Les propos du ministre Lagimodiere mettent l’équipe de Brian Pallister en difficulté

Après les propos du nouveau ministre de la Réconciliation avec les Autochtones et des Relations avec le Nord du Manitoba, plusieurs analystes politiques estiment qu’il sera difficile pour les progressistes-conservateurs de restaurer leur image, ainsi que celle d’Alan Lagimodiere, auprès des Premières Nations.

À peine avait-il pris ses fonctions, jeudi, qu’Alan Lagimodiere créait la polémique après avoir affirmé que ceux qui géraient les pensionnats pour Autochtones pensaient qu’ils faisaient une chose juste.

Il est facile de juger le passé, mais à l’époque, je pense qu’ils étaient convaincus qu’ils faisaient une bonne chose, a-t-il ajouté.

Il s’est mis les pieds dans les plats de façon extraordinaire, comme s’il ne savait rien. Et pourtant, M. Pallister était heureux de l’annoncer comme un ministre métis. C’est un déshonneur à la communauté métisse d’avoir un ministre de ce calibre, affirme l’analyste politique Michel Lagacé.

Kelly Saunders, professeure agrégée de sciences politiques à l’Université de Brandon, estime que la capacité du nouveau ministre à exercer ses fonctions sera difficile à prouver. Je pense que ce sera extrêmement difficile, voire impossible, pour lui, de travailler sur la réconciliation.

La professeure juge aussi que dès son premier jour, Alan Lagimodiere a montré qu’il était d’accord avec certaines déclarations passées du premier ministre Brian Pallister. Ce n’est pas de cette façon que vous voulez commencer à un nouveau poste, dit-elle.

Mary Agnes Welch, partenaire chez l’institut de sondage Probe Research, affirme que le nouveau ministre a déjà deux coups contre lui.

Il a eu ce début désastreux et il doit essayer de renouer des relations avec des dirigeants autochtones qui, à juste titre, sont profondément méfiants et profondément en colère contre ce gouvernement, dit-elle.

Aux grands maux…

Comme on dit: aux grands maux, les grands remèdes! C’est maintenant avec un concours que la CAQ veut inciter les Québécois à recevoir leur première injection ou à devancer leur rendez-vous pour obtenir leur deuxième dose. Organiser un concours pour faire comprendre à certaines personnes le gros bon sens, faut quand même le faire! Au moins, ceux qui n’ont pas eu à se faire pousser dans le derrière peuvent aussi gagner quelque chose.

C’est particulièrement chez les personnes âgées entre 18 et 39 ans que la situation est préoccupante. Insouciance? Manque de temps? Opposition philosophique? Allez savoir.

En Mauricie et au Centre-du-Québec, alors que plus de 80 % des gens ont reçu cette première injection, seulement 62,5 % des 18-29 ans et 65,4 % des 30-39 ans se sont présentés une première fois dans un centre de vaccination. On est encore loin de la cible de 75 %.

Pourtant, le CIUSSS Mauricie-Centre-du-Québec a multiplié les initiatives pour inciter les citoyens à se faire vacciner. Des campagnes de sensibilisation avec des personnalités ont eu lieu et des brigades mobiles de vaccination sont également sur le terrain depuis plusieurs semaines déjà pour les sensibiliser à l’importance d’être vaccinés. On peut voir ces brigades dans les festivals, dans les entreprises, sur les terrains de camping, dans les skateparks, dans les villages plus éloignés. Bref, la Santé publique fait vraiment tout ce qu’elle peut pour améliorer les taux de vaccination, particulièrement chez les 18-39 ans.

On le sait, les individus de cette catégorie d’âge aiment avoir facilement accès aux choses et ces brigades mobiles permettent justement d’aller les rejoindre là où ils sont. Ils n’ont bien souvent qu’à tendre le bras pour recevoir leur dose vers la liberté.

Des organisations ont même décidé de faire leur part. C’est le cas du Grand Prix et des Aigles de Trois-Rivières qui présenteront, les 22 et 28 juillet prochains, deux soirées d’humour gratuites pour les spectateurs vaccinés. Ceux-ci devront payer 20 $ pour assister à l’une des représentations et pourront se faire rembourser sous forme de chèque-cadeau moyennant une preuve de vaccination et d’identité. Bravo pour l’idée.

Cette initiative est peut-être un avant-goût de ce qui pourrait se passer à l’automne. La récente annonce du ministre de la Santé Christian Dubé concernant l’éventuelle entrée en vigueur d’un passeport vaccinal en septembre n’est assurément pas passée inaperçue auprès des personnes non vaccinées du Québec.

Encore une fois, les autorités souhaitent que cette perspective de devoir exhiber un code QR pour avoir accès à des activités non essentielles, si les bilans repartent à la hausse à l’automne, incite notamment les 18-39 ans à aller se faire vacciner et ultimement les forcer à recevoir les deux doses souhaitées. Excessif? Pas du tout, surtout si cela nous permet d’atteindre des taux de vaccination satisfaisants.

Espérons maintenant que ces personnes, qui ont goûté à la liberté du déconfinement au cours des dernières semaines, ne voudront pas la perdre et prendront les moyens pour la conserver. Et pour cela, il faut aller se faire vacciner.

