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Le dilemme du bilinguisme et de la francisation des immigrants

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Les éditorialistes et chroniqueurs du Devoir reviennent souvent sur la bilinguisation du Québec, obstacle à la francisation des immigrants (exemples : Robert Dutrisac, « La bilinguisation du Québec », Le Devoir, 6 janvier 2019 ; Michel David, « Un trop faible message », 6 décembre 2018). Ils n’ont pas totalement tort. Toutefois, l’analyse proposée des racines du problème demeure, permettez-moi de le dire avec tout le respect que je leur dois, simpliste.

Parmi les coupables nommés, l’on trouve d’abord le laxisme de l’État québécois en matière de bilinguisme institutionnel et de prestation (bilingue) de services. Michel David et Robert Dutrisac citent, à titre d’exemple, les quelque 400 000 abonnés d’Hydro-Québec qui reçoivent leur compte en anglais. Le message est clair : ceci n’est pas acceptable dans un État dont la langue officielle est le français. Et cela envoie le mauvais message aux immigrants : il est possible de vivre à Montréal sans parler français ; tous les services publics sont offerts en anglais. L’autre coupable serait notre appartenance au Canada. Ici, je ne peux mieux faire que citer Michel David : « Il est clair que l’appartenance à une fédération dont le gouvernement met tout son poids dans la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme sera toujours un obstacle à l’épanouissement d’une société française » (Le Devoir, 20 décembre 2018).

Mais cogner sur l’État québécois qui ose donner des services en anglais et sur le Canada bilingue et multiculturel est trop facile. Cela nous évite de regarder ce qu’on préfère ne pas voir : la présence d’une population anglophone avec des droits. Le droit de cité de l’anglais au Québec est une question de démographie et de droits. Sans minorité anglophone, le problème de la francisation des nouveaux venus ne se poserait pas. L’argumentaire du Québec laxiste et du Canada anglicisant ne marche plus dès que nous nous transportons à quelques kilomètres à l’est de Montréal, disons à Drummondville ou à Québec. Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de résidents (récemment arrivés ou non) qui y demandent des services publics en anglais ; je ne pense pas que beaucoup d’immigrants arrivés à Drummondville finissent par s’angliciser. Eux et (surtout) leurs enfants vont se franciser. Le bilinguisme officiel du Canada fédéral n’y fait pas obstacle, pas plus que le bilinguisme de facto de l’État québécois.

Le cas de Montréal

La situation est tout autre dans la grande région de Montréal. La population anglophone, la pluralité et même la majorité dans certains quartiers, a non seulement le droit demander des services publics en anglais, mais leur présence (entre autres, comme consommateurs) fait que l’anglais s’utilise régulièrement dans la vie quotidienne, langue qu’ils ont pleinement le droit d’utiliser en public.

Le petit commerçant coréen, iranien ou autre sait, s’il veut rester en affaires, qu’il doit pouvoir servir sa clientèle dans les deux langues. La présence anglophone s’exprime aussi dans des établissements anglophones : écoles, hôpitaux, cégeps, universités… où l’anglais sera le plus souvent la principale langue de travail. Bref, veut, veut pas, l’immigrant débarqué à Montréal arrive dans un environnement où — il le voit très bien — l’anglais s’emploie quotidiennement et où la connaissance de la langue de Shakespeare est souvent une condition d’emploi ; même si le français est la langue dominante.

Revenons alors aux abonnés d’Hydro-Québec — ou à tout autre service public — dont les factures sont rédigées en anglais. Le dénoncer est facile. Mais sur le plan pratico-pratique, comment voulez-vous qu’un fonctionnaire refuse de donner des services en anglais à la personne x ou y qui le demande : sous quel prétexte, selon quel critère ? Comment le pauvre fonctionnaire doit-il faire la différence entre un « vrai » anglophone de chez nous, avec ses droits, et un immigrant ? Nous entrons ici dans le théâtre de l’absurde.

Tout immigrant reçu (résident permanent), même s’il est arrivé hier, a les mêmes droits qu’un citoyen (sauf le droit de vote). Un Québec souverain, pas moins qu’aujourd’hui, aura l’obligation de respecter les droits de la minorité anglophone, et donc de continuer à offrir des services en anglais sur demande. Le dilemme restera le même : réconcilier francisation et respect de la minorité anglophone. Personne ne parle d’expulser notre minorité anglophone ou d’envoyer McGill en Ontario (heureusement). Le bilinguisme de facto de la région montréalaise est une réalité et le restera, sans même évoquer la puissante force anglicisante de la mondialisation qui frappe toutes les grandes métropoles internationales, Francfort, Amsterdam, Paris, comme Montréal.

