L’astrophysicien britannique Stephen Hawking s’est éteint à l’âge de 76 ans

Cloué dans un fauteuil et s’exprimant grâce à un ordinateur, Stephen Hawking, qui est décédé mercredi à 76 ans, a consacré sa vie à percer les secrets de l’univers et à populariser l’astrophysique, au point d’en devenir une star.
« Je suis certain que mon handicap a un rapport avec ma célébrité. Les gens sont fascinés par le contraste entre mes capacités physiques très limitées et la nature extrêmement étendue de l’univers que j’étudie », disait le scientifique contemporain certainement le plus célèbre du monde.
Stephen Hawking est né à Oxford le 8 janvier 1942, 300 ans jour pour jour après la mort de Galilée.
Son père, biologiste, souhaite qu’il suive ses pas en étudiant la médecine à Oxford. Mais le jeune Stephen s’est déjà pris de passion pour les mathématiques. Cette matière n’étant pas enseignée dans la prestigieuse université, il opte pour la physique.
Au bout de trois ans, il part pour Cambridge, afin d’y poursuivre des recherches en astronomie.
Peu après son 21e anniversaire, il apprend qu’il souffre d’une maladie dégénérative paralysante, la sclérose latérale amyotrophique (SLA) ou maladie de Charcot.
Les médecins ne lui donnent que deux ans à vivre. Ne sachant même pas s’il pourra achever sa thèse de doctorat, il plonge dans une profonde dépression, dont il ne sort que grâce à sa rencontre avec une étudiante en linguistique, Jane Wilde, qu’il épouse en 1965.
Le couple, qui divorcera 30 ans plus tard, aura trois enfants. Stephen Hawking épousera en seconde noces Elaine Mason, dont il se séparera au bout de onze ans, en 2006.

Son corps décline inexorablement. En 1974, il est incapable de se nourrir ou de sortir de son lit par lui-même. En 1985, il perd définitivement l’usage de la parole après avoir subi une trachéotomie à la suite d’une pneumonie.

L’incarnation populaire du scientifique

 

Mais son esprit est intact. Et son but, simple : « Comprendre complètement l’univers, pourquoi il est comme il est et pourquoi il existe. »
Dans les années 1970, il développe l’idée que les trous noirs ne se contentent pas d’absorber toute matière et lumière passant à leur proximité, mais émettent aussi un rayonnement, le « rayonnement Hawking ».
Ce faisant, il est le premier à parvenir à toucher du doigt le Graal des physiciens : commencer à concilier les deux grandes théories qui expliquent le fonctionnement de l’univers et sont apparemment incompatibles, à savoir la relativité générale d’Einstein pour l’infiniment grand et la mécanique quantique pour l’infiniment petit.
De l’avis des scientifiques, cette théorie aurait valu le prix Nobel à Stephen Hawking si elle avait pu être expérimentalement démontrée.
À 32 ans, il devient le plus jeune membre de la Royal Society, l’équivalent britannique de l’Académie des sciences.
En 1980, il obtient la chaire de professeur lucasien de mathématiques de l’université de Cambridge, un poste occupé avant lui par Isaac Newton. Il le quittera en 2009, frappé par la limite d’âge.
Tout en approfondissant ses travaux sur les origines de l’univers, le théoricien publie en 1988 Une brève histoire du temps, afin d’expliquer au grand public les grands principes de la cosmologie, du Big Bang à la théorie des cordes.
Jamais un ouvrage de vulgarisation scientifique ne connaîtra un tel succès. Depuis sa parution, il s’est écoulé à plus de neuf millions d’exemplaires.
Stephen Hawking devient alors l’incarnation populaire du scientifique, multipliant les interventions pour promouvoir la recherche et, parfois, s’inquiéter de ses possibles dérives.
Formidable communicant, capable d’effectuer un vol en apesanteur malgré son handicap, il se prête au jeu avec un plaisir certain et un grand sens de l’humour.
Sa page Facebook, qu’il alimente lui-même avec des messages signés « SH », compte plus de 4 millions d’« amis ».
Il joue son propre rôle dans des séries comme Star TrekThe Big Bang Theory et The Simpsons, signe des livres pour enfants avec sa fille Lucy, « chante » avec sa voix synthétique aux côtés de U2, Pink Floyd et même des Monthy Python.
Il y a un an, il était apparu lors d’une conférence à Hong Kong par hologramme. Devant des centaines de personnes, il avait soutenu que les réponses aux multiples crises environnementales « viendront de la science et de la technologie ».

