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Kurt Vonnegut a décollé du temps

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Revoici Kurt Vonnegut, que j’avais pourtant enterré en avril 2007 (« Kurt Vonnegut est tombé sur la tête », Le Devoir). Comme l’inoubliable Billy Pèlerin d’Abattoir 5 qui glissait d’une époque à l’autre comme on dérape sur une plaque de glace, voici donc, plus de vingt ans après sa parution originale, et plus de dix ans après le décès de son auteur, la version française du dernier roman de ce vieux fou, débarquant dans notre monde post-réalité qui donne parfois l’impression d’être juste une autre invention délirante issue de « l’éponge d’un kilo et demi gorgée de sang » de Kilgore Trout, l’emblématique auteur de science-fiction débile qui sert d’alter ego au Mark Twain du vingtième siècle. Dr Vonnegut, Mister Trout.

Le fil conducteur de l’oeuvre de Vonnegut est une trouvaille n’étant pas sans rappeler la posture créatrice d’un Borges qui, devant le « laborieux délire » que représentait à ses yeux l’écriture d’un roman de plusieurs centaines de pages, préférait faire comme si ce livre existait déjà, pour y greffer ses brèves fictions. Vonnegut, lui, plutôt que de consacrer toutes ses journées à coucher par écrit les centaines d’idées de nouvelles de SF toutes plus tordues les unes que les autres qui lui saturaient la cervelle, a trouvé plus simple, à un moment donné, d’en attribuer la paternité au plus brillant de tous les écrivains ratés, ce Kilgore Trout vénéré comme une loufoque divinité par tous les vonnegutiens qui se respectent.

« J’ai récupéré », écrit Vonnegut dans le prologue de Tremblement de temps (Super 8 éditions, 2018, traduit de l’américain par Aude Pasquier), « quelques-unes des milliers d’histoires qu’il a écrites entre 1931, quand il avait 14 ans, et 2001, année de sa mort […]. Hobo la plus grande partie de sa vie, il est mort au milieu du luxe, occupant la suite Ernest Hemingway de la résidence pour écrivains Xanadu, à la villégiature d’été de Point Zion, dans le Rhode Island. »

L’hommage à Hemingway semble aussi ironique que l’établissement mentionné est fictif. En fait, Vonnegut s’amuse à égratigner, d’entrée de jeu, la dernière oeuvre maîtresse de Papa, et son très gros poisson, le plus célèbre de toute la littérature,ramené à terre à l’état de squelette nettoyé par les requins. « À l’époque où la nouvelle est parue, j’habitais à Barnstable Village, au cap Cod. J’ai demandé ce qu’il en pensait à un voisin, pêcheur de son métier. Il m’a répondu que le héros était un imbécile. Il aurait dû lever les meilleurs morceaux de viande, les caler au fond de la barque, et abandonner la carcasse aux requins. » Le vieux Santiago n’y avait pas pensé… Sauf que c’est l’universelle tragédie de l’existence et non le gros bon sens qui décroche les prix Nobel de littérature. Ce pêcheur de Cape Cod était peut-être un bon critique, mais il n’était pas écrivain. « Ceci n’est pas un espadon », aurait pu lui répondre Hemingway.

À l’hiver 1996, Kurt Vonnegut a 74 ans et il a son propre espadon à combattre, « un roman qui ne [tient] pas debout, qui [ne va] nulle part et qui, pour commencer, [n’a] jamais demandé à être écrit. J’avais […] passé pas loin d’une décennie sur ce poisson ingrat. Et il n’était même pas bon à appâter les requins. […] Que faire ? Réponse : fileter le poisson, jeter le reste. »

Il est des livres qui naissent sur d’autres livres en forme d’inaccessibles étoiles dont ils colonisent les chantiers en ruine, et le dernier Vonnegut est un de ces rescapés. Écoutons-le filer la métaphore hemingwayenne : « Mon gros poisson, qui puait pas mal, était intitulé Tremblement de temps […]. Baptisons celui-ci, ragoût concocté à partir des meilleurs morceaux du précédent et mélangé à des réflexions et expériences des sept derniers mois environ, Tremblement de temps II. »

Comme c’était le cas dans Abattoir 5, on a donc une veine autobiographique s’enroulant telle la double structure de l’ADN autour d’un argument de science-fiction : un séisme temporel survenu en 2001. Après les catastrophes environnementales, voici le cataclysme chronologique : « un bug inopiné dans le continuum espace-temps obligeait tout un chacun à refaire exactement ce qu’il avait fait pendant la dernière décennie, pour le meilleur et pour le pire ».

Puisque c’est du Vonnegut, ce brouet ne peut être que roboratif, cent pour cent gras et nourrissant. Mais ici, l’exploration ludique du sens du Temps, si brillamment menée dans Abattoir 5, sent un peu le réchauffé. La dimension autobiographique n’arrive pas à sauver complètement le livre de sa tendance peut-être normale — s’agissant d’une sorte de hoquet temporel… — à tourner en rond !

