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Simon Laplace : «les Français éprouvent une certaine tendresse pour Jacques Chirac»

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Son nom est connu de tous les Français mais il demeure à bien des égards un mystère. Dans son livre «Jacques Chirac, une histoire française» (Editions Nouvelles Sources), paru ce mardi 18 juin, Simon Laplace dresse un portrait juste et précis de l’ancien chef de l’Etat et retrace l’ensemble de son parcours politique. Un ouvrage fouillé et accessible.

Depuis ses origines familiales corréziennes jusqu’à la mairie de Paris, ses deux élections présidentielles remportées, dont celle marquée par son face-à-face avec Jean-Marie Le Pen, et bien d’autres épisodes encore, l’auteur, jeune trentenaire haut fonctionnaire et élu municipal à Niort (Deux-Sèvres), revient ainsi sur chaque étape de la vie publique de l’ancien président de la République.

Préfacé par Bruno Le Maire, ce récit chronologique fidèle n’évite pas pour autant les «affaires» et scandales entachant son accession au pouvoir.

Mais on conservera avant tout en mémoire le souvenir d’un homme politique hors du commun, héritier du général de Gaulle et de Pompidou, au destin indissociable de l’histoire de la Ve République.

Pourquoi avez-vous décidé d’écrire ce livre ?

Parce que Jacques Chirac est avant tout le président de mon enfance. Sa victoire à l’élection présidentielle de 1995 constitue mon premier souvenir historique et politique.

Je suis né en 1987 et j’ai aussi grandi avec l’élection du 21 avril 2002 lors de laquelle il s’est retrouvé face à Jean-Marie Le Pen et cela m’a beaucoup marqué.

Avec mon regard, qui est donc celui d’un jeune trentenaire et d’un élu local, j’ai ainsi eu envie de redécouvrir l’homme dans sa vérité et, sur le plan politique, de trouver ce qu’il a encore à nous dire dix ou vingt ans après.

Avez-vous rencontré des proches de l’ancien chef de l’État pour écrire votre ouvrage ?

L’idée du livre m’est aussi venue en ayant côtoyé des gens qui l’ont connu. Bruno Le Maire, qui a préfacé le livre bien sûr, mais aussi Jérôme Grand d’Esnon, l’ancien directeur de campagne de ce dernier et éminent chiraquien.

Mais ma démarche a été plutôt de revenir aux sources écrites, aux témoignages déjà formulés au sujet de Jacques Chirac. De toutes les analyser et de les rassembler. Puis de voir, avec plusieurs années de recul, quelle était la cohérence du parcours de l’ancien chef de l’Etat.

Outre l’ascension politique, votre livre lève aussi le voile sur son intimité et montre notamment son ouverture sur le monde, sa passion pour les arts et les cultures orientales. Les Français le connaissaient-ils mal, selon vous ?

Contrairement aux apparences, Jacques Chirac est un homme très pudique. Il s’est constitué l’image d’un homme aux goûts très simples, aimant la bière et la tête de veau, alors qu’il est, aussi, quelqu’un de très érudit.

Ce mystère Chirac, pour reprendre le qualificatif employé par Pierre Péan dans son ouvrage «L’inconnu de l’Elysée», tient en effet aussi par son amour méconnu pour les arts premiers et les civilisations lointaines, orientales en particulier.

Une passion qui lui vient de très loin puisqu’elle remonte à son adolescence. C’est d’ailleurs quelque chose qui va l’influencer profondément et façonner sa vision de l’homme et du monde.

Tout au long de sa vie, Jacques Chirac s’est employé à respecter le principe d’égalité entre les Nations, le droit international.

Son action politique reste marquée par une certaine vision de la dignité humaine, avec la lutte contre l’extrême-droite, le respect du modèle social français ou encore le principe de solidarité avec les plus faibles.

Comment expliquez-vous la sympathie qu’il suscite encore aujourd’hui, sa popularité ?