Ottawa hausse le ton face aux géants du Web

Les géants du Web représentent une menace préoccupante à plusieurs fondements de l’écosystème culturel et médiatique canadien, soutient Mélanie Joly. Souvent accusée de complaisance à l’égard des plateformes numériques étrangères, la ministre du Patrimoine canadien durcit aujourd’hui le ton face à ces grands joueurs.

Dans un horizon rapproché, les GAFA [acronyme qui désigne Google, Apple, Facebook, Amazon et autres plateformes numériques] devront «respecter nos politiques culturelles, et aussi mieux répartir les bénéfices liés à leur modèle d’affaires», a affirmé Mme Joly lundi au Devoir, lors d’une longue entrevue suivant un voyage qu’elle vient d’effectuer au coeur de la Silicon Valley.

Elle prévient également que la révision annoncée de la Loi sur la radiodiffusion sera l’occasion d’exiger des géants du Web qu’ils rendent plus transparents tout l’univers des algorithmes.

« Le problème fondamental est que les GAFA ne reconnaissent pas leurs responsabilités, constate la ministre, après plusieurs mois de «conversations» variées avec ces joueurs.« Ils ne reconnaissent pas l’ampleur de leur pouvoir, due à leur taille, à leur portée et à leur impact dans les secteurs comme le journalisme et la culture. Il y a un changement fondamental de culture que les GAFA doivent faire, parce que c’est [présentement] très préoccupant. »

Elle évoque notamment la situation des revenus publicitaires qu’accaparent certaines plateformes. « Elles ont 75 % des revenus en ligne et elles ne les redistribuent pas aux créateurs de contenu, note-t-elle. Il y a une totale iniquité en ce moment. »

Et encore : « Les GAFA ne reconnaissent pas qu’ils ont une responsabilité en tant qu’éditeurs de contenu, en tant que producteurs, ajoute-t-elle. Selon eux, ce sont des pipelines neutres [de diffusion]. C’est une prémisse que je rejette complètement. »

Contradiction ?

N’y a-t-il pas contradiction importante entre le discours que Mme Joly tient aujourd’hui et l’approche générale du gouvernement Trudeau face aux géants du Web ?

En septembre dernier, la présentation des orientations de la politique culturelle canadienne a été occultée par le dossier Netflix, c’est-à-dire le débat sur le refus par Ottawa de taxer les produits numériques étrangers (ce que plusieurs pays font déjà), puis cette controversée entente de production qui ne prévoit aucun quota de contenu francophone.

Les critiques ont été vives — plusieurs y voyant un abandon de la souveraineté culturelle du Canada — et la ministre a essuyé sa part d’attaques.

« L’entente Netflix a toujours été pour nous une entente de transition, une façon d’avoir de l’argent à court terme, répond-elle aujourd’hui. Réformer nos lois prend du temps. En attendant, c’est à Netflix d’investir dans le contenu francophone et je m’attends à ce que ce soit le cas. »

Plus largement, elle fait valoir que l’enjeu des GAFA impose deux types d’action. D’une part, il s’agit d’« avoir une voix forte à l’international pour mener la discussion » sur la diversité culturelle et le rôle des GAFA. L’objectif étant ici d’avoir une « action collective ».

D’autre part, Mme Joly mise énormément sur la modernisation des lois canadiennes sur la radiodiffusion et les télécommunications, ce qui sera de son propre aveu un « très gros chantier ». Les détails de la révision seront annoncés dans les prochaines semaines.

Sinon, plaide-t-elle, le gouvernement « a mis 3,3 milliards dans les trois derniers budgets pour le ministère, Téléfilm Canada, Radio-Canada, le Conseil des arts, l’Office national du film et le Fonds des médias du Canada ».

Stanford

En ce qui concerne les démarches à l’international, la ministre a participé jeudi dernier, à l’Université Stanford, à un forum coorganisé par le Centre pour l’innovation dans la gouvernance internationale de l’Université de Waterloo. Stanford est située dans la Silicon Valley, en Californie, et héberge le Digital Global Policy Incubator.
Devant des intervenants de tous les horizons (experts du monde numérique, représentants du milieu culturel ou de compagnies comme Facebook), Mélanie Joly a défendu l’importance du concept de diversité culturelle, à l’heure où quelques grands joueurs contrôlent l’essentiel de la diffusion culturelle en ligne. Ce n’était pas sa première intervention du genre, « mais c’était souvent sans la présence des Américains », dit-elle.

