Louis Vuitton crée Charlie, sa première basket unisexe et écoresponsable

Ces dernières saisons, les créateurs de mode popularisent les collections mixtes. Alors que le sac à main se fait de plus en plus unisexe, la maison Louis Vuitton dévoile sa première paire de baskets faites pour tous.t.e.s.

Et pour pousser l’innovation encore plus loin, Charlie, du nom de cette sneakers mixte, est fabriquée à partir de 90% de matériaux recyclés et biosourcés. Lire aussi : Mode et écologie : pourquoi est-il si difficile de changer nos habitudes de consommation ?

Charlie, une chaussure qui fait attention à son empreinte

Il ne sera pas nécessaire de se tourner vers tel ou tel rayon genré pour la trouver. Charlie est une paire de baskets unisexe, donc destinée à être portée par tous.

La gamme de pointures est large, allant d’une taille 34 au 47, et son design est lui intemporel : ce sont d’élégantes baskets blanches, habillées d’un logo noir Louis Vuitton. Alors pour varier le style, Charlie est imaginée en deux versions : basket basse et basket montante.

Et si son look a vocation de séduire le plus grand nombre, les détails de sa conception pourraient en intéresser plus d’un. Car comme le précise l’enseigne, le processus de conception circulaire de Charlie « a été appliqué de manière holistique ». Autrement dit, la démarche éco-responsable a été respectée depuis l’étape de la création jusqu’au passage à la Manufacture de souliers Louis Vuitton de Fiesso d’Artico, en Italie.

Résultat ? Les lacets sont entièrement recyclés, et la semelle de la chaussure est composée à 94% de gomme recyclée au minimum, un record en la matière. De la semelle intérieure au patch de la languette réalisé en ECONYL®, tout a été éco-conçu.

L’Événement Evening Dresses Show Retourne À Salerno Du 1 Au 3 Septembre 2021 Inaugurant La Saison Internationale Du Prêt-À-Porter

Le calendrier du prêt-à-porter prévu pour septembre prochain, avec les collections printemps-été 2022, débutera avec l’événement EVENING DRESSES SHOW (Edshow), qui revient, pour la troisième saison consécutive, dans la somptueuse gare maritime Zaha Hadid de Salerno, portant à 60 le nombre d’exposants avec des propositions de prêt-à-porter « soirée » et « cocktail », produites dans les huit régions du sud de l’Italie (Abruzzo, Basilicata, Calabria, Campania, Molise, Puglia, Sardegna et Sicilia).

Déjà inscrit au programme des défilés internationaux de la Conférence des Régions et Provinces Autonomes publié sur le site Regioni.it, Edshow est une vitrine internationale dédiée exclusivement aux looks de soirée et cocktail pour femmes, hommes et enfants.

L’édition à venir a un sens bien particulier, qui se résume dans le slogan « Come back to life », choisi pour la nouvelle affiche : l’envie de recommencer et de revenir à la vie.

Le spectacle des tenues de soirée est conçu et organisé par l’association IFTA avec le soutien de l’ICE- Agence italienne pour le commerce extérieur qui a pour mission la promotion à l’étranger et l’internationalisation des entreprises italiennes au sein du Plan d’exportation du Sud (PES 2) et de la région Campania. Il implique une soixantaine d’entreprises du huit régions méridionales : Abruzzo, Basilicata, Calabria, Campania, Molise, Puglia, Sardegna et Sicilia.

Mais pas seulement ! Grâce à la plateforme Fiera Smart 365, lancée par l’Agence ICE et connectée à ses 78 bureaux à travers le monde, les entrepreneurs qui participeront au salon de Salerno auront l’opportunité d’avoir un premier contact avec des détaillants internationaux qui ne pourront pas assister à l’événement en présentiel.

Une autre nouveauté de l’édition 2021 sera la section spéciale dédiée à l’élégance vestimentaire masculine avec 12 marques sélectionnées parmi les marques Made in Italy les plus dynamiques et intéressantes.

Pendant les trois jours du salon, des rencontres B2B auront lieu avec des acheteurs étrangers invités par l’Agence ICE et avec les meilleurs distributeurs et showrooms basés à Milan.

Edshow débutera avec une exposition des collections présentées en revue, dirigée par Titti Baiocchi pour MB Agency, l’un des noms les plus connus et les plus importants dans le domaine des défilés de mode internationaux.

La soirée du 2 septembre, vous ne verrez sur le podium que les entreprises de vêtements et l’avant-première d’un nouveau projet signé IFTA et SOUTH ITALIAN FASHION, le consortium d’entreprises de mode indépendantes né dans la région Campania pour valoriser et promouvoir, dans le monde, la créativité, l’élégance et « la culture du savoir-faire» qui caractérisent l’unicité du tissu du Sud.

L’une des trois collections du spectacle sera dédiée à la mode musulmane.

Une avant-première visant à annoncer un projet commercial international qui présentera à l’étranger, dans un calendrier qui sera bientôt défini, 30 collections pour femmes musulmanes créées avec des critères, des goûts et des procédures de confection exclusivement italiens.

Né pour aider les petites entreprises du Sud à franchir d’importants seuils commerciaux, le projet dédiée aux tenues musulmanes devient donc une prodigieuse rampe de lancement pour les entreprises prêtes à produire et commercialiser la nouvelle Couture musulmane conçue et réalisée dans leurs ateliers.

