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L’abécédaire de Dany Boon

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VIDÉO – Connu et aimé dans le monde entier par ses films, il revient sur scène dans une comédie férocement drôle et très humaine de Sébastien Thiéry. Au Théâtre Antoine (Xe), Huit euros de l’heure est mis en scène par Stéphane Hillel. Le comédien retrouve une des camarades de ses débuts, Valérie Bonneton. Ce contemporain phénoménal a accepté d’être le rédacteur en chef du premier Figaroscope de 2019.

Allons vite! Comme lui! C’est l’un des esprits les plus vifs que l’on connaisse. Une intelligence éblouissante, aiguë, fraternelle. Une intelligence enveloppée d’une humanité heureuse. Il rayonne. Il est la simplicité même. Accessible. Trouvant toujours le temps de s’intéresser aux autres. Père, artiste, homme d’affaires très responsable, prenant sans cesse des décisions. Mais le gamin est toujours là, cœur grand comme ça, petit garçon qui pense toujours à sa maman et loue toutes les personnalités, connues ou non, qui ont éclairé son chemin. Un être humain hors normes. Un grand homme qui se passionne pour le savoir. Qui apprend sans cesse. Qui comprend tout. Qui accueille, qui invente, qui répète qu’il doit tout à sa mère puisque sa vocation est née parce qu’il voulait la faire rire. Le succès planétaire ne l’a pas changé: il a une sacrée force d’âme, Dany. Et un sens profond de la discipline. Il a beaucoup aimé la pièce de Sébastien Thiéry à la lecture, et adoré en approfondir la force comique sous la direction de Stéphane Hillel, qui sait parfaitement laisser se développer le rire, tout en laissant affleurer ce qu’il y a de bienveillance chez Sébastien Thiéry, par-delà l’acidité de l’encre et l’énormité des situations. Tout ce que Valérie Bonneton, qui joue son épouse, Dany Boon lui-même, Jorge Calvo, Antonio Buil, Maria Rodriguez se préparent à vous offrir.

A comme Armentières

Je suis né à Armentières, j’y ai grandi. Une enfance pauvre mais heureuse. On se contentait du peu que l’on avait. La devise de la ville est «Pauvre mais fière». Elle dit bien l’état d’esprit des gens, modestes, mais accueillants. Dans les corons, aucune porte n’était jamais fermée à clé, même pas la nuit. Cette devise a été abandonnée il y a quinze ans au profit d’une formule qui ne veut rien dire: «L’alliance des caractères».

B comme Brel

Lorsque j’ai fait mes études à l’école Saint-Luc de Tournai, en Belgique, j’ai appris que jeune, Jacques Brel livrait à l’école les rames de papier à dessin que ses parents fabriquaient. À 16 ans, j’ai joué sur la scène de l’auditorium de la ville et j’ai pensé à lui, bien sûr, comme bien plus tard, la première fois que j’ai été à l’affiche de l’Olympia. C’était en 1995-96, c’était encore le «vrai» Olympia. Il n’avait pas été démoli et reconstruit… Les fantômes étaient là.

Avec Charles Aznavour lors de l'enregistrement de l'émission <i>Hier encore</i>, à l'Olympia, le 8 janvier 2014.
Avec Charles Aznavour lors de l’enregistrement de l’émission Hier encore, à l’Olympia, le 8 janvier 2014. Stephane ALLAMAN/SIPA/Stephane ALLAMAN/SIPA

C comme Charles Aznavour

J’aime le poète, l’auteur, le chanteur, l’acteur. Je l’ai rencontré chez Line Renaud, lors d’un dîner. Il m’a pris à part et m’a parlé de mon film Bienvenue chez les Ch’tis. Il m’a dit combien faire rire était une chance. Il a vu mon dernier spectacle à l’Olympia et moi son dernier récital à Los Angeles. J’ai beaucoup aimé cet homme avec qui on buvait du bon vin et qui était profondément humain et accessible, simple comme ma mère. Et il y a des chansons de lui que j’admire plus que tout. Ainsi Paris au mois d’août: «Balayé par septembre. Notre amour d’un été/ Tristement se démembre/ Et se meurt au passé/ J’avais beau m’y attendre/ Mon cœur vide de tout/Ressemble à s’y méprendre/ À Paris au mois d’août.» J’aime aussi particulièrement La Bohème.

