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État de droit, démocratie et populisme

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Dans son texte du 3 novembre dernier paru dans Le Devoir, Christian Nadeau fait de l’État de droit le principe fondamental de la démocratie. Sur la base de cette corrélation entre les deux, il voit conséquemment dans toute contestation du rôle politique exercé par les tribunaux une menace pour celle-ci. Or, il me paraîtrait plus juste de dire que les régimes démocratiques modernes sont nés d’une tension entre, d’une part, la démocratie proprement dite, c’est-à-dire le pouvoir du peuple (qui se manifeste à travers élections, référendums, consultations diverses, protestations, etc.) ; et, d’autre part, cet État de droit (qui protège l’individu contre l’arbitraire du pouvoir et les minorités contre l’oppression de la majorité).

Il me semble également qu’on ne peut pas comprendre l’émergence actuelle de ce qu’il est convenu d’appeler le « populisme » si on ne prend pas en compte le fait que, depuis environ trois décennies, dans la plupart des pays occidentaux, l’équilibre (toujours instable) entre cet État de droit et le pouvoir théoriquement dévolu au demos a été rompu en faveur du premier.

Plusieurs phénomènes ont contribué à engendrer un tel déséquilibre : principalement, le carcan réglementaire que les accords économiques internationaux ont imposé aux États, pour l’essentiel au profit des multinationales (à quoi il faudrait ajouter, pour ce qui est de l’Europe, toutes sortes de règles décidées par la Commission de Bruxelles, en dehors de tout contrôle démocratique réel, et qui pourtant ont force de loi) ; mais aussi une « politique des droits », qui, conjuguée à un activisme des juges, contribue à imposer, en faveur de certaines minorités, et contre la volonté souvent manifeste de la population, des décisions dont celle-ci ne veut pas (pensons, au Québec, à la décision de la Cour suprême concernant le port du kirpan). Ces deux phénomènes concourent à une érosion de l’espace dévolu au débat démocratique et réduisent d’autant l’expression d’une volonté populaire qui ne trouve plus à s’exprimer que sur des enjeux sans consistance, tandis qu’échappent à son contrôle des pans entiers de l’ordre politique et social.

Souveraineté populaire

Dans ces circonstances, qui prédominent depuis plus de trente ans, la souveraineté populaire, qui est en principe au fondement de nos démocraties, a tout désormais d’une peau de chagrin. D’un côté s’imposent aux peuples des règles du commerce international et des accords multinationaux qui ne font jamais l’objet de véritables débats, et qui sont toujours présentés à l’opinion publique à la fois comme inévitables et comme facteurs d’une prospérité à venir qui se fait cependant attendre, tandis que se détériorent sensiblement les conditions de vie de la majeure partie de la population. De l’autre, la rhétorique des droits délégitime le rôle politique des majorités historiques au profit des tribunaux et des groupuscules militants, tout en leur suggérant qu’elles n’ont plus vraiment voix au chapitre et en les dessaisissant sur le plan symbolique (à travers entre autres les attaques menées au nom de la diversité contre la nation) de toute maîtrise de leur destinée.

Il en résulte, particulièrement dans les couches économiquement les plus menacées de ces populations, un désintérêt pour la politique et les politiciens traditionnels, qui ont causé leur propre impuissance en enfermant leurs pays dans ce carcan de fer dont ils se montrent bien incapables de retrouver la clé, ainsi qu’un sentiment oppressant de fatalité, puisqu’il ne semble y avoir d’autres solutions que de se soumettre et de s’adapter à ces nouvelles réalités économiques (achat des compagnies locales par des intérêts étrangers, délocalisations, détérioration des conditions de travail, etc.) et de céder devant les revendications de plus en plus extrêmes des minorités religieuses ou ethniques issues de l’immigration (accommodements dits raisonnables, quotas à l’embauche, appropriation culturelle, etc.).

Se reprendre en main ?

