Economie politique. «Brevets et capitalisme»

Dans un article précédent, j’ai fait référence au fait que la production, la distribution et l’application des vaccins anti-covid sont le produit du travail de milliers de scientifiques, de techniciens et de travailleurs en général. Ici, je présente quelques réflexions sur la nature et la fonction des brevets (c’est-à-dire que je ne traite pas des droits d’auteur appliqués aux créations artistiques ou des droits de propriété sur les marques) dans le mode de production capitaliste.

Rappelons que les brevets sont accordés par les Etats à ceux qui appliquent des connaissances scientifiques à la production d’un nouveau produit, ou à la création d’un nouveau processus de production ou de commercialisation. Les bénéficiaires du brevet ont le droit exclusif de contrôler la production et la vente d’un produit donné, ou d’un processus de production, pendant une période de temps, qui est généralement fixée à 20 ans. De cette façon, les brevets engendrent une relation de propriété sur les connaissances scientifiques appliquées ou technologiques. Alors que les biens physiques sont des biens rivaux [une pomme peut être mangée qu’une seule fois, généralement par une seule personne], la connaissance est non rivale et, dans le système fondé sur la propriété privée, elle «exige» une protection. Si Jean, par exemple, possède le bien physique X et le donne à Pierre, Jean cesse d’être propriétaire de X. Si, en revanche, Jean possède le savoir Z et la transmet à Pierre, ils en viennent tous deux à posséder Z.

Par conséquent, dans la mesure où la propriété privée des moyens de production et des biens matériels est une source directe de pouvoir économique pour le capitaliste, la connaissance a besoin de l’exclusion, légalement établie et institutionnellement garantie, pour devenir une source de pouvoir économique pour le capitaliste. En d’autres termes, puisqu’une percée scientifique est partageable à l’infini, le brevet la transforme – tant qu’il est en vigueur – en propriété privée. C’est pourquoi, à mesure que la mondialisation du capital progressait, la question est devenue mondiale. L’Accord de l’OMC sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC), négocié entre 1986 et 1994 dans le cadre du cycle d’Uruguay, a introduit pour la première fois des règles relatives à la propriété intellectuelle dans le système commercial multilatéral. L’accord sur les ADPIC fixe les droits minimaux dont doit disposer un titulaire de brevet et définit les conditions sous lesquelles des exceptions à ces droits sont autorisées.

Ajoutons que la possibilité de copier et de diffuser les technologies et les connaissances scientifiques appliquées croît avec le progrès technologique. En particulier, les programmes informatiques, ou logiciels, posent des problèmes pour leur monopolisation (accaparement), car une fois créés, ils peuvent être stockés, reproduits et distribués, soit par CD-ROM, soit en ligne, à faible coût et en quantités illimitées.

Qui les brevets protègent-ils?

Les apologistes du capitalisme présentent souvent les brevets comme un moyen de garantir que la valeur dérivée d’une percée scientifique appliquée à la production revienne à ceux qui l’ont produite. Mais il est un fait que les avancées scientifiques appliquées à la production sont l’œuvre de chercheurs, d’ingénieurs, de médecins, de techniciens et de personnel auxiliaire de toutes sortes dans les départements de recherche et développement des entreprises, soit des travailleurs auxquels les brevets ne confèrent aucune propriété. Sans compter les scientifiques et les techniciens de la recherche fondamentale, qui n’obtiennent pas non plus de propriété des brevets. En bref, les brevets ne procurent pas de propriété pour ces travailleurs et travailleuses, mais pour les actionnaires, les propriétaires du capital. En d’autres termes, le collectif de travail (le «travailleur collectif») crée du progrès, mais l’accaparement de ses bénéfices en termes d’augmentation de la propriété et d’appropriation des plus-values extraordinaires va au capital, qui est d’ailleurs de plus en plus concentré. Nous soulignons que la source de plus-value extraordinaire dérivée des changements scientifiques et technologiques est le travail potentialisé. Il est potentialisé dans les deux sens dans lesquels Marx utilise cette notion: il repose sur une main-d’œuvre qualifiée dans une mesure supérieure à la moyenne; et il crée un produit, ou une méthode de production, supérieure à la moyenne de la branche.

Le caractère social de la production de connaissances et des brevets

Naturellement, la préservation des brevets est d’un grand intérêt pour les entreprises qui, grâce à leur monopole, obtiennent des profits supérieurs à la moyenne; également pour celles qui cherchent à commercialiser le brevet; ou qui exigent des versements pour l’utilisation d’une connaissance «privatisée». L’argument privilégié de ces capitalistes est que si ces droits de propriété intellectuelle ne sont pas protégés, la production innovante et le progrès scientifique sont menacés.

Mais l’argument est contesté même au sein du camp bourgeois, puisque les brevets ont souvent entravé le progrès technologique. Quelques cas représentatifs sont fréquemment cités. L’un d’eux est l’Américain Eli Whitney, qui a inventé [en 1793] – avec l’aide décisive d’un de ses employés – l’égreneuse à coton, une machine qui séparait la graine de la fibre de coton. L’égreneuse représentait un progrès majeur par rapport au travail manuel nécessaire pour l’égrenage. Cependant, Whitney a essayé d’arrêter sa propagation en le brevetant [1794]. Il voulait faire payer les producteurs pour le coton égrené dans ses égreneuses. Les producteurs ont refusé, ont construit leurs propres égreneurs, et l’avance s’est généralisée. Un autre exemple est ce qui s’est passé avec l’automobile. Aux premiers jours de l’industrie, l’Association of Licensed Automobile Manufacturers, composée d’un petit groupe de fabricants, a tenté de monopoliser le marché en contrôlant le brevet [sur le moteur à combustion interne] qui avait été accordé à un avocat, George Selden. Henry Ford lui-même s’est vu refuser une licence et a dû faire face à un procès lorsque son entreprise a continué à fabriquer des automobiles. Ford a fini par gagner le procès.

Brevets de Myriad Genetics

Avec les brevets, la santé et les vies humaines sont également en jeu. C’est le cas de Myriad Genetics (MG), une entreprise fondée en 1994 par des scientifiques de l’Université de l’Utah.

A partir d’une recherche conjointe avec l’université et le gouvernement des Etats-Unis, dans les années 1990, MG a réussi à identifier l’emplacement de deux gènes, BRCA1 et BRCA2, associés au cancer du sein et des ovaires. Ces gènes «réparent normalement» l’ADN endommagé. Une mutation de ces gènes signifie que les cellules sont plus susceptibles de développer des altérations génétiques qui conduisent au cancer. En d’autres termes, une personne présentant des mutations de ces gènes est plus exposée au risque de cancer du sein, des ovaires et de la prostate; grâce à une détection précoce, le développement de ces cancers peut être évité ou ralenti. La découverte de MG consistait à trouver l’emplacement et la séquence précis des gènes BRCA1 et BRCA2. Sur la base de ces découvertes, MG a développé des tests médicaux pour détecter les mutations des gènes BRCA1 et BRCA2, dont la présence indiquerait un risque accru de cancer.

