Cette brosse à dents sauve le monde

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Un dimanche matin ensoleillé de septembre, entre mon café et mes tartines je zone tranquillement sur Facebook quand soudain, je tombe sur ça :

Une petite vidéo promotionnelle pour une marque de brosses à dents en bambou qui nous explique que chacune de leur brosse à dents vendue contribue à diminuer les 12 000 tonnes de déchets par an que constituent les brosses à dent.

Une brosse à dents en bambou c’est chouette, c’est compostable, c’est sans chimie, le bambou ça pousse bien, ça demande peu d’eau, pas d’engrais ou de pesticides.

C’est formidable.

C’est formidable mais je n’en PEUX PLUS de ce genre de messages. J’en ai assez souvent parlé sur les réseaux sociaux et alors que ce matin là je m’apprêtais à en faire une story instagram je me suis dit hé tant qu’à faire autant écrire un article – hashtag je tire mon inspiration de tous bords, admirable n’est-ce pas -, que le truc reste gravé dans la roche jusqu’à ce que le monde explose.

LES PETITS PAS

Je suis la première à aimer les petits pas. Les petits pas, les petits gestes, les petites pensées du quotidien, c’est bien c’est très bien. Prendre des décisions simples comme arrêter l’eau en bouteille, se tourner vers plus de vrac, acheter de seconde main, utiliser des cotons réutilisables, j’en passe et des meilleurs, sont des gestes qui m’ont toujours semblé à la portée de tous, économiques, intelligents et utiles.

Aujourd’hui plus que jamais il me semble primordial d’éveiller les consciences, de dire haut et fort que non on ne peut plus vivre « comme avant » et on doit arrêter de nourrir excessivement l’individualisme dont nous sommes tous un peu victimes. Mais qui ne s’est jamais demandé « à quoi bon ? ». À quoi bon se féliciter de ne sortir se poubelle que toutes les 2 semaines quand, sur le pallier d’à côté le voisin laisse dégueuler la sienne tous les 7 jours ? À quoi bon se tourner vers des marques de mode plus respectueuses de l’environnement quand on voit des personnes sortir de chez Primark avec 3 sacs géants remplis de fringues produites dans des conditions à gerber à tous les niveaux ? À quoi bon manger bio puisque de toute façon on va tous crever d’un cancer à cause des nano-particules à cause de ceux qui roulent au diesel et n’aiment pas faire du vélo ?

À quoi bon faire des efforts quand on nous répète constamment qu’on n’en fait pas assez ?

N’en déplaise à certains, je reste persuadée que bien que l’intérêt premier de la conscience écologique soit tourné vers la planète et une envie de « sauver », il n’en reste pas moins quelque chose d’assez égocentré, au travers du quel on se réjouit de « faire mieux ». Derrière beaucoup de gestes je pense qu’il se cache ce besoin de se déculpabiliser.

Et ce n’est pas un mal en soi. Loin de là. La culpabilité on en a assez parlé par ici, c’est de la merde. Ni plus ni moins. Quelle qu’en soit l’origine, la source, les fondements, c’est une émotion toxique. Et agir pour se débarrasser de cette culpabilité (quelle qu’elle soit et quelle qu’en soit la source, ça marche pour tout) est une action réellement positive.

Mais en matière d’écologie on a passé il y a longtemps le stade du « on nous prendrait pas pour des cons, là, à tout hasard ? ».

CULPABILITÉ JE CRIE TON NOM

Je me sens plutôt bien placée pour aborder la question de la sur-culpabilisation pour la simple et bonne raison que je parle d’écologie et de trucs « green » depuis des années, je suis des tas de blogs, comptes instagram, de pages facebook liés à ce sujet et s’il y a bien une chose que je ne supporte plus c’est d’être constamment confrontée à la SUR-culpabilisation des individus.

Quels que soient tes efforts on arrive toujours et de façon quasi systémique à te remettre le nez dans ton caca pour te dire « euh ouais mais pardon mais en fait tu fais ça c’est pas du tout écolo, t’es un mytho écolo, t’as le malheur de continuer à respirer et pis alors super l’utilisation d’internet plus polluant tu meurs et oh ben génial tu manges plus de viande mais et le cuir alors ? Et les produits laitiers tu y penses ? Comment ça tu manges du SOJA ?! DÉFORESTATIIIIIIION ! T’es au courant que ton tee-shirt a été fabriqué dans des conditions dégueulasses ? Tu te soucies de l’environnement ? Et les humains alors, HEIN LES HUMAINS ?? Le véganisme/écologie/zéro déchet, quelle mode de merde que tout le monde va zapper dans 3 mois comme les horribles baskets Balenciaga… COMMENT ÇA TU AS ENCORE L’EAU COURANTE ET L’ÉLECTRICITÉ CHEZ TOI MAIS TU TE FOUS DE NOTRE GUEULE OU COMMENT ÇA SE PASSE ??? »

Et ça vaut sur internet comme dans la vie de tous les jours. Tout. Le. Putain. De. Temps.

Alors bien entendu il ne faut surtout pas laisser de côté le biais psychologique qui pousse quasi inexorablement une grande partie des gens à réagir négativement face à quelqu’un qui fait les choses différemment d’eux, ou qui fait à priori « plus d’efforts ». Ça nous ramène à nos imperfections, on le vit mal, on est fâché, on s’en prend aux autres. Classique et humain.

Mais au delà de ça j’aimerais qu’on s’arrête une minute sur le cas de la SOCIÉTÉ. Oui en majuscule et en gras.

LA PAILLE ET LA POUTRE

On n’a jamais vécu dans une société qui prend autant la planète pour une poubelle mais de l’autre côté on n’a jamais vécu dans une société aussi culpabilisante.

Cette pub pour la brosse à dent en bambou est un exemple parfait. De même que, cet été, l’histoire des pailles en plastique. De même que les véhicules individuels. De même que 1 million d’autres trucs avec lesquels on nous rabat les oreilles depuis des années en nous disant que c’est pas bien on est vraiment méchants et on pense qu’à nous.

Quand à côté de ça les filets de pêche abandonnés représentent 46% du plastique dans les océans contre 0,03% pour les pailles.

Quand à côté de ça 100 entreprises dans le monde seraient responsables de 70% des gaz à effet de serre.

Quand à côté de ça des marques comme Burberry brûlent pour plus de 30 millions d’euros de trench-coat mon cul et de sacs à mains.

Quand à côté de ça 60 des plus gros bateaux de transport polluent autant que toutes les voitures du monde.

Mais non. Toi on vient te faire chier parce que tu as une Senseo et qu’hier, dans ton jean Zara, tu as pris une paille chez Mc Do pour boire ton Sprite.

On te fait croire que si la planète est devenue une déchetterie et qu’on va tous mourir c’est de ta faute à toi pauvre citoyen lambda, c’est de ta faute parce que putain t’es relou en fait, si tu achètes cette brosse à dent en bambou tu peux sauver le monde… SAUVER LE MONDE ! Tu ne sais pas lire ou tu ne sais pas lire ? Et, toi, tu ne le fais pas. Vieille raclure d’égoïste, va.

