Un étudiant de l’UdeM remporte le troisième prix du concours «Ma thèse en 180 secondes»

L’Acfas présentait, le 29 juin, la finale nationale de son concours Ma thèse en 180 secondes. Thomas Milan, doctorant en biologie moléculaire représentant l’Université de Montréal, s’y est vu décerner le troisième prix, d’une valeur de 750 $. Il a présenté au jury son projet de recherche intitulé «Analyse épigénétique intégrative pour identifier de nouveaux biomarqueurs dans la leucémie myéloïde aiguë causée par la translocation chromosomique MLL-AF9».

Concours de vulgarisation scientifique, Ma thèse en 180 secondes demande aux étudiantes et étudiants de doctorat participants des établissements d’enseignement supérieur canadiens de présenter leur sujet d’étude en trois minutes au moyen de termes simples afin de joindre un public non initié. Premier concours du genre en langue française, il requiert non seulement des qualités de vulgarisateur, mais également un talent d’orateur et une habileté à transmettre sa passion à un auditoire diversifié. «Faire un doctorat m’a fait prendre conscience de l’importance de créer des ponts entre le monde de la recherche et le grand public, explique Thomas Milan. Il est, selon moi, essentiel de donner davantage la parole aux scientifiques pour contrecarrer la désinformation. C’est par des initiatives comme Ma thèse en 180 secondes que de jeunes chercheurs et chercheuses de la relève réussissent à démythifier le travail dans les laboratoires de recherche.»

Animée par la journaliste Sophie-Andrée Blondin, la finale nationale 2021 se tenait à l’occasion du Sommet sur le rapprochement des francophonies canadiennes et a eu lieu entièrement en ligne. En tout, 21 finalistes y ont pris part. Trois prix ont été remis, ainsi qu’un prix du public.

OUTFRONT Media Inc. et Mission Bon Accueil s’associent pour Montréal AIDE Montréal

OUTFRONT Media Inc. s’associe à Mission Bon Accueil pour promouvoir l’engagement de cet organisme de bienfaisance à soutenir les Montréalais dans le besoin. Dans le cadre d’une campagne qui a débuté le 17 mai 2021, Montréal AIDE Montréal a utilisé le réseau de panneaux statiques et numériques d’OUTFRONT ainsi que le mobilier urbain BIXI dans le but de sensibiliser le public et susciter les dons dans la communauté du Grand Montréal.

Forte du succès de la première phase de Montréal AIDE Montréal en novembre 2020, Mission Bon Accueil a su s’adapter et étendre ses services afin de rejoindre davantage de Montréalais aux prises avec l’itinérance, la pauvreté, l’insécurité alimentaire et les problèmes de santé mentale. Ses programmes et services sont conçus pour aider les Montréalais vulnérables et défavorisés à acquérir un logement permanent, à avoir accès à des options d’épiceries et des repas gratuits, ainsi qu’à offrir un soutien psychosocial aux jeunes et aux mères monoparentales. Chaque semaine, Mission Bon Accueil fournit des denrées alimentaires et près de 5 000 repas à plus de 3 000 Montréalais démunis. En fait, elle est considérée comme la plus grande porte d’entraide pour la population montréalaise dans le besoin.

La campagne Montréal AIDE Montréal a été conçue pour tirer parti d’une combinaison d’actifs d’OUTFRONT afin de rejoindre les Montréalais lorsqu’ils se déplacent sur les autoroutes de la ville et dans leur quartier, mais aussi lorsqu’ils marchent et font du vélo dans les zones urbaines. En outre, BIXI est l’un des plus récents produits média d’OUTFRONT, lequel offre de la publicité au niveau de la rue dans plus de 20 arrondissements ainsi que la possibilité d’une intégration communautaire harmonieuse et la diffusion d’un message à hauteur des yeux pour Montréal AIDE Montréal.