Évidemment, peu importe les offensives mises de l’avant et les plus beaux concours pour favoriser la vaccination, il restera toujours ces irréductibles qui refusent de se faire vacciner pour des raisons idéologiques aussi discutables que farfelues. Ces personnes seront les premières à crier à l’injustice, aux portes des salles de spectacles et des restaurants, lorsque le passeport vaccinal sera exigé parce que le nombre de cas repart à la hausse.

Les autres, ces gens responsables qui auront eu à cœur leur santé et celle des autres, pourront aller au resto, voyager, s’entraîner, se réunir…

Faites donc partie des autres!

Pour un référendum sur l’agrandissement de l’aéroport

À un moment où la maison brûle, où les gens meurent subitement dû à la chaleur extrême, où s’abattent des vents déchaînés, des averses diluviennes et où le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GEIC) est en train de nous dessiner une image cataclysmique de la situation du réchauffement de la planète, nos politiciens continuent de faire comme si de rien n’était. En effet, malgré l’opposition de certains conseillers, le conseil de Ville de Trois-Rivières a voté à la majorité pour dépenser plus de 11 millions de dollars (eh oui, votre argent) pour agrandir l’aéroport de Trois-Rivières et plus précisément l’aérogare.

L’actuel maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, s’acharne à vouloir agrandir l’aérogare de cinq fois sa grandeur actuelle. Or, un agrandissement aussi important va nécessairement augmenter le trafic aérien et tout le monde sait à quel point le transport aérien est un grand émetteur de gaz à effet de serre (GES).

Oui, mais l’aérogare est vétuste! D’accord, mais entre rénover une aérogare et quintupler sa taille, il y a une énorme différence. Que l’on veuille rénover le bâtiment, ça peut se comprendre. Cependant, vouloir l’agrandir, c’est afficher son intention d’augmenter le trafic aérien et donc les GES. Et si on dit qu’on ne veut pas ou que ça ne va pas augmenter le trafic aérien, pourquoi donc dépenser 11 millions $ juste pour embellir une aérogare? On a du mal à croire que 11 millions $ ne puissent pas servir à un meilleur usage que celui-là.

Oui, mais y a des gens qui ont besoin de prendre l’avion! La vraie question c’est: qui? Un petit groupe de commerçants qui veulent sauver 30 minutes de déplacements? Encore là, pourquoi un homme ou une femme d’affaires ferait régulièrement des déplacements, qui représentent des heures perdues, quand il ou elle a l’opportunité de joindre ses partenaires d’affaires facilement et rapidement par le Web. C’est beaucoup plus efficace. Sans compter qu’on voit mal, ce qu’ils ne peuvent pas déjà faire comme déplacement avec les infrastructures actuelles.

Oui, mais ce sera un projet «vert»! Plutôt vert pâle. On appelle cette stratégie l’écoblanchiment (greenwashing en anglais). C’est simple, vous prenez une aérogare, vous le peinturez en vert, vous plantez quelques fleurs, vous ajouter un autocollant LEED et voilà! Vous avez quand même plus de GES, mais emballés dans un joli paquet cadeau. Plus sérieusement, la population n’est pas dupe que vouloir agrandir une aérogare peut difficilement être qualifié de «vert». Et qu’on ne vienne pas nous parler de compensation carbone. Aucune action ne pourrait sérieusement compenser les GES qu’un seul avion produira. Le but est de réduire les GES et non se limiter à les compenser, sinon c’est le chien qui court après sa queue.

Oui, mais on a consulté la population! Un petit sondage ne peut pas être tenu sérieusement pour une consultation d’autant que bien des gens n’ont pas été pleinement informés du dossier.

Oui, mais il y a le registre! Effectivement, tous les citoyens sont invités à signer le registre pour exiger la tenue d’un référendum sur l’agrandissement de l’aéroport. Registre ouvert pendant 15 jours en plein été durant les vacances de la construction… Histoire de laisser planer un doute sur nos chances de pouvoir donner notre avis.

Néanmoins, malgré les embûches placées dans l’exercice démocratique, le registre demeure notre principal moyen d’empêcher ce projet néfaste. Quelle que soit votre opinion sur le sujet, tous conviendront de l’importance en démocratie à ce que la population puisse se prononcer. C’est pourquoi nous invitons les Trifluviennes et Trifluviens à signer d’ici le jeudi 29 juillet le registre de la Ville pour exiger la tenue d’un référendum. Toutes les informations sont dans le lien. Lien : https://www.v3r.net/wp-content/uploads/2021/07/Formulaire-Procedure-denregistrement-par-demandes-ecrites-101-2021.pdf

Sinon, aller sur le site web de la ville à : v3r.net/a-propos-de-la-ville/avis-publics à la Semaine du 11 juillet dans la section «Formulaire-Procédure d’enregistrement par demandes écrites (101-2021)».

Faire soi-même ses recherches, est-ce réaliste?

Depuis les débuts de la pandémie de COVID-19, les appels à « faire nos recherches » sont légion. S’il est concevable que tout le monde puisse investiguer par ses propres moyens, ce n’est cependant pas aussi simple que le laissent entendre ceux qui proclament avoir fait les leurs.

«Le doute est notre produit, car c’est le meilleur moyen de rivaliser avec cet « ensemble de faits » présent dans l’esprit du grand public », énonçait une note interne rédigée en 1969 par des compagnies de tabac à la recherche de stratégies pour continuer à vendre leurs produits alors que les scientifiques en révélaient la toxicité au public.