BIS REPETITA

Alors attention hein, je ne reviendrai jamais, ô grand jamais sur l’importance des petits pas et des actions individuelles. Parce que chaque action positive effectuée en ce bas monde nous permet de nous sentir de meilleurs humains et donc d’être de meilleurs humains tout court. Et ça, ça n’a pas de prix. Mais aussi parce que les industries suivent les consommateurs (oui, nous vivons toujours dans une société capitaliste, déso pas déco, c’est pas prêt de changer faut faire avec hein). Si ces dernières années tout le monde se met à jouer dans la cour de l’éthique ce n’est pas pour rien. C’est parce que les individus, les consommateurs (et donc leur pognon *insérer un clip de Abba*) ont envoyé des messages, encore et encore et encore et encore et encore…

Et en ce qui me concerne je n’arrêterai jamais de prôner les petites actions et de les saluer, qu’elles soient faites par des individus ou par des multi-nationales, mais il me semble qu’il est temps de comprendre que les actions d’envergure viendront des grands. Des entreprises, des gouvernements, des lobbys, j’en passe et des pire.

Alors la prochaine fois que l’on verra quelqu’un faire un effort, même si ce n’est que votre grand-mère qui comprend enfin que les bouteilles en plastique il faut les mettre dans le bac de recyclage et pas dans la poubelle, soutenons-le au lieu de lui dire que ce n’est pas assez.

Et saluons toutes les initiatives quelles qu’elles soient, sans hiérarchie, sans « ça ça sert à rien ! C’est ça qui faut qu’on fait ! ». Et n’hésitons pas aussi à dire aux marques qu’elles nous font royalement chier avec leurs messages de merde à la sauce « cette brosse à dents sauve le monde ».

☮️

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Relooking de notre salle de bain

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♪♫♪ LP – Lost On You ♪♫♪

Déjà pas mal d’articles déco, au sujet de notre appartement où nous avons emménagé fin avril 2017 ! Souvenez-vous :

Enfin, pour revoir tous mes anciens articles déco (ancien appartement inclus) c’est par ici.
Il manquait réellement un relooking de la salle de bain, pièce que je ne vous avais jamais montrée avant que les travaux démarrent cet été. C’est pourtant une pièce où j’adore passer du temps, normalement. Seulement, avant travaux, j’expédiais vraiment mes passages dans la salle d’eau, trop mal fichue, vieillotte, sans aucun style. Les éléments n’étaient pas aux normes actuelles : le lavabo n’était pas situé à la bonne hauteur (il était très bas) il y avait un bidet inutile et inutilisable à cause de notre machine à laver, le carrelage basique avait ses joints encrassés par l’humidité… Bref, j’avais très envie de changer tout ça !
Une fois de plus, c’est grâce à Hellocasa et à l’intervention de professionnels que nous avons pu voir nos rêves se réaliser ! Je ne suis pas payée pour rédiger cet article, mais je tiens à préciser que tout nous a été offert par la société : éléments divers, ainsi que la main d’œuvre. C’est un très beau cadeau de leur part et je ne les remercierai jamais assez.

Pour démarrer ces travaux au mieux et bien cerner nos attentes, c’est Marion qui a pris en main notre projet, chez Hellocasa. Je me suis basée sur ce type de planche d’inspiration sur leur site. Ils ont même on onglet dédié à la rénovation de salle de bain.

  • Hellocasa est une entreprise de travaux qui garantit un tarif forfaitaire pour toutes ses prestations de rénovation.
  • Hellocasa est le seul interlocuteur garant de votre satisfaction : ils ne quittent les lieux qu’une fois que vous êtes satisfait.
  • Hellocasa a déjà réalisé plus de 30 000 interventions en France et accompagne les clients de partenaires historiques comme Darty, BHV Marais et Ikea.

Tout au long de ce projet de relooking, j’ai été en contact non-stop avec Marion. Cela a été très facile, rassurant et simple de pouvoir compter sur sa réactivité, son écoute et son professionnalisme. Elle connaît son métier, sait gérer le moindre changement de dernière minute sans que cela génère du stress de part et d’autre.
Les ouvriers ont été parfaits, très professionnels également, discrets (bon, sauf le jour de la démolition du carrelage à coups de marteau-perforateur avec l’outil burin !!! haha) et réactifs eux aussi.

Les photos prises AVANT témoigneront plus fidèlement que ce que je peux vous en dire :

APRÈS TRAVAUX :

Nous avons opté pour du carrelage métro blanc (certes déjà vu dans notre cuisine, mais j’adore) car ce clin d’œil au métro parisien me plaît beaucoup. C’est un carrelage dont on ne se lassera pas, « sans prise de risque » mais sobre et facile à nettoyer. Il a été posé jusqu’à mi-hauteur du mur au niveau du lavabo, bien plus haut qu’à l’origine autour de la baignoire et même sur le tablier de baignoire ! Le résultat est tellement plus moderne et élégant ainsi !!!

Au lieu de garder la configuration d’origine, nous avons vu avec Hellocasa et les ouvriers pour centrer le lavabo et le disposer sur un plan de travail imitation bois blond. Je tenais absolument à ce que l’on ait de la place pour poser nos cosmétiques (sagement rangés dans les paniers en dessous pour les photos) 😉 Au quotidien, il faut simplement imaginer un peu de produits disposés de chaque côté du lavabo. Les siens d’un côté, les miens de l’autre. Nous gardons le strict nécessaire à portée de main et le reste est à disposition dans les paniers. Idem pour les produits de douche : cachés pour les photos, mais il y en a évidemment un peu sur le bord de la baignoire en temps normal. Cela ne me dérange pas, mais j’aimerais un système de rangement d’angle, avec des étagères. Nous cherchons donc un modèle qui nous plaise à tous les deux.
Une lampe globe a été ajoutée au-dessus du miroir rond, pour apporter une lumière supplémentaire bien appréciable ! Nous avons également en plus, une lampe de bureau posée sur le plan de travail; nous ne l’allumons que rarement mais j’aime les éclairages indirects, dans toutes les pièces. Un plafonnier seul ne suffit jamais réellement à bien éclairer, à mon avis.
Je crois que le changement le plus important -pour moi- à l’issue de ces travaux a été la mise en place d’une colonne de douche (adaptée pour une baignoire, le pommeau pivote sur lui-même). Sa mise en place a été un pur moment de joie, même si je conçois que cela puisse vous sembler bizarre. J’en rêvais depuis longtemps, étant donné que j’ai toujours trouvé extrêmement galère de devoir tout le temps tenir le pommeau avec flexible, en me lavant. J’apprécie vraiment d’avoir les mains libres pour me shampouiner, c’est un petit luxe non négligeable à mon sens.

