Recensement: Statistique Canada révise sa question sur l’origine ethnique

OTTAWA — Des responsables de Statistique Canada estiment que deux fois plus de personnes auraient pu s’identifier comme juives dans le cadre du recensement de 2016 si le questionnaire avait été formulé d’une manière légèrement différente.

Le nombre de personnes s’identifiant comme ethniquement juives est en baisse depuis 2001, mais la dégringolade de 53,6 pour cent observée entre 2011 et 2016 a largement excédé les baisses enregistrées entre les cycles de recensement précédents.

Si les tendances en matière de réponse s’étaient maintenues, le recensement aurait permis d’identifier entre 270 000 et 298 000 personnes juives au pays en 2016, au lieu des quelque 144 000 personnes juives recensées, indique un récent rapport technique de Statistique Canada.

L’agence fédérale fait valoir que le déclin enregistré ne peut pas être expliqué par les décès, l’émigration ou encore des erreurs dans la compilation des données.

Le déclin serait plutôt imputable à la reformulation de la question sur les origines ethniques et culturelles, estime-t-on.

La mention «juif» avait été retirée de la liste d’exemples accompagnant cette question, ce qui pourrait avoir porté certains répondants à croire qu’elle concernait seulement les origines liées à un pays particulier.

Des groupes ethniques et culturels se fient au recensement pour obtenir un portrait aussi précis que possible du nombre de membres de leur communauté, mais les données servent à plusieurs autres fins.

Élections Canada, par exemple, a évoqué le recensement lundi pour expliquer sa décision de ne pas changer la date du scrutin fédéral cet automne, même si elle coïncide avec une fête observée par les juifs pratiquants qui ne pourront ni voter ni participer à des campagnes ce jour-là.
Une nouvelle version de la question

En vue du prochain recensement prévu en 2021, Statistique Canada a décidé de mettre à l’épreuve une nouvelle version de la question, qui consiste à fournir non pas des exemples d’origine ethniques, mais bien une brève description de leurs différents types, en plus d’un lien vers «une liste exhaustive de plus de 400 origines» pour les répondants ayant besoin d’une aide supplémentaire.

«Cette approche pourrait mitiger l’effet de suggestion proposé par des exemples spécifiques», fait-on valoir dans le rapport technique.

Le retrait complet des exemples n’est toutefois pas une option, puisqu’il pourrait entraîner d’autres risques comme le fait que des répondants ne comprennent pas l’essence de la question.

«Nous sommes un pays qui accommode des identités multiples, mais mesurer ces identités multiples devient de plus en plus complexe», souligne le directeur de l’Association d’études canadiennes, Jack Jedwab.

Les données sur les diverses origines ethniques au sein de la population canadienne risquent selon lui de fluctuer encore davantage dans les années à venir en raison, entre autres, de l’«évolution de la manière que les gens comprennent la notion d’ethnicité» ainsi que l’intérêt grandissant envers les services de généalogie en ligne.

Pénurie d’infirmières: le gouvernement dévoile sa stratégie

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick a dévoilé sa stratégie de dix ans afin de s’attaquer à la pénurie d’infirmières qui sévit dans la province.

La stratégie présentée mardi à Fredericton par le ministre de la Santé et le ministre de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail repose sur quatre piliers: la promotion de la profession, l’amélioration de la formation, le recrutement à l’étranger et l’amélioration de la qualité des emplois et de la conciliation travail-famille.

Le gouvernement provincial espère recruter 130 infirmières de plus chaque année au cours de la prochaine décennie.

«Notre plus grand défi dans le domaine des soins de santé, ce sont les ressources humaines», a déclaré Ted Flemming.

«Si nous n’agissons pas immédiatement, nous allons avoir des problèmes plus tard», a confié le ministre de la Santé, tout en rappelant que de nombreux services ont déjà dû être fermés temporairement dans plusieurs hôpitaux de la province ces derniers mois en raison du manque d’infirmières.

Le Nouveau-Brunswick envisage notamment d’offrir des incitatifs financiers aux étudiantes et aux nouvelles diplômées pour les convaincre d’exercer leur profession dans la province.

Fredericton promet aussi de «recruter activement» des infirmières formées à l’étranger et de faciliter la reconnaissance de leurs diplômes.

De nouveaux fonctionnaires ont d’ailleurs déjà été embauchés pour guider les infirmières étrangères dans leurs démarches.

Au cours des quatre dernières années, à peine 31 diplômées de l’étranger ont demandé à faire reconnaître leurs qualifications au Nouveau-Brunswick et seulement huit y sont parvenues.

Le gouvernement veut également offrir plus rapidement des emplois permanents aux nouvelles infirmières et mieux les encadrer.

«D’autres employeurs recrutent activement des diplômées du Nouveau-Brunswick et leur offre des incitatifs financiers ainsi que des emplois permanents», alors que les deux réseaux provinciaux de la santé se contentent souvent de leur offrir des «emplois occasionnels sans avantages sociaux», indique-t-on dans la stratégie

Le document d’une dizaine de pages contient 21 mesures au total qui ont été élaborées avec différents intervenants comme l’Association des infirmières, le Syndicat des infirmières, les réseaux de la santé et les universités.

Les ministres Ted Flemming et Trevor Holder n’ont pas voulu dire combien d’argent le Nouveau-Brunswick était prêt à investir pour atteindre les objectifs de la stratégie.

