Ils plantent mille arbres pour

Chênes, châtaigniers, mûriers, noyers… Depuis trois mois, Christophe Piquet reboise à tour de bras dans une parcelle de 32 ha d’Azé, dans le Sud-Mayenne. En adoptant les principes de l’agroforesterie, le paysan veut réparer, en famille, la terre que des générations d’agriculteurs « ont saccagée ».

Dans un champ du Sud-Mayenne, mille arbres en devenir et leurs tuteurs s’étendent à perte de vue sur des lignes parallèles. À leur chevet, les mains sur les outils, les

Frédéric Martin, éditeur au Tripode : « Les “Carnets” de Goliarda Sapienza, cette force vitale qui passe à travers la langue

Elle avait commencé par le théâtre. Des pièces de Pirandello, notamment, dans les années 1940. Une décennie plus tard, elle jouait – de petits rôles – dans Les Volets clos, de Luigi Comencini (1950), ou Senso, de Luchino Visconti (1954). Un jour, pourtant, Goliarda Sapienza (1924-1996) a décidé d’arrêter théâtre et cinéma pour se consacrer à l’écriture. Et c’est surtout comme écrivaine qu’on la connaît désormais, et d’abord comme l’auteure de L’Art de la joie, son grand texte, refusé par presque tous les éditeurs italiens pendant des années. Révélé en France par ­Viviane Hamy en 2005, L’Art de la joie a été réédité par les éditions du Tripode en 2015. Cette dernière maison poursuit aujourd’hui, en publiant ses Carnets, l’édition de ses œuvres complètes. Frédéric Martin, fondateur du Tripode et amoureux de Goliarda Sapienza depuis leur première « rencontre », raconte cette aventure au « Monde des livres ».

Années collège

Raphaële Botte, rédactrice en chef de la nouvelle revue Dong pour les 10-15 ans chez Actes Sud. C’est la première revue de reportages pour les collégiens, elle parle du monde, relate des histoires vraies . C’est un petit format souple avec des couleurs, des photo, des dessins, des reportages, des conseils pour parler en en public, des témoignages. Revue trimestrielle le premier numéro est sorti en janvier, abonnement annuel 48 euros. C’est une très riche initiative.

Lorraine Pintal et Louise Bessette primées

La directrice artistique du Théâtre du Nouveau Monde à Montréal, Lorraine Pintal, et la pianiste montréalaise Louise Bessette figurent dans la liste des lauréats des Prix du gouverneur général pour les arts du spectacle, cette année.

L’humoriste Rick Mercer, le comédien Colm Feore et l’éducatrice de ballet Mavis Staines font aussi partie de la liste des personnalités qui seront notamment honorées lors d’un gala qui est prévu le 27 avril, au Centre national des Arts à Ottawa.

Le Prix Ramon John Hnatyshyn pour le bénévolat dans les arts du spectacle a été attribué au chef d’entreprise Noël Spinelli qui a été à l’origine de plusieurs projets dans l’arrondissement de Lachine, à Montréal.

Pour sa part, l’actrice et productrice Sandra Oh a obtenu le Prix du Centre national des Arts, qui récompense un artiste ou un groupe d’artistes qui a apporté une contribution exceptionnelle dans le domaine des arts de la scène au cours de la dernière saison.

Un programme de mentorat permettra par ailleurs à l’ancienne lauréate Alanis Obomsawin de transmettre son expérience au cinéaste Gop Bartibogue, un artiste de la Première nation mi’kmaq Esgenoopetitj, également connue sous le nom de Burnt Church, au Nouveau-Brunswick.

Holiday on ice fait son show avec Nathalie Péchalat

Pour ses 75 ans, le spectacle de patinage tente de conquérir un nouveau public. En s’attachant notamment les services de Nathalie Péchalat. Nous sommes allés le voir à Hambourg.

C’est la version luxe du diaporama photo qu’on crée pour l’anniversaire de mariage de ses grands-parents. Holiday on Ice, spectacle sur glace devenu mythique, fête ses 75 ans cette année. Et en grande pompe… Au menu de ce show spécial : les coulisses de la création de Holiday on Ice avec auditions, répétitions, coup de foudre amoureux, première représentation et même un tour du monde qui s’ouvre avec un véritable train sur la glace. « Depuis que j’ai 7 ans, je vais voir ce spectacle. Ma mère m’y emmenait tous les ans et c’est fou de voir l’évolution… Toute la partie technique qui a été ajoutée au fil des années donne un ensemble beaucoup plus complet », confie la quintuple championne de France Nathalie Péchalat, ambassadrice de cette saison.

