L’Université de Montréal a caché un laboratoire nucléaire pendant la guerre

C’est le secret le mieux gardé de la communauté scientifique canadienne pendant la Deuxième Guerre mondiale. De 1943 à 1945, dans l’aile ouest du pavillon Roger-Gaudry de l’Université de Montréal, pas moins de 580 chercheurs canadiens, britanniques, français et américains unissent leurs cerveaux pour faire avancer les connaissances sur l’énergie nucléaire. Bien que certains s’en doutent, ils ignorent en principe qu’ils travaillent à la mise au point de l’arme la plus puissante de l’histoire humaine. «Cette rencontre des plus éminents spécialistes de la physique a certainement contribué à une meilleure compréhension de l’énergie nucléaire, mais les bombes d’Hiroshima et de Nagasaki auraient de toute façon été fabriquées et larguées», explique Gilles Sabourin, lui-même ingénieur spécialisé en énergie nucléaire.

Auteur du livre Montréal et la bombe, paru en 2020 aux Éditions du Septentrion, ce double diplômé de Polytechnique Montréal (baccalauréat en 1986 et maîtrise en 1990) a consacré d’innombrables heures de son temps libre, depuis 15 ans, à rassembler documents et témoignages sur le laboratoire montréalais. Il s’est rendu dans la campagne britannique et au pays de Galles, notamment, pour mener des interviews avec des survivants de cette aventure ou leurs descendants.

Le laboratoire secret est le seul laboratoire scientifique en dehors des États-Unis à participer au «projet Manhattan», comme on a surnommé cette mission des Alliés consistant à doubler les nazis en recherche balistique. «Ce projet était tellement secret que seuls quelques proches collaborateurs du premier ministre canadien, William Lyon Mackenzie King, en connaissaient l’existence», écrivent le physicochimiste Antoine Théorêt et le physicien-ingénieur nucléaire Matthieu P. Lavallée dans leur ouvrage Projet Manhattan: Montréal au cœur de la participation du Canada à la bombe atomique américaine, publié en octobre 2020. «Les scientifiques du projet, souvent munis d’un pistolet, vivaient pratiquement reclus et la GRC surveillait en permanence les installations.»

Économie : les postes vacants coûtent 8 M $ par jour au secteur de la transformation alimentaire

Un seul poste vacant pourrait représenter une perte de revenus nets de 190 $ par jour pour les entreprises et un impact direct sur l’économie, selon une étude de Compétences Transformation Alimentaire Canada.

L’organisation de promotion de la main-d’œuvre de l’industrie canadienne de la transformation des aliments et des boissons redoute des pertes de l’ordre de 3,1 milliards $ par année si rien n’est fait pour résoudre cette situation qui prend de l’ampleur avec la pandémie.

L’analyse économique a révélé que l’industrie de la transformation d’aliments et de boissons avait besoin de 56 000 nouveaux travailleurs, soit 20% des effectifs actuels, pour réaliser ses objectifs de croissance à l’horizon 2025. Ces transformateurs sont pourtant les plus grands employeurs du secteur manufacturier au Canada, avec 19,5% de tous les emplois de la fabrication. Ils ont conservé 98% de leur main-d’œuvre face à une moyenne nationale de 91% en 2020, peut-on lire dans un communiqué.

«En 2020, le taux de chômage au Canada était de 9,5%, en hausse, par rapport au niveau de 5,7% de l’an dernier. Nous comprenons très bien l’impact dévastateur de la COVID-19 sur les Canadiens. Et maintenant plus que jamais, les gens ont besoin de bons emplois et l’industrie, tout particulièrement les petites et moyennes entreprises ainsi que les employeurs des secteurs des viandes et du poisson et des fruits de mer, a besoin de travailleurs», a déclaré  la directrice générale de Compétences Transformation Alimentaire Canada, Jennifer Griffith.