Et les grands joueurs de la désinformation ont plus beau jeu que jamais, avec les réseaux sociaux qui sont désormais largement utilisés pour manipuler l’opinion publique de façon délibérée, notamment sur des enjeux politiques, comme le confirme un récent rapport de l’Université d’Oxford. Mais pas exclusivement des enjeux politiques, comme l’a démontré la pandémie

De nombreuses personnes estiment néanmoins pouvoir faire la part des choses par elles-mêmes. Quelles sont les embûches, défis et limites que croiseront monsieur et madame Tout-le-Monde, en entreprenant la vérification des nouvelles auxquelles ils sont exposés?

Le piège des réseaux sociaux

Sans grande surprise, la première erreur à éviter est de creuser un sujet au moyen des réseaux sociaux, incluant Facebook, Twitter ou YouTube. Reconnus comme des vecteurs de propagation de fausses informations, les réseaux sociaux ont pourtant été utilisés comme source d’informations par 79% des adultes au Québec en 2018, dont 41% qui s’en servaient régulièrement dans ce but. Les 18 à 34 ans ont d’ailleurs plus confiance en ces plateformes que leurs aînés.

« Depuis une dizaine d’années, on assiste à l’émergence d’une nouvelle configuration intellectuelle, sociale et politique qui est profondément troublante. D’autant plus que les réseaux sociaux accentuent les biais cognitifs – l’effet que ça peut avoir sur notre pensée est terrifiant! », estime Normand Baillargeon, auteur du Petit cours d’autodéfense intellectuelle et chroniqueur au Devoir.

Parce que leur fonctionnement vise à nous faire réagir et à conforter nos opinions, et non à chercher la vérité, les réseaux sociaux constituent le parfait incubateur et propagateur de fausses nouvelles. Il faut ajouter à cela le fait que le trop-plein d’information nous empêche de vérifier toutes les affirmations qu’on nous présente.

Éducation à l’information

Comment sortir de ce piège? Commencer par utiliser les réseaux sociaux pour ce qu’ils sont: du divertissement. En agissant ainsi, les vérificateurs amateurs pourront commencer leurs recherches avec un point de départ plus neutre, similaire à celui utilisé par les journalistes.

Le défi suivant est de conserver cette posture plus objective dans ses démarches. « Beaucoup de personnes fonctionnent à l’envers : elles partent avec leur opinion et font le tri de ce qu’elles trouvent en fonction de ce qui fait leur affaire », note Jean-François Cliche, journaliste scientifique au quotidien Le Soleil, chroniqueur à Québec Science et auteur de Fake news, le vrai, le faux et la science.

Cela s’incarne notamment dans le choix des mots-clés que les utilisateurs entrent dans le moteur de recherche. Ils écrivent par exemple « fraude COVID données falsifiées », plutôt que des termes neutres susceptibles de générer un plus grand spectre de réponses possibles.

Se pose ensuite la deuxième partie du défi de la vérification des faits : juger de la fiabilité des réponses, en départageant les sources douteuses des sources dignes de confiance.

Cette tâche est complexe d’une part parce que, pour paraître crédibles, les diffuseurs de désinformation empruntent les mêmes codes que les médias relayant des faits rigoureusement démontrés : la présentation graphique ressemble à celle d’un média sérieux, les textes peuvent citer des scientifiques ou des gens présentés comme des experts, etc.

D’autre part, le tri des sources est difficile, car le grand public n’a généralement pas des connaissances assez pointues pour évaluer la valeur de ce qui est avancé. « Même moi, si je lis un article scientifique sur les changements climatiques anthropiques, je n’ai pas la compétence pour juger de chaque élément », reconnaît candidement Normand Baillargeon. Car on ne peut acquérir en quelques heures un ensemble de savoirs que les experts d’un domaine donné prennent des années à construire.

D’ailleurs, gare aux personnes qui, avec des années d’études universitaires derrière la cravate, se croient plus critiques et donc mieux placées pour juger de la crédibilité d’une information dans un domaine qui n’est pas le leur. Le niveau de scolarité ne garantit pas une meilleure capacité à faire ses recherches. Il faut plutôt savoir détecter la désinformation —une compétence que tout le monde peut développer grâce à ce qu’on appelle la littératie médiatique, ou « éducation aux médias et à l’information ». C’est la seule littératie pour laquelle des études ont pu démontrer. Qu’elle améliore la capacité à détecter les fausses nouvelles. Autrement dit, avoir un esprit critique face à une information exige un bon entraînement, axé particulièrement sur le jugement de la fiabilité des sources. Cette littératie se matérialise avec l’adoption de bonnes habitudes telles que celles présentées à la fin du présent article.

Le temps, nerf de la guerre

Après autant de défis, le vérificateur de faits amateur sera confronté à une nouvelle limite : faire une recherche rigoureuse est immensément chronophage.

« Juste le fait de bien lire une étude scientifique prend énormément de temps. Les journalistes scientifiques peuvent se le permettre parce que c’est leur travail, mais tout le monde n’a pas autant de temps à y consacrer. Sans oublier qu’il faut aussi faire des recherches latérales, pour se renseigner sur les chercheurs, par exemple », souligne Eve Beaudin, journaliste scientifique écrivant notamment pour le Détecteur de rumeurs de l’Agence Science-Presse.

« Pour vérifier une question précise de temps en temps, c’est accessible pour la plupart des gens. Par contre, ce n’est pas réaliste que tout le monde fasse toutes ses recherches sur tout », renchérit Jean-François Cliche.

