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Trudeau et le dragon chinois

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Peu après son élection en 2013 à la tête du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau a commis une bourde impardonnable en exprimant son admiration envers la Chine « parce que [sa] dictature [lui] permet de faire un virage économique soudain ». Une telle déclaration provenant de la bouche de n’importe quel autre aspirant-chef d’un pays du G7 aurait été impensable. Son admiration envers une puissance communiste témoignait d’une sérieuse faille dans sa pensée, comme s’il voyait une équivalence morale entre la démocratie canadienne et l’autoritarisme chinois. Comme si les fins — la croissance économique et la création de la richesse — pouvaient justifier les moyens, telle la suppression des libertés fondamentales.

Pourtant, pour une communauté d’affaires désireuse d’accroître ses échanges commerciaux avec la Chine, la déclaration de M. Trudeau fut un premier signal que l’élection des libéraux allait inaugurer une nouvelle ère dans les relations sino-canadiennes après une décennie improductive sous Stephen Harper. Ce dernier avait fameusement déclaré après son élection en 2006 que le Canada n’allait pas compromettre ses valeurs « au nom du dollar tout-puissant » en faisant abstraction des violations chinoises des droits de la personne simplement afin d’accroître le commerce.

Il faut dire que la méfiance de M. Harper envers la Chine était fondée sur sa conception manichéenne du monde. Pour M. Harper, la Chine ne méritait pas d’être traitée sur un pied d’égalité avec les pays démocratiques puisque son régime communiste était prêt à tout faire pour assurer la suprématie chinoise sur l’Occident. Défenseur du libre marché, M. Harper était surtout critique des entreprises chinoises contrôlées directement ou indirectement par l’État et du rôle qu’elles jouaient dans l’élargissement de l’influence du gouvernement chinois dans les affaires de nombreux pays sous-développés qui dépendaient de leurs investissements.

M. Harper a bien sûr dû modérer son discours envers la Chine pendant son dernier mandat, alors qu’il y voyait une destination future pour le pétrole canadien. Mais ce n’est qu’avec l’élection de M. Trudeau en 2015 que les relations sino-canadiennes ont connu un véritable dégel, qui avait amené les deux pays à annoncer un an plus tard des discussions préliminaires en vue de négociations d’un accord de libre-échange. C’était une grande victoire de propagande pour la Chine, puisqu’un tel accord, son premier avec un pays du G7, lui accorderait une légitimité en tant que partenaire économique en bonne et due forme de l’Occident. « Alors qu’il était premier ministre, mon père, Pierre Elliott Trudeau, a joué un rôle important pour établir un partenariat entre nos deux pays, a déclaré M. Trudeau lors de sa visite en Chine en 2016. Je suis donc très heureux de poursuivre dans cette voie aujourd’hui. »

À peine deux ans plus tard, il faut dire que les relations sino-canadiennes sont dans un pire état que sous M. Harper. M. Trudeau s’est trompé royalement en pensant que le désir de la Chine de signer un accord de libre-échange allait permettre au Canada d’imposer ses conditions. Le premier ministre est rentré bredouille de la Chine en 2017, après avoir insisté sur l’inclusion des droits des femmes et des minorités dans toute négociation en vue d’un tel accord.

Au bout du compte, la renégociation de l’accord de libre-échange avec les États-Unis et le Mexique a mis fin au rêve de M. Trudeau de signer une entente avec la Chine. Le gouvernement de Donald Trump a insisté sur l’inclusion dans le nouvel accord entre les trois pays d’une clause obligeant le Canada à informer ses partenaires s’il entreprend des négociations en vue d’une entente de libre-échange avec un pays ne faisant pas partie de l’économie de marché. Si ce n’est pas officiellement un veto américain sur tout accord sino-canadien, c’est tout comme.

Depuis un mois, ce qui restait de la stratégie du gouvernement Trudeau de faire du Canada un partenaire privilégié de la Chine a été réduit en miettes avec l’arrestation de la chef financière de la géante chinoise de la haute technologie Huawei, Meng Wanzhou, à Vancouver. Si la cour canadienne ne rejette pas la demande d’extradition des États-Unis sur la base d’allégations de violation des sanctions contre l’Iran, ce sera au gouvernement de Trudeau de donner suite ou non à la requête américaine — possiblement au moment même où il devrait interdire aux firmes de télécommunications canadiennes de faire affaire avec Huawei dans la construction de leurs réseaux 5G. Les services de renseignement de nos alliés sont unanimes, ou presque, à affirmer qu’une telle interdiction est nécessaire pour des raisons de sécurité nationale, le risque d’une collecte de données inappropriée ou carrément de cyberespionnage étant trop grand. Jusqu’ici, le gouvernement Trudeau n’a pas voulu se prononcer dans ce dossier épineux, mais le moment de vérité approche et les relations sino-canadiennes en sortiront encore plus amochées.

