Cuba: la crise vue par la communauté cubano-canadienne

Nous souhaitons transmettre notre positionnement à la suite des manifestations sociales spontanées du peuple cubain contre le régime du pays qui se sont déroulées ces derniers jours.

Cette lettre n’a pas l’intention de faire une analyse détaillée de la situation, mais se veut plutôt un moyen de partager nos sentiments et notre vision de la situation.

Les causes de ces manifestations si importantes vont bien au-delà de la mauvaise gestion de la crise sanitaire reliée à la COVID-19 et du fait que Cuba est en train vivre le pire moment d’une crise économique de plus de 30 ans.

Les conditions qui ont conduit à ces manifestations sociales sont présentes depuis longtemps et sont de caractère structural:

• Un système économique inefficace, injuste et épuisé

• Le totalitarisme politique, idéologique et rhétorique de la part du régime socialiste: une dictature

• La fausse responsabilisation des problématiques chroniques internes sur le dos de l’embargo américain

• L’endoctrinement de plusieurs générations

• Le monopole absolu des moyens de communication et des médias

• Une société de plus en plus polarisée par les statuts économiques et politiques

• Un réseau de dénonciation interne

• La répression physique, psychologique et sociale envers ceux qui expriment des idées

différentes à celles du régime.

Présentement, nous sommes témoins d’un moment historique où les Cubains ont vaincu la peur et se sont manifestés de façon spontanée et pacifique. Les réponses du régime à ce cri de libération sont :

• L’appel du président de la République à l’affrontement violent entre les membres de la société civile cubaine

• La violence et la répression physique de groupes militarisés ou armés auprès des manifestants

• Plus de 500 personnes détenues ou disparues

• La désactivation totale de l’accès à Internet pour l’ensemble des citoyens cubains pendant trois jours et la reprise du service de façon intermittente

• Les mensonges et la manipulation de l’information à la population cubaine et à la presse internationale

• L’assouplissement, obligée par la pression internationale, du blocage douanier interne

• L’organisation d’un rassemblement de supposés partisans du régime en réponse aux manifestations populaires.

Nous, membres de la communauté cubaine à Trois-Rivières, déclarons que nous dénonçons les actes de violence et de répression du gouvernement cubain contre notre peuple ainsi que la manipulation de l’information véhiculée à l’international.

La rentrée sera compliquée

ÉDITORIAL / Il y a environ un an jour pour jour, la Louisianaise Olivia Guidry écrivait ceci sur son fil Twitter.

« Ce vaccin a été déployé en utilisant de l’ADN recombiné, plus rapidement que tout autre vaccin au monde. Il manipule votre ADN au niveau moléculaire le plus petit possible. Ne. Le. Prenez. Pas. Ce n’est pas sécuritaire.»

Samedi dernier, cette femme de Lafayette, qui était infirmière et traitait des patients souffrant de la COVID-19, a elle-même succombé au virus.

Au Québec, on a eu un exemple un peu semblable en mai, à Drummondville. Encore là, une dame militant sur les réseaux sociaux contre le vaccin, a été emportée par la maladie. Dans le cas de Gisèle Beaudoin, ce fut toutefois accompagné d’un changement de cap de dernière minute. « Je vous mets en garde contre ce virus. Je n’aurais jamais pensé être si malade », a-t-elle écrit sur sa page Facebook, peu avant de mourir.

Ce n’était pas un appel à la vaccination. Mais une reconnaissance certaine de la gravité d’un danger qu’elle avait sous-estimé.

Est-ce que de telles anecdotes sont efficaces pour convaincre ceux qui ne veulent pas être vaccinés de le faire ?

J’en doute.

Portés parfois par des personnalités politiques, parfois par leurs propres phobies, ou par mille autres raisons, leurs réticences sont complexes. Multiples.

Certains résistent par principe aux efforts gouvernementaux. N’aiment pas qu’on leur dise quoi faire. Toute discussion les atteint peu. Ou, au contraire, renforce leur conviction. S’ils changent d’idée, ce sera discrètement, par eux-mêmes.

D’autres détestent l’idée de se faire injecter quelque chose dans le corps. On les retrouve non loin de ceux qui résistent aux médicaments, qui aiment les médecines douces. Et la nouveauté de ces vaccins, développés en catastrophe, attise leur scepticisme.

Ils ne font pas nécessairement partie de ceux qui minimisent le virus. Dans certains cas, ils en sont terrifiés. Mais ils ont aussi peur de l’injection. Leur solution : l’isolement.

