Les beautés d’une taxe sur le carbone

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La photo léchée de Justin Trudeau à la une du magazine L’actualité du mois de décembre, qui vient de sortir en kiosque, démontre une fois de plus que le premier ministre n’a pas d’égal en politique canadienne en matière de gestion de l’image. Primus inter pares n’est pas son genre.

En contraste, la page couverture du magazine Maclean’s de décembre montre cinq chefs de partis conservateurs du pays — Andrew Scheer, Doug Ford, Jason Kenney, Scott Moe et Brian Pallister — que personne ne confondrait avec des mannequins. Trudeau 10, Scheer et cie, -5.

Peut-être qu’il s’agit d’une observation superficielle de ma part. Que l’électeur moyen commence à trouver l’amour de M. Trudeau pour la caméra un peu lassant. Que le chef du Parti conservateur du Canada et ses pairs provinciaux sont plus authentiques qu’un premier ministre qui ne semble jamais vieillir malgré le poids de ses responsabilités.

Peut-être. Mais la façon dont la une de Maclean’s a été tournée en ridicule sur les réseaux sociaux suggère que l’idée de M. Scheer et les autres de se confier au photographe de Maclean’s n’était pas la meilleure de leur carrière. Avec un titre comme « La résistance », ils invitaient les parodies qu’aucun politicien ne peut se permettre en cette ère numérique.

Seule consolation pour M. Scheer, M. Trudeau s’est aussi exposé à la dérision des critiques lors de son dernier voyage en Inde, où il portait allègrement des costumes traditionnels. Ce sera aux électeurs canadiens à décider si les deux chefs sont maintenant quittes.

Passant au contenu, on apprend grâce au chroniqueur de Maclean’s Paul Wells que c’est Jason Kenney, l’ancien ministre sous Stephen Harper devenu chef du Parti conservateur uni de l’Alberta, qui a organisé la résistance contre la taxe fédérale sur le carbone à laquelle le titre de l’article fait référence. C’est lui qui a approché le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, le premier ministre progressiste-conservateur de l’Ontario, Doug Ford, et celui du Manitoba, Brian Pallister, afin de coordonner leurs efforts contre M. Trudeau et sa ministre de l’Environnement, Catherine McKenna. Ces derniers ont promis d’imposer une taxe fédérale dès 2019 dans les provinces qui n’auront pas elles-mêmes mis un prix sur les émissions de gaz à effet de serre.

Le Québec étant membre de la Bourse de carbone avec la Californie, ses citoyens ne paieront pas la taxe fédérale dans la mesure où Ottawa détermine que le programme québécois est conforme à ses exigences. Mais les Québécois ne bénéficieront pas non plus des remises d’argent qu’Ottawa promet aux citoyens de l’Ontario, du Manitoba, de la Saskatchewan en guise de compensation pour la taxe fédérale sur le carbone qu’ils paieront. L’Alberta s’ajoutera à la liste des provinces récalcitrantes dès l’an prochain si M. Kenney devient premier ministre et abolit la taxe sur le carbone provinciale adoptée par le gouvernement néodémocrate actuel.

Plusieurs analystes politiques croient que les conservateurs font fausse route en s’opposant à la taxe fédérale sur le carbone, d’autant plus que les remises d’argent que promet le gouvernement dépasseront les sommes que paieront la plupart des citoyens en taxes additionnelles. C’est ainsi que les libéraux comptent neutraliser l’opposition à leur plan.

Mais M. Wells cite l’ancien chef de cabinet de M. Harper, Ian Brodie, qui insiste pour dire que les Canadiens se rappelleront la taxe fédérale chaque fois qu’ils feront le plein. S’ils pensent que les libéraux auront imposé une telle taxe uniquement à des fins politiques, pour plaire aux environnementalistes sans qu’une telle mesure ait un véritable impact sur les émissions de GES, ils ne seront pas très contents. Selon M. Brodie, une taxe fédérale sur le carbone serait un irritant majeur pour les électeurs qui vivent en banlieue de Toronto, là où les élections se décident souvent. C’est pour cela que M. Ford répète sans cesse maintenant qu’une taxe fédérale sur le carbone pénaliserait les conducteurs et non pas les pollueurs, « commuters, not polluters ». En effet, les exemptions données aux industries feront en sorte que les plus grands pollueurs ne paieront rien ou presque pour leurs émissions, alors que les conducteurs paieront jusqu’à 10 cents le litre d’essence en 2022, lorsque la taxe fédérale aura atteint 50 $ la tonne.

Personne ne sait encore si l’environnement sera un enjeu central de la campagne électorale en 2019. Mais parmi les bases respectives des partis libéral et conservateur, la bataille pour et contre une taxe sur le carbone est déjà lancée. Chaque parti s’en sert pour solliciter des dons. Les libéraux ont d’ailleurs envoyé un courriel à leurs membres jeudi avec la photo de la une de Maclean’s en demandant de l’argent pour livrer la bataille contre M. Scheer et cie. Preuve que la beauté est affaire de goût.

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