La sensation de membre fantôme enfin expliquée

Après une amputation, il n’est pas rare de parler de membre fantôme pour évoquer les douleurs et sensations ressenties alors que le membre n’est plus. Une nouvelle étude scientifique a permis d’élucider ce phénomène.

Pour évoquer les sensations et douleurs ressenties par les personnes amputées en lieu et place de leur main, bras ou encore jambe, on parle communément de membre fantôme. Mais au niveau nerveux et musculaire, le phénomène est encore difficile à expliquer.

Une nouvelle étude, parue le 21 février dans le revue Scientific Reports, a permis d’éclaircir ce phénomène méconnu. Elle suggère qu’après une amputation d’un membre, les zones du cerveau responsables du mouvement et des sensations de ce membre modifient leur communication fonctionnelle. Une nouvelle manifestation de la plasticité cérébrale, ou capacité du cerveau à se remodeler au cours de la vie en fonction des circonstances et événements perturbateurs.

Les chercheurs ont ici procédé à des examens cérébraux de personnes ayant subi l’amputation d’un membre inférieur. A l’aide d’IRM, ils ont constaté que le cerveau réagissait de manière excessive lorsque le moignon du patient était touché. Ils ont également constaté que le corps calleux, structure du cerveau reliant les zones du cortex responsables du mouvement et des sensations, perdait de sa force chez les personnes amputées.

En comparant les différences de communication entre zones cérébrales chez neuf amputés et chez neuf personnes “saines”, les chercheurs ont pu constater que les zones du cerveau responsables du mouvement et des sensations présentaient un schéma de communication anormal entre les hémisphères cérébraux droit et gauche chez les personnes amputées lorsque le moignon était touché, par rapport aux volontaires non-amputés. Cette communication anormale entre les deux hémisphères serait probablement due à une altération du corps calleux du cerveau.

Les modifications cérébrales en réponse à l’amputation font l’objet d’études depuis des années chez les patients signalant une douleur au membre fantôme. Cependant, nos résultats montrent qu’il existe un déséquilibre fonctionnel même en l’absence de douleur, chez les patients ne signalant que des sensations fantômes”, a expliqué Ivanei Bramati, doctorante à l’Université fédérale de Rio de Janeiro (Brésil) et principale auteure de l’étude.

Pour l’équipe de recherche, cette meilleure compréhension des modifications des réseaux de neurones suite à une amputation pourront conduire au développement de nouveaux traitements et dispositifs permettant de soulager la douleur ou la gêne des amputés quant à leur membre fantôme.

Notons par ailleurs que, de par l’essor des prothèses reliées au cerveau, la nécessité pour les amputés d’essayer de faire le deuil de leur membre fantôme n’est plus vraiment d’actualité.

Marseille: Des chercheurs vont bientôt tester le cannabis thérapeutique contre la maladie de Parkinson

Marseille, à la pointe sur le cannabis. Sur le cannabis thérapeutique plus exactement puisque les équipes de DHUNE, un centre d’excellence pour les maladies neurodégénératives, et l’association France Parkinson, lancent en partenariat deux études sur les effets de cette substance sur la maladie de Parkinson.

Une première étude vise à étudier les effets de deux principes actifs du cannabis, le tétrahydrocannabinol (THC) et le cannabidiol (CBD), sur les symptômes de la maladie de Parkinson, chez le rat. « Nous avons obtenu les financements et le feu vert des autorités pour lancer cette première étude. Elle devrait débuter dans les prochaines semaines », explique le professeur Alexandre Eusebio, du pôle neurosciences cliniques à l’Assistance Publique Hôpitaux de Marseille (APHM).

Une seconde étude chez l’homme

La seconde étude est très attendue puisqu’elle tend à étudier également les effets du THC et du CBD sur les symptômes de la maladie de Parkinson, mais cette fois, chez l’homme. Si elle a connu un certain retentissement médiatique, l’étude, menée par l’équipe de chercheurs composée également de Jean Philippe Azulay, chef du service neurologie à la Timone, Olivier Blin, responsable de Dhune, et Christelle Baunez, directrice de recherche au CNRS, n’a pas encore reçu le feu vert des autorités. « Cela ne diffère pas des protocoles classiques, nous devons fournir des informations sur la faisabilité de l’étude, ainsi que sur la sécurité des personnes testées », détaille Alexandre Eusebio.

Si les autorisations sont accordées, il s’agirait de la première étude sur les effets du cannabis chez les malades de Parkinson en France. Une première, alors même que la question du cannabis thérapeutique agite souvent les débats, quand 21 pays européens ont déjà légalisé son usage.