Il reste le bon vieux Kilgore Trout et ses nouvelles de SF. L’une d’elles se passe sur une planète qui a environ trois fois la taille de la Terre, mais qui tourne autour d’une étoile de la grosseur d’un plomb de carabine à air comprimé, appelée Vomi. Du Trout à son meilleur.

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J’ai peur du projet de loi 59

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Le projet de loi 59 qui vient modifier le régime québécois de santé et de sécurité du travail ne reçoit pas l’attention médiatique et populaire qu’il mérite. Cela n’est pas surprenant, considérant que nous sommes en crise pandémique et que les regards sont malheureusement tournés ailleurs, vers d’autres dossiers qui semblent plus urgents. J’ai donc décidé de prendre ma plume afin de sensibiliser la population du Québec sur cette réforme qui avance rapidement, juste sous son nez. Je l’écris d’emblée: oui, j’ai peur du projet de loi 59. En fait, j’ai peur que ce projet de loi jette indirectement bon nombre de Québécois et de Québécoises dans une abjecte pauvreté.

La peur que j’éprouve est une crainte rationnelle qui est bel et bien fondée sur de solides et crédibles témoignages. Parmi les témoignages que j’ai eu la chance d’entendre se trouve celui de monsieur Richard Dussault.

Pour résumer simplement ce qu’il a vécu, monsieur Dussault a subi un grave accident de travail en 2013 et la CNESST lui a refusé les traitements dont il avait besoin. Pour ajouter à son malheur, il s’est vu obligé de chercher un emploi qu’il était réalistement incapable d’accomplir. Il a vécu cet enfer trois longues années de sa vie, jusqu’au moment où en 2016 un tribunal est finalement venu trancher: la CNESST avait posé un «diagnostic» qui n’était pas le bon. Ainsi, après tout ce brouhaha administratif, le type d’emploi qu’on cherchait à imposer à monsieur Dussault n’était effectivement pas adapté à sa condition médicale et il avait droit à une pleine compensation pour l’ensemble de ses maux. Quel est le problème, me direz-vous? Voilà une histoire qui finit bien! Mais cette histoire de résistance courageuse et déterminée aurait très bien pu mal se terminer…

Si elle s’était déroulée après l’adoption du projet de loi 59 tel qu’il est actuellement formulé, monsieur Dussault aurait eu bien plus de difficultés à faire valoir ses droits. Piégé dans un dédale administratif où les «diagnostics» de la CNESST sont grandement renforcés et incapable d’occuper un emploi qu’on tente vainement de lui imposer – sans égards à sa condition médicale réelle – monsieur Dussault aurait dû se tourner vers l’aide sociale, les banques alimentaires et vivre dans une pauvreté que personne ne mérite.

Vous comprenez maintenant pourquoi j’ai peur du projet de loi 59. J’ai peur qu’il y ait des milliers de citoyens et de citoyennes du Québec qui se trouvent dans la même situation que monsieur Dussault, mais avec des moyens très réduits pour défendre leur droit à vivre dignement suite à un accident de travail.

Si rien n’est fait afin de modifier le projet de loi 59, ces personnes seront coincées entre la CNESST qui appliquera trop souvent ses nouveaux pouvoirs à la lettre et un marché de l’emploi qui les rejettera de facto.

Sans égards à leurs années de travail au sein de notre société, ces personnes seront condamnées à la pauvreté. Elles seront exclues, avalées par une machine administrative qui ne montre aucune empathie et qui perçoit la contestation comme un frein à son «efficacité».

Alors, je pose la question: est-ce un Québec appauvri que nous souhaitons donner en héritage avec le projet de loi 59?

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La protection de nos enfants, c’est aussi l’affaire du municipal

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Ça prend tout un village pour protéger un enfant…»

Le 12 février 2020, la Municipalité de Fortierville soulignait le 100e anniversaire du décès tristement célèbre d’Aurore Gagnon «l’enfant martyre». De par sa grande médiatisation, cette histoire a marqué le Québec de l’époque et demeure, encore aujourd’hui, ancrée dans l’imaginaire collectif.

Malheureusement, loin de n’être qu’un mauvais souvenir, les histoires d’enfants maltraités sont encore (trop) nombreuses. Au moment où vous lisez ces lignes, des centaines d’enfants subissent de mauvais traitements dans l’anonymat le plus complet.

Le drame de la fillette de Granby a agi comme un électrochoc.

De ce drame découle la mise en place de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse sous la présidence de Mme Régine Laurent dont le Rapport et les recommandations seront rendus publics lundi.

Un enfant qui subit de la maltraitance restera toujours un cas inacceptable, un cas de trop.

Un enfant qui subit de la maltraitance devrait pouvoir compter sur les adultes qui l’entourent que ce soit à l’école, au service de garde, à la bibliothèque ou dans son milieu de vie.