D comme Dick Annegarn

J’ai découvert adolescent ce Hollandais élevé en Belgique. Il a beaucoup influencé les années 1970. Il avait du succès, mais il ne supportait pas d’être au Top 50. J’aime son univers. J’ai enregistré une chanson avec lui. Elle s’intitule Dans le trou… Or, c’est dans les airs que nous l’avons enregistrée! Nous sommes allés à trente kilomètres au sud de Toulouse. Il était quatre heures du matin. Dans un champ, à l’aube, nous attendait une montgolfière… C’était extraordinaire, très beau, mais évidemment, il fallait couper les brûleurs pour enregistrer… Nous avons fait cela dans le cadre d’un festival de poésie, à Toulouse.

E comme enfant

J’ai toujours été très conscient de ma responsabilité de père. Bien sûr, les exigences de mon métier ne m’ont pas toujours permis d’être présent au long cours, mais je n’ai jamais lâché le fil… Quatre garçons, une fille, une grande fratrie avec deux aînés qui s’orientent vers la musique. L’un, qui a 19 ans, suit les cours d’une école d’art de Los Angeles, l’autre, 21 ans, est à Paris, à l’American School of Music. Les autres sont adolescents, 12 et 13 ans, ils suivent leur scolarité normalement. Quant à la dernière, 8 ans, ma fille, évidemment, elle m’attendrit particulièrement…

E comme ennui

Je dis E comme enfant, et E comme ennui! Avec mes enfants, j’ai instauré les journées de l’ennui… Des journées où l’on se passe d’un programme précis, où l’on ait pas d’obligations, de rendez-vous, de cours, de télé, de jeux vidéo, etc. Des journées qui fassent la part au rêve, à l’inactivité, à l’imagination… Pour moi, cette vacance, ces moments suspendus que l’on pouvait appeler «ennui», ont été le terreau de ma créativité.

F comme famille

Étant l’aîné dans une famille pauvre, j’ai tout de suite été conscient de mes responsabilités. J’ai compris confusément quelles étaient les difficultés qu’avaient à affronter mes parents, et ma mère, particulièrement. Elle était rejetée par sa propre famille: je suis né hors mariage, ma mère avait 17 ans et mon père était kabyle… J’ai été très heureux dans mon enfance, mais je n’ai pas connu ce que l’on nomme l’insouciance de l’enfance. Ma mère, je le sentais bien, était confrontée à une forte agressivité extérieure. Je ne comprenais pas cette agressivité. Je voulais faire rire ma mère. Il y avait là quelque chose comme une réparation. Elle était très jeune, mais elle était très responsable, très protectrice et moi j’ai essayé d’être mature et protecteur, toujours…

<i>La Promesse de l'aube</i>, de Jules Dassin, avec Melina Mercouri et Didier Haudepin (1971).
La Promesse de l’aube, de Jules Dassin, avec Melina Mercouri et Didier Haudepin (1971). Rue des Archives/©Rue des Archives/Collection CSF

G comme Romain Gary

J’aime beaucoup l’écriture, le style de Romain Gary. J’aime aussi les histoires qu’il raconte. J’ai beaucoup aimé lire La Promesse de l’aube, livre que j’ai retrouvé par le cinéma, le film de Jules Dassin avec Melina Mercouri et l’enfant qui est incarné par trois comédiens différents. On dira que je suis sensible à ces relations mère-fils qui sont fondatrices… De Gary, je suis passé à Albert Cohen et je tiens Le Livre de ma mère comme l’un des textes qui m’ont le plus touché…

G comme Guillaume Gallienne

Je viens de tourner avec lui dans une adaptation du Dindon de Georges Feydeau. Je l’admirais auparavant, ce moment ensemble m’a confirmé dans tous mes élans. Il joue Pontagnac et moi, René Vatelin.

