Le nouveau guide alimentaire aborde de front la consommation chronique d’alcool

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La décision fédérale d’utiliser le nouveau guide alimentaire canadien pour rappeler les risques liés à une consommation chronique d’alcool a d’abord surpris des experts en nutrition et en toxicomanie, qui se sont toutefois félicités rapidement de la position plus tranchée adoptée par Ottawa sur un enjeu qui, à leur avis, exige une stratégie concertée.

« C’était en quelque sorte l’éléphant dans la pièce », a estimé David Ma, professeur de nutrition et directeur de la chaire de recherche en santé familiale à l’Université de Guelph. « Ceux qui se penchent sur la nutrition dans le domaine du cancer se préoccupent de plus en plus des liens entre alcool, obésité et cancers. Mais l’alcool n’était pas une priorité jusqu’ici. »

En plus d’encourager une alimentation riche en fruits et légumes et en protéines autres qu’animales, la nouvelle mouture du guide alimentaire canadien présente une section consacrée à l’alcool. Dans ses « lignes directrices », on soutient que « le fardeau substantiel des maladies associées à la consommation d’alcool représente l’une des principales préoccupations de santé à l’échelon mondial ».

Le guide rappelle que la consommation d’alcool à long terme est associée à un risque accru de nombreux types de cancer, notamment du foie, de la bouche, du sein, du colon et du rectum, en plus d’autres problèmes de santé graves comme l’hypertension et les maladies du foie.

On rappelle également les problèmes sociaux liés à cette consommation, ainsi que les 3100 décès et 77 000 hospitalisations liés à l’alcool en 2016.

Le guide recommande à ceux qui ne boivent pas de ne jamais commencer, et à ceux qui boivent de s’en tenir aux « Directives de consommation d’alcool à faible risque », formulées par le Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances. Ces directives recommandent un maximum de deux verres par jour (ou 10 par semaine) pour les femmes, et de trois verres par jour (ou 15 par semaine) pour les hommes.

L’alcool et… ses calories

Le précédent guide alimentaire canadien, publié il y a 12 ans, n’abordait pas de front la consommation chronique d’alcool : il recommandait seulement, comme le fait aussi le nouveau guide, de limiter sa consommation d’alcool à cause de la quantité élevée de calories et de sucre contenue dans les boissons alcoolisées.

Pour Dennis Long, spécialiste en toxicomanie à Toronto, il existe de meilleures raisons que le sucre et les calories pour éviter l’alcool. « Ce qui préoccupe davantage les gens, c’est le fait que l’alcool est une substance qui engendre la dépendance. » Mais tout en convenant que ceux qui ne boivent pas ne devraient jamais commencer, M. Long se demande si cette recommandation est vraiment réaliste. Il rappelle que la plupart des gens boivent de façon responsable, et il préconise plutôt la modération.

La nouvelle approche correspond à un changement plus général des objectifs du guide alimentaire canadien, qui suggère non seulement ce qu’on devrait manger, mais aussi comment il faudrait manger — idéalement avec d’autres convives. Le guide suggère aussi d’allier une saine alimentation à un niveau d’activité physique élevé chez les jeunes et les enfants. Il adopte par ailleurs un ton écologiste, en rappelant que nos choix alimentaires ont un impact sur l’environnement et l’approvisionnement alimentaire à long terme.

Catherine Paradis, analyste principale, recherche et politiques, au Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances, soutient qu’il est difficile de s’attaquer aux problèmes liés à l’alcool sans un organisme de réglementation global capable de traiter une multitude de problèmes. Car contrairement au tabac, au vapotage ou au cannabis, le Canada ne dispose pas de loi sur l’alcool, ce qui rend « très difficile » de lancer une stratégie nationale sur la santé, la tarification, la publicité et l’étiquetage, estime Mme Paradis, dont l’agence a été créée par le Parlement pour le conseiller.

L’experte trouve encourageant de voir l’alcool abordé ainsi dans le nouveau guide alimentaire canadien : « le gouvernement pourrait décider de s’attaquer de manière globale à l’alcool, ce qui aura un impact significatif et durable sur la vie des Canadiens », a souhaité Mme Paradis, qui est aussi coprésidente du Partenariat en éducation postsecondaire sur les méfaits de l’alcool, qui regroupe de nombreuses universités canadiennes.

