Scheer critique le «style orwellien» de l’OMS, mais ne veut pas suivre les États-Unis

OTTAWA – Andrew Scheer est d’avis que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) adopte un «style orwellien», mais n’est pas prêt à dire que le Canada devrait suivre l’exemple des États-Unis.

Le président américain Donald Trump a décidé mardi de suspendre sa contribution à l’organisation onusienne en attendant que son rôle soit examiné dans la gestion de la crise de la COVID-19.

Il a critiqué les prises de position de l’OMS, qui seraient trop favorables à la Chine à son avis.

À Ottawa, des critiques semblables ont fusé de la part de l’opposition conservatrice dans les derniers jours.

Mercredi, le chef du parti a accusé Pékin d’avoir manqué de transparence et d’avoir voulu dissimuler des preuves de l’ampleur du virus à ses débuts, en plus d’exercer une influence sur l’OMS.

Il a pointé du doigt Dr Bruce Aylward, un Canadien haut placé au sein de l’OMS, qui aurait évité une question sur la situation de Taïwan.

Taïwan aurait été exclu de l’OMS, présumément après un lobbying soutenu de la part de Pékin qui considère Taïwan comme faisant partie de son territoire.

Selon M. Scheer, cette scène semblait tout droit sortie du roman «1984» de George Orwell, qui décrit un régime policier et totalitaire.

M. Scheer a accusé ce représentant de l’OMS d’avoir adopté un «style orwellien» en refusant de répondre à des questions légitimes, ce qui est «très troublant» à son avis.

Le conservateur réclame toujours que Dr Aylward ou tout autre représentant de l’OMS vienne témoigner devant un comité de la Chambre des communes pour répondre aux questions des députés.

Il dit que ce serait là une «première étape» vers la voie de la transparence.

Les clients de Desjardins, pas les bienvenus partout

Ouvrir un compte bancaire en ligne ou au comptoir à la Banque Nationale semble être devenu compliqué pour les particuliers déjà membres de Desjardins, rapporte Radio-Canada.

Dans un article publié mardi, la chaîne publique d’information indique en effet que la banque a récemment renforcé ses mesures de sécurité à l’égard des clients du Mouvement. Se demandant si ces derniers sont devenus « toxiques », Radio-Canada souligne que l’ouverture d’un compte bancaire en ligne, par exemple, « n’est plus facilitée comme pour les clients venant d’autres institutions financières ».

Pour en avoir le cœur net, l’auteur de l’article, lui-même victime du récent vol de données au sein de la coopérative, a tenté l’expérience. Résultat, lorsqu’il s’est identifié comme étant déjà un client de Desjardins, il a constaté que le processus d’ouverture du compte en ligne était bloqué. En revanche, il pouvait le faire sans problème s’il indiquait être client d’une autre banque que le Mouvement.

UN PARCOURS SEMÉ D’OBSTACLES

Interrogée par Radio-Canada, la directrice principale des affaires publiques de la Banque Nationale confirme que l’établissement a bien « accru ses mesures de surveillance pour l’ouverture de comptes en ligne ». Marie-Pierre Jodoin ajoute cependant qu’« il n’y a pas de refus systématique » d’accepter les nouveaux clients en provenance de la coopérative. Elle refuse toutefois de fournir davantage de détails sur les mesures de sécurité adoptées par la BN, évoquant seulement des « croisements d’informations ».

Selon un expert en sécurité informatique interrogé par Radio-Canada, les victimes du vol de données chez Desjardins risquent de devoir subir des vérifications plus serrées que les autres clients auprès des banques. « Je ferais la même chose si j’étais à leur place », explique François Daigle, qui travaille pour la firme Okiok.

Jugeant les mesures prises par la BN « normales, appropriées et prudentes », il souligne que les membres du Mouvement doivent s’attendre à mettre « plus de temps » et à devoir suivre un parcours « plus compliqué » que leurs homologues. « Ce sont, malheureusement, les conséquences d’un vol d’identité », explique l’expert, qui insiste néanmoins sur le fait que cette procédure « réduira le risque que leur identité soit usurpée ».