MG a ensuite réclamé au gouvernement des Etats-Unis et à l’Union européenne des brevets relatifs aux séquences de gènes et à leurs mutations. Entre 2001 et 2003, l’UE a accordé à MG des brevets d’invention relatifs à des méthodes de diagnostic de la prédisposition au cancer du sein et de l’ovaire associée aux gènes et à leurs mutations. L’octroi de ces brevets a suscité des controverses, des critiques et des objections de la part des instituts de recherche et des organisations politiques et sociales. Il s’agit notamment de la social-démocratie suisse, de Greenpeace Allemagne, de l’Institut Curie en France, de la Société belge de génétique humaine, du ministère néerlandais de la Santé et du ministère autrichien de la Sécurité sociale. Outre les objections techniques – les conditions requises pour un brevet n’auraient pas été remplies –, a été souligné que les brevets sur les gènes humains pourraient créer le blocage potentiel de la recherche et du développement de tests génétiques différents. La pression était si forte que l’UE a fini par révoquer, dans certains cas, et dans d’autres par restreindre les droits des brevets sur les gènes liés au cancer du sein et de l’ovaire.

Quant à la situation aux Etats-Unis, l’Office des brevets (USPTO) a accepté la demande de MG (les brevets couvrant des séquences d’ADN isolées ont été acceptés). Les partisans des brevets ont fait valoir qu’ils favorisaient les investissements technologiques et la recherche génétique. Mais comme en Europe, des critiques sont apparues. Ils ont fait valoir que ces brevets étouffaient l’innovation en empêchant d’autres personnes d’entreprendre des recherches sur le cancer, qu’ils limitaient les possibilités de dépistage pour les patients atteints de cancer et que de nombreux chercheurs, dont beaucoup étaient financés par des fonds publics, avaient contribué à la localisation de BRCA1 et BRCA2. En outre, et d’un point de vue plus technique, ces brevets ne seraient pas valables puisqu’ils portent sur une information génétique produite par la nature. Quoi qu’il en soit, et grâce aux brevets accordés, MG est devenue la seule entreprise capable d’opérer le test BRCA1/2, pour lequel elle facture entre 3000 et 4000 dollars. Le monopole accordé par le brevet durerait 20 ans.

En 2009, l’American Civil Liberties Union [ACLU] et la Public Patent Foundation ont intenté une action en justice pour invalider les brevets sur les séquences des gènes BRCA1 et BRCA2. La question est parvenue jusqu’à la Cour suprême qui, en 2013, a invalidé cinq des brevets de MG, liés à des tests pour le cancer du sein et de l’ovaire (les demandes de brevets de MG dépassent les 500). Elle a fait valoir que les lois de la nature, les phénomènes naturels et les idées abstraites ne sont pas brevetables et, en ce qui concerne l’ADN séquencé, il a fait valoir que si MG a trouvé un gène important et utile, la séparation de ce gène du matériel génétique qui l’entoure n’est pas un acte d’invention. Plus généralement, les informations génétiques des êtres humains ne devraient être la propriété privée de personne. Toutefois, la Cour a trouvé un équilibre en déclarant que les brevets servent à assurer un certain degré de rentabilité aux entreprises. Et que la création de l’ADNc [1] est brevetable. MG continue donc d’avoir la possibilité d’intenter des procès et de bloquer les entreprises de recherche ou de test qui peuvent créer le même ADNc à partir d’ADN naturel. Presque immédiatement après la décision de la Cour, d’autres sociétés ont commencé à proposer des tests de 1000 à 2300 dollars.

Autre cas: les logiciels

Les logiciels constituent un autre cas d’espèce. Un spécialiste que j’ai consulté m’a expliqué qu’un argument clé pour exclure les logiciels de la protection par brevet est que l’innovation dans ce domaine implique généralement un mouvement séquentiel cumulatif et l’utilisation du travail d’autrui. En outre, il est nécessaire de préserver l’interopérabilité entre les programmes, les systèmes et les composants de réseau, ce qui n’entre pas dans les mécanismes du système breveté car cela peut restreindre l’éventail des options disponibles pour les seconds venus.

En revanche, on fait valoir que la protection par brevet est nécessaire pour protéger les investissements dans le développement de logiciels, qui progressent de plus en plus parallèlement à la technologie informatique. Mais c’est le cas si l’on admet que le seul moyen de développer des logiciels et des ordinateurs est l’investissement capitaliste régi par la recherche du profit.

Le Parti communiste d’Afrique du Sud a cent ans

La formation du parti communiste d’Afrique du Sud plonge ses racines dans le mouvement d’opposition à la Première Guerre mondiale et la formation de la première Ligue internationale socialiste. Réunis dans la ville du Cap pour un congrès de quatre jours les 29, 30 et 31 juillet et 1er août 1921, 2000 délégués adoptèrent la résolution pour la création du Parti communiste d’Afrique du Sud.

Ce sont des blancs qui sont à l’origine du PCAS, dont beaucoup de juifs originaires des pays baltes, Lituanie et Lettonie, qui ont fui ces pays après l’assassinat du tsar réformateur Alexandre II. Artisans, employés ou simples ouvriers, souvent influencés par les théories marxistes, ils et elles seront très actifs dans la formation des syndicats du textile, du cuir, de l’habillement, des conserveries. Ray Alexander, Hilda Berstein , Solly Sachs, Ruth First, Joe Slovo, HarryWolpe, Michael Harmel et bien d’autres laissèrent leurs noms dans l’histoire du mouvement politique et syndical sud-africain.

 Ce qui retient l’attention, c’est la volonté déclarée de créer un parti non-racial et de former des cadres et militants noirs, indiens ou métis dans une société déjà divisée selon des lignes raciales. Autre particularité, le PCAS accueille des femmes, comme Josie Palmer, la première femme noire qui adhère au parti en 1928, Dora Tamara ou Lilian Ngoyi[1]. La grève des mineurs blancs en 1922 mit à l’épreuve le tout jeune parti puisque les mineurs blancs s’opposaient à l’embauche de mineurs noirs pour des postes semi-qualifiés. La volonté de former des cadres militants noirs, indiens ou métis n’en sera pas altérée pour autant

 Dès 1930 des militants noirs accedèrent à la direction du parti comme Moses Kotane ou JP Marks, ou encore des indiens comme Yusuf Dadoo, mais l’obédience à l’Union soviétique n’alla pas sans remous, l’idée d’une « république noire » inspirée par Moscou étant mise en question face à la réalité sud-africaine. « Il n’y a pas de loi universelle pour faire la révolution », disait Ben Turok[2].