Pour récapituler : nous avons choisi nous-même les éléments suivants : lavabo (vasque) robinet, colonne de baignoire/douche et mitigeur, carrelage, plan de travail, miroir rond de barbier. Tout ceci a été acheté sur différents sites (IKEA, Leroy Merlin et Decoclico pour le miroir de barbier).
Nous avons laissé aux pros le soin de s’approvisionner pour le carrelage métro et également pour les planches nécessaires à la confection de ce meuble sur-mesure, réalisé après visite d’un maître de chantier. Il a tenu compte de notre lave-linge et de la place possible pour le positionner.
Les travaux ont duré environ dix jours au total, mais nous avons pu accéder à la baignoire tout le temps de leur durée. Désormais, la salle de bain est une pièce que j’adore, dans laquelle je passe vraiment plus de temps qu’avant. Nous ne sommes que locataires, mais avoir un appartement fonctionnel, moderne et à notre goût était important, pour ne pas dire primordial. Nous comptons rester aussi longtemps que l’on voudra ici, sans avoir l’impression de ne pas habiter « chez nous ». Le besoin de confort fait partie de mes traits de caractère, dans mon signe astrologique et je ne conçois pas de passer à côté 😉

Si vous souhaitez entrer en contact avec Hellocasa pour leur demander un devis, c’est par là !

Vous savez tout ! J’espère que cette rénovation vous aura plu ? Si vous avez des questions, je serais ravie d’essayer d’y répondre en commentaire.

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Venice with Jaeger Le Coultre

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I have a pretty normal life… Despite what one might think about what a blogger’s life is, most of my days are spent working from home, answering to emails, and enjoying simple things like walking in the park with my boyfriend or enjoying a quiet evening at home.

But once in a while, I have to admit I have to pinch myself to realize I’m not dreaming. That’s what happened last week when I was invited by Jaeger LeCoultre to attend two days at La Mostra of Venice.

Like last year, it was purely magical. From the red carpet, to the gala dinner where I met Benedict Cumberbatch, never in my wildest dreams I would have thought I would end up in one of the most beautiful cities in the world, discussing fashion and watches with fashion stylists and top bloggers, thanks to the incredible Jaeger LeCoultre.

I am beyond honored that the brand trusts me, and values my work as I am enchanted by their wonderful products.

During these two days, I felt like a princess, and it’s so good to have these dreamy events in your life. I hope you enjoy the pictures !

J’ai une vie normale… Malgré ce que l’on pourrait penser sur la vie d’une blogueuse, la plupart de mes journées sont consacrées aux mails, au boulot, et aux bonheurs simples comme se balader avec mon mec, ou passer une soirée tranquille à la maison.

Mais de temps en temps, je dois admettre que je dois me pincer pour vérifier que je ne suis pas en train de rêver. C’est ce qui s’est passé la semaine dernière quand je fus invitée par Jaeger LeCoultre à Venise lors de la Mostra.

Comme l’année dernière, ce fut purement magique. Du red carpet au dîner de gala où j’ai pu rencontrer Benedict Cumberbatch, jamais dans mes rêves les plus fous aurais-je pu imaginer qu’un jour je me retrouverais ici, à parler mode et montres avec des stylistes et blogueurs du monde entier, grâce à l’incroyable marque Jaeger LeCoultre.

Je suis vraiment honorée que la marque ait placé sa confiance en moi, d’autant que je suis émerveillée par leurs produits, qui me font rêver.

Durant ces deux jours, je me suis vraiment sentie comme une princesse, et cela fait du bien d’avoir ces parenthèses enchantées dans ma vie. J’espère que vous appréciez les photos !

 

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Anamnèse | Miss Pandora – Louise Ebel

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Pictures by Gabrielle Malewski

Il n’est pas un jour sans que l’on me questionne sur le palmarès de mes livres favoris, or cela est invariablement source de perplexité, car je suis tout bonnement incapable de raisonner ainsi. Ma mémoire étant presque entièrement visuelle, je vais d’abord instinctivement réfléchir à la position de mes livres dans ma bibliothèque, puis, à ceux qui sont empilés près de mon lit, car ils sont les derniers en date et ceux qui, par conséquent, seront favorisés dans cette sélection impressionniste. C’est de cette manière dont je me remémorais les leçons à l’approche des examens, il me suffisait pour cela de visualiser la page écrite et d’y retrouver l’information demandée. Pour d’autres, c’était en les récitant à voix haute et en utilisant la mémoire auditive, et je ne peux m’empêcher d’imaginer comme cela aurait été amusant si d’autres sens avaient été convoqués, « je me souviens de mes cours grâce au goût des pages », c’est proustien à souhait. J’ai toujours pensé que ce serait beaucoup plus intéressant si, à la place des questions formelles et assommantes que l’on pose aux personnes tout justes rencontrées -que fais dans la vie ? as-tu des frères et sœurs ?-, l’on s’aventurerait du coté de la sémiologie en demandant, par exemple, « est-ce que votre mémoire est visuelle, auditive ou olfactive ? », « dans un plat, est-ce que vous commencez d’abord par votre aliment préféré ou est-ce que vous le gardez pour la fin ? », ou « comment coupez-vous votre pizza ? ». J’aime beaucoup la dernière, car étant de l’école tout à fait banale de ceux qui la dégustent tranche par tranche en laissant la croute, j’ai été fascinée de découvrir que certains commencent par le centre en traçant une spirale, tandis que d’autres la quadrillent comme une ville américaine. C’est passionnant, et bien plus révélateur.

La notion de synthèse est chez moi un concept quasi inconnu, une terre d’exploration encore vierge, et il en va de même à l’oral : pourquoi devoir résumer, schématiser ? Favoriser un livre plutôt qu’un autre, n’est-ce pas cruellement injuste pour tous ces autres qui furent dévorés et appréciés au fil des années ? Et puis, cela ne fait aucun sens, ainsi un ouvrage pourra être adoré à un certain âge et regardé avec dédain dix ans plus tard, il n’en sera pas moins important en ce qui concerne la construction personnelle. Ainsi aujourd’hui, j’aurais du mal à lire Zola, et pourtant, comme j’ai pu aimer Nana ou l’Assommoir ! Voilà pourquoi je fonctionne par grands tronçons de périodes, ce sont des anamnèses qui sont presque entièrement distinctes les uns des autres, imaginez un tiroir que l’on ouvre et qui fourmillerai de divers souvenirs, sensations, objets et gris-gris liés à une temporalité bien précise sans toutefois être labellisée du sceau d’une année, car le temps est également pour moi un concept abstrait. 2013 ou 2015 par exemple, ne m’évoquent strictement rien, ce ne sont que des chiffres et ils ne sont dans ma mémoire nullement porteurs de sous-textes évocateurs. En revanche, « l’année où je fréquentais untel, portais telle ou telle chose, me passionnait pour telle ou telle autre », celle-là je peux effectivement la situer en toute immédiateté, elle s’inscrit dans une réalité bien tangible là où la date reste chiffre, en tête de courrier, précision nécessaire bientôt obsolète. Et puis, en bonne française, je visualise une année en fonction du calendrier scolaire, elle démarre en septembre et se délite progressivement à partir de juillet, voilà peut-être la raison qui me conduit invariablement à sombrer dans le désarroi tous les étés, avant de renaitre à la rentrée, bien que le temps des cursus universitaires soit loin et que je n’ai été de toute façon jamais vraiment scolaire…La rentrée n’est d’ailleurs pas un mot à valeur universelle, car un jour que je m’interrogeais auprès d’un ami anglais sur sa traduction, il confirma mes soupçons : il n’en existe pas réellement d’équivalent, « back to school » ou « beginning of the school » étant des mots valises et non porteurs immédiats de sens.