Beaucoup de Français, qu’ils soient de gauche ou de droite, éprouvent une certaine tendresse à l’égard de Jacques Chirac.

Sa popularité est bien sûr en partie celle que tous les anciens présidents peuvent avoir et, d’une certaine manière, est due également à une sorte de nostalgie envers une époque, allant des années 1970 à 1990. Une période empreinte de liberté, où la vie était plus simple.

Mais je pense surtout qu’il y a une équation personnelle de Chirac qui est faite d’humanité, d’un vrai sens du contact. C’est quelqu’un qui aimait vraiment le contact humain.

Il y avait aussi cette personnalité, à la fois brouillonne et réfléchie, à la fois homme de tradition et de modernité, Gaulois et très ouvert sur le monde.

Il est «le plus exceptionnel de tous les Français moyens» pour reprendre la citation de Jean D’Ormesson utilisée pour qualifier Georges Pompidou, Chirac est très pompidolien dans sa formation et dans son caractère.

Il correspond enfin à une certaine idée française du style présidentiel. A la fois digne et accessible. Je pense que cela peut aussi expliquer en partie pourquoi il reste un président dont les Français gardent un bon souvenir.

Votre ouvrage aborde aussi les sujets qui fâchent, comme les «affaires» ou la malheureuse formule «Le Bruit et l’odeur», employée en  1991 pour parler des immigrés. Pensez-vous que tout est pardonné aujourd’hui ?

Je pense d’abord que dans tout parcours humain – et a fortiori politique – il y a forcément des erreurs et des pages plus obscures que d’autres. Et, pour le coup j’aurais failli à mon devoir d’honnêteté intellectuelle si je n’en avais pas parlé.

Pour les affaires, c’était aussi une autre époque. Si, aujourd’hui, on est entré dans le «nouveau monde» et qu’il y a une attente d’exemplarité de la part des politiques, le contexte à l’époque de Jacques Chirac était totalement différent.

Je rappelle qu’il arrive en politique dans les années 1960, une période qui n’a rien de comparable en termes de financement et de fonctionnement des partis politiques.

Bien sûr, cela ne rend pas les affaires légales ou excusables, mais celles-ci se sont déroulées dans un contexte précis qui pose tout le cadre de la vie politique de l’époque.

Quel est son plus grand moment politique selon vous ? 

Les amateurs de politique retiendront probablement la présidentielle de 1995 où, contre toute attente, il déjoue en quelques mois tous les pronostics, jusqu’à atteindre la victoire.

Mais pour les Français en général, ce sera peut-être l’année 2003, lorsqu’il va s’elever au nom de la France – et en porte-voix de beaucoup d’autres nations du monde – contre l’intervention des Etats-Unis en Irak.

Il est à ce moment-là, et comme à d’autres moments de sa présidence,  fidèle à cet idéal gaullien de la France et de la fonction présidentielle.

Il est impossible de parler de Jacques Chirac sans aborder son épouse Bernadette. Quel a été son rôle durant toutes ces années ?

Bernadette Chirac a un rôle double et essentiel. Elle à la fois celle qui tient la maison, qui met de l’ordre dans la vie personnelle du président. Elle est la mère de famille frappée de plein fouet par la maladie de leur fille Laurence.

Mais elle a aussi un rôle politique dès le départ. Ainsi, dès les années 1970 et à la demande de son mari, elle s’engage politiquement en Corrèze, d’abord comme conseillère municipale, puis comme conseillère générale.

C’est d’ailleurs grâce à son élection, en 1979, que la droite conservera la présidence de la Corrèze. Bernadette Chirac a enfin ce rôle de conseillère politique «officieuse» auprès de son mari.

C’est ainsi elle qui obtiendra le renvoi des conseillers politiques occultes de Jacques Chirac, Pierre Juillet et Marie-France Garaud.