RETOUR À LA PROCÉDURE MANUELLE

François Daigle dit d’ailleurs s’attendre à ce que d’autres institutions financières emboîtent le pas à la BN et s’assurent de façon plus rigoureuse que d’ordinaire qu’elles ont affaire à la bonne personne dans le cas de clients ou d’ancien clients de Desjardins. « On va vouloir vérifier leur identité peut-être plus que les autres. On retournera à la procédure manuelle qu’on faisait il y a 10 ou 15 ans », prévient-il.

Pour tenter de savoir si d’autres banques que la BN avaient pris des mesures afin de mieux contrôler les nouveaux clients en provenance de la coopérative financière, Radio-Canada a contacté les grandes banques présentes au pays. La Banque Royale s’est refusée à tout commentaire, tandis que la Banque Scotia, CIBC et la TD n’ont pas répondu à la demande de la chaîne d’information. À la Banque Laurentienne, enfin, les particuliers désireux d’ouvrir un compte sont tenus de se présenter dans une succursale, comme c’était le cas auparavant.

Ils plantent mille arbres pour

Chênes, châtaigniers, mûriers, noyers… Depuis trois mois, Christophe Piquet reboise à tour de bras dans une parcelle de 32 ha d’Azé, dans le Sud-Mayenne. En adoptant les principes de l’agroforesterie, le paysan veut réparer, en famille, la terre que des générations d’agriculteurs « ont saccagée ».

Dans un champ du Sud-Mayenne, mille arbres en devenir et leurs tuteurs s’étendent à perte de vue sur des lignes parallèles. À leur chevet, les mains sur les outils, les

Pour prévenir les fusillades de masse, les Etats-Unis se tournent vers l’intelligence artificielle

Dans la lutte contre les fusillades, certaines écoles américaines se tournent progressivement vers l’intelligence artificielle. Malgré les potentiels bénéfices d’une telle solution, celle-ci fait toutefois polémique.

Un an après la fusillade de Parkland, en Floride, un nombre croissant d’écoles américaines envisagent de se tourner vers des systèmes de surveillance « intelligents » pour aider à prévenir la survenue d’un nouvel événement meurtrier. Ces appareils destinés à enregistrer les moindres déplacements et paroles des élèves et à repérer les comportements suspects ne sont néanmoins pas du goût de tout le monde.

Prédire les comportements

En 2018, Shreya Nallapati est inspirée par l’appel à l’action d’Emma Gonzalez et choisit de recourir à l’informatique pour mieux comprendre le passé des meurtriers derrière les fusillades, avec le projet #NeverAgainTech. Le but : regrouper un maximum d’informations, du statut socio-économique à l’état de santé des responsables, en passant par la disponibilité des armes dans l’état où l’incident est survenu, afin de recouper les possibles facteurs à risque.

La même année, des chercheurs du Cincinnati Children’s Hospital Medical Center proposent d’employer l’IA pour prédire les comportements violents sur la base du langage employé par les enfants et les jeunes adultes. « Il y a généralement des signaux d’alarme avant qu’il y ait violence à l’école« , déclarait alors l’auteur principal Drew Barzman.

Le mois dernier, le réseau d’écoles publiques du comté de Broward (incluant l’école de Parkland où a eu lieu la fusillade de 2018) a annoncé son intention de s’équiper d’Avigilon, un système de 145 caméras combinant surveillance et intelligence artificielle. L’algorithme permettrait de retracer les déplacements de chaque individu grâce à un système de reconnaissance faciale et pourrait en théorie signaler les comportements qui sembleraient sortir de l’ordinaire.