Skirt and top (it’s a swimsuit) : Princesse Tam Tam x Elisa Nalin / Bag : M Missoni / Hat : Scrunchie is Back

***

From Paris with Love,

Louise


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Interview : Sophie Gaillet, fondatrice de Grand-Mercredi.com

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_Comment est né Grand-Mercredi et à qui s’adresse le site ?
En devenant maman, j’ai observé une véritable révolution chez mes parents, surtout ma mère qui, à 52 ans, a bouleversé tout son quotidien à l’arrivée de ma fille. J’ai réalisé combien les grands-parents jouaient un rôle majeur dans les familles modernes : soutien pour les mères qui travaillent, relais pendant les vacances, mais aussi détecteurs des difficultés ou des besoins de nos enfants. Il n’existait pourtant pas le moindre média s’adressant à eux.

Grand-Mercredi est né, (contraction de « grand-mère » et de « mercredi », le jour des enfants.) et s’adresse aux « jeuniors », les jeunes séniors. Cette génération, incroyablement dynamique, qui a son premier petit-enfant à 55 ans en moyenne et détient le plus gros pouvoir d’achat de la population. Elle jongle entre vie active et vie de grand-parent avec une énergie époustouflante.

 

_En quoi les grands-parents d’aujourd’hui sont-ils différents de ceux d’hier et quel rôle ont-ils à jouer dans notre société ?
En réalité, ils ne sont pas si différents. Leur mission est la même depuis toujours, c’est plutôt l’époque qui a changé considérablement leur rôle. Plus de 85% des femmes travaillent. Les systèmes de garde sont onéreux et difficiles d’accès, les vacances des enfants plus nombreuses que celles des parents, et dans certains cas les familles sont recomposées : alors qui, sinon les grands-parents, peut prendre le relais ?
Loin du mot « retraité », anxiogène et triste, le rôle de grand-parent est utile pour toute la famille et la société. D’abord parce que les enfants peuvent compter sur eux dès l’arrivée des petits-enfants, en s’appuyant sur leur expérience, leur soutien et leur relais. Ensuite parce qu’on sait qu’un enfant se construit mieux quand il sait d’où il vient. Le grand-parent joue ce rôle de transmission en racontant à ses petits-enfants ce qui s’est passé dans les générations précédentes. Du point de vue des aînés, plutôt que d’être confrontés à des problématiques d’isolement ou de poids pour la société, ils se sentent utiles et entourés.

 

_Qu’est ce que « Grands-Parents maintenant » ?
C’est un programme de formation destiné aux grands-parents et structuré en 3 thématiques.

Grands-Parents prudents, pour se former aux premiers secours.

Grands-Parents dans l’air du temps : pour être à la page vis-à-vis des petits-enfants.

Mission Transmission : pour transmettre son histoire grâce à l’écriture.
Nouveau projet de Grand-Mercredi, cette formation sera proposée par les DRH des entreprises à leurs seniors, avec pour ambition de leur donner accès à un programme joyeux et profondément utile. Le programme sera également proposé aux salariés qui deviennent parents, qui pourront automatiquement donner accès à la plateforme à leurs propres parents. Les entreprises pourront ainsi participer activement à la politique de la solidarité familiale, un enjeu majeur aujourd’hui.

 

_En quoi va consister la Journée Nationale des Grands-Parents et des Petits-Enfants dont vous avez eu l’initiative ?
Intitulée, Le Grand Mercredi, elle aura lieu le mercredi 26 septembre, partout en France.

Adossée à un plan média d’envergure nationale et soutenue par de nombreux parrains, son ambition est de créer une vraie journée chaque année dédiée aux grands-parents et à leurs petits-enfants.

Pas de fête commerciale incitant à la consommation. Au contraire une journée placée sous le signe de la générosité, où tous les acteurs ayant joué le jeu pourront accueillir dans leurs musées, leurs salles de cinéma, leurs boutiques ou leurs salles de classe, les grands-parents et leurs petits-enfants. Il s’agit surtout de reconnaître le rôle central que jouent les grands-parents dans la famille et dans la société aujourd’hui.

 


Plus d’infos sur : grand-mercredi.com et @grandmercredi


Et pour plus d’infos sur LE Grand Mercredi du 26 septembre : legrandmercredi.fr

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3 ouvrages féministes à lire de toute urgence

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Ça fait un moment qu’on n’a pas parlé bouquin par ici ! Cet été mi-déménagement de l’enfer mi-glandage ultime a été l’occasion pour moi de me plonger (ou re-plonger) dans quelques très bons ouvrages. Si bons qu’il me semblait indispensable de vous en parler !

 

LES SENTIMENTS DU PRINCE CHARLES

Dans cette bd ultra graphique Liv Strömquist raconte les sentiments amoureux, notamment au travers de multiples amours célèbres comme Diana x Charles, Nancy x Donald Reagan, Whitney x Bobby et de personnages de la pop culture comme les nanas de Sex And The City, s’interroge sur les relations hommes/femmes et sur les représentations – pourries bien souvent – dont on nous abreuve depuis toujours.

C’est très drôle mais très cash et surtout très juste. Tout au long de la bd on retrouve des études, des statistiques, des faits politiques, des faits historiques, des histoires vraies, c’est hyper instructif et ça apporte vraiment un regard très intéressant sur la vie de couple, l’amour tel qu’on nous le vend, l’importance démesurée qu’il a dans la société et dans nos vies et tous ces comportements que l’on a intégrés inconsciemment dès lors qu’il s’agit de relations de couple.

COMMANDO CULOTTE

« Les dessous du genre et de la pop culture ». Comment est traité le genre dans GOT ? Si on parlait d’American Pie ? Comment les filles sont éduquées à être jolies et les garçons drôles ? Qu’es-ce que la culture du viol ? Les hommes peuvent-ils être féministes ? (je spoile, pardon, la réponse est : oui) et plus encore…

En bref le sexisme ordinaire, les stéréotypes de genre, les clichés aussi bien sur les femmes que sur les hommes et de quoi se poser de vraies questions sur les enjeux – et l’importance – d’une éducation et d’une pop-culture plus féministe.

Facile à lire, drôle mais incisif, bref : génial.

KING KONG THÉORIE

Ici encore – c’est un peu le thème si vous ne l’aviez pas compris – les rapports hommes-femmes sont disséquées par Virginie Despentes dans un bouquin rapide et facile à lire mais assez brut de décoffrage – à priori c’est ce qu’on aime (ou pas) chez cette auteure – .

