Notre histoire, ce n’est pas du passé

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Il paraîtrait qu’il ne faudrait pas parler d’événements comme celui-là, histoire de ne pas nourrir un sentiment de défaitisme chez les Québécois, chez les jeunes surtout. Des pendaisons comme celles des patriotes, c’est bien connu, ça ne fait pas danser dans les chaumières.

Trop tristes ? Trop sombres ? Trop de larmoiements provoqués ? Trop d’idées noires entretenues trop longtemps ? « Il faut regarder en avant et cesser de rabâcher ces vieilles histoires », soutiennent ceux pour qui n’existerait qu’un futur ayant fait l’impasse sur le passé. Sur notre passé.

Cette idée qu’il faudrait ranger une partie de notre histoire au placard est récurrente. On l’a retrouvée dans la chronique de Mme Francine Pelletier le mercredi 23 janvier dans Le Devoir. « Peut-être faudrait-il regarder plus souvent devant plutôt que toujours derrière, se rappeler là où on veut aller, pas seulement là d’où l’on vient », a-t-elle écrit.

Voilà un passé que d’aucuns s’acharnent à faire oublier, qualifiant de radotage contre-productif les rares occasions qui nous sont données de se souvenir pour ne pas oublier.

Le professeur Jocelyn Létourneau, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire et en économie politique du Québec contemporain de l’Université Laval (ouf !), avait mené une enquête, qui a duré dix ans, portant sur la perception qu’ont les jeunes de notre histoire.

Les résultats sont parus chez Fides il y a cinq ans. « La plupart des jeunes Québécois ont ainsi en tête que l’histoire de leur province est teintée par l’idée de la survivance et de la résistance, résume M. Létourneau dans son ouvrage », a-t-on lu dans La Presse.

Plus de 4000 jeunes avaient décrit ce qu’ils pensent du Québec. L’un d’entre eux en avait dit ceci : « La domination des autres pays rendent le Québec ce qu’elle est aujourd’hui. » Létourneau en fait la traduction suivante : « Pour ce jeune, l’aventure québécoise dans le temps se veut tragique en ce qu’elle résulte d’une volonté extérieure au Nous, sorte de contrainte que l’Autre a imposée au Québec et qui a freiné son accomplissement dans ce qu’il aurait pu être ou dû devenir. »

Ici, le jupon du lauréat en 2006 de la bourse de 225 000 $ de la fondation Pierre-Elliott-Trudeau dépasse. Cet Autre, qui revient toujours sous une forme ou sous une autre, n’aurait rien imposé au Nous ?

Doit-on comprendre que la trajectoire du peuple québécois, tout au long de son histoire, n’aurait été qu’une suite ininterrompue d’orgasmes collectifs, de sublimes plaisirs partagés, de moments de grâce irrésistibles ? Qu’il aurait été de mise de se tordre de plaisir en voyant l’armée britannique conquérir le pays ?

Qu’on aurait dû sortir les chaises pliantes, comme pour les feux d’artifice de La Ronde, pour admirer le spectacle offert par les troupes dirigées par le major Scott, qui ont mis le feu aux maisons de la Côte-du-Sud, de Kamouraska à Lévis, dans ce qu’on a appelé l’année des Anglais, en 1759, après avoir détruit les fermes de la Côte-de-Beaupré, de Baie-Saint-Paul et de La Malbaie et en assassinant au passage, à Montmagny, l’ancêtre direct de Philippe Couillard et ses deux oncles ?

Qu’il aurait été plus seyant d’applaudir quand ils ont pendu Chevalier de Lorimier, Joseph-Narcisse Cardinal, les frères Sanguinet et tous les autres, comme nous l’a rappelé l’historienne Micheline Lachance dans un texte saisissant publié dans Le Devoir à l’occasion du 175e anniversaire des exécutions ?

« Ce qui m’a le plus frappée dans les récits et témoignages laissés par leurs contemporains ? La répression féroce exercée par les autorités coloniales : patriotes traqués comme des bêtes dans les bois, femmes et enfants chassés de leurs foyers à moitié nus, jeunes filles ligotées et violées, récoltes pillées, fermes saccagées… »

Qu’il aurait été plus poli de tuer le veau gras à la formation de la Confédération canadienne, même si on a oublié de nous consulter ?

Dans ses Insolences publiées en 1960, il y a donc 59 ans, le célèbre Frère Untel racontait comment il avait testé les connaissances de ses élèves de 10e année en leur faisant écrire la première strophe de l’hymne Ô Canada. Parmi les trouvailles des étudiants d’Alma, il y avait celle-ci :

« Ton histoire est une des pas pires » en lieu et place de « Ton histoire est une épopée » !