On pourrait ainsi continuer longtemps à décrire ces allergiques aux campagnes d’immunisation. Il y en a de tous les genres, même s’ils se regroupent en deux grandes catégories d’après une enquête de Statistique Canada faite l’an dernier. « Les raisons les plus courantes étaient le manque de confiance à l’égard de la sécurité du vaccin (54,2 %) et les inquiétudes relatives aux risques et aux effets secondaires (51,7 %). »

Et ce qui ressort quand on leur parle et on les écoute, et qu’on les lit sur les réseaux sociaux, c’est effectivement ça et l’absence totale de confiance envers les gens qui leur disent que c’est sécuritaire et que c’est crucial.

Alors on fait quoi avec ça ?

Avec ce bloc de résistance, qui aurait pu être le tiers de la population selon des sondages de fin d’année 2020, qui semble tourner maintenant autour de 20 %, quand on consulte les différents bilans.

Leur parle-t-on efficacement ? Avec respect, même s’ils ne partagent pas nos opinions ? Ou ne sommes-nous pas en train de laisser le fossé se creuser entre les anti et les pro — la position de ce journal — par notre incrédulité face à leur attitude ?

Nous devons mieux dialoguer. Trouver des façons d’échanger. Nous nous devons tous ça, comme collectivité.

Et avec la rentrée scolaire qui arrive à grand pas, la question est partout et incontournable.

Comment peut-on augmenter les taux de vaccinations chez les réticents ? Et jusqu’à quel point faudra-t-il, dans certaines circonstances, serrer la vis ?

Parce que vu l’impact qu’ont eu les vaccins sur la contagion jusqu’à présent, vu les statistiques de contamination qui dégringolent, il est clair que leur effet est positif et est en train de permettre un retour vers la normalité.

La semaine dernière, la France a tranché, en rendant le vaccin obligatoire dans le réseau de la santé.

Doug Ford a dit que ça n’arriverait pas en Ontario.

Mais cette semaine, l’Université d’Ottawa a décidé d’exiger le vaccin pour les étudiants en résidence.

Et le Québec croit au passeport vaccinal, ouvrant les portes à plus de normalité aux personnes immunisées, une idée rejetée par Queen’s Park.

Pour les entreprises qui préparent le retour au travail en personne, en réel, la question sera très difficile.

Surtout celles qui espèrent que leurs employés reviendront « au bureau ».

Peut-on exiger la vaccination des travailleurs pour qu’ils reviennent dans des lieux qu’ils n’auront peut-être pas envie de fréquenter ?

Comment concilier des politiques favorisant le retour en vrai, en sécurité, et le vaccin pour diminuer au maximum le risque de contamination ?

Et les entreprises doivent-elles se mêler du débat pour faire leur part en santé publique ?

Nous ne faisons que commencer à plonger dans ce casse-tête.

Profitez bien de vos vacances.

La rentrée sera compliquée.

Moins d’argent au Québec pour les Autochtones qui souffrent de dépendance

Une énième guerre de compétences entre Ottawa et Québec entraîne des écarts substantiels concernant les aides dont bénéficient les résidences d’hébergement en dépendance qui s’occupent notamment des Autochtones. L’écart varie de 2000 $ à 14 000 $ par mois selon la province de résidence. Une situation dénoncée par un organisme.

Le constat de l’Association québécoise des centres d’intervention en dépendance (AQCID) est sans appel. Dans un communiqué de presse, elle indique : Les citoyens issus des communautés autochtones du Québec sont grandement défavorisés en ce qui a trait au financement des services offerts dans les ressources d’hébergement en dépendance.

Sa source : les données divulguées par le ministère fédéral des Services aux Autochtones (SAC).

D’après un tableau statistique, une maison d’hébergement québécoise qui soigne un Autochtone pour une dépendance bénéficie d’une enveloppe d’environ 2000 $.

En Ontario, c’est plutôt 14 000 $, et en Saskatchewan, autour de 9000 $.

Qu’est-ce qui explique de telles disparités?

Alexandre Ratté, directeur adjoint de l’AQCID, explique que le montage financier pour soutenir les services offerts par les résidences d’hébergement en dépendance est très complexe et que les services sont financés en silo.

Il expose la situation : Tous les services de santé offerts aux Autochtones, partout au Canada, sont payés par Services aux Autochtones Canada. Mais au Québec, il y a un enjeu de compétence qui fait que l’argent donné par Services aux Autochtones Canada doit être ajusté en fonction des barèmes du ministère de la Santé et des Services sociaux de la province.

