Zemmour candidat “sous-marin” pro-Macron, ce complotisme autorisé…

La première est qu’il est assez piquant d’entendre ou de lire une telle hypothèse lorsqu’elle vient de l’établissement qui n’a de cesse de dénoncer le complotisme de tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans le système politico-médiatique au pouvoir. Nouvelle insulte stigmatisante, le complotisme compense avantageusement les deux lacunes des accusations de nazisme et de fascisme. Son caractère d’apparence sociologique englobe un champ d’application plus vaste que le seul aspect politique. En outre, il permet d’occulter la dérive des démocraties occidentales vers un autoritarisme étatiste à tendance sanitaire fondé sur une idéologie scientiste et progressiste et qui obéit à des intérêts financiers gigantesques, conjonction qui n’est pas dépourvue de tout lien avec ces deux régimes.

Garantir un second tour Macron-Le Pen ?

La seconde est que la candidature d’Eric Zemmour prendrait des voix au RN et à LR, faisant ainsi le jeu d’Emmanuel Macron. Diviser la droite pour garantir un second tour Macron-Le Pen, dont l’issue serait jouée d’avance : la vieille ruse mitterrandienne toujours et encore, jouant sur le suivisme de l’électorat conservateur conjuguée à la docilité des partis de la droite parlementaire, le tout sous la censure permanente des médias – de gauche, est-il besoin de le préciser. Et, reconnaissons-le, cette issue serait plus que probable. Car, en plus de vouloir rendre fréquentable le parti qu’elle a arraché à son père, Marine Le Pen a, consciemment ou non, fini par donner une certaine consistance à l’un des arguments opposé de manière récurrente au FN puis au RN : l’incapacité à gouverner d’où découlerait l’absence d’une réelle volonté de gagner. Longtemps jeté à la figure de Jean-Marie Le Pen, afin de le réduire au rôle d’agitateur politique, l’argument finit par prendre corps à l’égard de sa fille. Malgré les résultats des élections régionales, lesquels ne peuvent s’expliquer exclusivement par les causes qui brident ordinairement le RN, Marine Le Pen a eu pour principale réaction de confirmer que le RN ne redeviendrait pas le FN et resterait sur la ligne qu’elle a définie.

Or on peut d’ailleurs se demander de quelle ligne il s’agit, dès lors que le RN s’est tenu à l’écart des combats les plus importants de ces dernières années dans lesquels une grande partie de son électorat pouvait se reconnaître : le mariage pour tous, les gilets jaunes, les lois sur la bioéthique, et plus récemment la gestion de la crise sanitaire et le scandaleux « passe sanitaire ». Finalement la seule ligne claire adoptée par le RN réside dans le renouvellement de son équipe de direction dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle ne correspond pas vraiment à sa base électorale. Même sur l’immigration et l’insécurité, deux phénomènes désormais hors de tout contrôle, le RN n’est plus guère audible.

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