En effet, même pour ces deux journalistes spécialisés en vérification des faits, chaque affirmation nécessite environ deux jours de lectures arides et de collecte d’informations. « C’est vraiment décourageant de penser que quelqu’un a peut-être pris 15 ou 20 minutes pour créer sa fausse information et la mettre en ligne, alors que ça prend deux jours à un journaliste pour assembler une réfutation appuyée sur les faits. Et pour déboulonner les pseudodocumentaires, c’est encore pire. Ça prendrait des semaines tellement c’est foisonnant! Ce n’est pas réaliste de tout couvrir, alors on creuse seulement quelques-uns des aspects les plus problématiques », ajoute Eve Beaudin.

« C’est pour ça que le travail des fact-checkers est aussi essentiel : personne n’a le temps de tout vérifier soi-même! » insiste Normand Baillargeon.

Chercher à se décloisonner

Un dernier conseil : ne pas réfléchir seul et même, rechercher une confrontation saine et constructive. Cette recommandation emprunte encore une fois à la démarche journalistique. En effet, tous les textes publiés dans des médias crédibles sont révisés à plusieurs moments et par plusieurs personnes – qui n’hésitent pas à remettre en question des faits et des chiffres avancés et à réclamer des preuves supplémentaires pour les corroborer. Les articles vulgarisant du contenu scientifique peuvent ainsi être relus 10 à 20 fois avant leur publication, précise Eve Beaudin.

Normand Baillargeon rappelle pour sa part que « penser est un travail de groupe, plus encore sur des sujets vastes et complexes où se mêlent des faits et des valeurs. En fait, comme nous l’a appris John Stuart Mill dans De la liberté, vous ne savez même pas ce que vous pensez vraiment si vous ne l’avez jamais confronté à ce que pensent des personnes qui ne pensent pas comme vous. »

Astuces pour bien faire ses recherches

1) Se retenir de sauter sur le premier lien
Les vérificateurs de faits ne se contentent pas de cliquer sur le premier lien. Ils regardent d’abord les suggestions de sites des trois ou quatre premières pages de résultats, ce qui donne une meilleure vision de la requête. Ils peuvent alors réajuster les mots-clés au besoin, et ils verront déjà les tendances de réponse se dessiner. Ce recul permet de mieux choisir les quelques liens les plus pertinents à consulter (car il faut en ouvrir plus d’un, et de différentes sources).

2) Enquêter sur les sites inconnus
Avant de consulter le contenu d’un site, les journalistes se renseignent sur le site lui-même. Qui est derrière cette source? S’est-elle fait accuser de diffuser du contenu trompeur par le passé? Depuis quand existe-t-elle? Quels seraient les potentiels conflits d’intérêts? Vaut mieux se poser ces questions avant même de consulter le contenu dudit lien, car lire d’abord le contenu expose plus fortement au biais de confirmation, c’est-à-dire qu’on risque de se dire que c’est une bonne source si elle va dans le sens de ce que nous pensons déjà.

3) Faire un tour sur Wikipédia
L’utilité principale de Wikipédia pour la vérification des faits se trouve dans ce qu’il y a autour de l’article, c’est-à-dire les références ainsi que l’onglet discussion. Les références peuvent renvoyer vers des sources intéressantes, dont des articles scientifiques, ce qui permet de valider les aspects vulgarisés dans l’article Wikipédia. L’onglet discussion contient quant à lui des échanges argumentés à propos de l’article principal, ce qui offre au lectorat un regard plus critique et nuancé sur les informations retenues et sur les aspects sujets à débat.

4) Remonter aux sources primaires
La plupart du temps, on ne nous présente pas directement les faits, mais plutôt leur interprétation, par exemple dans des articles d’opinion, dans des bulletins résumés ou vulgarisés, ou encore de la bouche d’un proche qui rapporte ce qu’il croit avoir compris. Attention : ce n’est pas parce que les nouvelles sont communiquées par personne interposée qu’elles sont forcément erronées. Cependant, si on désire réellement baser notre avis sur les faits, la seule solution est de remonter jusqu’à eux, en consultant des sources primaires telles que la littérature scientifique ou les entrevues avec des experts. Autrement, on s’expose aux déformations du type « jeu du téléphone ».

5) Évaluer les études scientifiques de façon critique
Même lorsqu’une nouvelle fait référence à une étude scientifique, il ne faut pas pour autant croire que l’information est exacte, car toutes les études scientifiques ont leurs limites et leurs défauts. Il est par conséquent incontournable d’évaluer la validité et la portée de chaque article scientifique. Il faut aussi porter attention à une panoplie d’éléments tels que le type d’étude, sa méthodologie ou encore ses potentiels conflits d’intérêts. À noter que les études scientifiques reposent normalement sur des analyses statistiques afin de déterminer si un résultat est significatif ou non. Or, savoir quelle approche est la plus appropriée pour chaque étude est une expertise en soi.

Et encore! Ces trucs ne sont que quelques étapes de la longue procédure de vérification des faits. Pour aller plus loin, l’Agence Science-Presse a rassemblé plusieurs astuces et lancé une série de capsules explicatives, en plus d’offrir des ateliers de formation en éducation aux médias.

Cuba: la crise vue par la communauté cubano-canadienne

Nous souhaitons transmettre notre positionnement à la suite des manifestations sociales spontanées du peuple cubain contre le régime du pays qui se sont déroulées ces derniers jours.