C’est familial, très créatif, très contemporain, on est presque au Cirque du Soleil

La première partie bon enfant, rondement menée, est toutefois surpassée par la seconde, qui, bien que n’ayant rien à voir avec l’anniversaire, embarque le spectateur dans l’univers du cirque à l’ancienne avec acrobates, élastiques et costumes loufoques… « C’est familial, très créatif, très contemporain, on est presque au Cirque du Soleil, commente celle qui a raccroché ses patins. La pression, les paillettes, les acrobaties, tout ça ne me manque pas du tout… Mon rôle n’est ni d’aller sur la glace ni de porter un costume, je suis là pour faire découvrir le show, développer ce très beau sport encore trop opaque et de moins en moins diffusé à la télévision et donner envie aux plus jeunes de s’y mettre. »

Zigzag Console

Signant d’un triple zigzag, la designer Victoria Wilmotte (VW Factory) compose depuis une décennie un mobilier tout en ondulations anguleuses. Telle la Zigzag Console, qui joue la carte de la simplicité élaborée. Pour une pièce duale et changeante, comme un zigzag électrique.

Ludique, le mobilier de la designer Victoria Wilmotte ausculte le pli. Plis, replis, zig et zag… Il y a de la zébrure dans le froissé structuré de ses meubles. Et comme autant de pièces à facettes, les tables, miroirs, bancs, luminaires et objets de la VW Factory rythment l’espace de leurs saccades anguleuses. Ni trop espacées ni trop rapprochées, ni régulières ni irrégulières, ni trop outrées ni trop orthogonales… Il y a presque une recherche musicale dans la qualité des angles et pliures développée par la designer parisienne. À l’instar de son miroir Piega Mirror (2018), un miroir en volume, à la surface diversement pliée, reflétant ainsi divers angles de la pièce. Comme une pierre taillée certes, mais de façon irrégulière. Et de cette irrégularité maîtrisée se dégage un compromis entre sophistication et matière brute. Dans cette même veine, la Zigzag Console (2017) jongle entre régularité et dissymétrie.

Zigzag Console de Victoria Wilmotte (VW Factory) : le zigzag comme signature

Si la perception optique de l’espace, par balayage visuel, donne une durée et un rythme, alors les pièces de Victoria Wilmotte jouent pleinement avec cet aspect. En un sens, la symétrie parfaite facilite l’extrapolation en réduisant le temps de saisie de l’objet complet. Tandis que l’irrégularité ralentit le processus de compréhension, en forçant le regard à (re-)parcourir tous les recoins de l’entité perçue. S’il est un motif récurrent dans la création de Victoria Wilmotte, c’est peut-être celui du zigzag-arrondi. Présent dans sa signature même (VW), le zigzag rectiligne est alors fermé par un demi-cercle. Pour une forme rappelant celle des fantômes du jeu vidéo Pac-Man (1980). Reprenant doublement ce motif, la Zigzag Console se compose de deux pieds et une tablette. Les deux pieds, identiques, étant en zigzag-arrondi. Mais positionnés perpendiculairement l’un par rapport à l’autre. Et sur ces deux pieds repose une tablette, fine, rectangulaire et longiligne.

Zigzag : une console sobre et changeante, à la présence sculpturale

De ses études sous la direction du designer israélien Ron Arad (au Royal College of Art de Londres) Victoria Wilmotte garde un goût de l’épure et des matériaux lissés (minéral et métal). La Zigzag Console mobilise ainsi une tablette polie en marbre Nero Marquina. Soit une pierre dense, très noire, zébrée de failles blanches et gris clair. À ces veines et marbrures aux linéaments complexes répondent des pieds en acier. Lesquels arborent un revêtement par poudre à effet laqué, de couleur bleu cobalt. Pièce brillante dans son polissage, les reflets augmentent le trouble quant à sa sobre géométrie. Tandis que suivant l’angle, Zigzag plonge dans des tons profonds (noir et cobalt) ou miroite d’éclats lumineux. Accordéon, éventail, radiateur… Le plissé de la console Zigzag en fait une pièce simple et rythmée. Un meuble donnant une cadence à l’univers domestique, comme une onde électrique se propageant le long d’une surface lisse.