Quelques exemples : La robe-manteau crée par Sartoria 74 ; les petites robes noires de Simonetta Ricciarelli qui a lancé sa première collection de petites robes fourreau noires ; les caftans du soir aux couleurs de la côte amalfitaine de La Dolce Vita ; les chemisiers doux du soir de FMConcept ; les costumes fluides en soie bleu de Chine et rose shocking de Gianni Cirillo ; the grand soirée de Michele Miglionico, Nino Lettieri, Melina Baffa, Ferdinand, Valentina d’Alessandro, Maria Elena di Terlizzi, l’enfant prodige Arianna Laterza, jusqu’à la robe de soirée durable de Nanaleo et les longues chemises blanches à fermeture magnétique de Youareu.

L’étude du voile islamique avec les différentes options et usage dans différents pays, conçues pour harmoniser les tenues de soirée proposées est importante pour tout le monde.

LVMH continue son ascension, tiré par son activité Mode et Maroquinerie

Paris (awp/afp) – Le numéro un mondial du luxe LVMH continue son ascension en affichant un bénéfice de 5,3 milliards d’euros au premier semestre, soit nettement mieux qu’avant la pandémie, notamment grâce aux performances de sa branche Mode et Maroquinerie.

« LVMH réalise un excellent semestre », s’est réjoui le PDG de LVMH Bernard Arnault dans le communiqué diffusé lundi par le groupe, qui a ainsi décuplé son bénéfice net entre janvier et juin par rapport à l’année 2020, marquée par la pandémie de Covid, et qui le voit augmenter de plus de moitié (+62%) par rapport au premier semestre 2019, période de référence avant pandémie.

Les ventes du groupe de Bernard Arnault, première fortune française et deuxième mondiale selon Forbes, se sont établies au premier semestre à 28,7 milliards d’euros, en hausse de 53% (+11% par rapport à 2019).

« Dans le contexte actuel de sortie de la crise sanitaire et de reprise de l’économie mondiale, (…) LVMH est en excellente position pour poursuivre sa croissance et renforcer encore en 2021 son avance sur le marché mondial du luxe », a jugé M. Arnault.

Le résultat opérationnel courant du premier semestre 2021 est de 7,6 milliards d’euros, en croissance de 44% par rapport au premier semestre 2019 et plus de 4 fois supérieur à celui de 2020. La marge opérationnelle courante ressort à 26,6%, en hausse de 5,5 points par rapport à 2019.

Le groupe aux « 75 maisons » est notamment porté par une « performance remarquable de l’activité Mode et Maroquinerie », la division phare du géant du luxe qui a engrangé 13,9 milliards d’euros à elle seule, soit une progression de 38% par rapport à 2019 grâce aux performances de Louis Vuitton, Dior, Fendi, Loewe et Céline qui « gagnent partout des parts de marché et atteignent des niveaux records de ventes et de rentabilité ».

« Une croissance qui bénéficiera à la France »

Les ventes de vins et spiritueux augmentent de 12% par rapport à 2019 à 2,7 milliards d’euros (+44% par rapport à 2020) portées par une demande soutenue aux Etats-Unis et un fort rebond en Chine, explique le groupe qui a pris en début d’année une participation de 50% du capital de la Maison de champagne Armand de Brignac, marque de champagne du célèbre chanteur et producteur américain Jay-Z.

La division Montre et Joaillerie progresse de 5% à 4 milliards d’euros (+71% par rapport à 2020), à la faveur de l’acquisition de Tiffany’s.

Parfums et cosmétiques restent en recul (-3% par rapport à 2019) mais le groupe note des « avancées rapides de ventes directes ».

Dans la distribution sélective, Sephora montre une bonne performance mais DFS est encore pénalisé par la reprise limitées des voyages internationaux, et les ventes reculent globalement. Même chose pour les parfums et cosmétiques, même si les ventes directes avancent.

« La croissance de LVMH bénéficie aujourd’hui, et bénéficiera encore davantage dans l’avenir, à la France, premier bassin d’emploi, principal pays d’origine de nos produits, auquel nos maisons sont fières d’apporter leur contribution », assure Bernard Arnault qui a inauguré récemment la Samaritaine en présence du président de la République Emmanuel Macron.

Les résultats semestriels des concurrents français de LVMH sont attendus mardi soir pour Kering et vendredi matin pour Hermès.

Mode: Carven va rouvrir aux Champs-Elysées, après des décennies de fermeture

La maison de couture française Carven rouvrira en septembre sa boutique historique des Champs-Elysées après plusieurs décennies de fermeture, a annoncé mercredi Icicle, la marque chinoise de luxe qui l’a relancée.

Peu connue en France, la marque Icicle, fondée à Shanghai en 1997, avait racheté en 2018 Carven, une des plus anciennes maisons de couture françaises créée à la Libération.

Icicle possède 270 boutiques en Chine et a engrangé 217 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2020. Ses vêtements haut de gamme sont composés uniquement de matières naturelles – cachemire, soie, coton, laine, lin – et utilisent des teintures végétales – oignon, écorce de noyer, fleur d’isatis, thé.

La marque chinoise avait ouvert en septembre 2019 à Paris sa toute première boutique internationale avenue George V, au cœur du « triangle d’or » du luxe. Un deuxième point de vente parisien ouvrira en décembre rue du Faubourg Saint-Honoré « pour donner plus d’exposition à la marque », indique à l’AFP Isabelle Capron, vice-présidente internationale d’Icicle.