« Tout comme Mission Bon Accueil, OUTFRONT est une organisation nationale profondément enracinée dans la collectivité montréalaise depuis plus d’un siècle. L’objectif de la collaboration avec Mission Bon Accueil n’était pas seulement de se rapprocher des Montréalais par le biais de nos actifs, mais aussi de tisser des liens avec la communauté dans le cadre de la campagne Montréal AIDE Montréal », a déclaré Michele Erskine, PDG d’OUTFRONT Canada. « C’est un privilège de pouvoir aider cet organisme à soutenir la collectivité dans le but ultime d’éliminer définitivement l’itinérance. »

« Mission Bon Accueil est fière de pouvoir compter sur OUTFRONT à titre de partenaire de la campagne Montréal AIDE Montréal. La participation d’OUTFRONT à cette campagne nous a permis d’accroître la sensibilisation de la population en créant un appel à l’action dans le Grand Montréal », a indiqué Sam Watts, PDG de Mission Bon Accueil. « Les super-panneaux, les panneaux d’affichage, les panneaux numériques et les stations BIXI répartis dans la ville ont eu un impact significatif, nous permettant de diffuser notre message ainsi que de multiplier nos efforts de sensibilisation et notre soutien dans toute la ville de Montréal. Bref, le partenariat d’OUTFRONT a joué un rôle prépondérant dans l’appui de notre organisation, ce qui nous a permis de servir encore plus de personnes dans le besoin et de nous rapprocher davantage de notre objectif ultime d’éradiquer complètement l’itinérance et la pauvreté à Montréal. »

Reprise de la desserte en autocar entre Montréal et Gatineau-Ottawa

Orléans Express a reçu le feu vert de la Commission des transports du Québec pour reprendre la route entre Ottawa/Gatineau et Montréal.

La compagnie offrira quatre départs par jour, et ce dès jeudi.

Il faut dire que le service d’autocar sur cet axe est interrompu depuis un peu plus d’un an en raison de la pandémie.

« Dans le contexte actuel, l’ajout d’un nouveau service sur une route d’importance comme la ligne entre Montréal et Gatineau/Ottawa permettra de bonifier l’offre de services auprès de la clientèle d’Orléans Express, qui pourra désormais voyager d’Ottawa jusqu’à la péninsule gaspésienne, et vice-versa. Il s’agit d’une excellente nouvelle. »

Pierre-Paul Pharand, président-directeur général de Keolis Canada

C’est Greyhound Canada qui assurait auparavant la desserte, mais l’entreprise a annoncé en mai dernier qu’elle mettait fin à toutes ses liaisons à l’intérieur du pays.

Un parc d’affaires à Montréal-Est?

Un projet de parc d’affaires s’étendant sur un terrain de six millions de pieds carrés pourrait être créé prochainement entre le boulevard Henri-Bourassa et le boulevard Métropolitain, à Montréal-Est.

Le projet immobilier de l’entrepreneur MET-HB-Propriétés s.e.c. propose  le développement d’un parc d’affaires réunissant des entreprises des domaines de l’agroalimentaire, du transport et logistique, du commerce électronique, des technologies propres, des technologies de la santé et de l’électrification.

Le terrain convoité se trouve entre le boulevard Henri-Bourassa au nord; le boulevard Métropolitain, au sud; la rue Auger, à l’ouest; le terrain d’Esso Imperial, à l’est.

Julie Larocque, directrice et coordonnatrice du projet baptisé 40NetZERO, a confirmé ces informations en entrevue avec Le Devoir, qui a d’abord publié la nouvelle. Elle spécifie cependant que les détails sont «pour le moment confidentiels». MET-HB, qui posséderait une partie du site, serait en discussion avec des entreprises propriétaires de terrains en vue d’établir des ententes. Celles-ci pourraient être annoncées dans les «prochaines semaines».

En entrevue avec Métro, le maire de Montréal-Est, Robert Coutu, dit ne pas pouvoir se prononcer sur les détails du projet car aucun protocole d’entente n’a été signé ni approuvé par le conseil. Il laisse toutefois tomber qu’il s’agirait de «tout un projet». Plus de détails devraient être communiqués à cet effet d’ici l’automne.