« Nos alliés pour la diversité sont des gouvernements [européens], mais aussi des gens qui se préoccupent de l’impact des GAFA sur la survie de nos institutions démocratiques, sur la sécurité nationale et aussi sur l’avenir du journalisme et de notre culture », confie Mme Joly.
« Le concept de la diversité culturelle n’est pas connu aux États-Unis », ajoute la ministre, en rappelant que la perspective est forcément différente chez « le plus gros producteur de contenu au monde ».
Et s’il est davantage connu en Europe, c’est un concept mal adapté pour les mutations en cours, remarque-t-elle. « La question de la diversité culturelle n’était pas jusqu’ici nécessairement comprise comme un soutien aux politiques nationales culturelles. C’était plutôt vu comme le besoin de diversité des voix de façon générale. »

 

Algorithmes

Dans son discours à Stanford, Mélanie Joly a soutenu que la protection de la diversité culturelle au Canada veut dire « que les Canadiens ont accès à du contenu canadien qui reflète et contribue à la diversité et à la force de la structure sociale ».
Or, c’est précisément ce qui est menacé par le fonctionnement des plateformes des GAFA, glisse-t-elle en entrevue. Elle nomme en exemple les bulles de contenu qui créent une homogénéité de pensée et une polarisation des débats politiques, ou encore cette opacité des algorithmes qui empêchent la « découvrabilité » des contenus culturels canadiens.

 

Médias

Au sujet des médias — premiers remparts contre la montée des fake news qu’elle a dénoncée à Stanford — Mme Joly dit qu’il sera intéressant « de voir comment les médias et le gouvernement peuvent travailler ensemble pour faire contribuer les plateformes numériques […] et aller chercher une partie de leurs revenus publicitaires ».
« La réalité est que, pour plusieurs artistes et journalistes, le marché des plateformes numériques n’est pas équitable, résumait-elle à Stanford. Les avantages et les opportunités du monde numérique ne sont pas partagés entre les différents intervenants. »

L’objectif global de ces démarches de la ministre du Patrimoine serait ainsi « de s’assurer que les GAFA respectent nos politiques culturelles, et aussi de mieux répartir les bénéfices liés à leur modèle d’affaires. »

Un fonctionnaire fédéral défend son droit de travailler en français

La Cour fédérale a entamé mardi l’audience finale d’une cause aux accents linguistiques qui sera déterminante pour l’ensemble des employés fédéraux au Canada. L’issue de la bataille judiciaire menée par un fonctionnaire fédéral basé à Montréal devrait permettre de savoir pour la première fois comment le gouvernement fédéral doit garantir à ses travailleurs le droit de travailler dans la langue officielle de leur choix.

Bravant le froid en ce mardi matin dans le Vieux-Port de Montréal, André Dionne a pris la parole entouré d’une dizaine de manifestants défendant la langue française.

« Ce n’est pas de gaieté de coeur que je suis ici, portant ma cause devant le tribunal », a lancé ce gestionnaire du Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF), avant d’entrer dans la salle d’audience de la Cour fédérale du Canada pour assister aux dernières représentations des avocats avant que le juge Peter B. Annis rende une décision fort attendue.

Le test des tribunaux

En 2010, M. Dionne a adressé une plainte au Commissaire aux langues officielles (CLO) en affirmant ne pas avoir pu exercer son droit de travailler en français au cours de sa carrière au sein du bureau montréalais du BSIF.

Le plaignant a fait valoir que les gestionnaires du bureau de Montréal doivent rendre compte chaque jour à des directeurs anglophones établis à Toronto et que la communication doit donc se faire presque exclusivement en anglais.

Dans son rapport d’enquête, le CLO a reconnu en 2014 que « certaines pratiques de longue date nuisent toujours à l’emploi du français dans le milieu de travail par les employés du bureau régional de Montréal », mais M. Dionne a estimé que cet avis n’a pas permis de faire bouger les choses.

Il a donc déposé en mai 2015 une poursuite contre le BSIF pour que les tribunaux se penchent pour la première fois sur les dispositions de la Loi sur les langues officielles qui concernent la langue de travail.

Selon cette loi, les organismes fédéraux doivent notamment veiller à ce que « leur milieu de travail soit propice à l’usage effectif des deux langues officielles tout en permettant à leur personnel d’utiliser l’une ou l’autre ».