Un lapsus révélateur que celui-là ! Quand on y regarde de plus près, en effet, on a une histoire pas pire pantoute.

Déplorer, comme l’avait fait Létourneau, que le peuple québécois ait pratiqué la résistance pour assurer sa survivance, après les heures difficiles qu’il a dû traverser, cela relève d’une mauvaise foi éhontée. Un bon petit peuple par ailleurs, qui honore ses conquérants en leur érigeant des statues ou en donnant leur nom à des lieux publics : Wolfe, Amherst, Sherbrooke, Durham.

Enfin, quand on constate à quel rythme effarant sont démolies, dans une indifférence quasi généralisée, des centaines de maisons historiques ou patrimoniales pour faire place bien souvent à des centres commerciaux d’une laideur consommée ou à des parkings, on se dit que c’est la même logique exposée par Mme Pelletier qui s’applique : faire table rase du passé pour le remplacer par du n’importe quoi. Pour autant que ce soit recouvert du vernis du postmodernisme…

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La démocratie n’est plus ce qu’elle était

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Une nouvelle forme de démocratie est apparue au tournant du siècle avec l’accession au pouvoir de Poutine en Russie, suivie de celle d’Erdogan en Turquie : ces deux régimes sont emblématiques de la démocratie autoritaire qui a pris corps aujourd’hui dans quelques pays d’Europe et d’Amérique. Ce pouvoir tient de la démocratie dans la mesure où il tire sa légitimité des urnes : Poutine et Erdogan ont été élus et réélus, et nul ne conteste la popularité des deux dirigeants. Là s’arrête l’analogie ; là aussi se situe la perversité de ce régime. Car la façade démocratique masque l’inexorable érosion des libertés publiques, la mise à l’écart des contre-pouvoirs nécessaires au fonctionnement de la démocratie, tout cela conduisant à une absence de conscience citoyenne et d’espace pour le débat public, enfin à l’absence d’alternance politique puisque tous les accès au pouvoir sont verrouillés par le dirigeant en place.

Ce régime corrompt à volonté : « Il y a trois moyens d’agir sur les hommes : le chantage, la vodka et la menace d’assassinat » (Poutine, cité par F. Thom dans Politique internationale, no 87). Il réprime quand la menace ne suffit pas et tue quand la répression n’agit pas. Il supprime toute dissidence, imprime une marque tentaculaire sur la société qui, en tant qu’entité autonome, n’existe plus. Vieille recette d’autocrate maquillé en démocrate : le peuple n’est souverain que dans le vote ; une fois qu’il a voté, toute la souveraineté revient au pouvoir, le peuple lui ayant abandonné sa liberté. D’ailleurs, il joue le peuple contre les élites, suivant une logique de violence physique et morale dont la finalité est l’hypertrophie de son propre pouvoir. […]

Vivre de peur et semer la peur

Au Québec comme dans toute démocratie libérale, le pouvoir tire sa légitimité non seulement des urnes, mais du fait « qu’il est établi et exercé d’après les règles établies depuis longtemps, connues et acceptées par tous, interprétées et appliquées sans flottements ou hésitations, avec un accord unanime, selon la lettre et l’esprit des lois, renforcées par les traditions » (G. Ferrero, Pouvoir, les génies invisibles de la Cité, 1945). Le respect des règles de jeu est à la source du bon fonctionnement des institutions et de l’alternance nécessaire au renouvellement de nos gouvernants. Depuis le début du siècle, le Québec a connu cinq alternances (PQ, PLQ, PQ, PLQ, CAQ), le Canada trois (PLC, PCC, PLC), les États-Unis trois (Bush, Obama, Trump), la France quatre (Chirac, Sarkozy, Hollande, Macron)… : les libertés se portent bien là où l’information circule facilement, où le débat se fait ouvertement, bref, là où le pacte invisible mais réel entre gouvernants et gouvernés, et entre les citoyens eux-mêmes, est appliqué selon le principe de reconnaissance.

Tout autre est le ressort de la démocratie autoritaire : « […] les hommes ont peur du Pouvoir qui peut les frapper ; le Pouvoir a peur des hommes qui peuvent se révolter » (Ferrero, op.cit). Poutine et Erdogan sont dans la logique machiavélienne du pouvoir : il vaut mieux être craint qu’aimé. Tout est et doit être subordonné au pouvoir. Ombrageux (il se méfie de tout et de tous), agressif (Poutine massacre les Tchétchènes et Erdogan, les Kurdes), glouton (il absorbe sans vergogne tous les autres pouvoirs), ce régime perd son essence démocratique et se mue en autocratie. Au pouvoir depuis 2000, Poutine n’alterne qu’avec son alter ego Medvedev. Au pouvoir depuis 2003, Erdogan substitue à l’héritage kémaliste un califat islamique fait à sa mesure et soumis à sa poigne.

