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La formidable histoire des jardins collectifs et familiaux

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Délaissés pendant les Trente Glorieuses, ces petits lopins de terre sont de nouveau prisés par les citadins.

Tous au jardin! Depuis une vingtaine d’années, l’engouement pour les jardins familiaux ou collectifs ne se dément pas. Volonté de renouer un contact avec la nature, de cultiver ses propres légumes, gages d’une alimentation saine, mais aussi de contribuer au verdissement de leur ville, de plus en plus de citadins frappent aux portes des mairies ou des associations qui gèrent ces petits lopins de terre, générant des listes d’attente longues comme un jour sans pain. Jusqu’à trois fois le nombre de parcelles disponibles!

Mardi dernier, la bibliothèque de la Société nationale d’horticulture de France (SNHF) a consacré une journée d’études à ce phénomène dont l’origine remonte à la fin du XIXe siècle avec la création de ce que l’on appelait alors les «jardins ouvriers», ancêtres de nos actuels jardins familiaux. Plusieurs grandes figures sont à l’origine de ce mouvement, comme l’abbé Jules Lemire, député maire d’Hazebrouck (Nord) qui fonde, en 1896, la Ligue française du coin de terre et du foyer.

«Garant de la paix sociale»

Culture de tomates à Lyon, dans le quartier Saint-Jean en 1949.
Culture de tomates à Lyon, dans le quartier Saint-Jean en 1949. Janine Niepce

L’objectif de cet ecclésiastique classé à gauche, qui sera plus tard sanctionné par le pape pour avoir soutenu la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État, est de «mettre à disposition du chef de famille un coin de terre pour y cultiver des légumes nécessaires à la consommation du foyer». Outre l’aspect nourricier, il s’agit également d’inciter les travailleurs des grands bassins miniers et industriels à pratiquer une activité saine, au grand air, qui les tienne éloignés de leur «taudis» et du «cabaret», générateurs de tuberculose et d’alcoolisme.

«Dans les ménages d’ouvriers où les plantes sont en faveur, règnent l’ordre et la propreté; le cabaret est délaissé», peut-on lire dans une chronique publiée en 1896 dans les Annales de la Société centrale d’horticulture de France, ancêtre de la SNHF. Un autre article publié dans la même revue loue le rôle de «garant de la paix sociale» des jardins ouvriers que nombre d’entreprises mettent, au même moment, à la disposition de leurs employés. «Il est vrai que le jardinage contribue aussi à éloigner ces derniers du syndicalisme», note Daniel Lejeune, administrateur de la SNHF en charge de la bibliothèque.

À lire également: Jardiner, c’est bon pour le moral!

Tout acquis à la doctrine du terrianisme selon laquelle chaque homme a le droit de jouir d’un morceau de terre, l’abbé Lemire va créer des structures associatives en vue de permettre aux ouvriers de s’affranchir de la tutelle de leur employeur. Et de pouvoir garder leur parcelle s’ils étaient amenés à perdre leur travail. Le moindre espace disponible situé à proximité des logements ou des usines est mis en culture dans le Nord mais aussi en région parisienne et dans la plupart des grands centres urbains, comme à Saint-Étienne sous l’impulsion du père Félix Volpette.

«Il règne au début du XXe siècle un formidable bouillonnement, souligne Jean Wohrer, administrateur de la Fédération nationale des jardins familiaux et collectifs issue de la Ligue de l’abbé Lemire. L’ouvrier a la liberté de cultiver ce qu’il veut pour sa consommation personnelle mais dans un esprit collectif, basé sur l’échange des idées qui fait que l’on est plus intelligent ensemble que seul.»

L’équivalent d’un treizième mois

En 1928, la France compte 383 000 jardins ouvriers dont 70 000 sont exploités par des cheminots sur des terrains concédés par les sociétés de chemin de fer (qui seront nationalisées en 1937). «À partir de cette époque, le profil des jardiniers commence à se diversifier avec l’arrivée de nouvelles catégories socioprofessionnelles:  artisans, employés, commerçants…» souligne Béatrice Cabedoce, chargée de recherche en histoire sociale au conseil départemental du Val-d’Oise.

Avec l’Occupation, et les privations qui en découlent, le nombre des jardins ouvriers va quasiment doubler pour atteindre 700 000 en 1945 avant de chuter à 150 000 trente ans plus tard. Les Trente Glorieuses, l’urbanisation galopante, l’irruption de la société de consommation, avec l’avènement des supermarchés, sont passées par là, donnant de ces jardins une image ringarde et dépassée. «Avec la crise, le regain d’intérêt auquel on assiste aujourd’hui s’explique en grande partie par des motivations économiques», explique Serge Lamarre de l’association Jardinot, en citant les résultats préliminaires d’une enquête réalisée en partenariat avec la SNHF qui montrent qu’un jardin permet à un ménage de réaliser une économie de 1 500 euros par an, soit l’équivalent d’un treizième mois.