Surtout, pendant la campagne pour la réélection de son époux en 2002, elle fait preuve d’un flair politique hors-pair puisqu’elle voit la présence de Jean-Marie Le Pen face à Jacques Chirac au second tour.

Depuis toujours, Bernadette Chirac se déplace énormément en France. Elle a beaucoup de contacts et – en dehors du cadre très policé et très habituel des meetings – elle a ce talent de «sentir» les gens et les événements.

Après le fiasco des dernières Européennes, la droite va mal. Diriez-vous qu’il faudrait un Chirac pour la remettre sur pied ?

Je pense qu’avec un Chirac, la droite ne serait pas forcément dans l’état dans lequel elle se trouve aujourd’hui. Ce qui caractérise l’influence chiraquienne, c’était une droite de rassemblement en lien avec l’idéal gaulliste et pompidolien.

C’était une droite qui conciliait libéralisme et progrès social, menant une politique étrangère forte, et restant mesurée sur les sujets de société, tout en réunissant toutes les familles et tous les courants au sein d’un consensus commun.

Aujourd’hui, on voit une droite qui se recroqueville et qui se coupe de toute une partie de la population en assumant un discours très dur, que ce soit sur les questions de société ou les questions économiques.

En somme, je pense que si la droite en est là aujourd’hui – et si d’ailleurs Emmanuel Macron en est là lui-même aujourd’hui – c’est précisément parce que la droite a oublié tous ces messages fondamentaux du chiraquisme.

Que reste-t-il de Chirac aujourd’hui ? Quel est l’homme politique contemporain qui, d’après-vous, se rapproche le plus de lui ?

Il y a une influence Chirac certaine chez beaucoup d’hommes politiques. En fait, Jacques Chirac représente une figure que beaucoup à droite continuent de porter.

Bruno le Maire, pour ne citer que lui, est forcément marqué par la vision humaine et internationale de Chirac. Mais, d’une certaine façon, on peut chez Emmanuel Macron retrouver aussi une certaine influence chiraquienne, dans la nécessité de réformes alliant sauvegarde du modèle social.

Mais, dans l’ensemble, je serais bien en peine de vous citer «le nouveau Chirac . Je pense d’ailleurs que c’est aussi à cela que l’on mesure l’importance et la singularité du personnage.

Dernière question : il existe beaucoup de photos sur Jacques Chirac et, finalement, sur la couverture du livre, ne figure que son emblématique paire de lunettes. Pourquoi ce choix ?

C’est un pari stylistique de l’éditeur qui voulait faire une couverture originale. La plupart des biographies politiques, ou ouvrages historiques, ont bien souvent en couverture le portrait de la personnalité considérée.

Notre idée était plutôt de contourner cette «règle» par une sorte de clin d’œil, en mettant cette paire de lunettes. Un symbole du personnage Chirac et de son époque.

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Denis Coderre propose un marché public dans le Vieux-Montréal

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Denis Coderre promet d’implanter un marché public au marché Bonsecours, dans le Vieux-Montréal, s’il est porté au pouvoir en novembre prochain. Cette proposition fait suite à une rencontre qu’il a eue la semaine dernière avec les commerçants du marché Bonsecours. Mais ceux-ci préviennent qu’ils ne souhaitent pas des étals de fruits et de légumes semblables à ceux des marchés Jean-Talon et Atwater.

« Ville-Marie a besoin d’un marché et le marché Bonsecours pourrait être un marché public, au même titre qu’Atwater et Jean-Talon », a soutenu Denis Coderre jeudi matin, alors qu’il présentait les candidats de son équipe dans les arrondissements de Rosemont–La Petite-Patrie et d’Outremont. Selon le candidat, ce projet permettrait de faire du marché Bonsecours un lieu de destination pour les touristes, mais aussi pour les Montréalais. Il a indiqué avoir rencontré l’ensemble des commerçants à ce sujet la semaine dernière.

