Armes et santé mentale? Faux débat!

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La majorité des décès par arme à feu au Québec sont des suicides et plus de 100 Québécois s’enlèvent la vie à l’aide de ce moyen tous les ans. Pour prévenir le suicide, nous devons agir sur plusieurs fronts, notamment en réduisant l’accès aux moyens de s’enlever la vie (dont les armes à feu) et en facilitant l’accès à des ressources et des soins en santé mentale. Ce sont deux mesures qui ont démontré leur efficacité.

En verrouillant, en entreposant et en enregistrant leurs armes, les propriétaires contribuent à la prévention du suicide. Ils le font pour leur propre sécurité, mais aussi pour celle d’un membre de leur famille, d’un ami ou d’un voisin, puisque près du tiers des personnes qui utilisent une arme à feu pour se suicider ne sont pas propriétaires de l’arme. La vigilance de chacun est nécessaire.

Un registre permet de savoir si un individu possède des armes et à quel endroit elles sont entreposées. Il facilite ainsi le travail des policiers et des intervenants lorsqu’ils doivent intervenir de façon urgente ou préventive auprès d’une personne en détresse. L’arme à feu est un moyen extrêmement létal qui n’offre que très rarement une seconde chance à la personne en détresse. Bien que le suicide soit multifactoriel, la présence d’une arme dans la maison multiplie par cinq les risques de suicide.

Il importe ici de comprendre dans quel état se trouve la personne ayant des pensées et des comportements suicidaires : elle souhaite cesser de souffrir, sa perception de la situation et de l’aide disponible est troublée par sa souffrance et elle est ambivalente face à la mort jusqu’à la toute dernière seconde. Si le moyen qu’elle a en tête pour s’enlever la vie n’est pas disponible au moment où sa détresse est la plus vive, un drame peut être évité. La présence d’une arme à feu, surtout lorsqu’elle n’est pas traçable par les intervenants et les policiers, donne très peu de temps aux proches, aux intervenants et aux policiers pour intervenir auprès de la personne suicidaire. L’arme représente un risque majeur dans ces circonstances.

Prévention du suicide

Des voix s’élèvent actuellement contre le registre des armes à feu et réclament que les sommes qui y sont investies soient plutôt consacrées à la santé mentale. Nous croyons qu’il est tout à fait injustifié de prétendre qu’investir dans l’une de ces mesures se fait au détriment de l’autre. L’enregistrement des armes est une façon d’agir en prévention du suicide.

Rappelons que les nombreux suicides par arme à feu ont un coût énorme pour notre société, alors que l’enregistrement des armes est gratuit pour les propriétaires et représente un coût annuel de 5 millions pour l’État (soit 0,60 $ par citoyen), une somme relativement minime par rapport aux besoins en santé mentale. En effet, 1,3 milliard de dollars par an sont actuellement consacrés aux programmes de santé mentale (en plus des sommes investies dans les services hospitaliers et communautaires) et il est absolument nécessaire de renforcer les soins, puisque les besoins sont grands ; les lacunes et le manque de ressources en santé mentale sont sérieux et méritent d’être évalués attentivement.

L’investissement collectif dans un registre est donc tout à fait raisonnable, pour une mesure qui a déjà contribué à sauver des vies : l’ensemble des mesures fédérales adoptées à la suite de la tuerie à Polytechnique, dont l’enregistrement de toutes les armes, a été associé à une baisse des suicides par arme à feu. Au Québec, nous avons constaté une baisse de 53 % des suicides par arme à feu entre 1995 et 2011, et ce, sans indice de substitution par d’autres moyens. Il est également démontré que les pays ayant un contrôle plus serré des armes à feu présentent un taux de suicide par ce moyen inférieur aux pays qui n’en ont pas. Investir en santé mentale ne remplacera pas l’enregistrement des armes à feu : ces mesures sont toutes deux nécessaires pour prévenir les décès par suicide.

Rappelons que trois suicides sont commis chaque jour au Québec alors qu’il s’agit d’une cause de décès évitable. Faisons ce qui est facilement à notre portée pour prévenir d’autres drames. Nous enregistrons nos voitures, certains animaux de compagnie. Pourquoi pas nos armes à feu ?

Pour la prévention du suicide, appuyons le registre, enregistrons nos armes et investissons aussi dans les soins de santé mentale.

* Ont signé ce texte: Jérôme Gaudreault, Association québécoise de prévention du suicide; Diane Harvey, Association québécoise pour la réadaptation psychosociale; Geneviève Fecteau, Association canadienne pour la santé mentale – Division du Québec; Renée Ouimet, Mouvement Santé mentale Québec; Lynda Poirier, Regroupement des centres de prévention du suicide du Québec; Roxane Thibeault, Regroupement des services d’intervention de crise du Québec.

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La CAQ et le PQ ne veulent pas d’un autre débat public sur la laïcité

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Le gouvernement caquiste envisage de ne tenir aucune consultation publique sur le projet de loi visant notamment à interdire le port de signes religieux chez des employés de l’État en position d’autorité.

L’équipe de François Legault veut clore le débat, qui anime la classe politique depuis plus d’une décennie, avant le solstice d’été.