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Statistique Canada esquisse un portrait de la consommation de cannabis

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Trois mois après la légalisation du cannabis, Statistique Canada dresse un premier portrait du nouveau marché récréatif. Selon ce bilan, près de la moitié des consommateurs avouent avoir eu recours au marché légal de marijuana, malgré le fait que le prix du cannabis légal y est en moyenne 30 % plus élevé que sur le marché noir.

Depuis un an, l’agence de la statistique invite les Canadiens à lui révéler leurs habitudes de consommation de cannabis. Les données du dernier trimestre de 2018, publiées mercredi, avaient ceci de particulier qu’elles englobaient les premiers résultats depuis que le gouvernement de Justin Trudeau a légalisé la drogue le 17 octobre.

L’enquête participative révèle que le prix moyen d’un gramme de cannabis séché a augmenté de 17 % au pays. Et ce, parce que le prix du marché légal est plus élevé que celui du marché illégal — 9,70 $ le gramme contre 6,50 $ le gramme respectivement. La moyenne du prix s’établit ainsi à 8,03 $ aujourd’hui. Elle oscillait autour de 6,83 $ lors des neuf premiers mois de 2018, lorsque le cannabis était entièrement illégal (un chiffre qui n’est pas loin du prix actuel sur le marché noir).

Statistique Canada rapporte en outre que 47,7 % des répondants volontaires à son sondage ont fait leurs achats auprès du marché légal de cannabis.

L’échantillon de l’enquête est cependant très petit : 385 répondants, qui ont volontairement choisi de partager leurs habitudes de consommation de cannabis. « Bien que ces observations aient fait l’objet de tests statistiques, les estimations présentent un biais statistique potentiel puisque l’échantillon est autosélectionné et que le nombre de réponses est limité, note Statistique Canada. Il convient donc de faire preuve de prudence lors de l’interprétation des données. »

Pas étonnant

Les experts en la matière ne sont pas surpris de ces premiers constats. Mais ils préviennent du même souffle que la différence de prix ne pourra pas trop durer si le gouvernement souhaite que le marché légal puisse réellement rivaliser avec le marché noir.

L’ancienne ministre libérale Anne McLellan explique ces statistiques par la pénurie de cannabis légal au Canada. Lorsque la situation se sera résorbée et que les tablettes des détaillants seront à nouveau remplies, les prix baisseront inévitablement, à son avis. Et les consommateurs se tourneront vers le marché légal, car ils pourront désormais y trouver les produits et les souches de cannabis qu’ils recherchent, estime celle qui avait présidé le comité consultatif chargé de conseiller le gouvernement Trudeau en vue de la légalisation.

« Nous nous attendions à cette situation. On savait qu’il faudrait un peu de temps pour que ce nouveau marché légal se normalise », explique Mme McLellan au Devoir. « Ma seule préoccupation, c’est de savoir à quelle vitesse le niveau de l’offre rejoindra celui de la demande. Si vous voulez que les prix soient raisonnables, si vous voulez que les consommateurs passent du marché illégal au marché légal, il faut que l’offre et la demande se rejoignent aussi rapidement que possible », fait valoir l’ancienne ministre, qui espère des améliorations en ce sens d’ici six mois.

Ce délai n’a toutefois rien d’étonnant, insiste-t-elle. Anne McLellan reproche cependant au passage au Québec et à l’Ontario d’avoir mal géré le dossier. En Ontario, Doug Ford a changé le modèle de vente après son élection pour le confier au privé, à deux mois de l’entrée en vigueur de la légalisation. « Au Québec, je crois que c’est une très mauvaise politique publique que de hausser l’âge légal de 18 à 21 ans », a-t-elle en outre dénoncé.