H comme Christian Hecq

J’ai une profonde admiration pour Christian Hecq, le comédien, le metteur en scène, l’artiste audacieux. Le clown. Je vais souvent à la Comédie-Française et si je cite Guillaume Gallienne et Christian Hecq, j’apprécie beaucoup toute la troupe.

I comme Icare

Petit, j’avais un rêve récurrent, je rêvais que je volais… Je parle d’un «vrai» rêve. Plus tard, j’ai commencé à apprendre à piloter des avions de tourisme, des hélicoptères. Il y a un lieu qui me fascine, c’est le Musée volant Salis, à Cerny-La Ferté-Alais. C’est Jean-Baptiste Salis, le fils de Jean Salis, qui fut un pionnier de l’aviation, qui le dirige aujourd’hui. J’ai connu Jean-Baptiste sur le tournage du Volcan, un film avec Valérie Bonneton, justement… Il faisait des numéros de voltige et il m’a d’ailleurs parfois entraîné avec lui dans les airs à la Ferté-Alais. C’est un lieu extraordinaire, avec une collection fascinante: l’avion de Blériot, et les répliques qui ont servi à Jean, puis à Jean-Baptiste à traverser à leur tour la Manche. Une collection impressionnante.

J comme Jean-Luc Jeener

Mon premier article, c’est lui, Jean-Luc Jeener! Je jouais au Lucernaire. J’avais déjà écumé pas mal de cafés-théâtres, de petites salles… À l’époque, on attendait Jean-Luc Jeener, car il était l’un des rares critiques – et il le demeure – à s’intéresser à des inconnus et à aller, ici et là, à la découverte de jeunes artistes. Cet article, publié en décembre 1992, a été déterminant pour moi. Ma mère, qui a toujours découpé tout ce qui me concernait, l’a bien sûr conservé. Le spectacle s’intitulait: Tout va bien, je vais bien. Jean-Luc Jeener disait: «Le type respire l’intelligence. Et certains de ses sketches sont incroyablement drôles.» Il concluait: «Bref, pour les fêtes, Danyboon fait boom!» C’était le titre de l’article. À l’époque, c’est ainsi que j’écrivais mon nom…

K comme Philip K. Dick

Il m’a fait aimer la lecture. Adolescent, j’ai beaucoup aimé cette littérature d’anticipation. De la fin des années 1970 aux années 1980, j’ai dévoré ses livres et me suis aventuré du côté d’autres écrivains d’anticipation, comme Isaac Asimov, par exemple dont j’ai lu les nouvelles. J’ai aussi aimé beaucoup, entre autres textes, 1984 d’Orwell et Fahrenheit 451 de Ray Bradbury.

L comme lire

Les livres occupent une place centrale dans ma vie, ils sont constitutifs de ce que j’ai appris, de ce qui m’a fait progresser et cela continue. J’essaie de transmettre ce goût de la lecture, cette curiosité pour la lecture à mes enfants. Et lorsque j’arrive à leur faire lire un livre, je leur dis, après: «Mais qu’est-ce que tu as? Tu as un regard intelligent! C’est incroyable!»

David KOSKAS/Collection Christophel

L comme Line

Line, l’intelligence, le talent immense, la générosité, l’amour. Il faudrait des pages pour parler d’elle comme elle le mérite. Elle est une référence constante dans ma vie, dans mon travail, une amie merveilleuse. Ma mère et elle ont un lien très particulier, très profond et, lorsque je reste quelques jours sans faire signe à ma maman, elle appelle Line et lui dit: «Daniel (elle m’appelle Daniel, toujours) ne m’a pas téléphoné depuis trois jours…» Une sacrée amitié! Je l’aime comme une mère.