Il n’est pas question de tenir une consultation générale comme à l’hiver 2014. Près de 80 individus et groupes — y compris la famille Pineault-Caron et la communauté des druides du Québec — avaient été invités à l’Assemblée nationale afin de commenter la charte affirmant les valeurs de laïcité et de neutralité religieuse de l’État du ministre péquiste Bernard Drainville.

Il n’est pas question non plus d’organiser des consultations particulières comme à l’automne 2016. Environ 40 individus ou groupes avaient été invités en commission parlementaire pour réagir au projet de loi favorisant le respect de la neutralité religieuse de l’État de la ministre libérale Stéphanie Vallée.

Plus de 10 ans après le dépôt du rapport Bouchard-Taylor, l’Assemblée nationale doit maintenant légiférer, fait valoir une source gouvernementale.

Les élus péquistes sont « prêts à procéder » sans de nouvelles consultations publiques, a indiqué mercredi le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé. « Le moment est venu de trancher cette question. On veut vraiment une adoption qui aura lieu d’ici juin. L’enjeu est très connu. Ce qui manque, c’est de mettre au jeu le projet de loi », a-t-il déclaré dans un impromptu de presse.

Le PQ propose de frapper les employés de l’État en « position d’autorité » — les policiers, procureurs, juges, gardiens de prison, ainsi que les éducateurs en garderie et les enseignants — d’une interdiction d’afficher leurs convictions religieuses. Il prône aussi l’inclusion d’une clause de droit acquis afin que personne ne perde son gagne-pain après la mise en oeuvre de la loi. « Sur un sujet aussi sensible, je pense qu’il faut viser à avoir le plus large consensus possible », a poursuivi M. Bérubé.

La CAQ n’entend pas pour sa part astreindre les éducateurs en garderie à une éventuelle interdiction du port de signes religieux, mais réfléchit à la possibilité d’inclure une « clause grand-père » dans le projet de loi. « On essaie d’aller chercher un consensus », a affirmé le premier ministre, François Legault, dans un bref échange avec des courriéristes parlementaires.

Le chef du gouvernement n’a pas manqué de souligner l’appel de certains élus libéraux — Sébastien Proulx et Gaétan Barrette, a-t-il nommé — à rallier la recommandation d’interdire le port de signes religieux chez les agents de l’État en position de coercition faite par la commission Bouchard-Taylor en 2008. « Il commence à se former un véritable consensus au Québec », a-t-il soutenu, avant de filer vers le Salon bleu pour la période des questions.

M. Proulx et M. Barrette ont expliqué avoir invité les autres membres du caucus à appuyer le « compromis » Bouchard-Taylor, mais en vain. Depuis, ils sont tous deux rentrés dans le rang, ont-ils assuré à la presse à tour de rôle.

« Certains d’entre nous ont discuté différemment de ce qui était la position traditionnelle parce que c’est sain de pouvoir le faire », a affirmé le leader parlementaire de l’opposition officielle, Sébastien Proulx, mercredi avant-midi. « Au sein du Parti libéral, il y a des débats et c’est tant mieux », a-t-il ajouté, tout en se disant « à l’aise » avec l’absence de toute interdiction.

La posture du PLQ de défendre les libertés individuelles à tout prix est « inattaquable », a fait valoir Gaétan Barrette. « Il n’y a rien d’autre à dire. »

Cette position n’est pas de nature à gonfler les appuis des francophones à l’égard du PLQ, convient du bout des lèvres l’ex-ministre de la Santé. « Il y a un message qui doit aussi être envoyé à la population francophone. On comprend le sentiment populaire, mais un moment donné, les lois sont faites aussi pour s’adapter », a-t-il lancé.

Le leader parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, appréhende la reprise d’un « débat qui va être divisif » à la faveur du dépôt du projet de loi sur la laïcité de l’État rédigé par Simon Jolin-Barrette.

Il craint de lire un « projet de loi de catho-laïcité » ou de « laïcité à deux vitesses » qui prévoirait une interdiction de signes religieux chez les enseignantes des écoles publiques « souvent de confession musulmane », mais pas dans les écoles privées « de tradition chrétienne ». « C’est un très mauvais message à envoyer. Ça ressemble beaucoup au message qui a été envoyé à l’époque de la charte des valeurs du Parti québécois », a déploré M. Nadeau-Dubois.

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Le débat sur l’islamophobie au Québec reprend de plus belle

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Y a-t-il ou non des manifestations d’islamophobie au Québec ? Oui, a concédé le premier ministre Legault vendredi, au lendemain d’une déclaration controversée qui lui a valu de vives critiques — mais aussi le soutien inattendu d’une élue municipale. Mais de là à reconnaître qu’il y a un « courant islamophobe » dans la province, il y a un pas que François Legault refuse de faire.

Jeudi, le chef caquiste était catégorique : « Je ne pense pas qu’il y a de l’islamophobie au Québec. » Il mettait ainsi un terme à la discussion sur la création possible d’une journée contre l’islamophobie… tout en allumant un autre débat sur l’existence, ou non, de l’islamophobie.