Le gouvernement avait été sévèrement critiqué plus tôt cette année pour avoir mis fin à une subvention annuelle de 8,7 millions $ versée depuis 2005 à l’Université de Moncton et l’Université du Nouveau-Brunswick pour accroître le nombre de places dans leurs programmes de science infirmière.

M. Holder, le ministre de l’Éducation postsecondaire, avait alors accusé les deux universités de ne pas avoir créé les places pour lesquelles elles avaient été payées. L’U de M et UNB s’étaient défendues en disant que cet argent suffisait à peine pour maintenir les places actuelles.

Dans la nouvelle stratégie, Fredericton s’engage à «aborder les incohérences entre le nombre de places, la baisse des admissions aux programmes et toute liste d’attente pour accéder aux programmes».

Il n’est cependant pas question dans le plan de rétablir le financement perdu ou d’aider financièrement les universités d’une autre façon.

Pourtant, former des infirmières coûte très cher, surtout en raison du côté clinique, rappelle la directrice de l’École de science infirmière de l’Université de Moncton, Suzanne Harrison.

«Ce n’est pas évident pour les programmes de voir comment nous pouvons aller de l’avant et augmenter le nombre d’inscription lorsque nous n’avons pas nécessairement le financement qui va avec.»

Lors de la conférence de presse, le ministre Holder a indiqué que les universités ne recevraient pas davantage d’argent avant de pouvoir montrer des résultats concrets.

Selon le gouvernement, le nombre d’inscriptions en science infirmière au Nouveau-Brunswick est passé de 522 en 2011 à 325 en 2017.

La question des salaires des infirmières n’est pas non plus abordée directement dans la nouvelle stratégie.

Selon la vice-présidente aux Services cliniques du Réseau de santé Vitalité, Johanne Roy, il s’agit d’un aspect sur lequel la province devra se pencher tôt ou tard.

«Au niveau du salaire, nous ne sommes peut-être pas les plus attrayants au Canada. Si c’est le cas, ça peut être difficile d’attirer des infirmières d’ailleurs au Canada au Nouveau-Brunswick si les conditions salariales sont inférieures.»

Quatre-vingt postes d’infirmières sont actuellement vacants au sein du réseau Vitalité seulement.

NCLEX-RN: des signes d’ouverture

La nouvelle stratégie provinciale en matière de ressources infirmières contient une brève allusion à l’examen NCLEX-RN qui cause tant de problèmes aux diplômés francophones depuis son entrée en vigueur en 2015.

Fredericton promet de «collaborer avec les parties prenantes, afin d’améliorer les processus reliés à l’examen d’admission à la profession».

Interrogé sur cette mesure, le ministre de la Santé, Ted Flemming, a mentionné le besoin d’assurer la disponibilité de plus de ressources préparatoires à l’examen en français.

«Nous devons nous assurer que les étudiants de l’Université de Moncton aient les mêmes ressources et les mêmes possibilités de se préparer à ces examens que n’importe qui d’autre», a-t-il dit.

La présidente de l’Association des infirmières et des infirmiers du Nouveau-Brunswick, Maureen Wallace, qui était présente lors de la conférence de presse, espère recevoir le soutien financier du gouvernement provincial pour effectuer la traduction de ces ressources.

«Les questions de pratique sont disponibles dans les deux langues et l’examen est disponible dans les deux langues. Il nous faut maintenant accroître la disponibilité d’un plus grand nombre de documents préparatoires dans les deux langues.»

L’Association est l’ordre professionnel qui réglemente la profession infirmière dans la province.

Le ministre Flemming et Mme Wallace avaient rendez-vous mardi après la conférence afin de discuter du sujet.

On signale dans la stratégie que le taux de réussite des diplômées néo-brunswickoises à l’examen NCLEX-RN lors de leur première tentative était le «plus bas au Canada» en 2015, 2016 et 2017.

En 2018, le taux de réussite des diplômées de l’Université du Nouveau-Brunswick (84%) était légèrement inférieur à la moyenne nationale (85,6%) alors que celui des futures infirmières de l’Université de Moncton était beaucoup plus bas (64%).

L’U de M continue de réclamer la mise au rencart de l’examen informatisé importé des États-Unis et adapté pour le Canada à la faveur d’un examen conçu au Canada.

NCLEX «est vraiment un obstacle majeur qui désavantage nos diplômées pour l’accès à la profession», déplore la directrice de l’École de science infirmière de l’U de M, Suzanne Harrison.

«L’examen ne reflète pas la pratique d’une infirmière débutante canadienne. Ç’a toujours été notre désir d’avoir un examen canadien avec des outils préparatoires qui vont aider nos étudiantes à devenir des infirmières dans notre pays.»

Commerce.Au Canada, les vins des colonies israéliennes ne peuvent plus porter la mention “Produit d’Israël”

Les vins produits par des colonies juives de Cisjordanie ne pourront plus être distribués au Canada sous l’étiquette “Produit d’Israël”, un haut tribunal canadien jugeant que cela était tout simplement trompeur. Les réactions n’ont pas tardé face à ce jugement aux incidences politiques.