Mi-étude sociologique mi-autobiographie Virginie Despentes raconte son viol lorsqu’elle était ado, ses années de prostitution… Je ne suis pas certaine d’adhérer à toutes les idées qui sont défendues dans ce livre – notamment en ce qui concerne la prostitution – mais l’analyse de la domination masculine et de ses mécanismes est des plus justes et ce qui en ressort, au final, c’est surtout un livre qui réclame la liberté de chacun de disposer de son corps comme bon lui semble et de voir ses choix individuels respectés.

Un must read !


Voilà de quoi occuper les soirées d’automne qui s’annoncent (ou celles de l’été indien, au choix) ! N’hésitez pas à partager vos coups de coeur et vos recommandations dans les commentaires !

😘

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L’Allée du Roi | Miss Pandora

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Pictures by Pauline Darley

Deux ans après ma première visite, me voilà de retour à Chartres, ville dont Pauline et moi avions goûté -et adoré- les charmes médiévaux lors de ce précédent séjour, et qui est si proche de Paris qu’il aurait été dommage de ne pas y refaire un saut, d’autant plus que le célèbre labyrinthe de sa Cathédrale a été restauré l’année dernière ! De plus, nous allions cette fois partir en expédition dans une autre ville située en Eure et Loir, à Maintenon où se trouve le château de la marquise du même nom, ce qui, compte tenu de mon extinguible passion pour tout ce qui concerne le Grand Siècle, me ravissait au plus haut point !

Chartres, acte second : c’est parti !

Il y a deux ans, nous explorions la cathédrale de Chartres à la lueur des flambeaux lors d’une mémorable visite nocturne, qui fut suivie d’un non moins inoubliable parcours initiatique à travers la ville, à la découverte des projections polychromes de Chartres en Lumières. Sur l’auguste façade de l’emblématique cathédrale, figures cobalts -le fameux Bleu de Chartres !- et sanguines apparaissaient et s’évanouissaient dans une débauche de tons ors, émeraudes et brun-rouges byzantins, comme en écho aux somptueux vitraux qui aujourd’hui encore semblent par leur extrême vivacité défier les lois de perception, et je garde de ce kaléidoscope un souvenir émerveillé. Cette année, notre visite fut plus succincte -programme chargé oblige- mais  nous a néanmoins permis de nous plonger à nouveau dans la contemplation presque sacrée de cet époustouflant programme décoratif qui s’étend sur près de 2500 mètres carrés, et dont l’éclat paraît ne jamais ternir avec le passage des siècles. D’ailleurs, les vitraux de Chartres mériteraient, avec ceux de la Saint Chapelle, de figurer au palmarès des nouvelles merveilles du Monde : il faut les voir au moins une fois dans sa vie !

Des années durant, j’ai bêtement pensé que la technique du vitrail avait été depuis longtemps perdue, il me semble que cette information m’avait été communiquée dans une zone non-définie de mon enfance et, sans trop savoir pourquoi, je m’y étais accrochée, aimant sans doute la part de fatalité qu’elle comportait. Et puis, cela expliquait pourquoi les vitraux du XXème siècle me paraissaient si laids…Mais pourquoi cette scorie a t-elle persisté dans mon esprit, et ce malgré un solide cursus d’histoire de l’art ? Et bien je crois qu’il y a dans l’art du vitrail une part de sorcellerie qui m’échappe, peut-être de l’alchimie, mais après tout, les vitraux n’étaient-ils pas perçus comme une porte d’accès vers le monde céleste, du moins dans sa suggestion ? Une terme me revient sans cesse en tête, il fait partie de ma collection de mots somptueux, dont je me délecte à étirer la prononciation : la transsubstantiation, c’est à dire une transformation d’ordre divin qui vient changer une matière en une autre. Pourtant, nul mystère dans la fabrication du vitrail, nulle sorcellerie, seulement des plaques de verres colorées enserrées dans un complexe châssis de plomb et peintes à la main, comme nous avons pu le constater in situ aux très didactiques Atelier Loire, ainsi qu’au Centre International du Vitrail pour sa partie historique. Toutefois, la mystification reste pour moi une part fondamentale de la contemplation du beau.

D’ailleurs, en parlant de mystification, la très internationale Vierge Noire, aussi nommée « Notre-Dame-du-Pilier », qui sur son trône recevait le défilé d’extatiques adorateurs venus du monde entier, a subi un nettoyage de printemps et, ô surprise, s’est avérée blanche ! On pourrait être tenté d’en rire, mais il n’y a hélas rien de drôle lorsque l’on sait que certains pèlerins investissent parfois les économies d’une vie entière pour  une chance de l’apercevoir, et plus même encore pour se voir investis du droit de la vêtir de précieux tissus, désormais interdits, aussi, immanquablement la question se pose : faut-il restaurer les œuvres religieuses, et ainsi prendre le risque de voir s’effondrer des croyances qui paraîtront obsolètes pour certains mais seront primordiales pour d’autres ? Qui prévaut, le vrai ou le sensible ?

Haut placé au panthéon des adorations aux origines sibyllines, le culte des Vierges Noires ne se déparait d’un lourd parfum de mystère et de fascination ésotérique, à tel point que l’on se demande pourquoi Hergé n’en a pas fait le titre d’un tome des aventures de Tintin. En réalité, il existe à Chartres deux vierges noires : dans la nef, celle qui était juste un peu sale, et, dans la crypte, celle, bien plus intéressante, qui se présente au monde sous le patronyme de « Notre-Dame-de-Sous-Terre ». Chic ! Faite de bois sombre, cette Vierge là est la réplique d’une effigie bien plus ancienne qui fut brûlée sous la Révolution, et qui était peut-être déjà elle-même une réplique. Il s’agit, et c’est là que cela devient passionnant, d’une Virgo Pariturae, c’est à dire une « vierge qui doit enfanter », dont les racines remontent beaucoup plus loin que l’ère paléochrétienne, puisqu’elle fut mentionnée par Jules César dans sa Guerre des Gaules. Pourquoi cette Vierge est-elle absolument primordiale ? C’est parce que son fondement même a déterminé la construction de la Cathédrale, elle qui avait déjà été, au temps des druides, placée en fonction d’une topologie énergétique bien précise…La voilà la Vierge Noire, la vraie, c’est Isis, c’est Déméter, c’est Astarté, c’est Cérès, ce sont les reines du Ciel et les Alma Mater fécondes. C’était une grande révélation, et pourtant je ne saurais trop l’expliquer, car je connaissais déjà la préexistence de cultes virginaux au sein des grandes religions polythéistes antiques, mais quelque chose là-dedans m’a bouleversée, à moins que peut-être ne soit-ce tout simplement le talent de notre guide qui nous l’avait si bien conté.