Créer du lien social

Le contexte a toutefois changé en un siècle. La taille des parcelles, nettement plus petites, est modulée en fonction du temps disponible pour se consacrer au jardinage. La dimension écologique est également prépondérante tout comme le besoin de créer du lien social et d’être intégrés à la ville, à l’image des jardins familiaux du parc des Grandes Bruyères à Villejuif (Val-de-Marne). Ou de ces bailleurs sociaux qui installent avec succès des jardins partagés au pied de certaines barres d’immeubles.

La pression foncière, de plus en plus prégnante, rend toutefois l’avenir incertain. «Nous sommes face à des injonctions contradictoires, presque schizophréniques: d’un côté une demande croissante de logements et de l’autre le besoin de végétaliser les villes», constate Jean Wohrer. Les listes d’attente ne sont pas près de se résorber.

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100 emplois en péril au centre de contrôle du CN

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Le Canadien National (CN) fermerait son centre de contrôle ferroviaire à Montréal afin de centraliser ses opérations en Alberta, déplore le syndicat Teamsters Canada.
Une centaine de postes de contrôleurs de circulation ferroviaire seraient ainsi transférés dans l’ouest du pays.

«L’entreprise a déjà commencé le transfert d’une vingtaine de postes à Edmonton. Les travailleuses et travailleurs en question venaient tout juste d’être transférés de Toronto à Montréal cette année», a soutenu le syndicat dans un communiqué.

En entrevue à TVA Nouvelles, Christopher Monette, directeur des affaires publiques de Teamsters Canada, a indiqué que le CN est en train de déraciner des familles à l’autre bout du pays.

«Certaines de ces familles venaient tout juste de trouver une école ou une garderie pour leurs enfants à Montréal. On ne peut pas jouer de la sorte avec la vie des gens», a précisé le président de Teamsters Canada, François Laporte.

La majorité des contrôleurs ferroviaires au pays, donc quelque 200 contrôleurs qui travaillent pour le CN, est représentée par la Conférence ferroviaire de Teamsters Canada (CFTC). Leur rôle est de coordonner les mouvements ferroviaires, un peu comme le font les contrôleurs aériens. Ils protègent également les travailleurs sur les voies ferrées.

Le président de la CFTC, Lyndon Isaak, est d’avis que «le CN va probablement perdre des contrôleurs chevronnés et leur connaissance du réseau ferroviaire, ce qui pourrait mettre en danger les cheminots, les préposés à l’entretien des voies et le public en général».

De son côté, la direction du CN a expliqué que «pour des raisons d’efficacité et de gestion, il a été décidé que les opérations pour le nord de l’Ontario seraient contrôlées d’Edmonton à partir du printemps 2020».

«Il faut noter que ce bureau (Nord de l’Ontario) est à Montréal que depuis tout récemment puisque le CN évalue constamment ses besoins et prend des décisions sur une base opérationnelle et continue, a-t-on ajouté. Moins d’une quinzaine d’employés sont touchés par ce changement.»

L’entreprise a ajouté qu’il y avait des discussions avec le syndicat pour déterminer les modalités des relocalisations, assurant que «les employés ne désirant pas être relocalisés auront droit aux bénéfices prévus à leur convention collective».

Rappelons qu’en raison d’un ralentissement de l’économie nord-américaine, le CN a confirmé le mois dernier qu’il procède à des mises à pied au sein de ses effectifs. L’entreprise basée à Montréal n’a toutefois pas voulu confirmer les informations du «Globe and Mail» voulant que 1600 travailleurs soient mis au chômage.

Par ailleurs, l’entreprise ferroviaire a dû faire face à un conflit de travail lorsque quelque 3200 chefs de train et membres d’équipes de manœuvre du Canadien National (CN) ont déclenché une grève.

Le débrayage, qui a duré une semaine, a perturbé les activités de nombreuses industries, incluant les agriculteurs dont les livraisons de propane avaient été réduites ou même arrêtées, ce qui avait de graves conséquences sur la récolte et le séchage du grain au Québec.

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Le Canada renforce les droits des passagers aériens

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À compter de ce 15 décembre, les passagers aériens disposent de nouveaux droits en vertu du Règlement sur la protection des passagers aériens (RPPA) de l’Office des transports du Canada (OTC).

Les compagnies aériennes offrant des vols à destination/au départ du Canada doivent verser aux passagers des indemnités pouvant atteindre 1000 dollars canadiens en cas de retard ou d’annulation de vol attribuable à la compagnie aérienne (sauf pour des raisons de sécurité); fournir aux passagers des commodités en cas de retard ou d’annulation de vol attribuable à la compagnie aérienne (nourriture et boissons en quantité raisonnable; accès à des moyens de communication; et hébergement pour les retards se prolongeant jusqu’au lendemain).

De plus, les compagnies aériennes doivent prendre les mesures nécessaires pour attribuer, sans frais supplémentaires, des sièges aux enfants de moins de 14 ans à proximité de l’adulte qui les accompagne. Pour faire en sorte qu’un enfant ne soit pas assis trop loin, les parents devaient parfois payer d’importants frais de réservation de sièges. Désormais, cela n’est plus nécessaire : le règlement exige qu’un enfant de 4 ans ou moins soit assis à côté d’un parent, qu’un enfant de 5 à 11 ans soit placé dans la même rangée, séparé par un voyageur tout au plus, alors qu’un adolescent de 12 ou 13 ans ne doit pas être séparé d’un parent par plus d’une rangée.

