50 000 clients d’Hydro-Québec à risque de se faire débrancher

Depuis hier, Hydro-Québec peut commencer à débrancher de son réseau les clients mauvais payeurs incapables de payer leur facture d’électricité. Cette année, près de 50 000 clients sont à risque de se faire couper le courant.

«On craint le pire au cours des prochains mois», soutient la conseillère budgétaire à l’ACEF du Nord de Montréal, Isabelle Mailloux-Béïque.

Elle soutient que de plus en plus de clients de la société d’État ont du mal à payer leur facture d’électricité à temps alors que les tarifs d’électricité continuent d’augmenter.

Lundi, 1er avril, les tarifs ont augmenté, en moyenne, de 0,9 %.

La semaine dernière, Mme Mailloux-Béïque dit avoir vu débarquer plus de 15 clients d’Hydro-Québec dans son bureau aux prises avec de sérieux problèmes de paiement.

L’an dernier, plus de 43 500 clients d’Hydro-Québec ont subi une interruption de courant en étant incapables de respecter leurs ententes de paiement. Ce nombre avait dépassé les 46 000 en 2017. En 2018, Hydro-Québec a été contrainte de signer des ententes de paiement avec 229 221 clients. Chemin faisant, les mauvaises créances de clients ont coûté 93,2 millions $ à Hydro-Québec en 2018, en hausse de 2 %.

Le dernier recours, dit Hydro

Chez Hydro-Québec, on indique que le processus de recouvrement se déroule sur plusieurs semaines. Hydro-Québec envoie d’abord des avis de retard. Si les factures demeurent impayées, un avis d’interruption de service est acheminé de 30 à 45 jours après le premier avis de retard. Dans l’intervalle, le client peut négocier une entente de paiement.

«Le dernier recours, c’est l’interruption du service», a précisé hier le porte-parole d’Hydro-Québec Cendrix Bouchard.

Une trêve hivernale empêche Hydro-Québec de débrancher ses clients entre le 1er décembre et le 31 mars. Plusieurs organismes qui défendent les droits des consommateurs croient qu’Hydro-Québec devrait repousser au 1er mai la fin de cette trêve.

Lock-out à l’ABI : le syndicat doit faire des compromis, dit François Legault

Le premier ministre du Québec appelle le syndicat des travailleurs de l’Aluminerie de Bécancour inc. (ABI) à faire des compromis dans le but de régler le conflit de travail qui dure depuis près de 15 mois. « La direction offre un salaire moyen de 92 000 $ par année aux 900 employés. Le syndicat doit faire des compromis », a déclaré François Legault sur les réseaux sociaux.

Le premier ministre du Québec a fait ce commentaire après s’être entretenu lundi avec les représentants syndicaux, puis les dirigeants d’Alcoa dans ses bureaux de Montréal, à deux jours d’une reprise des négociations entre les deux parties.

C’est surprenant et étonnant, a déclaré le président de la section locale 9700 du Syndicat des métallos, Clément Masse, au sujet de la déclaration du premier ministre. Pendant un instant, il a cru qu’il s’agissait d’un poisson d’avril.

Ça donne l’impression que M. Legault prend parti pour une multinationale américaine qui fait des millions de profits contre des travailleurs qui sont en lock-out depuis 15 mois, dit-il.

Clément Masse affirme avoir expliqué au premier ministre que le salaire n’est pas un point en litige avec l’employeur. Il ajoute que les salaires à l’ABI sont comparables à ceux des autres alumineries du Québec.

Ce n’est pas un commentaire digne d’un premier ministre qui doit défendre les citoyens et les bons emplois.

Clément Masse, président de la section locale 9700 du Syndicat des métallos
Les trois hommes qui marchent.Les représentants syndicaux ont rencontré le premier ministre du Québec, François Legault, à ses bureaux de Montréal, lundi. De gauche à droite : Dominic Lemieux, adjoint au directeur québécois des Métallos, Clément Masse, président de la section locale 9700 du Syndicat des métallos, et Daniel Boyer, président de la FTQ. Photo : Radio-Canada

Clément Masse affirme être très déçu, d’autant plus qu’il était sorti satisfait de sa rencontre avec M. Legault. Il estimait avoir eu une écoute attentive de la part du premier ministre. Il souhaitait que François Legault use de son influence pour amener les dirigeants d’Alcoa à se représenter à la table des négociations avec un vrai mandat de venir négocier de bonne foi.