Le tribunal donne ainsi raison à un activiste juif canadien, David Kattenburg, qui, rapporte Radio-Canada, affirmait que l’étiquetage “Produit d’Israël” “facilite l’annexion de facto d’une grande partie de la Cisjordanie par Israël”, constituant “un affront à ma conscience en tant que Juif et à mon engagement envers la primauté du droit en tant que citoyen canadien”.

La juge Anne Mactavish de la Cour fédérale écrit encore : “Les décisions d’achat des particuliers sont une des façons dont ils peuvent exprimer leurs points de vue politiques pacifiquement. Les consommateurs doivent obtenir des renseignements exacts sur la nature des produits en question.”

Pour et contre

Le Jerusalem Post souligne que l’organisation juive B’nai Brith est déçue par le jugement et souhaite que le procureur général du Canada, défendeur dans cette cause qui perdure depuis 2017, porte le jugement en appel.

Si les activistes propalestiniens crient victoire, indique le Times of Israel, un professeur américano-israélien de l’université américaine Northwestern, Eugene Kontorovich, parle d’un jugement partial :

L’Accord nord-américain de libre-échange stipule clairement que les produits de Judée-Samarie font partie du territoire douanier israélien. Et le Canada étiquette les vins du Haut-Karabakh occupé ‘Produit en Arménie’. Cela ressemble donc à une autre règle spéciale réservée à l’État juif.”

Un jugement lourd de portée

L’avocat de David Kattenburg, note le réseau canadien CBC, estime que désormais les consommateurs sont mieux informés. “Si vous privez un consommateur d’informations qu’il juge importantes pour une question de conscience, vous enfreignez les lois canadiennes sur la protection des consommateurs.”

La chaîne québécoise TVA Nouvelles rappelle que l’avocat général de la Cour de justice de l’Union européenne avait confirmé en juin le caractère obligatoire d’un avis du ministère français de l’Économie, qui avait avisé en 2016 les opérateurs économiques “d’ajouter ‘colonie israélienne’ ou une mention équivalente sur les produits alimentaires d’implantations juives de Cisjordanie et du plateau du Golan”.

Le Bloc québécois, plus nécessaire que jamais

La victoire possible de Justin Trudeau aux prochaines élections fédérales du mois d’octobre 2019 rend le Bloc québécois, que l’on croyait mort et enterré, plus nécessaire que jamais.

Le Parti libéral de Justin Trudeau, dont le mandat arrive maintenant à terme, n’a été qu’une succession de mauvaises politiques et de mauvaises décisions pour le Québec en matière économique, politique, sociale et environnementale.

Le nouveau traité de l’ALENA avec les États-Unis et le Mexique a été notamment plus que néfaste pour les producteurs de lait du Québec. La politique de construction navale du Canada continue à se faire au détriment des Chantiers de Lévis, les chantiers d’Halifax et de Vancouver, beaucoup moins performants, obtenant la quasi-totalité des parts du gâteau fédéral et ne laissant que des miettes au Québec.

Une multinationale américaine des télécommunications, Netflix, ne paie toujours pas ses dettes et ses impôts au Canada et au Québec, contrairement à toutes les autres compagnies similaires.

Les immigrants illégaux continuent à entrer de plus belle au Québec, via le chemin de Roxham, sans aucunement être inquiétés pour leur déportation prévisible, car ils constituent une manne inespérée pour des appuis potentiels et inconditionnels au fédéralisme canadien.

Et maintenant, c’est la taxe fédérale sur le carbone qui tombe sous un champ de compétences des provinces, et qui n’a donc pas lieu d’être, car c’est toujours à chaque province de décider comment lutter contre les changements climatiques afin de réduire les GES…

Comme si ce n’était pas assez, le Canada multiculturel et libéral de Justin Trudeau s’oppose au projet de loi de la laïcité du Québec, pourtant appuyé par une large majorité de Québécois, et promet de le combattre devant les tribunaux au lendemain des élections.

Sur la scène internationale, c’est l’ensemble des reculs et des désillusions pour le Canada tant en Europe, en Afrique, en Asie qu’en Amérique latine, autant en matière économique qu’en matière de langues et de culture.

Du côté conservateur et néodémocrate, c’est pratiquement du pareil au même. Désenclaver le pétrole sale de l’Alberta et bâtir des oléoducs et des gazoducs pour contribuer à détruire un peu plus la planète Terre et nous empêcher d’atteindre les objectifs minimaux des accords de Paris et des grandes institutions internationales et négliger de développer les alternatives de lutte contre les changements climatiques.

Bref, rien de réjouissant que tout cela, si ce n’est une ouverture historique de « possibles » pour le Bloc québécois, alors qu’il y a encore peu de temps, on ne donnait pas cher de sa peau et on le croyait pratiquement en voie de disparition.

Avec la nouvelle direction et le leadership intelligent et sérieux de Yves-François Blanchet, c’est à une nouvelle résurgence du Bloc québécois qu’on assiste présentement.

On a réussi à trouver d’excellentes candidatures dans presque tous les comtés fédéraux, et de plus en plus de jeunes rejoignent les rangs et se mobilisent avec enthousiasme dans la perspective de la prochaine élection.

Le financement populaire s’accroît quotidiennement, les dissensions idéologiques se sont estompées pour faire place au réalisme politique de défense des intérêts nationaux du Québec et du peuple québécois, si bien que, dans une hypothèse optimiste, une présence réelle d’une trentaine de députés à Ottawa semble tout à fait vraisemblable, réaliste et possible.

