Pour la survie du Prix littéraire des collégiens

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La nouvelle de l’appui du Prix littéraire des collégiens par le géant Amazon suscite la controverse depuis quelques jours. Évoquant « la réaction désolante de plusieurs acteurs du milieu du livre au Québec », madame Claude Bovet Bourgie, cofondatrice du Prix littéraire des collégiens et présidente de la Fondation Marc Bourgie, annonçait le 14 novembre la suspension de son édition 2019.

En tant que professeurs de français et de littérature au collégial — et donc principaux animateurs du Prix littéraire des collégiens —, nous souhaitons mettre en perspective la réaction du milieu littéraire, qui n’a selon nous rien de « désolant », au contraire : elle témoigne d’un engagement exceptionnel envers une activité pédagogique liée à la valorisation de la littérature québécoise, qui mérite non seulement de survivre à ces soubresauts, mais d’en sortir plus forte.

Si nous ne pouvons tolérer la présence du logo d’une entreprise comme Amazon sur le matériel promotionnel du Prix littéraire des collégiens, c’est surtout parce que cette entreprise fait une concurrence déloyale aux libraires, qui sont les principaux garants de la vitalité du marché du livre au Québec. Pour le dire simplement : chaque fois qu’Amazon vend un livre, c’en est un autre qui disparaît des rayons. On ne rend pas une culture invisible autrement.

Chaque nouveau gouvernement prétend que la culture et l’éducation sont importantes à ses yeux. L’occasion est belle de prouver que ce ne sont pas là que des discours. Les organisateurs du Prix expliquent que le projet n’entre dans aucune catégorie des demandes de subvention. Pourtant, il permet de maintenir une activité pédagogique tout à fait en phase avec les objectifs du ministère de l’Éducation, tout en contribuant au développement de la littérature québécoise. Pour quelles raisons les différents organismes subventionnaires font-ils ici la fine bouche ? Est-ce que ce sont les formulaires qui font les gens, ou les gens qui font les formulaires ?

Nous demandons, par conséquent, l’intervention du gouvernement afin que cette activité soit maintenue et valorisée sur le long terme. Que monsieur Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, et madame Nathalie Roy, ministre de la Culture et des Communications, s’engagent concrètement en faveur de ce Prix et des collégiens qui le portent.

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Prix littéraire des collégiens: sous le rouleau compresseur

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Sans tambour ni trompette, le Prix littéraire des collégiens s’est associé cette année à un partenaire financier qui, sur le fil fragile du milieu littéraire, fait figure de rouleau compresseur. Ce géant de la vente en ligne au rabais est nul autre qu’Amazon.

Annoncée jeudi en même temps que les titres des finalistes du prix littéraire, cette alliance a eu l’effet d’une douche froide. Des auteurs aux libraires, une chaîne du livre en émoi a dénoncé l’incursion à pas feutrés, dans le giron d’un prix chouchou, de ce géant planant sur la survie des petits joueurs indépendants.

Depuis ses débuts au tournant des années 2000, Le Devoir soutient le Prix des collégiens, dont le prestige n’a d’égal que la noblesse de sa mission : dans les suites du Goncourt des lycéens en France, il promeut la littérature québécoise auprès des étudiants des collèges, dans un alliage tout aussi rare qu’exemplaire d’éducation et de culture. Le Devoir savait-il que le géant Amazon, membre de la confrérie GAFA qui roule aussi sur notre industrie son compresseur à milliards, allait s’associer au Prix des collégiens ? Non. Nous l’avons appris alors que c’était chose faite. Mais qu’on se rassure : nous honorerons notre engagement de partenaire diffuseur, comme convenu.

Derrière cette « histoire de gros sous », quel symbole ! Un géant du commerce électronique accusé par les libraires de concurrence déloyale soutient un prix dont l’objectif est la circulation des oeuvres québécoises. L’association avec les cégépiens frappe l’imaginaire quand on sait que trois jeunes de 18-34 ans sur quatre ont acheté en ligne en 2017 — et que deux Québécois sur cinq magasinent sur Amazon une fois par mois au moins.

L’organisation n’a pas choisi le partenaire idéal, disons-le, ni non plus raffiné ses techniques de communication. Sa décision contrevient à sa mission et plonge le milieu du livre en plein malaise : le voilà contraint de dénoncer un prix qu’il affectionne.

L’union est on ne peut plus malheureuse. Mais peut-on reprocher au Prix des collégiens de chercher la pérennité là où les engagements financiers des joueurs essentiels manquent ? C’est dans les failles du désengagement de l’État que se posent les gros sabots des magnats du Web. Ils ont alors le champ libre pour revêtir l’habit du donateur et frapper où bon leur semble.