C’est par ailleurs le syndicat qui avait demandé à rencontrer le premier ministre.

Gens autour de la table dans un bureau. On y voit notamment François Legault, Jean Boulet et Donald Martel.Le premier ministre du Québec, François Legault, a rencontré des dirigeants d’Alcoa au sujet du conflit de travail à l’Aluminerie de Bécancour inc. (ABI), lundi à Montréal. Photo : Twitter/François Legault

Le ministre du Travail et député de Trois-Rivières, Jean Boulet, qui est intervenu à plusieurs reprises depuis le début du conflit, a assisté aux rencontres, de même que le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel.

C’est la première fois que le premier ministre du Québec rencontrait ainsi les deux parties depuis son entrée au pouvoir.

Reprise des négociations mercredi

Les négociations reprendront mercredi entre le Syndicat des métallos et la direction de l’Aluminerie de Bécancour.

Elles se feront en compagnie du médiateur et conciliateur Jean Nolin.

Les deux parties devraient notamment aborder la contre-proposition syndicale déposée le 21 mars, après le rejet de l’offre d’Alcoa à 82 % par les travailleurs de l’ABI.

Les dernières négociations ont eu lieu au début du mois de février.

Des manifestants, pancartes en main et poing levé, se tiennent devant l'Assemblée nationale du Québec.Des dizaines de travailleurs en lock-out de l’ABI ont manifesté mercredi devant l’Assemblée nationale du Québec. Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé

Le ministre Jean Boulet a répété lundi que l’objectif de son gouvernement est d’aider les parties, de leur donner tous les outils pour leur permettre d’atteindre leur objectif de régler [le conflit] dans les meilleurs délais possible, en continuant d’exclure la possibilité de revoir le contrat entre Hydro-Québec et l’ABI.

La semaine dernière, le premier ministre avait laissé entendre qu’il ne comptait pas revenir sur le contrat d’électricité d’ABI, vigoureusement montré du doigt par la partie syndicale depuis des mois.

Avec la collaboration de Maude Montembeault

Une clinique du quartier Centre-Sud de Montréal incapable de recruter un médecin

La direction de la Polyclinique médicale populaire lance un cri du coeur pour trouver d’urgence un médecin. La clinique située dans le Centre-Sud de Montréal tente sans succès depuis 6 mois de recruter un médecin pour s’occuper des dossiers de 3000 patients.

« C’est vraiment un recrutement qui est difficile. En fait, je ne sais plus par quel canal arriver pour en trouver un », lance d’entrée de jeu la directrice et propriétaire de la Polyclinique médicale populaire, Lise-Anne Deshaies.

Voilà 6 mois qu’elle court les foires d’emploi destinées aux finissants en médecine. Elle a bien entendu partagé l’offre sur les sites Internet qui visent les médecins. Elle a même publié des annonces dans les journaux avec un ton on ne peut plus clair : « Avis de recherche : 3000 patients privés de leur médecin!!!! Celui-ci prend sa retraite ». Mais rien n’y fait.

La clinique fondée en 1967, dans l’ancien Faubourg à m’lasse, aujourd’hui appelé le Centre-Sud de Montréal, est pourtant une institution dans cet ancien quartier ouvrier. Sa clientèle est établie depuis longtemps, et sa réputation aussi.

Bien qu’elle offre des services de médecine familiale de première ligne, elle s’est spécialisée dans la défense des droits des travailleurs (Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail, ou CNESST), des accidentés de la route (Société de l’assurance automobile du Québec, ou SAAQ), et même des victimes d’actes criminels (Indemnisation des victimes d’actes criminels, ou IVAC).

« On dérange »

« Évidemment, nous sommes une clinique qui défend les travailleurs, donc on est un petit peu marginal », soutient Lise-Anne Deshaies. « On dérange un petit peu parce qu’on coûte cher », ajoute-t-elle.

C’est évident qu’une personne de 52, 53 ans qu’on réussit à faire reconnaître et faire gagner son dossier devant la CNESST, ou la SAAQ, jusqu’à 68 ans… ça coûte cher si je peux dire.

Lise-Anne Deshaies, directrice et propriétaire de la Polyclinique médicale populaire

La polyclinique a beau déranger les grandes institutions et les compagnies d’assurance, ce qui expliquerait surtout sa difficulté à recruter, c’est que beaucoup de jeunes médecins ne veulent pas faire de dossier de la CNESST et de la SAAQ, soutient la directrice adjointe de la polyclinique, Lise Ouellet.

