«Bagages», leurs histoires | Le Devoir

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Ce texte fait partie d’un cahier spécial.

15 poèmes, 15 visages. Autant de perches tendues pour saisir la réalité d’adolescents débarqués à Montréal en provenance des quatre coins du monde. Dans Bagages mon histoire, l’auteur Simon Boulerice a donné la plume à de jeunes nouveaux arrivants lors d’ateliers d’écriture à l’école Paul-Gérin-Lajoie-d’Outremont, tandis que l’illustrateur Rogé Girard a immortalisé leurs traits dans une série de portraits à l’huile. Par leurs mots et leurs regards, l’album publié aux Éditions de La Bagnole raconte le déracinement, le renouveau et la recherche de repères. Entretien avec Simon Boulerice et Rogé Girard.

Que retenez-vous de votre expérience avec ces jeunes ?

S. B. Ils m’ont transformé, ces jeunes-là. Ils m’ont ému, de par leur générosité et leur ouverture. Je n’ai jamais vu tant de ferveur à fouiller dans le dictionnaire, à débusquer le mot se rapprochant le plus près de leur vécu.

R. G.Les jeunes migrants que j’ai rencontrés ont été secoués dans leurs repères et leur identité. Ils laissent des membres de leurs familles et des amis derrière eux. Mais au lieu d’une tristesse, j’ai plutôt été saisi par leur force et leur courage. Je les sens pleins d’espoir face aux nouvelles possibilités qui se présentent à eux. Ils sont beaux et inspirants.

Comment définiriez-vous ce qu’est l’immigration aujourd’hui ?

S. B. Je citerais simplement un des jeunes poètes originaires de l’Uruguay, Hernan Farina Forster : « J’ai gagné le futur / J’ai perdu le passé ».

Quels mots ou couleurs choisiriez-vous pour décrire la réalité que ces jeunes vous ont racontée ?

S. B. Leur identité multiple. C’est ce qui ressort le plus. Mon amie Kim Thuy avait une image tellement éloquente à ce propos. Elle affirmait que ces jeunes ne sont pas 40 % ceci et 60 % cela, ou entre 30 % et 70 % ceci… Ils sont 100 % québécois et 100 % autre. Leur identité multiple atteint le 200 %. Ils sont riches de deux cultures, et non pas déchirés entre deux cultures.

Que pouvons-nous apprendre de ces jeunes ?

S. B. C’est un mot bien à la mode, qui peut sembler galvaudé, mais je considère qu’il leur va bien : la résilience. Pour moi, c’est ce qu’ils m’offrent : une perpétuelle leçon de résilience.

R. G. Je pense que nous avons besoin d’entendre parler d’immigration à travers la voix des jeunes. Ça nous fait sortir des grands discours sur ce sujet. Leurs mots nous sortent de nos habitudes rationnelles et nous plongent dans quelque chose de personnel et d’humaniste.

 

Que voudriez-vous que les lecteurs retirent de Bagages mon histoire ?

S. B. Que ces jeunes immigrants viennent enrichir le Québec.

R. G. Ce livre est pour moi une pause à travers le tumulte du quotidien, pour nous faire découvrir la beauté de l’autre.

Propos recueillis par l’équipe des publications spéciales du Devoir

Poèmes tirés de «Bagages mon histoire»

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