Pendant longtemps, notre bonne vieille démocratie libérale n’avait pour rivale que la dictature : au moins, on savait à quoi s’en tenir. Aujourd’hui, elle doit frayer avec une forme de pouvoir qui lui est apparentée, mais avec laquelle les liens sont ceux d’une famille incestueuse et dénaturée.

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ce que l’on pourra y voir

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EN IMAGES – L’édition 2019 du Salon Rétromobile s’annonce palpitante. Ventes, motos, blindés, engins de chantier, bolides de compétition ou encore œuvres d’art seront de la fête. Voici un récapitulatif des animations proposées par ce salon de la voiture ancienne.

Parmi les modèles anciens qui seront exposés à l’occasion du salon parisien (du 6 au 9 février 2019), on relève quelques machines insolites et expositions qu’il ne faudra pas manquer. Tout d’abord, les amateurs de BMW seront heureux d’apprendre que la marque de Munich effectue son grand retour cette année. La marque Mini profite également de l’événement pour fêter ses 60 ans.

D’autres anniversaires donneront lieu à des expositions de véhicules emblématiques, comme les 100 ans de Citroën, les 100 ans des motos Gnome et Rhône, mais aussi les 45 ans du moteur français V6 PRV. On pourra également observer le plus grand rassemblement de voiturettes Bédélia au monde, puisque 14 exemplaires sur les 18 encore existants seront exposés. Le Musée National de la Voiture de Compiègne ne sera pas en reste, et apporte une collection de De Dion-Bouton ainsi que l’unique concept Lamborghini Flying Star II présenté au salon du Turin en 1966.

Le National Motor Museum de Beaulieu et les Transports Prevost vont présenter la BRM Type 15 de 1950, une voiture de Grand Prix britannique dont la restauration vient d’être achevée. Si vous cherchez plutôt des engins imposants qui se jouent des terrains difficiles, notez que le Musée des Blindés de Saumur et l’association UNIVEM exposent les blindés Panzer IV et Sherman qui se sont affrontés durant la Seconde guerre mondiale. Du côté des engins de chantier, on pourra admirer un titanesque camion Berliet T100 avec ses cinq mètres de haut et de large, ses 15 mètres de long et une masse avoisinant les 50 tonnes.

Le salon Rétromobile abritera aussi un emplacement dédié aux artistes et à leurs œuvres, et il sera possible de faire dédicacer vos ouvrages automobiles favoris par certains auteurs. Enfin, en plus de la vente aux enchères menée par Artcurial, l’espace réservé à la vente de véhicules de collection à moins de 25 000 euros est maintenu cette année. Il se double une autre aire dédiée à la vente de motos anciennes.

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3 sorties kids friendly ce week-end

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La vente de plantes solidaire, par Bergamotte

La maison de fleurs Bergamotte ouvre ses portes le dimanche 27 janvier à l’occasion d’une vente solidaire : pour chaque plante achetée, 2 euros seront reversés au réseau d’apiculteurs « Un toit pour les abeilles ». L’occasion de dégoter des belles plantes, bouquets et fleurs séchées, tout en protégeant les abeilles, actrices clés de notre écosystème.
Au programme : mini plantes pour petits budgets, plantes tropicales… Un bon moyen d’apprendre aux plus petits l’importance de la biodiversité !


La Vente de plantes solidaire, Bergamotte
12 rue des Pyramides, Paris 75001.
Dimanche 27 janvier, de 11H à 18H.
Plus d’infos

Douce parenthèse, le slow market au coeur de Lyon

Elodie, fondatrice de webzine éthique « La Défripe » et Sophie, créatrice de l’agence Calissi et Lyon Can Do it, nous invitent à retrouver les acteurs du « slow market » le temps d’une journée, dans deux semaines.
Au programme : séance de yoga, ateliers DIY et bien-être, shopping avec Bon Fripe Bon Genre, ventes de plantes et légumes, débats et conférences animés par des pointures du secteur…
Et pour les kids ? Une programmation dédiée pour les 5-12 ans ponctuée d’ateliers participatifs (avec Eveil Actif) résolument feel good.


« Douce parenthèse – slow market »
Mob Hôtel, 55 Quai Rambaud, 69002 Lyon.
Samedi 9 février, de 10H à 19H.
Entrée libre, ateliers kids sur réservation
Plus d’infos et résa

Yoga en famille à l’Aquarium de Paris

Depuis quelques semaines, l’Aquarium de Paris propose une expérience spirituelle et visuelle des plus étonnantes : des sessions de yoga (accessible aux débutants) dans une salle entourée des plus beaux spécimens aquatiques. Une initiation yoga et méditation pour les parents et les enfants à partir de 10 ans, grâce à des postures liées à l’univers marin (comme le dauphin ou le flamant rose).
NB : préparez votre tapis et tenue de sport, puis jetez-vous à l’eau !