Cette lettre n’a pas l’intention de faire une analyse détaillée de la situation, mais se veut plutôt un moyen de partager nos sentiments et notre vision de la situation.

Les causes de ces manifestations si importantes vont bien au-delà de la mauvaise gestion de la crise sanitaire reliée à la COVID-19 et du fait que Cuba est en train vivre le pire moment d’une crise économique de plus de 30 ans.

Les conditions qui ont conduit à ces manifestations sociales sont présentes depuis longtemps et sont de caractère structural:

• Un système économique inefficace, injuste et épuisé

• Le totalitarisme politique, idéologique et rhétorique de la part du régime socialiste: une dictature

• La fausse responsabilisation des problématiques chroniques internes sur le dos de l’embargo américain

• L’endoctrinement de plusieurs générations

• Le monopole absolu des moyens de communication et des médias

• Une société de plus en plus polarisée par les statuts économiques et politiques

• Un réseau de dénonciation interne

• La répression physique, psychologique et sociale envers ceux qui expriment des idées

différentes à celles du régime.

Présentement, nous sommes témoins d’un moment historique où les Cubains ont vaincu la peur et se sont manifestés de façon spontanée et pacifique. Les réponses du régime à ce cri de libération sont :

• L’appel du président de la République à l’affrontement violent entre les membres de la société civile cubaine

• La violence et la répression physique de groupes militarisés ou armés auprès des manifestants

• Plus de 500 personnes détenues ou disparues

• La désactivation totale de l’accès à Internet pour l’ensemble des citoyens cubains pendant trois jours et la reprise du service de façon intermittente

• Les mensonges et la manipulation de l’information à la population cubaine et à la presse internationale

• L’assouplissement, obligée par la pression internationale, du blocage douanier interne

• L’organisation d’un rassemblement de supposés partisans du régime en réponse aux manifestations populaires.

Nous, membres de la communauté cubaine à Trois-Rivières, déclarons que nous dénonçons les actes de violence et de répression du gouvernement cubain contre notre peuple ainsi que la manipulation de l’information véhiculée à l’international.

La rentrée sera compliquée

ÉDITORIAL / Il y a environ un an jour pour jour, la Louisianaise Olivia Guidry écrivait ceci sur son fil Twitter.

« Ce vaccin a été déployé en utilisant de l’ADN recombiné, plus rapidement que tout autre vaccin au monde. Il manipule votre ADN au niveau moléculaire le plus petit possible. Ne. Le. Prenez. Pas. Ce n’est pas sécuritaire.»

Samedi dernier, cette femme de Lafayette, qui était infirmière et traitait des patients souffrant de la COVID-19, a elle-même succombé au virus.

Au Québec, on a eu un exemple un peu semblable en mai, à Drummondville. Encore là, une dame militant sur les réseaux sociaux contre le vaccin, a été emportée par la maladie. Dans le cas de Gisèle Beaudoin, ce fut toutefois accompagné d’un changement de cap de dernière minute. « Je vous mets en garde contre ce virus. Je n’aurais jamais pensé être si malade », a-t-elle écrit sur sa page Facebook, peu avant de mourir.

Ce n’était pas un appel à la vaccination. Mais une reconnaissance certaine de la gravité d’un danger qu’elle avait sous-estimé.

Est-ce que de telles anecdotes sont efficaces pour convaincre ceux qui ne veulent pas être vaccinés de le faire ?

J’en doute.

Portés parfois par des personnalités politiques, parfois par leurs propres phobies, ou par mille autres raisons, leurs réticences sont complexes. Multiples.

Certains résistent par principe aux efforts gouvernementaux. N’aiment pas qu’on leur dise quoi faire. Toute discussion les atteint peu. Ou, au contraire, renforce leur conviction. S’ils changent d’idée, ce sera discrètement, par eux-mêmes.

D’autres détestent l’idée de se faire injecter quelque chose dans le corps. On les retrouve non loin de ceux qui résistent aux médicaments, qui aiment les médecines douces. Et la nouveauté de ces vaccins, développés en catastrophe, attise leur scepticisme.

Ils ne font pas nécessairement partie de ceux qui minimisent le virus. Dans certains cas, ils en sont terrifiés. Mais ils ont aussi peur de l’injection. Leur solution : l’isolement.

On pourrait ainsi continuer longtemps à décrire ces allergiques aux campagnes d’immunisation. Il y en a de tous les genres, même s’ils se regroupent en deux grandes catégories d’après une enquête de Statistique Canada faite l’an dernier. « Les raisons les plus courantes étaient le manque de confiance à l’égard de la sécurité du vaccin (54,2 %) et les inquiétudes relatives aux risques et aux effets secondaires (51,7 %). »

Et ce qui ressort quand on leur parle et on les écoute, et qu’on les lit sur les réseaux sociaux, c’est effectivement ça et l’absence totale de confiance envers les gens qui leur disent que c’est sécuritaire et que c’est crucial.

Alors on fait quoi avec ça ?

Avec ce bloc de résistance, qui aurait pu être le tiers de la population selon des sondages de fin d’année 2020, qui semble tourner maintenant autour de 20 %, quand on consulte les différents bilans.

Leur parle-t-on efficacement ? Avec respect, même s’ils ne partagent pas nos opinions ? Ou ne sommes-nous pas en train de laisser le fossé se creuser entre les anti et les pro — la position de ce journal — par notre incrédulité face à leur attitude ?