Cette dernière ajoute cependant que la moitié des 3000 patients privés de médecins en ce moment sont de simples cas de suivi en médecine générale.

S’il faut qu’on se vire de bord pour faire juste de la médecine générale, on va le faire. On s’est toujours adapté aux médecins qui sont venus ici et on est prêt à continuer, mais ça nous prend un médecin.

Lise Ouellet, directrice adjointe de la Polyclinique médicale populaire

Amir Khadir à la rescousse

L’ancien politicien et médecin Amir Khadir dit comprendre ses confrères déjà surchargés d’être réticents à aller offrir du temps à la polyclinique, ne serait-ce que temporairement pour dépanner. Il y a, selon lui, une lourdeur administrative et même parfois judiciaire à traiter ce type de dossiers, qui se retrouvent devant les tribunaux administratifs du Québec.

En plus, dit le Dr Khadir, les médecins qui s’occupent de ces cas sont moins bien payés, car « l’examen de ces dossiers demande une étude approfondie qui est contraire à la logique du paiement à l’acte qui est actuellement dans le système ». Même si Québec offre une prime de 30 % aux médecins qui traitent des dossiers de la SAAQ ou de la CNESST, cela ne suffit pas à compenser la lourdeur de la tâche, dit-il.

La Clinique médicale populaire a été fondée en 1967 par le Dr Benoit Deshaies, le père de l'actuelle propriétaire. Sur la photo, la devanture de la clinique.La Clinique médicale populaire a été fondée en 1967 par le Dr Benoit Deshaies, le père de l’actuelle propriétaire. Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis

Amir Khadir invite les jeunes médecins qui ont une pratique axée sur le social à venir dépanner la polyclinique, le temps qu’elle se trouve un médecin. « Rarement ai-je eu le sentiment d’être aussi utile que lorsque j’ai pu défendre des travailleurs, dans des cas d’amiantose par exemple », indique-t-il.

« Facteurs d’attractivité »

Le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal reconnaît qu’il y a une pénurie de médecins dans la métropole. Le docteur François Loubert, chef du Département régional de médecine générale du CIUSSS, souligne que toutes les cliniques du secteur accueilleraient avec plaisir la présence de nouveaux médecins. D’où l’importance, ajoute-t-il, d’être des milieux de travail attrayants.

Dans les facteurs d’attractivité, d’être une clinique informatisée qui fonctionne avec un dossier médical informatisé, ça compte pour beaucoup. Le fait d’être un milieu qui est GMF, donc un Groupe de médecine de famille, ça permet aux médecins de travailler en interdisciplinarité avec d’autres professionnels. Les milieux qui ne sont pas GMF, qui ne sont pas informatisés, c’est sûr qu’ils ne partent pas avec un avantage.

Dr François Loubert, chef du Département régional de médecine générale du CIUSSS
Le chef du Département régional de médecine générale au CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal.Dr François Loubert, chef du Département régional de médecine générale au CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal. Photo : Radio-Canada

La Polyclinique médicale populaire n’est pas un GMF, mais cela a aussi des avantages, selon la directrice de l’établissement, puisque les heures d’ouverture sont limitées aux jours de semaine, de 8 h à 17 h. Pour ce qui est de l’informatisation des dossiers, Lise-Anne Deshaies reconnaît que la clinique n’y est pas encore. Le médecin parti à la retraite en février fonctionnait encore avec des dossiers papier, mais la clinique est prête à prendre le virage informatique.

« KinLogix, MEDFAR ou Purkinje, j’attends d’avoir un nouveau médecin pour que ce soit lui qui choisisse la plateforme informatique qui lui convienne », dit la propriétaire.

Automobilistes, attention aux contraventions!

Soyez prévenus automobilistes montréalais: si un billet de contravention a été placé sur le pare-brise de votre voiture aujourd’hui, sachez que ce n’est fort probablement pas un poisson d’avril.

Comme chaque année, le 1er avril marque en effet le début de l’interdiction du stationnement sur rue durant certaines périodes de la journée.

C’est le retour des fameux balais mécaniques. Les employés de la Ville de Montréal procèdent alors à l’entretien des rues, notamment au nettoyage de la chaussée ou à d’autres travaux.