Yoga à l’Aquarium de Paris
5 avenue Albert de Mun, 75016 Paris
Dimanche 27 janvier, de 11h à 12H
Enfant : 10€, Parents : 20€
Plus d’infos et resa

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Ce qui fait souffrir les personnes handicapées

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Un procès vient de commencer dans lequel les demandeurs veulent mettre fin à leurs jours avec l’aide d’un médecin. Actuellement, l’aide médicale à mourir est offerte aux personnes dont la fin de vie est proche selon l’évaluation des médecins. Toutefois, dans ce cas, les demandeurs ne sont pas en fin de vie. Voilà que la question du suicide assisté, car il s’agit bien ici de suicide, se retrouve sous les projecteurs.

Cependant, cette question dépasse grandement la situation personnelle de ces deux personnes, et ses conséquences sont trop importantes pour la traiter uniquement devant les tribunaux. Ce procès attire évidemment son lot d’articles, de chroniques, de reportages et de déclarations publiques, dont la grande majorité n’arrive pas à transmettre l’extrême complexité des enjeux sous-jacents. Voici donc quelques pistes à creuser pour réellement aborder ce qui cause la souffrance des personnes handicapées au Québec.

D’abord, les services de soutien à domiciles ont été réduits au strict minimum. En conséquence, de nombreuses personnes handicapées doivent manger des plats congelés et dépendre de leurs aidants naturels déjà épuisés pour des tâches leur permettant de vivre chez elles et de contribuer à la société. Les personnes dont le handicap est jugé trop sévère se trouvent, quant à elles, condamnées à vivre en CHSLD. Ai-je besoin de répéter que la qualité de vie y est médiocre et que ce milieu n’est aucunement adapté aux gens loin de l’âge d’or ? Des modèles permettant aux personnes handicapées de vivre de façon autonome et de participer à la société grâce à de l’assistance individuelle existent. Pourquoi le gouvernement ne cesse-t-il de restreindre le soutien à domicile et de ghettoïser les personnes handicapées ?

Importantes compressions

Toutefois, les compressions ne s’arrêtent pas là. Les programmes permettant de réduire les obstacles auxquels font face les personnes handicapées ont tous connu d’importantes compressions. L’éducation, l’emploi, les transports en commun, les lieux ouverts au public, les soins de santé, aucune sphère de la vie n’a été épargnée par la diminution du soutien nécessaire pour pallier ou éliminer les obstacles à la participation sociale des personnes handicapées.

La Commission des droits de la personne nous informe que 60 % des plaintes qu’elle reçoit concernent le handicap. Dans un monde où les emplois, les lieux ouverts au public, les transports, l’éducation sont inaccessibles, où le financement pour faire disparaître ces barrières fond comme neige au soleil et où des stéréotypes négatifs et discriminatoires sont véhiculés dans la sphère publique, est-il surprenant que certaines personnes handicapées veuillent se suicider ?

La Loi concernant les soins de fin de vie adoptée par le Québec a fait l’objet d’une réflexion publique approfondie. Une importance particulière a été accordée au renforcement des options offertes en fin de vie, comme la disponibilité des soins palliatifs. Évidemment, il faut demeurer vigilant et s’assurer que ces options sont réellement mises en place, car sans elles, il ne s’agit plus d’un choix éclairé. Quelles options s’offrent aux personnes handicapées qui sont forcées de vivre en CHSLD ou à celles qui ne voient plus de sens à leur vie tant elles sont exclues de la société ? En l’absence d’options adéquates pour vivre dans la dignité, le consentement des personnes qui souhaitent mourir a-t-il la même valeur ?

Plus que jamais, le gouvernement doit agir pour que les personnes handicapées puissent vivre dignement. La réponse à la volonté de mourir d’une personne handicapée devrait être la même que pour une personne non handicapée : le suicide n’est pas une option. Ensemble, nous devons bâtir une société dans laquelle chacun peut vivre dans la dignité et sentir qu’il occupe une place importante et valorisée.

 

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Aide médicale à mourir: souffrir jusqu’à ce que mort soit prévisible

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Le critère de mort « raisonnablement prévisible » prévu par la loi fédérale sur l’aide à mourir a mené à un imbroglio juridique, aujourd’hui exacerbé par le procès entamé par deux malades québécois incurables qui en sont privés. L’expérience belge démontre que d’autres issues sont possibles.