Ainsi, le ministère québécois a établi que les tarifs d’hébergement en dépendance pour les Autochtones sont de 62,70 $ par jour par personne, soit un peu moins de 2000 $ par mois.

De plus, au Québec, les Autochtones qui vivent dans leur communauté ou en dehors de celle-ci n’ont pas le même statut : ceux qui vivent en communauté bénéficient du financement de Services aux Autochtones Canada. Les autres, de celui du ministère québécois de la Santé.

Il y a l’idée selon laquelle un Autochtone qui vit sur dans une communauté n’a pas le même traitement qu’un Autochtone qui vit en dehors à cause des politiques provinciales, soutient le directeur adjoint de l’AQCID

France Bouffard, directrice du Pavillon de l’Assuétude qui offre deux points de service, l’un à Shawinigan, l’autre à Saint-Guillaume, précise que, parmi ses résidents, de 10 à 15 % sont des Autochtones.

Québec finance l’Assuétude à hauteur de 66 $ par jour pour un résident autochtone. Ces sommes couvrent le gîte et le couvert, mais pas la thérapie.

L’autre chemin de la réconciliation

Ces derniers misent beaucoup sur l’idée que la nomination d’une femme aux origines amérindiennes signerait l’heure du «chemin de la réconciliation» entre le Canada et les peuples amérindiens, au moment où des découvertes de tombes anonymes sur le site d’anciens pensionnats réveillent de bien tristes souvenirs.

Nous pourrions discuter longuement sur l’honnêteté réelle de la démarche du gouvernement canadien pour réparer les erreurs du passé. La nomination de Mary Simon risque de n’être qu’un écran de fumée parmi d’autres d’une stratégie de communication bien huilée pour une élection qui approche. On peut espérer que ces pronostics seront détrompés, mais il serait bien naïf de croire que le régime canadien changera prochainement son approche avec les Amérindiens. Cela dit, si cette attention médiatique sur le passé douloureux des peuples amérindiens possède une grande part de légitimité, elle laisse néanmoins dans l’ombre un autre «chemin de la réconciliation» qui n’a jamais été entamé un seul instant. Il s’agit du sort réservé aux Québécois et plus largement, aux Canadiens français hors Québec.

Nous savons ce que les Québécois ont subi dans leur histoire : la Conquête, la répression des Patriotes, la pendaison de Louis Riel, les crises de la conscription, le règlement XVII, la crise d’Octobre, le coup d’État de 1982 et le vol du référendum du 1995. Tous ces événements témoignent d’une volonté délibérée du régime canadien de mettre fin à l’exception française en Amérique et d’assimiler les Québécois à la civilisation anglaise. À ce jour, aucun gouvernement du Canada n’a daigné présenter d’excuses pour toutes les exactions commises dans cette longue histoire de répression. Le seul homme à avoir fait des efforts réels pour réconcilier le Québec avec le reste du Canada fut Brian Mulroney, qui n’a jamais connu de successeurs dignes de ce nom. Le fédéralisme renouvelé n’a connu aucune postérité et le retour de l’union «dans l’honneur et l’enthousiasme» restera pour toujours lettre morte. Les fédéralistes contemporains se contentent du statu quo, qui condamne le Québec à la perte progressive de ses institutions et de tous ses leviers politiques. Nous le voyons encore plus clairement dans cette crise sanitaire, où le manque d’argent dans les coffres de l’État du Québec sont trop à sec pour subvenir aux besoins criants. Le régime canadien se pose en sauveur d’une province «démunie» en venant supplanter les champs de compétence du Québec en santé. De ce fait même, il accentue la minorisation du Québec dans la fédération canadienne et à un destin aussi sombre que celui des Canadiens français du ROC.

Si le régime canadien avait comme volonté réelle d’avancer sur un chemin de la réconciliation avec les peuples opprimés au Canada, il y inclurait bien évidemment les Québécois et les Canadiens français. Mais il ne le fera pas, car nous formons une minorité nationale dérangeante et dont l’énergie vitale n’est pas encore tout à fait consumée. Il n’y aura désir de réconciliation que le jour où nous ne compterons plus politiquement. Bien des Québécois croient encore à un nouveau pacte entre les peuples fondateurs, persuadés que l’union fait la force. Malheureusement pour eux, ils devront un jour se rendre compte qu’ils sont seuls à vouloir faire leur bout de chemin dans la réconciliation. Le Canada anglais a abandonné toute volonté d’intégrer avec respect le Québec dans sa Constitution, qu’il veut nous faire avaler de force. Seuls les groupes qui correspondent à la grille de lecture woke de la société pourront bénéficier des larmes canadiennes, et les Québécois n’en font pas partie, eux qui sont vus comme une tribu clanique de racistes dangereux. Lorsqu’un chemin devient impossible à emprunter, il ne reste donc plus qu’à en sortir.