J’ai peur du projet de loi 59

Le projet de loi 59 qui vient modifier le régime québécois de santé et de sécurité du travail ne reçoit pas l’attention médiatique et populaire qu’il mérite. Cela n’est pas surprenant, considérant que nous sommes en crise pandémique et que les regards sont malheureusement tournés ailleurs, vers d’autres dossiers qui semblent plus urgents. J’ai donc décidé de prendre ma plume afin de sensibiliser la population du Québec sur cette réforme qui avance rapidement, juste sous son nez. Je l’écris d’emblée: oui, j’ai peur du projet de loi 59. En fait, j’ai peur que ce projet de loi jette indirectement bon nombre de Québécois et de Québécoises dans une abjecte pauvreté.

La peur que j’éprouve est une crainte rationnelle qui est bel et bien fondée sur de solides et crédibles témoignages. Parmi les témoignages que j’ai eu la chance d’entendre se trouve celui de monsieur Richard Dussault.

Pour résumer simplement ce qu’il a vécu, monsieur Dussault a subi un grave accident de travail en 2013 et la CNESST lui a refusé les traitements dont il avait besoin. Pour ajouter à son malheur, il s’est vu obligé de chercher un emploi qu’il était réalistement incapable d’accomplir. Il a vécu cet enfer trois longues années de sa vie, jusqu’au moment où en 2016 un tribunal est finalement venu trancher: la CNESST avait posé un «diagnostic» qui n’était pas le bon. Ainsi, après tout ce brouhaha administratif, le type d’emploi qu’on cherchait à imposer à monsieur Dussault n’était effectivement pas adapté à sa condition médicale et il avait droit à une pleine compensation pour l’ensemble de ses maux. Quel est le problème, me direz-vous? Voilà une histoire qui finit bien! Mais cette histoire de résistance courageuse et déterminée aurait très bien pu mal se terminer…

Si elle s’était déroulée après l’adoption du projet de loi 59 tel qu’il est actuellement formulé, monsieur Dussault aurait eu bien plus de difficultés à faire valoir ses droits. Piégé dans un dédale administratif où les «diagnostics» de la CNESST sont grandement renforcés et incapable d’occuper un emploi qu’on tente vainement de lui imposer – sans égards à sa condition médicale réelle – monsieur Dussault aurait dû se tourner vers l’aide sociale, les banques alimentaires et vivre dans une pauvreté que personne ne mérite.

Vous comprenez maintenant pourquoi j’ai peur du projet de loi 59. J’ai peur qu’il y ait des milliers de citoyens et de citoyennes du Québec qui se trouvent dans la même situation que monsieur Dussault, mais avec des moyens très réduits pour défendre leur droit à vivre dignement suite à un accident de travail.

Si rien n’est fait afin de modifier le projet de loi 59, ces personnes seront coincées entre la CNESST qui appliquera trop souvent ses nouveaux pouvoirs à la lettre et un marché de l’emploi qui les rejettera de facto.

Sans égards à leurs années de travail au sein de notre société, ces personnes seront condamnées à la pauvreté. Elles seront exclues, avalées par une machine administrative qui ne montre aucune empathie et qui perçoit la contestation comme un frein à son «efficacité».

Alors, je pose la question: est-ce un Québec appauvri que nous souhaitons donner en héritage avec le projet de loi 59?

La protection de nos enfants, c’est aussi l’affaire du municipal

Ça prend tout un village pour protéger un enfant…»

Le 12 février 2020, la Municipalité de Fortierville soulignait le 100e anniversaire du décès tristement célèbre d’Aurore Gagnon «l’enfant martyre». De par sa grande médiatisation, cette histoire a marqué le Québec de l’époque et demeure, encore aujourd’hui, ancrée dans l’imaginaire collectif.

Malheureusement, loin de n’être qu’un mauvais souvenir, les histoires d’enfants maltraités sont encore (trop) nombreuses. Au moment où vous lisez ces lignes, des centaines d’enfants subissent de mauvais traitements dans l’anonymat le plus complet.

Le drame de la fillette de Granby a agi comme un électrochoc.

De ce drame découle la mise en place de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse sous la présidence de Mme Régine Laurent dont le Rapport et les recommandations seront rendus publics lundi.

Un enfant qui subit de la maltraitance restera toujours un cas inacceptable, un cas de trop.

