Postes Canada: la loi spéciale C-89 a été adoptée dans la nuit aux Communes

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La loi spéciale qui force les employés de Postes Canada à retourner au travail a été adoptée dans la nuit de vendredi à samedi aux Communes.

À 1 h du matin, 166 députés ont voté en faveur, et 43 contre, dont 6 libéraux dissidents. Les députés néodémocrates se sont prononcés contre le projet de loi alors que les députés conservateurs se sont absentés au moment du vote.

Le Sénat devra ratifier cette loi spéciale. Elle sera à l’étude samedi, et dimanche si nécessaire.

Elle pourrait entrer en vigueur à midi, heure normale de l’Est, le jour suivant l’obtention de la sanction royale.

L’adoption de la loi spéciale par le gouvernement fédéral est survenue alors que les grèves tournantes organisées par le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes se poursuivaient à travers le pays.

Vendredi, les députés ont passé la majeure partie de la journée et de la soirée à discuter d’une motion visant à permettre à la Chambre des communes de traiter rapidement le projet de loi présenté jeudi pour mettre fin aux débrayages des membres du personnel de Postes Canada d’un océan à l’autre.

La motion pour accélérer le processus avait été adoptée à 173 voix contre 13 vendredi.

Le chef du NPD, Jagmeet Singh, a reproché aux libéraux de faire preuve d’hypocrisie en disant croire au droit à la négociation collective tout en proposant ce qu’il a appelé « la pire et la plus radicale des législations de retour au travail ».

« Ils ont montré leur véritable visage. Ce gouvernement n’est pas l’ami des travailleurs », a martelé M. Singh.

Les députés néodémocrates ont voté contre la motion pour expédier le débat sur le projet de loi spéciale. Plusieurs d’entre eux ont ensuite quitté les Communes, levant le poing pour saluer des employés de Postes Canada qui observaient la scène depuis la tribune du public.

Le STTP a déclaré que le projet de loi spéciale était inconstitutionnel et a menacé de le contester devant les tribunaux.

Le syndicat a déjà remporté une bataille judiciaire concernant une loi spéciale ayant forcé les travailleurs et travailleuses de Postes Canada à reprendre le travail adoptée par le précédent gouvernement conservateur en 2011. Cinq ans plus tard, la cour avait décrété qu’en privant les employés de leur droit de faire la grève, le projet de loi avait enfreint leur droit à la liberté d’expression et d’association.

La ministre du Travail Patty Hajdu a assuré que son projet de loi était « totalement différent » de l’approche « autoritaire » adoptée par le gouvernement Harper et tenait compte des préoccupations de Postes Canada et du STTP.

Mais deux sénatrices indépendantes, Frances Lankin et Diane Griffin, ont écrit une lettre vendredi soir à Patricia Hajdu afin de lui faire part de leurs inquiétudes concernant l’aspect constitutionnel du projet de loi.

Les deux femmes ont indiqué que la ministre avait promis de fournir un énoncé montrant en quoi le projet de loi spéciale ne contrevenait pas à la Charte canadienne des droits et libertés, mais qu’elle ne l’avait toujours pas fait.

En dépit des démarches entreprises par le gouvernement pour adopter au plus vite la loi spéciale, la ministre Hajdu avait encouragé Postes Canada et le STTP à demeurer à la table des négociations vendredi. « Ils peuvent encore parvenir à une entente », avait-t-elle déclaré.

Mme Hajdu avait toutefois ajouté : « Évidemment, nous préférerions que les deux partis soient capables de négocier une entente, mais le moment est venu de nous préparer à agir si eux ne réussissent pas à le faire. »

Elle a présenté la livraison du courrier comme un « service essentiel » et a soutenu que les petites entreprises qui comptent sur les services postaux pour livrer leurs produits durant le temps des Fêtes pourraient faire faillite si le conflit ne se réglait pas rapidement.

Les leaders syndicaux et le Nouveau Parti démocratique (NPD) ont fustigé le gouvernement, l’accusant de miner le processus de négociation collective. Ils ont reproché au fédéral d’avoir enlevé à la direction de Postes Canada toute motivation pour conclure une entente négociée puisqu’elle sait maintenant que les employés seront contraints de reprendre le travail la semaine prochaine.

« Le droit de faire la grève fait partie intégrante du processus de négociation collective, a affirmé le président du Congrès du travail du Canada (CTC), Hassan Yussuff. Sans cela, un employeur n’a aucune raison de négocier de bonne foi et les travailleurs n’ont aucun recours pour exiger un processus juste. »

Postes Canada semble avoir persuadé le premier ministre Justin Trudeau qu’il ne sera pas possible de célébrer Noël sans un projet de loi spéciale forçant le retour au travail, a ajouté le président du STTP, Mike Palecek.

« Le courrier continue d’être acheminé et les gens le savent, a-t-il soutenu. Les gens reçoivent leur courrier et les commandes en ligne sont livrées. Le but de notre stratégie de grèves tournantes, c’est de ne pas se mettre le public à dos. »

Les membres du STTP effectuent des grèves tournantes depuis un mois, entraînant d’importants retards dans le triage du courrier et des colis. Employeur et employés ne s’entendent toutefois pas sur l’ampleur de ces retards.