Vendredi, le cabinet du premier ministre a précisé que « M. Legault voulait dire qu’il n’y a pas de courant islamophobe au Québec. Il existe de l’islamophobie, de la xénophobie, du racisme, de la haine, mais pas de courant islamophobe. Le Québec n’est pas islamophobe ou raciste ».

Cette décision de ne pas faire du 29 janvier (date anniversaire de la tuerie à la mosquée de Québec) une journée dédiée à la lutte contre l’islamophobie a été saluée vendredi par la mairesse suppléante de Gatineau, Nathalie Lemieux.

Dans une entrevue au quotidien Le Droit, Mme Lemieux a soutenu que « ce mot n’existe même pas. Justin Trudeau pense que l’islamophobie existe, mais c’est lui qui invente ce problème. Il tente de provoquer des problèmes où il n’y en a pas. Les Québécois ne sont pas aussi racistes que certains voudraient le faire croire. Quand un peuple veut s’intégrer, il s’intègre. [Mais] ce peuple ne s’intègre pas ».

Mme Lemieux a aussi ajouté que « ces gens-là font beaucoup de choses mal, avec leurs camions et toutes ces choses-là, et c’est normal d’en avoir peur ».

Ses propos ont été immédiatement dénoncés par le maire de la municipalité, Maxime Pedneaud-Jobin. « Je me dissocie complètement et je dénonce les propos tenus par la conseillère Nathalie Lemieux à l’égard de la communauté musulmane. Je lui ai immédiatement demandé de se rétracter et de s’excuser », a indiqué M. Pedneaud-Jobin sur Twitter. Le député libéral André Fortin, élu dans la région, a pour sa part écrit que la mairesse suppléante « représente bien mal notre Gatineau, notre Outaouais, notre Québec ».

Une trahison

Même avec la précision de vendredi, les propos de François Legault ont pour leur part été perçus comme une « trahison » par Boufeldja Benabdallah, le président du Centre culturel islamique de Québec. Un « coup de massue », même.

Dans une lettre envoyée aux médias, il a écrit vendredi que la sortie du premier ministre était une « insulte à notre intelligence, nous qui luttons sans cesse pour abolir l’attitude de certains contre les citoyens musulmans afin que notre société soit la meilleure et la plus juste qui soit ».

« Avec tout le respect que j’ai pour vous, indique M. Benabdallah à l’intention du premier ministre, je me permets de vous dire que vous n’avez pas mesuré la gravité de cette phrase, 48 heures à peine après la deuxième édition de la commémoration de la tuerie de la grande mosquée. »

En entretien avec Le Devoir, M. Benabdallah a « salué le fait que M. Legault se soit rectifié ». Mais sur le fond, ses critiques demeurent.

« Je me suis senti trahi parce que, le 29 janvier, M. Legault a eu la grande amabilité de venir aux commémorations, il était compatissant et a eu des mots extraordinaires. Mais quand il dit qu’il n’y a pas de courant islamophobe tout en reconnaissant qu’il y a des gestes graves d’islamophobie, je lui demande : d’où viennent ces gestes ? Ils viennent de l’islamophobie. »

M. Benabdallah fait valoir que reconnaître l’existence de l’islamophobie au Québec ne revient pas à dire que le Québec est islamophobe. Il dit craindre que les propos de M. Legault « ne redonnent vie à l’amalgame que les islamophobes adorent, soit que nous traitons tous les Québécois d’islamophobes ».

Le « courant est soutenu par une minorité », estime le président du Centre islamique. « Mais il existe et il faut en prendre conscience, ne pas cacher une évidence. Il y a eu six morts et des blessés ici. Il y a eu plusieurs gestes haineux [pamphlets, croix gammées sur les murs de la mosquée, tête de porc tranchée, etc.]. Doit-on nier tout cela pour dire qu’il n’y a pas d’islamophobie au Québec ? »

M. Benabdallah précise sinon qu’il n’a pas « d’objection au refus de la proposition d’une journée contre l’islamophobie ». « Je ne me sens ni frustré ni trop malheureux, quoique déçu. »

Barrette nuance

Plus tôt dans la journée, le député libéral Gaétan Barrette avait lui aussi fait valoir que « l’islamophobie existe [au Québec] comme partout ailleurs ». « Je ne dis pas que c’est systémique, je ne dis pas que la société est islamophobe. Je dis qu’il y a des gens, sans aucun doute, qui le sont. De faire une affirmation aussi catégorique que celle de François Legault, ça m’apparaît être une assez courte vue d’esprit », a-t-il indiqué.

Son chef, Pierre Arcand, a bien accueilli la précision faite par M. Legault vendredi. « Il reconnaît qu’il s’est trompé […], c’est pas mal une excuse. Il a corrigé le tir et moi, je suis satisfait. »

Le Conseil national des musulmans canadiens (CNMC) avait quant à lui dénoncé des commentaires jugés offensants et inexacts.

Selon Statistique Canada, le nombre de crimes motivés par la haine déclarés à la police a fortement augmenté en 2017 au pays. Les incidents ciblant les Noirs, les juifs et les musulmans ont été à l’origine de la majeure partie de cette hausse.

Un internaute accusé d’incitation à la haine

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Bérubé nie l’existence d’un débat sur les signes religieux au sein du PQ

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Le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, nie l’existence d’un débat à l’intérieur de sa formation politique sur la portée d’une éventuelle interdiction de port de signes religieux au sein de l’État.