Au final, Anne McLellan estime que le prix du cannabis légal ne devrait pas surpasser celui du marché noir par plus de 1,50 $ le gramme s’il veut être compétitif. « Le prix ne sera jamais le même, convient-elle. Nous avons toujours su qu’il y aurait une prime à payer pour obtenir un produit dont la qualité a été testée. Mais ce doit être un écart raisonnable. »

L’expert en toxicomanie Jean-Sébastien Fallu convient lui aussi que ces premières données statistiques sont « tout à fait en phase avec ce qui était attendu ». Notamment parce que le marché noir offre des prix de gros pour les achats de grandes quantités, contrairement au marché légal où le prix demeure élevé peu importe la taille de la commande. Et c’est ce qui explique probablement également selon lui que 52,3 % des consommateurs ont continué d’acheter leur cannabis auprès du marché noir.

« Il était prévisible qu’à partir du moment où le marché légal n’offre pas de prix de gros, les plus gros consommateurs vont avoir tendance à rester dans le marché illégal parce que la différence de prix peut être assez importante », explique le professeur à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal.

En effet, 42 % des répondants ont confié à Statistique Canada qu’ils avaient eu recours au marché illégal parce que le cannabis légal était trop cher. Et les consommateurs illégaux ont acheté en moyenne deux fois plus de cannabis par transaction — 17,3 grammes sur le marché noir contre 8,3 grammes lors de transactions légales.

« La différence de prix [entre les marchés légal et illégal] encourage un statu quo pour une bonne partie des consommateurs », note M. Fallu.

De nouveaux consommateurs

Statistique Canada révèle par ailleurs que 23 des 300 répondants qui ont accepté de détailler leur consommation dans une seconde série de questions ont ainsi acheté du cannabis pour la première fois entre le 17 octobre et le 31 décembre. Dix-sept d’entre eux ont rapporté qu’ils avaient commencé à en consommer parce que la drogue avait été légalisée.

Là encore, Jean-Sébastien Fallu ne s’en étonne pas. « On sait que souvent, après un changement plus libéral des lois en matière de cannabis, il y a une curiosité. Des gens vont essayer », relate-t-il, en rappelant que l’échantillon statistique est très restreint.

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Le médicament, entre bien de consommation et outil thérapeutique

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Ce texte fait partie d’un cahier spécial.

« De plus en plus de gens prennent de plus en plus de médicaments », lance d’emblée Johanne Collin, professeure à la Faculté de pharmacie à l’Université de Montréal et directrice de l’équipe MEOS (Médicament comme objet social), un regroupement interdisciplinaire affilié à l’UdeM. Du même souffle, elle mentionne la place centrale qu’occupe actuellement le médicament dans nos vies, et ce, dans tous les groupes d’âge. Autrefois davantage réservé aux personnes âgées et aux enfants en bas âge, elle constate que le médicament est aujourd’hui utilisé par tous.

Lors d’un colloque sur les régimes privés et publics d’assurance médicaments, organisé par la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) en novembre dernier, Mme Collin est d’ailleurs revenue sur la question. Elle y a mentionné que les usages non thérapeutiques du médicament tendaient à se multiplier. « L’autre élément important est l’élargissement des usages, car prendre des médicaments à des fins thérapeutiques pour contrôler les maladies est une chose, en prendre à d’autres fins, pour une question de performance, par exemple, est une autre dimension de l’usage du médicament », explique la professeure, constatant aussi une hausse de la prescription d’une combinaison de plusieurs médicaments, comme des antidépresseurs couplés à des psychostimulants.

De même, elle relève un phénomène de logique préventive de plus en plus présente. « En vue d’éviter l’accroissement des problèmes de santé, dès les premiers signes, dès que l’on est devant des populations à risque, nous avons recours au médicament », estime-t-elle, précisant toutefois que si cela explique l’accroissement du recours au médicament et que les enjeux du surtraitement font couler beaucoup d’encre, ce n’est pas toujours une mauvaise chose.

Un objet social

« Le médicament est devenu bien plus complexe qu’un simple objet pharmaceutique, il s’agit aujourd’hui d’un véritable objet social », peut-on lire dans Vers une pharmaceuticalisation de la société ? Le médicament comme objet social (Presses de l’Université de Québec, 2016), écrit sous la direction de Johanne Collin et Pierre-Marie David. « Il constitue un objet social, un objet qui répond à des fonctions multiples et aussi symboliques, détaille la professeure. C’est, par exemple, un objet transitionnel entre médecins et patients. »

Dans l’élargissement de ses usages, la prise de médicaments pour des effets de performance ou d’amplificateurs cognitifs est de plus en plus répandue. « On pense par exemple au phénomène des smart drugs [ou nootropes, médicaments qui peuvent rendre plus intelligents et plus productifs]. Ils sont pris pour mieux performer sur le plan cognitif et social. Nous quittons donc la frontière du thérapeutique », illustre Johanne Collin.