Des données existent, mais ne permettent pas l’interprétation

« L’efficacité des cannabinoïdes comme agents thérapeutiques dans divers troubles neurologiques tels que la spasticité, ou l’épilepsie a déjà été montrée. Des études expérimentales suggèrent que certains de ses composés, notamment le THC et le CBD auraient un potentiel effet neuroprotecteur ainsi qu’un effet sur les symptômes parkinsoniens », explique l’équipe de chercheurs. Des données existent, mais la méthodologie de ces études ne permet pas une interprétation assez fiable. D’où ces nouveaux travaux.

S’ils reçoivent le feu vert des autorités, les chercheurs testeront 30 patients, souffrant de la maladie de Parkinson, en leur administrant du cannabis par inhalation.

« Nous recruterons des personnes qui ont déjà été exposées au cannabis, il n’est pas envisageable éthiquement d’exposer des malades qui n’en ont jamais consommé. Durant deux jours d’hospitalisation, nous leur administrerons soit du cannabis, soit un placebo, et nous étudierons ensuite les effets sur les symptômes de la maladie », précise Alexandre Eusebio.

Pour l’instant, la méthodologie n’est pas encore définitivement arrêtée, elle pourrait être modifiée à la demande des autorités. Mais l’équipe de recherche sur les effets du cannabis espère pouvoir lancer l’étude d’ici la fin d’année 2019, voire début 2020.

Les emballages sont l’essentiel de la pollution plastique

Deux chercheurs commentent le plan annoncé par l’Etat et des industriels pour limiter la pollution aux déchets plastiques.

La France entame un sevrage de son addiction aux plastiques. Le ministère de la Transition écologique a dévoilé, jeudi, un « pacte » avec plusieurs entreprises et ONG visant à lutter contre la pollution découlant de l’usage de ce matériau. Les signataires s’engagent par exemple à abandonner le PVC dans les emballages ménagers ou industriels d’ici 2022, à « éliminer les autres emballages problématiques d’ici 2025 », et à rendre « réutilisables ou recyclables à 100% ces contenants » d’ici là.

Deux experts commentent, pour L’Express, les mesures prises : Maria-Luiza Pedrotti est chercheuse à l’Institut de la Mer de Villefranche (CNRS / Sorbonne Université) et coordinatrice scientifique de l’expédition Tara, qui a recueilli et analysé les microplastiques en Méditerranée. Mikael Kedzierski travaille à l’Institut de recherche Dupuy de Lôme (CNRS / Université Bretagne Sud). Il s’intéresse à l’impact des particules sur la santé et sur l’environnement.

Mikael Kedzierski : J’étudie la pollution par les micro-plastiques, des déchets sous forme de particules dont la taille reste inférieure à 5 millimètres, souvent visibles sur la plage ou en mer. La majorité de cette pollution provient en fait des emballages, bouteilles ou morceaux de films plastiques. Si les organismes vivants savent dégrader progressivement les déchets en bois ou les algues mortes, leur capacité à s’en prendre aux plastiques est beaucoup plus réduite. Alors ces plastiques persistent dans le milieu naturel, de plusieurs décennies à plusieurs siècles. Et une fois en mer, il est coûteux de les retirer. La solution la plus pertinente reste encore de bloquer cette pollution avant qu’elle ne l’atteigne.

Maria-Luiza Pedrotti : Les plastiques représentent un danger potentiel pour toute la chaîne alimentaire marine, jusqu’à l’homme. Or depuis 1950, nos sociétés ont produit 8,3 milliards de tonnes de plastique. Il faut parvenir à diminuer voire stopper cette production, car on ne pourra pas nettoyer les océans. Les Etats sont conscients du problème, mais de là à passer aux vraies mesures, c’est un défi.

Maria-Luiza Pedrotti : Sur le papier, ce sont d’excellentes mesures, assez ambitieuses pour mener de front ce combat. Mais je suis toujours partagée entre ma casquette de scientifique et celle d’activiste : si ces décisions ne sont pas accompagnées et sans contraintes, l’industrie et les commerçants ne suivront pas. Regardez, par exemple, combien est peu appliquée l’interdiction des sachets plastique à usage unique sur les marchés… D’autre part, il faudrait de telles mesures coordonnées pour tous les pays, sinon cela va être compliqué d’éradiquer cette pollution : la mer n’a pas de frontières.