 La grande question théorique qui va tarauder les communistes sud-africains va être de faire le lien entre la lutte de libération nationale et la voie vers le socialisme. De multiples écrits abordent cette question, car il s’agissait de libérer sur le terrain la majorité de la population noire de l’oppression de race et de classe. Le Congrès national africain (ANC), le mouvement de libération créé en 1912, se battait avant tout pour le droit de vote et avait adopté une politique très modérée ; c’est dans les années 1940 que les « jeunes lions » de la Ligue de la jeunesse de l’ANC vont sortir le mouvement de sa torpeur. Walter Sisulu fut la cheville ouvrière du rapprochement entre le PCAS et l’ANC.

 Ce rapprochement n’alla pas sans affrontements idéologiques, notamment avec les africanistes. La critique du marxisme européen se traduisit par l’élaboration d’un « socialisme africain », porté par des personnalités comme Julius Nyerere en Tanzanie, Modibo Keita au Mali, Sekou Touré en Guinée, Kwame Nkrumah au Ghana, Leopold Senghor au Sénégal ou Kenneth Kaunda en Zambie. Le PCAS trouva une réponse à l’épineux problème de la relation entre oppression coloniale et exploitation de classe en élaborant le concept de « colonialisme d’un type spécial », où colons et colonisés cohabitent sur le même territoire, théorie explicitée dans le document The Road to South African Freedom.

L’arrivée du Parti national au pouvoir en 1948 et la mise en place du système d’apartheid dont une des premières lois fut celle sur la Répression du communisme en 1950 obligea le CPAS à passer à la clandestinité dans des conditions très difficiles. L’histoire de cette période clandestine reste encore à écrire. En 1953, le parti communiste réapparu sous le nom de South African Communist Party (Parti communiste sud- africain, SACP), qui est toujours son nom officiel.

Les années 1950 furent des années d’intense activité, de rapprochement entre divers mouvements progressistes, l’ANC, le Congrès indien (SAIC), le Congrès des gens de couleur (CPC), le Congrès des syndicats (SACTU) et le Congrès des démocrates qui accueillait les progressistes blancs et les communistes. Le Congrès de l’Alliance regroupait toutes ces formations afin de lutter ensemble contre le régime d’apartheid, renforçant ainsi concrètement une coalition dont le mot d’ordre était de rassembler sans distinction de race. Le non-racialisme sera le socle de cette société nouvelle pour laquelle tous luttaient, tout en donnant à l’ANC, qui représentait la majorité des opprimés noirs, la direction de la lutte de libération.

En 1952, la Campagne de défiance envers les lois de l’apartheid rassembla des milliers de militant.e.s, toutes races, religions et idéologies confondues, dont 8000 furent arrêté.e.s. Le choix du 6 avril 1952, anniversaire de l’arrivée trois cents ans plus tôt de Jan van Riebeeck au Cap en 1652, avait une valeur hautement symbolique, tout comme l’insistance sur la nature non-violente du mouvement. Les idées du parti communiste, bien qu’interdit, avaient trouvé des relais dans les diverses organisations qui n’étaient pas encore interdites comme le Congrès indien ou celui des démocrates. En 1955, l’ANC décida de réunir un Congrès du peuple à Kliptown pour l’adoption d’une « Charte de la liberté ». Cette Charte, qui affirme dans son préambule que « l’Afrique du Sud appartient à tous ceux qui y vivent, Noirs et Blancs », reste la référence fondamentale de la démocratie sud-africaine, même si son contenu reste toujours objet de débat, en particulier ses options « socialistes » sur la propriété et le partage des richesses nationales.

 La fin de non-recevoir opposée aux revendications et la répression amenèrent l’ANC à riposter par la création, en décembre1961, mouvement armé, MK. Les communistes jouèrent un rôle de premier plan dans son organisation et le recrutement de volontaires. Nelson Mandela expliqua clairement ce choix dans sa plaidoirie au procès de Rivonia, qui suivit l’arrestation de la direction de l’ANC à Lilies’ Farm en juillet 1962. La répression s’intensifiera encore avec l’arrestation de Bram Fisher, Afrikaner blanc communiste, un des avocats des accusés de Rivonia, en 1964.Le désastre de Rivonia amena à revoir la stratégie de la lutte clandestine et à créer ce qu’on appella « la mission extérieure de l’ANC » qui s’établit dans les pays voisins, d’abord en Tanzanie, puis en Zambie à Lusaka sous la direction Oliver Tambo

La Conférence de Morogoro en Tanzanie en 1969 marqua un tournant décisif dans les rapports entre l’ANC, le SACP et le SACTU. Elle affirma le leadership de l’ANC dans la lutte de libération et admit dans ses rangs mais aussi dans sa direction des militants non-africains issus des autres formations du Congrès de l’alliance, en particulier du SACP. Un conseil révolutionnaire fut formé, où allaient siéger Yusuf Dadoo et Joe Slovo, deux dirigeants communistes. La conférence adopta un programme, Strategy and Tactics, qui reprend l’analyse de la société sud-africaine selon le concept d’une « colonisation d’un type spécial ». Toutefois des voix dissidentes se firent entendre, dénonçant la présence de communistes dans la direction de l’ANC. Après Morogoro, le parti communiste réactiva sa présence clandestine à l’intérieur du pays malgré une répression féroce, nombre de ses militants étant arrêtés, condamnés à la prison, torturés, souvent à mort. La clandestinité ne facilita pas les relations entre les organisations, comme le reconnut Oliver Tambo en juillet 1981 : « notre alliance est un organisme vivant qui a grandi dans la lutte. Nous l’avons construit avec nos expériences séparées et communes. »

Le soutien des pays du bloc soviétique à la lutte de libération – en particulier au SACP dont les militants étaient formés dans les pays de l’est, les publications imprimés à Prague ou à Berlin – fournit au régime d’apartheid un argument pour qualifier tous ses opposants de « terroristes communistes ». Au sein du parti, de sérieuses questions sur le stalinisme, la réalité du socialisme en URSS furent l’objet de débats importants et de défections. Ruth First fut une des plus virulentes à dénoncer le stalinisme au grand dam de son époux Joe Slovo, qui écrivit finalement un pamphlet qui fit grand bruit en 1990 : « Has socialism failed ? »[3].