Line Renaud (ci-dessus) et sa mère (ci-contre): deux femmes exceptionnelles dans la vie <br/>de Dany Boon.
Line Renaud (ci-dessus) et sa mère (ci-contre): deux femmes exceptionnelles dans la vie
de Dany Boon. Franck CRUSIAUX /GAMMA/G2

M comme maman

Comme vous le constatez, presque toutes les entrées de cet abécédaire renvoient à elle, passent par elle. C’est une femme exceptionnelle, d’un courage extraordinaire et je lui dois tout, à commencer par mon destin, car ma vocation a démarré avec l’envie de la faire rire.

M comme François Morel

Je suis très heureux que ce comédien, auteur, chroniqueur à la radio, ait composé: J’ai des doutes. Moi, je n’en ai aucun, des doutes: je sais tout ce que cela apporte à la mémoire de Raymond Devos. Je suis très heureux à l’idée que le spectacle que François Morel a conçu, sur une suggestion de Jeanine Roze, à partir des textes de Raymond Devos, remette en lumière certains des sketches de cet homme unique et montre à un vaste public, dont de nombreux jeunes, à quel point jouer avec les mots, se jouer de la langue française, est un art extraordinaire! Il est très important que l’on veille à transmettre ses écrits. J’ai été très décontenancé, aux États-Unis, lorsque j’ai cherché en vain, dans plusieurs librairies, les écrits, en anglais (en français, j’en avais lu certains) de Woody Allen.

Et maintenant, on va où?,de Nadine Labaki (2011).
Et maintenant, on va où?,de Nadine Labaki (2011). © Pathe films / DR

N comme Nadine Labaki

J’aime le cinéma de cette artiste libanaise. Je l’ai découverte avecCaramel, il y a maintenant une dizaine d’années et, lors du dernier Festival de Cannes, elle a obtenu le prix du Jury avec Capharnaüm, film qui a été très diversement accueilli. De tous les films de Nadine Labaki, celui que je peux revoir sans cesse, sans me lasser, en étant toujours aussi ému, saisi par la force et de l’histoire et de la manière dont elle est racontée, c’estEt maintenant, où on va?. Il se passe dans un petit village libanais et il a quelque chose de presque fellinien. Les premières séquences font penser au cinéma italien, avec une vitalité, un humour, une manière de filmer avec des images très fortes. Les femmes du village perdent et leurs maris et leurs frères et leurs fils, qui s’entre-tuent. Alors les chrétiennes deviennent musulmanes et les musulmanes se convertissent elles aussi. On les voit, en une chorégraphie bouleversante, arriver au cimetière: «Et maintenant, on va où?»

O comme Gérard Oury

Pour moi, il est une référence. D’abord parce qu’il a résisté et jamais fait de suite à ses films! Surtout, c’est un artiste qui a su faire rire des publics très larges. Enfant, adolescent, je découvrais ses films à la télévision. J’ai des souvenirs extraordinaires de ses plus célèbres longs-métrages,La Grande Vadrouille, évidemment, qui date de 1966, l’année de ma naissance… et tous les autres, L’As des aset compagnie. Par ces films, j’ai eu accès à des comédiens exceptionnels qui faisaient du rire une noble mission. Cela a été très important dans ma formation. Aujourd’hui, je revois ces films, avec mes amis, avec mes enfants et son humour demeure d’une efficacité impeccable. J’ai eu la chance de le connaître un peu. Il m’avait vu dans un de mes sketches alors que j’étais invité chez Patrick Sébastien. Il est venu me voir sur scène et il m’avait complimenté, disant que ce qui était bien était qu’il y avait des textes, mais aussi la clownerie…