Le deuxième groupe d’opposition devra toutefois affiner sa position en fonction du projet de loi que le gouvernement caquiste soumettra à l’Assemblée nationale, a-t-il convenu. Le PQ pourrait par exemple exiger l’élargissement de l’interdiction du port de signes religieux aux employés des directions d’école. « Il y a des professeurs qui pourraient, par exemple, travailler dans les directions d’école. Est-ce un symbole d’autorité, une direction d’école ? Il y a des chances que oui », a soutenu M. Bérubé tout en disant vouloir clore le débat sur la laïcité de l’État. « Le moment est venu d’adopter une loi qui va permettre en tout cas de régler une bonne partie des questionnements qu’on a », a-t-il mentionné, plus d’une décennie après le dépôt du rapport de la commission Bouchard-Taylor.

Pas de débat pour l’instant

M. Bérubé tenait pour acquise l’adhésion complète des neuf autres députés au programme politique du PQ, qui a été adopté en septembre 2017. Le document faisait l’« unanimité des candidats de la dernière élection », y compris les dix qui ont crié victoire le 1er octobre dernier, a noté M. Bérubé. « On n’a pas à débattre. On a la même position. On ne l’a pas changée. On attend le projet de loi », a-t-il ajouté en marge d’un lac-à-l’épaule de deux jours des dix élus « indépendantistes », « sociaux-démocrates » et « humanistes » dans la région des Laurentides.

Il y a des professeurs qui pourraient, par exemple, travailler dans les directions d’école. Est-ce un symbole d’autorité, une direction d’école? Il y a des chances que oui.

 

Le Devoir et Le Journal de Québec rapportaient mercredi que l’inclusion d’un « droit acquis » ou encore l’interdiction empêchant les éducatrices en garderie ou en CPE d’afficher leurs convictions, y compris religieuses, font débat au sein du parti. « S’il y a des choses à discuter, on en discutera. Pour l’instant, il n’y a rien », a affirmé le président du caucus, Harold Lebel. Le député de Bonaventure, Sylvain Roy, s’est pour sa part refusé à tout commentaire sur le sujet. « Je n’ai pas à me positionner », a-t-il dit.

« Collaborer » et « critiquer »

Le caucus du PQ entreprendra les travaux parlementaires avec le « souci d’améliorer » les projets de loi du gouvernement caquiste, promet M. Bérubé.

Dans cet esprit, le PQ a présenté mercredi trois propositions visant à favoriser la présence des aînés sur le marché du travail, dont une « intéressante » tirée du programme du Parti libéral du Québec. « Ce serait bon pour eux [les aînés]. Bon aussi pour l’économie du Québec. […] Ils veulent participer à l’économie de la région. Actuellement, la fiscalité les empêche de le faire », a fait valoir M. Lebel.

L’élu rimouskois invite notamment l’équipe de François Legault à permettre aux travailleurs de 65 ans et plus de cesser de cotiser au Régime de rentes et d’assurer la représentation des aînés à la Commission des partenaires du marché du travail. « Vous allez trouver cela un peu spécial. On fait une proposition que les libéraux ont faite en campagne électorale, c’est-à-dire de permettre le report de la rente de retraite jusqu’à 75 ans », a-t-il poursuivi, soulignant que le poids démographique des personnes âgées de 65 ans et plus augmente.

Ces trois mesures « vont contribuer à résorber un peu les besoins de main-d’oeuvre », estime le chef intérimaire du PQ. « On a beaucoup parlé d’immigration. On a beaucoup parlé de formation. Il y a une main-d’oeuvre qui est disponible, compétente, motivée et qui a besoin d’un signal », a conclu M. Bérubé.

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Le débat émotif sur les armes à feu

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Bien honnêtement, je ne comprends pas cette opposition au fait de devoir enregistrer nos armes à feu, comme on doit le faire pour les véhicules, les VTT, les remorques, les motoneiges et même nos vélos et nos chiens dans plusieurs villes, sans parler des drones qui devront l’être bientôt. Il s’agit tout de même d’armes dangereuses. Ce n’est qu’une simple question de devoir citoyen et qui n’a rien à voir avec certains arguments, souvent émotifs, utilisés de part et d’autre du débat. De plus, cet enregistrement est gratuit contrairement à tous les autres et il se fait aisément sur Internet.

Je suis d’avis que nos associations de chasse et pêche et certains chroniqueurs de magazines spécialisés devraient plutôt continuer d’insister sur la révision de quelques irritants de la loi provinciale, comme celui relié au transport temporaire de l’arme et cibler le classement discutable de certaines armes interdites pour la chasse et qui se sont retrouvées sous le gouvernement fédéral précédent, dans la catégorie des « armes d’épaules » au même titre que les armes de chasse. Ce n’est pas parce qu’on limite à 5 balles le chargeur d’une mitraillette que ce n’est plus une mitraillette. La grande majorité des chasseurs ne se procureront jamais ce type d’armes et sont même contre le fait que leurs marchands essaiment les salons de chasse et pêche pour en faire la promotion.