 Quand, finalement, dans son discours du 2 février 1990, Frederik de Klerk annonça la levée de l’interdiction des mouvements et partis interdits par le régime d’apartheid et l’ouverture des négociations, la présence de communistes dans l’équipe de l’ANC, en particulier de Joe Slovo, posa problème à certains, mais la réponse de Thabo Mbeki fut sans équivoque : « pas de Slovo, pas de rencontre ». Le SACP eut donc une influence dans les négociations qui aboutirent aux élections de 1994, même si c’est la victoire de l’ANC que l’on retint. De nombreux exilés rentrèrent au pays, et certains devinrent ministres, comme Joe Slovo, Ronnie Kasrils ou Kader Asmal, d’autres furent élus députés sous l’étiquette de l’ANC.

La guerre froide, l’affrontement entre l’URSS et la Chine, la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) ou du Mouvement des Non-Alignés ont aussi pesé sur la lutte menée par le Parti et ses alliés, amenant à revoir The Path to power, élaboré en 1962 : le parti renonça à l’idée d’une phase de transition entre capitalisme et socialisme. Le délitement puis l’effondrement de l’URSS et la chute du Mur de Berlin au moment même où l’apartheid cédait devant les efforts conjoints de la lutte armée, du mouvement clandestin, du mouvement de masse et de la solidarité internationale, contraignirent le parti, « comme beaucoup de ses partis frères dans les pays africains post-coloniaux, à faire face à la difficulté de survivre comme force socialiste dans une alliance dirigée par un mouvement nationaliste dont le gouvernement est à la tête d’une économie capitaliste ».[4]

Le wokisme est un anti-libéralisme

Nourris à l’idée que la domination blanche impose ses règles de fonctionnement dans tous les domaines de la vie (de l’économie à la cuisine en passant par le code vestimentaire) aux populations dominées, ils estiment dans la lignée de l’approche marxiste que les populations souffrant de la domination blanche que l’économie de marché et le capitalisme ne sont que des instruments de pouvoir pour les asservir.

Au passage, certains économistes n’hésitent pas à affirmer que la richesse des pays occidentaux s’est construite sur l’esclavage et que naturellement ces pays ont une dette à payer en retour.

Pour Thomas Piketty, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales :

Le système esclavagiste a joué un rôle central dans le développement des Etats-Unis, comme d’ailleurs du capitalisme industriel occidental dans son ensemble.

Il appuie sa démonstration sur ce rôle central à partir de la production de coton qui aurait été décuplée grâce à ce système esclavagiste et qui a alimenté l’industrie textile européenne.

S’il n’est pas question de nier la contribution des esclaves noirs à l’expansion de la production de coton il nous semble peu convaincant de faire dépendre la richesse des pays occidentaux de ce système aujourd’hui fort heureusement disparu.

Celle-ci dépend de bien d’autres facteurs et notamment de l’innovation industrielle propre aux pays occidentaux financée fondamentalement grâce à l’émergence des marchés financiers et donc du capitalisme.

La machine à vapeur, le moteur à explosion, l’électricité, les centrales hydrauliques et nucléaires, l’aviation, les trains à grande vitesse, l’informatique, les vaccins, etc. ne doivent rien à l’esclavagisme.

Toutes ces innovations qui ont transformé la vie de millions de gens, y compris ceux qui ne sont pas occidentaux, ne doivent rien, absolument rien à l’esclavage.

Au moment où la critique du capitalisme ultralibéral et financiarisé obtient un plus large consensus, il devient crucial de ne plus se limiter à elle : aujourd’hui, l’enjeu cardinal est celui de l’alternative à un modèle discrédit.

La taxe carbone adoptée au nom du principe « pollueur-payeur » a allumé la mèche. Et c’est contre la faiblesse des salaires, des retraites, l’injustice sociale, que le mouvement s’est développé. Il est par bien des égards un puissant symptôme de la crise du néolibéralisme. Même Macron l’a concédé à l’occasion de ses vœux : « Le capitalisme ultralibéral va vers sa fin ». Les antilibéraux ont contribué à cette défaite politique : le néolibéralisme a fait son temps.

Un mouvement n’est pas un projet

Voilà quinze ans que des courants très divers de la gauche se sont unis, par-delà leur histoire et même leurs divergences, pour mener collectivement les combats contre la dérégulation libérale. Ensemble, libertaires et communistes, socialistes de gauche et altermondialistes ont lutté pour une fiscalité juste, contre l’évasion fiscale, pour un impôt progressif… Ensemble, nous avons émis une critique forte du pouvoir de la finance contre la politique. L’antilibéralisme a constitué un mouvement qui a suscité une véritable dynamique, non seulement sociale, mais également dans le champ politique. Il a permis à la gauche de la gauche de se rassembler, de marquer une rupture avec les sociaux-libéraux et de s’imaginer majoritaire. Il le fut d’ailleurs au moment du référendum sur le Traité constitutionnel européen. Mais ce mouvement n’était pas tout à fait un projet. Il nous a unis « contre ». Mais n’a pas dit le « pour ». Cette incertitude, nous l’avons retrouvé dans le mouvement des gilets jaunes autant que dans le débat politique qui l’a accompagné.

Oui, le mouvement des gilets jaunes est en phase avec beaucoup de nos combats antilibéraux. Peut-on pour autant dire que ce mouvement est de gauche ? L’affirmer serait tout aussi malhonnête qu’à côté de la plaque. D’abord parce que la politique instituée et ses partis sont souvent honnis. Ensuite, et surtout, parce que le mouvement est traversé par des courants de pensées très hétérogènes. Cette diversité n’est pas toujours la plus visible : sur les ronds-points, on préfère privilégier des mots d’ordre consensuels. Cela a permis au mouvement de tenir et de conserver le soutien de la population. Le sens politique que chacun tire de ce mouvement, qu’il en soit acteur ou simple soutien, n’est donc pas inscrit dans le mouvement lui-même.

Cette incertitude ne doit pas altérer notre joie de voir une révolte prendre vigueur, d’entendre nos mots prononcés par d’autres, de voir la solitude de milliers se muer en solidarité, en dialogue, en conscience politique.

C’est dans ces moments de lutte que des cristallisations peuvent intervenir. On ne peut donc échapper à ces débats politiques et faire l’impasse sur le fait qu’il existe plusieurs sorties possibles du libéralisme.