Libérez Mario Roy!

Samedi matin, sur la page Facebook d’un sympathique ami, lequel s’amuse à débusquer du conspirationniste temps plein, on y voit une autre vidéo d’une manif en marche. D’ordinaire, j’évite ce genre de bêtise ambiante ayant pratiquement siphonné l’espoir (encore disponible) pour ce qui est de confiance dans le tissu sociétal. Sauf que me voilà un brin curieux : les mesures sanitaires étant essentiellement choses passées, quels sont les mobiles justifiant, un beau jour de juillet, une nouvelle parade de dégénérés? J’ouvre. 

On y voit, probablement ce qui semble être la prison de Bordeaux, un cortège de militants convaincus, scandant de façon assumée, et en cœur : 

– LI-BÉ-REZ MA-RIO ROY!!

– LI-BÉ-REZ MA-RIO ROY!!

Oh putain!, me dis-je, j’ai jugé trop vite. Il s’est, dans le royaume de la politico-platitude québécoise, enfin passé un truc. Chic, un prisonnier politique!

Un instant, un instant… libérez qui ou quoi, déjà? 

Mario Roy.

Et j’ai imaginé, l’espace d’un moment, une famille de néo-québécois, idéalement réfugiée, tombant sur cette même vidéo.

– Et il a fait quoi, papa, le monsieur, pour être emprisonné injustement? Pourquoi les gens réclament sa libération? Il défendait quelle cause?

– Aucune idée, mais ça doit être grave. Ici, au Québec, nous vivons dans un État de droit, ma chérie.

– Et c’est quoi, un État de droit?

– Plusieurs choses, mais notamment le fait que tous sont égaux devant la Loi, que les gens peuvent exprimer leurs opinions politiques librement sans être arrêtés et emprisonnés, justement. Que pour se faire, l’État doit déposer des preuves sérieuses devant un tribunal indépendant et impartial.

– Donc ça voudrait dire que le Québec n’a pas agi correctement avec Mario Roy? C’est pour ça que tous ces gens crient dans la rue avec un manteau en cuir?

– Oui, je ne vois pas d’autres options. S’il était coupable, les gens ne l’appuieraient pas.

– Papa, qu’est-ce qui est écrit, sur leur manteau en cuir?

– Euh….

– Fuck you ??

– Euh… oui.

– Et il le font à qui, le fuck you, papa? Et c’est quoi, un farfadaaa?

– …

– Attends, j’ai trouvé! Mario Roy est accusé d’avoir bloqué le tunnel Louis-Hyppolyte-Lafontaine après une manifestation contre les mesures sanitaires, le 13 mars dernier. Il est ainsi accusé de complot et de méfaits de plus de 5 000$. Mario Roy était l’un des leaders du groupe d’extrême-droite la Meute, ayant fait des réfugiés ses principaux boucs émissaires. Il attend aussi sa sanction après avoir été reconnu coupable d’outrage au tribunal, et fera bientôt face à la justice pour harcèlement et intimidation envers une avocate du syndic du Barreau du Québec. 

– ….

– Je continue : il a également posé illégalement des gestes réservés aux avocats à plusieurs reprises, notamment celui d’émettre des opinions juridiques. Il affirmait récemment vouloir déposer des poursuites criminelles contre Horacio Arruda et François Legault pour encouragement au génocide et haute trahison, et il soutient que les autorités souhaitent le faire taire parce qu’il dénonce un réseau d’enlèvement d’enfants organisé par la DPJ. 

– ….

– Papa, pourquoi tous ces gens marchent dans la rue pour le faire libérer, dis-moi?

– La magie des réseaux sociaux, ma chérie. 

– Mais il y avait aussi des fous avant, non?

– Oui, mais ils ne pouvaient pas nous en faire la preuve par des Facebook live.

– Ni convaincre d’autres fous que ce ne sont pas eux, les vrais fous, c’est ça?

– Parfaitement, oui. Ce qui fait qu’au final, j’ai presque du respect pour Raël et autres gourous de l’époque. Construire une secte sans médias sociaux, ça devait être de la job, quand même. 

– Mais papa, pourquoi ces gens ne s’intéressent pas plutôt aux vrais enjeux des libertés civiles? Y en a ici aussi, non? Le racisme systémique à l’égard des Autochtones, par exemple. Pourquoi ne pas mettre leurs énergies là-dessus?