La Ville invite donc les Montréalais à être attentifs à la signalisation en place sur les nombreux panonceaux. Même le Service de police de Montréal a jugé utile de publier un avis en ce sens dans une publication sur Twitter.

Pendant cette période, qui est en vigueur jusqu’au 1er décembre, les automobilistes doivent également surveiller les interdictions de stationner sur les voies cyclables aménagées en bordure de trottoir.

Des contraventions sont remises aux chauffeurs qui ne respectent pas la réglementation, indique la Ville sur son site internet.

Une «mauvaise blague» de Tom Brady?

Les partisans des Patriots de la Nouvelle-Angleterre sont passés par toute une gamme d’émotions, lundi, à la suite d’un message du quart-arrière, Tom Brady, sur Twitter.

Le sextuple gagnant du Super Bowl avec la formation du Massachusetts a alors annoncé sa retraite du football par le biais de son compte officiel.

«Je me retire. Dans mon temps libre, je vais écrire sur Twitter», a-t-il lancé. Il n’en fallait pas plus pour que ses fidèles abonnés écrivent une pluie de commentaires.

Vieux-Montréal : le club privé 357c fermera en mai

Le club privé pour gens d’affaires 357c, installé depuis 16 ans dans un immeuble de la rue de la Commune Ouest, dans le Vieux-Montréal, fermera ses portes le 24 mai prochain.

Dans un message affiché sur son site web, la direction explique que les habitudes d’affaires ont changé au cours des dernières années et que le niveau des taxes municipales imposées sur l’édifice est élevé.

Le message ajoute que les contraintes d’exploitation et d’expansion dans l’immeuble limitent grandement le développement de nouvelles possibilités d’activités commerciales pour l’établissement.

Le club 357c dit avoir voulu redonner vie à un immeuble important du patrimoine de Montréal qui avait été laissé à l’abandon pendant de nombreuses années. Le bâtiment a été bâti il y a plus de 140 ans; des travaux majeurs de rénovation et de reconstruction y ont été réalisés.

Il y a quelques années, le nom du club 357c, qui était jusque-là méconnu du grand public, a été évoqué pendant les audiences de la commission Charbonneau sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction.

Début du procès opposant Média QMI au site satirique «Journal de Mourréal»

MONTRÉAL — Québecor maintient que le site satirique «Journal de Mourréal» détériore sa marque et la crédibilité du Journal de Montréal en entretenant la confusion entre l’information professionnelle vérifiée et le canular, la fausse nouvelle ou la satire.

Suprême ironie, c’est en ce lundi 1er avril que le site spécialisé en parodies de nouvelles s’est retrouvé devant la juge Micheline Perrault de la Cour supérieure, pour se défendre contre Média QMI, la filiale du conglomérat qui gère le Journal de Montréal.

Même si Québecor est celle qui poursuit le site satirique du «Journal de Mourréal», son avocat a ouvert sa cause en se défendant de s’en prendre à la liberté d’expression.

Dans ses remarques d’ouverture, Me Marek Nitoslawski a immédiatement centré la cause sur l’usage de la marque de commerce du Journal de Montréal, reprochant au site satirique de l’avoir «appropriée, déformée de façon servile» dans le seul but de s’appuyer sur sa notoriété pour générer des visionnements et, donc, des revenus.

Tant le logo du site satirique que son adresse internet — ce qui est appelé l’URL — sont identiques à ceux du Journal de Montréal à l’exception de deux lettres qui ont été changées pour créer le mot «Mourréal».

Le Journal critiqué par erreur

Premier témoin appelé à la barre, le vice-président aux contenus numériques de Québecor, Mathieu Turbide, est venu présenter au tribunal des courriels de lecteurs envoyés au Journal de Montréal pour se plaindre de la publication de fausses informations, plaintes qui visaient en fait des articles du «Journal de Mourréal».

«Si cette personne nous pose cette question, c’est qu’elle pense que la nouvelle vient de chez nous», a fait valoir le témoin après avoir lu un courriel d’une lectrice se demandant pourquoi le Journal de Montréal avait publié une fausse nouvelle.

Il a également présenté une série de captures d’écran de Facebook où des gens s’en prenaient au Journal de Montréal, le qualifiant de «feuille de chou» et autres épithètes moins polies sous des publications ou des partages du «Journal de Mourréal».