Face à une telle situation de blocage et à un tel sentiment de dépossession, il n’est pas si étonnant que bien des électeurs se tournent alors vers des partis qui se prétendent « antisystème » et surtout vers des leaders charismatiques qui leur donnent l’illusion de pouvoir reprendre politiquement la main, la sensation de retrouver la capacité de lutter contre toutes ces évolutions sociales qui leur sont toujours présentées comme indiscutables et fatales. À travers ce populisme s’expriment certes de la rancoeur et de la colère — émotions dangereuses en politique —, mais aussi une revendication démocratique, celle de voir la politique renouer avec une certaine liberté.

En diabolisant leurs adversaires politiques, et leurs électeurs, en les qualifiant de « fascistes » de manière à se faire croire à eux-mêmes qu’ils sont partie prenante dans la lutte éternelle et héroïque de la Résistance et de la Bête immonde, en faisant du populisme et du nationalisme le repoussoir idéal afin de gagner les élections et de se maintenir au pouvoir (pensons à Macron, en France, qui, en chute dans les sondages, essaie de convaincre les Français que c’est lui ou Le Pen et qu’il n’y a pas d’autre option), les libéraux jouent à un jeu dangereux. Ils continuent en fait à alimenter les conditions (entre autres le mépris des élites à l’égard des craintes ressenties par bien des gens modestes) qui ont politiquement propulsé le populisme et ses solutions simplistes sur le devant de la scène (car si elles sont souvent simplistes, elles se donnent au moins pour des façons de régler des problèmes sur lesquels les dirigeants libéraux préfèrent quant à eux fermer les yeux).

Ne devraient-ils pas plutôt descendre de leur tour d’ivoire et daigner écouter les craintes des gens ordinaires qui ne sont pas toutes infondées ; condescendre à laisser de côté les deux ou trois slogans (ouverture, vivre-ensemble, compétitivité) qui leur tiennent lieu de seul programme ; tenter de revivifier, enfin, la démocratie elle-même afin qu’elle retrouve un peu de lustre et de vigueur (réforme du mode de scrutin — n’est-ce pas, Monsieur Trudeau ? — ; introduction du référendum d’initiative populaire — pourquoi pas ? — ; réhabilitation aussi de la souveraineté nationale, la nation étant, jusqu’à preuve du contraire, le seul espace où peut s’exprimer démocratiquement la souveraineté populaire) ?

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J’ai peur du projet de loi 59

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Le projet de loi 59 qui vient modifier le régime québécois de santé et de sécurité du travail ne reçoit pas l’attention médiatique et populaire qu’il mérite. Cela n’est pas surprenant, considérant que nous sommes en crise pandémique et que les regards sont malheureusement tournés ailleurs, vers d’autres dossiers qui semblent plus urgents. J’ai donc décidé de prendre ma plume afin de sensibiliser la population du Québec sur cette réforme qui avance rapidement, juste sous son nez. Je l’écris d’emblée: oui, j’ai peur du projet de loi 59. En fait, j’ai peur que ce projet de loi jette indirectement bon nombre de Québécois et de Québécoises dans une abjecte pauvreté.

La peur que j’éprouve est une crainte rationnelle qui est bel et bien fondée sur de solides et crédibles témoignages. Parmi les témoignages que j’ai eu la chance d’entendre se trouve celui de monsieur Richard Dussault.

Pour résumer simplement ce qu’il a vécu, monsieur Dussault a subi un grave accident de travail en 2013 et la CNESST lui a refusé les traitements dont il avait besoin. Pour ajouter à son malheur, il s’est vu obligé de chercher un emploi qu’il était réalistement incapable d’accomplir. Il a vécu cet enfer trois longues années de sa vie, jusqu’au moment où en 2016 un tribunal est finalement venu trancher: la CNESST avait posé un «diagnostic» qui n’était pas le bon. Ainsi, après tout ce brouhaha administratif, le type d’emploi qu’on cherchait à imposer à monsieur Dussault n’était effectivement pas adapté à sa condition médicale et il avait droit à une pleine compensation pour l’ensemble de ses maux. Quel est le problème, me direz-vous? Voilà une histoire qui finit bien! Mais cette histoire de résistance courageuse et déterminée aurait très bien pu mal se terminer…