Nous devons mieux dialoguer. Trouver des façons d’échanger. Nous nous devons tous ça, comme collectivité.

Et avec la rentrée scolaire qui arrive à grand pas, la question est partout et incontournable.

Comment peut-on augmenter les taux de vaccinations chez les réticents ? Et jusqu’à quel point faudra-t-il, dans certaines circonstances, serrer la vis ?

Parce que vu l’impact qu’ont eu les vaccins sur la contagion jusqu’à présent, vu les statistiques de contamination qui dégringolent, il est clair que leur effet est positif et est en train de permettre un retour vers la normalité.

La semaine dernière, la France a tranché, en rendant le vaccin obligatoire dans le réseau de la santé.

Doug Ford a dit que ça n’arriverait pas en Ontario.

Mais cette semaine, l’Université d’Ottawa a décidé d’exiger le vaccin pour les étudiants en résidence.

Et le Québec croit au passeport vaccinal, ouvrant les portes à plus de normalité aux personnes immunisées, une idée rejetée par Queen’s Park.

Pour les entreprises qui préparent le retour au travail en personne, en réel, la question sera très difficile.

Surtout celles qui espèrent que leurs employés reviendront « au bureau ».

Peut-on exiger la vaccination des travailleurs pour qu’ils reviennent dans des lieux qu’ils n’auront peut-être pas envie de fréquenter ?

Comment concilier des politiques favorisant le retour en vrai, en sécurité, et le vaccin pour diminuer au maximum le risque de contamination ?

Et les entreprises doivent-elles se mêler du débat pour faire leur part en santé publique ?

Nous ne faisons que commencer à plonger dans ce casse-tête.

Profitez bien de vos vacances.

La rentrée sera compliquée.

Moins d’argent au Québec pour les Autochtones qui souffrent de dépendance

Une énième guerre de compétences entre Ottawa et Québec entraîne des écarts substantiels concernant les aides dont bénéficient les résidences d’hébergement en dépendance qui s’occupent notamment des Autochtones. L’écart varie de 2000 $ à 14 000 $ par mois selon la province de résidence. Une situation dénoncée par un organisme.

Le constat de l’Association québécoise des centres d’intervention en dépendance (AQCID) est sans appel. Dans un communiqué de presse, elle indique : Les citoyens issus des communautés autochtones du Québec sont grandement défavorisés en ce qui a trait au financement des services offerts dans les ressources d’hébergement en dépendance.

Sa source : les données divulguées par le ministère fédéral des Services aux Autochtones (SAC).

D’après un tableau statistique, une maison d’hébergement québécoise qui soigne un Autochtone pour une dépendance bénéficie d’une enveloppe d’environ 2000 $.

En Ontario, c’est plutôt 14 000 $, et en Saskatchewan, autour de 9000 $.

Qu’est-ce qui explique de telles disparités?

Alexandre Ratté, directeur adjoint de l’AQCID, explique que le montage financier pour soutenir les services offerts par les résidences d’hébergement en dépendance est très complexe et que les services sont financés en silo.

Il expose la situation : Tous les services de santé offerts aux Autochtones, partout au Canada, sont payés par Services aux Autochtones Canada. Mais au Québec, il y a un enjeu de compétence qui fait que l’argent donné par Services aux Autochtones Canada doit être ajusté en fonction des barèmes du ministère de la Santé et des Services sociaux de la province.

Ainsi, le ministère québécois a établi que les tarifs d’hébergement en dépendance pour les Autochtones sont de 62,70 $ par jour par personne, soit un peu moins de 2000 $ par mois.

De plus, au Québec, les Autochtones qui vivent dans leur communauté ou en dehors de celle-ci n’ont pas le même statut : ceux qui vivent en communauté bénéficient du financement de Services aux Autochtones Canada. Les autres, de celui du ministère québécois de la Santé.

Il y a l’idée selon laquelle un Autochtone qui vit sur dans une communauté n’a pas le même traitement qu’un Autochtone qui vit en dehors à cause des politiques provinciales, soutient le directeur adjoint de l’AQCID

France Bouffard, directrice du Pavillon de l’Assuétude qui offre deux points de service, l’un à Shawinigan, l’autre à Saint-Guillaume, précise que, parmi ses résidents, de 10 à 15 % sont des Autochtones.

Québec finance l’Assuétude à hauteur de 66 $ par jour pour un résident autochtone. Ces sommes couvrent le gîte et le couvert, mais pas la thérapie.

L’autre chemin de la réconciliation

Ces derniers misent beaucoup sur l’idée que la nomination d’une femme aux origines amérindiennes signerait l’heure du «chemin de la réconciliation» entre le Canada et les peuples amérindiens, au moment où des découvertes de tombes anonymes sur le site d’anciens pensionnats réveillent de bien tristes souvenirs.

Nous pourrions discuter longuement sur l’honnêteté réelle de la démarche du gouvernement canadien pour réparer les erreurs du passé. La nomination de Mary Simon risque de n’être qu’un écran de fumée parmi d’autres d’une stratégie de communication bien huilée pour une élection qui approche. On peut espérer que ces pronostics seront détrompés, mais il serait bien naïf de croire que le régime canadien changera prochainement son approche avec les Amérindiens. Cela dit, si cette attention médiatique sur le passé douloureux des peuples amérindiens possède une grande part de légitimité, elle laisse néanmoins dans l’ombre un autre «chemin de la réconciliation» qui n’a jamais été entamé un seul instant. Il s’agit du sort réservé aux Québécois et plus largement, aux Canadiens français hors Québec.