 

Le tableau présumé du Caravage, retrouvé en France, est présenté à Londres

Un tableau présumé du Caravage (1571-1610) retrouvé dans un grenier en France, « Judith et Holopherne », a été présenté jeudi à Londres après deux ans de restauration. A cette occasion, un expert a défendu sa thèse selon laquelle il s’agissait bien de l’œuvre du grand maître italien.

La toile est une explosion de violence, caractéristique du peintre ou de sa disciple Artemisia. On y voit le général assyrien Holopherne levant les yeux – implorants, ébahis – vers Judith, gracieuse jeune femme juive en train de lui trancher le cou à l’aide d’une épée, en présence d’une servante.

Une œuvre importante

Le tableau a été présenté à la galerie Colnaghi à Londres, avant sa mise aux enchères prévue en juin. L’expert français Eric Turquin s’est à cette occasion montré formel : le tableau a bien été peint de la main du Caravage, dont il constitue une œuvre « majeure ».

« Il y a des changements entre ce que nous voyons et ce que la radio nous indique, ce qui prouve que cette image est dans un processus de création, avec des changements, avec des variations. C’est la preuve que c’est un original. Un imitateur copie ce qu’il voit. Ici, il y a une création, il y a des variations », a-t-il déclaré.

« Nous savions qu’il y aurait des débats, nous savions que le Caravage est un artiste très difficile pour tous les historiens de l’art », a souligné l’expert. « Je ne voulais pas mettre ma réputation en péril. C’est pour ça qu’on a attendu deux ans » avant de le montrer, a-t-il ajouté. « C’est un moment très important dans l’œuvre du Caravage parce que c’est là qu’il quitte Rome et qu’il développe vraiment un nouveau style de peinture, plus sombre, plus noir, plus tragique, plus dramatique, le style qui nous plaît »,  souligne Eric Turquin.

Le Caravage ne signait pas ses toiles

L’huile de 144 sur 173 cm, qui aurait été peinte en 1607, avait été retrouvée en 2014 dans un grenier humide à Toulouse (sud-ouest de la France) où elle avait été apparemment été oubliée pendant plus de cent ans. La découverte avait été qualifiée de « très importante » par le ministère français de la Culture.

L’existence de cette toile avait été documentée dans une série d’échanges épistolaires impliquant des princes et collectionneurs d’art désireux de l’acquérir il y a quatre siècles. Mais l’attribution de toiles au grand maître du clair-obscur, mort à l’âge de 38 ans en 1610 après une vie agitée, est ardue du fait qu’il ne signait pas ses œuvres et qu’il a souvent été copié. Une autre toile « Judith et Holopherne » du Caravage de 1598 existe déjà, très différente de la peinture toulousaine.

Bataille d’experts

Un autre expert mondialement reconnu du maître italien dont il a organisé plusieurs rétrospectives, Nicola Spinosa, avait affirmé en 2016 à l’AFP y voir aussi « un Caravage authentique ». « Il est d’une qualité exceptionnelle et correspond à la plus grande période du peintre, autour de 1605, moment où il parvient le mieux à traduire en peinture le drame des hommes », avait-il ajouté.

Une conviction toutefois tempérée par d’autres connaisseurs de l’œuvre du peintre, dont certains attribuent le tableau à Louis Finson, peintre flamand (1580-1617), contemporain du Caravage et qui l’a souvent copié.

160 millions d’euros

La toile ne rejoindra en tout cas pas les collections françaises. Après l’avoir classée trésor national, empêchant sa vente à l’étranger jusqu’en novembre 2018, l’Etat français a laissé s’écouler le délai de trente mois au cours duquel il pouvait l’acquérir. Les propriétaires ont donc fait une nouvelle demande d’obtention d’un certificat d’exportation, qui a été automatiquement accordé.

Le manque de certitude sur l’authenticité ou la valeur marchande élevée de la toile, alors que le budget des musées nationaux est réduit, peut avoir joué dans la décision de l’Etat de ne pas se porter acquéreur. Cette valeur a été réévaluée jeudi à 160 millions d’euros après avoir été dans un premier temps été estimée à 120 millions d’euros.

Elle sera donc mise aux enchères le 27 juin à Toulouse, par la maison de ventes Marc Labarbe, avec le cabinet d’expertise de M. Turquin, a-t-il été annoncé jeudi, après sa présentation à Londres puis New York et Paris.