Selon Postes Canada, il faudra des semaines pour remédier au problème, surtout dans les grandes villes comme Montréal, Toronto et Vancouver.

Les 50 000 membres du STTP, qui sont divisés en deux groupes, réclament de meilleurs salaires pour les employés en milieu rural et en banlieue, davantage de sécurité d’emploi et un minimum d’heures de travail garanti.

La convention collective est échue depuis le 31 décembre 2017.

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Changements climatiques: un débat d’urgence à la Chambre des communes

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Les changements climatiques ont fait l’objet d’un débat d’urgence à la Chambre des communes lundi soir.

Des parlementaires de trois partis, incluant le Parti libéral, en avaient fait la demande plus tôt dans la journée en raison du sombre portrait brossé récemment par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat des Nations unies (GIEC).

Le président de la Chambre des communes, Goeff Regan, a acquiescé à leur demande lundi après-midi. Le débat a débuté à 17 h 30 et devait se poursuivre jusqu’à minuit.

« Le temps presse, a fait valoir la chef du Parti vert, Elizabeth May, en point de presse plus tôt dans la journée. C’est presque déjà trop tard. »

Elle espère que ce débat d’urgence donnera davantage de « force politique » à la ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna, pour inciter le gouvernement à hausser ses cibles de réduction de gaz à effet de serre (GES).

Une révision est prévue en 2020 en vertu de l’accord de Paris sur le climat. Le Canada vise actuellement une réduction des GES de 30 pour cent sous les niveaux de 2005 d’ici 2030.

Selon Mme May, il est urgent d’agir pour limiter la hausse de la température à 1,5 degré Celsius et ainsi éviter « la catastrophe ».

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, qui n’a pas encore de siège aux Communes, a affirmé en point de presse qu’il s’agit de « la menace la plus sérieuse à laquelle le monde fait face et que le Canada ne fait pas sa part ».

« Le gouvernement a promis d’abolir les subventions pour le secteur pétrolier, mais ils ont augmenté ces subventions avec l’achat d’un oléoduc ancien et un autre 7 ou 9 milliards de dollars pour construire un autre pipeline », a-t-il dénoncé.

Le député libéral Nathaniel Erskine-Smith, qui semble faire cavalier seul au sein de son parti, croit que le gouvernement fédéral doit prendre des « actions immédiates » pour s’attaquer aux changements climatiques et cela inclut respecter sa promesse de cesser de subventionner les combustibles fossiles.

Avec l’achat de l’oléoduc Trans Mountain, il estime que le gouvernement doit redoubler d’efforts pour s’assurer de respecter ses cibles de réduction des gaz à effet de serre.

Le député ontarien espère que le débat d’urgence permettra d’élargir la conversation pour dégager de nouvelles pistes d’action.

« Lorsque des premiers ministres un peu partout au pays se battent contre la taxe sur le carbone, qui est reconnue par des économistes du monde entier comme étant le meilleur mécanisme de marché pour lutter contre les changements climatiques, il est extrêmement important de recentrer le débat sur l’urgence du problème », a-t-il expliqué.

Talonné par le NPD lors de la période des questions, son collègue, le ministre des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, a défendu l’approche du gouvernement Trudeau.

« Nous avons un véritable plan pour attaquer les changements climatiques et faire croître l’économie en même temps », a-t-il soutenu en précisant qu’il s’agissait de « faire payer les pollueurs ».

Un rapport accablant

Les experts du GIEC ont signalé il y a un peu plus d’une semaine que la météo, la santé et les écosystèmes de la planète seraient en meilleur état si les dirigeants du monde pouvaient limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré Celsius plutôt qu’à 2 degrés Celsius, comme le prévoit l’accord de Paris.

À 2 degrés Celsius, le rapport indique que la fonte des glaces en mer, les sécheresses, les famines et les inondations seraient beaucoup plus accentuées qu’à 1,5 degré Celsius.

Si les gouvernements n’agissent pas maintenant, prévient le rapport, la hausse de température atteindra 1,5 degré Celsius entre 2030 et 2052.

Pour le Canada, cela signifie que les émissions ne devraient pas dépasser 385 millions de tonnes par an, alors qu’elles atteignaient presque le double en 2016.

Même avec son plan actuel de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), le gouvernement fédéral est bien loin d’atteindre cette cible. L’objectif actuel est de réduire ses émissions à 512 millions de tonnes par an.

Les conservateurs s’opposent à la taxe sur le carbone qui sera imposée par Ottawa aux provinces qui n’ont toujours pas de plan pour réduire leurs émissions de GES, soit la Saskatchewan, l’Ontario et le Manitoba.

« Le Parti conservateur est contre la taxe carbone, mais il y aura un plan vert qui sera déposé à l’approche de l’élection fédérale », a soutenu le lieutenant québécois pour le parti, Alain Rayes.

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