Taxer les produits animaux | Le Devoir

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Dans leur Avertissement à l’humanité de l’année dernière, plus de 15 000 scientifiques faisaient pression sur les gouvernements pour que des politiques soient mises en place afin de lutter contre les changements climatiques. L’état de la planète se détériore si rapidement et de manière tellement inquiétante, ont-ils rapporté, que l’action politique devient urgente. Dans leur texte, les scientifiques firent une série de propositions pour lutter contre la pollution et le recul de la biodiversité. Ils proposaient entre autres de développer les énergies renouvelables, de protéger les habitats naturels et de réensauvager des régions abritant des espèces endémiques. Ils défendaient aussi de cesser de convertir les forêts et les prairies en terres pour l’agriculture (une conséquence des besoins de l’élevage en particulier) et de lutter contre la défaunation. L’une des recommandations importantes, et dont on entend de plus en plus parler ces dernières années, est de changer nos habitudes alimentaires.

Les scientifiques semblent s’accorder pour dire qu’il faut entamer rapidement une transition vers une alimentation essentiellement végétale. Avec 70 milliards d’animaux domestiqués, l’élevage est l’activité humaine accaparant le plus de terres sur la planète et une des causes principales de l’extinction des espèces, de la perte de biodiversité, de la déforestation, du gaspillage alimentaire, de la raréfaction des ressources d’eau et de la pollution des océans, des lacs et des rivières.

Pêche écologique

Selon l’ONU, la consommation de viande et de produits laitiers devrait augmenter de 70 % d’ici 2050, ce qui illustre la gravité du problème. Il faut ajouter à cela la pêche. Celle-ci dévaste aujourd’hui la biodiversité marine, notamment avec les prises accidentelles où sont pêchés des crustacés, des tortues, des oiseaux et d’autres animaux en plus des poissons. À bientôt 8 milliards d’êtres humains sur la planète, la pêche « écologique » est tout simplement impossible. L’élevage, la pêche et la pisciculture comportent tous d’autres problèmes. L’intensification de l’élevage accroît les risques d’épidémies d’origine animale. L’utilisation massive des antibiotiques pour les animaux (incluant la pisciculture en forte croissance) nous rend plus vulnérables aux maladies. Le problème éthique de l’exploitation animale elle-même, de plus en plus discuté en philosophie et en droit, s’ajoute à ces menaces et à la crise écologique.

Bref, il semble clair que nos habitudes alimentaires doivent changer. Nos connaissances sur la nutrition sont également concluantes : nous pouvons vivre en bonne santé avec une alimentation végétale, pouvant même prévenir certaines maladies. Le végétalisme devrait donc être davantage valorisé pour des raisons environnementales, sanitaires, éthiques et même économiques. En effet, les produits végétaux sont plus économiques que les produits animaux pour l’alimentation.

Malgré tout, rien n’a changé sur le plan politique depuis l’appel des scientifiques. Si l’encouragement à l’alimentation végétale est bien présent et important pour plusieurs personnes, aucune mesure politique n’est encore adoptée pour entamer une transition collective vers le végétalisme. Nous sommes toujours dans la logique individualiste du choix personnel, et ce, malgré les conséquences que nous connaissons. Une question importante mérite alors d’être posée : que faire ?

L’idée d’une taxe sur la viande rouge circule depuis un certain temps. Or, pourquoi se limiterait-on à la viande rouge ? Puisque l’élevage et la pêche sont catastrophiques d’un point de vue écologique, et que l’exploitation animale soulève de grands problèmes éthiques et sanitaires, ne faudrait-il pas envisager une taxe sur les produits animaux en général ? Si nous voulons décourager certaines habitudes et en encourager d’autres pour entamer une nécessaire transition, cette idée apparaît alors incontournable.

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