Après les Pays-Bas, la Belgique a été le second pays européen à décriminaliser l’euthanasie en 2002. Or l’expérience vécue depuis 15 ans dans le plat pays apporte un éclairage fort pertinent sur les forces et les failles des lois encadrant ce choix de fin de vie.

« Nous nous sommes battus dès la rédaction de la loi pour ne pas limiter l’accès à l’euthanasie aux personnes en phase terminale, car pour beaucoup de malades aux prises avec de multiples pathologies incurables, le décès n’est pas prévisible », affirme Me Jacqueline Herremans, présidente de la Commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie en Belgique ainsi que de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité.

D’ailleurs, le dernier rapport de la Commission fédérale belge, déposé en juillet 2018, est probant. Jusqu’à 15 % des demandes d’euthanasie déposées en 2016-2017 ont été faites par des patients dont l’échéance de vie était jugée « lointaine ».

La mort, sans cesse repoussée

Parmi eux, des patients atteints d’affections autres que des cancers (64 %), notamment de maladies neurodégénératives (7 % du total), de troubles respiratoires ou cardiaques graves (8 %) et de « polypathologies » (jusqu’à 16 %). Les avancées de la médecine font des miracles, mais elles augmentent en revanche le nombre de personnes survivant avec des pathologies graves, à un âge de plus en plus avancé.

Selon Me Herremans, la loi belge donne préséance à l’autonomie du patient et au caractère irréversible et intolérable de sa souffrance plutôt qu’à l’imminence de sa mort.

En Belgique, l’échéance non prévisible du décès n’empêche pas l’accès à l’aide à mourir, elle ne fait qu’ajouter des conditions à l’autorisation de la demande, notamment par la consultation obligatoire d’un spécialiste de la pathologie concernée et d’un psychiatre.

 

 

« La demande peut être faite un mois avant la mort anticipée, ou 5 ans, 10 ans, 20 ans. La loi belge est fondée sur la volonté du patient, mais cela s’effectue toujours dans un contexte médical guidé par les souffrances graves et incurables », insiste-t-elle.

Des patients comme Nicole Gladu et Jean Truchon, les deux patients incurables à l’origine du procès qui bat son plein au Québec, pourraient donc fort probablement être admissibles à l’euthanasie en Belgique, à moins d’un avis médical contraire.

Un noeud

Pour la juriste belge, la loi canadienne est venue « poser une difficulté » avec le critère de mort « raisonnablement prévisible ». Le libellé assimile ce soin à un moyen médical d’abréger une vie déjà sur son déclin plutôt qu’à une issue pour soulager le cul-de-sac thérapeutique vécu par les patients condamnés à d’atroces souffrances. « Il y a un certain dolorisme dans cette vision », pense Me Herremans.

En Belgique, le législateur a dû s’ajuster au fil des ans aux situations nouvelles, notamment en ouvrant l’accès à l’aide à mourir aux personnes atteintes de troubles psychiatriques graves en 2008 et en devenant le premier pays à autoriser l’euthanasie pour les mineurs de plus de 12 ans en 2014. Seulement trois mineurs se sont prévalus de la loi depuis, et la loi limite l’accès aux jeunes dont la mort est prévue à brève échéance.

« Cela a engendré des débats complexes, mais l’ouverture aux mineurs a été appuyée par le même nombre de votes à l’Assemblée législative que la première mouture de la loi en 2002. Car la société évolue avec la loi », précise Me Herremans.

Une lente évolution

Le nombre de demandes d’euthanasie en Belgique est passé de 259 en 2003 à 2309 en 2017. Depuis 15 ans, plus de 17 000 Belges se sont prévalus de la loi, dont 4337 en 2017, soit 181 par mois. Étonnant ? La population vieillit, les cas de cancers et les polypatholgies augmentent, affirme Me Herremans.

 

 

« Au début, personne ne s’objectait à ce qu’on accorde l’euthanasie à une personne mutilée par un cancer. Quand une patiente de 39 ans souffrant de sclérose en plaques a fait la première demande, ce fut la surprise. Nous avons dû convenir que d’autres gens pouvaient vivre des impasses qui répondaient aux critères de la loi », explique-t-elle.

À preuve, même le chef du Parti démocrate-chrétien, dont la formation s’était vivement opposée à la loi en 2002, a fini par demander l’euthanasie au crépuscule de sa vie. « La plasticité de la loi » a permis que celle-ci s’adapte au contexte social et à l’évolution de la médecine.