Un enfant qui subit de la maltraitance devrait pouvoir compter sur les adultes qui l’entourent que ce soit à l’école, au service de garde, à la bibliothèque ou dans son milieu de vie.

Nous devons tous être attentifs comme le souligne la campagne de sensibilisation lancée par le gouvernement sur les signes de détresse et de maltraitance que pourrait vivre ou subir un enfant.

Les municipalités ont le pouvoir de poser des actions concrètes pour créer une culture de bienveillance dans nos milieux. Ainsi, à titre de gouvernements de proximité, les municipalités ont un rôle à jouer dans la mise en place d’un milieu de vie sécuritaire, où prendre soin les uns des autres est un réflexe naturel.

C’est pourquoi nous souhaitons rappeler aujourd’hui le projet de Charte municipale pour la protection de l’enfant, initiée par la Municipalité de Fortierville en collaboration avec Espace MUNI et la Fédération québécoise des municipalités (FQM), qui fut lancée le 7 avril dernier. La présence de la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Mme Andrée Laforest, du ministre de la Famille, M. Mathieu Lacombe, ainsi que du ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, M. Lionel Carmant, tout au long de notre événement de lancement ainsi que le communiqué de presse qu’ils ont produit soulignant cette initiative démontre bien toute l’importance de ce geste posé par le milieu municipal.

La Charte s’appuie sur quatre grands principes qui définissent ce qu’est une municipalité bienveillante envers ses enfants. Ainsi, une municipalité bienveillante propose à l’enfant un milieu de vie où il pourra s’épanouir en toute sécurité, elle est à son écoute en lui offrant des lieux et des occasions pour qu’il s’exprime librement et en toute confiance, elle s’assure que les ressources d’aide et de soutien sont connues. Cette municipalité valorise le vivre-ensemble et l’entraide.

La ratification de la Charte est une occasion pour les municipalités de poser formellement leur engagement.

Agir pour la protection de nos enfants c’est accroître le sentiment de sécurité des enfants dans les lieux publics, c’est favoriser la mise en place de lieux protecteurs ou de processus d’accueil et d’intervention pour des enfants réclamant du secours, c’est la mise en place d’espace de consultation accessible et adapté aux enfants, c’est tenir informer les citoyens des signes de maltraitance pour les sensibiliser à exercer un rôle de vigilance, c’est aussi de soutenir les initiatives du milieu contribuant au développement et à l’épanouissement des enfants.

Nous réitérons notre invitation à toutes les municipalités du Québec à adopter la Charte municipale pour la protection de l’enfant qui par ce geste, s’engagent à contribuer à l’effort collectif afin d’assurer un filet protecteur autour de ceux qui nous sont les plus chers, nos enfants.

Soyons protecteurs pour que ni la triste histoire de la petite Aurore ni celle de la petite fille de Granby ne se reproduisent plus jamais.

Crise du logement : le Parti libéral du Québec en mode solutions

Malheureusement, le gouvernement de la CAQ de François Legault refuse encore de reconnaître la crise du logement. Non seulement il n’a aucune idée du coût réel des loyers, mais il s’en remet à une autorégulation du marché immobilier. Cette totale déconnexion de la réalité empêche la CAQ de voir clair et de trouver des solutions pour les familles québécoises. 

Au Parti libéral du Québec, notre approche est toute autre. Nous avons fait de l’habitation une priorité et nous sommes en mode solutions. Au cours des derniers mois, nous étions sur le terrain et à l’écoute, notamment lors des consultations tenues dans le cadre de la Charte des régions. Les intervenants du monde municipal, les organismes, les experts et les citoyens nous ont tous inspirés par leurs commentaires.

Pour bien saisir la crise du logement, nous croyons qu’il faut s’attarder aux trois grands axes incidents, soit l’accès à la propriété, le logement abordable et le logement social. Ce dernier point est important. Nous sommes bien sûr en faveur d’une augmentation importante du nombre de logements sociaux disponibles. Cependant, cette solution ne suffira pas à elle seule pour régler la situation. Il faut s’assurer que des logements, en bon état et à prix raisonnable, sont disponibles pour tous. Il faut aussi créer un environnement favorable pour que les ménages qui souhaitent acquérir une propriété puissent le faire, sans y passer tous leurs revenus. C’est en agissant sur ces trois axes que nous pourrons traverser la crise. 