Il y a quelques semaines, l’entreprise Globocam a inauguré ses nouvelles installations d’une superficie de 62 000 pieds carrés dans le périmètre visé par le projet. Ce concessionnaire de camions lourds est situé au 11 275 boulevard Métropolitain.

Un projet autonome au plan énergétique?

Dans une brève présentation sur le site des lobbyistes, l’entreprise MET-HB – Propriétés s.e.c indique souhaiter que la Ville de Montréal-Est adopte un protocole d’entente pour obtenir la permission d’y construire des bâtiments industriels et commerciaux. Elle désire également construire une rue sur le site et y faire installer un arrêt d’autobus.

De plus, l’entreprise indique qu’elle fera une demande auprès d’Hydro-Québec pour qu’elle procède à la construction de lignes de distribution pour alimenter le projet. Elle souhaite que celui-ci soit considéré en Mesurage net (Net Metering).

Selon le site d’Hydro-Québec, cette option implique que les propriétaires produiraient eux-mêmes de l’électricité à partir d’une source renouvelable. Les surplus d’énergie seraient par la suite réinjectés dans le réseau d’Hydro-Québec afin d’obtenir des crédits sous forme de kilowattheures.

Le temps brouille le destin de la «Montréal Works»

En 1943, la poussière et la fumée pèsent sur les poumons de la ville. Les nuages opaques de gaz qui s’échappent de la nouvelle usine au 9500 boulevard Saint-Laurent alourdissent l’air. 

Alors que les feuilles des arbres du quartier devraient tourner au rouge ou au jaune, elles semblent plutôt grises. Maintenant que l’automne approche, l’air frais permet toutefois de respirer plus facilement.

Les voitures passent lentement sur l’artère devant l’usine de la Montréal Works, cette fabrique de munitions qui sert à ravitailler les mitrailleuses Stein des troupes anglaises au front sur le théâtre européen de la Seconde Guerre mondiale.

Le bruit est infernal près de l’usine. Les cris stridents de la machinerie lourde et des travailleurs retentissent brièvement dans la soirée, mais leurs échos vivent dans la nuit qu’ils hantent froidement.  

Ce ne sont pas uniquement des travailleurs qui quittent l’usine à la fin de leur quart de travail, mais également un bon nombre de travailleuses qui sortent de l’édifice alors que l’on peut apercevoir les dernières couleurs du Mont-Royal alors que le soleil s’estompe au loin…

Les mains noires et rugueuses et le visage taché de saleté, les cheveux coupés courts ou attachés serrés, ces femmes terminent leur journée de travail et s’éloignent du bâtiment dans la pénombre qui s’accapare lentement de la ville. Elles doivent maintenant retourner à la maison pour s’occuper de leurs enfants.

Avec l’entrée en vigueur de la loi sur les mesures de guerre depuis le début du conflit en 1939, la salubrité des usines, les normes de sécurité et même la nutrition des employés sont adaptés pour soutenir l’effort de guerre. Ce sont donc des heures difficiles dans un labeur taxant que ces femmes effectuent au service de leur pays.

Pollution lumineuse : aussi pire à Montréal qu’à New York

En effet, selon le Gouvernement du Québec, la métropole génère autant de pollution lumineuse que New York, et ce, malgré que la population ne s’élève qu’à seulement deux millions d’habitants. On en compte presque 20 millions à New York. La métropole, de par son dôme lumineux, affecte la qualité du ciel étoilé des villes environnantes à environ 150 kilomètres à la ronde.

Une seule réserve de ciel noir est présente au Québec, située au Lac-Mégantic. Ce fut la première au monde : la ville a décidé d’opter pour un éclairage ambré, qui est moins aveuglant que l’éclairage traditionnellement utilisé. Au total, au pays, on compte six réserves de ce genre. Au Canada, la problématique est principalement concentrée dans les villes du sud en raison d’une plus forte densité de population.