«Pour nous il y a un risque assez évident de confusion et ensuite, après la confusion, une dégradation de la marque», a avancé le gestionnaire.

«À partir du moment où les gens commencent à avoir un doute que quand ils lisent nos contenus, que ce n’est pas nécessairement vérifié ou ce n’est pas vrai, (…) il y a une atteinte à la réputation et à la crédibilité de notre marque», a insisté M. Turbide, ajoutant qu’il était clair dans son esprit que «des gens sont sortis avec une opinion négative du Journal de Montréal à la suite de la consultation de ces contenus».

Une pente à remonter depuis longtemps

Mathieu Turbide n’a pas hésité, d’ailleurs, à reconnaître que le Journal de Montréal a déjà une pente à remonter en termes de crédibilité, et ce, depuis longtemps, «étant un tabloïd à la base avec parfois une réputation historique qui n’est pas méritée».

«On se bat contre ça depuis des décennies. Le Journal de Montréal, c’est une salle de rédaction de 100 personnes, c’est un bureau d’enquête, le plus important bureau de journalistes d’enquête au Québec, ce sont des nouvelles très sérieuses qui font très souvent l’actualité un peu partout, qui retentissent un peu partout, jusqu’au parlement.»

Selon lui, des gens qui trouvent un contenu déplacé, faux, vulgaire ou insensé et qui l’attribuent erronément au Journal de Montréal à cause de la confusion provoquée par le site satirique, «lorsqu’ils vont voir des contenus provenant du Journal de Montréal, le vrai, ils ne viendront pas lire. Ils vont se dire que ce journal est rendu à publier n’importe quelle niaiserie pour attirer des clics.»

Mathieu Turbide avait amorcé son témoignage en rappelant qu’il est devenu très difficile pour un média de se différencier sur le web avec la multiplication des sources d’information qu’on y trouve et qu’à une époque où se multiplient les fausses nouvelles, le nom d’une source devient très important puisqu’il rassure les internautes quant à la provenance de l’information.

Contre-interrogatoire inhabituel

C’est l’un des créateurs du site, Janick Murray-Hall, qui est lui-même poursuivi, qui a contre-interrogé M. Turbide puisqu’il se représente lui-même.

Étonnamment bien préparé, il a réussi à mettre en preuve que Québecor avait beaucoup tardé avant d’intenter une poursuite, attendant près de 30 mois après avoir été informé de l’existence du site pour porter l’affaire devant la Cour, une attente qui laisse croire selon lui que «le préjudice allégué n’est pas terrible».

Il a également présenté des articles provenant de plusieurs plateformes d’information de Québecor, que ce soit Journal de Montréal, l’Agence QMI ou TVA Nouvelles, portant sur des imbroglios causés par le site satirique où l’on fait référence au «Journal de Mourréal» comme étant «un site internet satirique bien connu dans la province», dans le but de démontrer que la distinction entre les deux est généralement bien établie chez les lecteurs.

Quant aux reproches de contenus choquants, déplacés ou vulgaires, Janick Murray-Hall a confronté le haut dirigeant de Québecor à des publications portant sur des sujets scabreux sur le site du Journal de Montréal, mais Mathieu Turbide a répliqué qu’il s’agissait là de contenus publiés dans le Sac de Chips, l’onglet humoristique du Journal, et qu’ils portaient tout de même sur des événements réels.

Lorsque Janick Murray-Hall lui a demandé s’il considérait alors qu’il s’agissait de nouvelles d’intérêt public, Mathieu Turbide a simplement répondu: «Je n’ai pas dit ça».

Une simple affaire de marque de commerce

D’entrée de jeu, Me Nitoslawski avait insisté sur le fait que Média QMI est «pour la liberté d’expression (…), n’est pas contre la parodie (…) ne veut pas taire la satire et encore moins fermer le site» du «Journal de Mourréal».

L’avocat a répété que la cause n’en était pas une de liberté d’expression comme le soutient le défendeur, mais bien d’usage illégal d’une marque de commerce, au point où le site satirique avait modifié son propre logo pour maintenir l’apparence de celui du Journal de Montréal à peine deux jours après que ce dernier eut modifié le sien en 2013.