Nous savons ce que les Québécois ont subi dans leur histoire : la Conquête, la répression des Patriotes, la pendaison de Louis Riel, les crises de la conscription, le règlement XVII, la crise d’Octobre, le coup d’État de 1982 et le vol du référendum du 1995. Tous ces événements témoignent d’une volonté délibérée du régime canadien de mettre fin à l’exception française en Amérique et d’assimiler les Québécois à la civilisation anglaise. À ce jour, aucun gouvernement du Canada n’a daigné présenter d’excuses pour toutes les exactions commises dans cette longue histoire de répression. Le seul homme à avoir fait des efforts réels pour réconcilier le Québec avec le reste du Canada fut Brian Mulroney, qui n’a jamais connu de successeurs dignes de ce nom. Le fédéralisme renouvelé n’a connu aucune postérité et le retour de l’union «dans l’honneur et l’enthousiasme» restera pour toujours lettre morte. Les fédéralistes contemporains se contentent du statu quo, qui condamne le Québec à la perte progressive de ses institutions et de tous ses leviers politiques. Nous le voyons encore plus clairement dans cette crise sanitaire, où le manque d’argent dans les coffres de l’État du Québec sont trop à sec pour subvenir aux besoins criants. Le régime canadien se pose en sauveur d’une province «démunie» en venant supplanter les champs de compétence du Québec en santé. De ce fait même, il accentue la minorisation du Québec dans la fédération canadienne et à un destin aussi sombre que celui des Canadiens français du ROC.

Si le régime canadien avait comme volonté réelle d’avancer sur un chemin de la réconciliation avec les peuples opprimés au Canada, il y inclurait bien évidemment les Québécois et les Canadiens français. Mais il ne le fera pas, car nous formons une minorité nationale dérangeante et dont l’énergie vitale n’est pas encore tout à fait consumée. Il n’y aura désir de réconciliation que le jour où nous ne compterons plus politiquement. Bien des Québécois croient encore à un nouveau pacte entre les peuples fondateurs, persuadés que l’union fait la force. Malheureusement pour eux, ils devront un jour se rendre compte qu’ils sont seuls à vouloir faire leur bout de chemin dans la réconciliation. Le Canada anglais a abandonné toute volonté d’intégrer avec respect le Québec dans sa Constitution, qu’il veut nous faire avaler de force. Seuls les groupes qui correspondent à la grille de lecture woke de la société pourront bénéficier des larmes canadiennes, et les Québécois n’en font pas partie, eux qui sont vus comme une tribu clanique de racistes dangereux. Lorsqu’un chemin devient impossible à emprunter, il ne reste donc plus qu’à en sortir.

Libérez Mario Roy!

Samedi matin, sur la page Facebook d’un sympathique ami, lequel s’amuse à débusquer du conspirationniste temps plein, on y voit une autre vidéo d’une manif en marche. D’ordinaire, j’évite ce genre de bêtise ambiante ayant pratiquement siphonné l’espoir (encore disponible) pour ce qui est de confiance dans le tissu sociétal. Sauf que me voilà un brin curieux : les mesures sanitaires étant essentiellement choses passées, quels sont les mobiles justifiant, un beau jour de juillet, une nouvelle parade de dégénérés? J’ouvre. 

On y voit, probablement ce qui semble être la prison de Bordeaux, un cortège de militants convaincus, scandant de façon assumée, et en cœur : 

– LI-BÉ-REZ MA-RIO ROY!!

– LI-BÉ-REZ MA-RIO ROY!!

Oh putain!, me dis-je, j’ai jugé trop vite. Il s’est, dans le royaume de la politico-platitude québécoise, enfin passé un truc. Chic, un prisonnier politique!

Un instant, un instant… libérez qui ou quoi, déjà? 

Mario Roy.

Et j’ai imaginé, l’espace d’un moment, une famille de néo-québécois, idéalement réfugiée, tombant sur cette même vidéo.

– Et il a fait quoi, papa, le monsieur, pour être emprisonné injustement? Pourquoi les gens réclament sa libération? Il défendait quelle cause?

– Aucune idée, mais ça doit être grave. Ici, au Québec, nous vivons dans un État de droit, ma chérie.

– Et c’est quoi, un État de droit?

– Plusieurs choses, mais notamment le fait que tous sont égaux devant la Loi, que les gens peuvent exprimer leurs opinions politiques librement sans être arrêtés et emprisonnés, justement. Que pour se faire, l’État doit déposer des preuves sérieuses devant un tribunal indépendant et impartial.

– Donc ça voudrait dire que le Québec n’a pas agi correctement avec Mario Roy? C’est pour ça que tous ces gens crient dans la rue avec un manteau en cuir?

– Oui, je ne vois pas d’autres options. S’il était coupable, les gens ne l’appuieraient pas.

– Papa, qu’est-ce qui est écrit, sur leur manteau en cuir?

– Euh….

– Fuck you ??

– Euh… oui.

– Et il le font à qui, le fuck you, papa? Et c’est quoi, un farfadaaa?