Denis Coderre a précisé qu’il habitait non loin du marché Bonsecours et qu’il pourrait aller chercher ses fruits et légumes à pied. Au passage, il a affirmé que le bâtiment patrimonial était dans un état « pitoyable » et qu’il faudrait y voir.

Jointe par Le Devoir, Anne de Shalla, propriétaire de la boutique Signatures Québécoises du marché Bonsecours, confirme que les commerçants ont rencontré M. Coderre pour lui présenter leur vision d’avenir. Mais dans le plan d’affaire présenté au candidat à la mairie, il n’était pas envisagé que le marché Bonsecours devienne un marché de fruits et légumes uniquement, a-t-elle expliqué. Les commerçants souhaitent simplement que le marché Bonsecours soit doté de la même structure administrative que les marchés Atwater et Jean-Talon, a-t-elle indiqué.

« On voudrait gérer le marché Bonsecours nous-mêmes. On aimerait prendre la relève des fonctionnaires », a-t-elle dit en évoquant des lacunes telles que l’entretien des lieux et les heures d’ouverture jugées inadéquates par les commerçants. À l’heure actuelle, le marché Bonsecours abrite des boutiques de mode, d’artisanat et de bijoux.

« Notre vision, c’est de rendre le marché Bonsecours comme un marché public avec les mêmes droits que le marché Atwater ou le marché Jean-Talon », précise-t-elle. « On voudrait continuer avec les produits qu’on a déjà et ajouter des produits du terroir, mais on ne veut aucunement ressembler au marché Jean-Talon ou au marché Atwater pour ce qui est du contenu. »

Le marché Bonsecours, qui accueillait 15 commerces avant la pandémie, n’en compte plus que huit. Comme des espaces sont demeurés vacants, Mme de Shalla évoque la possibilité d’ajouter des boulangeries, charcuteries, des comptoirs de plats à emporter, des pop-up shops, ainsi que des boutiques proposant des produits du terroir. « On ne va pas se mettre à vendre des salades sur le parvis Bonsecours. Ce n’est pas ça l’objectif. »

En après-midi, Ensemble Montréal a soutenu que le projet de transformation du marché Bonsecours serait précisé à automne. « Quoi qu’il en soit, M. Coderre, qui a rencontré les marchands du marché Bonsecours, souhaite bien sûr répondre aux besoins exprimés par les commerçants », a indiqué Elizabeth Lemay, attachée de presse chez Ensemble Montréal.

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Nous sommes de retour»: les festivals d’été reprennent à Montréal

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Dans le quartier des spectacles, des tests de son étaient en cours vendredi soir sur la scène d’une comédie musicale — au deuxième jour du festival Juste pour rire. Les billets pour de nombreux spectacles en plein air gratuits du festival — limités par la réglementation COVID-19 — avaient trouvé preneurs.

Deux coins de rue plus loin, une centaine de personnes assistaient à une prestation acoustique du Isaac Neto Trio – dans le cadre du dernier week-end du Festival international Nuits d’Afrique, une célébration de la musique du continent africain et de la diaspora africaine.

Alors que la capacité des sites est limitée en raison de la pandémie de COVID-19, les organisateurs du festival se disent heureux d’être de retour, mais attendent avec impatience l’année prochaine en espérant que les restrictions aux frontières et les limites de capacité n’affecteront pas leurs plans.

Charles Décarie, le président-directeur général du Groupe Juste pour rire, a déclaré qu’il s’agissait d’une «année de transition» et que son équipe a conçu un festival en naviguant à travers les contraintes imposées par la Santé publique.

Lorsque la planification a commencé en février et mars, les organisateurs ont planché sur une multitude de scénarios avec différentes tailles de foule, allant de l’absence de spectateurs à la moitié de la capacité habituelle, a déclaré M. Décarie.

«Vous devez construire des scénarios, a-t-il expliqué. Vous devez planifier un peu plus que d’habitude parce que vous devez avoir des alternatives.»

