La vraie histoire du calibre El Primero

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Présenté en 1969, à la barbe de ses concurrents, ce chronographe automatique créé par Zenith demeure le plus célèbre de l’horlogerie suisse. Et pourtant, il a bien failli disparaître.

Lorsque au début des années 2000, nous écrivions dans ces colonnes que le mouvement El Primero était un prototype pas tout à fait opérationnel quand il fut dévoilé précipitamment à la presse en janvier 1969, pour damer le pion au groupe Chronomatic* qui travaillait sur un projet similaire, Thierry Nataf, alors président de Zenith, prit la mouche. «Nous avons été les premiers au monde à sortir un calibre chronographe à remontage automatique. Un point c’est tout! C’est d’ailleurs pour cela qu’il a été nommé El Primero, “le premier” en espéranto.»

Vingt ans après, Julien Tornare, quatrième PDG de cette entreprise depuis que LVMH l’a rachetée en 1999, avance d’autres arguments. «Dans les années 1960, les Suisses et les Japonais étaient en compétition pour développer un chronographe à remontage automatique. Cela s’est joué à quelques mois. Tous les calibres sont sortis pratiquement la même année. Selon les documents retrouvés dans nos archives, quand le 10 janvier 1969, Zenith présentait le calibre El Primero, il fonctionnait parfaitement. Sa force réside dans sa construction, soit un mouvement à roue à colonnes 100 % intégré à laquelle est associée une haute fréquence de 36.000 alternances par heure. Sans compter qu’El Primero affiche une épaisseur d’à peine 6,5 mm. Certains ont oublié à quel point ce mécanisme, avec ces innovations, a révolutionné l’industrie.»

Un plan original  du calibre de 1969.
Un plan original  du calibre de 1969. Zenith

Le trésor de Charles Vermot

Pourtant, avant de devenir le chronographe favori de Bill Clinton, de Sean Connery et de Sean Penn, El Primero a connu une traversée du désert. Sa naissance fut longue et douloureuse. Sept ans de gestation dans un contexte agité. Dans les années 1960, le quartz asiatique est sur le point de menacer l’industrie traditionnelle suisse qui tente d’élaborer des montres mécaniques plus précises. En 1962, Zenith s’y attelle. Sous le nom de code «3019PHC» se cache le projet d’un chronographe automatique d’un nouveau genre: un calibre qui ne serait pas le fruit du simple rajout d’un module de chronographe à une base automatique. La marque traîne, la concurrence avance. En 1967, la rumeur d’un projet similaire, mené par le groupe sus-cité, pousse Zenith à accélérer le mouvement. L’horloger parvient à lancer El Primero deux mois à peine avant la sortie de celui de ses petits camarades. Sa haute fréquence de 36.000 alternances par heure (contre 18.000 pour un mouvement classique) le rend deux fois plus précis qu’un chronographe standard. Et lui permet surtout d’être le premier du genre à mesurer les temps au 1/10 de seconde. Mais ces qualités intrinsèques ne profitent pas encore au Speedy Gonzales de l’horlogerie.

» LIRE AUSSI – El Primero, le chronographe automatique le plus rapide du monde

En 1971, la marque fondée au Locle (Suisse) en 1865 par un certain Favre-Jacot est vendue à la Zenith Radio Corporation, à l’origine un fabricant de radios et de téléviseurs de Chicago… En prenant le destin de la manufacture helvétique en main, les Américains le brisent. En compétition avec le quartz, El Primero ne se vend pas. Au milieu des années 1970, en pleine débâcle de l’horlogerie traditionnelle, ordre est donné à Zenith d’arrêter la production des mouvements mécaniques et de détruire tous les outillages et les machines nécessaires à la fabrication d’El Primero. C’est grâce à Charles Vermot, responsable de l’un des ateliers que le calibre a pu sauver ses rouages. Avec l’aide de son frère Maurice, il planque 150 étampes, plans et outils, créés pour le fameux calibre, dans le grenier de la manufacture dont ils cimentent la porte d’entrée.

Zenith est revendu, en 1978, à un consortium d’industriels suisses, lesquels entendent ressusciter la production d’El Primero, notamment pour le vendre à de grandes marques de compatriotes en quête d’un mouvement chronographe automatique de haute facture. Grâce au trésor des Vermot, la fabrication peut être relancée.

«Notre objectif est de nous appuyer sur le passé pour construire l’avenir. Ainsi, pour les 50 ans d’El Primero, nous proposons un coffret édité à 50 exemplaires comprenant trois chronographes»

Julien Tornare, PDG de Zenith

Dans les années 1980, Ebel, Panerai, Rolex en équipent leurs montres. El Primero devient une référence horlogère. À tel point que, pendant des années, 80 % de la production de ce sujet d’exception est vendue à autrui. Zenith perd son image, El Primero, sa notoriété en étant enfermé dans des boîtiers qui ne portent pas son nom. Le rachat de l’entreprise par LVMH va changer la donne. En 2001, le Français Thierry Nataf fait de ce calibre la pierre angulaire de sa stratégie et parvient à rendre sexy une marque qui ne l’était pas. Il ouvre le cadran des montres et rend visibles les «battements du cœur» d’El Primero, multiplie les complications horlogères développées sur la base de son mécanisme fétiche. Seulement, les prix flambent. Les puristes et l’industrie crient à la trahison… Nataf est remplacé par le Genevois Jean-Frédéric Dufour (ancien directeur de la manufacture LUC de Chopard et futur président de Rolex) qui s’emploie jusqu’en 2014 à remettre Zenith dans des rails plus orthodoxes avec une offre au design plus apaisé et des modèles rendus nettement plus abordables.