Ces règles s’ajoutent à la charte canadienne des droits des passagers aériens (ou charte des voyageurs) qui était entrée partiellement en vigueur à l’été 2019 et qui prévoyait déjà des obligations en matière de communication claire, de surréservation, de retard sur le tarmac, de perte ou de bris de bagages et de transport d’instruments de musique.

Pour aider les passagers aériens à se retrouver dans leurs droits, l’OTC leur offre un service en ligne : il s’agit d’un guichet unique où les passagers aériens peuvent se renseigner sur leurs droits, déposer une plainte contre une compagnie aérienne et trouver des astuces pour voyager sans tracas.

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L’environnement fiscal est plus profitable aux entreprises au Canada qu’aux E. U.

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Le ministre des Finances Bill Morneau était au courant que l’environnement fiscal des entreprises ayant des activités au Canada était supérieur à celui des États-Unis _ même après les fortes réductions du gouvernement dirigé par Donald Trump _ plusieurs mois avant de donner un nouveau coup de main aux entreprises canadiennes.

L’analyse réalisée en août 2018 souligne que les réformes fiscales «avaient réduit, mais n’avaient pas éliminé» l’avantage fiscal dont jouissent les entreprises au nord de la frontière.

En novembre 2018, M. Morneau a publié un énoncé politique contenant des mesures permettant aux entreprises de passer en charge immédiate du coût total des machines et du matériel et de déduire une plus grande part du coût des biens nouvellement acquis lors de l’année pendant laquelle un investissement est effectué. Ces mesures devraient coûter 14 milliards $ sur cinq ans au Trésor public.

M. Morneau devrait présenter lundi une mise à jour qui exposera les perspectives de l’économie et des finances fédérales. Bien que peu s’attendent à des mesures comme celles annoncées dans l’énoncé économique de l’an dernier, la mise à jour dressera le tableau du budget fédéral de 2020 et devrait indiquer comment les mesures de 2018 ont été utilisées.

Les données sur l’investissement des entreprises sont mitigées depuis l’entrée en vigueur des nouvelles règles.

L’incertitude entourant le nouvel accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM) devrait disparaître lorsqu’il sera ratifié. Cela pourrait encourager les entreprises à utiliser davantage les règles d’amortissement accéléré, estime Brian Kingston,vice-président aux politiques internationale et budgétaire au Conseil canadien des affaires.

Selon lui, M. Morneau devrait toujours viser à abaisser le taux d’imposition combiné fédéral-provincial aux entreprises à 20 % par rapport au taux actuel d’un peu moins de 27 %, ce qui est supérieur à la moyenne des pays de l’OCDE.

«Quand on essaie d’attirer des capitaux en Amérique du Nord, en particulier dans un environnement protectionniste défendu par le président américain. Les entreprises veulent être à l’intérieur de la forteresse américaine. Le Canada, en tant que petite économie, a toujours un avantage sur les États-Unis pour se rendre plus attrayant.»

En juillet, le ministère des Finances a publié un document qui examinait le «taux d’imposition effectif marginal», qui tient compte des taxes provinciales et autres pour estimer le coût pour les entreprises de faire de nouveaux investissements. Le taux d’imposition effectif a servi de base à l’analyse de l’été 2018 qui a révélé que les taxes des entreprises du Canada étaient inférieures à celles des États-Unis, et pour les chiffres de la mise à jour de novembre 2018.

Le Canada est le seul pays à avoir adopté des mesures concernant l’amortissement accéléré en réponse aux réductions fiscales de M. Trump. Une vingtaine de pays ont préféré réduire le taux d’imposition des sociétés, mentionne Jack Mintz, expert en politique fiscale à l’Université de Calgary.

Les propres calculs de M. Mintz, qui tiennent compte de secteurs comme le pétrole et le gaz que le ministère laisse de côté, laissent entendre que le taux d’imposition effectif du Canada sur le capital était un peu plus élevé qu’aux États-Unis avant et après les changements de l’an dernier.

«Le leur était inférieur, affirme-t-il. Mais si c’était vraiment le cas, cela soulève des questions. Pourquoi prôner l’amortissement accéléré? C’est une mauvaise politique qui génère des distorsions.»

La décision américaine permettant l’annulation immédiate des coûts de certains équipements a été considérée comme la mesure la plus importante par les entreprises indépendantes au sud de la frontière, soutient Dan Kelly, président de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante.

La réponse du Canada a été un pas dans la bonne direction, ajoute-t-il. Mais les modifications apportées à la taxe sur les petites entreprises adoptées en 2017, la taxe fédérale sur les émissions de carbone, les augmentations des cotisations au Régime de pension du Canada pour financer ce programme ont nui aux sociétés.

«Tout cela nous a coupé l’herbe sous les pieds, dit M. Kelly. On veut stimuler l’économie d’une main, mais on la freine de l’autre. On peut ainsi comprendre pourquoi cela n’avait pas vraiment fouetté le monde des affaires.»

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