P comme Peter Brook

On peut aimer et admirer et Gérard Oury et Peter Brook. Oui! Lorsque j’étais au cours Simon, nous avions des invitations pour les spectacles des Bouffes du Nord. Paradoxalement, j’avais déjà joué, mais je n’étais jamais allé au théâtre, comme spectateur. J’ai vu Le Mahabharata, mais j’ai surtout vu, et cela m’a marqué, deux versions de La Tempête. La première, en vidéo, et l’autre, aux Bouffes. Et j’ai été saisi par la différence de traitement de La Tempête, justement. Comment, avec le temps, Peter Brook était parvenu à une épure, un geste pur et simple des comédiens, qui oscillaient sur le plateau, comme sur un bateau dans la houle… J’ai eu de grandes émotions, aux Bouffes du Nord. La première fois que j’y suis allé, je me suis trouvé assis à côté de Michel Piccoli… J’étais tétanisé! Mes premières grandes émotions de théâtre, c’est là. Plus tard, aux États-Unis, j’ai retrouvé un comédien d’Afrique du Sud qui a travaillé avec Peter Brook aux Bouffes du Nord, John Kani.

Raymond Devos sur scène en avril 1988.
Raymond Devos sur scène en avril 1988. Claude Delorme/UNIVERSAL MUSIC FRANCE

R comme Raymond Devos

J’ai eu la chance de rencontrer cet homme de génie et d’avoir une relation privilégiée, familiale avec lui. La première fois que j’ai eu la chance de l’approcher vraiment c’était en 1994. Je jouais Je vais bien, tout va bien. J’avais été nommé aux Molières. Je m’étais rendu à la soirée, un peu intimidé. Jean-Claude Brialy me l’avait assuré. «Tu verras, m’avait-il dit, le théâtre est une jolie famille», et j’étais heureux à l’idée d’entrer dans une famille choisie. Or, ce soir-là, rien ne s’est bien passé, le sketch que j’ai joué sur scène n’a pas plu, et j’ai très difficilement vécu cette soirée. Après, il devait y avoir un dîner au Fouquet’s, mais je n’avais aucune envie d’y aller. Raymond avait reçu un Molière d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. Il me dit: «Allons chez Lipp!» Et là, chez Lipp, j’ai vu Raymond, qui était en smoking, prendre une serviette et se mettre à servir! Il m’a beaucoup appris et je continue d’écouter ses sketches, sa voix. Il éveille des zones endormies de notre cerveau, il nous rend intelligents.

S comme savoir

Savoir au lieu d’avoir. Il est bien plus essentiel de s’enrichir de ce qui nous entoure plutôt que de vouloir posséder à toute force. Évidemment, aujourd’hui, cela peut paraître risible que je m’exprime ainsi: mais c’est ma vérité depuis toujours et j’essaie de transmettre cela à mes enfants. Je suis conscient d’avoir eu une grande chance dans mes années d’apprentissage: une carte de bibliothèque et l’on avait accès aux livres et l’on découvrait le monde par la lecture. Jeune, j’ai pu prendre des cours de dessin et des cours de guitare, gratuitement et cela m’a donné des bases formidables!

Retrouvailles avec Valérie Bonneton, à l'affiche de Huit euros de l'heure, de Sébastien Thiéry.
Retrouvailles avec Valérie Bonneton, à l’affiche de Huit euros de l’heure, de Sébastien Thiéry. PASCALITO

T comme Sébastien Thiéry

Huit euros de l’heureest une comédie comme sait les composer Sébastien Thiéry: très féroce, mais, par-delà la cruauté des situations, la manière brutale dont semblent être traités certains personnages, très humaine. C’est ce qui m’a le plus frappé lorsque j’ai lu la pièce. Il sourd de l’ensemble une attention lucide à l’humain. Évidemment, le premier plaisir, avec ce retour au théâtre dans une comédie, est de retrouver Valérie Bonneton: on peut dire que l’on a débuté ensemble! Au Berry-Zèbre, boulevard de Belleville, dans un lieu qui a failli disparaître, deux ans plus tard, en 1994… À l’époque, Valérie sortait du conservatoire – où était d’ailleurs entré, un an après elle, Sébastien Thiéry – et nous avons joué La La Love You de Delphine Majoral.