Un miracle

Que le Québec réussisse tout de même à franciser la majorité des nouveaux venus (je laisse le pourcentage exact aux experts) tient franchement du miracle, et dont principal mérite revient à l’école, pièce maîtresse de la loi 101. L’enjeu crucial reste la deuxième génération (et aussi des nouveaux venus d’âge scolaire). Si l’école française fait bien son travail, les futurs Québécois demanderont tout naturellement d’être servis en français et de vivre en français.

Mais, là encore, le milieu ambiant a son importance. La francisation par l’école sera toujours plus difficile dans le West Island que dans Rosemont. Cette réalité démographique et géographique nous invite à porter plus d’attention à la répartition spatiale des nouveaux venus. Revoir la politique de régionalisation de l’immigration est, bien entendu, un premier impératif. Pourquoi, par exemple, ne pas réserver 10 000 certificats de sélection « supplémentaires » à des candidats indépendants ayant une offre ferme d’emploi en région et qui s’engagent à s’y installer ; cela permettrait par le même biais au gouvernement de réconcilier son seuil souhaité de 40 000 immigrants annuels avec le plafond actuel de 50 000. Pour le Grand Montréal, pourquoi ne pas aussi envisager un service d’aide au logement, destiné notamment aux réfugiés et aux immigrants indépendants, dont l’un des objectifs serait de diriger des nouveaux venus vers des quartiers et commissions scolaires plus aptes à les intégrer? Même si cela n’affectera sans doute le choix résidentiel que d’un faible pourcentage d’immigrants, ce ne sera pas moins un levier de plus pour une politique réussie d’immigration.

 

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COVID-19 – Massé à Trudeau: pas de bailout pour les pétrolières et les gazières de l’Alberta

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La porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, presse le gouvernement Trudeau d’abandonner son plan de sauvetage du secteur pétrolier et gazier canadien, dont l’annonce est attendue la semaine prochaine et qui pourrait s’élever à 15 milliards de $.

« Quand l’économie coule, donner le premier canot de sauvetage à l’industrie pétrolière et gazière n’a aucun bon sens. Alors que les Québécoises et les Québécois se préparent à des pertes d’emploi massives, le gouvernement fédéral doit faire preuve de lucidité et intervenir pour rendre l’économie plus résiliente, pas l’exposer encore plus aux lubies de l’Arabie saoudite et aux tendances de fond du marché mondial de l’énergie. La priorité, c’est la santé financière des travailleurs et des familles, pas celle des actionnaires du pétrole et du gaz », a affirmé Mme Massé.

« Les nuages s’accumulent au-dessus de l’économie mondiale. Dans un contexte plus ensoleillé, les hydrocarbures étaient déjà un puit sans fond pour les finances publiques. Au Québec comme au Canada, nous devons maintenant nous demander si le jeu en vaut encore la chandelle. Le meilleur service que nous pouvons rendre aux travailleurs et aux travailleuses du secteur, c’est de leur donner un rôle à jouer dans la transition énergétique vers une économie verte et durable », a conclu la porte-parole de Québec solidaire.

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Matériel pédagogique – Des ressources pour favoriser l’égalité des chances, demande Christine Labrie

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La députée de Sherbrooke et responsable pour Québec solidaire en matière d’éducation, Christine Labrie, appelle le ministre Jean-François Roberge à bonifier son offre de matériel pédagogique afin de répondre aux besoins de tous les élèves, et lui demande de déployer rapidement un plan de rattrapage pour les élèves qui en auront besoin lorsque les mesures de distanciation physique seront levées.

« L’École ouverte est un bon point de départ pour enrichir la vie de nos enfants pendant les mesures de distanciation physique. Malheureusement, ça ne permet pas aux enfants de poursuivre leur parcours scolaire et ça ne suffira pas non plus pour remplacer plusieurs mois d’absence à l’école », déplore Mme Labrie.

« Le choix de proposer des ressources en ligne est pratique pour plusieurs familles, mais les élèves qui n’ont pas accès à des outils informatiques adéquats ou qui ont certaines limitations fonctionnelles, par exemple un handicap visuel, ne pourront pas les utiliser. Ça creuse un écart déjà grand entre les enfants. Il faut pallier à ce problème et fournir à tous les élèves une vraie trousse de matériel couvrant le contenu spécifique de leur niveau, par exemple en leur envoyant par la poste », ajoute-t-elle, en invitant aussi le ministre Roberge à augmenter les ressources d’Allô-prof, qui possède une expertise en soutien à distance.

Vers un plan de rattrapage

La députée de Sherbrooke appelle également le ministre de l’Éducation à rassurer les parents et les élèves en dévoilant rapidement les mesures de rattrapage qui seront mises en place au sortir de la crise pour venir en aide aux élèves qui se trouveraient en situation d’échec à la fin de l’année scolaire.