Cela fait rêver à un équilibre des pouvoirs dans un gouvernement minoritaire qui permettrait d’appuyer les demandes et les attentes du Québec indispensables à son développement complet et à son total épanouissement, que ce soit dans ou à l’extérieur du Canada.

Les clients de Desjardins, pas les bienvenus partout

Ouvrir un compte bancaire en ligne ou au comptoir à la Banque Nationale semble être devenu compliqué pour les particuliers déjà membres de Desjardins, rapporte Radio-Canada.

Dans un article publié mardi, la chaîne publique d’information indique en effet que la banque a récemment renforcé ses mesures de sécurité à l’égard des clients du Mouvement. Se demandant si ces derniers sont devenus « toxiques », Radio-Canada souligne que l’ouverture d’un compte bancaire en ligne, par exemple, « n’est plus facilitée comme pour les clients venant d’autres institutions financières ».

Pour en avoir le cœur net, l’auteur de l’article, lui-même victime du récent vol de données au sein de la coopérative, a tenté l’expérience. Résultat, lorsqu’il s’est identifié comme étant déjà un client de Desjardins, il a constaté que le processus d’ouverture du compte en ligne était bloqué. En revanche, il pouvait le faire sans problème s’il indiquait être client d’une autre banque que le Mouvement.

UN PARCOURS SEMÉ D’OBSTACLES

Interrogée par Radio-Canada, la directrice principale des affaires publiques de la Banque Nationale confirme que l’établissement a bien « accru ses mesures de surveillance pour l’ouverture de comptes en ligne ». Marie-Pierre Jodoin ajoute cependant qu’« il n’y a pas de refus systématique » d’accepter les nouveaux clients en provenance de la coopérative. Elle refuse toutefois de fournir davantage de détails sur les mesures de sécurité adoptées par la BN, évoquant seulement des « croisements d’informations ».

Selon un expert en sécurité informatique interrogé par Radio-Canada, les victimes du vol de données chez Desjardins risquent de devoir subir des vérifications plus serrées que les autres clients auprès des banques. « Je ferais la même chose si j’étais à leur place », explique François Daigle, qui travaille pour la firme Okiok.

Jugeant les mesures prises par la BN « normales, appropriées et prudentes », il souligne que les membres du Mouvement doivent s’attendre à mettre « plus de temps » et à devoir suivre un parcours « plus compliqué » que leurs homologues. « Ce sont, malheureusement, les conséquences d’un vol d’identité », explique l’expert, qui insiste néanmoins sur le fait que cette procédure « réduira le risque que leur identité soit usurpée ».

RETOUR À LA PROCÉDURE MANUELLE

François Daigle dit d’ailleurs s’attendre à ce que d’autres institutions financières emboîtent le pas à la BN et s’assurent de façon plus rigoureuse que d’ordinaire qu’elles ont affaire à la bonne personne dans le cas de clients ou d’ancien clients de Desjardins. « On va vouloir vérifier leur identité peut-être plus que les autres. On retournera à la procédure manuelle qu’on faisait il y a 10 ou 15 ans », prévient-il.

Pour tenter de savoir si d’autres banques que la BN avaient pris des mesures afin de mieux contrôler les nouveaux clients en provenance de la coopérative financière, Radio-Canada a contacté les grandes banques présentes au pays. La Banque Royale s’est refusée à tout commentaire, tandis que la Banque Scotia, CIBC et la TD n’ont pas répondu à la demande de la chaîne d’information. À la Banque Laurentienne, enfin, les particuliers désireux d’ouvrir un compte sont tenus de se présenter dans une succursale, comme c’était le cas auparavant.

« Ce climat de violence est inacceptable » : les députés LRM inquiets après de nouvelles dégradations de permanences

Les textes de loi passent et le procédé commence à devenir habituel. Les permanences de plusieurs députés de La République en marche (LRM) ont été prises pour cible depuis mercredi 24 juillet, suscitant la préoccupation des parlementaires. « Nous sommes en train de nous habituer à l’intolérable », s’alarment vingt élus bretons dans une tribune publiée sur le site Internet de Franceinfo, mardi. « Il faut dire stop à cette escalade », explique Eric Bothorel, député des Côtes-d’Armor signataire de ce texte.

Vent debout contre un texte dont ils redoutent les effets pervers, en particulier pour les éleveurs bovins, des agriculteurs s’en sont pris aux permanences de huit élus LRM qui avaient voté pour le CETA, le traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada, adopté en première lecture à l’Assemblée nationale, le 23 juillet.

Lire aussi : CETA, qui a voté quoi parmi les députés

Tout un symbole : les locaux de Jean-Baptiste Moreau, éleveur bovin de profession, élu député LRM en juin 2017, ont été murés vendredi à Guéret. « Traître », ont écrit sur les parpaings des membres des Jeunes Agriculteurs (JA) et de la branche départementale de la FNSEA, principal syndicat agricole. L’élu a annoncé avoir porté plainte.