Pente glissante

Quant au danger de la « pente glissante » brandi par les détracteurs d’une loi trop permissive, l’avocate y voit une vue de l’esprit puisque l’aide à mourir, même en Belgique, ne représente toujours que 2 % des décès totaux. « En partant de zéro, c’est sûr que les demandes augmentent. Mais avant, il y avait beaucoup, beaucoup d’euthanasies clandestines, pratiquées avec des cocktails douteux, sans aide ni accompagnement du patient pour en arriver à une solution mûrement réfléchie. »

Pour la présidente de la Commission fédérale belge, ce sont les patients qui font évoluer les élus, qui souvent manquent de courage politique sur cette question. « On [la Belgique] est aujourd’hui à l’aise avec des situations nouvelles. S’ils interrogeaient leurs électeurs, dit-elle, les élus verraient que la majorité des citoyens sont plus ouverts qu’ils ne le pensent et favorables à une évolution. »

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Que réserve l’avenir de Brian Gallant, ce jeune ex-premier ministre?

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Brian Gallant a toujours eu un plan en tête. Mais aujourd’hui, à 36 ans, l’avenir du plus jeune ex-premier ministre du Nouveau-Brunswick constitue une vaste inconnue.

« Toute ma vie, j’ai su ce que je voulais faire », déclarait M. Gallant vendredi à La Presse canadienne dans une entrevue accordée après l’annonce surprise de sa démission anticipée de ses fonctions de chef du Parti libéral du Nouveau-Brunswick. « Maintenant, je ne sais vraiment pas ce que je vais faire : la toile est complètement blanche. »

Le député de Baie-de-Shédiac — Dieppe a indiqué sans équivoque que son passage en politique provinciale touchait à sa fin — il ne sera pas du prochain scrutin —, mais il n’a pas complètement exclu la scène fédérale. Il promet simplement de « continuer à contribuer à la province et au pays […] que ce soit par mon travail ou par du bénévolat ».

Avec 10 « fantastiques » députés libéraux fédéraux (sur 10 comtés), M. Gallant estime qu’une nouvelle candidature ne semble pas nécessaire avant les élections d’octobre. « J’ai bien hâte de les soutenir autant que je le pourrai et de soutenir les libéraux fédéraux dans ce qui, selon moi, sera une campagne électorale réussie », a déclaré M. Gallant, ajoutant qu’il fera de même pour les libéraux provinciaux lors du prochain scrutin — qui pourrait être déclenché plus tôt que l’on croit.

L’Assemblée législative tient actuellement par un accord informel d’une durée de 18 mois entre les progressistes-conservateurs et l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, un petit parti de droite, opposé au bilinguisme, qui a accepté de soutenir le gouvernement minoritaire conservateur après les résultats électoraux très serrés du 24 septembre. L’accord a permis aux conservateurs — qui ont remporté 22 sièges, un de plus que les libéraux — de compter sur trois sièges supplémentaires pour obtenir une mince majorité d’un seul député en Chambre.

« Nous sommes dans une situation différente de celle que le Nouveau-Brunswick a connue depuis cent ans », a souligné M. Gallant. « Les partis politiques — en particulier les deux soi-disant » partis traditionnels « — étaient plutôt habitués jusqu’ici à des cycles de quatre ans. »

Pas de temps à perdre

Mais M. Gallant estime que devant un tel gouvernement minoritaire, le Parti libéral ne peut se permettre de passer un an ou plus à se reconstruire et à organiser un congrès à la direction. Face à la possibilité d’une élection anticipée imminente avec chaque vote de confiance en Chambre, M. Gallant croit que le Parti libéral devra se choisir un chef rapidement.

Le président du caucus libéral, Jean-Claude D’Amours, a déclaré qu’il travaillait avec ses collègues pour préparer les prochaines étapes en vue du choix d’un chef intérimaire d’ici la mi-février — la réunion du caucus d’hiver — et qu’il a également suggéré des dates pour le congrès à la direction.

M. Gallant s’est bien gardé de suggérer des noms pour celui ou celle qui devra le remplacer. Il a par ailleurs exprimé sa préoccupation face aux mouvements populistes de droite qui se manifestent un peu partout en Occident ces temps-ci. « Il est inquiétant de voir toutes ces divisions qui se créent […] ces mouvements populistes qui ont pris de l’ampleur dans les pays occidentaux », a-t-il dit.

Bien que M. Gallant ait déclaré que ces mouvements partent souvent de préoccupations légitimes — telles que l’inégalité croissante des revenus —, ils peuvent être exploités par des politiciens « qui ne respectent pas nécessairement les faits et qui sont plus intéressés à profiter des préoccupations citoyennes ».

Selon M. Gallant, le dernier scrutin au Nouveau-Brunswick démontre que le Canada n’est pas à l’abri de tels mouvements populistes. Mais il ne croit pas que cette tendance se répétera lors des élections fédérales. « Je pense que le premier ministre Justin Trudeau et le gouvernement fédéral ont fait du bon travail en essayant de répondre à plusieurs des préoccupations qui sont au coeur de ces mouvements », a-t-il estimé.