L’esprit chargé de mille questionnements mystiques et théologiques, nous avons pris la route de la ville de Maintenon où nous attendait une nuitée au luxueux Castel Maintenon, domaine flambant neuf qui jouxte le fameux château de celle qui envoûta le Roi Soleil…Délaissant l’espace de quelques heures mes recherches frénétiques sur les cultes matriarcaux au sein des religions polythéistes antiques, j’ai pu profiter des joies du spa et de la piscine (avec mon magnifique maillot chauvin Le Slip Français !), ainsi que d’un excellent diner à la table de l’hôtel, au Café Vauban. De quoi me mettre au diapason de l’atmosphère royale que j’allais applaudir le lendemain au château de Maintenon !

Édifié au XVIème siècle par le surintendant des finances de Louis XII -en gros, l’équivalent du Fouquet de Louis XIV-, le château de Maintenon est surtout connu pour avoir été la demeure de la dernière favorite en titre et épouse morganatique du Roi Soleil, Françoise d’Aubigné, veuve Scarron. On oublie souvent que ce domaine n’est pas, comme on le pense un tort, un cadeau du roi à sa maîtresse, mais plutôt un achat effectué par cette dernière, bien que la somme de 150 000 livres qu’elle y employa lui aura en effet été gratifiée par Louis XIV. Était-elle à ce moment-là son amante ou ce présent était-il simplement la marque de reconnaissance d’un souverain envers les bons et loyaux services de la gouvernante de ses enfants illégitimes, à moins que ce n’ait été une tentative royale de s’attirer les faveurs charnelles d’une femme sachant habilement se faire désirer, on ne le saura jamais, mais une chose est certaine, cette acquisition marque le début du règne de « Madame de Maintenant ».

 

Dress : Hearts and Found / Shoes : Repetto Paris / Flower crown : Tand3m / Earrings : Les Néréides

Le jardin à la française qui s’ouvre dans le parc de Maintenon est d’une rare splendeur, nous l’avons visité en avril lors de la saison des tulipes et ce fut assurément la parfaite saison pour en goûter les charmes. Lorsque je revois ces photos, bien que ce ne soit pas du tout l’une de mes références, je ne peux m’empêcher de penser « Disney », tant les buis sont d’un vert riche et vibrant, parfaitement taillés et ponctués par les accents magenta des tulipes qui en rehaussant la saturation chromatique, tandis qu’au-loin les tourelles du Château s’élèvent vers le ciel dans une profusion de formes et de volumes que n’aurait pas renié l’architecte des rêves lui-même, Louis II de Bavière. Madame de Maintenon étant l’épouse morganatique du Roi Soleil, elle bénéficia, comme toutes ses favorites -enfin, surtout la Montespan-, du talent de ses meilleurs artisans, ainsi ce fut Le Nôtre qui dessina les plans de ce jardin dont nous ne connaissons qu’une version 2.0, réalisée en 2013 à partir de plans conçus par l’éminent jardinier royal.

Majestueux point de fuite de cette perspective dont l’incontestable qualité picturale paraît avoir été esquissée par les dieux eux-mêmes, l’Aqueduc de Vauban confère au Château de Maintenon une allure romantique digne des plus beaux tableaux de ce genre qui fit de la passion des ruines un véritable manifeste esthétique, d’ailleurs les peintres ne s’y trompèrent guère puisqu’ils y affluèrent en masse dès la fin du XVIIIème siècle. Or, si ce paysage apparait aux yeux du spectateur moderne comme une merveilleuse fantaisie pittoresque à faire pâlir un décor de théâtre, il faut savoir qu’à l’époque où y résidait la châtelaine de Maintenon, notre pieuse Françoise d’Aubigné, cela était considéré comme très laid, mais alors très, très laid. Imaginez une station d’épuration au fond de votre jardin, et vous ressentirez à peu près le courroux de Françoise lorsque son cher époux vint lui défigurer non seulement sa chère perspective, mais aussi sa retraite durement gagnée, puisqu’il fallut pour le bâtir enclencher des travaux titanesques qui durèrent des années et nécessitèrent des milliers d’hommes !

Mais alors, pourquoi cet aqueduc, et qui plus est à Maintenon ? Versailles, comme vous le savez sûrement, était le théâtre permanent d’un déballages de fastes et de festivités à la gloire du Roi, feux d’artifices, somptueux banquets et jeux de fontaines venaient chaque jour rendre hommage à la grandeur inégalée de cet Astre suprême; or, pour ce faire, il fallait actionner en coulisses l’alliance combinée d’une importante main d’œuvre, d’ingénieuse logistique mais surtout, de matières premières. De l’eau par exemple. Alors certes, Louis ne se lavait qu’une fois l’an, mais les fontaines, cascades et bassins, quand à eux, devaient en permanence témoigner de la divine toute-puissance d’un souverain qui allait jusqu’à se faire servir des fraises en hiver…Hélas, il manque d’eau à Versailles, la région étant trop marécageuse, aussi, une première expérience sera menée à Marly pour tenter d’en acheminer jusqu’à la résidence principale de la cour, mais elle se soldera vite par un échec. Que faire se dit Louvois, alors surintendant des bâtiments du Roi ? C’est ainsi qu’apparait en 1863 un nouvel espoir grâce aux travaux du mathématicien Philippe de la Hire, qui découvre que l’Eure est surélevée d’une trentaine de mètres par rapport à Versailles, et c’est qui donna à Louvois et Vauban l’ingénieuse, mais ô combien fastidieuse, idée de construire un aqueduc long de 80 kilomètres et haut de trois étages, qui traverserait toute la région pour acheminer l’eau de l’Eure jusqu’à Versailles. Quatre-vingts kilomètres : une folie !

Et voilà la pauvre Françoise embêtée pendant près de quatre ans par un chantier incessant, le tout comme on l’imagine dans un vacarme étourdissant, sans oublier qu’il fallait bien loger quelque part les 30 000 soldats qui se succédèrent dans la construction de cet édifice cauchemar, aussi des camps furent bâtis dans le jardin, une véritable ville s’y développa, avec tous les désagréments que cela implique pour l’habitante de ces terres qui dû bien se faire une raison. Le temps des paisibles pairies et du doux ronron de la rivière s’éloigna, mais, qui aurait pu prétendre s’opposer à l’inébranlable volonté du roi des roi ? Personne, pas même sa femme. Une entreprise aussi ubuesque ne pouvait s’achever que dans le même registre, et c’est une fin pitoyable, burlesque presque, qui attendait cet invraisemblable projet, une fin à placer à coté de celle de la campagne de Russie de Napoléon : caisses vides, victimes de guerres trop coûteuses, hommes morts par milliers, victimes de moustiques trop virulents, et projet avorté, amputé à cinquante kilomètres. Contrairement à Versailles, ici les ouvriers seront tombés pour rien, si ce n’est pour la folie des grandeurs d’un Roi qui se voulait maître du monde et de la nature, « il n’en est resté que d’informes monuments qui éterniseront cette cruelle folie » (Saint Simon, Mémoires). Grâce au ciel, Louis fit amende honorable auprès de son épouse en lui offrant ce bel aqueduc qu’elle aimait tant. Le Roi est trop bon.