« Certains enfants ont la chance de poursuivre leur cursus scolaire avec leurs parents, mais c’est loin d’être le cas de tout le monde. Bien des parents travaillent encore et ne sont pas en mesure de consacrer du temps à la scolarisation de leurs enfants. Certains élèves ont aussi besoin de services spécialisés auxquels leurs parents ne peuvent pas répondre. Le ministère de l’Éducation a la responsabilité de l’égalité des chances et doit mettre des solutions en place pour éviter que ces élèves soient pénalisés. Je propose qu’on fournisse aux élèves qui seront en situation d’échec une occasion de faire du rattrapage pour qu’ils puissent être au même niveau que leur cohorte à la prochaine année scolaire », conclut la députée solidaire.

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Québec solidaire propose un Plan d’indépendance alimentaire pour subvenir aux besoins du Québec

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Manon Massé, porte-parole de Québec solidaire, et Émilise Lessard-Therrien, députée de Rouyn-Noranda–témiscamingue et porte-parole solidaire en matière d’agriculture, proposent un Plan d’indépendance alimentaire afin d’assurer la sécurité alimentaire des Québécoises et Québécois durant toute la durée de la crise de la COVID-19.
« Avec la crise de la COVID-19, il y a beaucoup d’insécurité qui s’installe dans la population. À l’aube de notre prochaine saison agricole, l’incertitude plane sur nos producteurs agricoles, aurons-nous toutes les ressources nécessaires pour répondre aux besoins alimentaires de la population québécoise? En hiver et au printemps, c’est environ 40% des aliments consommés au Québec qui proviennent ou transitent par les États-Unis. Alors qu’on sait que le combat contre le coronavirus sera long, si on veut se garantir des récoltes abondantes à l’automne, il ne faut pas manquer la fenêtre d’opportunité que nous offre les semaines à venir avec le temps des semis », a expliqué Mme Lessard-Therien.
« On est face à l’éventualité d’une crise mondiale sans précédent. C’est le moment de se serrer les coudes et se donner les moyens de passer à travers la pandémie. Le Québec aurait la capacité de nourrir son monde si on faisait les choix politiques qui s’imposent. Il s’agit que chacun et chacune y contribue et que nos gouvernements fassent le nécessaire pour rendre ça possible. Que ce soit sur les balcons, dans les plates-bandes des villes et des familles, ou bien dans les champs, un maximum d’espaces disponibles et cultivables doivent être mis à profit pour nous permettre d’assurer notre indépendance alimentaire », affirme Manon Massé.
Se déployant en deux volets, le plan solidaire prévoit dans un premier temps des mesures pour soutenir le monde agricole et renforcer sa capacité de production, notamment en misant sur une main-d’oeuvre locale avec des incitatifs financiers. Le plan prévoit également l’autorisation de l’accès aux services de garde d’urgence pour les enfants d’agriculteurs et agricultrices ainsi que l’augmentation des seuils de production hors quota pour les petits producteurs.
Parallèlement, le plan comprend une série de changements réglementaires pour encourager la mise en place de Jardins de la victoire inspirés de ceux de la Deuxième Guerre mondiale. En 1943, près de 60% de la population des États-Unis avait un potager. Cette année-là, 42% des légumes consommés provenaient des potagers citoyens. Visant à stimuler le jardinage citoyen, la mesure stimulerait la production alimentaire dans l’ensemble des municipalités du Québec.
Plan d’indépendance alimentaire de Québec solidaire
Soutenir le monde agricole : faire fonctionner les fermes à plein régime
  • Subventionner une partie des salaires des employés agricoles en instaurant une prime salariale de 4$ l’heure pour les travailleurs et travailleuses agricoles.
  • Stimuler le recrutement d’une main-d’œuvre agricole locale en permettant aux personnes qui le souhaitent, retraité-es ou personnes sans emplois, d’être formées et rémunérées pour travailler sur une ferme pour la saison estivale sans pénalité sur les prestations reçues;
  • Augmenter les seuils de production hors quota pour les petits producteurs, notamment pour les œufs et la volaille;
  • Autoriser l’accès aux services de garde d’urgence pour les enfants d’agriculteurs et d’agricultrices;
  • Reconnaître les marchés publics et kiosques à la ferme dans la liste des « services essentiels ».

    Instaurer les Jardins de la Victoire : cultiver partout où c’est possible

  • Encourager les potagers collectifs et le jardinage citoyen dans toutes les municipalités du Québec;
  • Autoriser la culture potagère en cour avant dans l’ensemble des municipalités du Québec;
  • Convertir les serres ornementales publiques municipales et privées vers la production maraîchère;
  • Convertir un maximum d’espaces prévus pour l’ornementation florale municipale en espaces de culture maraîchère.

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