La détention arbitraire d’au moins deux Canadiens en Chine, en guise vraisemblablement de réplique à l’arrestation de Mme Meng (qui a été libérée sous caution à Vancouver en attendant le résultat du processus d’extradition), aura finalement permis à M. Trudeau de voir le régime chinois pour ce qu’il est. Mais après avoir si longtemps porté des lunettes roses, le premier ministre ne sait plus comment gérer une situation qui risque de faire très mal au Canada.

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J’ai peur du projet de loi 59

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Le projet de loi 59 qui vient modifier le régime québécois de santé et de sécurité du travail ne reçoit pas l’attention médiatique et populaire qu’il mérite. Cela n’est pas surprenant, considérant que nous sommes en crise pandémique et que les regards sont malheureusement tournés ailleurs, vers d’autres dossiers qui semblent plus urgents. J’ai donc décidé de prendre ma plume afin de sensibiliser la population du Québec sur cette réforme qui avance rapidement, juste sous son nez. Je l’écris d’emblée: oui, j’ai peur du projet de loi 59. En fait, j’ai peur que ce projet de loi jette indirectement bon nombre de Québécois et de Québécoises dans une abjecte pauvreté.

La peur que j’éprouve est une crainte rationnelle qui est bel et bien fondée sur de solides et crédibles témoignages. Parmi les témoignages que j’ai eu la chance d’entendre se trouve celui de monsieur Richard Dussault.

Pour résumer simplement ce qu’il a vécu, monsieur Dussault a subi un grave accident de travail en 2013 et la CNESST lui a refusé les traitements dont il avait besoin. Pour ajouter à son malheur, il s’est vu obligé de chercher un emploi qu’il était réalistement incapable d’accomplir. Il a vécu cet enfer trois longues années de sa vie, jusqu’au moment où en 2016 un tribunal est finalement venu trancher: la CNESST avait posé un «diagnostic» qui n’était pas le bon. Ainsi, après tout ce brouhaha administratif, le type d’emploi qu’on cherchait à imposer à monsieur Dussault n’était effectivement pas adapté à sa condition médicale et il avait droit à une pleine compensation pour l’ensemble de ses maux. Quel est le problème, me direz-vous? Voilà une histoire qui finit bien! Mais cette histoire de résistance courageuse et déterminée aurait très bien pu mal se terminer…

Si elle s’était déroulée après l’adoption du projet de loi 59 tel qu’il est actuellement formulé, monsieur Dussault aurait eu bien plus de difficultés à faire valoir ses droits. Piégé dans un dédale administratif où les «diagnostics» de la CNESST sont grandement renforcés et incapable d’occuper un emploi qu’on tente vainement de lui imposer – sans égards à sa condition médicale réelle – monsieur Dussault aurait dû se tourner vers l’aide sociale, les banques alimentaires et vivre dans une pauvreté que personne ne mérite.

Vous comprenez maintenant pourquoi j’ai peur du projet de loi 59. J’ai peur qu’il y ait des milliers de citoyens et de citoyennes du Québec qui se trouvent dans la même situation que monsieur Dussault, mais avec des moyens très réduits pour défendre leur droit à vivre dignement suite à un accident de travail.

Si rien n’est fait afin de modifier le projet de loi 59, ces personnes seront coincées entre la CNESST qui appliquera trop souvent ses nouveaux pouvoirs à la lettre et un marché de l’emploi qui les rejettera de facto.

Sans égards à leurs années de travail au sein de notre société, ces personnes seront condamnées à la pauvreté. Elles seront exclues, avalées par une machine administrative qui ne montre aucune empathie et qui perçoit la contestation comme un frein à son «efficacité».

Alors, je pose la question: est-ce un Québec appauvri que nous souhaitons donner en héritage avec le projet de loi 59?

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La protection de nos enfants, c’est aussi l’affaire du municipal

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Ça prend tout un village pour protéger un enfant…»

Le 12 février 2020, la Municipalité de Fortierville soulignait le 100e anniversaire du décès tristement célèbre d’Aurore Gagnon «l’enfant martyre». De par sa grande médiatisation, cette histoire a marqué le Québec de l’époque et demeure, encore aujourd’hui, ancrée dans l’imaginaire collectif.

Malheureusement, loin de n’être qu’un mauvais souvenir, les histoires d’enfants maltraités sont encore (trop) nombreuses. Au moment où vous lisez ces lignes, des centaines d’enfants subissent de mauvais traitements dans l’anonymat le plus complet.

Le drame de la fillette de Granby a agi comme un électrochoc.

De ce drame découle la mise en place de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse sous la présidence de Mme Régine Laurent dont le Rapport et les recommandations seront rendus publics lundi.

Un enfant qui subit de la maltraitance restera toujours un cas inacceptable, un cas de trop.

Un enfant qui subit de la maltraitance devrait pouvoir compter sur les adultes qui l’entourent que ce soit à l’école, au service de garde, à la bibliothèque ou dans son milieu de vie.