Comme par le passé, les festivals incluent à la fois des spectacles en salle payants et des représentations en plein air gratuites. À l’extérieur, il y aura moins de scènes et des foules plus petites que dans les dernières années, a précisé M. Décarie. Les spectacles en salle fonctionneront à 30 % de leur capacité, tandis que les spectacles à l’extérieur auront environ 10 à 20 % de du nombre de spectateurs d’avant la pandémie.

«Normalement, nous accueillons environ un million de personnes pendant les festivals sur 15 jours, et cette année, nous serions heureux si 200 000 personnes nous rendent visite au cours des deux prochaines semaines», a indiqué M. Décarie.

Au Québec, les événements extérieurs ont une capacité maximale de 5000 personnes, qui doivent être divisées en sections distinctes de 500 personnes. Les événements en salle sont limités à 3500 spectateurs, qui doivent s’asseoir en sections de 250 personnes, avec des entrées et des toilettes séparées pour chaque section.

En raison des restrictions frontalières, que M. Décarie qualifie de «préoccupation majeure», certaines prestations sont filmées à New York et à Los Angeles et seront diffusées en ligne.

«C’est ainsi que nous avons pu joindre des talents internationaux, a-t-il déclaré. Nous avons décidé de changer notre façon de procéder, et nous sommes allés vers eux.»

Les spectacles en personne mettront pour leur part en vedette des artistes locaux, a-t-il déclaré.

D’autres festivals montréalais affirment également qu’ils prévoient de contourner les restrictions frontalières en se concentrant sur les artistes locaux.

Le Festival international Nuits d’Afrique présente des artistes locaux et des prestations enregistrées des années précédentes, a mentionné vendredi la directrice générale et co-fondatrice du festival, Suzanne Rousseau.

«Les premières nuits, en particulier, étaient incroyables», a-t-elle déclaré à propos du festival, qui a débuté le 6 juillet et se poursuit jusqu’à dimanche. Les artistes disaient: «C’est mon premier spectacle devant public depuis un an et demi».»

Le volet extérieur du festival consiste en deux petites scènes de style «cabaret», a commenté Mme Rousseau. Au lieu d’une scène principale, un spectacle son et lumière est projeté sur un bâtiment. Il présente des prestations filmées qui portent sur les 35 ans d’histoire du festival.

«Ce qui est important, c’est que les festivaliers puissent venir voir des spectacles en personne, a-t-elle déclaré. Et d’avoir des prestations en ligne pour les gens qui ne peuvent pas se rendre à Montréal ou qui ne peuvent pas voyager.»

Mme Rousseau a affirmé qu’elle espère conserver certains des volets en ligne dans les années à venir, mais qu’elle souhaite également organiser un festival plus important l’année prochaine.

«On est vraiment content d’avoir fait un festival cette année, ça nous prépare pour l’année prochaine, a-t-elle déclaré. Cela nous donne l’ambition d’être prêts à recevoir plus de monde, plus de performances et une expérience complète.»

Certains des grands festivals d’été de Montréal, dont le Festival international de Jazz de Montréal, ont été repoussés au mois de septembre. Mme Rousseau a toutefois soutenu qu’elle n’avait jamais envisagé de retarder l’édition de cette année du festival Nuits d’Afrique.

«C’est vraiment important d’être là pendant l’été. Il n’y avait aucun doute que nous allions le faire», a-t-elle déclaré.

Francis Bouchard, un porte-parole de Tourisme Montréal, un organisme à but non lucratif qui fait la promotion du secteur touristique de la ville, a indiqué qu’avec les événements reportés, la période des festivals durera jusqu’en octobre de cette année. Il est encourageant, a-t-il dit, de constater que des festivals et des événements qui ont été reportés ou annulés l’année dernière soient de retour cet été et cet automne.