Problématique internationale

Selon la International Dark-Sky association, 99 % des États-Unis et de l’Europe ne peuvent profiter d’une nuit naturelle, où l’on aperçoit la Voie lactée ! Certains endroits sur le globe ont toutefois décidé d’attaquer cette problématique de front. On pense par exemple à Tucson, en Arizona, qui a été la première ville à adopter une réglementation en ce qui a trait à l’éclairage extérieur. Depuis 1972, la Voie lactée est donc bien visible dans ce secteur.

Impacts

En plus de gaspiller de l’énergie, la surutilisation d’éclairage nuit aux écosystèmes en modifiant le comportement de certains animaux et voire même… des humains ! En effet, une étude publiée par l’Université du Connecticut est venue à la conclusion que l’horloge interne des humains est déréglée par la pollution lumineuse. Cela entrave également la capacité de l’œil à s’adapter à la noirceur.

Vous devez essayer ces pique-niques coréens avec des pastèques alcoolisées à Montréal

S’il y a un merveilleux pivot à sortir de la pandémie, c’est celui-ci : Les pastèques remplies de boissons alcoolisées d’Omma, le restaurant coréen du centre-ville de Montréal dont les habitants du Mile End se souviennent.

Baptisé subak-soju (subak signifiant pastèque en coréen), ce cocktail populaire est composé d’une pastèque évidée puis remplie de son propre jus et de quelques bouteilles de soju. Avec quelques parapluies plantés dans son bord et servi avec de vrais verres que vous pouvez déguster dans le parc de l’autre côté de la rue ou sur la terrasse du restaurant ? C’est parfait.

Le seul hic, c’est qu’il faut le commander 48 heures à l’avance – il faut du temps pour évider un melon et le remplir d’alcool, vous savez ?

Alongside that, Omma can put the subak-soju together with a bunch of picnic items that range from dak nalge tigim, crispy chicken wings served with a spicy Korean sauce, and fried pajun seafood pancakes to burgers made with bulgogi. Anyone who wants original dishes that the restaurant’s chef Mykium Kim is known for can have those added into the basket as well, like kimbap rolls and mandoo (fried dumplings that are filled with vegetables or beef).

100 emplois en péril au centre de contrôle du CN

Le Canadien National (CN) fermerait son centre de contrôle ferroviaire à Montréal afin de centraliser ses opérations en Alberta, déplore le syndicat Teamsters Canada.
Une centaine de postes de contrôleurs de circulation ferroviaire seraient ainsi transférés dans l’ouest du pays.

«L’entreprise a déjà commencé le transfert d’une vingtaine de postes à Edmonton. Les travailleuses et travailleurs en question venaient tout juste d’être transférés de Toronto à Montréal cette année», a soutenu le syndicat dans un communiqué.

En entrevue à TVA Nouvelles, Christopher Monette, directeur des affaires publiques de Teamsters Canada, a indiqué que le CN est en train de déraciner des familles à l’autre bout du pays.

«Certaines de ces familles venaient tout juste de trouver une école ou une garderie pour leurs enfants à Montréal. On ne peut pas jouer de la sorte avec la vie des gens», a précisé le président de Teamsters Canada, François Laporte.

La majorité des contrôleurs ferroviaires au pays, donc quelque 200 contrôleurs qui travaillent pour le CN, est représentée par la Conférence ferroviaire de Teamsters Canada (CFTC). Leur rôle est de coordonner les mouvements ferroviaires, un peu comme le font les contrôleurs aériens. Ils protègent également les travailleurs sur les voies ferrées.

Le président de la CFTC, Lyndon Isaak, est d’avis que «le CN va probablement perdre des contrôleurs chevronnés et leur connaissance du réseau ferroviaire, ce qui pourrait mettre en danger les cheminots, les préposés à l’entretien des voies et le public en général».