Ce que le capitalisme fait aux femmes

Silvia Federici précise sa vision marxiste de l’exploitation des femmes dans le monde contemporain, dont la chasse aux sorcières, pratiquée à l’aube de l’époque moderne, serait l’acte fondateur

Les travaux de la féministe Silvia Federici défendent la thèse selon laquelle, contrairement à ce que soutient Marx, l’accumulation primitive n’est pas une condition de possibilité de la naissance du capitalisme, mais un réquisit permanent de ce dernier : pour sa propre perpétuation, le capitalisme a besoin d’exproprier du capital. Or, cette spoliation permanente se réaliserait de façon exemplaire dans le cas du travail non payé des femmes, qui permet la reproduction de la force de travail des prolétaires.

Sur cette base, l’auteure comprend la chasse aux sorcières comme un « élément central du processus que Marx a défini comme l’accumulation primitive, puisqu’il a détruit un univers de sujets féminins et de pratiques féminines qui faisait obstacle à la principale condition requise par le système capitaliste en développement : l’accumulation d’une main-d’œuvre de masse et l’imposition d’une discipline de travail plus contraignante ».

Dans ce recueil d’articles, Silvia Federici commence par établir le lien entre la chasse aux sorcières et l’avènement du capitalisme, dans un contexte de privatisation des terres collectives. Puis dans un second mouvement, elle montre en quoi aujourd’hui, dans les endroits où a lieu la privatisation de terres communes, s’observent des violences contre les femmes qui partagent de nombreux points communs avec la persécution des supposées sorcières à l’aube des temps modernes.

Enclosure, capitalisme et persécution des femmes

L’auteure défend dans la première partie de son ouvrage l’idée qu’il existe un « rapport entre la chasse aux sorcières et le processus contemporain d’enclosure et de privation de la terre », c’est-à-dire la transformation de la production agricole en entreprise commerciale, qui a pour corollaire la clôture des communaux. Les enclosures seraient ainsi les conditions de possibilité, nécessaires mais pas suffisantes, de la chasse aux sorcières. Elles aboutissent en effet à la formation d’une population de mendiants et de vagabonds, qui « représentent une menace pour l’ordre capitaliste naissant ».

Précisément la thèse défendue est que « les femmes étaient la principale cible de cette persécution, puisque ce sont elles qui étaient les plus paupérisées par la capitalisation de la vie économique, et que la régulation de leur sexualité et de leur capacité de reproduction était une condition de la construction de formes plus strictes de contrôle social ». D’ailleurs, très souvent, les femmes reconnues coupables de sorcellerie étaient pauvres et supposées avoir commis des transgressions d’ordre sexuel.

L’auteure justifie sa thèse en remarquant l’insuffisance de l’historiographie sur la chasse aux sorcières. On ne se serait pas encore posé les bonnes questions, se contentant de se demander qui étaient les sorcières sur le plan sociologique, ou de réfléchir aux liens entre les accusations de sorcellerie et d’autres réalités contemporaines : la naissance de profession médicale ou le renforcement de la structure patriarcale de l’Etat. « Ce qui n’a pas encore été reconnu, c’est que, comme le commerce des esclaves et l’extermination des populations indigènes du « Nouveau Monde », la chasse aux sorcières se trouve au croisement d’un ensemble de processus sociaux qui ont ouvert la voie à l’avènement du monde capitaliste moderne », affirme l’auteure.

Ainsi ces victimes se seraient vu « retirer leurs terres communales, ont connu la faim provoquée par le passage à la culture commerciale et ont été persécuté.es pour leur résistance considérée comme le signe d’un pacte diabolique ». L’auteure prétend établir un lien entre le démantèlement de certaines propriétés traditionnellement collectives et la diabolisation de membres de ces communautés : dans un tel contexte économique, la chasse aux sorcières apparaît comme « un instrument efficace de privatisation économique et sociale ».

De ce lien, l’auteure admet qu’on n’a pas de preuves directes, mais seulement des preuves indirectes qu’elle indique. D’une part, s’appuyant sur les travaux d’Alan Macfarlane qui note le recoupement entre la carte des procès en sorcellerie et celle des enclosures, les chasses aux sorcières en Angleterre se sont passées dans des espaces ruraux dont les terres avaient été encloses ou étaient en train de l’être. De plus, on peut observer également un recoupement chronologique : les chasses aux sorcières eurent principalement lieu à l’époque où « les rapports économiques étaient en train d’être remodelés par un marché toujours plus puissant », porteur d’inégalités renforcées.

En outre, « Les femmes âgées, note-t-elle, étaient les plus touchées par ces évolutions, la hausse des prix conjuguée à la perte des droits coutumiers ne leur laissant rien pour vivre, en particulier quand elles étaient veuves ou n’avaient pas d’enfants qui pouvaient ou qui voulaient bien les aider. Dans l’économie rurale de la société seigneuriale anglaise, les veuves et les pauvres en général étaient pris en charge », mais cette pratique est tombée en désuétude quand le nouvel esprit d’entreprise et de commerce, lié à la Réforme, a interdit l’aumône et restreint le droit de mendier. Or, beaucoup de supposées sorcières étaient des femmes pauvres qui survivaient en mendiant ou vivaient de cette forme d’aide publique.

De même, les crimes dont on les accusait montraient qu’elles faisaient partie d’une population qui n’avait plus accès à la terre ou aux droits coutumiers et dont on pouvait craindre qu’elle regarde d’un mauvais œil les biens du voisin, ses terres comme ses animaux. Ce qui se trouve étayé par « la pauvreté les accusations portées à leur encontre, dans la mesure où on disait que le Diable leur apparaissait dans les moments de dénuement et leur promettait que dorénavant « elles ne manqueraient plus« , leur offrant « de la viande, des vêtements et de l’argent« ainsi que le remboursement de leurs dettes ».

Mais la pauvreté n’était pas la seule cause. Les sorcières « résistaient à la paupérisation et à leur exclusion sociale » : elles menaçaient et maudissaient ceux qui ne les aidaient pas, s’approchaient de leurs enfants, pour tenter de plaire à leurs parents que cela inquiétait plutôt. Et pour l’auteure, ces menaces étaient liées à un ressentiment contre l’injustice subie et le refus de la marginalisation. La présence de veilles femmes à cette époque « révoltées par leur sort misérable, passant de portes en portes en grommelant des paroles vengeresses, avait quelque raison de faire craindre la fomentation de complots ».

Si la pauvreté des accusées n’était pas leur seule caractéristique dans la majorité des accusations de sorcellerie, pour l’auteure, c’est que s’y joignait celle d’être ou d’avoir été une femme dépravée, ou « de mauvaise vie ». Celle, en effet, qui était accusée d’être une sorcière, avait des enfants souvent hors mariage : « comportement qui allait à l’encontre du modèle de féminité qui était imposé à la population féminine européenne de cette époque par la loi, la chaire et la réorganisation de la famille », comme le souligne Silvia Federici.