Mikael Kedzierski : La France n’est pas très en avance sur la question, par rapport à d’autres pays européens comme les Scandinaves, en particulier sur les questions de recyclage. Certes, ce plan annoncé va forcément avoir un impact positif pour le pays. Reste qu’au niveau international, les principales sources du plastique des océans sont les pays en développement… Toutefois il faut noter que la France et de nombreux autres pays exportent aussi une partie de leurs déchets plastiques vers ces régions, notamment en Asie, et sont donc tout aussi responsables de cette pollution globale.

Maria-Luiza Pedrotti : Cela reste un problème chez les industriels, pour qui le plastique recyclé coûte 30 % plus cher que le plastique vierge. Les plastiques à usage unique sont les plus dangereux parce qu’ils ne sont pas rentables à recycler, en particulier le polystyrène expansé (PSE). Et en amont, il faut aussi regarder les systèmes de collecte. Depuis 2003, l’Allemagne a un système de consigne intéressant : le prix des contenants comprend une caution, à récupérer en le rapportant. Cela coûte 8 centimes pour une canette, 15 pour une bouteille en plastique et 25 pour un contenant non recyclable. Résultat : le taux de collecte atteint maintenant 90 %.

Mikael Kedzierski : Sur l’efficacité du recyclage, le plastique pourrait surtout être réutilisé une dizaine de fois sans que ses propriétés techniques ne soient vraiment dégradées. Sa légèreté, sa résistance et son faible coût sont justement la raison pour laquelle il fait partie de notre quotidien. Sauf qu’on ne l’utilise que sur des temps très courts – surtout les emballages – de quelques jours à quelques mois, avant d’en faire un déchet. Un plastique peut pourtant avoir plusieurs vies.

EN IMAGES. La vie secrète des petites bêtes d’ici

Vous aimez la nature et les animaux ? Ouest-France vous propose d’en découvrir 50, réunis dans un hors-série exceptionnel intitulé, « La vie secrète des petites bêtes d’ici ». Il est en vente chez les marchands de journaux. Avant-goût en images ici.

La vie secrète des petites bêtes d’ici. Ce sont 50 animaux qui vivent tout près de nous, observés, racontés avec humour et finesse, et photographiés avec talent par le reporter d’Ouest-France Thierry Creux. Macareux, belettes, crevettes libellules… sont réunis dans un hors-série original en vente dans tous les points-presse de l’Ouest.

Sur fond de réchauffement climatique et de baisse spectaculaire de la biodiversité, l’ambition est d’étonner le lecteur, lui donner envie de mieux connaître un monde animal aussi ignoré que banal et fascinant, et donc de contribuer à sa protection. Car connaître, c’est déjà protéger.

Nous vous proposons ici un petit aperçu en images.

Pourquoi le prix des smartphone s’affole

A Barcelone, Huawei a présenté un smartphone Mate X à plus de 2000 euros, Samsung aussi. Pourquoi y a-t-il une telle surenchère dans le prix des téléphones ? Cela permet-il aux fabricants de redresser leurs marges ?

2 290 euros, c’est le prix affiché pour le dernier smartphone de Huawei, le Mate X présenté à Barcelone, au MWC 2019. Certes, il dispose de trois capteurs photo Leica, d’un écran 8 pouces pliable, le plus grand du marché, il est aussi compatible 5G. Mais ce prix record, qui correspond à quasiment deux SMIC, en fait le plus cher des smartphones au monde. Il y a de quoi se demander où va le marché des smartphones.

C’est une tendance de fond de ce MWC 2019. Le Galaxy Fold de Samsung a aussi affolé les compteurs. Son prix sera de 2.000 euros en France. Très cher, mais ses composants sont impressionnants : il bénéficiera d’un écran haut de gamme amoled de 4,6 pouces plié, qui passe à 7,3 pouces déplié. Sa batterie atteint 4.380 mAh, il dispose de 12 go de RAM pour un disque dur interne de 512 go et comprend en tout 6 capteurs photos et devrait sortir début mai en France. Là aussi la technologie d’écran pliable fait grimper la note.

Des cartes microSD encore plus rapides grâce au standard microSD Express

La SD Association (SDA) a profité du MWC de Barcelone pour dévoiler un nouveau standard pour les cartes microSD, qui met en oeuvre les technologies PCI Express et NVMe. Avec le standard microSD Express, les cartes microSD pourront atteindre des débits records de 985 Mo/s, contre actuellement environ 160 Mo/s au maximum.

Ce standard avait était annoncé en juin 2018 pour les cartes SD, sous le nom de SD Express, mais n’était pas encore disponible pour les cartes microSD.

Pour en tirer parti, il faudra également que les lecteurs des smartphones ou d’autres appareils, tels que des drones, soient compatible microSD Express. Toutefois, les cartes peuvent également fonctionner en mode traditionnel UHS-I. Pour l’instant, aucun constructeur n’a annoncé d’appareil avec un lecteur de carte microSD Express. Il faudra donc être patient pour profiter de ces performances impressionnantes.

