Livre : comment le capitalisme a colonisé les esprits

Karl Marx et Friedrich Engels se sont-ils trompés quand ils prédisaient la fin prochaine du capitalisme ? Non, le vieux capitalisme industriel s’est simplement mué en société de consommation, explique le sociologue et psychanalyste David Muhlmann.

Au XIXe siècle, Karl Marx et Friedrich Engels prévoyaient que la fin du capitalisme allait bientôt arriver, grâce à la classe ouvrière. Aujourd’hui, cent cinquante ans plus tard, il faut bien admettre que ce système économique se porte encore très bien. Les deux philosophes allemands avaient-ils tort ? Non, mais ils ne pouvaient pas prévoir les mutations du capitalisme, d’après le sociologue et psychanalyste David Muhlmann.

Le vieux capitalisme industriel s’est mué en société de consommation. « Aujourd’hui se développent des formes plus douces de domination, qui prennent l’allure de l’émancipation subjective : critique des règles et de la bureaucratie, entreprise “libérée” des managers, organisation “agile”, valorisation de l’entreprenariat de chacun. Le chef autoritaire, légitime parce que patron, avec son arbitraire décisionnel, cède la place à une posture libérale, voire libertaire, de l’entrepreneur, qui n’est pas sans reprendre à son compte les idéaux progressistes » décrit l’auteur.

Nous sommes réellement entrés dans « l’ère de la société capitaliste » qui ne se réduit pas au système économique. Résultat : « En modelant la vie économique, la logique du mode de production capitalise a envahi l’ensemble du champ social. » Il a ainsi « colonisé les esprits, engendrant une véritable mutation anthropologique dans les rapports à nous-mêmes, aux autres, à l’autorité ». C’est ce phénomène qui explique le maintien du capitalisme, devenu désirable même pour ceux qui sont en bas de l’échelle sociale.

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