« J’ai dû rêver trop fort » : Michel Bussi dit comment son livre a inspiré Gauvain Sers

Un succès spectaculaire construit en moins de 8 ans. Michel Bussi, avec 1 million de livres vendus en 2018, est devenu le deuxième romancier le plus lu de France derrière Guillaume Musso. Jeudi 28 février 2019, il sort J’ai dû rêver trop fort aux Presses de la Cité, un roman d’amour aux allures de thriller. Le titre est tiré des paroles Vertige de l’amour emprunté à Alain Bashung.

Le roman de Michel Bussi donne une place prépondérante à la musique. Ce n’est donc pas anodin si le chanteur Gauvain Sers a été inspiré par son oeuvre afin d’adapter Que restera-t-il de nous ? Dans le roman, les paroles d’une chanson écrites pour l’héroïne, Nathy, par son jeune amant ponctuent l’ensemble du récit et livrent même la clé de l’intrigue. « On s’est rencontré au lancement de mon dernier livre Sans famille, le courant est très bien passé », explique le romancier au micro RTL.

Pour Gauvain Sers, également sur RTL, Michel Bussi « est un auteur talentueux qui met beaucoup de poésie et de rythme dans ses romans ». Les deux artistes sont donc restés en contact pour cette idée inédite : « C’est assez émouvant et je pense que ça n’a jamais été fait la bande-originale d’un livre« , explique l’auteur.

Que restera-t-il de nous, la chanson du duo Gauvain Sers/ Michel Bussi est à retrouver dans son nouveau disque, Les oubliés. Sortie prévue le 29 mars 2019.

Egypte : des catacombes vieilles de 2000 ans enfin préservées des eaux souterraines

Un programme d’ingénierie civile destiné à mieux préserver des catacombes de Kom el-Shouqafa, vieilles de 2000 ans, contre la montée des eaux souterraines qui menace ce site archéologique touristique, a été inauguré le 3 mars 2019 à Alexandrie par les autorités égyptiennes. Les travaux de ce projet de modernisation, réalisé avec l’aide de l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID), avaient débuté en novembre 2017 pour équiper le site de six pompes de drainage. « C’est un programme unique qui a combiné archéologie et ingénierie civile« , s’est félicité Thomas Nichols, un ingénieur consultant ayant participé au projet.

Plus de 100 millions de dollars débloqués par les Etats-Unis

Utilisées du 1er au 4e siècle après Jésus-Christ sous l’Empire romain, les catacombes de Kom el-Shouqafa ont été découvertes en 1900 et sont considérées comme les plus célèbres et les plus importantes d’Alexandrie. Mêlant les styles égyptien, romain et grec, elles sont constituées d’un ensemble de trois tombes souterraines, creusées dans des roches calcaires et abritant les sépultures de riches familles de l’époque.

Visiteurs dans les catacombes de Kom el-Shouqafa le 3 mars 2019 © Mohamed el-Shahed / AFP

En 1985, les autorités égyptiennes avaient lancé un programme de drainage des eaux souterraines grâce à un système de pompage permanent. En 2015, l’USAID avait accepté de financer la modernisation de ce programme. « Nous avions demandé immédiatement le lancement d’un nouveau projet à Kom el-Shouqafa pour en finir avec ce problème d’eaux souterraines qui menacent la zone depuis plus de cent ans« , a déclaré le ministre égyptien des Antiquités Khaled El-Enany lors de l’inauguration du programme. Ce projet est « un exemple du soutien des Etats-Unis au gouvernement égyptien dans la préservation de son héritage culturel« , a déclaré Tom Goldberger, chargé d’affaires des Etats-Unis en Egypte. Selon lui, Washington a consacré « plus de cent millions de dollars » (88 millions d’euros) à ce domaine, « au cours des dernières décennies« .

Photo prise le 3 mars 2019 d’une statue présente dans les catacombes de Kom El-Shoqafa. © Mohamed el-Shahed / AFP

© Mohamed el-Shahed / AFP

Des sites touristiques menacés par la montée des eaux

L’Egypte a récemment intensifié sa communication autour des nouvelles découvertes archéologiques et des projets de restauration de sites antiques, dans le but notamment de relancer le secteur du tourisme, en difficulté depuis le soulèvement populaire de 2011. Mais plusieurs sites antiques égyptiens sont menacés par la montée des eaux souterraines, qui fragilise leurs fondations, dont le temple de Karnak à Louxor ou encore le plateau du Sphinx de Guizeh. La montée des eaux souterraines est liée à divers facteurs, notamment à un système d’irrigation très gourmand, à l’urbanisation, aux fuites d’eaux usées, à l’élévation du niveau des mers liée au changement climatique ou encore aux barrages artificiels.