Quant à Carven, son propriétaire indique « préparer la renaissance parisienne » de la marque « en septembre à son adresse et berceau historique du 6 Rond-Point des Champs Elysées » où la fondatrice Marie-Louise Carven avait installé son « salon » en 1945.

Carven compte actuellement deux boutiques en France et six en Chine, et emploie 46 personnes. La marque, qui incarnait le chic insouciant de l’après-guerre, était tombée dans l’oubli pendant plusieurs dizaines d’années avant de rebondir sous la houlette de Guillaume Henry, son directeur artistique entre 2009 et 2014. Une relance que ses successeurs n’avaient pas réussi à pérenniser, et Carven avait été placée sous sauvegarde en raison de difficultés financières.

La maison mère d’Icicle et Carven, Icicle Shanghai Fashion Group, annonce également se rebaptiser ICCF (pour Icicle Carven China France) afin d’intégrer le nom Carven et se « structurer de manière bicéphale ».

Le groupe veut mettre en avant sa « vocation internationale » et « la coopération de deux cultures et de deux marchés: la France, capitale de la mode, de la création et des talents, et la Chine, porteuse de culture orientale, puissance industrielle et marché en plein essor ».

Mode : les créations de Công Tri plébiscitées par les stars internationales

Hanoï (VNA) – Dans le monde de la haute couture vietnamienne, Công Tri est devenu un nom dont la réputation franchit les frontières nationales. Cette année encore, ses nouvelles collections ont été portées par nombre de célébrités, notamment hollywoodiennes.

L’actrice Charlize Theron, lors de l’émission « The Tonight Show Starring Jimmy Fallon » diffusée le 25 juin, a dévoilé une image élégante et une allure chic et classe, attirant l’œil des fashionistas. Elle a porté une chemise transparente en organza dotée d’un motif ondulé créé par des cordons de taffetas. Cette création fait partie de la collection Automne-hiver 2021 du créateur vietnamien Công Tri. Celui-ci raconte que Charlize Theron l’a contacté une semaine avant le talk-show et lui a dit que la chemise correspondait à son style.

Considérée comme la perle sud-africaine la plus chère d’Hollywood et figurant sur la liste des 100 personnalités les plus influentes au monde en 2016 du magazine américain Time, Charlize Theron détient 17 prix internationaux prestigieux, notamment trois Oscars et six Golden Globes dans la catégorie « Meilleure actrice ».

Mais elle n’est pas la première à porter des créations de Công Tri. Passons donc en revue les célébrités que le styliste vietnamien a habillées au premier semestre 2021 !

La collection Printemps-été 2021, le favori des chanteuses

À la Une du magazine américain Essence, la chanteuse Jazmine Sullivan porte une création impressionnante de la collection Printemps-été 2021 de Công Tri. Une veste surdimensionnée avec des détails de broderies scintillants et un pantalon filet fabriqué selon la technique du tricot, démontrant un savoir-faire haut de gamme. La chanteuse de Pick up your feelings est connue pour son album Heaux Tales qui a atteint le sommet du palmarès R&B/Hip-Hop de Billboard ainsi que pour avoir raflé plusieurs récompenses du Billboard Women in Music et du BET Awards.

Une autre création qui se distingue de la collection Printemps-été 2021 de Công Tri est le manteau surdimensionné en cuir noir brillant qui permet d’exprimer chez celles qui le portent la beauté mais également la personnalité.  Bebe Rexha, connue pour le hit I got you, a choisi ce design pour apparaître à la Une du magazine Basic. Son allure charismatique et son style impressionnant attirent les regards et font d’elle une femme qui dégage à la fois une élégance féminine mais aussi une puissance contemporaine.

Demi Lovato a également choisi un manteau grande taille de cette collection. Dans la série de photos sur le magazine Paper, elle a fait forte impression avec une aura différente, comme un personnage sortant d’une œuvre cinématographique. Sa coiffure pointue, sa robe à imprimé léopard et sa veste noire oversize lui donnent une image puissante mais aussi surréaliste.

Leslie Grace, aussi en tenue de marque Công Tri, apporte quant à elle une beauté plutôt douce et féminine lors de l’événement « Ellas y Su Música » de Latin Recording Academy. Le design turquoise l’a aidée à montrer le charme d’une femme contemporaine. La tenue, marquée par une partie de pan asymétrique de la chemise, devient originale et intriguante aux yeux des fashionistas. Leslie Grace est connue pour de nombreuses nominations et récompenses dans sa carrière musicale. Dès l’âge de 16 ans, la chanson Will you still love me tomorrow l’a portée au numéro un dans les classements Billboard Tropical Songs et Billboard Latin Airplay.

Attraction et influence d’un talent vietnamien

Dans la liste des artistes internationaux qui ont choisi Công Tri au premier semestre 2021, figurent également d’autres célébrités telles que les actrices Hailee Steinfeld et Gabrielle Union, les chanteuses Kehlani, Becky G et Rosé, la danseuse Maddie Ziegler, la militante sociale américaine Tamika Mallory. Cela montre l’engouement grandissant pour la création de Công Tri et son influence sur l’industrie de la mode internationale.

Concrètement, Rosé, la chanteuse du groupe sud-coréen Blackpink, a choisi à deux reprises la griffe de Công Tri. Sur le magazine Playboy, la chanteuse-compositrice américaine Kehlani Ashley Parrish, habillée par Công Tri, est apparue comme une reine de la fête, dégageant l’image d’une femme à la fois élégante, séduisante et mêlée de personnalité.