M. Gallant a déclaré que même s’il a l’intention pour le moment de demeurer député de sa circonscription natale, il pourrait éventuellement revenir à la pratique du droit ou oeuvrer dans le monde des affaires.

« Lorsque je prends du recul et que je mets les choses en perspective, je réalise que j’ai eu l’occasion d’être le premier ministre de notre province, de prendre des décisions qui ont un impact réel et qui peuvent faire la différence ». Et bien que quitter le poste de chef du parti constitue « un jour sombre pour lui », il s’estime « incroyablement chanceux ».

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Ce que sera fiscalement 2019

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L’année 2019 sera meublée du premier budget du gouvernement Legault et des élections au fédéral. Dans l’attente de ces rendez-vous, le contribuable aura de petits quelques choses à se mettre sous la dent. En voici un survol sans prétention, tiré de l’information disponible auprès de l’Agence du revenu du Canada et de Revenu Québec.

En 2019, le taux d’indexation du régime d’imposition québécois est de 1,71 %, de 2,2 % au niveau fédéral.

Au fédéral, l’allocation canadienne pour les travailleurs (ACT) remplacera la prestation fiscale pour le revenu de travail. Dans le cadre de l’accord de bonification du Régime de pensions du Canada, Ottawa a augmenté les versements dans le but de compenser, plus ou moins, les cotisations additionnelles au régime versées par les travailleurs à faible revenu. La prestation est réduite à un taux de 14 % sur chaque dollar qui dépasse le seuil de réduction progressive (projeté, pour 2019, à 16 925 $ et à 12 256 $ pour les familles et les particuliers, respectivement).

Les paramètres de l’ACT s’appliquent de façon particulière au Québec, afin qu’ils se coordonnent aux particularités de l’aide sociale et de la prime au travail déjà existante au Québec. Cette prime générale passe à 873,60 $ pour une personne seule, à 1363,32 $ pour un couple sans enfants et à 3246,00 $ pour un couple avec enfants. Le seuil de réduction est à partir de 10 720 $ pour un adulte, de 16 584 $ pour un couple.

Dans la foulée de la bonification du Régime des rentes du Québec, le maximum des gains admissibles passe de 55 900 $ à 57 400 $. Le taux de cotisation de base reste à 5,4 % (pour l’employé), mais une première cotisation supplémentaire, de 0,15 %, s’ajoute. La cotisation de base maximale pour l’employé passe de 2829,60 $ à 2910,60 $, à laquelle s’additionne la cotisation supplémentaire maximale de 80,85 $.

Pour le Québec, le taux maximum de cotisation à l’assurance-emploi passe de 1,30 $ à 1,25 $ par tranche de 100 $ de rémunération assurable. Le maximum de la rémunération assurable est de 53 100 $, comparativement à 51 700 $ en 2018. La contribution maximale de l’employé sera de 663,75 $, contre 672,10 $ en 2018.

Dans le cadre du Régime québécois d’assurance parentale (RQAP), le maximum de revenus assurables passe de 74 000 $ à 76 500 $. Le taux de cotisation de l’employé est abaissé, de 0,548 % à 0,526 % pour les salariés, pour une cotisation maximale de 402,39 $ contre de 405,52 $ en 2018.

À compter du 1er janvier, la contribution de base au service de garde subventionné est de 8,25 $ par jour par enfant. Une contribution additionnelle s’applique à partir d’un revenu familial net de 52 220 $ en 2018. S’il est supérieur à 52 220 $ mais inférieur ou égal à 78 320 $, la contribution additionnelle sera de 0,70 $ par jour pour le premier enfant. S’il est supérieur à 78 320 $ mais inférieur ou égal à 166 320 $, elle oscillera entre 0,70 $ et 13,90 $, pour se maintenir à 13,90 $ s’il est supérieur à 166 320 $. La contribution additionnelle est réduite de moitié pour le second enfant. Aucune contribution additionnelle n’est demandée à l’égard du troisième enfant et des suivants.

Le crédit d’impôt remboursable pour le soutien aux enfants devient le crédit d’impôt remboursable accordant une allocation aux familles. Le montant maximal pour un deuxième et troisième enfant est bonifié de 500 $.

La période d’admissibilité au crédit d’impôt RénoVert est prolongée jusqu’au 31 mars 2019 pour tous les travaux admissibles. Le montant maximal du crédit pour les années 2016 à 2019 est de 10 000 $. Il correspond à 20 % de la partie des dépenses admissibles qui excède 2500 $, payées après le 17 mars 2016 et avant le 1er janvier 2020.

Le plafond du CELI monte à 6000 $, contre 5500 $ en 2018.