Faillibilité technologique

Malheureusement, l’IA n’est pas une panacée, et son usage peut avoir des conséquencesinattendues. « Nous voyons émerger une tendance à appliquer l’IA à des domaines très sensibles à un rythme alarmant« , déclarait en 2018 Rashida Richardson, de l’AI Now Institute. « Les personnes qui conçoivent ces algorithmes ne comprennent pas nécessairement l’ensemble des aspects sociaux et même politiques des données qu’elles utilisent. »

Les efforts de prévisionpolicière assistée par l’IA ont déjà démontré l’émergence de biais de « jugement ». Tant que les algorithmes seront conçus par des humains et basés sur un corpus de données prélevées et traitées selon des critères humains, il sera difficile de démêler l’objectif du subjectif inconsciemment introduit dans le programme. En contrepartie, un esprit humain est capable d’apporter une nuance dans le jugement dont les machines sont pour l’instant impossible.

Pour ce qui relève de la surveillance, il va sans dire que la question de la protection de la vie privée se fait d’autant plus vivement ressentir qu’elle est ici appliquée à des mineurs. En somme, la jeunesse de ces systèmes d’enregistrement et d’analyse, leurs failles découlant de l’introduction du facteur humain, et leurs potentiels danger pour la sécurité de nos données suggèrent qu’en attendant des technologies plus avancées, la solution devra venir d’ailleurs.

Le Momo Challenge ne fait pas son retour sur YouTube !

Il y a quelques mois, le monde découvrait le Momo Challenge, un phénomène qui se propageait notamment sur l’application WhatsApp mettant en scène un personnage au visage humain avec un sourire à vous glacer le sang. En prenant contact avec ce « Momo », les internautes recevaient alors des défis à réaliser allant de l’automutilation jusqu’à l’inévitable : le suicide. Dès lors, de nombreux témoignages arrivent à travers le monde avec notamment la mort d’une jeune fille de 12 ans originaire d’Argentine en 2018 qui pourrait être la conséquence de ce morbide challenge.

Les médias ont alors très vite relayé les dangers de ce défi et, au fil des mois, le phénomène du Momo Challenge a peu à peu disparu de l’actualité. Mais à en croire les rumeurs qui circulent, il semblerait qu’il ait fait son retour sur YouTube du côté de chez nos amis britanniques. En effet, le Momo Challenge aurait fait son apparition dans des vidéos destinées aux enfants sur la plateforme YouTube Kids.

Le mode opératoire est simple : pour ne pas être repérés, les pirates proposent des dessins animés qui se diffusent de façon classique jusqu’au moment où des séquences très rapides sont insérées, montrant du contenu macabre. Une mère de famille a d’ailleurs témoigné pour affirmer qu’elle aurait vu des instructions de suicide en plein milieu d’un dessin animé que son fils regardait sur le site.

Pour YouTube et les associations, il ne s’agit que d’une panique morale

Les autorités locales ont donc décidé de mettre en garde les parents en les invitant à faire preuve de vigilance quant au contenu que les enfants peuvent regarder et en insistant sur le fait d’éduquer leurs progénitures à ne pas communiquer d’informations personnelles à des inconnus ou de leur rappeler que personne n’a l’autorité de leur dicter ce qu’ils doivent faire s’il ne veulent pas le faire.

Si les témoignages montrent que le Momo Challenge fait bien son retour sur YouTube, du côté des associations britanniques et de YouTube, ce défi viral morbide n’est pas d’actualité. Pour l’un des portes-parole de la plateforme, « aucune preuve de vidéos montrant ou faisant la promotion du défi Momo sur YouTube » n’a été identifiée. Mais face au téléchargement de 300 heures de vidéos par minute, on peut évidemment se poser la question de l’efficacité de la modération sur YouTube.

Pour les associations britanniques, même son de cloche. Il ne s’agit que de rumeurs, sans fondement, issues de l’hystérie médiatique. La « panique morale » provoquée par les adultes et les médias a permis de transformer ce mythe « en une sorte de réalité« .

De plus, même avec les informations qui circulent et se propagent sur les réseaux sociaux ou dans les médias, rien ne prouve que le Momo Challenge soit responsable des 130 suicides d’adolescents russes survenus l’année dernière. Officiellement, le Momo Challenge n’est pas de retour sur les réseaux sociaux, ni sur YouTube…