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Forte augmentation du prix des maisons dans le Grand Montréal

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Des actions concrètes pour pallier la crise du logement sont demandées à Québec et Ottawa, alors qu’il s’avère de plus en plus difficile pour les premiers acheteurs de se procurer une maison. Le prix d’une propriété dans le Grand Montréal a grimpé de 21,7% au cours du deuxième trimestre de l’année, selon une étude de l’entreprise immobilière Royal LePage.

En moyenne, il faut désormais 514 000$ pour s’acheter une maison. Ce montant est calculé en fonction de tous types de propriétés disponibles, que ce soit sur le marché de la revente ou parmi les nouvelles constructions.

Les appartements en copropriété sont également plus dispendieux, atteignant un prix moyen de 405 000$, considérant une hausse de 14,1%.

Se loger représente un défi de plus en plus grand, «même pour la classe moyenne», a convenu la mairesse de Montréal Valérie Plante en conférence de presse, mardi. Selon elle, cette surchauffe immobilière est l’un des plus grands défis qui attendent «les grandes villes qui réussiront à se démarquer à l’international».

Elle demande toutefois de l’aide du gouvernement du Québec, notamment pour limiter les reventes rapides. Celles-ci sont en hausse, confirme-t-on dans un rapport publié par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). «Quand il est question du prix des maisons, je n’ai pas beaucoup d’outils juridiques, se désole-t-elle. Il faut prévoir plus de contrôle à Québec.»

Inciter les entrepreneurs

La Ville de Montréal a également un rôle important à jouer dans l’abordabilité des maisons, convient toutefois le professeur titulaire de la faculté d’architecture de l’Université McGill, Avi Friedman. Selon lui, les villes doivent exiger que des logements sociaux soient inclus dans les projets des entrepreneurs en construction avant de leur octroyer un permis.

«Les villes doivent faire preuve de créativité lors du zonage des lieux. Souvent, elles n’exigent pas un retour de la part des promoteurs en termes d’accessibilité financière pour leur permettre de construire des immeubles de grande hauteur.»

Avi Friedman, professeur titulaire de la faculté d’architecture de l’Université McGill

Le gouvernement provincial pourrait également subventionner les entrepreneurs pour les projets de construction de maisons à prix abordables, suggère-t-il.

«C’est quelque chose qui a été fait en Ontario, dans les années 80 et 90. Une des raisons derrière cette crise majeure, c’est que les maisons sont trop grandes: les entrepreneurs n’ont aucune raison d’en construire des petites. Le gouvernement doit adopter des mesures plus sérieuses, plus agressives.»

«Malheureusement, plusieurs jeunes ne seront jamais capables de s’acheter une maison dans la région de Montréal. Dans la dernière année, le gouvernement a instauré beaucoup d’efforts en matière d’aide à l’emploi, maintenant, il doit faire la même chose pour l’habitation.»

Avi Friedman, professeur titulaire de la faculté d’architecture de l’Université McGill

Ralentissement prévu

S’il n’en tient qu’au directeur général de Royal LePage, il faut cependant s’attendre à ce que ces «hausses extrêmement élevées» des prix des maisons soient «derrière nous».

«La période d’appréciation record des prix des maisons a été stimulée par une crise sanitaire sans précédent de notre histoire récente. Le retour à des taux d’appréciation plus modérés se fera de manière organique à mesure que l’économie se rééquilibrera et que la population s’appropriera des habitudes de consommation post-pandémie», explique-t-il.

L’inventaire de logements disponibles pourrait être bonifié par la vente future des baby-boomers. 62% des membres de cette génération possèdent des propriétés de Montréal. Parmi eux, 35% considéraient vendre leur propriété au cours des cinq prochaines années, selon un sondage de Royal LePage.

De ce groupe, la majorité cherchera toutefois à s’acheter une maison détachée, ce qui pourrait créer une compétition avec les premiers acheteurs.

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