Le 1er janvier, le taux de cotisation par défaut à un régime volontaire d’épargne-retraite (RVER) passera de 3 % à 4 % du salaire brut.

Ottawa applique des mesures visant à limiter la possibilité pour les sociétés privées sous contrôle canadien (SPCC) qui détiennent d’importants placements passifs de bénéficier du taux d’imposition préférentiel pour les petites entreprises et à restreindre l’obtention de remboursements d’impôt payé sur les revenus de placement lorsque les SPCC distribuent des dividendes à même des revenus assujettis au taux général d’imposition.

Bonne année !

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Cachez ce tee-shirt que je ne saurais voir!

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Au mois de juin dernier, après avoir manifesté contre le G20 dans les rues de Québec, j’ai été invité à un spectacle d’humour et de poésie durant la soirée qui a suivi. Animé par Fred Dubé, j’ai pu voir une jeune slameuse accompagnée d’un guitariste qui me rappelait un peu Jimmy Hendrix. Elle portait une tenue décontractée, comme les autres, ce qui ne m’a en rien choqué. Cette jeune femme se nomme Catherine Dorion. C’était la première fois que je la voyais et je l’ai trouvé décapante. J’ai su par la suite qu’elle serait candidate pour QS dans Taschereau. Comme elle représentait pour moi une certaine marge culturelle, je n’aurais jamais pensé qu’elle pouvait être élue le 1er octobre dernier. Et pourtant…

La tenue vestimentaire de la nouvelle députée de Taschereau fait couler beaucoup d’encre. Beaucoup trop à mon avis. J’ai vraiment apprécié les repères historiques sur la question dans la chronique de Jean-François Nadeau du 10 décembre et j’ai applaudi à la lecture du papier de Francine Pelletier de cette semaine. Malgré tout, je n’en reviens toujours pas qu’on en fasse tout un plat.

Des lecteurs du Devoir s’insurgent contre les habits non conventionnels que porte madame Dorion dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. En raison de quels diktats représenterait-elle mal ses électeurs ? De quel crime l’accuse-t-on ? On veut la caser, la remettre à sa place, malgré l’absence de règles claires. J’aurais plein d’exemples à donner pour remettre les choses en perspective. Mon fils aîné travaille chez Ubisoft dans le Mile-End. Lorsqu’il m’arrive d’aller à sa rencontre, je croise une majorité de ses camarades de travail qui portent les vêtements caractéristiques de ce milieu. Souvent des jeans bleus ou noirs, des casquettes et des hoodies. Ce n’est pas très BCBG.

Ma blonde, qui a travaillé pour de nombreuses firmes privées, m’a souvent expliqué que le vendredi, il est permis de porter un jean. À l’américaine. Le jean est-il un vêtement décontracté permettant de s’encanailler à l’aube du congé hebdomadaire ? Le jean est-il perçu comme un symbole de liberté ? Est-ce un drame pour autant ? Je n’en crois rien. Alors pourquoi s’en prendre à chacune des pièces de vêtement de Catherine Dorion ? Après sa tuque, son tee-shirt, sa camisole arrivent ses Doc Martin’s. Écoutez plutôt ce qu’elle a à dire. Et croyez-moi, ce n’est qu’un début, car son discours vous dérangera beaucoup plus que ses vêtements.

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Ce robot humanoïde russe est en fait un humain déguisé

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Le robot appelé Boris participait à un spectacle pour enfants au congrès jeunesse sur la technologie Proyektoria, à Iaroslavl, au nord-est de Moscou.

« Boris le robot a déjà appris à danser et il n’est pas si mauvais », a affirmé avec tout le sérieux du monde le présentateur de la chaîne Russia-24, en décrivant le spectacle.

Qu’il ait été inconscient ou pas de sa méprise, le présentateur a poursuivi en ajoutant qu’il était « entièrement possible que l’un de ces [étudiants] se consacre à la robotique [dans le futur], d’autant plus qu’ils ont l’occasion de voir les robots les plus modernes à ce congrès ».

Si les déclarations du présentateur de Russia-24 peuvent sembler tendancieuses, le congrès de technologie Proyektoria n’a jamais de son côté prétendu qu’il s’agissait d’un véritable robot.

Des internautes alertes ont d’ailleurs remarqué que quelque chose n’allait pas dans cette présentation, puisque les mouvements du robot semblaient trop humains pour être ceux d’un vrai robot. L’absence de capteurs externes et la taille analogue à celle d’un être humain leur ont également paru suspectes.

La découverte d’une photo montrant le robot de dos est venue confirmer les doutes de ces internautes, puisqu’il est possible d’y voir le cou de l’acteur à l’intérieur du costume.

Le déguisement a été conçu par une entreprise du nom de Show Robots et est vendu environ 5000 $.

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