Dans le débat actuel, nous parlons beaucoup de la situation à Montréal et c’est normal, la situation y est particulièrement critique. Le retour des campements en est un signal. Cependant, la crise ne se limite pas à notre métropole. L’ensemble de nos régions vivent les contrecoups de la surchauffe immobilière et de la hausse des prix des loyers. Chaque jour, nous entendons des cris du cœur de gens de Québec, de Gatineau, de Sherbrooke et de Saguenay qui craignent le 1er juillet. Il faut également considérer les réalités régionales.  

Dans les prochains jours, nous formulerons des propositions concrètes au gouvernement caquiste en matière d’habitation et de logement. Nous espérons que, d’ici là, François Legault voit la lumière, qu’il reconnaît la crise du logement et qu’il accepte de travailler de façon constructive avec nous pour mieux soutenir les Québécoises et les Québécois. 

Des témoins condamnent le comportement de certains députés envers elles

Si elles ont ressenti de la colère, certaines ont cru être victimisées de nouveau par cette expérience.

Plusieurs comités parlementaires ont invité des victimes d’agressions sexuelles, d’exploitation et de traumatismes à partager leurs expériences et à formuler des recommandations. Par exemple : le comité permanent de l’accès à l’information, de la protection des renseignements personnels et de l’éthique qui étudie les façons pour protéger la vie privée des personnes qui apparaissent contre leur gré sur des sites internet pornographiques comme Pornhub.

Le comité permanent de la condition féminine examine de son côté les allégations généralisées d’inconduite sexuelle dans les Forces armées canadiennes.

Les élus sont liés par des conventions qui rendent le processus plutôt rigide, avec un temps limité de prise de parole. Mais un nombre croissant de voix s’élèvent pour que les comités développent une approche plus sensible aux traumatismes des témoins vulnérables.

Québec solidaire demande à ses membres de se prononcer sur une faction du parti

Une motion de blâme à l’égard du CAD sera proposée au prochain conseil national du parti, étant donné que le groupe accréditén’a pas «de réelle volonté de collaboration avec le reste du parti», soutient le conseil exécutif du parti.

«C’est une façon de faire de la politique caractérisée par des ultimatums, l’intimidation et les sorties publiques à l’extérieur du parti qui sont contraires aux prises de position formelles du parti, a expliqué en entrevue le député de Laurier-Dorion Andrés Fontecilla et porte-parole du parti en matière de diversité et d’inclusion. Cela fait en sorte de produire un débat toxique à l’intérieur du parti, qui provoque le départ de militants et militantes.»

Dans un document transmis aux associations du parti, l’exécutif de QS incite le conseil national à «exiger que le CAD se conforme dans les plus brefs délais aux statuts du parti et à ses valeurs fondamentales, afin que Québec solidaire demeure un lieu d’implication sain et inclusif pour tous et toutes».

Et si ce n’est pas fait rapidement, l’accréditation du CAD au sein du parti sera remise en question, indique-t-on.

«Il est temps de trancher, d’envoyer un message clair, que le débat politique doit se faire à l’intérieur de certains paramètres de respect, d’éviter le dénigrement, d’éviter les sorties publiques qui vont à l’encontre des positions exprimées par nos porte-parole et le caucus», a indiqué M. Fontecilla.

La Presse Canadienne a tenté de joindre le collectif par courriel, sans succès.

Tensions et mise en demeure

Dans le document, le conseil exécutif détaille «l’historique» des déboires du CAD.

Dans les derniers mois, le collectif a notamment associé un journaliste de La Presse Canadienne à la «droite extrême» et à la «fachosphère» ? ce qui avait été dénoncé par les ténors du parti.

Il a aussi donné son appui au controversé professeur de l’Université d’Ottawa Amir Attaran, et il a carrément envoyé une mise en demeure au parti, évoquant une «campagne de diffamation» contre le groupe.