Les JA et la branche locale de la FNSEA ont aussi revendiqué l’emmurement de la permanence de la députée (LRM) de la Haute-Saône Barbara Bessot Ballot, à Vesoul, jeudi. « Pour nous, ce n’est pas fini », a menacé Pauline Robert, présidente des JA des Hautes-Pyrénées, après que trois bennes de fumier ont été déversées devant la permanence du député (LRM) des Hautes-Pyrénées Jean-Bernard Sempastous. Un procédé également employé devant les locaux de trois élus du Lot-et-Garonne. « Ce climat de violence est inacceptable », a réagi l’un d’eux, Olivier Damaisin, sur Twitter. Sa permanence avait déjà été dégradée, fin mai, par un incendie de carton déclenché dans la nuit.

Hyundai enquêtera sur l’explosion d’une Kona EV électrique à Montréal

MONTRÉAL — Hyundai Canada a annoncé son intention de participer à l’enquête en cours sur l’explosion, vendredi dernier, d’une automobile électrique de modèle Hyundai Kona EV dans le garage d’une résidence du nord-ouest de Montréal. Si l’événement a de quoi marquer les esprits, des experts automobiles n’y voient qu’un incident isolé.

Ce que l’on sait à propos de l’événement est qu’une explosion a détruit la voiture et a provoqué l’incendie du garage à l’intérieur duquel elle se trouvait, en plus d’endommager la maison attenante. Le souffle de la déflagration a été si puissant que la porte du garage a été projetée sur le terrain de la maison située en face, de l’autre côté de la rue Montigny, à L’Île-Bizard. Heureusement, personne n’a été blessé.

Dans un courriel transmis au magazine spécialisé Automotive News Canada, un porte-parole de Hyundai Canada, Jean-François Taylor, explique que des représentants du constructeur ont déjà eu des entretiens avec le propriétaire de l’automobile et des responsables de Transports Canada. La compagnie collabore aussi à l’enquête sur l’incident dont la cause exacte n’a pas encore précisément été déterminée par le Service de sécurité incendie de Montréal (SSIM).

Le modèle 2019 du véhicule utilitaire sport (VUS) Hyundai Kona EV est muni d’un moteur électrique de 150 kilowatts (kW) qui comprend une batterie au lithium-ion de 64 kWh d’une tension de 356 volts.

Pour le chroniqueur automobile Philippe Laguë, il est important de demeurer prudent puisque l’on se trouve à un stade très préliminaire de l’enquête et qu’on ne connaît pas la cause de l’incident. Toutefois, ce qui est préoccupant, c’est que l’on parle d’une explosion et pas d’un incendie.

La cause pourrait très bien être extérieure au véhicule, prévient M. Laguë, mais on connaît encore bien peu de choses sur ce nouveau modèle lancé il y a à peine quelques mois. «Il y a peut-être un vice de fabrication dans la batterie, mais c’est trop tôt pour statuer», évoque-t-il.

Éric Lesage est propriétaire et mécanicien chez Service Automobile ML, un garage spécialisé dans les véhicules électriques et hybrides à Gatineau. Lui aussi ne s’explique pas ce qui a pu se produire à L’Île-Bizard, surtout compte tenu de toutes les mesures de protection présentes sur ce modèle en particulier.

«Les véhicules ont des capteurs de température dans les batteries et s’il y en a un seul qui devient trop chaud, il va désactiver la batterie ou la débrancher complètement. D’habitude, il y a des capteurs partout pour s’assurer de débrancher le connecteur dès qu’il y a un problème même quand on roule», explique le mécanicien en ajoutant que le Hyundai Kona est très apprécié de ses clients qui en possèdent.

À son avis, l’hypothèse la plus plausible serait celle d’un problème de raccord au système d’alimentation électrique, soit l’utilisation d’une rallonge non adaptée à la puissance d’ampérage par exemple.

«J’ai vraiment hâte de voir les résultats de l’enquête parce que je ne peux pas croire qu’un véhicule simple de même parte en feu tout simplement», admet M. Lesage.

Du côté de l’Association des propriétaires de véhicules électriques du Québec (AVEQ), le président et fondateur Simon-Pierre Rioux s’étonne d’autant plus que d’après son observation des photos de la carcasse du véhicule en cause, il semblerait que celui-ci n’était pas branché au moment de la déflagration. Le port de recharge paraît intact sur l’une des photos diffusées dans les médias.

«On se pose des questions à savoir ce qui a pu arriver et on a vraiment hâte de comprendre», a commenté M. Rioux en notant que le nouveau Hyundai Kona électrique fait partie des bons vendeurs sur le marché québécois.

Aucune inquiétude à avoir

Philippe Laguë, qui administre le site spécialisé philippelague.com, rassure les futurs acheteurs qu’ils n’ont rien à craindre en se procurant une voiture 100 pour cent électrique.

«C’est un incident isolé. Ça fait quand même quelques années qu’on a des véhicules électriques qui circulent régulièrement sur les routes et il n’y a aucun de ces véhicules-là qui a explosé, assure-t-il. Évidemment, les adversaires de la voiture électrique vont se servir de cet incident comme épouvantail, mais il y a beaucoup de gens là-dedans qui ne savent pas de quoi ils parlent.»

Évidemment, un incident spectaculaire comme celui de L’Île-Bizard marque les esprits, reconnaît Simon-Pierre Rioux de l’AVEQ, mais il a bon espoir que les Québécois vont continuer de se tourner en grand nombre vers les voitures électriques.