Et en effet, la classe capitaliste croyait devoir « dégrader la sexualité et le plaisir féminins », tant ils pouvaient, traditionnellement, apparaître comme une force incontrôlable, capable de détourner les hommes des exigences que les nouveaux dominants, les bourgeois, imposaient aux hommes : « la bourgeoisie montante a poursuivi cette tradition, en y ajoutant toutefois sa touche : la répression du désir féminin était mise au service d’objectifs utilitaires tels que la satisfaction des besoins sexuels des hommes et surtout la procréation d’une main-d’œuvre abondante. Une fois exorcisée, son potentiel subversif annihilé par la chasse aux sorcières, la sexualité féminine pouvait être récupérée dans le contexte matrimoniale à des fins de procréation ».

Louis Vuitton crée Charlie, sa première basket unisexe et écoresponsable

Ces dernières saisons, les créateurs de mode popularisent les collections mixtes. Alors que le sac à main se fait de plus en plus unisexe, la maison Louis Vuitton dévoile sa première paire de baskets faites pour tous.t.e.s.

Et pour pousser l’innovation encore plus loin, Charlie, du nom de cette sneakers mixte, est fabriquée à partir de 90% de matériaux recyclés et biosourcés. Lire aussi : Mode et écologie : pourquoi est-il si difficile de changer nos habitudes de consommation ?

Charlie, une chaussure qui fait attention à son empreinte

Il ne sera pas nécessaire de se tourner vers tel ou tel rayon genré pour la trouver. Charlie est une paire de baskets unisexe, donc destinée à être portée par tous.

La gamme de pointures est large, allant d’une taille 34 au 47, et son design est lui intemporel : ce sont d’élégantes baskets blanches, habillées d’un logo noir Louis Vuitton. Alors pour varier le style, Charlie est imaginée en deux versions : basket basse et basket montante.

Et si son look a vocation de séduire le plus grand nombre, les détails de sa conception pourraient en intéresser plus d’un. Car comme le précise l’enseigne, le processus de conception circulaire de Charlie « a été appliqué de manière holistique ». Autrement dit, la démarche éco-responsable a été respectée depuis l’étape de la création jusqu’au passage à la Manufacture de souliers Louis Vuitton de Fiesso d’Artico, en Italie.

Résultat ? Les lacets sont entièrement recyclés, et la semelle de la chaussure est composée à 94% de gomme recyclée au minimum, un record en la matière. De la semelle intérieure au patch de la languette réalisé en ECONYL®, tout a été éco-conçu.

L’Événement Evening Dresses Show Retourne À Salerno Du 1 Au 3 Septembre 2021 Inaugurant La Saison Internationale Du Prêt-À-Porter

Le calendrier du prêt-à-porter prévu pour septembre prochain, avec les collections printemps-été 2022, débutera avec l’événement EVENING DRESSES SHOW (Edshow), qui revient, pour la troisième saison consécutive, dans la somptueuse gare maritime Zaha Hadid de Salerno, portant à 60 le nombre d’exposants avec des propositions de prêt-à-porter « soirée » et « cocktail », produites dans les huit régions du sud de l’Italie (Abruzzo, Basilicata, Calabria, Campania, Molise, Puglia, Sardegna et Sicilia).

Déjà inscrit au programme des défilés internationaux de la Conférence des Régions et Provinces Autonomes publié sur le site Regioni.it, Edshow est une vitrine internationale dédiée exclusivement aux looks de soirée et cocktail pour femmes, hommes et enfants.

L’édition à venir a un sens bien particulier, qui se résume dans le slogan « Come back to life », choisi pour la nouvelle affiche : l’envie de recommencer et de revenir à la vie.

Le spectacle des tenues de soirée est conçu et organisé par l’association IFTA avec le soutien de l’ICE- Agence italienne pour le commerce extérieur qui a pour mission la promotion à l’étranger et l’internationalisation des entreprises italiennes au sein du Plan d’exportation du Sud (PES 2) et de la région Campania. Il implique une soixantaine d’entreprises du huit régions méridionales : Abruzzo, Basilicata, Calabria, Campania, Molise, Puglia, Sardegna et Sicilia.

Mais pas seulement ! Grâce à la plateforme Fiera Smart 365, lancée par l’Agence ICE et connectée à ses 78 bureaux à travers le monde, les entrepreneurs qui participeront au salon de Salerno auront l’opportunité d’avoir un premier contact avec des détaillants internationaux qui ne pourront pas assister à l’événement en présentiel.

Une autre nouveauté de l’édition 2021 sera la section spéciale dédiée à l’élégance vestimentaire masculine avec 12 marques sélectionnées parmi les marques Made in Italy les plus dynamiques et intéressantes.

Pendant les trois jours du salon, des rencontres B2B auront lieu avec des acheteurs étrangers invités par l’Agence ICE et avec les meilleurs distributeurs et showrooms basés à Milan.

Edshow débutera avec une exposition des collections présentées en revue, dirigée par Titti Baiocchi pour MB Agency, l’un des noms les plus connus et les plus importants dans le domaine des défilés de mode internationaux.

La soirée du 2 septembre, vous ne verrez sur le podium que les entreprises de vêtements et l’avant-première d’un nouveau projet signé IFTA et SOUTH ITALIAN FASHION, le consortium d’entreprises de mode indépendantes né dans la région Campania pour valoriser et promouvoir, dans le monde, la créativité, l’élégance et « la culture du savoir-faire» qui caractérisent l’unicité du tissu du Sud.

L’une des trois collections du spectacle sera dédiée à la mode musulmane.

Une avant-première visant à annoncer un projet commercial international qui présentera à l’étranger, dans un calendrier qui sera bientôt défini, 30 collections pour femmes musulmanes créées avec des critères, des goûts et des procédures de confection exclusivement italiens.

Né pour aider les petites entreprises du Sud à franchir d’importants seuils commerciaux, le projet dédiée aux tenues musulmanes devient donc une prodigieuse rampe de lancement pour les entreprises prêtes à produire et commercialiser la nouvelle Couture musulmane conçue et réalisée dans leurs ateliers.

Quelques exemples : La robe-manteau crée par Sartoria 74 ; les petites robes noires de Simonetta Ricciarelli qui a lancé sa première collection de petites robes fourreau noires ; les caftans du soir aux couleurs de la côte amalfitaine de La Dolce Vita ; les chemisiers doux du soir de FMConcept ; les costumes fluides en soie bleu de Chine et rose shocking de Gianni Cirillo ; the grand soirée de Michele Miglionico, Nino Lettieri, Melina Baffa, Ferdinand, Valentina d’Alessandro, Maria Elena di Terlizzi, l’enfant prodige Arianna Laterza, jusqu’à la robe de soirée durable de Nanaleo et les longues chemises blanches à fermeture magnétique de Youareu.