Nous devons tous être attentifs comme le souligne la campagne de sensibilisation lancée par le gouvernement sur les signes de détresse et de maltraitance que pourrait vivre ou subir un enfant.

Les municipalités ont le pouvoir de poser des actions concrètes pour créer une culture de bienveillance dans nos milieux. Ainsi, à titre de gouvernements de proximité, les municipalités ont un rôle à jouer dans la mise en place d’un milieu de vie sécuritaire, où prendre soin les uns des autres est un réflexe naturel.

C’est pourquoi nous souhaitons rappeler aujourd’hui le projet de Charte municipale pour la protection de l’enfant, initiée par la Municipalité de Fortierville en collaboration avec Espace MUNI et la Fédération québécoise des municipalités (FQM), qui fut lancée le 7 avril dernier. La présence de la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Mme Andrée Laforest, du ministre de la Famille, M. Mathieu Lacombe, ainsi que du ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, M. Lionel Carmant, tout au long de notre événement de lancement ainsi que le communiqué de presse qu’ils ont produit soulignant cette initiative démontre bien toute l’importance de ce geste posé par le milieu municipal.

La Charte s’appuie sur quatre grands principes qui définissent ce qu’est une municipalité bienveillante envers ses enfants. Ainsi, une municipalité bienveillante propose à l’enfant un milieu de vie où il pourra s’épanouir en toute sécurité, elle est à son écoute en lui offrant des lieux et des occasions pour qu’il s’exprime librement et en toute confiance, elle s’assure que les ressources d’aide et de soutien sont connues. Cette municipalité valorise le vivre-ensemble et l’entraide.

La ratification de la Charte est une occasion pour les municipalités de poser formellement leur engagement.

Agir pour la protection de nos enfants c’est accroître le sentiment de sécurité des enfants dans les lieux publics, c’est favoriser la mise en place de lieux protecteurs ou de processus d’accueil et d’intervention pour des enfants réclamant du secours, c’est la mise en place d’espace de consultation accessible et adapté aux enfants, c’est tenir informer les citoyens des signes de maltraitance pour les sensibiliser à exercer un rôle de vigilance, c’est aussi de soutenir les initiatives du milieu contribuant au développement et à l’épanouissement des enfants.

Nous réitérons notre invitation à toutes les municipalités du Québec à adopter la Charte municipale pour la protection de l’enfant qui par ce geste, s’engagent à contribuer à l’effort collectif afin d’assurer un filet protecteur autour de ceux qui nous sont les plus chers, nos enfants.

Soyons protecteurs pour que ni la triste histoire de la petite Aurore ni celle de la petite fille de Granby ne se reproduisent plus jamais.

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Crise du logement : le Parti libéral du Québec en mode solutions

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Malheureusement, le gouvernement de la CAQ de François Legault refuse encore de reconnaître la crise du logement. Non seulement il n’a aucune idée du coût réel des loyers, mais il s’en remet à une autorégulation du marché immobilier. Cette totale déconnexion de la réalité empêche la CAQ de voir clair et de trouver des solutions pour les familles québécoises. 

Au Parti libéral du Québec, notre approche est toute autre. Nous avons fait de l’habitation une priorité et nous sommes en mode solutions. Au cours des derniers mois, nous étions sur le terrain et à l’écoute, notamment lors des consultations tenues dans le cadre de la Charte des régions. Les intervenants du monde municipal, les organismes, les experts et les citoyens nous ont tous inspirés par leurs commentaires.

Pour bien saisir la crise du logement, nous croyons qu’il faut s’attarder aux trois grands axes incidents, soit l’accès à la propriété, le logement abordable et le logement social. Ce dernier point est important. Nous sommes bien sûr en faveur d’une augmentation importante du nombre de logements sociaux disponibles. Cependant, cette solution ne suffira pas à elle seule pour régler la situation. Il faut s’assurer que des logements, en bon état et à prix raisonnable, sont disponibles pour tous. Il faut aussi créer un environnement favorable pour que les ménages qui souhaitent acquérir une propriété puissent le faire, sans y passer tous leurs revenus. C’est en agissant sur ces trois axes que nous pourrons traverser la crise. 

Dans le débat actuel, nous parlons beaucoup de la situation à Montréal et c’est normal, la situation y est particulièrement critique. Le retour des campements en est un signal. Cependant, la crise ne se limite pas à notre métropole. L’ensemble de nos régions vivent les contrecoups de la surchauffe immobilière et de la hausse des prix des loyers. Chaque jour, nous entendons des cris du cœur de gens de Québec, de Gatineau, de Sherbrooke et de Saguenay qui craignent le 1er juillet. Il faut également considérer les réalités régionales.  

Dans les prochains jours, nous formulerons des propositions concrètes au gouvernement caquiste en matière d’habitation et de logement. Nous espérons que, d’ici là, François Legault voit la lumière, qu’il reconnaît la crise du logement et qu’il accepte de travailler de façon constructive avec nous pour mieux soutenir les Québécoises et les Québécois. 

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