Si elle s’était déroulée après l’adoption du projet de loi 59 tel qu’il est actuellement formulé, monsieur Dussault aurait eu bien plus de difficultés à faire valoir ses droits. Piégé dans un dédale administratif où les «diagnostics» de la CNESST sont grandement renforcés et incapable d’occuper un emploi qu’on tente vainement de lui imposer – sans égards à sa condition médicale réelle – monsieur Dussault aurait dû se tourner vers l’aide sociale, les banques alimentaires et vivre dans une pauvreté que personne ne mérite.

Vous comprenez maintenant pourquoi j’ai peur du projet de loi 59. J’ai peur qu’il y ait des milliers de citoyens et de citoyennes du Québec qui se trouvent dans la même situation que monsieur Dussault, mais avec des moyens très réduits pour défendre leur droit à vivre dignement suite à un accident de travail.

Si rien n’est fait afin de modifier le projet de loi 59, ces personnes seront coincées entre la CNESST qui appliquera trop souvent ses nouveaux pouvoirs à la lettre et un marché de l’emploi qui les rejettera de facto.

Sans égards à leurs années de travail au sein de notre société, ces personnes seront condamnées à la pauvreté. Elles seront exclues, avalées par une machine administrative qui ne montre aucune empathie et qui perçoit la contestation comme un frein à son «efficacité».

Alors, je pose la question: est-ce un Québec appauvri que nous souhaitons donner en héritage avec le projet de loi 59?

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La protection de nos enfants, c’est aussi l’affaire du municipal

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Ça prend tout un village pour protéger un enfant…»

Le 12 février 2020, la Municipalité de Fortierville soulignait le 100e anniversaire du décès tristement célèbre d’Aurore Gagnon «l’enfant martyre». De par sa grande médiatisation, cette histoire a marqué le Québec de l’époque et demeure, encore aujourd’hui, ancrée dans l’imaginaire collectif.

Malheureusement, loin de n’être qu’un mauvais souvenir, les histoires d’enfants maltraités sont encore (trop) nombreuses. Au moment où vous lisez ces lignes, des centaines d’enfants subissent de mauvais traitements dans l’anonymat le plus complet.

Le drame de la fillette de Granby a agi comme un électrochoc.

De ce drame découle la mise en place de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse sous la présidence de Mme Régine Laurent dont le Rapport et les recommandations seront rendus publics lundi.

Un enfant qui subit de la maltraitance restera toujours un cas inacceptable, un cas de trop.

Un enfant qui subit de la maltraitance devrait pouvoir compter sur les adultes qui l’entourent que ce soit à l’école, au service de garde, à la bibliothèque ou dans son milieu de vie.

Nous devons tous être attentifs comme le souligne la campagne de sensibilisation lancée par le gouvernement sur les signes de détresse et de maltraitance que pourrait vivre ou subir un enfant.

Les municipalités ont le pouvoir de poser des actions concrètes pour créer une culture de bienveillance dans nos milieux. Ainsi, à titre de gouvernements de proximité, les municipalités ont un rôle à jouer dans la mise en place d’un milieu de vie sécuritaire, où prendre soin les uns des autres est un réflexe naturel.

C’est pourquoi nous souhaitons rappeler aujourd’hui le projet de Charte municipale pour la protection de l’enfant, initiée par la Municipalité de Fortierville en collaboration avec Espace MUNI et la Fédération québécoise des municipalités (FQM), qui fut lancée le 7 avril dernier. La présence de la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Mme Andrée Laforest, du ministre de la Famille, M. Mathieu Lacombe, ainsi que du ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, M. Lionel Carmant, tout au long de notre événement de lancement ainsi que le communiqué de presse qu’ils ont produit soulignant cette initiative démontre bien toute l’importance de ce geste posé par le milieu municipal.