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Le malaise des finalistes du Prix des collégiens

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Compter parmi les finalistes d’un prix à la fois prestigieux et porteur d’une mission sociale et éducative comme le Prix littéraire des collégiens est un privilège immense pour les romancières et romanciers que nous sommes. Le travail de la création littéraire dans une écologie fragile comme la nôtre s’avère parfois solitaire, ardu et éprouvant. Les reconnaissances, quand elles viennent, sont une bouffée d’air frais, nous encouragent à continuer, à ne pas céder au désespoir, à résister au mépris diffus pour la littérature qui fait parfois ressentir son empreinte forte.

Notre joie a été entachée, le vendredi 9 novembre, lorsque nous avons appris la collaboration financière de la multinationale Amazon au Prix. Notre immense malaise provient de la concurrence dangereuse que ce géant exerce contre les librairies du Québec. Faut-il rappeler la précarité du commerce du livre et de l’édition littéraire ? Faut-il citer les méthodes inhumaines de ce géant de la vente en ligne, qui constitue un péril pour les petits commerçants et les milieux culturels ? Faut-il comptabiliser les largesses fiscales dont bénéficie cette entreprise appartenant à l’homme le plus riche du monde, dans un pays qui soutient prudemment la culture et impose tout aussi prudemment les grandes fortunes ?

Des libraires loyaux, engagés et dévoués envers les livres qui font notre littérature se battent quotidiennement pour survivre dans un monde où rien n’échappe aux diktats du commerce et du profit. Le logo d’Amazon accolé à celui du Prix que nous aimons lui fait tristement ombrage. Ni les maisons d’édition ni les auteurs n’avaient été mis au courant de ce « partenariat » avant le dévoilement des finalistes. À ainsi nous trouver indirectement associés à Amazon, nous avons ressenti un choc douloureux. Certains d’entre nous ont songé à retirer leur nomination sous le coup de l’émotion. Après réflexion, il nous est apparu que nous pénaliserions d’abord les collégiens en provoquant l’annulation de leur activité littéraire. Que nous nuirions à nos éditeurs et à nos éditrices, à la tête de petites maisons — pas de gargantuesques conglomérats —, qui ont fait réimprimer les livres pour l’occasion. De concert, nous avons plutôt décidé de vous faire part de notre malaise, en espérant que nous pourrons trouver ensemble des solutions afin que le Prix littéraire des collégiens puisse être tenu cette année encore. Le Prix littéraire des collégiens pourrait-il se passer de l’argent d’Amazon ? Trouver des commanditaires davantage en accord avec les valeurs qu’il défend ? Changer, ne serait-ce qu’exceptionnellement, son mode de scrutin (le déplacement et le logement des porte-parole) afin de diminuer ses coûts, tout en permettant aux cégépiens du Québec de participer à cette activité importante ?

Redisons l’honneur que nous ressentons d’avoir été choisis par le comité de sélection de ce Prix, qui place en son coeur l’expérience littéraire des collégiens et des collégiennes, la chance inouïe d’être lus par elles et eux, mais aussi d’échanger sur le sujet qui nous tient le plus à coeur : la littérature. Nous connaissons — pour l’avoir vécu à titre d’étudiants, dans certains cas — l’impact que peut avoir la fréquentation des oeuvres, la mise en commun des lectures, et les débats esthétiques et politiques que suscite le Prix littéraire des collégiens. Cela change des vies. Malheureusement, nous trouvons qu’en s’unissant à Amazon, le Prix manque à sa mission première, qui est de « promouvoir la littérature québécoise actuelle auprès des étudiants des collèges et des cégeps en encourageant l’exercice du jugement critique à travers la lecture ». Nous jugeons que la défense de la « littérature québécoise » et la promotion d’une multinationale nuisant aux librairies, et donc à cette même « littérature québécoise », ne peuvent aller de pair. Nous trouvons par ailleurs que cette union malheureuse met en péril la possibilité d’exercer le « jugement critique » des étudiantes et des étudiants, en banalisant l’intrusion d’une multinationale aux manières peu reluisantes dans le milieu littéraire québécois.

Nous sommes conscients du péril financier qui menace toujours nos institutions culturelles, des défis administratifs et pécuniaires que comporte l’organisation d’un prix. Nous saluons le travail des organisateurs et des organisatrices du Prix littéraire des collégiens. Nous saluons l’amour qu’ils et elles portent aux livres. Nous saluons le formidable véhicule de démocratisation et d’accès à la littérature que constitue le Prix. Nous saluons l’immense reconnaissance qu’il nous offre. Et nous espérons qu’il pourra remplir pleinement sa mission cette année encore.

*Nos éditeurs et éditrices Julien Del Busso (Del Busso), Olga Duhamel-Noyer (Héliotrope), Antoine Tanguay (Alto) et Geneviève Thibault (Cheval d’Août) ont pris connaissance de cette lettre et l’appuient.

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