De son côté, la direction du CN a expliqué que «pour des raisons d’efficacité et de gestion, il a été décidé que les opérations pour le nord de l’Ontario seraient contrôlées d’Edmonton à partir du printemps 2020».

«Il faut noter que ce bureau (Nord de l’Ontario) est à Montréal que depuis tout récemment puisque le CN évalue constamment ses besoins et prend des décisions sur une base opérationnelle et continue, a-t-on ajouté. Moins d’une quinzaine d’employés sont touchés par ce changement.»

L’entreprise a ajouté qu’il y avait des discussions avec le syndicat pour déterminer les modalités des relocalisations, assurant que «les employés ne désirant pas être relocalisés auront droit aux bénéfices prévus à leur convention collective».

Rappelons qu’en raison d’un ralentissement de l’économie nord-américaine, le CN a confirmé le mois dernier qu’il procède à des mises à pied au sein de ses effectifs. L’entreprise basée à Montréal n’a toutefois pas voulu confirmer les informations du «Globe and Mail» voulant que 1600 travailleurs soient mis au chômage.

Par ailleurs, l’entreprise ferroviaire a dû faire face à un conflit de travail lorsque quelque 3200 chefs de train et membres d’équipes de manœuvre du Canadien National (CN) ont déclenché une grève.

Le débrayage, qui a duré une semaine, a perturbé les activités de nombreuses industries, incluant les agriculteurs dont les livraisons de propane avaient été réduites ou même arrêtées, ce qui avait de graves conséquences sur la récolte et le séchage du grain au Québec.

Le Canada renforce les droits des passagers aériens

À compter de ce 15 décembre, les passagers aériens disposent de nouveaux droits en vertu du Règlement sur la protection des passagers aériens (RPPA) de l’Office des transports du Canada (OTC).

Les compagnies aériennes offrant des vols à destination/au départ du Canada doivent verser aux passagers des indemnités pouvant atteindre 1000 dollars canadiens en cas de retard ou d’annulation de vol attribuable à la compagnie aérienne (sauf pour des raisons de sécurité); fournir aux passagers des commodités en cas de retard ou d’annulation de vol attribuable à la compagnie aérienne (nourriture et boissons en quantité raisonnable; accès à des moyens de communication; et hébergement pour les retards se prolongeant jusqu’au lendemain).

De plus, les compagnies aériennes doivent prendre les mesures nécessaires pour attribuer, sans frais supplémentaires, des sièges aux enfants de moins de 14 ans à proximité de l’adulte qui les accompagne. Pour faire en sorte qu’un enfant ne soit pas assis trop loin, les parents devaient parfois payer d’importants frais de réservation de sièges. Désormais, cela n’est plus nécessaire : le règlement exige qu’un enfant de 4 ans ou moins soit assis à côté d’un parent, qu’un enfant de 5 à 11 ans soit placé dans la même rangée, séparé par un voyageur tout au plus, alors qu’un adolescent de 12 ou 13 ans ne doit pas être séparé d’un parent par plus d’une rangée.

Ces règles s’ajoutent à la charte canadienne des droits des passagers aériens (ou charte des voyageurs) qui était entrée partiellement en vigueur à l’été 2019 et qui prévoyait déjà des obligations en matière de communication claire, de surréservation, de retard sur le tarmac, de perte ou de bris de bagages et de transport d’instruments de musique.

Pour aider les passagers aériens à se retrouver dans leurs droits, l’OTC leur offre un service en ligne : il s’agit d’un guichet unique où les passagers aériens peuvent se renseigner sur leurs droits, déposer une plainte contre une compagnie aérienne et trouver des astuces pour voyager sans tracas.

L’environnement fiscal est plus profitable aux entreprises au Canada qu’aux E. U.

Le ministre des Finances Bill Morneau était au courant que l’environnement fiscal des entreprises ayant des activités au Canada était supérieur à celui des États-Unis _ même après les fortes réductions du gouvernement dirigé par Donald Trump _ plusieurs mois avant de donner un nouveau coup de main aux entreprises canadiennes.