Enfin, je serais curieux de savoir quel est l’input des lobbys pro-armes dans ces campagnes de dénigrement au Québec et au Canada.

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Laïcité et signes religieux: QS se prépare à un épineux débat

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Même si elle ne sera pas débattue avant le printemps prochain, la question de la laïcité et des signes religieux suscite déjà des discussions au sein des membres de Québec solidaire (QS) et laisse présager un épineux débat.

« Je pense que c’est sain et que QS n’est pas le parti dogmatique qu’on tente de dépeindre. Il y a de la vie, de l’échange et de la discussion », a fait valoir la chef parlementaire, Manon Massé.

Jusqu’à dimanche, les membres de la formation politique de gauche sont réunis à Montréal en Conseil national pour dresser le bilan de la campagne. Cette première rencontre depuis la percée historique de QS leur permettra également d’amorcer leur réflexion sur la laïcité de l’État et des individus.

Actuellement, la position de QS s’appuie sur le compromis proposé dans le rapport Bouchard-Taylor, soit d’interdire les signes religieux aux fonctionnaires en position d’autorité, notamment les juges, les policiers et les gardiens de prison.

Selon plusieurs membres, la posture actuelle du parti ne reflète pas leurs valeurs. Déjà, deux camps s’affrontent. D’un côté les Solidaires pour un Québec inclusif. Le groupe est contre toute interdiction de port de signes religieux. Il estime d’ailleurs qu’il n’existe pas de crise de la laïcité au Québec.

« Ce n’est pas un débat facile à avoir, mais il est temps de le faire », explique Paolo Miriello, qui milite pour les Solidaires pour un Québec inclusif. « On s’attend à ce qu’il y ait de la résistance, on est conscients que les gens ont l’impression qu’il y a un consensus avec la position du rapport Bouchard-Taylor, mais ultimement on espère que les gens vont comprendre que cette position-là découle historiquement d’une peur de l’islamophobie depuis le 11 septembre 2001, mais qu’on n’est dans les faits pas réellement menacés par des religions quelconques au Québec », ajoute-t-il.

De l’autre, le Collectif Laïcité prône quant à lui une laïcité totale, sans obligation d’accommodements raisonnables. « La religion on ne devrait pas l’afficher, surtout pas lorsqu’on est un employé de l’État », dit Louise Archambault, qui a passé une partie de la journée de samedi à distribuer de la documentation pour appuyer la position du Collectif Laïcité.

Si la table a été mise dès vendredi soir, ce n’est qu’en mars prochain que les militants auront à se prononcer sur la question. Dimanche, ils recevront un document de réflexion qui explique la position actuelle de la formation.

Ménage dans son programme


Le rassemblement de la fin de semaine a permis à QS de revenir sur la dernière campagne électorale au terme de laquelle le parti a connu une importante percée.

Le parti a également admis avoir tiré des leçons, notamment sur la présentation de son programme et de sa plateforme électorale.

« C’est clair que notre plateforme est touffue, elle va parfois dans des sujets très pointus et parfois dans des idées très larges », a indiqué Mme Massé.

« C’est parfois beaucoup et je pense qu’on a nos devoirs à faire et peut-être à préciser, à prioriser certaines idées », a-t-elle ajouté.

Mais faire du ménage dans cette plateforme ne signifie pas recentrer les idées du parti s’est empressé de préciser le co porte-parole solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois.

« On veut la rendre moins touffue, plus précise, plus ciblée, parce que c’est un des défis auxquels ont fait face », a-t-il fait valoir. Selon lui, c’est en conservant son « agenda de rupture » que QS a le plus de chances de prendre le pouvoir en 2022.

« Penser que la prise du pouvoir pour un parti passe nécessairement par un recentrage, c’est une vieille manière de comprendre la politique », a-t-il soutenu.

Code vestimentaire


L’attention médiatique accordée cette semaine à l’habillement de certains des nouveaux députés solidaires a également fait parler. Lors d’une plénière en avant-midi, l’ancien candidat David Touchette a vivement critiqué au micro l’attitude des élus qui ont « posé » pour le Journal de Québec, puis celle du parti qui a ensuite partagé l’article sur les réseaux sociaux.

« Comment avez-vous pu laisser aller une dérive sur l’histoire des vêtements », a-t-il questionné.

Mme Massé a défendu ses élus, assurant qu’ils n’ont franchi aucune ligne. « On n’a pas orchestré ça parce qu’on veut changer les règlements de l’Assemblée nationale. Les journalistes ont posé des questions à nos députés et nos députés ont répondu franchement et honnêtement », a-t-elle répondu.

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Prostitution: petite histoire d’un grand débat

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On assiste aujourd’hui, à l’occasion de la position récente adoptée par le Conseil général de la Fédération des femmes du Québec incluant la reconnaissance du travail du sexe dans une de ses résolutions, à la résurgence d’un débat au moins centenaire et dont l’impact se fait encore sentir maintenant. En effet, une des premières grandes batailles qui ont mobilisé les féministes de toutes tendances dans la plupart des pays occidentaux au tournant du XXe siècle concernait le système prostitutionnel. De fait, la prostitution apparaît, en même temps que la revendication du droit de suffrage des femmes, comme la question sociale dont les groupes de femmes s’emparent pour en faire la cause féministe majeure qu’ils vont défendre sur la place publique.