– Parce que ça ne leur serait pas payant, tant en matière de virements Paypal qu’en ce qui concerne le culte de la personnalité. 

– Dans le sens où ils seraient obligés de s’effacer derrière la cause? Et qu’ils ne feraient pas de sous?

– En plein ça, ma chérie. Bon allez, dodo maintenant!

– D’accord… Mais papa?

– Quoi?

 – Tu peux me relire l’histoire de Nelson Mandela, stp?

Pour sa haute couture, Valentino fait défiler à Venise les plus belles couleurs du monde

Le maître de la couleur, c’est lui, Pierpaolo Piccioli, directeur artistique de Valentino, qui a choisi, cette saison, de poser sa palette haute couture à Venise. La collection baptisée Valentino des Ateliers a défilé hier, dans le Gaggiandre de l’Arsenal de Venise. Un magnifique chantier naval qui donne sur l’eau et qui accueille aujourd’hui les Expositions internationales d’art et d’architecture. À la tombée du jour, alors que le ciel se pare d’une lumière dorée, le lieu est cinématographique à souhait. Accompagnées en live par la chanteuse britannique Cosima et sa voix veloutée, les silhouettes défilent face à une assemblée d’invités qu’on a priés de s’habiller en blanc. Comme pour mieux faire ressortir l’incroyable colorama aussi subtil que vibrant qui émane de la collection.

La beauté envoûtante de Venise

Pierpaolo Piccioli a choisi Venise donc, pour sa beauté envoûtante, son panorama culturel et artistique qui l’ont particulièrement inspiré. Il a ainsi choisi de dialoguer avec 17 jeunes peintres contemporains en transposant non pas littéralement leurs tableaux sur les vêtements mais en imaginant par le biais des formes, des matières et des couleurs une interprétation de leurs toiles. Le défilé comprenait 84 looks hommes et femmes dont 19 directement inspirés des oeuvres de ces derniers. On les retrouve, par exemple, dans une minirobe de faille imprimée et rebrodée de paillettes, dans une robe droite de crêpe de laine bleu incrustée de danseurs de cady de soie rose poudre, ou sur des manteaux capes aux intarsias arty de laine rouge, noir et ivoire.

Colorama magistral

Mais ce qui frappe d’emblée, ce sont ces éclats de couleur, ces rouge cerise, rose, fuchsia, orange corail, violet, lavande, vert menthe, jade ou émeraude, bleu cobalt, azur ou électrique, jaune bouton d’or…qui, seuls ou en association, sont si beaux qu’ils en donnent des frisssons. Comme à son habitude, Pierpaolo Piccioli y va crescendo, démarrant sur des silhouettes épurées mais sculptées, passant de l’ultra court – minirobe boule – à des robes droites et drapées ou des pantalons, tops, capes ou manteaux à l’apparente nonchalance. Les hommes portent pantalons et vestes sur leurs chemises ouvertes et les filles avancent mains dans les poches, peu maquillées, sans dorures, ni fioritures. Les coupes, le travail autour du plissé et volanté et surtout les couleurs des vêtements n’ont besoin d’aucun autre artifice clinquant. Seuls sont autorisés les broderies de paillettes sur certaines pièces et les immenses chapeaux méduses en plumes de Philip Treacy, qui ponctuent les silhouettes tout en jambes. Le final pousse encore plus loin le curseur de la couleur avec une multitude de robes crinolines qui forment comme une palette éblouissante de touches de peinture qui éclaboussent presque l’eau de la lagune… Magistral et magique à l’image de Venise.

Fès-Stylisme: ESCOM célèbre son 30e anniversaire

C’est un anniversaire sous le signe de la mode marocaine, du charme et de la beauté. L’Ecole de stylisme modélisme et de couture traditionnelle marocaine (ESCOM) vient de célébrer sa nouvelle promotion de stylistes.

Tenue, à Fès, en présence de plusieurs influenceurs et artistes, l’événement était l’occasion de mettre en avant les créations de mode des lauréates d’ESCOM. Présentées lors d’un défilé de mode organisé au Riad Sherazade, les caftans et tenues traditionnelles confectionnés par les jeunes talents n’ont rien à envier des œuvres des grands stylistes. « Normal, puisque l’école forme depuis 30 ans selon des standards reconnus dans son domaine. Nous disposons de cours théoriques et des ateliers créatifs qui sont de véritables portes sur le monde de la mode », explique Aziza Belkhayat, directrice d’ESCOM. Ce cursus, explique-t-elle, permet aux étudiants d’acquérir les connaissances nécessaires pour devenir des professionnels de la mode et exercer un métier dans la haute couture ou le prêt-à-porter et de passer d’un statut de spectateur a un statut d’acteurs de la mode demain. Fondée en 1989 à Fès, ESCOM propose une formation professionnelle dans le domaine de la confection et du prêt à porter national et international.