L’autre concepteur du site satirique, Olivier Legault, a au contraire soutenu, à la sortie de l’audience, que «l’exception existe déjà au Canada pour parodier tout ce qui est touché par les droits d’auteur. Notre but, c’est d’obtenir que les marques de commerce soient atteintes par exactement les mêmes exceptions que les autres propriétés intellectuelles au Canada.»

Et il a été très clair sur le fait que le choix du Journal de Montréal comme cible était délibéré: «On le fait parce qu’ils sont les plus « l’fun » à parodier. Le Devoir, sans vouloir rien enlever au Devoir, ce n’est pas assez divertissant pour le parodier. (…) Il n’y a pas de sensationnel. Ce qui est « l’fun » à parodier, c’est justement des trucs « trash ».»

Fait à noter, les données fournies par les responsables du «Journal de Mourréal» démontrent que celui-ci a recueilli 53 550 $ de 2013 à 2019 en revenus publicitaires avec le site.

Durant son témoignage, Mathieu Turbide a aussi fait valoir qu’il en coûte «des millions de dollars» annuellement pour faire la promotion du Journal de Montréal.

Janick Murray-Hall et son collègue Olivier Legault, qui ont créé le site satirique, avaient laissé entendre qu’ils se présenteraient déguisés en Cour. M. Murray-Hall s’est plutôt présenté en jeans et chemise par-dessus un t-shirt, mais son collègue Olivier Legault portait un smoking.

Le ménage du printemps commence à Montréal

C’est le 1er avril que les cols bleus de la Ville de Montréal ont commencé le ménage de printemps de la métropole.

Du ramassage des détritus qui se sont amassés sous la neige pendant l’hiver au nettoyage des rues et des trottoirs, la corvée devrait occuper près de 800 cols bleus pendant quatre à six semaines.

Selon le porte-parole de la Ville, Philippe Sabourin, les employés montréalais auront notamment beaucoup à faire pour nettoyer l’important volume d’abrasifs déversés dans les rues au cours de ce rude hiver. « Il va falloir passer le balai-brosse, les aspirateurs. Ramasser tout ce fondant et ce résiduel-là de roches qu’on a utilisés durant l’hiver. On a utilisé au-delà de 200 000 tonnes d’abrasifs. Alors il va falloir récupérer ça et en disposer adéquatement », a-t-il commenté.

Les opérations de nettoyage printanier sont cependant tributaires de la météo, puisqu’une température trop froide ne permet pas de recourir aux équipements qui utilisent de l’eau.

Pour ceux qui sont désireux de débarrasser des lieux publics de leur quartier des saletés hivernales, il est aussi possible de se joindre à des corvées citoyennes ou d’en organiser.

Les renseignements pour proposer une idée ou pour participer à une corvée se trouvent à cette adresse : https://ville.montreal.qc.ca/corvees/ (Nouvelle fenêtre).

L’an dernier, plus de 24 000 personnes avaient participé à 551 de ces corvées.

Le 1er avril et le stationnement

Le Service de police de la Ville de Montréal a tenu à rappeler aux Montréalais qu’ils doivent désormais redevenir attentifs aux panneaux indiquant les périodes d’interdiction de stationnement qui visent à permettre l’entretien des rues et des voies cyclables. Celles-ci redeviennent en vigueur le 1er avril, après quatre mois d’interruption.

Les automobilistes utilisant des stationnements à parcomètre ont quant à eux vu leur facture augmenter lundi.

Les tarifs horaires augmentent de 0,25 $ par heure dans tous les arrondissements. Dans les stationnements de type Parcojour du Plateau-Mont-Royal, l’augmentation est de 0,50 $ par jour.

La Ville affirme que la majorité de ces tarifs n’ont pas subi d’augmentation depuis une dizaine d’années.

Le dégriffage des chats doit être interdit au Québec, selon la SPCA

L’Ordre des médecins vétérinaires du Québec (OMVQ) subit les pressions d’une nouvelle campagne demandant aux spécialistes de mettre fin à l’amputation partielle des doigts des chats, une pratique mieux connue sous le terme de dégriffage.

Cette campagne, lancée pour la SPCA de Montréal, vise à sensibiliser la population sur les revers d’une telle chirurgie qui consiste à amputer la troisième phalange de chaque doigt du félin. L’organisme souhaite principalement que l’OMVQ interdise cette pratique dans la Belle Province.

