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Hommage à Gaétan Gervais | Le Devoir

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Le 20 octobre 2018, Gaétan Gervais, historien et professeur à l’Université Laurentienne de Sudbury (Ontario), s’éteignait après un long combat contre la maladie de Parkinson. Pionnier des études franco-ontariennes, militant et maître à penser, Gervais nous a légué une oeuvre fondatrice, laquelle a puissamment contribué non seulement à une meilleure compréhension de l’expérience historique de la collectivité franco-ontarienne, mais aussi à son autonomisation institutionnelle, politique et culturelle.

Gaétan Gervais commence sa carrière de professeur et d’intellectuel à l’Université Laurentienne (Sudbury) au début des années 1970, dans le contexte politique et idéologique agité qui succède à la Révolution tranquille. Ce moment de transition est crucial dans l’histoire des relations entre le Québec et sa « diaspora » canadienne-française. Si, au Québec, un projet national refondé, porteur d’un nouvel espoir, a pu succéder à l’ancien, en milieu franco-ontarien, le démantèlement du Canada français engendre à l’inverse une crise existentielle aiguë. La plus grande part de l’ancienne armature institutionnelle « nationale » ayant été réduite en cendres, qui ou quoi pourra bien en prendre le relais ? Certes, la classe politique du Canada anglais, à Ottawa et à Toronto, se montre disposée à combler une partie du vide, mais au moment où une crise constitutionnelle majeure se profile à l’horizon, il est déjà permis de douter que ses initiatives soient fondées sur la volonté de faire de la dualité nationale le principe instituant du « nouveau » Canada qu’elle cherche à faire advenir…

C’est à la lumière de ce débat sur les fins du Canada et du Québec qu’il est possible de saisir la signification de l’oeuvre de Gaétan Gervais. Face aux historiens du Québec, qui font peu de cas, somme toute, des Franco-Ontariens, face aussi à ceux du Canada anglais, qui leur accordent parfois un peu plus d’attention, mais en subsumant leur particularisme culturel et politique sous le paradigme multiculturaliste des ethnic studies canadiennes, Gervais s’applique, à l’inverse, à appréhender l’expérience historique de l’Ontario français en tant que telle. Ses travaux présenteront la formation et la construction dans le temps d’un espace franco-ontarien autonome, héritier et continuateur de l’expérience canadienne-française. Du Règlement 17 aux Jumelles Dionne en passant par l’école du Fort Frontenac, le développement des paroisses françaises en Ontario et le passage de Samuel de Champlain en terre ontarienne, l’historiographie de Gervais et ses thématiques ont meublé la référence à un espace géographique particulier, un imaginaire et un récit à partir desquels il est devenu possible pour la collectivité franco-ontarienne de se définir de manière autonome. Surtout, la ligne de force de cette histoire, s’il en est une, c’est à ses yeux la volonté que les Franco-Ontariens ont toujours affichée de se représenter et de s’institutionnaliser, collectivement, comme une minorité non pas simplement ethnique ou linguistique, mais bien nationale, dans le sens plein du terme.

Une référence qui leur soit propre

C’est dans ce même souci de donner aux Franco-Ontariens une référence qui leur soit propre que Gervais, l’intellectuel-militant, se lance dans la cocréation du drapeau franco-ontarien en 1975, symbole phare de leur désir d’autonomie politico-identitaire. En outre, il sera l’un des grands promoteurs de la fondation d’une université unilingue française en Ontario, sans doute le combat le plus important de sa carrière. Pour Gervais, l’autonomie universitaire des Franco-Ontariens procédait de la même finalité existentielle : il s’agissait non seulement de créer une institution gardienne du savoir et de la transmission de la culture française en Ontario, mais aussi d’un projet qui confirmerait la volonté d’intégration différenciée des Franco-Ontariens dans l’espace politique ontarien et canadien. Autant d’objectifs que ne pouvaient honorer les universités bilingues de la province, ces dernières étant tiraillées, à ses yeux, entre des finalités culturelles et sociales concurrentes.

L’oeuvre et le parcours de militant de Gaétan Gervais offrent un témoignage d’une rare éloquence sur la fragilité constitutive des minorités nationales, condamnées à justifier perpétuellement leur existence face aux autres, mais aussi face à elles-mêmes. Les récents échanges entre Denise Bombardier et Jean Chrétien, vus de cet angle, sont pour le moins symptomatiques de la difficulté qu’éprouvent toujours les communautés issues de la diaspora canadienne-française à parler de leur propre voix dans l’espace public québécois et canadien. Ils révèlent aussi les réticences qu’éprouve le Québec, un demi-siècle après la Révolution tranquille, à se concevoir comme la métropole d’une nation « diasporique ».