L’école se démarque par ses techniques nouvelles qui permettent à ses étudiants d’allier tendances et traditions. « Forte de son expérience, notre équipe d’enseignants et d’encadrants professionnels prend le temps de vous guider, afin que vous appreniez de manière pédagogique, l’art de la couture tout en vous donnant les outils pour créer votre propre style », souligne la responsable de l’école. Cette dernière organise par ailleurs plusieurs défilés durant l’année permettant aux étudiants d’exposer leurs propres créations et de devenir les acteurs de la mode de demain. Les étudiants peuvent également perfectionner leurs connaissances au sein du Jnane el caftan qui est le 1er complexe intégré pour la réalisation du caftan.

Situé dans de la médina de Fès, c’est le lieu incontournable des couturières et des passionnés du caftan marocain ou de vêtement léger avec la touche artisanale. Cet espace est le carrefour des rencontres entre nos étudiantes et les artisans. Il a pour objectif de renforcer l’apprentissage de la fabrication du vêtement traditionnel et de connaître l’implication de l’artisan dans la réalisation de ce chef d’œuvre.

Selon Belkhayat, « La connaissance des différents métiers artisanaux autour de la couture traditionnel permet de favoriser la réussite de tous les élèves de l’école, et en même temps offre l’occasion à notre artisanat de continuer à rayonner grâce aux jeunes stylistes et couturières qui vont perpétuer nos traditions avec de nouvelles visions ». « C’est donc un espace d’information et de communication proposé aux étudiantes afin de mieux les accompagner dans la réalisations de tout vêtement traditionnel », conclut-elle.

Découvrez l’événement Homi : Le Salon de la mode, des accessoires et des bijoux qui se tiendra à Milan du 18 au 20 septembre 2021

La ville de Milan et plus précisément les somptueux espaces de la Fiera Milano accueilleront le grand évènement HOMI Fashion & Jewels du 18 au 20 septembre 2021.

Un rendez-vous incontournable pour les accessoires de mode, la joaillerie djet les bijoux tendance et qui propose un large éventail en termes d’assortiments de styles, de création et de recherche.
Un projet axé autour du savoir-faire italien par excellence, avec créativité, goût et haute qualité, le tout Made in Italy.

HOMI est un événement innovant où seront présentées les collections et les offres de la prochaine saison, avec une attention particulière destinée au prêt-à-porter.
Ce salon de la mode et des bijoux, de l’artisanat et du stylisme est une plateforme unique en Italie, avec un format en constante évolution qui prend vie dans la capitale de la mode : Milan !

En février et septembre, tous les acteurs de ce secteur auront l’opportunité de se retrouver pour découvrir et promouvoir les dernières tendances, développer les relations à l´international et conclure des affaires.
Un espace polyvalent où l’artisanat et le stylisme se rencontrent pour présenter des offres originales, des combinaisons inattendues et des idées innovantes qui anticipent l’évolution du style.

L’offre d’exposition englobe : les accessoires de mode, la joaillerie et les bijoux tendance sans oublier les composants de bijoux et les pierres précieuses.
Seront présentes 572 marques de 25 marchés avec 70% provenant d’Italie et 30% de pays étrangers dont l’Espagne, la Grèce, la France ou encore la Turquie.

Les exposants sont enthousiastes par l’arrivée de cet évènement et les grandes opportunités qu´il offre :

« L’implantation à Milan et la force de 600 exposants, créent une occasion unique au niveau européen »
« Il offre la chance de rencontrer d’autres fabricants et clients potentiels, et de voir ce que veut le marché italien»
Les visiteurs de ce salon seront eux même au cœur de l’évènement, il y aura des magasins d’accessoires de mode, des magasins et boutiques de vêtements, des bijouteries, des magasins de cosmétiques, les grands magasins, des Concept stores, des plateformes d’achats en ligne et e-commerce, des grossistes import/export, des ateliers de distributeurs possédant des points de vente ainsi que des créateurs de joaillerie et bijoux tendance.