T comme Laurent Terzieff

Dans le monde du théâtre, il a été un modèle. Nul n’a oublié sa formule, parlant du théâtre public et du théâtre privé. C’était lors d’une soirée des Molières: «Le théâtre n’est pas ceci ou cela, il est ceci et cela.» Nous devrions tous nous en souvenir. Il a fait beaucoup de cinéma, et on le revoit souvent, avec son visage très russe, son regard fiévreux. Lorsque j’étais au cours Simon, nous avions parfois des cours à l’Atelier et lui y répétait. Je le croisais dans les couloirs, dans l’escalier étroit. J’étais très impressionné. Il avait cette voix, unique et belle. Une voix qui servait les dramaturges, mais aussi et surtout les poètes… Je n’oublierai jamais un de ces spectacles qui s’intitulait Une heure avec Rilke et qu’il donnait avec Claude Aufaure, avec sa femme Pascale de Boysson. C’était magnifique.

V comme Francis Veber

J’ai grandi avec ses films. J’aime beaucoup son écriture, son humour. Il a un immense talent et il est d’une grande drôlerie. J’ai eu la grande chance de travailler avec lui, puisque j’ai joué Le Dîner de cons… Ses films, ce sont aussi tous ces comédiens: Pierre Richard, Gérard Depardieu, Jacques Villeret, des personnalités qui vous apprennent beaucoup, rien qu’en les regardant.

W comme Billy Wilder

Je passe beaucoup de temps à visionner des films. J’ai appris beaucoup en regardant les œuvres des grands réalisateurs. Je regardais le «Ciné Club» de la troisième chaîne et j’ai découvert, jeune, les films de Billy Wilder. Il faut aussi le lire! Il dit par exemple que, lorsque l’on n’arrive pas à terminer un film, il faut aller voir au début et que c’est là, souvent, que sont les solutions… J’ai bien sûr également découvert les films de Frank Capra, comme ceux de Sacha Guitry, de Jean Renoir, de Jacques Tati. Tant d’autres, de Hitchcock à Orson Welles en passant par la Nouvelle Vague. Je revois sans cesse ces films. Ces derniers temps, j’ai revu La Poisonde Guitry, construit d’une manière si extraordinaire etLa Fin du jour de Julien Duvivier qui m’a complètement bouleversé d’autant qu’il y est question de vieux acteurs.

Z comme zygomatique

Sans ce muscle, je ne serais rien.

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100 emplois en péril au centre de contrôle du CN

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Le Canadien National (CN) fermerait son centre de contrôle ferroviaire à Montréal afin de centraliser ses opérations en Alberta, déplore le syndicat Teamsters Canada.
Une centaine de postes de contrôleurs de circulation ferroviaire seraient ainsi transférés dans l’ouest du pays.

«L’entreprise a déjà commencé le transfert d’une vingtaine de postes à Edmonton. Les travailleuses et travailleurs en question venaient tout juste d’être transférés de Toronto à Montréal cette année», a soutenu le syndicat dans un communiqué.

En entrevue à TVA Nouvelles, Christopher Monette, directeur des affaires publiques de Teamsters Canada, a indiqué que le CN est en train de déraciner des familles à l’autre bout du pays.

«Certaines de ces familles venaient tout juste de trouver une école ou une garderie pour leurs enfants à Montréal. On ne peut pas jouer de la sorte avec la vie des gens», a précisé le président de Teamsters Canada, François Laporte.

La majorité des contrôleurs ferroviaires au pays, donc quelque 200 contrôleurs qui travaillent pour le CN, est représentée par la Conférence ferroviaire de Teamsters Canada (CFTC). Leur rôle est de coordonner les mouvements ferroviaires, un peu comme le font les contrôleurs aériens. Ils protègent également les travailleurs sur les voies ferrées.

Le président de la CFTC, Lyndon Isaak, est d’avis que «le CN va probablement perdre des contrôleurs chevronnés et leur connaissance du réseau ferroviaire, ce qui pourrait mettre en danger les cheminots, les préposés à l’entretien des voies et le public en général».