Nous devons tous être attentifs comme le souligne la campagne de sensibilisation lancée par le gouvernement sur les signes de détresse et de maltraitance que pourrait vivre ou subir un enfant.

Les municipalités ont le pouvoir de poser des actions concrètes pour créer une culture de bienveillance dans nos milieux. Ainsi, à titre de gouvernements de proximité, les municipalités ont un rôle à jouer dans la mise en place d’un milieu de vie sécuritaire, où prendre soin les uns des autres est un réflexe naturel.

C’est pourquoi nous souhaitons rappeler aujourd’hui le projet de Charte municipale pour la protection de l’enfant, initiée par la Municipalité de Fortierville en collaboration avec Espace MUNI et la Fédération québécoise des municipalités (FQM), qui fut lancée le 7 avril dernier. La présence de la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Mme Andrée Laforest, du ministre de la Famille, M. Mathieu Lacombe, ainsi que du ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, M. Lionel Carmant, tout au long de notre événement de lancement ainsi que le communiqué de presse qu’ils ont produit soulignant cette initiative démontre bien toute l’importance de ce geste posé par le milieu municipal.

La Charte s’appuie sur quatre grands principes qui définissent ce qu’est une municipalité bienveillante envers ses enfants. Ainsi, une municipalité bienveillante propose à l’enfant un milieu de vie où il pourra s’épanouir en toute sécurité, elle est à son écoute en lui offrant des lieux et des occasions pour qu’il s’exprime librement et en toute confiance, elle s’assure que les ressources d’aide et de soutien sont connues. Cette municipalité valorise le vivre-ensemble et l’entraide.

La ratification de la Charte est une occasion pour les municipalités de poser formellement leur engagement.

Agir pour la protection de nos enfants c’est accroître le sentiment de sécurité des enfants dans les lieux publics, c’est favoriser la mise en place de lieux protecteurs ou de processus d’accueil et d’intervention pour des enfants réclamant du secours, c’est la mise en place d’espace de consultation accessible et adapté aux enfants, c’est tenir informer les citoyens des signes de maltraitance pour les sensibiliser à exercer un rôle de vigilance, c’est aussi de soutenir les initiatives du milieu contribuant au développement et à l’épanouissement des enfants.

Nous réitérons notre invitation à toutes les municipalités du Québec à adopter la Charte municipale pour la protection de l’enfant qui par ce geste, s’engagent à contribuer à l’effort collectif afin d’assurer un filet protecteur autour de ceux qui nous sont les plus chers, nos enfants.

Soyons protecteurs pour que ni la triste histoire de la petite Aurore ni celle de la petite fille de Granby ne se reproduisent plus jamais.

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Crise du logement : le Parti libéral du Québec en mode solutions

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Malheureusement, le gouvernement de la CAQ de François Legault refuse encore de reconnaître la crise du logement. Non seulement il n’a aucune idée du coût réel des loyers, mais il s’en remet à une autorégulation du marché immobilier. Cette totale déconnexion de la réalité empêche la CAQ de voir clair et de trouver des solutions pour les familles québécoises. 

Au Parti libéral du Québec, notre approche est toute autre. Nous avons fait de l’habitation une priorité et nous sommes en mode solutions. Au cours des derniers mois, nous étions sur le terrain et à l’écoute, notamment lors des consultations tenues dans le cadre de la Charte des régions. Les intervenants du monde municipal, les organismes, les experts et les citoyens nous ont tous inspirés par leurs commentaires.

Pour bien saisir la crise du logement, nous croyons qu’il faut s’attarder aux trois grands axes incidents, soit l’accès à la propriété, le logement abordable et le logement social. Ce dernier point est important. Nous sommes bien sûr en faveur d’une augmentation importante du nombre de logements sociaux disponibles. Cependant, cette solution ne suffira pas à elle seule pour régler la situation. Il faut s’assurer que des logements, en bon état et à prix raisonnable, sont disponibles pour tous. Il faut aussi créer un environnement favorable pour que les ménages qui souhaitent acquérir une propriété puissent le faire, sans y passer tous leurs revenus. C’est en agissant sur ces trois axes que nous pourrons traverser la crise. 

Dans le débat actuel, nous parlons beaucoup de la situation à Montréal et c’est normal, la situation y est particulièrement critique. Le retour des campements en est un signal. Cependant, la crise ne se limite pas à notre métropole. L’ensemble de nos régions vivent les contrecoups de la surchauffe immobilière et de la hausse des prix des loyers. Chaque jour, nous entendons des cris du cœur de gens de Québec, de Gatineau, de Sherbrooke et de Saguenay qui craignent le 1er juillet. Il faut également considérer les réalités régionales.  

Dans les prochains jours, nous formulerons des propositions concrètes au gouvernement caquiste en matière d’habitation et de logement. Nous espérons que, d’ici là, François Legault voit la lumière, qu’il reconnaît la crise du logement et qu’il accepte de travailler de façon constructive avec nous pour mieux soutenir les Québécoises et les Québécois. 

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