Lors de la conférence de presse consacrée à la Première de la série télévisée Dickinson, la star hollywoodienne Hailee Steinfeld s’est faite remarquée dans une tenue de la collection Automne-hiver 2020 de Công Tri. Sa beauté a été mise à l’honneur grâce à une robe beige stylisée sur la soie gazar avec des détails plissés à volants. Elle va parfaitement avec le pantalon aux poils délicatement attachés. Hailee Steinfeld est connue pour son rôle de Mattie Ross dans le film True Grit. Elle est l’une des plus jeunes actrices de l’histoire des Oscars à être nominée et a remporté 12 prix. Hailee Steinfeld montre également sa polyvalence dans le domaine musical.

Charli D’Amelio, née en 2004, est la plus jeune star étrangère portant la marque Công Tri. Cette « reine TikTok » nommée par le New York Times est une danseuse américaine et une figure très connue des médias sociaux. Elle fait le buzz avec ses vidéos sur TikTok. En avril 2020, elle a gagné plus de 43,9 millions de followers sur TikTok, 12,7 millions sur Instagram, 980.200 sur Twitter, et 2,8 millions d’abonnés sur YouTube.

Kelly Marie Trân est, elle aussi, une cliente du styliste vietnamien. Choisissant l’une des robes de la collection Printemps-été 2021, elle montre une beauté puissante et brille pleinement dans l’allure d’une femme moderne, indépendante, confiante. Le Hollywood Reporter l’a choisie pour sa Une. Kelly Marie Trân assume l’un des rôles principaux dans le film à succès Star Wars et est également la première actrice d’origine vietnamienne à devenir le personnage principal du nouveau film d’animation Disney Raya et le dernier dragon.

Ce n’est pas la première fois que le designer de Công Tri s’associe à des artistes internationaux. Auparavant, il a travaillé avec de nombreuses célébrités dans le monde et elles ont également porté ses créations telles que Beyoncé, Rihanna, Katy Perry, Miley Cyrus, Demi Lovato, Jennifer Lopez…, des personnes influentes qui véhiculent un message fort sur les femmes contemporaines.

Fournissant des efforts continus et faisant preuve d’une créativité intarissable, le créateur vietnamien reçoit régulièrement des invitations à de nombreux événements de mode internationaux de prestige dont la Fashion Week de New York, l’un des « Big Four » de la mode mondiale. Lors des défilés Printemps-été 2020, le styliste a hébété le public par sa collection Đi nhặt hạt sương nghiêng (À la recherche des perles de rosées inclinées) composée de 60 pièces. Six de ces dernières ont même été classées dans le Top 100 des créations les plus impressionnantes de la Fashion Week de New York 2020, sélectionnées par le fameux magazine de mode Harper’s Bazaar. -CVN/VNA

Birimian annonce le lancement d’un accélérateur avec l’Institut Français de la mode et la signature d’un accord exclusif avec WSN

(BIRIMIAN) – Birimian, première société d’investissement opérationnelle consacrée exclusivement aux marques de luxe et premium d’héritage africain, annonce la signature de deux partenariats avec (1) l’Institut Français de la Mode, l’une des écoles de mode de référence au niveau mondial, basée à Paris, et (2) WSN (Who’s Next, Première Classe, Impact, Traffic, Bijorhca), un acteur stratégique de la scène Mode internationale spécialisé dans l’exposition et la distribution de marques créatives émergentes et indépendantes.

Ces deux partenariats exclusifs illustrent la volonté des trois acteurs de s’inscrire dans une dynamique de long terme dédiée à l’éclosion des marques émergentes d’héritage africain.

Birimian et l’Institut Français de la Mode annoncent le lancement du « IFM-Birimian Accelerator x Africa », un programme innovant d’accélération pour les marques émergentes d’héritage africain dans les secteurs de la mode, des accessoires et de la bijouterie. Chaque année, le programme, financé par Birimian, accompagnera sur dix mois dix jeunes créateurs sélectionnés pour leur talent, leur singularité et leur potentiel par un comité créatif composé d’experts de la scène créative internationale.

L’appel à candidatures s’ouvre le lundi 28 juin et se termine le 31 août 2021. Les jeunes marques créatives sélectionnées se verront offrir un soutien personnalisé pour le développement de leur entreprise par une équipe dédiée d’experts dans les principaux domaines dont a besoin une jeune maison créative :

  • Définition d’une plateforme de marque
  • Renforcement du processus créatif
  • Ciblage d’une audience pertinente
  • Définition d’une stratégie marketing en cohérence
  • Planification et structuration des collections,
  • Stratégie de distribution
  • Politique de communication
  • Présence et stratégie digitale
  • Pilotage financier

Les marques participant au programme bénéficieront également d’un investissement ou de services de conseils et d’accompagnement de la part de Birimian.

Ce programme d’accélération débutera et se conclura par une expérience parisienne ayant pour objectif d’immerger les marques sélectionnées dans la capitale mondiale de la Mode et de la créativité et de leur offrir un accès unique et privilégié aux principaux acteurs de cet écosystème.