Jurassic Park : les dinosaures envahissent Netflix en mars !

Comme tous les mois, le service de vidéos à la demande américain fait le plein de nouveautés dans son catalogue. Netflix va donc ajouter la saga Jurassic Park à partir du 1er mars prochain à savoir les trois premiers films de la franchise (Jurassic Park, Le Monde Perdu et Jurassic Park 3) créée par Steven Spielberg.

Les 5 millions d’abonnés français que compte Netflix vont pouvoir voir ou revoir ces premiers épisodes et le géant américain de la SVOD ne va pas s’arrêter là ! En effet, la plateforme proposera également le 15 mars Jurassic World sorti en 2015 et qui initie la seconde trilogie avec Chris Pratt.

Ce n’est pas la première fois que Netflix ajoute une saga de cette envergure dans son catalogue. En novembre dernier, le service avait régalé ses abonnés avec la mise à disposition de tous les films Harry Potter. C’était pour eux en quelque sorte Noël avant l’heure. La saga du jeune sorcier avait connu un fort succès auprès des fans car le premier opus, Harry Potter à l’école des sorciers avait été visionné plus de 1,5 million de fois comme le souligne nos confrères de chez PureMédias soit un record pour un film de cinéma sur Netflix.

Il y’a 20 ans : l’archipel des Tuvalu touchait le jackpot en cédant son domaine .tv

CNN, France Télévisions ou encore Twitch : nombreux sont aujourd’hui les plateformes de contenus audiovisuels à s’être dotés d’un nom de domaine arborant le suffixe .tv. Mais à l’image du .fr communément donné aux sites français, le .tv n’avait à l’origine pas vocation à se faire l’étendard numérique des chaînes de télévision mais, plus prosaïquement, celui d’un archipel de huit îles perdues en plein milieu du Pacifique, l’atoll des Tuvalu.

« Personne n’aurait pensé que des étrangers puissent investir dans un endroit comme Tuvalu, mais notre qualité de vie a beaucoup changé depuis », se réjouissait en 2001 Koloa Talake, un parlementaire de ce paradis perdu de 11 000 âmes et 26 kilomètres de diamètre, cité par le « Los Angeles Times ». Il faut dire que le pays, indépendant de la couronne britannique depuis 1978 comptait jusque-là parmi les pays les pauvres du monde.

Tout change quelques années plus tôt, lorsque l’archipel décide, en 1998, en plein boom internet, de mettre aux enchères son nom de domaine internet, l’alléchant .tv. Le suffixe internet a de quoi séduire, notamment les chaînes de télévision qui pourraient capitaliser sur les deux lettres pour mettre en valeur leurs portails numériques alors naissants.

« Nous assistons en ce moment à un tournant d’Internet d’une forme statique pour une formule enrichie et engageante de l’information davantage ressemblante à ce que l’on trouve à la télévision », diront plus tard les futurs locataires du nom de domaine, expliquant vouloir faire « du domaine .tv un suffixe signifiant pour les utilisateurs qui sauront sur quel type de site internet ils naviguent ».

L’affaire est finalement conclue en 1999 et le nom de domaine tombe entre les mains de Jason Chapnik, un entrepreneur américain alors âgé de 28 ans, qui s’octroie le suffixe grâce à l’appui du fonds d’investissement californien Idealabs, en échange d’une somme rondelette de 50 millions de dollars étalée sur 12 ans et de l’octroi de 20% des parts d’Idealabs aux Tuvalu.

« Nous étions en train de réfléchir et de lister tous les noms de domaine possible en nous demandant pour lequel nous opterions en premier. Nous avions dressé des listes, .info, .law… Lorsque nous sommes tombés sur .tv, nous avons directement su que nous avions déniché quelque chose », expliquait alors Chapnik dans les colonnes du « New York Times ».

Avec .tv, les Tuvalu s’offrent leur ticket d’entrée à l’ONU

L’affaire relève alors de la mine d’or pour un pays dont le budget annuel plafonne alors à 14 millions de dollars et dont le revenu par tête stagne à 400 dollars. Une manne qui relève également du paradoxe alors que l’archipel ne comptait en 2005 qu’une centaine d’ordinateurs dont 87 connectés à Internet via le satellite.

Si les autorités locales se lancent alors dans de grands projets d’infrastructures, ils en profitent également pour doter leur archipel d’une stature internationale nouvelle. A commencer par une place aux Nations Unies, que les Tuvalu intègrent en 2000 en qualité de 189e pays membre ainsi qu’un siège au sein du Commonwealth en échange d’un ticket d’entrée annuel fixé à 40 000 dollars.