C’est aussi l’opinion de Mathieu Sirois, un automobiliste qui a opté pour un véhicule électrique Tesla, modèle S, il y a trois ans déjà et qui ne regrette pas son choix.

«Je pense que c’est le présent et le futur, les prix vont continuer de baisser, l’autonomie des batteries va continuer de s’améliorer, plus il va y avoir d’utilisateurs, plus l’infrastructure de recharge va se développer», soutient-il.

À son avis, cette histoire ne sera bientôt plus qu’«un petit incident dans l’histoire des voitures électriques».

Statistique Canada revoit sa question sur l’origine ethnique dans le recensement

Le nombre de personnes s’identifiant comme ethniquement juives est en baisse depuis 2001, mais la dégringolade de 53,6 % observée entre 2011 et 2016 a largement excédé les baisses enregistrées entre les cycles de recensement précédents.

Si les tendances en matière de réponse s’étaient maintenues, le recensement aurait permis d’identifier entre 270 000 et 298 000 personnes juives au pays en 2016, au lieu des quelque 144 000 personnes juives recensées, indique un récent rapport technique de Statistique Canada.

L’agence fédérale fait valoir que le déclin enregistré ne peut pas être expliqué par les décès, l’émigration ou encore des erreurs dans la compilation des données.

Le déclin serait plutôt imputable à la reformulation de la question sur les origines ethniques et culturelles, estime-t-on.


Tirez le maximum du commerce en ligne. Utilisez Friedberg Direct. Ils offrent d’excellentes options.


La mention juif avait été retirée de la liste d’exemples accompagnant cette question, ce qui pourrait avoir porté certains répondants à croire qu’elle concernait seulement les origines liées à un pays particulier.

Des groupes ethniques et culturels se fient au recensement pour obtenir un portrait aussi précis que possible du nombre de membres de leur communauté, mais les données servent à plusieurs autres fins.

Élections Canada, par exemple, a évoqué le recensement lundi pour expliquer sa décision de ne pas changer la date du scrutin fédéral cet automne, même si elle coïncide avec une fête observée par les juifs pratiquants qui ne pourront ni voter ni participer à des campagnes ce jour-là.

Nouvelle version

En vue du prochain recensement prévu en 2021, Statistique Canada a décidé de mettre à l’épreuve une nouvelle version de la question, qui consiste à fournir non pas des exemples d’origine ethniques, mais bien une brève description de leurs différents types, en plus d’un lien vers «une liste exhaustive de plus de 400 origines» pour les répondants ayant besoin d’une aide supplémentaire.

«Cette approche pourrait mitiger l’effet de suggestion proposé par des exemples spécifiques», fait-on valoir dans le rapport technique.

Le retrait complet des exemples n’est toutefois pas une option, puisqu’il pourrait entraîner d’autres risques comme le fait que des répondants ne comprennent pas l’essence de la question.

«Nous sommes un pays qui accommode des identités multiples, mais mesurer ces identités multiples devient de plus en plus complexe», souligne le directeur de l’Association d’études canadiennes, Jack Jedwab.

Quelles mesures du Ceta sont mauvaises pour l’environnement ?

Bonjour,

Vous nous avez interpellés sur Twitter après la publication d’un article mercredi listant tous les députés ayant invité la jeune activiste Greta Thunberg et voté le Ceta, le traité de libre-échange avec le Canada, le même jour.

Le Ceta, adopté le 23 juillet par l’Assemblée nationale, est largement critiqué par les défenseurs de l’environnement. En septembre 2017, déjà, vous nous demandiez si Nicolas Hulot n’était pas hypocrite en restant au gouvernement alors que l’application provisoire du traité venait d’entrer en vigueur. Cette question faisait suite à la publication d’un rapport d’experts sur le Ceta, qui critiquaient un «manque d’ambition» et des «opportunités manquées» sur les questions environnementales et sanitaires notamment. «Les chapitres de l’accord concernant l’environnement ont le mérite d’exister, mais ne contiennent aucun engagement contraignant, regrettaient les auteurs. Le grand absent de l’accord reste le climat.»

Le ministre réagissait alors : «La commission d’évaluation de l’impact du Ceta, qui a rendu son rapport au gouvernement le 8 septembre, a confirmé les inquiétudes que j’avais et partageais avec d’autres.» Deux ans plus tard, Nicolas Hulot n’est plus au gouvernement. Dans une tribune publiée sur France Info le 22 juillet, il appelle les députés à ne pas voter le traité de libre-échange. «Le plan d’action, que j’ai moi-même endossé à l’automne 2017, n’a pas produit les résultats escomptés et les attentes légitimes n’ont pas été comblées. Nous avons échoué à apporter les garanties nécessaires sur le veto climatique, les farines animales, les nouveaux OGM, la sauvegarde du principe de précaution à l’européenne…» dénonce-t-il. Dans l’ensemble, les associations dénoncent que sur les 1 596 pages du traité, seules 13 sont consacrées à l’environnement, dans un chapitre non contraignant.