De son côté, la direction du CN a expliqué que «pour des raisons d’efficacité et de gestion, il a été décidé que les opérations pour le nord de l’Ontario seraient contrôlées d’Edmonton à partir du printemps 2020».

«Il faut noter que ce bureau (Nord de l’Ontario) est à Montréal que depuis tout récemment puisque le CN évalue constamment ses besoins et prend des décisions sur une base opérationnelle et continue, a-t-on ajouté. Moins d’une quinzaine d’employés sont touchés par ce changement.»

L’entreprise a ajouté qu’il y avait des discussions avec le syndicat pour déterminer les modalités des relocalisations, assurant que «les employés ne désirant pas être relocalisés auront droit aux bénéfices prévus à leur convention collective».

Rappelons qu’en raison d’un ralentissement de l’économie nord-américaine, le CN a confirmé le mois dernier qu’il procède à des mises à pied au sein de ses effectifs. L’entreprise basée à Montréal n’a toutefois pas voulu confirmer les informations du «Globe and Mail» voulant que 1600 travailleurs soient mis au chômage.

Par ailleurs, l’entreprise ferroviaire a dû faire face à un conflit de travail lorsque quelque 3200 chefs de train et membres d’équipes de manœuvre du Canadien National (CN) ont déclenché une grève.

Le débrayage, qui a duré une semaine, a perturbé les activités de nombreuses industries, incluant les agriculteurs dont les livraisons de propane avaient été réduites ou même arrêtées, ce qui avait de graves conséquences sur la récolte et le séchage du grain au Québec.

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Le Canada renforce les droits des passagers aériens

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À compter de ce 15 décembre, les passagers aériens disposent de nouveaux droits en vertu du Règlement sur la protection des passagers aériens (RPPA) de l’Office des transports du Canada (OTC).

Les compagnies aériennes offrant des vols à destination/au départ du Canada doivent verser aux passagers des indemnités pouvant atteindre 1000 dollars canadiens en cas de retard ou d’annulation de vol attribuable à la compagnie aérienne (sauf pour des raisons de sécurité); fournir aux passagers des commodités en cas de retard ou d’annulation de vol attribuable à la compagnie aérienne (nourriture et boissons en quantité raisonnable; accès à des moyens de communication; et hébergement pour les retards se prolongeant jusqu’au lendemain).

De plus, les compagnies aériennes doivent prendre les mesures nécessaires pour attribuer, sans frais supplémentaires, des sièges aux enfants de moins de 14 ans à proximité de l’adulte qui les accompagne. Pour faire en sorte qu’un enfant ne soit pas assis trop loin, les parents devaient parfois payer d’importants frais de réservation de sièges. Désormais, cela n’est plus nécessaire : le règlement exige qu’un enfant de 4 ans ou moins soit assis à côté d’un parent, qu’un enfant de 5 à 11 ans soit placé dans la même rangée, séparé par un voyageur tout au plus, alors qu’un adolescent de 12 ou 13 ans ne doit pas être séparé d’un parent par plus d’une rangée.

Ces règles s’ajoutent à la charte canadienne des droits des passagers aériens (ou charte des voyageurs) qui était entrée partiellement en vigueur à l’été 2019 et qui prévoyait déjà des obligations en matière de communication claire, de surréservation, de retard sur le tarmac, de perte ou de bris de bagages et de transport d’instruments de musique.

Pour aider les passagers aériens à se retrouver dans leurs droits, l’OTC leur offre un service en ligne : il s’agit d’un guichet unique où les passagers aériens peuvent se renseigner sur leurs droits, déposer une plainte contre une compagnie aérienne et trouver des astuces pour voyager sans tracas.

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L’environnement fiscal est plus profitable aux entreprises au Canada qu’aux E. U.

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Le ministre des Finances Bill Morneau était au courant que l’environnement fiscal des entreprises ayant des activités au Canada était supérieur à celui des États-Unis _ même après les fortes réductions du gouvernement dirigé par Donald Trump _ plusieurs mois avant de donner un nouveau coup de main aux entreprises canadiennes.