« La reconnaissance mondiale des Tuvalu en temps qu’Etat indépendant a été rendu possible par sa relation avec le domaine .tv », reconnait alors Koloa Talake qui voit dans le suffixe internet le ticket d’entrée de l’atoll « dans le 21ème siècle ».

Mais le nouveau budget ne sert pas qu’au rayonnement international. Grâce à la location de son suffixe internet, l’archipel se dote de 2 écoles, de pompes à eau, d’une remise en état de sa route principale et en profite pour apporter l’électricité dans sept des huit îles que compte l’atoll.

En 2001, le suffixe est cédé par la startup DotTV créée par Chapnik et Idealabs à la société Verisign, qui renouvelle l’accord jusqu’en 2012, puis jusqu’en 2021, permettant à l’archipel d’accroître considérablement les revenus issus de la location de leur nom de domaine, aujourd’hui utilisé par certains des plus grands groupes de télévision au monde.

Mais l’histoire pourrait désormais bien tourner court pour les Tuvalu, aujourd’hui menacés de disparition par la montée des eaux. Alors que les 11 000 habitants que compte encore l’archipel pourraient malheureusement compter parmi les premiers réfugiés climatiques au monde, le suffixe .tv voit de son côté sa postérité assurée, au moins pour les prochaines années.

Un risque d’attaque de grande ampleur plane sur internet

Depuis vendredi soir, un risque d’attaque plane sur internet, visé par des pirates dont la provenance n’a pas encore été localisée. Des adresses auraient été modifiées et de nombreuses données pourraient avoir été piratées.

Les autorités françaises l’ont confirmé lundi matin, par le biais de Mounir Mahjoubi, le secrétaire d’Etat chargé du Numérique. “Des personnes ont piraté l’annuaire internet et à chaque fois que vous entrez l’adresse d’un site, au lieu de vous diriger vers une vraie machine, ils vous amènent sur une qui leur appartient” a-t-il expliqué dans les médias.

Dans les faits, il semble qu’il ne s’agisse pas d’une réelle attaque mais plutôt d’une menace. Des sites internet de gouvernements et de grandes entreprises auraient été piratés. Dans l’annuaire internet mondial, les adresses des sites auraient été remplacées par des adresses que les pirates contrôlent. Si l’apparence des pages n’a pas été modifiée, toutes les données leur seraient désormais accessibles.

Une analogie un peu plus simple à comprendre consisterait à comparer ce piratage à quelqu’un qui modifie votre adresse, récupère ainsi votre courrier avant de le remettre lui-même dans votre boite aux lettres.

Des conséquences importantes 

Les conséquences peuvent être importantes puisque les pirates semblent pouvoir récupérer vos données personnelles mais aussi espionner vos conversations.

Les sites piratés pourraient même connaître des coupures de service pendant un moment. A l’heure actuelle, seuls des sites basés aux Etats-Unis et au Moyen-Orient auraient été touchés. Mais des cibles potentielles auraient été déterminées en Europe.

Une origine encore indéterminée 

Mais qui peut bien avoir intérêt à agir ainsi ? Si certaines sources parlent d’une attaque d’origine iranienne, le secrétaire d’Etat chargé du Numérique n’a pas donné plus de précisions : “C’est une alerte. Etait-ce pour montrer ses forces ou pour atteindre des cibles particulières sur une certaine région du monde ? Je ne sais pas.”

Ce n’est pas la première fois qu’une telle menace d’attaque a lieu, puisque le piratage des sites informatiques est un mal récurrent. Mais l’ampleur du détournement semble inédite. Et le rythme des attaques s’est intensifié très récemment.

Renforcer la sécurité, la seule solution 

Pour éviter que de telles attaques ne se reproduisent, l’Icann, l’organisme qui contrôle l’attribution des noms de domaine des sites internet au niveau mondial, a appelé au déploiement d’un protocole de protection.

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Celui-ci pourrait protéger de façon bien plus efficace le système des noms de domaine. Car si les sites internet sont le plus souvent bien protégés contre les attaques, ce qui se trouve en amont, l’aiguillage pour les atteindre, le sont beaucoup moins.

“De nombreuses entreprises pensent que leur nom de domaine est protégé de façon automatique et ne prennent pas la peine d’investir. Mais il faut absolument prendre des précautions afin que les données des internautes et des clients de ces sociétés soient mieux protégées” a déclaré l’Icann dans un communiqué.

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