Hausse des GES difficile à mesurer

Comme l’expliquait le comité d’expert en 2017, rien n’est prévu dans le Ceta pour limiter «la hausse des émissions de CO2 du transport international maritime et aérien induite par l’augmentation des flux de commerce». Cependant, une étude d’impact réalisée par le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii) estime fin juin que «l’impact de l’AECG sur le fret international apparaît limité». Selon le Cepii, cela s’explique car le niveau des échanges entre le Canada et l’UE «reste marginal à l’échelle du commerce mondial» et parce que la hausse des échanges par voies maritimes compenserait une baisse des échanges routiers intra-européens. Ce même rapport se penche sur les émissions de gaz à effet de serre. Si elles augmentent, ce serait avant tout à cause des Etats-Unis qui sont sortis de l’accord de Paris, explique le Cepii. Et non à cause du Ceta. Un argument utilisé par le député de la majorité Gilles Le Gendre, qui affirmait vendredi sur France Info : «Nous avons pu démontrer que l’effet sur les émissions carbone était epsilonesque, quasiment proche de zéro.» Vous avez aussi été plusieurs à nous interroger sur ce point.

Mais les conclusions de ce rapport ne font pas l’unanimité. «L’étude affirme que dans un monde où les mesures pour respecter l’accord de Paris seraient en place, les impacts climatiques du Ceta en matière de hausse des émissions de GES seraient tout à fait gérables et à un coût négligeable», écrivent ainsi la Fondation pour la nature et pour l’homme (FNH) et l’institut Veblen pour les réformes économiques, regrettant ainsi que cet accord ne soit pour l’instant pas respecté par les parties prenantes. Et poursuit : «Etait-il nécessaire de mener une étude d’impact aussi détaillée pour montrer que, dans un univers où la question de la lutte contre les dérèglements climatiques serait réglée, le Ceta conclu avec un pays qui pèse somme toute seulement 2% de nos exportations, aurait des effets gérables en matière d’émissions de GES ? Ce n’est de toute évidence pas la question à laquelle nous devons répondre à l’heure de l’examen du texte.»

Pour le Cepii, la hausse des émissions de CO2 due au Ceta (1,31 million de tonnes en équivalent CO2 pour l’Europe, et 1,65 million pour le Canada) est compensée par la fiscalité carbone. «Etant donné les faiblesses du SCEQE [système communautaire d’échange de quotas d’émissions, ndlr], les lacunes existantes en matière de fiscalité carbone pour les autres secteurs d’activité et les résistances fortes rencontrées en matière de hausse de la fiscalité carbone des ménages, un tel ajustement apparaît aujourd’hui fortement déconnecté de la réalité», répondent l’institut Veblen et la FNH.

Enfin, un chiffre montre l’impact négatif du Ceta sur le climat selon la Fondation pour la nature et pour l’homme. La hausse de 63% des importations de combustibles fossiles en Europe entre septembre 2017 et septembre 2018, dont s’est félicité le Canada. Or selon FNH, ceux-ci, sont «en majorité issus des sables bitumineux canadiens (jusqu’à 49% plus émetteurs de gaz à effet de serre que le pétrole conventionnel et aux effets catastrophiques pour la biodiversité)».

Principe de précaution

Plutôt que des mesures précises, ce sont surtout «les risques que fait peser le Ceta sur l’environnement à court terme» qui inquiètent les associations, explique à CheckNews Amandine Lebreton, directrice du plaidoyer chez FNH.

C’est le cas par exemple du principe de précaution, mis en œuvre par l’Union européenne et qui permet aux «décideurs de prendre des mesures de protection lorsque les preuves scientifiques relatives à un danger pour l’environnement ou la santé humaine sont incertaines et que les enjeux sont importants», rappelle le Parlement européen.

Les adversaires du Ceta s’alarment de voir ce principe disparaître au profit d’un accord commercial, rappelant que le 4 juillet, le Canada et une quinzaine de pays ont publiquement critiqué devant l’organisation mondiale du commerce (OMC) les dernières mesures mises en œuvre en Europe à cause du principe de précaution. «Nous faisons part de nos préoccupations devant le Conseil du commerce des marchandises car l’UE a commencé à mettre en place des mesures qui interdisent un certain nombre de substances qui sont nécessaires pour une production agricole sûre et durable et qui sont autorisées par de nombreux membres de l’OMC», écrivent ces 16 pays sans formellement porter plainte. «40 molécules de pesticides sont autorisées au Canada et interdites en Europe : on voit ainsi une multiplication potentielle des batailles devant l’OMC», souligne alors la FNH. L’ONG FoodWatch rappelle ainsi que l’UE a déjà perdu à deux reprises à l’OMC sur des mesures prises en raison du principe de précaution : l’interdiction du bœuf aux hormones, et sur les OGMComme le rappellent les Décodeurs du Monde, le Canada est de fait opposé au principe de précaution.

Veto climatique… sans garanties suffisantes

De la même manière, les tribunaux d’arbitrages sont pointés du doigt. Si ceux-ci ne sont pour l’instant pas encore en application dans la mise en œuvre provisoire du traité, ils ont été validés par la Cour de justice européenne (CJUE) en avril. Selon ce mécanisme, une entreprise pourra attaquer un Etat devant une juridiction d’exception si elle estime qu’une décision politique viole une partie du traité ou est dommageable à ses intérêts économiques. «Ce mécanisme favorise les intérêts privés sur les intérêts publics, notamment environnementaux», dénonçaient ainsi une quinzaine d’élus dans une tribune publiée sur Libération en juin. «Les entreprises risquent d’attaquer sur des points de politique environnementale, qui cherchent à lutter contre le réchauffement climatique. Les procédures devant les tribunaux d’arbitrage coûtent très cher, donc en menaçant les Etats de les attaquer, les entreprises font peser une pression implicite», insiste la FNH.