Toutefois, elle rapporte que les deux sphères, thérapeutiques et sociales, finissent par se brouiller. « La performance est importante dans toutes les sphères de notre vie sociale, tant au travail que sur le plan des relations avec les proches. Il est certain que quelqu’un qui répond aux attentes de la société à son endroit, qui travaille bien et mieux que bien, aura moins de pression sociale », décrit-elle. Le médicament peut ainsi permettre aux individus d’éviter une désaffiliation sociale. « On parle d’objet a priori thérapeutique, mais le médical et le social se confondent aussi, car on peut penser que plus on est intégré, moins on est susceptible d’avoir de problèmes de santé mentale, comme l’anxiété ou la dépression, même s’il peut aussi y avoir une composante génétique », mentionne la chercheuse.

Travers de l’industrie pharmaceutique

Johanne Collin mentionne aussi le rôle joué par l’industrie du médicament. « Il ne faut pas la diaboliser, mais il reste que la promotion des médicaments vient renforcer le doute chez les patients », énonce-t-elle, notant toutefois que cela peut permettre au public d’être mieux informé et conscient des possibilités thérapeutiques. Si au Canada, la publicité directe sur les médicaments d’ordonnance est illégale, elle reste répandue, notamment parce qu’elle est autorisée aux États-Unis. Cette exposition massive rend la distinction difficile entre une véritable maladie et une période difficile par exemple. En outre, la professeure rappelle que les sommes investies dans le marketing sont considérables, puisqu’elles sont trois fois plus élevées que celles dans la recherche, ce qui a aussi un effet sur l’usage du médicament.

Une utilisation de plus en plus marquée chez les jeunes

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La consommation de cannabis semble augmenter le risque d’AVC

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La consommation de cannabis semble augmenter le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC), selon une recherche qui sera présentée vendredi à Montréal au cours de la troisième journée du Congrès mondial de l’AVC.

Un examen des statistiques des hôpitaux américains a noté une augmentation de l’incidence des AVC chez les consommateurs de cannabis entre 2010 et 2014, alors que la prévalence globale des AVC est demeurée stable.

L’étude a permis d’examiner 2,3 millions de cas d’hospitalisation de personnes qui consomment du cannabis à des fins récréatives. De ce nombre, 32 231, soit 1,4 %, ont été victimes d’un AVC, dont 19 452 d’un AVC ischémique aigu.

Au cours des cinq années étudiées, le taux d’AVC de tous types chez les consommateurs de cannabis est passé de 1,3 à 1,5 %. Le taux d’AVC ischémique aigu est passé de 0,7 à 0,9 %. Au cours de la même période de cinq ans, la prévalence de l’AVC était stable chez tous les patients.

En d’autres mots, a expliqué à La Presse canadienne Francine Forget Marin, la directrice Affaires santé et Recherche de la Fondation des maladies du coeur et de l’AVC, on a noté une « augmentation de 29 % des AVC ischémiques aigus et de 15 % de toutes les sortes d’AVC ».

« Une consommation élevée et à long terme de cannabis va augmenter le risque d’AVC », a-t-elle prévenu.

Les chercheurs concluent que ces tendances croissantes de l’AVC chez les consommateurs de cannabis « justifient d’autres études prospectives pour évaluer l’association cannabis-AVC dans le contexte de la légalisation de l’usage récréatif ».

« On a besoin de plus de recherches, a ajouté Mme Forget Marin. Les États-Unis et le Canada sont deux pays près [l’un de l’autre] et les données pourraient se transposer à d’autres pays, mais c’est une étude et on a besoin de plus de recherches pour établir s’il y a vraiment un lien entre les deux. »

En introduisant leur étude, les chercheurs ont noté que le cannabis « a un lien potentiel avec les AVC en raison des effets vasculaires cérébraux des cannabinoïdes ».

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