Difficile d’imaginer que cet émouvant papier-peint datant du XVIIIème siècle fut recouvert pendant près d’un siècle, et pourtant ! Fort heureusement, il fut découvert lors de travaux, puis restauré. Il s’agit d’un très bel exemple du style chinoiserie qui était très en vogue au XVIIIème siècle, mais aussi au XVIIème siècle, car on sait par exemple que le Roi fit édifier pour sa favorite Madame de Montespan un fantasque Trianon de Porcelaine imitant le style des porcelaines chinoises, qui fut détruit à sa disgrâce et remplacé par le Trianon que nous connaissons actuellement.

Au sein du château, la décoration de style Grand Siècle a été réinterprétée selon les codes du Second Empire par Paul de Noailles, qui en était à cette époque le propriétaire -l’histoire de la passation est un peu plus bas- et qui le fit remanier pour atteindre les exigences du confort moderne. En conséquence, l’aménagement intérieur est assez composite, mélange de XVIIème et XVIIIème revus et corrigés par le XIXème, avec de nombreuses références à l’histoire de ces lieux, comme en témoigne cet apocryphe Salon du Roi mettant à l’honneur la pièce où Louis XIV avait autrefois l’habitude de coucher. Mais il faut savoir que Paul de Noailles était passionné par la vie de Madame de Maintenon, au point d’en avoir rédigé une biographie. Outre son remodelage du château, l’un des principaux faits d’armes du Duc de Noailles réside dans le fait qu’il fut élu par l’Académie Française au détriment de Balzac, avec vingt-cinq voix contre quatre, ce qui est tout de même assez comique.

Vous aurez reconnu dans ces portraits ci-dessus la marquise de Maintenon et son royal amant, Louis XIV, mais ce n’est pas exactement le sujet qui m’amène à vous parler, car dans ce grand salon tissé de damas rouge cinabre, une autre chose m’a interpellée : à coté du mur sur lequel se tient le portrait de Françoise, est accroché un tableau représentant nulle autre que Madame de Montespan, et il semble ainsi lui faire pendant, ce qui n’est assurément pas banal lorsque l’on connait les relations entre des ces deux femmes. On aurait d’ailleurs pu croire cette curieuse disposition décidée par Louis XIV dont les tendances polygames ont marqué son siècle, lui qui aimant tant faire cohabiter et coexister les dames de sa faveur, mais ce n’est que l’initiative de Paul de Noailles, qui y fait preuve ici d’un certain humour car bien qu’ayant commencé sous d’heureux auspices, l’amitié entre ces deux femmes de pouvoir dégénéra au point de les faire archrivales. Mais revenons d’abord un peu en arrière…

Grâce à Jean Teulé, la France entière connaît aujourd’hui les frasques impétueuses du marquis de Montespan, cocu magnifique et truculent matamore qui eut l’orgueil, mais aussi le génie, de se mesurer au roi des rois en lui refusant l’usufruit de sa femme, la belle Athénaïs de Montespan. Hélas, ces coups d’épée dans l’eau eurent surtout auprès de la cour une repercussion comique, mais un pouvoir restait néanmoins entre les mains de l’enragé gascon : en tant qu’époux d’Athénaïs devant dieu et devant les hommes, il lui était par conséquent possible de réclamer la garde des enfants de sa femme, même ceux provenant d’un adultère. Et avec sa maîtresse, Louis fut en ce domaine des plus productif puisqu’ensemble ils conçurent pas moins de sept enfants et, fait assez rare pour l’époque, il fut pour eux un père affectueux, du moins dans la limite de ce que l’on pouvait attendre d’un monarque au si formidable égocentrisme. C’est donc pour ne pas titiller la fureur du mari trompé que les deux premières naissances se déroulèrent dans le plus grand secret, et, très vite, se posa une question : que faire de ces enfants, et à qui les confier ? C’est ainsi que la marquise de Montespan se souvint de la prude et respectable veuve qu’elle rencontrait à de fréquentes reprises dans les salons du marais, l’honnête veuve Scarron, à qui elle choisit de confier la charge de gouvernante de ceux qui n’étaient encore que les bâtards royaux, avant d’être légitimés quelques années plus tard. Sans le savoir, elle avait introduit le loup dans la bergerie !

« Vous descendez, Madame, et moi, je monte », Françoise a t-elle vraiment prononcé ces mots à l’adresse de sa bienfaitrice dans les escaliers de Versailles ? Personnellement, j’en doute, mais l’anecdote est significative du schéma amoureux qu’emploiera le Roi Soleil tout au long de son existence ponctuée de multiples liaisons, il est en presque invariablement toujours le même : une favorite règne, elle en présente sans le savoir une autre à venir, les deux faveurs coexistent un temps, puis, la nouvelle favorite chasse l’autre. Ainsi, en appelant à la cour cette jeune veuve désargentée, Athénaïs ne pouvait se douter que cette dernière aller un jour supplanter son empire dans le cœur du Roi, elle dont aucune femme n’aurait osé prétendre égaler sa beauté de blonde rayonnante, « à faire admirer aux ambassadeurs » (selon la Marquise de Sévigné), sa vivacité d’esprit et ses piquantes réparties, et son panache auquel les splendeurs du règne de Louis XIV doivent beaucoup, car c’est pour satisfaire ses caprices et se rendre digne d’elle que le souverain entreprit ses coups d’éclats qui devaient époustoufler l’Europe. Mais, de l’excès un jour on se lasse, et, l’âge avançant, le Roi commençait à à trouver écœurants les charmes opulents de celle qui l’avait tant fascinée, elle devenait trop parfumée, trop sujette aux humeurs, trop sulfureuse aussi, lui qui sous l’influence de Bossuet et du Père Lachaise se sentait de plus en plus menacé par les foudres de la colère divine. Lorsque survint l’Affaire des Poisons, dans lequel trempa plus qu’allégrement la favorite, que dis-je, elle s’y noya même, c’en fut assez pour le Roi. Madame Scarron quand à elle, qui entre temps s’était achetée son titre de Maintenon, lui faisait à ce moment découvrir d’autres plaisirs, ceux de la conversation notamment. Et bien qu’il la trouvait dans les premiers jours « insupportable » (selon Saint-Simon), il se laissa peu à peu envoûter par ses yeux noirs au charme si mystérieux, par sa douceur et son empathie, et par sereine dévotion, qualités qui lui étaient renforcées par le contraste qu’elles affichaient avec le tempérament volcanique de la sultane Athénaïs.