En revanche, il faut bien reconnaître que le legs intellectuel de Gervais est loin de faire consensus hors Québec. La tendance de nos jours à réduire la francophonie, non sans complaisance, à un fait linguistique en marge d’une conscience historique forte (quitte à inclure ceux dont le français est la langue seconde ou tierce, voire les « francophiles ») aura toujours paru problématique à Gervais, qui y percevait le risque d’une dépolitisation de son identité. À cet égard, son oeuvre interpelle la part d’universel que contient le dilemme existentiel des cultures minoritaires qui, en rompant radicalement avec leurs repères historiques et mémoriels, parviennent difficilement à s’ériger en pôles d’intégration culturelle et politique autonomes et à se projeter dans la modernité telles qu’en elles-mêmes.

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J’ai peur du projet de loi 59

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Le projet de loi 59 qui vient modifier le régime québécois de santé et de sécurité du travail ne reçoit pas l’attention médiatique et populaire qu’il mérite. Cela n’est pas surprenant, considérant que nous sommes en crise pandémique et que les regards sont malheureusement tournés ailleurs, vers d’autres dossiers qui semblent plus urgents. J’ai donc décidé de prendre ma plume afin de sensibiliser la population du Québec sur cette réforme qui avance rapidement, juste sous son nez. Je l’écris d’emblée: oui, j’ai peur du projet de loi 59. En fait, j’ai peur que ce projet de loi jette indirectement bon nombre de Québécois et de Québécoises dans une abjecte pauvreté.

La peur que j’éprouve est une crainte rationnelle qui est bel et bien fondée sur de solides et crédibles témoignages. Parmi les témoignages que j’ai eu la chance d’entendre se trouve celui de monsieur Richard Dussault.

Pour résumer simplement ce qu’il a vécu, monsieur Dussault a subi un grave accident de travail en 2013 et la CNESST lui a refusé les traitements dont il avait besoin. Pour ajouter à son malheur, il s’est vu obligé de chercher un emploi qu’il était réalistement incapable d’accomplir. Il a vécu cet enfer trois longues années de sa vie, jusqu’au moment où en 2016 un tribunal est finalement venu trancher: la CNESST avait posé un «diagnostic» qui n’était pas le bon. Ainsi, après tout ce brouhaha administratif, le type d’emploi qu’on cherchait à imposer à monsieur Dussault n’était effectivement pas adapté à sa condition médicale et il avait droit à une pleine compensation pour l’ensemble de ses maux. Quel est le problème, me direz-vous? Voilà une histoire qui finit bien! Mais cette histoire de résistance courageuse et déterminée aurait très bien pu mal se terminer…

Si elle s’était déroulée après l’adoption du projet de loi 59 tel qu’il est actuellement formulé, monsieur Dussault aurait eu bien plus de difficultés à faire valoir ses droits. Piégé dans un dédale administratif où les «diagnostics» de la CNESST sont grandement renforcés et incapable d’occuper un emploi qu’on tente vainement de lui imposer – sans égards à sa condition médicale réelle – monsieur Dussault aurait dû se tourner vers l’aide sociale, les banques alimentaires et vivre dans une pauvreté que personne ne mérite.

Vous comprenez maintenant pourquoi j’ai peur du projet de loi 59. J’ai peur qu’il y ait des milliers de citoyens et de citoyennes du Québec qui se trouvent dans la même situation que monsieur Dussault, mais avec des moyens très réduits pour défendre leur droit à vivre dignement suite à un accident de travail.

Si rien n’est fait afin de modifier le projet de loi 59, ces personnes seront coincées entre la CNESST qui appliquera trop souvent ses nouveaux pouvoirs à la lettre et un marché de l’emploi qui les rejettera de facto.

Sans égards à leurs années de travail au sein de notre société, ces personnes seront condamnées à la pauvreté. Elles seront exclues, avalées par une machine administrative qui ne montre aucune empathie et qui perçoit la contestation comme un frein à son «efficacité».

Alors, je pose la question: est-ce un Québec appauvri que nous souhaitons donner en héritage avec le projet de loi 59?

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La protection de nos enfants, c’est aussi l’affaire du municipal

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Ça prend tout un village pour protéger un enfant…»

Le 12 février 2020, la Municipalité de Fortierville soulignait le 100e anniversaire du décès tristement célèbre d’Aurore Gagnon «l’enfant martyre». De par sa grande médiatisation, cette histoire a marqué le Québec de l’époque et demeure, encore aujourd’hui, ancrée dans l’imaginaire collectif.

Malheureusement, loin de n’être qu’un mauvais souvenir, les histoires d’enfants maltraités sont encore (trop) nombreuses. Au moment où vous lisez ces lignes, des centaines d’enfants subissent de mauvais traitements dans l’anonymat le plus complet.

Le drame de la fillette de Granby a agi comme un électrochoc.

De ce drame découle la mise en place de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse sous la présidence de Mme Régine Laurent dont le Rapport et les recommandations seront rendus publics lundi.

Un enfant qui subit de la maltraitance restera toujours un cas inacceptable, un cas de trop.

Un enfant qui subit de la maltraitance devrait pouvoir compter sur les adultes qui l’entourent que ce soit à l’école, au service de garde, à la bibliothèque ou dans son milieu de vie.