L’étude du voile islamique avec les différentes options et usage dans différents pays, conçues pour harmoniser les tenues de soirée proposées est importante pour tout le monde.

LVMH continue son ascension, tiré par son activité Mode et Maroquinerie

Paris (awp/afp) – Le numéro un mondial du luxe LVMH continue son ascension en affichant un bénéfice de 5,3 milliards d’euros au premier semestre, soit nettement mieux qu’avant la pandémie, notamment grâce aux performances de sa branche Mode et Maroquinerie.

« LVMH réalise un excellent semestre », s’est réjoui le PDG de LVMH Bernard Arnault dans le communiqué diffusé lundi par le groupe, qui a ainsi décuplé son bénéfice net entre janvier et juin par rapport à l’année 2020, marquée par la pandémie de Covid, et qui le voit augmenter de plus de moitié (+62%) par rapport au premier semestre 2019, période de référence avant pandémie.

Les ventes du groupe de Bernard Arnault, première fortune française et deuxième mondiale selon Forbes, se sont établies au premier semestre à 28,7 milliards d’euros, en hausse de 53% (+11% par rapport à 2019).

« Dans le contexte actuel de sortie de la crise sanitaire et de reprise de l’économie mondiale, (…) LVMH est en excellente position pour poursuivre sa croissance et renforcer encore en 2021 son avance sur le marché mondial du luxe », a jugé M. Arnault.

Le résultat opérationnel courant du premier semestre 2021 est de 7,6 milliards d’euros, en croissance de 44% par rapport au premier semestre 2019 et plus de 4 fois supérieur à celui de 2020. La marge opérationnelle courante ressort à 26,6%, en hausse de 5,5 points par rapport à 2019.

Le groupe aux « 75 maisons » est notamment porté par une « performance remarquable de l’activité Mode et Maroquinerie », la division phare du géant du luxe qui a engrangé 13,9 milliards d’euros à elle seule, soit une progression de 38% par rapport à 2019 grâce aux performances de Louis Vuitton, Dior, Fendi, Loewe et Céline qui « gagnent partout des parts de marché et atteignent des niveaux records de ventes et de rentabilité ».

« Une croissance qui bénéficiera à la France »

Les ventes de vins et spiritueux augmentent de 12% par rapport à 2019 à 2,7 milliards d’euros (+44% par rapport à 2020) portées par une demande soutenue aux Etats-Unis et un fort rebond en Chine, explique le groupe qui a pris en début d’année une participation de 50% du capital de la Maison de champagne Armand de Brignac, marque de champagne du célèbre chanteur et producteur américain Jay-Z.

La division Montre et Joaillerie progresse de 5% à 4 milliards d’euros (+71% par rapport à 2020), à la faveur de l’acquisition de Tiffany’s.

Parfums et cosmétiques restent en recul (-3% par rapport à 2019) mais le groupe note des « avancées rapides de ventes directes ».

Dans la distribution sélective, Sephora montre une bonne performance mais DFS est encore pénalisé par la reprise limitées des voyages internationaux, et les ventes reculent globalement. Même chose pour les parfums et cosmétiques, même si les ventes directes avancent.

« La croissance de LVMH bénéficie aujourd’hui, et bénéficiera encore davantage dans l’avenir, à la France, premier bassin d’emploi, principal pays d’origine de nos produits, auquel nos maisons sont fières d’apporter leur contribution », assure Bernard Arnault qui a inauguré récemment la Samaritaine en présence du président de la République Emmanuel Macron.

Les résultats semestriels des concurrents français de LVMH sont attendus mardi soir pour Kering et vendredi matin pour Hermès.

Mode: Carven va rouvrir aux Champs-Elysées, après des décennies de fermeture

La maison de couture française Carven rouvrira en septembre sa boutique historique des Champs-Elysées après plusieurs décennies de fermeture, a annoncé mercredi Icicle, la marque chinoise de luxe qui l’a relancée.

Peu connue en France, la marque Icicle, fondée à Shanghai en 1997, avait racheté en 2018 Carven, une des plus anciennes maisons de couture françaises créée à la Libération.

Icicle possède 270 boutiques en Chine et a engrangé 217 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2020. Ses vêtements haut de gamme sont composés uniquement de matières naturelles – cachemire, soie, coton, laine, lin – et utilisent des teintures végétales – oignon, écorce de noyer, fleur d’isatis, thé.

La marque chinoise avait ouvert en septembre 2019 à Paris sa toute première boutique internationale avenue George V, au cœur du « triangle d’or » du luxe. Un deuxième point de vente parisien ouvrira en décembre rue du Faubourg Saint-Honoré « pour donner plus d’exposition à la marque », indique à l’AFP Isabelle Capron, vice-présidente internationale d’Icicle.

Quant à Carven, son propriétaire indique « préparer la renaissance parisienne » de la marque « en septembre à son adresse et berceau historique du 6 Rond-Point des Champs Elysées » où la fondatrice Marie-Louise Carven avait installé son « salon » en 1945.

Carven compte actuellement deux boutiques en France et six en Chine, et emploie 46 personnes. La marque, qui incarnait le chic insouciant de l’après-guerre, était tombée dans l’oubli pendant plusieurs dizaines d’années avant de rebondir sous la houlette de Guillaume Henry, son directeur artistique entre 2009 et 2014. Une relance que ses successeurs n’avaient pas réussi à pérenniser, et Carven avait été placée sous sauvegarde en raison de difficultés financières.

La maison mère d’Icicle et Carven, Icicle Shanghai Fashion Group, annonce également se rebaptiser ICCF (pour Icicle Carven China France) afin d’intégrer le nom Carven et se « structurer de manière bicéphale ».

Le groupe veut mettre en avant sa « vocation internationale » et « la coopération de deux cultures et de deux marchés: la France, capitale de la mode, de la création et des talents, et la Chine, porteuse de culture orientale, puissance industrielle et marché en plein essor ».

Mode : les créations de Công Tri plébiscitées par les stars internationales

Hanoï (VNA) – Dans le monde de la haute couture vietnamienne, Công Tri est devenu un nom dont la réputation franchit les frontières nationales. Cette année encore, ses nouvelles collections ont été portées par nombre de célébrités, notamment hollywoodiennes.