Les trois chronographes du coffret du 50 <sup>e</sup> anniversaire, édité à 50 exemplaires.
Les trois chronographes du coffret du 50 e anniversaire, édité à 50 exemplaires. photomontage Le Figaro

Aujourd’hui, si entre 60 et 70 % des montres Zenith sont équipées d’une base El Primero, sa place soulève plusieurs questions. «Un mouvement aussi connu, plus célèbre que la marque, qui prend autant d’importance, est-ce une faiblesse ou une force pour Zenith ?» s’interrogeait Jean-Claude Biver lorsqu’il dirigeait la branche horlogère de LVMH. «C’est une force quand, aux côtés de ce mouvement icône, on apporte une montre icône, répond Julien Tornare dont l’entreprise produit environ 20.000 garde-temps par an. Notre objectif est de nous appuyer sur le passé pour construire l’avenir. Ainsi, pour les 50 ans d’El Primero, nous proposons un coffret édité à 50 exemplaires comprenant trois chronographes. Le premier est une réédition fidèle de la montre de 1969, le second est un Chronomaster classique dont le mouvement a été optimisé, le troisième est une Defy qui mesure les temps au 1/100 de seconde. Et nous avons disposé dans ce coffret un quatrième coussin pour accueillir un prochain chronographe au 1/1000 de seconde…» En attendant, Zenith annoncera après la foire de Bâle 2019 avoir produit un million de mouvements El Primero depuis cinquante ans.

* Groupe Chronomatic: Breitling, Hamilton-Büren, Heuer et Dubois-Dépraz.

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Calibré, huîtrerie rock du canal Saint-Martin

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LA CRITIQUE D’EMMANUEL RUBIN – Une cambuse bretonne où déguster les  huîtres d’élite de la maison Konkaven dans des préparations frondeuses.

Portée par le bon vent du canal voisin, cette cambuse a quelque chose du jeune groupe de rock. De l’énergie par paquet, l’envie d’aller au public et de faire bouger la salle comme parfois les scènes. Son taulier, Marc Antoine, alias Marco, prend de la place sans déborder. Juste qu’il a déjà baroudé quelques vies et qu’il voulait, pour son adresse, y mettre un peu plus que du sien. Il y a donc mis sa Bretagne, Cancale et les huîtres d’élite de la maison Konkaven. Des garanties non triploïdes, des ultra marines, la haute balistique ostréicole qui se suffit à elle-même pour vous démâter la papille. Et puisqu’on sait depuis les crêpes du Breizh Café et les épices de Roellinger que ceux de Cancale se plaisent à monter le niveau, on dégoupille, ici, quelques préparations frondeuses, percutantes à bousculer la coquille comme les habitudes (huîtres granité au citron, menthe et œufs de poissons volants au wasabi; huîtres et tartare de bœuf, billes de yuzu; huîtres à l’espuma d’hibiscus).

Avec qui? En équipage.

Une, deux, trois assiettes… Assiette de taramas (oursin, Saint-Jacques, piment d’Espelette): de caractère. Bouillon breton d’algues et de bonite: sain. Huîtres chaudes gratinées ail, persil, estragon: gonflées.

Service? Pêchu.

L’addition? Huîtres de 11,50 € (les 6 creuses n° 4) à 38 € (les 12 plates n° 3). Env. 25-30 € les 6 huîtres style tapas.

Quelle table? Toutes sans préférence.

Calibré. 13, rue Lucien-Sampaix (Xe). Tél.: 01 70 23 37 83. Horaires: Tlj sf sam. (déj.), dim. (dîn.) et lun. (dîn.). Métro: Jacques Bonsergent.

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Cocotte et tire-bouchon, beau calibre bistrotier de la Butte

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LA CRITIQUE D’EMMANUEL RUBIN – La rencontre de deux frangins lyonnais et de deux jeunes pointures de fourneaux parigots pour une pleine cuisine de la repartie.

Lorsque deux frangins lyonnais, montés à Paris pour tenter une aventure de comptoir, rencontrent deux jeunes pointures de fourneaux parigots, cela donne parfois ce genre de beau calibre bistrotier. Lequel ajuste, entre petit bonheur de parquet et crépitantes pierres rustiques, une pleine cuisine de la repartie. Un ton autant qu’une touche. De celle qui excite et l’encornet et le tartare, en conciliant l’un et l’autre dans une liaison concombre-sésame. De celle qui réplique cocos de Paimpol et pickles de fenouil au flanc d’un maquereau, sauce aux prunes en avisant des travers de porc, huile d’olive et fleur de sel au cacao d’une ganache. À Lamarck, prêt, foncez!

Avec qui? Copains, compères, poteaux.

Une, deux, trois assiettes… Œuf miso, purée de pomme de terre, champignons grillés: habile rencontre. Tartare d’encornet, concombre et sésame: fringant. Croquettes de pieds de porc, gribiche: compulsif. Du sucré pour la route? Tartelette rhubarbe: le goûter s’invite au zinc.

Service? Frétillant.

L’addition? De 35 € à nettement plus, selon les flacons, l’envie, la compagnie.

Quelle table? Vu l’agencement en couloir, sans préférence!

Cocotte et tire-bouchon. 184, rue Cardinal (XVIIIe). Tél.: 09 53 35 42 83. Tlj de 17  h à 2  h. Métro: Lamarck-Caulaincourt. 

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