La Charte s’appuie sur quatre grands principes qui définissent ce qu’est une municipalité bienveillante envers ses enfants. Ainsi, une municipalité bienveillante propose à l’enfant un milieu de vie où il pourra s’épanouir en toute sécurité, elle est à son écoute en lui offrant des lieux et des occasions pour qu’il s’exprime librement et en toute confiance, elle s’assure que les ressources d’aide et de soutien sont connues. Cette municipalité valorise le vivre-ensemble et l’entraide.

La ratification de la Charte est une occasion pour les municipalités de poser formellement leur engagement.

Agir pour la protection de nos enfants c’est accroître le sentiment de sécurité des enfants dans les lieux publics, c’est favoriser la mise en place de lieux protecteurs ou de processus d’accueil et d’intervention pour des enfants réclamant du secours, c’est la mise en place d’espace de consultation accessible et adapté aux enfants, c’est tenir informer les citoyens des signes de maltraitance pour les sensibiliser à exercer un rôle de vigilance, c’est aussi de soutenir les initiatives du milieu contribuant au développement et à l’épanouissement des enfants.

Nous réitérons notre invitation à toutes les municipalités du Québec à adopter la Charte municipale pour la protection de l’enfant qui par ce geste, s’engagent à contribuer à l’effort collectif afin d’assurer un filet protecteur autour de ceux qui nous sont les plus chers, nos enfants.

Soyons protecteurs pour que ni la triste histoire de la petite Aurore ni celle de la petite fille de Granby ne se reproduisent plus jamais.

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Crise du logement : le Parti libéral du Québec en mode solutions

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Malheureusement, le gouvernement de la CAQ de François Legault refuse encore de reconnaître la crise du logement. Non seulement il n’a aucune idée du coût réel des loyers, mais il s’en remet à une autorégulation du marché immobilier. Cette totale déconnexion de la réalité empêche la CAQ de voir clair et de trouver des solutions pour les familles québécoises. 

Au Parti libéral du Québec, notre approche est toute autre. Nous avons fait de l’habitation une priorité et nous sommes en mode solutions. Au cours des derniers mois, nous étions sur le terrain et à l’écoute, notamment lors des consultations tenues dans le cadre de la Charte des régions. Les intervenants du monde municipal, les organismes, les experts et les citoyens nous ont tous inspirés par leurs commentaires.

Pour bien saisir la crise du logement, nous croyons qu’il faut s’attarder aux trois grands axes incidents, soit l’accès à la propriété, le logement abordable et le logement social. Ce dernier point est important. Nous sommes bien sûr en faveur d’une augmentation importante du nombre de logements sociaux disponibles. Cependant, cette solution ne suffira pas à elle seule pour régler la situation. Il faut s’assurer que des logements, en bon état et à prix raisonnable, sont disponibles pour tous. Il faut aussi créer un environnement favorable pour que les ménages qui souhaitent acquérir une propriété puissent le faire, sans y passer tous leurs revenus. C’est en agissant sur ces trois axes que nous pourrons traverser la crise. 

Dans le débat actuel, nous parlons beaucoup de la situation à Montréal et c’est normal, la situation y est particulièrement critique. Le retour des campements en est un signal. Cependant, la crise ne se limite pas à notre métropole. L’ensemble de nos régions vivent les contrecoups de la surchauffe immobilière et de la hausse des prix des loyers. Chaque jour, nous entendons des cris du cœur de gens de Québec, de Gatineau, de Sherbrooke et de Saguenay qui craignent le 1er juillet. Il faut également considérer les réalités régionales.  

Dans les prochains jours, nous formulerons des propositions concrètes au gouvernement caquiste en matière d’habitation et de logement. Nous espérons que, d’ici là, François Legault voit la lumière, qu’il reconnaît la crise du logement et qu’il accepte de travailler de façon constructive avec nous pour mieux soutenir les Québécoises et les Québécois. 

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