«Le dégriffage est une chirurgie évasive, cruelle et non nécessaire. Il y a déjà quatre provinces canadiennes qui l’ont interdite et trois autres ont annoncé des interdictions imminentes. On croit que le Québec est prêt à suivre le pas», a affirmé au «24 Heures» Me Sophie Gaillard, avocate pour la SPCA.

À l’international, une trentaine de pays ont aboli cette pratique, dont la France, le Royaume-Uni, l’Australie, l’Allemagne, l’Autriche et la Belgique.

Les vétérinaires doivent parler du dégriffage des chats et des différents options : entrevue avec la Dre Caroline Kilsdonk présidente, Ordre des médecins vétérinaires

Taxi : un dialogue de sourds, dit un porte-parole des chauffeurs après la réunion

Des représentants des chauffeurs de taxi sont sortis amèrement déçus d’une rencontre avec des fonctionnaires du ministère des Transports, lundi, à Montréal.

Espérant établir un dialogue, ils ont plutôt eu une fin de non-recevoir sur leur demande d’une pause de deux semaines des travaux parlementaires sur le projet de loi 17, qui vise notamment une déréglementation de l’industrie, a indiqué le porte-parole du Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec, Abdallah Homsy.

« Quand vous mettez 22 000 familles en faillite, et vous savez très bien que c’est ça qui est en train d’arriver, et vous n’êtes pas sensibles au fait de prendre deux semaines, il y a un problème », a exprimé en entrevue, lundi soir, M. Homsy.

Les représentants des chauffeurs de taxi souhaitaient aussi convaincre le ministère des Transports de faire une étude sur les répercussions de la déréglementation projetée, notamment sur ses coûts sociaux.

Mais selon M. Homsy, le dialogue ne s’est tout simplement pas ouvert lors de cette rencontre de plusieurs heures.

« Ils ont voulu travailler sur des articles de loi, alors que la base la plus importante, c’est le principe de ce projet de loi », a-t-il fait valoir.

Le ministre des Transports, François Bonnardel, a annoncé une déréglementation de l’industrie du taxi qui prévoit notamment la fin du contingentement, faisant ainsi chuter le prix des permis.

Québec offre en retour aux chauffeurs et propriétaires de taxis un dédommagement de 250 millions de dollars pour une deuxième année consécutive, mais cela est insuffisant aux yeux des chauffeurs. Des chauffeurs ont payé leur permis de taxi 200 000 $ et certains détiennent plus d’un permis.

La semaine dernière, le ministre des Transports a précisé que la somme de 500 millions de dollars sur deux ans était finale et qu’elle respectait la capacité de payer des Québécois. Devant la grogne des chauffeurs, il a fait valoir que ceux-ci pourront bénéficier d’un fardeau administratif moindre, après sa réforme, et qu’ils pourront imposer une « tarification dynamique », qui peut varier.

On se présente ici pour demander une chose : faire une étude sérieuse, indépendante, transparente, une étude d’impact, les coûts sociaux et ce qui arrive.

Le porte-parole du Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec, Abdallah Homsy avant d’entrer au ministère des Transports

Le gouvernement Legault, selon lui, a agi de façon prématurée sans mesurer pleinement les conséquences économiques et humaines de la déréglementation projetée. « On n’est pas certain qu’ils ont toutes les études nécessaires. Ils sont en train de lancer des chiffres à gauche et à droite », a critiqué M. Homsy.

« Si le premier ministre ou le ministre veut négocier, je l’invite à négocier premièrement avec Uber. Nous, on n’a pas demandé à être exproprié. [Le ministre Bonnardel dit] qu’il n’a pas les moyens de payer, bien tant mieux, car nous on n’a pas demandé à être expropriés. Qu’il commence par s’asseoir avec Uber au lieu de protéger Uber », s’est exclamé M. Homsy.

Il a aussi invité le premier ministre, le ministre des Transports et les membres du gouvernement à faire preuve de retenue dans le choix de leurs mots, la situation actuelle étant « critique », a-t-il affirmé. La semaine dernière, le propriétaire de plusieurs permis de taxi a fait une tentative de suicide en direct à la télévision.

« Il faut qu’on soit sérieux et transparent parce qu’il y a des vies en jeu », a lancé M. Homsy.

À la suite de la rencontre, M. Homsy ne s’est pas avancé sur d’éventuels autres moyens de pression. « C’est certain qu’il y aura des réactions. On va discuter avec la base aujourd’hui et demain, et on va voir », a conclu le représentant.