À l’initiative d’un mouvement dit abolitionniste, mené par la zélée Josephine Butler, une féministe d’origine suisse, de nombreux groupes de femmes actifs en Europe tentent de mettre fin à la situation de parias que vivent les femmes prostituées. Au nom de la pureté morale mais aussi pour établir une « unité de la morale » entre les hommes et les femmes, ces féministes réclament l’abolition de la réglementation de la prostitution, instaurée au milieu du XIXe siècle par des hygiénistes non moins zélés qui voulaient réformer le système prostitutionnel. Pour ces derniers, dont le médecin hygiéniste Parent-Duchâtelet préoccupé de santé publique et en particulier de la propagation des maladies vénériennes, transmises selon lui essentiellement par les prostituées, il fallait contenir la prostitution en instituant une réglementation stricte. Il s’agissait d’obliger ces dernières (des femmes uniquement) à subir un examen médical et à s’enregistrer auprès de leur municipalité, sans quoi elles pouvaient être poursuivies par la police des moeurs et mises en prison, sans autre forme de procès.

Lois européennes

Des féministes de tous les horizons s’insurgèrent immédiatement contre l’adoption de lois réglementaristes en Europe, en empruntant le vocabulaire de la lutte contre l’esclavage pour caractériser leur combat abolitionniste. Elles soulignaient d’abord l’inégalité flagrante qui consistait à poursuivre les prostituées et non ceux qui faisaient commerce du corps de ces femmes, au nom de l’égalité entre les sexes, mais aussi au nom d’une morale qu’elles seules, comme femmes, pouvaient défendre ; qu’elles aient été des femmes puritaines pour la prohibition de la prostitution ou des militantes socialistes qui voyaient ces femmes vulnérables comme des victimes de l’exploitation économique, leur mobilisation levait le voile du silence et de la réprobation morale à l’endroit des prostituées. Désormais victimes d’un système prostitutionnel, ces femmes méritaient que d’autres femmes se mobilisent en leur faveur.

Cette convergence de groupes aux objectifs souvent diamétralement opposés sur la question de la prostitution signale le début d’un long combat féministe, d’une mobilisation multiforme qui aboutira à des réformes importantes, incluant des mesures pour combattre la traite sexuelle, autrefois appelée traite des Blanches. La plupart des grandes organisations féministes nationales, comme les Conseils nationaux de femmes dans de nombreux pays, et transnationales, comme le Conseil international des femmes, se constituent dans la foulée de ce rassemblement inédit de femmes contre le système prostitutionnel. Même la toute jeune Société des Nations se dote en 1927 d’un comité pour l’unité de la morale et contre la traite, avec à sa tête une abolitionniste notoire, Ghénia Avril de Sainte-Croix.

Cet épisode de l’histoire des femmes permet d’entrevoir combien ce débat a été déterminant dans l’éveil des féminismes il y a un siècle, constituant ainsi nombre de ses composantes, qui se retrouvent aujourd’hui dans un débat semblable. Même si l’opposition actuelle entre travail du sexe, abolitionnisme et système prostitutionnel reste très ancrée dans les pratiques féministes des unes et des autres, ces divisions ne sont guère propices au débat et encore moins à une action commune. Dans ce contexte, il faut voir la résolution adoptée par la FFQ comme un gage d’ouverture aux groupes qui revendiquent ces différentes positions, dans une volonté d’inclusion qui signale la centralité et la vitalité de revendications féministes multiformes dans l’espace public.

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Débat : la charge mentale

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L’année 2017 a sonné le début d’une nouvelle ère dans la lutte pour l’égalité des sexes. En octobre, l’affaire Weinstein éclate et la vague de dénonciations qui suit illustre la libération de la parole des femmes victimes de harcèlement sexuel. Un mois plus tard, le président Macron proclame l’égalité femmes-hommes « grande cause nationale » du quinquennat. Mais, un peu plus tôt dans l’année, la révolution avait déjà débuté dans l’intimité des foyers. Dès le printemps, les couples français s’échauffaient autour d’un sujet hautement sensible : la charge mentale. Tout commence par une BD que l’auteure Emma poste en mai sur sa page Facebook. En quelques vignettes bien senties, elle décrit son quotidien de mère active qui assume non seulement une grande majorité des tâches liées au foyer, mais aussi la responsabilité de leur planification. Elle donne un nom à cette pression incessante de devoir penser à tout, tout le temps : la « charge mentale », et dénonce l’injustice qu’elle ressent face à cette situation inégale. Pourquoi est-ce toujours aux femmes de porter seule ce fardeau ? Pourquoi avons-nous toujours l’impression de demander de l’aide lorsque nous attendons de nos conjoints qu’ils participent ? Révélation pour la majorité d’entre nous, le post est relayé plusieurs centaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux et tous les grands médias s’emparent du sujet. État des lieux de ce symptôme qui touche, a priori, plutôt les femmes.

Qu’est-ce que la charge mentale ?