Le partenariat noué entre Birimian et WSN doit quant à lui permettre de renforcer la visibilité des marques africaines et d’élargir leurs opportunités de distribution à l’international. Birimian et WSN prévoient notamment dans le cadre du programme d’accélération lancé avec l’IFM, l’organisation d’événements en marge des Market Week et Fashion Week Parisiennes, mettant en lumière les marques et designers du programme.

Les propos du ministre Lagimodiere mettent l’équipe de Brian Pallister en difficulté

Après les propos du nouveau ministre de la Réconciliation avec les Autochtones et des Relations avec le Nord du Manitoba, plusieurs analystes politiques estiment qu’il sera difficile pour les progressistes-conservateurs de restaurer leur image, ainsi que celle d’Alan Lagimodiere, auprès des Premières Nations.

À peine avait-il pris ses fonctions, jeudi, qu’Alan Lagimodiere créait la polémique après avoir affirmé que ceux qui géraient les pensionnats pour Autochtones pensaient qu’ils faisaient une chose juste.

Il est facile de juger le passé, mais à l’époque, je pense qu’ils étaient convaincus qu’ils faisaient une bonne chose, a-t-il ajouté.

Il s’est mis les pieds dans les plats de façon extraordinaire, comme s’il ne savait rien. Et pourtant, M. Pallister était heureux de l’annoncer comme un ministre métis. C’est un déshonneur à la communauté métisse d’avoir un ministre de ce calibre, affirme l’analyste politique Michel Lagacé.

Kelly Saunders, professeure agrégée de sciences politiques à l’Université de Brandon, estime que la capacité du nouveau ministre à exercer ses fonctions sera difficile à prouver. Je pense que ce sera extrêmement difficile, voire impossible, pour lui, de travailler sur la réconciliation.

La professeure juge aussi que dès son premier jour, Alan Lagimodiere a montré qu’il était d’accord avec certaines déclarations passées du premier ministre Brian Pallister. Ce n’est pas de cette façon que vous voulez commencer à un nouveau poste, dit-elle.

Mary Agnes Welch, partenaire chez l’institut de sondage Probe Research, affirme que le nouveau ministre a déjà deux coups contre lui.

Il a eu ce début désastreux et il doit essayer de renouer des relations avec des dirigeants autochtones qui, à juste titre, sont profondément méfiants et profondément en colère contre ce gouvernement, dit-elle.

Aux grands maux…

Comme on dit: aux grands maux, les grands remèdes! C’est maintenant avec un concours que la CAQ veut inciter les Québécois à recevoir leur première injection ou à devancer leur rendez-vous pour obtenir leur deuxième dose. Organiser un concours pour faire comprendre à certaines personnes le gros bon sens, faut quand même le faire! Au moins, ceux qui n’ont pas eu à se faire pousser dans le derrière peuvent aussi gagner quelque chose.

C’est particulièrement chez les personnes âgées entre 18 et 39 ans que la situation est préoccupante. Insouciance? Manque de temps? Opposition philosophique? Allez savoir.

En Mauricie et au Centre-du-Québec, alors que plus de 80 % des gens ont reçu cette première injection, seulement 62,5 % des 18-29 ans et 65,4 % des 30-39 ans se sont présentés une première fois dans un centre de vaccination. On est encore loin de la cible de 75 %.

Pourtant, le CIUSSS Mauricie-Centre-du-Québec a multiplié les initiatives pour inciter les citoyens à se faire vacciner. Des campagnes de sensibilisation avec des personnalités ont eu lieu et des brigades mobiles de vaccination sont également sur le terrain depuis plusieurs semaines déjà pour les sensibiliser à l’importance d’être vaccinés. On peut voir ces brigades dans les festivals, dans les entreprises, sur les terrains de camping, dans les skateparks, dans les villages plus éloignés. Bref, la Santé publique fait vraiment tout ce qu’elle peut pour améliorer les taux de vaccination, particulièrement chez les 18-39 ans.

On le sait, les individus de cette catégorie d’âge aiment avoir facilement accès aux choses et ces brigades mobiles permettent justement d’aller les rejoindre là où ils sont. Ils n’ont bien souvent qu’à tendre le bras pour recevoir leur dose vers la liberté.

Des organisations ont même décidé de faire leur part. C’est le cas du Grand Prix et des Aigles de Trois-Rivières qui présenteront, les 22 et 28 juillet prochains, deux soirées d’humour gratuites pour les spectateurs vaccinés. Ceux-ci devront payer 20 $ pour assister à l’une des représentations et pourront se faire rembourser sous forme de chèque-cadeau moyennant une preuve de vaccination et d’identité. Bravo pour l’idée.

Cette initiative est peut-être un avant-goût de ce qui pourrait se passer à l’automne. La récente annonce du ministre de la Santé Christian Dubé concernant l’éventuelle entrée en vigueur d’un passeport vaccinal en septembre n’est assurément pas passée inaperçue auprès des personnes non vaccinées du Québec.

Encore une fois, les autorités souhaitent que cette perspective de devoir exhiber un code QR pour avoir accès à des activités non essentielles, si les bilans repartent à la hausse à l’automne, incite notamment les 18-39 ans à aller se faire vacciner et ultimement les forcer à recevoir les deux doses souhaitées. Excessif? Pas du tout, surtout si cela nous permet d’atteindre des taux de vaccination satisfaisants.

Espérons maintenant que ces personnes, qui ont goûté à la liberté du déconfinement au cours des dernières semaines, ne voudront pas la perdre et prendront les moyens pour la conserver. Et pour cela, il faut aller se faire vacciner.