Née pauvre, et en prison, la « belle indienne », comme on surnommait Françoise Scarron, était doutée d’une redoutable intelligence, il en faut pour débuter de rien et finir comme épouse du plus grand roi du monde, elle possédait un savant sens du calcul dont elle avait appris à dissimuler les ressorts, et en rusée bougresse qu’elle était, elle avait su utiliser les faiblesses émotives de Louis XIV pour gagner son estime, notamment par le biais de ses enfants illégitimes dont elle s’occupait, et qu’elle aimait il n’en est nul doute, mais qu’elle utilisa aussi à bon escient afin de se faire aimer du Roi. Ainsi, le petit duc du Maine, dont elle était très proche, lui servait presque de porte-parole auprès du Roi, et c’est durant un voyage qu’elle accomplit avec cet enfant infirme que le transport de Louis s’envola devant les lettres pleines de flagornerie qu’elle lui envoyait, ou dictait à son petit protégé qui chantait ainsi les louanges de sa presque mère auprès de son auguste géniteur. « Comme elle sait bien aimer, il y aurait du plaisir à être aimé d’elle » avait-il déclaré un jour en voyant sa sincère -ou adroite- démonstration peine lors du décès d’un de ses bâtards, mais sa plus grande victoire reste dans l’habile influence que cette proche du parti dévot exerça sur le Roi en blâmant son conduite volage et son goût du concubinage, qui ne firent que grossir sa peur du jugement dernier, et le conduisit ainsi à vouloir un jour l’épouser. Tout se joua après le décès de la reine Marie-Thérèse, le roi n’ayant plus de maitresse en titre, et désirant nouer une liaison avec Madame de Maintenon -on ne sait si ils étaient déjà amants-, celle-ci lui fit comprendre que si liens il devait y avoir, alors ils devraient être noués dans le respect du dogme catholique, et passer ainsi par un mariage, qui se fera dans le secret le plus total en 1683. Il faut le reconnaitre, c’est très bien joué ! Et c’est ainsi que Madame de Maintenon devint, selon le fameux mot de ses contemporains, « Madame de Maintenant ». Inutile de vous dire qu’après cela, le règne de la Montespan avait éteint ses derniers flambeaux…

Charmant corridor aux tendres tonalités, dans le goût XVIIIème.

Les Grands Appartements.

La bibliothèque Napoléon III avec son bois foncé, presque noir et rehaussé de liserais d’or, qui est caractéristique de ce style. Je suis une grande fan des meubles Napoléon III, je leur trouve une allure folle !

A la mort de Françoise d’Aubigné, Marquise de Maintenon, le château passa aux mains de sa nièce qui le reçut en cadeau de noces lors de son mariage avec le duc de Noailles, et resta dans cette famille, dont cette altière galerie déploie les hommes illustres (mais pas les femmes bien évidemment !), jusqu’à sa dotation en 1983 à la société du château de Maintenon, la fondation Mansart, qui en confia les rênes à l’orée des années 2000 au Conseil Général d’Eure-et-Loir.

La chambre de Madame de Maintenon, avec un portrait de Pierre Mignard la représentant avec les enfants du Roi. Je ne sais que trop penser de sa personnalité, qui était-elle vraiment, un tartuffe en jupons, une hypocrite et manipulatrice, ou une femme modeste et vertueuse au charme magnétique, telle que l’interprète Dominique Blanc dans l’Allée du Roi ? Personnellement, je penche plutôt pour la première option, car il ne faut pas oublier la caractère absolument exceptionnel de son éclatante ascension, aujourd’hui encore on a presque du mal à croire que l’auteur de « l’état, c’est moi » ait pu épouser la veuve de l’infirme poète Scarron, qui plus est née en prison, il fallait à coup sûr user de la plus fine stratégie pour en arriver là, et je lui accorde cette intelligence implacable. On la disait sans tâche, bien que son mariage avec Scarron qui n’était pas vraiment en état de consommer ayant été selon ses mots plus gris que blanc, je doute malgré tout que la jeune veuve soit restée prude à la mort de son premier époux, quand on sait qu’elle était infiniment proche de la libertine Ninon de Lenclos dont elle partageait le lit, et du non moins libertin Marquis de Villarceaux qui fit tout de même accrocher dans son château un portrait tout à fait dénudé de l’irréprochable Françoise. Fake news diront les puristes, mais moi, je ne crois pas, et surtout je l’espère pour elle, car quelle tristesse si cette femme n’avait pas connu dans sa vie de grandes passions ! Parce que bon, il ne faut pas croire qu’être mariée à Louis XIV fut une pure partie de plaisir, n’oublions pas qu’à l’époque il avait la moitié du palais en moins et puait donc sacrément du bec, et était de plus très égoïste, entièrement hermétique aux besoin des autres, et même -j’ai envie de dire, surtout- à ceux de ses êtres les plus chers, et ravagé par des états dépressifs vers la fin de son règne qui sera marquée par le chagrin et l’austérité, mais cela est aussi l’influence dévote et pas franchement très marrante de Françoise.

Néanmoins, la destinée de Françoise illustre bien la situation des femmes à l’époque, et comment certaines pouvaient tirer leur épingle du jeu en adoptant certaines postures et en faisant certains sacrifices. Je déteste les faux-semblants et plus encore la bigoterie, et c’est pourquoi je préfère résolument Athénaïs qui, bien que sans doute insupportable à côtoyer, avait au moins une sincérité dans sa personnalité. Mais je ne serais pas honnête si je ne disais pas que, pour sa défense, Françoise était d’une lignée bien plus modeste et ne pouvait sans doute pas se permettre d’afficher une conduite tapageuse, et que, si elle parait désuète aujourd’hui, la piété était alors probablement le seul moyen pour une femme seule d’acquérir une respectabilité sociale. En tous cas, une chose est sûre, Madame de Maintenon demeure pour notre siècle comme pour ses contemporains une véritable énigme, elle qui s’est entourée de mystère au point de détruire sa correspondance, restant ainsi l’un des rares personnages historiques de cette importance à diviser autant les historiens, et ce depuis des siècles. L’énigme Françoise reste entière.

« Ci-gît

Très haute et puissante dame,

Madame Françoise d’Aubigné, Marquise de Maintenon

Femme illustre, femme vraiment chrétienne « 

**

Pour plus d’informations : Eure et Loir Tourisme

Château de Maintenon

 

 


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Karel Balas, directeur artistique :

“Elastique et monochrome, c’est une pièce que je peux me permettre de porter au quotidien, adepte du noir et du bleu. En shooting photo, je peux bouger facilement, et je suis fan de son côté bleu de travail, qui donne une silhouette différente d’un chino par exemple. Je suis ravi qu’on ait pu imaginer l’un des basics du vestiaire masculin !”.


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Aimer son corps et laisser celui des autres tranquille

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Une vidéo que j’avais envie de faire depuis très (très très) longtemps, qui, je l’espère, trouvera écho chez vous et offrira un jour nouveau sur l’importance de ne pas commenter le corps des autres.

♥ LOVE SUR VOUS ♥

✘ QUELQUES LIENS ✘

• La vidéo de Sonia
« Un corps parfait ou fonctionnel ? »

• Une autre super vidéo de Florence Porcel
« T’as un tic à l’oeil« 

•  » De la musculature des femmes » par Marinette

• À lire
« Beauté Fatale » de Mona Chollet

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