Nous devons tous être attentifs comme le souligne la campagne de sensibilisation lancée par le gouvernement sur les signes de détresse et de maltraitance que pourrait vivre ou subir un enfant.

Les municipalités ont le pouvoir de poser des actions concrètes pour créer une culture de bienveillance dans nos milieux. Ainsi, à titre de gouvernements de proximité, les municipalités ont un rôle à jouer dans la mise en place d’un milieu de vie sécuritaire, où prendre soin les uns des autres est un réflexe naturel.

C’est pourquoi nous souhaitons rappeler aujourd’hui le projet de Charte municipale pour la protection de l’enfant, initiée par la Municipalité de Fortierville en collaboration avec Espace MUNI et la Fédération québécoise des municipalités (FQM), qui fut lancée le 7 avril dernier. La présence de la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Mme Andrée Laforest, du ministre de la Famille, M. Mathieu Lacombe, ainsi que du ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, M. Lionel Carmant, tout au long de notre événement de lancement ainsi que le communiqué de presse qu’ils ont produit soulignant cette initiative démontre bien toute l’importance de ce geste posé par le milieu municipal.

La Charte s’appuie sur quatre grands principes qui définissent ce qu’est une municipalité bienveillante envers ses enfants. Ainsi, une municipalité bienveillante propose à l’enfant un milieu de vie où il pourra s’épanouir en toute sécurité, elle est à son écoute en lui offrant des lieux et des occasions pour qu’il s’exprime librement et en toute confiance, elle s’assure que les ressources d’aide et de soutien sont connues. Cette municipalité valorise le vivre-ensemble et l’entraide.

La ratification de la Charte est une occasion pour les municipalités de poser formellement leur engagement.

Agir pour la protection de nos enfants c’est accroître le sentiment de sécurité des enfants dans les lieux publics, c’est favoriser la mise en place de lieux protecteurs ou de processus d’accueil et d’intervention pour des enfants réclamant du secours, c’est la mise en place d’espace de consultation accessible et adapté aux enfants, c’est tenir informer les citoyens des signes de maltraitance pour les sensibiliser à exercer un rôle de vigilance, c’est aussi de soutenir les initiatives du milieu contribuant au développement et à l’épanouissement des enfants.

Nous réitérons notre invitation à toutes les municipalités du Québec à adopter la Charte municipale pour la protection de l’enfant qui par ce geste, s’engagent à contribuer à l’effort collectif afin d’assurer un filet protecteur autour de ceux qui nous sont les plus chers, nos enfants.

Soyons protecteurs pour que ni la triste histoire de la petite Aurore ni celle de la petite fille de Granby ne se reproduisent plus jamais.

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Crise du logement : le Parti libéral du Québec en mode solutions

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Malheureusement, le gouvernement de la CAQ de François Legault refuse encore de reconnaître la crise du logement. Non seulement il n’a aucune idée du coût réel des loyers, mais il s’en remet à une autorégulation du marché immobilier. Cette totale déconnexion de la réalité empêche la CAQ de voir clair et de trouver des solutions pour les familles québécoises. 

Au Parti libéral du Québec, notre approche est toute autre. Nous avons fait de l’habitation une priorité et nous sommes en mode solutions. Au cours des derniers mois, nous étions sur le terrain et à l’écoute, notamment lors des consultations tenues dans le cadre de la Charte des régions. Les intervenants du monde municipal, les organismes, les experts et les citoyens nous ont tous inspirés par leurs commentaires.

Pour bien saisir la crise du logement, nous croyons qu’il faut s’attarder aux trois grands axes incidents, soit l’accès à la propriété, le logement abordable et le logement social. Ce dernier point est important. Nous sommes bien sûr en faveur d’une augmentation importante du nombre de logements sociaux disponibles. Cependant, cette solution ne suffira pas à elle seule pour régler la situation. Il faut s’assurer que des logements, en bon état et à prix raisonnable, sont disponibles pour tous. Il faut aussi créer un environnement favorable pour que les ménages qui souhaitent acquérir une propriété puissent le faire, sans y passer tous leurs revenus. C’est en agissant sur ces trois axes que nous pourrons traverser la crise. 

Dans le débat actuel, nous parlons beaucoup de la situation à Montréal et c’est normal, la situation y est particulièrement critique. Le retour des campements en est un signal. Cependant, la crise ne se limite pas à notre métropole. L’ensemble de nos régions vivent les contrecoups de la surchauffe immobilière et de la hausse des prix des loyers. Chaque jour, nous entendons des cris du cœur de gens de Québec, de Gatineau, de Sherbrooke et de Saguenay qui craignent le 1er juillet. Il faut également considérer les réalités régionales.  

Dans les prochains jours, nous formulerons des propositions concrètes au gouvernement caquiste en matière d’habitation et de logement. Nous espérons que, d’ici là, François Legault voit la lumière, qu’il reconnaît la crise du logement et qu’il accepte de travailler de façon constructive avec nous pour mieux soutenir les Québécoises et les Québécois. 

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