Évidemment, peu importe les offensives mises de l’avant et les plus beaux concours pour favoriser la vaccination, il restera toujours ces irréductibles qui refusent de se faire vacciner pour des raisons idéologiques aussi discutables que farfelues. Ces personnes seront les premières à crier à l’injustice, aux portes des salles de spectacles et des restaurants, lorsque le passeport vaccinal sera exigé parce que le nombre de cas repart à la hausse.

Les autres, ces gens responsables qui auront eu à cœur leur santé et celle des autres, pourront aller au resto, voyager, s’entraîner, se réunir…

Faites donc partie des autres!

Pour un référendum sur l’agrandissement de l’aéroport

À un moment où la maison brûle, où les gens meurent subitement dû à la chaleur extrême, où s’abattent des vents déchaînés, des averses diluviennes et où le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GEIC) est en train de nous dessiner une image cataclysmique de la situation du réchauffement de la planète, nos politiciens continuent de faire comme si de rien n’était. En effet, malgré l’opposition de certains conseillers, le conseil de Ville de Trois-Rivières a voté à la majorité pour dépenser plus de 11 millions de dollars (eh oui, votre argent) pour agrandir l’aéroport de Trois-Rivières et plus précisément l’aérogare.

L’actuel maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, s’acharne à vouloir agrandir l’aérogare de cinq fois sa grandeur actuelle. Or, un agrandissement aussi important va nécessairement augmenter le trafic aérien et tout le monde sait à quel point le transport aérien est un grand émetteur de gaz à effet de serre (GES).

Oui, mais l’aérogare est vétuste! D’accord, mais entre rénover une aérogare et quintupler sa taille, il y a une énorme différence. Que l’on veuille rénover le bâtiment, ça peut se comprendre. Cependant, vouloir l’agrandir, c’est afficher son intention d’augmenter le trafic aérien et donc les GES. Et si on dit qu’on ne veut pas ou que ça ne va pas augmenter le trafic aérien, pourquoi donc dépenser 11 millions $ juste pour embellir une aérogare? On a du mal à croire que 11 millions $ ne puissent pas servir à un meilleur usage que celui-là.

Oui, mais y a des gens qui ont besoin de prendre l’avion! La vraie question c’est: qui? Un petit groupe de commerçants qui veulent sauver 30 minutes de déplacements? Encore là, pourquoi un homme ou une femme d’affaires ferait régulièrement des déplacements, qui représentent des heures perdues, quand il ou elle a l’opportunité de joindre ses partenaires d’affaires facilement et rapidement par le Web. C’est beaucoup plus efficace. Sans compter qu’on voit mal, ce qu’ils ne peuvent pas déjà faire comme déplacement avec les infrastructures actuelles.

Oui, mais ce sera un projet «vert»! Plutôt vert pâle. On appelle cette stratégie l’écoblanchiment (greenwashing en anglais). C’est simple, vous prenez une aérogare, vous le peinturez en vert, vous plantez quelques fleurs, vous ajouter un autocollant LEED et voilà! Vous avez quand même plus de GES, mais emballés dans un joli paquet cadeau. Plus sérieusement, la population n’est pas dupe que vouloir agrandir une aérogare peut difficilement être qualifié de «vert». Et qu’on ne vienne pas nous parler de compensation carbone. Aucune action ne pourrait sérieusement compenser les GES qu’un seul avion produira. Le but est de réduire les GES et non se limiter à les compenser, sinon c’est le chien qui court après sa queue.

Oui, mais on a consulté la population! Un petit sondage ne peut pas être tenu sérieusement pour une consultation d’autant que bien des gens n’ont pas été pleinement informés du dossier.

Oui, mais il y a le registre! Effectivement, tous les citoyens sont invités à signer le registre pour exiger la tenue d’un référendum sur l’agrandissement de l’aéroport. Registre ouvert pendant 15 jours en plein été durant les vacances de la construction… Histoire de laisser planer un doute sur nos chances de pouvoir donner notre avis.

Néanmoins, malgré les embûches placées dans l’exercice démocratique, le registre demeure notre principal moyen d’empêcher ce projet néfaste. Quelle que soit votre opinion sur le sujet, tous conviendront de l’importance en démocratie à ce que la population puisse se prononcer. C’est pourquoi nous invitons les Trifluviennes et Trifluviens à signer d’ici le jeudi 29 juillet le registre de la Ville pour exiger la tenue d’un référendum. Toutes les informations sont dans le lien. Lien : https://www.v3r.net/wp-content/uploads/2021/07/Formulaire-Procedure-denregistrement-par-demandes-ecrites-101-2021.pdf

Sinon, aller sur le site web de la ville à : v3r.net/a-propos-de-la-ville/avis-publics à la Semaine du 11 juillet dans la section «Formulaire-Procédure d’enregistrement par demandes écrites (101-2021)».

Faire soi-même ses recherches, est-ce réaliste?

Depuis les débuts de la pandémie de COVID-19, les appels à « faire nos recherches » sont légion. S’il est concevable que tout le monde puisse investiguer par ses propres moyens, ce n’est cependant pas aussi simple que le laissent entendre ceux qui proclament avoir fait les leurs.

«Le doute est notre produit, car c’est le meilleur moyen de rivaliser avec cet « ensemble de faits » présent dans l’esprit du grand public », énonçait une note interne rédigée en 1969 par des compagnies de tabac à la recherche de stratégies pour continuer à vendre leurs produits alors que les scientifiques en révélaient la toxicité au public.