L’actrice Charlize Theron, lors de l’émission « The Tonight Show Starring Jimmy Fallon » diffusée le 25 juin, a dévoilé une image élégante et une allure chic et classe, attirant l’œil des fashionistas. Elle a porté une chemise transparente en organza dotée d’un motif ondulé créé par des cordons de taffetas. Cette création fait partie de la collection Automne-hiver 2021 du créateur vietnamien Công Tri. Celui-ci raconte que Charlize Theron l’a contacté une semaine avant le talk-show et lui a dit que la chemise correspondait à son style.

Considérée comme la perle sud-africaine la plus chère d’Hollywood et figurant sur la liste des 100 personnalités les plus influentes au monde en 2016 du magazine américain Time, Charlize Theron détient 17 prix internationaux prestigieux, notamment trois Oscars et six Golden Globes dans la catégorie « Meilleure actrice ».

Mais elle n’est pas la première à porter des créations de Công Tri. Passons donc en revue les célébrités que le styliste vietnamien a habillées au premier semestre 2021 !

La collection Printemps-été 2021, le favori des chanteuses

À la Une du magazine américain Essence, la chanteuse Jazmine Sullivan porte une création impressionnante de la collection Printemps-été 2021 de Công Tri. Une veste surdimensionnée avec des détails de broderies scintillants et un pantalon filet fabriqué selon la technique du tricot, démontrant un savoir-faire haut de gamme. La chanteuse de Pick up your feelings est connue pour son album Heaux Tales qui a atteint le sommet du palmarès R&B/Hip-Hop de Billboard ainsi que pour avoir raflé plusieurs récompenses du Billboard Women in Music et du BET Awards.

Une autre création qui se distingue de la collection Printemps-été 2021 de Công Tri est le manteau surdimensionné en cuir noir brillant qui permet d’exprimer chez celles qui le portent la beauté mais également la personnalité.  Bebe Rexha, connue pour le hit I got you, a choisi ce design pour apparaître à la Une du magazine Basic. Son allure charismatique et son style impressionnant attirent les regards et font d’elle une femme qui dégage à la fois une élégance féminine mais aussi une puissance contemporaine.

Demi Lovato a également choisi un manteau grande taille de cette collection. Dans la série de photos sur le magazine Paper, elle a fait forte impression avec une aura différente, comme un personnage sortant d’une œuvre cinématographique. Sa coiffure pointue, sa robe à imprimé léopard et sa veste noire oversize lui donnent une image puissante mais aussi surréaliste.

Leslie Grace, aussi en tenue de marque Công Tri, apporte quant à elle une beauté plutôt douce et féminine lors de l’événement « Ellas y Su Música » de Latin Recording Academy. Le design turquoise l’a aidée à montrer le charme d’une femme contemporaine. La tenue, marquée par une partie de pan asymétrique de la chemise, devient originale et intriguante aux yeux des fashionistas. Leslie Grace est connue pour de nombreuses nominations et récompenses dans sa carrière musicale. Dès l’âge de 16 ans, la chanson Will you still love me tomorrow l’a portée au numéro un dans les classements Billboard Tropical Songs et Billboard Latin Airplay.

Attraction et influence d’un talent vietnamien

Dans la liste des artistes internationaux qui ont choisi Công Tri au premier semestre 2021, figurent également d’autres célébrités telles que les actrices Hailee Steinfeld et Gabrielle Union, les chanteuses Kehlani, Becky G et Rosé, la danseuse Maddie Ziegler, la militante sociale américaine Tamika Mallory. Cela montre l’engouement grandissant pour la création de Công Tri et son influence sur l’industrie de la mode internationale.

Concrètement, Rosé, la chanteuse du groupe sud-coréen Blackpink, a choisi à deux reprises la griffe de Công Tri. Sur le magazine Playboy, la chanteuse-compositrice américaine Kehlani Ashley Parrish, habillée par Công Tri, est apparue comme une reine de la fête, dégageant l’image d’une femme à la fois élégante, séduisante et mêlée de personnalité.

Lors de la conférence de presse consacrée à la Première de la série télévisée Dickinson, la star hollywoodienne Hailee Steinfeld s’est faite remarquée dans une tenue de la collection Automne-hiver 2020 de Công Tri. Sa beauté a été mise à l’honneur grâce à une robe beige stylisée sur la soie gazar avec des détails plissés à volants. Elle va parfaitement avec le pantalon aux poils délicatement attachés. Hailee Steinfeld est connue pour son rôle de Mattie Ross dans le film True Grit. Elle est l’une des plus jeunes actrices de l’histoire des Oscars à être nominée et a remporté 12 prix. Hailee Steinfeld montre également sa polyvalence dans le domaine musical.

Charli D’Amelio, née en 2004, est la plus jeune star étrangère portant la marque Công Tri. Cette « reine TikTok » nommée par le New York Times est une danseuse américaine et une figure très connue des médias sociaux. Elle fait le buzz avec ses vidéos sur TikTok. En avril 2020, elle a gagné plus de 43,9 millions de followers sur TikTok, 12,7 millions sur Instagram, 980.200 sur Twitter, et 2,8 millions d’abonnés sur YouTube.

Kelly Marie Trân est, elle aussi, une cliente du styliste vietnamien. Choisissant l’une des robes de la collection Printemps-été 2021, elle montre une beauté puissante et brille pleinement dans l’allure d’une femme moderne, indépendante, confiante. Le Hollywood Reporter l’a choisie pour sa Une. Kelly Marie Trân assume l’un des rôles principaux dans le film à succès Star Wars et est également la première actrice d’origine vietnamienne à devenir le personnage principal du nouveau film d’animation Disney Raya et le dernier dragon.

Ce n’est pas la première fois que le designer de Công Tri s’associe à des artistes internationaux. Auparavant, il a travaillé avec de nombreuses célébrités dans le monde et elles ont également porté ses créations telles que Beyoncé, Rihanna, Katy Perry, Miley Cyrus, Demi Lovato, Jennifer Lopez…, des personnes influentes qui véhiculent un message fort sur les femmes contemporaines.

Fournissant des efforts continus et faisant preuve d’une créativité intarissable, le créateur vietnamien reçoit régulièrement des invitations à de nombreux événements de mode internationaux de prestige dont la Fashion Week de New York, l’un des « Big Four » de la mode mondiale. Lors des défilés Printemps-été 2020, le styliste a hébété le public par sa collection Đi nhặt hạt sương nghiêng (À la recherche des perles de rosées inclinées) composée de 60 pièces. Six de ces dernières ont même été classées dans le Top 100 des créations les plus impressionnantes de la Fashion Week de New York 2020, sélectionnées par le fameux magazine de mode Harper’s Bazaar. -CVN/VNA