« Ce sont des dispositions qui n’ont jamais été testées auparavant devant les tribunaux canadiens, donc la cause risque de faire jurisprudence », fait remarquer M. Dionne. « C’est étonnant qu’on n’ait pas vu ces enjeux soulevés avec toutes ces années », a d’ailleurs glissé le juge Annis mardi au moment de commencer l’audience.

Argumentaires différents

La première des deux journées d’audience a permis aux avocats d’André Dionne de défendre le point de vue de leur client. Ils ont essentiellement plaidé que le français est la langue officielle du Canada au même titre que l’anglais et qu’il doit exister une « égalité réelle » entre les deux langues. Le fait qu’un employé soit bilingue ne peut pas être un prétexte pour bafouer ses droits, ont-ils fait valoir.

Mercredi, ce sera au tour du BSIF d’exposer son argumentaire. Dans ce dossier, il soutient que des mesures ont été mises en place à la suite du rapport du CLO et que les exigences de la Loi sur les langues officielles sont satisfaites.

Le Commissaire aux langues officielles aura également l’occasion de se faire entendre, puisqu’il a obtenu le statut d’intervenant.

« La détermination de la portée des obligations linguistiques qui incombent au BSIF en vertu de ces dispositions aura […] un impact important sur l’ensemble des institutions fédérales », a écrit le CLO dans un mémoire déposé en février dernier.

Présent mardi devant l’édifice montréalais de la Cour fédérale pour appuyer André Dionne, le porte-parole du Bloc québécois en matière de langues officielles, Mario Beaulieu, espère quant à lui que cette cause incitera les Québécois à se mobiliser à nouveau pour défendre leur langue.

« Pour moi, la Loi sur les langues officielles, c’est un échec. Ça aboutit à l’assimilation des francophones hors Québec et au Québec, dit-il. Il faut se réveiller. »

La rue, à la vie, à la mort

Montréal recensera le 24 avril prochain le nombre de sans-abri sur son territoire. Privés de toit ou en situation de logement précaire, plusieurs sont retrouvés morts chaque année dans la rue. De nombreux intervenants souhaitent qu’on lève le voile sur ces morts cachées.

Sans domicile, ils vivent dans l’oubli et meurent dans l’ombre. Pour plusieurs, leur vie en dents de scie n’aura connu en définitive qu’un seul domicile fixe : le cimetière. Comme Denis (nom fictif), 51 ans, retrouvé mort dans le fond d’une ruelle la semaine dernière, l’aiguille encore piquée dans le bras.

« Ça arrive encore trop souvent. Il y a de plus en plus de risques de décès, mais on préfère ne pas trop en parler », affirme l’abbé Claude Paradis, responsable de l’organisme Notre-Dame-de-la-Rue, qui en a long à dire sur ces morts oubliées. Depuis quatre ans, il tient des cérémonies funéraires à la mémoire de personnes dont les corps non réclamés sont dirigés vers la fosse commune du Repos Saint-François-d’Assise, un cimetière de l’est de Montréal. L’an dernier, on y a reçu la dépouille de 101 personnes « non réclamées », « dont une majorité d’itinérants », affirme-t-il.

Selon ce prêtre qui a choisi de se consacrer au travail de rue, plusieurs sans-abri, même une fois hébergés dans des logements transitoires, finissent tout de même par mourir dans la rue. « Ils ont un pied en chambre, mais n’y vont que pour dormir, l’autre est toujours dans la rue. Toute leur vie est là, leurs amis, dit-il. Plusieurs finissent par mourir de froid, de maladies ou d’overdose. »

« Les gens meurent dehors, pas dans les refuges. Il faut plus de travailleurs de rue. C’est pas dans les bureaux que ça se passe, mais sur le terrain », insiste ce prêtre, favorable à un mécanisme qui permettrait de comptabiliser ces décès de la honte.

L’exemple de Toronto

Des chercheurs proposent aussi d’emboîter le pas à Toronto, qui a mis en place un tel recensement en 2017, tout comme la France, qui tient un registre des décès rapportés « dans la rue » pour l’ensemble de son territoire. « À Toronto, ils savent maintenant que ça compte pour deux décès par semaine. C’est énorme. Documenter ce phénomène a permis d’avoir un portrait juste et de rediriger les politiques et programmes », soutient Dahlia Namian, professeure en service social à l’Université d’Ottawa. Le taux de mortalité dans la population itinérante est quatre fois plus élevé que celui de la population en général.