Et les grands joueurs de la désinformation ont plus beau jeu que jamais, avec les réseaux sociaux qui sont désormais largement utilisés pour manipuler l’opinion publique de façon délibérée, notamment sur des enjeux politiques, comme le confirme un récent rapport de l’Université d’Oxford. Mais pas exclusivement des enjeux politiques, comme l’a démontré la pandémie

De nombreuses personnes estiment néanmoins pouvoir faire la part des choses par elles-mêmes. Quelles sont les embûches, défis et limites que croiseront monsieur et madame Tout-le-Monde, en entreprenant la vérification des nouvelles auxquelles ils sont exposés?

Le piège des réseaux sociaux

Sans grande surprise, la première erreur à éviter est de creuser un sujet au moyen des réseaux sociaux, incluant Facebook, Twitter ou YouTube. Reconnus comme des vecteurs de propagation de fausses informations, les réseaux sociaux ont pourtant été utilisés comme source d’informations par 79% des adultes au Québec en 2018, dont 41% qui s’en servaient régulièrement dans ce but. Les 18 à 34 ans ont d’ailleurs plus confiance en ces plateformes que leurs aînés.

« Depuis une dizaine d’années, on assiste à l’émergence d’une nouvelle configuration intellectuelle, sociale et politique qui est profondément troublante. D’autant plus que les réseaux sociaux accentuent les biais cognitifs – l’effet que ça peut avoir sur notre pensée est terrifiant! », estime Normand Baillargeon, auteur du Petit cours d’autodéfense intellectuelle et chroniqueur au Devoir.

Parce que leur fonctionnement vise à nous faire réagir et à conforter nos opinions, et non à chercher la vérité, les réseaux sociaux constituent le parfait incubateur et propagateur de fausses nouvelles. Il faut ajouter à cela le fait que le trop-plein d’information nous empêche de vérifier toutes les affirmations qu’on nous présente.

Éducation à l’information

Comment sortir de ce piège? Commencer par utiliser les réseaux sociaux pour ce qu’ils sont: du divertissement. En agissant ainsi, les vérificateurs amateurs pourront commencer leurs recherches avec un point de départ plus neutre, similaire à celui utilisé par les journalistes.

Le défi suivant est de conserver cette posture plus objective dans ses démarches. « Beaucoup de personnes fonctionnent à l’envers : elles partent avec leur opinion et font le tri de ce qu’elles trouvent en fonction de ce qui fait leur affaire », note Jean-François Cliche, journaliste scientifique au quotidien Le Soleil, chroniqueur à Québec Science et auteur de Fake news, le vrai, le faux et la science.

Cela s’incarne notamment dans le choix des mots-clés que les utilisateurs entrent dans le moteur de recherche. Ils écrivent par exemple « fraude COVID données falsifiées », plutôt que des termes neutres susceptibles de générer un plus grand spectre de réponses possibles.

Se pose ensuite la deuxième partie du défi de la vérification des faits : juger de la fiabilité des réponses, en départageant les sources douteuses des sources dignes de confiance.

Cette tâche est complexe d’une part parce que, pour paraître crédibles, les diffuseurs de désinformation empruntent les mêmes codes que les médias relayant des faits rigoureusement démontrés : la présentation graphique ressemble à celle d’un média sérieux, les textes peuvent citer des scientifiques ou des gens présentés comme des experts, etc.

D’autre part, le tri des sources est difficile, car le grand public n’a généralement pas des connaissances assez pointues pour évaluer la valeur de ce qui est avancé. « Même moi, si je lis un article scientifique sur les changements climatiques anthropiques, je n’ai pas la compétence pour juger de chaque élément », reconnaît candidement Normand Baillargeon. Car on ne peut acquérir en quelques heures un ensemble de savoirs que les experts d’un domaine donné prennent des années à construire.

D’ailleurs, gare aux personnes qui, avec des années d’études universitaires derrière la cravate, se croient plus critiques et donc mieux placées pour juger de la crédibilité d’une information dans un domaine qui n’est pas le leur. Le niveau de scolarité ne garantit pas une meilleure capacité à faire ses recherches. Il faut plutôt savoir détecter la désinformation —une compétence que tout le monde peut développer grâce à ce qu’on appelle la littératie médiatique, ou « éducation aux médias et à l’information ». C’est la seule littératie pour laquelle des études ont pu démontrer. Qu’elle améliore la capacité à détecter les fausses nouvelles. Autrement dit, avoir un esprit critique face à une information exige un bon entraînement, axé particulièrement sur le jugement de la fiabilité des sources. Cette littératie se matérialise avec l’adoption de bonnes habitudes telles que celles présentées à la fin du présent article.

Le temps, nerf de la guerre

Après autant de défis, le vérificateur de faits amateur sera confronté à une nouvelle limite : faire une recherche rigoureuse est immensément chronophage.

« Juste le fait de bien lire une étude scientifique prend énormément de temps. Les journalistes scientifiques peuvent se le permettre parce que c’est leur travail, mais tout le monde n’a pas autant de temps à y consacrer. Sans oublier qu’il faut aussi faire des recherches latérales, pour se renseigner sur les chercheurs, par exemple », souligne Eve Beaudin, journaliste scientifique écrivant notamment pour le Détecteur de rumeurs de l’Agence Science-Presse.