Nicole Brais, chercheuse à l’université de Laval au Québec, définit la charge mentale comme : « ce travail de gestion, d’organisation et de planification qui est à la fois intangible, incontournable et constant, et qui a pour objectif la satisfaction des besoins de chacun et la bonne marche de la résidence ». En bref, devoir penser à tout, tout le temps, pour le bien de tous, mari et enfants. Un concept qui vient du monde du travail, en continuité théorique avec la charge physique. Lorsque les emplois étaient majoritairement manuels, on étudiait les conséquences corporelles sur les salariés. Puis, le travail « au bureau » s’est développé dans les années 1970, sollicitant majoritairement le cerveau. Les chercheurs inventent alors la charge « mentale » afin de décrire la gymnastique intellectuelle nécessaire pour répondre à une multiplicité de tâches sur un temps court. En 1984, la sociologue Monique Haicault étend le concept à la vie domestique, dans un article qui rend compte de la double journée de la femme, entre travail salarié et implication dans le foyer. Depuis, le terme a été fréquemment utilisé dans le domaine des ressources humaines et par le milieu féministe, jusqu’à ce qu’Emma le fasse découvrir au grand public.

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Changements climatiques: un débat d’urgence à la Chambre des communes

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Les changements climatiques ont fait l’objet d’un débat d’urgence à la Chambre des communes lundi soir.

Des parlementaires de trois partis, incluant le Parti libéral, en avaient fait la demande plus tôt dans la journée en raison du sombre portrait brossé récemment par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat des Nations unies (GIEC).

Le président de la Chambre des communes, Goeff Regan, a acquiescé à leur demande lundi après-midi. Le débat a débuté à 17 h 30 et devait se poursuivre jusqu’à minuit.

« Le temps presse, a fait valoir la chef du Parti vert, Elizabeth May, en point de presse plus tôt dans la journée. C’est presque déjà trop tard. »

Elle espère que ce débat d’urgence donnera davantage de « force politique » à la ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna, pour inciter le gouvernement à hausser ses cibles de réduction de gaz à effet de serre (GES).

Une révision est prévue en 2020 en vertu de l’accord de Paris sur le climat. Le Canada vise actuellement une réduction des GES de 30 pour cent sous les niveaux de 2005 d’ici 2030.

Selon Mme May, il est urgent d’agir pour limiter la hausse de la température à 1,5 degré Celsius et ainsi éviter « la catastrophe ».

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, qui n’a pas encore de siège aux Communes, a affirmé en point de presse qu’il s’agit de « la menace la plus sérieuse à laquelle le monde fait face et que le Canada ne fait pas sa part ».

« Le gouvernement a promis d’abolir les subventions pour le secteur pétrolier, mais ils ont augmenté ces subventions avec l’achat d’un oléoduc ancien et un autre 7 ou 9 milliards de dollars pour construire un autre pipeline », a-t-il dénoncé.

Le député libéral Nathaniel Erskine-Smith, qui semble faire cavalier seul au sein de son parti, croit que le gouvernement fédéral doit prendre des « actions immédiates » pour s’attaquer aux changements climatiques et cela inclut respecter sa promesse de cesser de subventionner les combustibles fossiles.

Avec l’achat de l’oléoduc Trans Mountain, il estime que le gouvernement doit redoubler d’efforts pour s’assurer de respecter ses cibles de réduction des gaz à effet de serre.

Le député ontarien espère que le débat d’urgence permettra d’élargir la conversation pour dégager de nouvelles pistes d’action.

« Lorsque des premiers ministres un peu partout au pays se battent contre la taxe sur le carbone, qui est reconnue par des économistes du monde entier comme étant le meilleur mécanisme de marché pour lutter contre les changements climatiques, il est extrêmement important de recentrer le débat sur l’urgence du problème », a-t-il expliqué.

Talonné par le NPD lors de la période des questions, son collègue, le ministre des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, a défendu l’approche du gouvernement Trudeau.

« Nous avons un véritable plan pour attaquer les changements climatiques et faire croître l’économie en même temps », a-t-il soutenu en précisant qu’il s’agissait de « faire payer les pollueurs ».

Un rapport accablant

Les experts du GIEC ont signalé il y a un peu plus d’une semaine que la météo, la santé et les écosystèmes de la planète seraient en meilleur état si les dirigeants du monde pouvaient limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré Celsius plutôt qu’à 2 degrés Celsius, comme le prévoit l’accord de Paris.

À 2 degrés Celsius, le rapport indique que la fonte des glaces en mer, les sécheresses, les famines et les inondations seraient beaucoup plus accentuées qu’à 1,5 degré Celsius.

Si les gouvernements n’agissent pas maintenant, prévient le rapport, la hausse de température atteindra 1,5 degré Celsius entre 2030 et 2052.

Pour le Canada, cela signifie que les émissions ne devraient pas dépasser 385 millions de tonnes par an, alors qu’elles atteignaient presque le double en 2016.

Même avec son plan actuel de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), le gouvernement fédéral est bien loin d’atteindre cette cible. L’objectif actuel est de réduire ses émissions à 512 millions de tonnes par an.

Les conservateurs s’opposent à la taxe sur le carbone qui sera imposée par Ottawa aux provinces qui n’ont toujours pas de plan pour réduire leurs émissions de GES, soit la Saskatchewan, l’Ontario et le Manitoba.

