Un moment charnière pour les victimes d’agression sexuelle

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Les étoiles sont alignées pour que deux femmes d’exception posent un geste historique en faisant abstraction de leurs allégeances politiques pour épouser une cause commune, celle de la défense des victimes d’agression sexuelle. Ces deux femmes sont, on l’aura peut-être deviné, la ministre de la Justice du Québec, Me Sonia LeBel, et Me Véronique Hivon, porte-parole de la deuxième opposition officielle en matière de justice.

Les réactions ont été nombreuses à l’annonce toute récente qu’une seule des 14 plaintes soumises par les autorités policières a été retenue par le DPCP dans ce qui est convenu d’appeler l’affaire Rozon. On comprendra la déception, la frustration, la colère et le sentiment d’injustice de celles qui avaient porté plainte, mais aussi de toutes les victimes d’agression sexuelle.

Dans la foulée de mouvements tels que #MoiAussi, il est devenu moins difficile de dénoncer des agressions qu’il y a 20 ou 40 ans, alors que les mentalités de l’époque stigmatisaient souvent ces femmes qui osaient porter plainte. Là où le bât blesse, c’est qu’il est si difficile, encore aujourd’hui, de porter des accusations devant les tribunaux.

Certes, nul ne veut qu’une personne soit accusée injustement, encore moins condamnée. Mais il doit bien exister de meilleures façons de faire pour porter plainte et amener les agresseurs devant les tribunaux. Et il ne revient pas au commun des mortels de trouver ces meilleures façons de faire.

Améliorations à apporter

Notre société est à un moment charnière dans la défense des victimes d’agression sexuelle. Mesdames LeBel et Hivon conviennent que des améliorations doivent être apportées dans ce domaine. Le premier ministre François Legault s’est même dit ouvert à certaines propositions de Mme Hivon. Qu’il suffise de rappeler celles de créer un comité sur le traitement des plaintes de crimes sexuels et d’implanter un tribunal spécialisé en matière de violences sexuelles et conjugales. Mais n’allons pas plus loin à ce stade-ci pour ne pas figer le débat.

Une chose saute aux yeux, c’est que la conjoncture presse mesdames LeBel et Hivon de faire un geste historique. La première pourrait créer un groupe de réflexion, appelons-le comme ça pour le moment, qui aurait pour finalité de faire des recommandations afin de régler un problème complexe et épineux. Et elle pourrait inviter la deuxième à la seconder en pilotant ce groupe ou ce comité. Quel tandem !

La ministre de la Justice est fraîchement élue et n’a pas encore un bagage d’habitudes partisanes. C’est une juriste compétente et une femme de tête et de caractère. Mme Hivon est également juriste. C’est une rassembleuse. Rappelons comment elle avait réussi à piloter le dossier du projet de loi sur les soins de fin de vie et de l’aide médicale à mourir, un dossier délicat qui a rallié au bout du compte les différents partis politiques.

Il est temps de passer de la parole aux actes. Mesdames LeBel et Yvon, ne laissez pas tomber toutes ces victimes d’agression sexuelle dont les dénonciations sont restées sans lendemain. Apportez-leur un certain réconfort en ayant le courage de sortir des sentiers battus, de sortir des lieux communs de la politique partisane pour trouver des solutions. Aux grands maux les grands moyens. Les étoiles sont alignées, Mesdames.

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«Il y a encore du chemin à faire» pour les victimes d’agression sexuelle, admet Sonia LeBel

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La ministre de la Justice, Sonia LeBel, a rencontré jeudi Les Courageuses, des victimes alléguées de Gilbert Rozon, qui lui ont fait part de leurs expériences au sein du système de justice. Une rencontre qu’elle qualifie de « prise de conscience » sur le manque d’accompagnement des victimes d’agression sexuelle.

« Sans parler d’étonnement, ce dont je me suis rendu compte, c’est qu’il y a encore du chemin à faire […]. Je ne veux pas jeter le blâme sur personne, mais il y a actuellement des moments dans le processus où ça fonctionne bien, parce que les intervenants sont mieux outillés, et d’autres où les personnes victimes sont déçues », a indiqué la ministre LeBel lors d’une entrevue avec Le Devoir.

Cette rencontre survient une semaine après que le directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a confirmé avoir examiné les dossiers de 14 présumées victimes du fondateur du festival Juste pour rire à la suite de la vague de dénonciations #MoiAussi. Après trois jours à les rencontrer tour à tour, le DPCP a annoncé que la plainte d’une seule d’entre elles avait été retenue. Gilbert Rozon a été accusé de viol et d’attentat à la pudeur pour des actes qui auraient été commis en 1979. Il est aussi visé au civil par une action collective des Courageuses, qui regroupent une vingtaine de présumées victimes.

« Mon intervention n’est pas une intervention dans le sens de donner plus de crédibilité [aux Courageuses] versus M. Rozon […]. C’est pour voir, dans l’administration de la justice, comment je peux améliorer des processus pour qu’au moins, peu importe la décision, il y ait une compréhension et une acceptation sociale plus grandes », a-t-elle précisé.

Redonner confiance

La ministre LeBel réitère qu’à ses yeux le système de justice fonctionne, mais admet que la confiance du public est ébranlée.

« Quand je dis que le système fonctionne, je parle des règles de droit criminel actuelles. La présomption d’innocence, je pense qu’on a choisi au Canada, dans une société libre et démocratique, de mettre en avant ce type de système là », explique-t-elle.

D’ailleurs, Mme LeBel n’a pas l’intention à court terme de se lancer dans « une révolution fédérale » et de demander une réforme du Code criminel. « Je suis très préoccupée par le fait de redonner confiance et ce que je souhaite, c’est voir comment on peut améliorer le processus judiciaire en regardant les solutions qui sont à ma portée à moi », a-t-elle souligné.

Tout comme le premier ministre François Legault, elle se dit ouverte à l’idée d’avoir un tribunal spécialisé en matière d’agression sexuelle et de violence conjugale. « Cet élément fait partie de la réflexion, mais je veux y aller plus large. Il faut regarder le problème de façon globale », dit la ministre, soulignant qu’il y a un volet de sensibilisation au comportement sexuel qui doit se faire dès un jeune âge.

Mme LeBel évoque aussi la possibilité d’avoir un accompagnateur pouvant expliquer les étapes du processus et le rôle de chacun des intervenants rencontrés.

La ministre de la Justice a prévu des séances de travail avec des élues des trois autres partis présents à l’Assemblée nationale, soit la députée libérale Hélène David, la députée péquiste Véronique Hivon et la députée solidaire Christine Labrie. « C’est un sujet transpartisan et je veux vraiment explorer leurs idées, entendre les solutions qu’elles ont à proposer et les regarder ensemble », dit-elle.

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