« Pour vérifier une question précise de temps en temps, c’est accessible pour la plupart des gens. Par contre, ce n’est pas réaliste que tout le monde fasse toutes ses recherches sur tout », renchérit Jean-François Cliche.

En effet, même pour ces deux journalistes spécialisés en vérification des faits, chaque affirmation nécessite environ deux jours de lectures arides et de collecte d’informations. « C’est vraiment décourageant de penser que quelqu’un a peut-être pris 15 ou 20 minutes pour créer sa fausse information et la mettre en ligne, alors que ça prend deux jours à un journaliste pour assembler une réfutation appuyée sur les faits. Et pour déboulonner les pseudodocumentaires, c’est encore pire. Ça prendrait des semaines tellement c’est foisonnant! Ce n’est pas réaliste de tout couvrir, alors on creuse seulement quelques-uns des aspects les plus problématiques », ajoute Eve Beaudin.

« C’est pour ça que le travail des fact-checkers est aussi essentiel : personne n’a le temps de tout vérifier soi-même! » insiste Normand Baillargeon.

Chercher à se décloisonner

Un dernier conseil : ne pas réfléchir seul et même, rechercher une confrontation saine et constructive. Cette recommandation emprunte encore une fois à la démarche journalistique. En effet, tous les textes publiés dans des médias crédibles sont révisés à plusieurs moments et par plusieurs personnes – qui n’hésitent pas à remettre en question des faits et des chiffres avancés et à réclamer des preuves supplémentaires pour les corroborer. Les articles vulgarisant du contenu scientifique peuvent ainsi être relus 10 à 20 fois avant leur publication, précise Eve Beaudin.

Normand Baillargeon rappelle pour sa part que « penser est un travail de groupe, plus encore sur des sujets vastes et complexes où se mêlent des faits et des valeurs. En fait, comme nous l’a appris John Stuart Mill dans De la liberté, vous ne savez même pas ce que vous pensez vraiment si vous ne l’avez jamais confronté à ce que pensent des personnes qui ne pensent pas comme vous. »

Astuces pour bien faire ses recherches

1) Se retenir de sauter sur le premier lien
Les vérificateurs de faits ne se contentent pas de cliquer sur le premier lien. Ils regardent d’abord les suggestions de sites des trois ou quatre premières pages de résultats, ce qui donne une meilleure vision de la requête. Ils peuvent alors réajuster les mots-clés au besoin, et ils verront déjà les tendances de réponse se dessiner. Ce recul permet de mieux choisir les quelques liens les plus pertinents à consulter (car il faut en ouvrir plus d’un, et de différentes sources).

2) Enquêter sur les sites inconnus
Avant de consulter le contenu d’un site, les journalistes se renseignent sur le site lui-même. Qui est derrière cette source? S’est-elle fait accuser de diffuser du contenu trompeur par le passé? Depuis quand existe-t-elle? Quels seraient les potentiels conflits d’intérêts? Vaut mieux se poser ces questions avant même de consulter le contenu dudit lien, car lire d’abord le contenu expose plus fortement au biais de confirmation, c’est-à-dire qu’on risque de se dire que c’est une bonne source si elle va dans le sens de ce que nous pensons déjà.

3) Faire un tour sur Wikipédia
L’utilité principale de Wikipédia pour la vérification des faits se trouve dans ce qu’il y a autour de l’article, c’est-à-dire les références ainsi que l’onglet discussion. Les références peuvent renvoyer vers des sources intéressantes, dont des articles scientifiques, ce qui permet de valider les aspects vulgarisés dans l’article Wikipédia. L’onglet discussion contient quant à lui des échanges argumentés à propos de l’article principal, ce qui offre au lectorat un regard plus critique et nuancé sur les informations retenues et sur les aspects sujets à débat.

4) Remonter aux sources primaires
La plupart du temps, on ne nous présente pas directement les faits, mais plutôt leur interprétation, par exemple dans des articles d’opinion, dans des bulletins résumés ou vulgarisés, ou encore de la bouche d’un proche qui rapporte ce qu’il croit avoir compris. Attention : ce n’est pas parce que les nouvelles sont communiquées par personne interposée qu’elles sont forcément erronées. Cependant, si on désire réellement baser notre avis sur les faits, la seule solution est de remonter jusqu’à eux, en consultant des sources primaires telles que la littérature scientifique ou les entrevues avec des experts. Autrement, on s’expose aux déformations du type « jeu du téléphone ».

5) Évaluer les études scientifiques de façon critique
Même lorsqu’une nouvelle fait référence à une étude scientifique, il ne faut pas pour autant croire que l’information est exacte, car toutes les études scientifiques ont leurs limites et leurs défauts. Il est par conséquent incontournable d’évaluer la validité et la portée de chaque article scientifique. Il faut aussi porter attention à une panoplie d’éléments tels que le type d’étude, sa méthodologie ou encore ses potentiels conflits d’intérêts. À noter que les études scientifiques reposent normalement sur des analyses statistiques afin de déterminer si un résultat est significatif ou non. Or, savoir quelle approche est la plus appropriée pour chaque étude est une expertise en soi.

Et encore! Ces trucs ne sont que quelques étapes de la longue procédure de vérification des faits. Pour aller plus loin, l’Agence Science-Presse a rassemblé plusieurs astuces et lancé une série de capsules explicatives, en plus d’offrir des ateliers de formation en éducation aux médias.