L’analyse réalisée en août 2018 souligne que les réformes fiscales «avaient réduit, mais n’avaient pas éliminé» l’avantage fiscal dont jouissent les entreprises au nord de la frontière.

En novembre 2018, M. Morneau a publié un énoncé politique contenant des mesures permettant aux entreprises de passer en charge immédiate du coût total des machines et du matériel et de déduire une plus grande part du coût des biens nouvellement acquis lors de l’année pendant laquelle un investissement est effectué. Ces mesures devraient coûter 14 milliards $ sur cinq ans au Trésor public.

M. Morneau devrait présenter lundi une mise à jour qui exposera les perspectives de l’économie et des finances fédérales. Bien que peu s’attendent à des mesures comme celles annoncées dans l’énoncé économique de l’an dernier, la mise à jour dressera le tableau du budget fédéral de 2020 et devrait indiquer comment les mesures de 2018 ont été utilisées.

Les données sur l’investissement des entreprises sont mitigées depuis l’entrée en vigueur des nouvelles règles.

L’incertitude entourant le nouvel accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM) devrait disparaître lorsqu’il sera ratifié. Cela pourrait encourager les entreprises à utiliser davantage les règles d’amortissement accéléré, estime Brian Kingston,vice-président aux politiques internationale et budgétaire au Conseil canadien des affaires.

Selon lui, M. Morneau devrait toujours viser à abaisser le taux d’imposition combiné fédéral-provincial aux entreprises à 20 % par rapport au taux actuel d’un peu moins de 27 %, ce qui est supérieur à la moyenne des pays de l’OCDE.

«Quand on essaie d’attirer des capitaux en Amérique du Nord, en particulier dans un environnement protectionniste défendu par le président américain. Les entreprises veulent être à l’intérieur de la forteresse américaine. Le Canada, en tant que petite économie, a toujours un avantage sur les États-Unis pour se rendre plus attrayant.»

En juillet, le ministère des Finances a publié un document qui examinait le «taux d’imposition effectif marginal», qui tient compte des taxes provinciales et autres pour estimer le coût pour les entreprises de faire de nouveaux investissements. Le taux d’imposition effectif a servi de base à l’analyse de l’été 2018 qui a révélé que les taxes des entreprises du Canada étaient inférieures à celles des États-Unis, et pour les chiffres de la mise à jour de novembre 2018.

Le Canada est le seul pays à avoir adopté des mesures concernant l’amortissement accéléré en réponse aux réductions fiscales de M. Trump. Une vingtaine de pays ont préféré réduire le taux d’imposition des sociétés, mentionne Jack Mintz, expert en politique fiscale à l’Université de Calgary.

Les propres calculs de M. Mintz, qui tiennent compte de secteurs comme le pétrole et le gaz que le ministère laisse de côté, laissent entendre que le taux d’imposition effectif du Canada sur le capital était un peu plus élevé qu’aux États-Unis avant et après les changements de l’an dernier.

«Le leur était inférieur, affirme-t-il. Mais si c’était vraiment le cas, cela soulève des questions. Pourquoi prôner l’amortissement accéléré? C’est une mauvaise politique qui génère des distorsions.»

La décision américaine permettant l’annulation immédiate des coûts de certains équipements a été considérée comme la mesure la plus importante par les entreprises indépendantes au sud de la frontière, soutient Dan Kelly, président de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante.

La réponse du Canada a été un pas dans la bonne direction, ajoute-t-il. Mais les modifications apportées à la taxe sur les petites entreprises adoptées en 2017, la taxe fédérale sur les émissions de carbone, les augmentations des cotisations au Régime de pension du Canada pour financer ce programme ont nui aux sociétés.

«Tout cela nous a coupé l’herbe sous les pieds, dit M. Kelly. On veut stimuler l’économie d’une main, mais on la freine de l’autre. On peut ainsi comprendre pourquoi cela n’avait pas vraiment fouetté le monde des affaires.»

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Contrer les féminicides: de la considération à la préoccupation!

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