En tout 23.000 professionnels seront présents de 85 Marchés dont 90% qui proviennent d’Italie et 10% de l’étranger tels que l’Espagne, la Suisse, la Grèce et la France.
Le programme d’acheteurs potentiels est développé en collaboration avec l’ICE, l’Agence Italienne du commerce extérieur

Les 180 acheteurs potentiels sélectionnés, tels que détaillants, chaînes de distribution, commerce électronique, grossistes et distributeurs proviennent de 31 pays : 53% Europe / 20% Russie / 12% Asie / 5% Amérique / 4% Méditerranée / 4% Moyen-Orient / 4% Afrique du Sud.

Anatomie lance une collection complète de vêtements pour hommes – WWD

Avant que l’athleisure ne devienne la mode, Anatomie avait identifié un créneau pour les basiques de haute performance. Maintenant, 15 ans après son lancement, la marque pour femmes basée à Miami a discrètement créé une entreprise de 25 millions de dollars d’articles essentiels de tous les jours confortables avec une orientation directe vers le consommateur et de solides partenaires grossistes qui incluent Neiman Marcus, les complexes Ritz Carlton et les magasins de golf professionnels, y compris Pebble. Plage et Pinehurst.

Aujourd’hui, Anatomie lance sa première collection de vêtements pour hommes, une capsule de neuf pièces avec une esthétique similaire qui comprend des vestes, des blazers, des T-shirts, des chemises boutonnées et des pantalons infroissables et à séchage rapide.

Anatomie a été fondée en 2006 par Kate Boyer, gymnaste et entraîneur hongrois, et son mari, le culturiste Shawn Boyer, en 2006. Kate Boyer, PDG, qui a également un MBA en commerce international, a déclaré que l’idée de créer une marque lui est venue après avait du mal à trouver des vêtements adaptés à ses athlètes. Le début de son mari dans l’entreprise s’est déroulé de la même manière – il pesait 240 livres avec une taille de 32 pouces – lorsqu’il ne pouvait pas trouver de vêtements pour lui et d’autres hommes sportifs. Tous deux ont commencé séparément à créer des vêtements : des collections de marques privées pour des complexes exclusifs à Saint-Barth pour Kate Boyer et des vêtements personnalisés aux États-Unis pour Shawn Boyer. Et lorsqu’ils se sont rencontrés en 2006, ils ont uni leurs forces.

Shawn Boyer, qui a appris à coudre sur une vieille machine à coudre Singer héritée de sa grand-mère, est le directeur créatif de la marque.

En 2015, ils ont intégré Tom Dietrich en tant que président et chef de l’exploitation. Dietrich est un vétéran de l’industrie du vêtement qui a travaillé pour Lafayette 148 et Brandon Thomas. La marque compte également des clients de grande puissance devenus investisseurs, dont Jill Granoff, ancien PDG de Vince et Kenneth Cole, et J. David Scheiner, ancien cadre de Macy’s et Perry Ellis, siège au conseil d’administration de la société.

Dietrich a décrit Anatomie comme « Lululemon rencontre Prada » et a déclaré qu’« avant que l’athlétisme ne soit monnaie courante, nous voyions un véritable créneau sur le marché ».

La marinière, une histoire à porter

Depuis plus de cent ans, la marinière, vêtement emblématique de la mode de bord de mer, a le vent en poupe. C’est aujourd’hui un vêtement incontournable et indémodable, que l’on voit chaque année se fondre dans les paysages bretons. La marinière, appelée à l’origine le « tricot rayé » est devenue au fils des décennies un symbole de la Bretagne et du Made in France. Pourtant, son histoire, qui se confond pendant une longue période avec celle du costume marin, est très peu connue. Nous allons voir comment un simple vêtement de marin est devenu ce grand classique de la mode constamment associé à la Bretagne.

