’intéresse notamment aux discours sur l’écologie politique de l’extrême droite européenne ou américaine. Malm a ainsi dirigé l’ouvrage collectif Fascisme fossile. L’extrême droite, l’énergie, le climat, qui met au jour la longue tradition de dénégation des enjeux climatiques due à l’engouement de l’extrême droite pour un développement fait de croissance économique constante grâce aux énergies fossiles.

Plus largement, il analyse ici la crise climatique, qu’il conçoit aujourd’hui comme intrinsèquement liée à la conjonction entre la crise sanitaire due au covid-19, source d’un effondrement de l’expansion capitalistique, et la destruction de la biodiversité, permettant la dispersion géographique des zoonoses. Le tout dans un mouvement incessant. En attendant la prochaine pandémie…

On parle généralement d’urgence climatique. Pourquoi lui préférez-vous celui d’« urgence chronique » ?

Andreas Malm : J’ai repris ce terme d’une étude de plusieurs scientifiques qui ont analysé la crise du covid-19 (notamment ses causes) et la crise climatique. Il traduit l’idée que ces deux désastres sont en train de devenir permanents, et non plus temporaires, l’un après l’autre : l’urgence apparaît donc comme chronique. Et la seule voie pour nous en sortir, c’est désormais d’agir contre les causes de ces crises, d’en modifier les conditions de développement.

Vous écrivez que le capitalisme, « survivant à tous ses hôtes », a longtemps semblé un « parasite qui ne meurt jamais », mais qu’il pourrait bien aujourd’hui avoir rencontré des « limites naturelles » à son « espérance de vie ». Que voulez-vous dire ?

Le capitalisme rencontre de réels problèmes, en raison de ce qu’il faut appeler ses « limites naturelles ». Toutefois, je ne crois pas que les problèmes environnementaux puissent causer son déclin avant qu’il ne parvienne à entraîner l’effondrement de la planète tout entière. Si le capitalisme a la possibilité de continuer ainsi dans la voie incontrôlée dans laquelle il se trouve, sans aucune régulation ni limitation, il ne pourra certainement causer – sans possibilité de retour – qu’un processus croissant vers une destruction incommensurable du climat, de la biodiversité et de tout le reste…

Je ne distingue aucune autre voie que la coercition pour obtenir des entreprises qu’elles changent leurs comportements.

Certains marxistes pensent que les problèmes environnementaux pourront être la cause d’une crise majeure du capitalisme et entraîner, à terme, sa chute. Même s’ils ne disposent pas vraiment de preuves à l’appui de cette thèse, on peut bien sûr interpréter le covid-19 (et la crise économique qu’il entraîne) comme un exemple potentiel de ce processus : celui d’un phénomène environnemental causant une maladie zoonotique ayant eu pour conséquence une crise économique majeure au début de la décennie 2020. Toutefois, le covid-19 n’a certainement pas tué le capitalisme. Et je ne pense pas que quelque chose puisse annihiler le système capitaliste, sauf certains processus sociaux précis par lesquels de nombreuses forces humaines s’organisent pour travailler ensemble dans les mêmes directions contre ce système. Mais je ne crois pas qu’une crise environnementale parviendra jamais à elle seule à causer la fin du capitalisme !

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Innovation : le capitalisme « responsable », faux problème et vraie diversion

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La critique du capitalisme est une sorte de passage obligé pour un homme politique en difficulté en France. Elle est pratique parce qu’elle séduit sur un assez large spectre, de gauche à droite. On pourrait donc considérer cette déclaration comme un simple exercice de rhétorique sans grande importance, mais ce faisant on commettrait une erreur, car cette expression révèle beaucoup sur la grande difficulté de l’Europe et surtout de la France à établir un diagnostic pertinent sur leur déclin accéléré.

En se trompant de diagnostic, on s’interdit de résoudre le problème. L’exercice se révèle donc dangereux.

L’appel à un capitalisme « responsable » par le président de la République est bien sûr avant tout une tactique politique. Nous sommes en période électorale et il s’agit probablement pour lui de parler à la gauche en essayant de faire oublier son image libérale, c’est de bonne guerre.

En critiquant un capitalisme devenu « fou », il est certain de marquer des points, même si cela ne repose sur aucun fait tangible. Mais au-delà d’agiter de vieux épouvantails, cette déclaration pose deux problèmes : le premier, c’est qu’elle sert à faire diversion sur les dysfonctionnements de l’État, et le second c’est qu’elle traduit un diagnostic erroné sur l’état du capitalisme en Europe.

Exiger un capitalisme « responsable », une diversion

Prôner un capitalisme responsable, c’est tenter de faire diversion pour éviter de poser la question de la responsabilité de l’État. Rappelons que celui-ci a abordé la crise de la Covid en ayant détruit les stocks de masques, puis a officiellement expliqué aux Français que le port du masque était inutile, et que de toute façon ils étaient trop bêtes pour savoir en mettre un.

Il a ensuite fallu près d’une année à cet État pour mettre en place une campagne de tests systématiques et les débuts de la campagne de vaccination ont été une série d’humiliants dysfonctionnements très largement constatés sur lesquels il n’est pas utile de revenir. La seconde vague a été abordée sans qu’aucune capacité supplémentaire n’ait été créée en réanimation, ce qui a nécessité un nouveau confinement pour éviter l’engorgement des services.

Après 18 mois de Covid, le collège public de mes enfants n’a pas organisé une seule heure d’enseignement à distance via un logiciel de téléconférence, et son application d’espace numérique de travail date visiblement des années 1990 ; elle s’est d’ailleurs effondrée dès les premiers jours d’arrêt des cours présentiels. Dès les premiers jours du confinement, la Poste a quasiment cessé de fonctionner.

Et ce ne sont là que les défaillances directement liées à l’épidémie. On comprend que le chef de l’État souhaite parler d’autre chose que la réforme de l’État, et faire diversion… Au Moyen-Âge, quand les choses tournaient mal, on brûlait des sorcières. En France, on brûle le capitalisme, éternel bouc émissaire.

Cette critique est particulièrement mal venue aujourd’hui, car si la crise de la Covid a montré une chose, c’est que le capitalisme est profondément responsable, au sens le plus large qu’on puisse donner à ce terme. Après des semaines de blocage résultant d’une gestion catastrophique des masques, et alors que des professionnels de santé mouraient de leur absence, l’État s’est finalement résolu à ouvrir leur approvisionnement et leur distribution au secteur privé, bref, au capitalisme, et la pénurie a disparu en moins de deux semaines.

Capitalisme irresponsable ? Quand est arrivé le confinement, tout le monde a craint les pénuries et certains n’ont pas hésité à prophétiser l’effondrement du système. Rien ne s’est effondré et il n’y a eu aucune pénurie. La grande distribution, victime traditionnelle des discours bien-pensants, a nourri la France malgré des conditions extrêmes.

Capitalisme irresponsable ? Puis à partir de décembre 2020, Pfizer, BioNTech et Moderna, purs produits du capitalisme spéculatif que l’on se plait à décrier, ont sauvé des millions de vies humaines avec leurs vaccins et permis à nos économies de repartir, un exploit que quelques mois auparavant, les bien-pensants – encore eux- au premier rang desquels notre Président, jugeaient impossible.

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