Dans la Ville reine, les autorités de santé publique ont en effet mis en place un recensement des décès dans la rue, avec le concours de quelque 200 organismes et ressources d’aide aux itinérants. Bilan : plus de 100 personnes ont été retrouvées mortes en situation d’itinérance l’an dernier, âgées en moyenne de 51 ans. Dans la seule ville de London, huit fois moins populeuse, on a déploré 19 morts « dans la rue ».

En France, les données colligées depuis 2002 par le Collectif Les Morts dans la rue (CMDR) ont permis de comprendre l’ampleur du phénomène, de déconstruire certains mythes et de mettre un visage sur cette réalité peu glorieuse. « On pensait que les mortalités étaient plus importantes en hiver, par exemple, mais il y a plus de morts l’été, quand les gens quittent les refuges et se retrouvent seuls, hors d’atteinte des services d’aide. Les efforts du CMDR ont fait naître de nouvelles pratiques pour rejoindre les clientèles les plus à risque », affirme Maude Lévesque, étudiante en service social et auteure d’un mémoire de maîtrise sur la mortalité des personnes en situation d’itinérance.

De 2002 à 2015, le recensement des mortalités s’est raffiné en France et le nombre de décès rapportés — bien que sous-évalué par rapport au nombre réel des décès — a bondi de 80 %. Quelque 570 « morts dans la rue » ont été signalés pour toute la France. Pas moins de 6 % étaient des migrants. « Plus le filet de sécurité sociale s’amenuise, plus les morts augmentent. Ça a souvent peu à voir avec les conditions météorologiques », ajoute Maude Lévesque.

La drogue a détruit son cœur

Un jeune homme de 23 ans attend une greffe du cœur pour survivre parce qu’il a détruit le sien en consommant de la cocaïne et jusqu’à 10 comprimés de méthamphétamines par jour.

« Je ne pensais pas en arriver là en gobant un speed ou en sniffant une ligne. Je ne pensais pas que ce serait catastrophique […] C’est fou comment la vie peut tenir juste à un fil » confie Joé Lagacé-Maillé dans une vidéo publiée sur Facebook, vue et partagée des milliers de fois.

« Tout ça parce que j’ai voulu me geler la face comme un cave », souffle le jeune mécanicien-soudeur de Barraute, en Abitibi, couché dans son lit de l’Institut de cardiologie de Montréal.

S’il se dit « dompté » après avoir frôlé la mort, il espère maintenant que d’autres jeunes tireront les mêmes leçons que lui en voyant ce qu’il traverse.

Il est hospitalisé depuis le 11 mars, quand il a été transporté d’urgence en avion depuis Amos. Il s’était rendu chez le médecin, car il était faible et fatigué depuis des mois, presque incapable de monter 10 marches d’escalier.

Son cœur ne fonctionne qu’à 10 % de sa capacité, dit-il. Son ventricule gauche, qui doit pomper son sang est presque arrêté. Demain ou lundi, il risque d’être opéré pour qu’on lui installe un cœur articifiel en attendant une greffe, sa seule chance de survie.

Dès 12 ans

Joé Lagacé-Maillé l’avoue, il a commencé à se droguer très jeune. Dès l’âge de 12 ans, il fumait du cannabis et buvait de l’alcool. Il voulait « triper » avec ses amis qui consommaient eux aussi.

À 14 ans, il essayait les méthamphétamines, sous forme de comprimés comme le speed. Pendant des années, il pouvait en prendre jusqu’à 10 comprimés par jour. Sans compter les trois lignes de cocaïne qu’il pouvait inspirer quotidiennement.

Il a aussi essayé l’ecstasy, le LSD et le crystal meth, raconte-t-il.

Pourtant, il avait réussi à presque tout arrêter depuis un an, après avoir rencontré sa copine actuelle. Mais il était trop tard, les ravages à son cœur étaient faits.

« Si je n’étais pas allé voir le médecin ce jour-là, j’aurais crevé chez moi », dit-il, conscient de l’avoir échappé belle, mais complètement abasourdi quand les médecins lui ont dit que sa consommation de drogue était la coupable.

« Extrêmement toxique »

« Dix comprimés par jour, c’est énorme et extrêmement toxique, surtout quand le corps n’est pas encore complètement formé », soutient l’expert Jean-Sébastien Fallu.