L’analyse réalisée en août 2018 souligne que les réformes fiscales «avaient réduit, mais n’avaient pas éliminé» l’avantage fiscal dont jouissent les entreprises au nord de la frontière.

En novembre 2018, M. Morneau a publié un énoncé politique contenant des mesures permettant aux entreprises de passer en charge immédiate du coût total des machines et du matériel et de déduire une plus grande part du coût des biens nouvellement acquis lors de l’année pendant laquelle un investissement est effectué. Ces mesures devraient coûter 14 milliards $ sur cinq ans au Trésor public.

M. Morneau devrait présenter lundi une mise à jour qui exposera les perspectives de l’économie et des finances fédérales. Bien que peu s’attendent à des mesures comme celles annoncées dans l’énoncé économique de l’an dernier, la mise à jour dressera le tableau du budget fédéral de 2020 et devrait indiquer comment les mesures de 2018 ont été utilisées.

Les données sur l’investissement des entreprises sont mitigées depuis l’entrée en vigueur des nouvelles règles.

L’incertitude entourant le nouvel accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM) devrait disparaître lorsqu’il sera ratifié. Cela pourrait encourager les entreprises à utiliser davantage les règles d’amortissement accéléré, estime Brian Kingston,vice-président aux politiques internationale et budgétaire au Conseil canadien des affaires.

Selon lui, M. Morneau devrait toujours viser à abaisser le taux d’imposition combiné fédéral-provincial aux entreprises à 20 % par rapport au taux actuel d’un peu moins de 27 %, ce qui est supérieur à la moyenne des pays de l’OCDE.

«Quand on essaie d’attirer des capitaux en Amérique du Nord, en particulier dans un environnement protectionniste défendu par le président américain. Les entreprises veulent être à l’intérieur de la forteresse américaine. Le Canada, en tant que petite économie, a toujours un avantage sur les États-Unis pour se rendre plus attrayant.»

En juillet, le ministère des Finances a publié un document qui examinait le «taux d’imposition effectif marginal», qui tient compte des taxes provinciales et autres pour estimer le coût pour les entreprises de faire de nouveaux investissements. Le taux d’imposition effectif a servi de base à l’analyse de l’été 2018 qui a révélé que les taxes des entreprises du Canada étaient inférieures à celles des États-Unis, et pour les chiffres de la mise à jour de novembre 2018.

Le Canada est le seul pays à avoir adopté des mesures concernant l’amortissement accéléré en réponse aux réductions fiscales de M. Trump. Une vingtaine de pays ont préféré réduire le taux d’imposition des sociétés, mentionne Jack Mintz, expert en politique fiscale à l’Université de Calgary.

Les propres calculs de M. Mintz, qui tiennent compte de secteurs comme le pétrole et le gaz que le ministère laisse de côté, laissent entendre que le taux d’imposition effectif du Canada sur le capital était un peu plus élevé qu’aux États-Unis avant et après les changements de l’an dernier.

«Le leur était inférieur, affirme-t-il. Mais si c’était vraiment le cas, cela soulève des questions. Pourquoi prôner l’amortissement accéléré? C’est une mauvaise politique qui génère des distorsions.»

La décision américaine permettant l’annulation immédiate des coûts de certains équipements a été considérée comme la mesure la plus importante par les entreprises indépendantes au sud de la frontière, soutient Dan Kelly, président de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante.

La réponse du Canada a été un pas dans la bonne direction, ajoute-t-il. Mais les modifications apportées à la taxe sur les petites entreprises adoptées en 2017, la taxe fédérale sur les émissions de carbone, les augmentations des cotisations au Régime de pension du Canada pour financer ce programme ont nui aux sociétés.

«Tout cela nous a coupé l’herbe sous les pieds, dit M. Kelly. On veut stimuler l’économie d’une main, mais on la freine de l’autre. On peut ainsi comprendre pourquoi cela n’avait pas vraiment fouetté le monde des affaires.»