« Le Parti conservateur est contre la taxe carbone, mais il y aura un plan vert qui sera déposé à l’approche de l’élection fédérale », a soutenu le lieutenant québécois pour le parti, Alain Rayes.

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L’éducation des adultes, grande absente du débat électoral

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Le spécialiste en éducation Égide Royer l’a évoqué : on oublie de faire le lien entre le manque de main-d’oeuvre et les 20 % des filles et 30 % des garçons qui n’ont pas de diplôme du secondaire. Mais le premier débat des chefs a démontré que l’éducation des adultes demeure aujourd’hui « le parent pauvre de l’éducation » et suscite très peu d’intérêt, alors qu’elle est un secteur pivot de la société québécoise de demain. Au cours du débat, chacun des thèmes abordés sous les yeux d’un million de téléspectateurs était crucial : santé, éducation, économie, immigration et environnement. Pourtant, la formation générale des adultes (FGA), qui a un lien étroit avec chacun de ces enjeux, n’y a pas trouvé sa place.

Il faut dire que le mandat originel de la FGA a beaucoup évolué et qu’on entretient à son égard une perception qui ne reflète plus la réalité. Au départ, la FGA était destinée à des adultes en reprises d’études, autonomes, motivés et responsables. Désormais, les centres d’éducation des adultes (CEA) jouent également un rôle central en matière de raccrochage scolaire auprès des 16-24 ans, pour lesquels ils constituent le dernier recours éducatif. Ces écoles pour adultes peinent pourtant à répondre aux besoins de cette population de plus en plus jeune et en difficulté scolaire et sociale. Sachant cela, notre contribution au concert d’analyses postdébat prend donc la forme d’un petit jeu de l’esprit : la FGA à l’épreuve des faits.

Parce qu’elle accueille près de 33 % de l’ensemble des élèves qui font des études de niveau secondaire, la FGA est une joueuse incontournable dans la lutte contre le décrochage scolaire et participe pleinement à l’atteinte du 80 % de diplomation d’ici 2020, objectif que s’est fixé le ministère de l’Éducation. D’ailleurs, plus d’une personne sur six y obtient désormais son diplôme ou un certificat de qualification ! Son action est aussi étroitement liée à des considérations économiques. Outre le fait que le Québec compte plus de jeunes déscolarisés et sans diplôme que la moyenne canadienne, le manque à gagner pour l’économie québécoise dû à l’abandon scolaire priverait la collectivité de 12,7 milliards de dollars.

La FGA joue également un rôle important dans l’intégration des immigrants, mais aussi de leurs enfants. Les CEA accueillent de plus en plus de jeunes de 16-24 ans issus de l’immigration. Ils viennent soit directement des classes d’accueil, soit des classes de cheminement particulier, et peuvent accuser un grand retard scolaire. Sur le plan de la santé, notons que deux tiers des adultes ne possèdent pas les compétences en littératie nécessaires pour pouvoir prendre soin de leur santé et bénéficier d’une bonne qualité de vie — ce qui a des conséquences notables sur les finances de l’État. Ces compétences en littératie sont tout aussi capitales en ce qui a trait à l’environnement, puisqu’elles permettent d’analyser les informations pour comprendre le monde, et ainsi aiguiser sa conscience citoyenne, qui se traduit in fine en participation électorale…

En escamotant le thème de l’éducation des adultes, le débat des chefs a manqué sa chance d’ancrer cette question dans une discussion politique sur les grands enjeux sociétaux tels que la mondialisation, la révolution technologique et la professionnalisation de la main-d’oeuvre. On néglige aussi l’urgence de repenser le fonctionnement des centres d’éducation, qui accueillent de plus en plus de jeunes de moins de 20 ans, souvent en grande difficulté scolaire et sociale, alors qu’ils ont été initialement pensés pour des adultes désireux de reprendre leurs études. C’est pour souligner cette dissonance que nous publions ci-après la question que Kenny, un jeune adulte qui a vécu cette réalité, avait soumise à Radio-Canada pour le débat des chefs :

« J’entends beaucoup parler de CPE et de maternelle, mais moi, j’aimerais vous parler de mon expérience à l’éducation des adultes. Je m’appelle Kenny, j’ai 32 ans. J’ai passé presque toute ma vie d’enfant et d’adolescent en centre jeunesse. À l’école, j’étais ce qu’on appelle un élève en grande difficulté. Donc pour finir mes études secondaires, il a fallu m’inscrire dans un centre d’éducation des adultes. J’en ai même fait plusieurs. Ces centres d’éducation n’ont pas du tout fonctionné pour moi. On travaille seuls dans des cahiers, ça peut prendre des heures avant que le professeur réponde. Et puis, je manquais de soutien pour mes problèmes personnels et difficultés d’apprentissage persistants. Si j’ai réussi mes études secondaires, c’est parce qu’on m’a ensuite dirigé vers un organisme communautaire où j’ai enfin pu recevoir toute l’aide dont j’avais besoin. Ma question pour les candidats : qu’est-ce que vous comptez faire pour les jeunes adultes en difficulté comme moi, pour qui les centres d’éducation des adultes ne fonctionnent pas ? »

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