Par conséquent, l’exécutif souhaiterait que les membres se prononcent au conseil national, qui se déroulera les 15 et 16 mai prochains.

«Nous souhaitons vivement rétablir un climat sain de militance au sein de notre parti, et nous croyons malheureusement que cela passe par une condamnation des agissements du CAD dans les derniers mois», est-il écrit dans le document.

Chevaliers de la «libarté»

Vous n’en pouvez plus de vivre sous cette « dictature » sanitaire qui vous oblige à observer des règles strictes. Vous étouffez sous votre masque, cette distanciation physique vous tue. Ce couvre-feu digne d’un régime totalitaire vous emprisonne. On vous manipule vous et votre descendance.

Vous êtes tellement tannés !

Voilà plus d’un an que vous endurez une crise sanitaire qui, selon vous, n’existe pas. Vous vous épuisez à tenter de nous faire comprendre que nous sommes prisonniers d’une vaste machination qui vise à nous contrôler ? Que ces maudits vaccins qu’on nous inocule sont infestés de micropuces visant à faire de nous des robots au service d’une puissance occupée à créer un nouvel ordre mondial. 

La vérité.

D’après votre expertise, cette COVID n’est ni plus ni moins qu’une grippe. Rien ne prouve que ces morts recensés sont vraiment décédés de ce sale virus. Vous avez fait vos recherches. Toutes ces mesures sanitaires sont injustifiées, car votre système immunitaire est fort, point final.

La « Libarté ! »

Vous êtes libres de penser autrement. La « dictature » sanitaire vous autorise même à le proclamer publiquement devant le Stade olympique. Vous ne voulez pas de vaccins ? Grand bien vous fasse. 

Petite mise au point.

Vous êtes tannés ? Nous, on est à boutte ! On veut s’en sortir.

Et si pour ça, il faut se faire vacciner, nous sommes prêts. Prêts à endurer encore quelques semaines de couvre-feu et de masques. Nous avons déjà fait de grands sacrifices, nous en connaissons le prix.

Nous voulons reprendre nos vies, retrouver nos familles, nos amis, nos métiers. Aller au resto, prendre un verre sur une terrasse, recevoir nos proches, aller au spectacle. Voyager ici, chez nous, ou à travers le monde… 

Vous voulez la même chose ?

Mais nos chemins pour y arriver ne se rencontreront jamais… Car avec des amis comme vous, on n’a pas besoin d’ennemis.

Se taire ou faire usage de sa liberté d’expression citoyenne?

Quiconque est administrateur ou intervenant dans le réseau de la santé et des services sociaux n’est plus non plus un citoyen; il doit se taire aussi.

Ainsi le veut un projet de règlement publié le 24 mars dernier dans la Gazette officielle soumis par le ministère de l’Éducation pour les membres des conseils d’administration des Centres de services scolaires.

Ainsi le veulent les règles de gouvernance régissant le code d’éthique et de déontologie dans le réseau de la santé et des services sociaux.

Ainsi ces individus qui décident de s’investir pour rendre des services les plus adéquats et de qualité possible à diverses clientèles ne peuvent initier des débats sociaux sur la nature, l’organisation et les orientations des services qu’ils rendent. Ils sont pourtant ceux qui, avec les usagers, à proximité du « terrain », sont le plus à même de porter un regard critique et créatif sur les meilleures façons de répondre aux besoins.

La Commisssion Laurent, qui a voulu voir clair et améliorer l’offre et l’organisation des services à l’enfance et à la famille, a consulté largement les intervenants de ce réseau. Elle y a rapidement vu très clair.

32.68 % des commentaires soumis à la Commissaire à la santé et au bien-être dans le cadre de son mandat « d’évaluer la performance du système de santé et des services sociaux dans le contexte de la gestion de la pandémie de COVID-19 » l’ont été par des travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux. 

Les gouvernements, depuis quelques années, ont voulu s’inspirer de modes de gestion de l’entreprise dans le réseau des services sociaux en introduisant les principes de la chaîne de montage à la prestation de services. Tout à fait inadéquat et contre-productif. Mais cette fois, on aurait grand avantage à valoriser l’intelligence des travailleurs, comme le font les entreprises d’avant-garde, pour faire évoluer les pratiques et les structures dans ces milieux englués dans la bureaucratie. Et, encore davantage, encourager le discours public dans cette volonté d’innover.