Le Canadien est officiellement exclu des séries éliminatoires

 

PITTSBURGH | Deux tirs de punitions, quelques échappées, des buts spectaculaires. Il y a un bail que le Canadien n’avait pas été impliqué dans un match aussi enlevant. Dommage, toutefois, qu’il se soit retrouvé, une fois de plus, du côté des perdants.

En raison de ce revers de 5 à 3 face aux Penguins, subi mercredi soir sur la glace du PPG Paints Arena, le Canadien est officiellement exclu des séries éliminatoires pour la deuxième fois en trois ans.

Même en remportant la totalité des huit matchs qu’il lui reste à disputer en saison régulière, il ne serait pas en mesure de rejoindre les Devils du New Jersey, détenteurs, pour l’instant, de la dernière place donnant accès aux séries éliminatoires.

De retour au jeu après une absence d’un mois résultant d’une commotion cérébrale, Carey Price a stoppé 34 tirs. Même sa présence devant le filet du Canadien a été insuffisante pour mettre un terme à ses insuccès sur les patinoires adverses.

Défait dans un quatrième match consécutif, la troupe de Claude Julien a remporté un seul de ses 15 derniers matchs loin du Centre Bell.

Fin de la sécheresse

Au moins le Canadien est parvenu à mettre un terme à sa sécheresse en attaque. En déjouant Casey DeSmith à la toute fin du premier engagement, Jonathan Drouin a mis fin à une disette de 166 min 33 s sans but. Un moment que Pierre Houde avait sans doute perdu espoir de décrire d’ici à la fin de la saison.

« Ça faisait quelques périodes qu’on n’avait pas marqué. J’étais simplement soulagé que quelqu’un marque un but pour qu’on arrête d’en parler », a indiqué Drouin, pour qui il s’agissait d’un 12e but cette saison.

Cependant, les moments de réjouissance créés par Drouin, Nikita Scherbak (superbe but en échappée) et Jacob de la Rose ont été assombris par les prouesses des meneurs des Penguins.

Dans les jeux de l’année

Au cœur de la course au trophée Art Ross, Evgeni Malkin a démontré pourquoi il sera un candidat à considérer pour l’obtention du trophée Hart, remis au joueur le plus utile à son équipe.

Le numéro 71 a donné le ton en participant aux deux premiers buts de son équipe. Jake Guentzel a également eu son mot à dire avec un but et deux mentions d’assistance.

Néanmoins, le but du match revient à Sidney Crosby. Le capitaine des Penguins a frappé la rondelle au vol à deux reprises pour déjouer Price et niveler, à ce moment, la marque à 3 à 3. Un bijou qu’on n’a pas fini de revoir.

« La dernière fois que j’ai vu un joueur frapper la rondelle au vol comme il l’a fait, il s’agissait probablement encore de Sidney. Il en a marqué quelques-uns de cette façon au cours des dernières années. Il a une façon de penser sur la patinoire que plusieurs joueurs n’approchent pas », a vanté son entraîneur, Mike Sullivan.

Règlement nébuleux

L’obstruction envers les gardiens de but ayant été le sujet du jour lors de la rencontre des directeurs généraux, il fallait bien que l’on ait droit à un exemple précis de la nébulosité de ce règlement.

Price et le Canadien ont fait les frais de cet exemple lorsque Malkin a ouvert le pointage. Étendu de tout son long dans le demi-cercle de Price, l’attaquant russe a inscrit le 41e but de sa saison.

Même une contestation de Claude Julien auprès des superviseurs installés dans les bureaux de la LNH à Toronto n’a pas été suffisante pour faire renverser la décision des officiels sur la patinoire.

D’ailleurs, on ne peut pas dire que les explications de la LNH au sujet de cette séquence aient aidé à éclaircir la situation.

« Après avoir visionné les reprises disponibles et après consultation avec les membres des opérations hockey de la LNH, l’arbitre a confirmé qu’aucune obstruction sur le gardien ne s’était produite », a-t-on pu lire dans un courriel de la LNH.

Cependant, même si plusieurs partisans ont déchiré leur chemise sur les réseaux sociaux, aux yeux de Price, il s’agissait de la bonne décision.

« Quand tu fonces au filet, la chance te sourit. Personnellement, je ne crois pas qu’il y avait obstruction », a-t-il soutenu.