Espace: SpaceX et la Nasa s’entraînent pour les vols habités

Ce samedi 2 mars 2019, SpaceX et la Nasa feront décoller un vaisseau spatial du sol américain avec à son bord Ripley, un mannequin, en vue de préparer des futurs vols habités. Si ce vol réussi, cela relancera les vols habités américains après le dernier lancement de la navette Atlantis. Récit d’une course aux étoiles agitée.

A la veille du lancement du Falcon 9, l’hyperactif milliardaire Elon Musk, propriétaire de SpaceX, société choisie par la Nasa pour renvoyer des astronautes américains dans l’espace, s’est félicité sur Twitter du lancement à venir. Fin communiquant, il a joint une photo de l’intérieur de sa capsule Dragon, où, pour ce vol de démonstration, le mannequin d’essai de choc Ripley a été sanglé dans un des trois sièges.

SpaceX et la Nasa préparent les futurs vols habités américains

Ce lancement marque l’aboutissement d’un contrat de 2,6 milliards de dollars entre la Nasa et la compagnie pour que des astronautes américains puissent enfin rejoindre la Station Spatiale Internationale en décollant du sol américain.

Depuis 2011 et la fin de l’utilisation de navette américaine, l’agence spatiale n’avait aucun moyen d’envoyer les successeurs de Neil Armstrong dans l’espace. En effet, leur dernier véhicule, la navette Atlantis, bien que considérée comme une merveille de technologie, était trop dangereuse et coûteuse. La société a subi plusieurs catastrophes dans son histoire : en 1986, Challenger explose en vol, et en 2003, Columbia se désintègre lors de sa rentrée dans l’atmosphère. Au total, quatorze personnes ont perdu la vie. En toute logique, le président Bush avait mis fin au programme en 2003.

A (ré)-écouter : Pourquoi encore envoyer des hommes dans l’Espace ?

Ironie de l’histoire, depuis 2011, c’est donc vers les Russes que s’étaient tournés les Américains, le seul moyen de maintenir une présence américaine constante dans l’espace étant d’utiliser les navettes Soyouz. Cet accord entre les deux gouvernements est coûteux : 81 millions de dollars par astronaute envoyé. Cela explique le développement du Commercial Crew Program par la Nasa. Les entreprises Boeing et SpaceX ont ainsi reçu des subventions à hauteur de 7 milliards de dollars pour développer des vaisseaux capables de transporter des astronautes américains vers la Station Spatiale Internationale.

C’est donc la capsule Dragon de SpaceX qui volera la première. Autrefois véhicule de ravitaillement, elle a été transformée en navette habitable. Ce premier vol, « DM-1 », démontrera les capacités de SpaceX. Un jour et quelques orbites terrestres après son décollage, Dragon s’amarrera à la Station Spatiale Internationale, où elle restera durant une semaine. Une fois l’écoutille ouverte, les astronautes déjà sur place iront à l’intérieur de la capsule, et effectueront des tests. Vendredi prochain, le 8 mars, après s’être déconnectée de la station, Dragon amerrira dans l’océan Atlantique.

Un deuxième test avant un autre vol habité

Si l’opération est un succès, quel avenir pour SpaceX ? Dans un mois, une nouvelle capsule sera envoyée, et testera le système d’évacuation d’urgence. Une fois que la Nasa aura approuvé ces procédures de sécurité, deux astronautes prendront place à bord de Dragon. Bob Behnken et Doug Hurley deviendront alors les premiers Américains à quitter le sol de leur pays dans une navette « made in USA » depuis 2011.

À plus long terme, on peut imaginer l’utilité de ce nouveau vaisseau spatial. La date de péremption de la Station Spatiale Internationale approche, après avoir été repoussée de nombreuses fois. La Nasa a annoncé son prochain but : établir une station en orbite autour de la Lune. Jeudi 28 février, le Canada a rejoint les efforts des Américains dans ce sens.