Face à ce risque, le gouvernement a donc suivi une des recommandations du rapport d’experts de 2017, en mettant en place le fameux «veto climatique». Nicolas Hulot déclarait alors : «On va mettre en place ce qu’on peut appeler une forme de veto climatique qui doit nous assurer dès maintenant que les dispositions qui sont destinées à mettre en œuvre nos propres engagements climatiques ne puissent en aucun cas, et notamment dans le cadre des tribunaux d’arbitrage, être attaquées par un investisseur.»

«Arbre qui cache la forêt»

Sauf que ce veto ne présente pas suffisamment de garanties. Le texte provisoire instaurant ce veto climatique a été rendu publique début juillet, deux semaines avant le vote. On y lit que «les parties réaffirment leur droit de réglementer en vue de réaliser des objectifs légitimes de politiques publiques, tels que la protection de la santé publique, de la sécurité, de l’environnement, qui comprend le changement climatique et la biodiversité, de la moralité publique, la protection sociale ou des consommateurs, ou la promotion et la protection de la diversité culturelle». Mais pour que ce dispositif soit mis en place, il faut le consensus d’un «comité mixte», composé de représentants de l’UE et du Canada. «Il ne s’agit donc pas d’un vrai veto puisqu’il faut l’accord des deux parties», note alors Amandine Lebreton. «Un gouvernement canadien serait-il prêt à aller contre ses intérêts économiques en désavouant l’une de ses entreprises, si elle venait à porter plainte contre une décision environnementale d’un Etat européen ?» interroge aussi le Monde. Le «mécanisme ne permet pas d’écarter des plaintes à proprement parler», explique par ailleurs l’institut Veblen à LCP.

Deux derniers points qui inquiètent les associations : parmi les risques, se pose aussi la question des OGM «nouvelle génération», souligne la FNH. Interdits dans l’UE, mais autorisés au Canada, ceux-ci ne sont pas censés être importés dans le cadre du Ceta. Ils resteront interdits. Mais les associations s’inquiètent du manque de contrôle. Les autorités européennes, en effet, ne sont pas capables de les déceler pour l’instant, notent les Amis de la Terre.

Craignant enfin que le Ceta, en mettant en concurrence les agriculteurs, favorise une agriculture intensive plutôt que des pratiques extensives et bénéfiques à la biodiversité, les associations soulignent que ce traité de libre-échange est l’un des nombreux accords que s’apprête à signer l’Europe. Ainsi, la tribune publiée dans Libération insistait : «Le Ceta est l’arbre qui cache la forêt : les 28 gouvernements européens doivent décider la semaine prochaine s’ils signent l’accord UE-Vietnam, qui comporte la même clause d’arbitrage et d’autres dispositifs climaticides. Ratifier le Ceta, c’est ouvrir la porte à toute la nouvelle génération d’accords commerciaux incompatibles avec la protection du climat.»

Déjà une demande d’action collective déposée contre Capital One au Québec

La demande déposée par un détenteur de carte Capital One de Québec, Simon Goulet, est pilotée par la firme Siskinds, Desmeules, Avocats.

La demande fait valoir que Capital One avait l’obligation d’assurer la protection des données personnelles et confidentielles de ses clients et de ses membres.

Capital One est plongé dans une crise sans précédent après s’être fait dérober des renseignements personnels sur 106 millions de clients, dont 6 millions au Canada.

Selon la firme Siskinds, Desmeules, Capital One a contrevenu à la Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé.

«La transmission illégale de ces informations fait subir un risque accru de voir leurs informations personnelles utilisées sans droit par des tiers», peut-on lire dans la requête.

La demande de recours inclut tous les détenteurs de cartes Capital One au Québec et au Canada.

La demande d’action collective, qui doit encore être approuvée par un juge, réclame que Capital One paie des dommages punitifs à chaque détenteur de carte impliqué ainsi que d’autres montants non déterminés pour le moment.

À ce stade-ci, les personnes touchées par le vol d’informations n’ont pas encore à se manifester.

Des milliards $ en jeu

Avec ses 6 millions de clients touchés au Canada, Capital One pourrait ainsi devoir payer plusieurs milliards $ en dédommagement.

Dans le cas du Mouvement Desjardins, dont près de 3 millions de clients ont été victimes de vol de renseignements personnels, les montants des réclamations dans 2 demandes de recours pourraient dépasser les 8 milliards $.

Les réclamations demandées à Desjardins font état de dommages punitifs de 300 $ à chaque membre impliqué, ainsi que d’autres montants non déterminés pour le moment.

Les plaignants réclament également un plan de protection et de surveillance des dossiers de crédit et du vol d’identité sur 10 ans par une firme spécialisée à un coût de 240 $ par année.

Aux États-Unis, une première demande de recours collectif a également été déposée mardi matin par un citoyen américain contre Capital One.

La poursuite visant à obtenir le statut de recours collectif a été déposée devant la Cour fédérale de Washington, D.C., par Kevin Zosiak, un résident de Stamford, dans le Connecticut, qui a déclaré être un client de carte de crédit de Capital One dont les informations personnelles ont été compromises.