Comme l’écrit l’historien des couleurs Michel Pastoureau, « il est difficile de déterminer où et quand apparaît chez les marins et les gens de mer l’usage d’un vêtement rayé, ni d’en cerner le comment et le pourquoi ? » Les sources antérieures au XVIIIe siècle sur le sujet sont quasiment inexistantes. C’est en effet au siècle des Lumières qu’on voit apparaître des chemises rayées chez certains matelots de la Marine royale, particulièrement chez les Bretons, à une époque où seuls les officiers ont un uniforme réglementé. Les hommes d’équipage apportent à bord leurs propres vêtements. Il existe néanmoins quelques tableaux anglais et néerlandais de la seconde moitié du XVIIe siècle représentants des batailles navales avec des marins portant des tuniques à rayures horizontales rouges ou bleues. En France, une ordonnance royale de 1825 évoque pour la première fois des « chemises blanches en toile de Plougastel » parmi les fournitures du sac de marin. Mais c’est seulement en 1858 qu’un décret officiel dote les matelots de la Marine impériale d’un véritable uniforme complet. Le tricot rayé en jersey de coton est notamment confectionné à Brest. Ce décret décrit avec précision le tricot rayé avec ses « 21 raies blanches larges de 20 millimètres et 21 raies bleues larges de 10 millimètres. Pour les manches, 15 raies blanches et 15 raies bleues ». Le tricot moule le corps, son col est rond, légèrement échancré et ourlé. Les manches couvrent le bras aux trois-quarts afin de ne pas dépasser de la vareuse souvent portée par-dessus, même si aujourd’hui la marinière se porte le plus souvent seule. Certains matelots vont jusqu’à raccourcir, voire même supprimer, les manches de leurs tricots rayés pour le confort ou pour se donner une apparence plus virile.

Dès lors on peut se poser la question : pourquoi des rayures ? Ce qu’on appelle aujourd’hui la « marinière » est à l’origine un vêtement signalétique qui permet au matelot de se faire reconnaître en toute circonstance, étant donné que le rayé se voit toujours mieux que l’uni. Pour Michel Pastoureau, il y a une autre possibilité : la « chemise rayée » étant un tricot, c’est à dire un vêtement de dessous, tenant chaud et taillé dans un tissu de mailles, sa confection relève de l’art de la bonneterie qui produit surtout des pièces de vêtements rayés depuis le XVIIIe siècle ! Par ailleurs, une légende tenace parle des 21 rayures comme étant le symbole des 21 victoires de Napoléon Ier.

Dans la Marine impériale puis nationale, le tricot rayé est une pièce de l’uniforme propre aux matelots, c’est à dire aux simples hommes d’équipage qui participent à la manœuvre sous la conduite des officiers. C’est donc un vêtement qui situe celui qui le porte en bas de la hiérarchie maritime. Aujourd’hui encore, les officiers de la Marine française qui ne sont pas sortis de l’école navale, et qui ont donc débuté comme matelots, sont surnommés les « zèbres » en référence au tricot rayé. Au fils des décennies, une assimilation entre le vêtement rayé et l’univers des marins s’est créé, et pas seulement à travers l’image des matelots de la Marine nationale. La marinière est devenue au XXe siècle le vêtement emblématique des marins-pêcheurs bretons. Beaucoup de ces travailleurs de la mer ont débuté leur carrière dans la Marine nationale qui leur apportait certains avantages, et notamment une formation maritime précieuse. Après leur service, ils sont nombreux à conserver la marinière dans leur vie quotidienne.

La marinière devient ensuite l’un des premiers exemples de vêtement de travail à faire son entrée dans le monde de la mode, et avec elle le costume marin, passant dans un premier temps de la haute mer au bord de mer.

Les femmes et les enfants d’abord

Beaucoup ont en tête une image de petits garçons de bonnes familles de la Belle Époque en costume de marin. Cette pratique trouve ses origines au Royaume-Uni dans les années 1840. C’est en effet la reine Victoria qui lance cette mode, promise à un bel avenir, en faisant habiller ses enfants en matelots, comme le montre un portrait du futur Edouard VII peint par Winterhalter, représentant le jeune prince en costume de marin avec une discrète chemise à rayures bleues sous sa vareuse. Il s’agit d’abord pour la reine Victoria de mettre en avant la Marine britannique et d’exalter la puissance de son pays. Cette pratique se répand très vite dans toutes les familles royales d’Europe, et notamment en France avec le prince impérial, fils de Napoléon III. C’est le premier vêtement créé spécialement pour les enfants. La mode du costume marin s’étend ensuite à l’aristocratie et la bourgeoisie dans les années 1870, influencées par les gazettes de mode très répandues à l’époque. Dans la France du Second Empire puis de la IIIe République, le vêtement marin est porté par les enfants, garçons et filles, sur les plages avec la mode des bains de mer, une activité à la fois hygiénique et mondaine en plein essor avec le développement des chemins de fer. La mode des vêtements « à la marinière » arrive jusqu’en Bretagne, notamment à Dinard, station balnéaire particulièrement prisée par la haute société britannique, ou l’on voit les enfants en costume marin comme le futur Lawrence d’Arabie portant la marinière. Dans cette période troublée de l’histoire qui fait suite à la lourde défaite militaire française contre la Prusse, il s’agit aussi de vanter la Marine de guerre du pays.