Les administrateurs et les travailleurs des réseaux gouvernementaux de services sont muselés et, pendant ce temps, les lobbys de tout acabit sont ceux qui ont l’écoute des décideurs. Les administrateurs des Centres de services scolaires devront-ils se constituer en association ou, un jour, au bout de leur frustration, démissionner ou demander une commission d’enquête?

Contrer les féminicides: de la considération à la préoccupation!

L’Alliance gaspésienne tient à souligner l’engagement responsable du gouvernement du Québec qui témoigne de sa préoccupation quant à la protection des femmes et des enfants confronté.e.s aux violences et à la peur dans leur propre foyer. L’Alliance tient également à saluer le choix gouvernemental d’investir les premières sommes de cette enveloppe dans les refuges pour femmes puisqu’ils constituent le service d’urgence en violences conjugales. Nous y voyons là une reconnaissance pleine et entière du rôle vital des maisons.

Voilà un grand pas dans la bonne direction! Cette avancée ne doit toutefois pas occulter les nombreux enjeux sociétaux persistants. Parmi eux, notons une compréhension limitée, voire lacunaire du problème des violences conjugales masculines. N’est-il pas encore fréquent qu’on tente d’expliquer, de justifier la violence par une détresse particulière du conjoint, un problème de santé mentale, un trouble de personnalité, un événement isolé, etc? Rappelons que les violences conjugales constituent «… un moyen choisi pour dominer l’autre personne et affirmer son pouvoir sur elle.» Ainsi, il n’est pas banal de mettre l’accent sur la détresse du conjoint violent, puisque cet angle d’analyse encourage un laxisme quant à l’évaluation de la situation et, par voie de conséquence, quant à l’intervention préconisée. Le plan d’action gouvernemental en violences conjugales réaffirme que l’intervention auprès des conjoints doit viser à responsabiliser les agresseurs.

Vous est-il déjà arrivé de vous demander: Comment se fait-il que certaines femmes tolèrent longtemps les violences? Comment se fait-il que certaines fréquentent un homme ayant déjà été reconnu coupable de violences? Comment se fait-il que certaines femmes restent jusqu’à en perdre la vie? Ces questionnements, assez répandus, jettent faussement le blâme sur les femmes. 

Plus justement, ces questions devraient plutôt être : comment se fait-il qu’un conjoint se permette de recourir aux violences? Comment se fait-il qu’un homme accusé de violences conjugales ait retrouvé sa liberté et puisse impunément récidiver? Comment expliquer qu’un homme puisse se donner le droit de vie ou de mort sur sa conjointe? 

De fait, outre la protection des femmes et des enfants, outre la responsabilisation des agresseurs, soulignons qu’un engagement collectif, que l’atteinte d’une société égalitaire, que des sentences à la hauteur des sévices subis, qu’une évaluation rigoureuse et assidue de la dangerosité, que la mise en place d’un partenariat intersectoriel dynamique, qu’une formation continue, que la déconstruction des mythes, des préjugés et des justifications… s’imposent pour anticiper un avenir sans violence!

Avec le nombre alarmant de femmes tuées dans un contexte conjugal depuis le début de l’année, le vocable féminicide est largement utilisé. Composé de la racine femina «femme» et du suffixe cide «frapper», «tuer», le terme féminicide décrit le meurtre d’une femme, parce qu’elle est une femme, mais certaines personnes rejettent l’appellation. Il serait intéressant de savoir si ces mêmes personnes ont une réserve à l’endroit du terme homicide: du latin homicida, de homo «homme» et caedere «tuer». 

Pourquoi se refuser à nommer les choses telles qu’elles sont, si ce n’est pour masquer le fait que ce sont bel et bien des femmes qui meurent?

N’est-il pas vrai qu’il importe de cibler le véritable problème pour le résoudre? C’est ce à quoi s’engage L’Alliance gaspésienne!