– …

– Attends, j’ai trouvé! Mario Roy est accusé d’avoir bloqué le tunnel Louis-Hyppolyte-Lafontaine après une manifestation contre les mesures sanitaires, le 13 mars dernier. Il est ainsi accusé de complot et de méfaits de plus de 5 000$. Mario Roy était l’un des leaders du groupe d’extrême-droite la Meute, ayant fait des réfugiés ses principaux boucs émissaires. Il attend aussi sa sanction après avoir été reconnu coupable d’outrage au tribunal, et fera bientôt face à la justice pour harcèlement et intimidation envers une avocate du syndic du Barreau du Québec. 

– ….

– Je continue : il a également posé illégalement des gestes réservés aux avocats à plusieurs reprises, notamment celui d’émettre des opinions juridiques. Il affirmait récemment vouloir déposer des poursuites criminelles contre Horacio Arruda et François Legault pour encouragement au génocide et haute trahison, et il soutient que les autorités souhaitent le faire taire parce qu’il dénonce un réseau d’enlèvement d’enfants organisé par la DPJ. 

– ….

– Papa, pourquoi tous ces gens marchent dans la rue pour le faire libérer, dis-moi?

– La magie des réseaux sociaux, ma chérie. 

– Mais il y avait aussi des fous avant, non?

– Oui, mais ils ne pouvaient pas nous en faire la preuve par des Facebook live.

– Ni convaincre d’autres fous que ce ne sont pas eux, les vrais fous, c’est ça?

– Parfaitement, oui. Ce qui fait qu’au final, j’ai presque du respect pour Raël et autres gourous de l’époque. Construire une secte sans médias sociaux, ça devait être de la job, quand même. 

– Mais papa, pourquoi ces gens ne s’intéressent pas plutôt aux vrais enjeux des libertés civiles? Y en a ici aussi, non? Le racisme systémique à l’égard des Autochtones, par exemple. Pourquoi ne pas mettre leurs énergies là-dessus?

– Parce que ça ne leur serait pas payant, tant en matière de virements Paypal qu’en ce qui concerne le culte de la personnalité. 

– Dans le sens où ils seraient obligés de s’effacer derrière la cause? Et qu’ils ne feraient pas de sous?

– En plein ça, ma chérie. Bon allez, dodo maintenant!

– D’accord… Mais papa?

– Quoi?

 – Tu peux me relire l’histoire de Nelson Mandela, stp?

Pour sa haute couture, Valentino fait défiler à Venise les plus belles couleurs du monde

Le maître de la couleur, c’est lui, Pierpaolo Piccioli, directeur artistique de Valentino, qui a choisi, cette saison, de poser sa palette haute couture à Venise. La collection baptisée Valentino des Ateliers a défilé hier, dans le Gaggiandre de l’Arsenal de Venise. Un magnifique chantier naval qui donne sur l’eau et qui accueille aujourd’hui les Expositions internationales d’art et d’architecture. À la tombée du jour, alors que le ciel se pare d’une lumière dorée, le lieu est cinématographique à souhait. Accompagnées en live par la chanteuse britannique Cosima et sa voix veloutée, les silhouettes défilent face à une assemblée d’invités qu’on a priés de s’habiller en blanc. Comme pour mieux faire ressortir l’incroyable colorama aussi subtil que vibrant qui émane de la collection.

La beauté envoûtante de Venise

Pierpaolo Piccioli a choisi Venise donc, pour sa beauté envoûtante, son panorama culturel et artistique qui l’ont particulièrement inspiré. Il a ainsi choisi de dialoguer avec 17 jeunes peintres contemporains en transposant non pas littéralement leurs tableaux sur les vêtements mais en imaginant par le biais des formes, des matières et des couleurs une interprétation de leurs toiles. Le défilé comprenait 84 looks hommes et femmes dont 19 directement inspirés des oeuvres de ces derniers. On les retrouve, par exemple, dans une minirobe de faille imprimée et rebrodée de paillettes, dans une robe droite de crêpe de laine bleu incrustée de danseurs de cady de soie rose poudre, ou sur des manteaux capes aux intarsias arty de laine rouge, noir et ivoire.

Colorama magistral

Mais ce qui frappe d’emblée, ce sont ces éclats de couleur, ces rouge cerise, rose, fuchsia, orange corail, violet, lavande, vert menthe, jade ou émeraude, bleu cobalt, azur ou électrique, jaune bouton d’or…qui, seuls ou en association, sont si beaux qu’ils en donnent des frisssons. Comme à son habitude, Pierpaolo Piccioli y va crescendo, démarrant sur des silhouettes épurées mais sculptées, passant de l’ultra court – minirobe boule – à des robes droites et drapées ou des pantalons, tops, capes ou manteaux à l’apparente nonchalance. Les hommes portent pantalons et vestes sur leurs chemises ouvertes et les filles avancent mains dans les poches, peu maquillées, sans dorures, ni fioritures. Les coupes, le travail autour du plissé et volanté et surtout les couleurs des vêtements n’ont besoin d’aucun autre artifice clinquant. Seuls sont autorisés les broderies de paillettes sur certaines pièces et les immenses chapeaux méduses en plumes de Philip Treacy, qui ponctuent les silhouettes tout en jambes. Le final pousse encore plus loin le curseur de la couleur avec une multitude de robes crinolines qui forment comme une palette éblouissante de touches de peinture qui éclaboussent presque l’eau de la lagune… Magistral et magique à l’image de Venise.