Décès de Pierre de Bané: la mort d’un juste

[ad_1]

Le 9 janvier dernier, un homme et un politicien hors du commun nous quittait à l’âge de 80 ans, après avoir laissé un riche héritage à l’est du Québec — qu’il a représenté pendant plus de 15 ans — et à l’ensemble de la société canadienne. Né de parents libanais catholiques de rite melkite à Haïfa, alors en Palestine sous mandat britannique, Pierre de Bané arrive au Canada avec sa famille en 1951. Au terme de ses études classiques, il obtient son diplôme en droit de l’Université Laval, dans la même promotion que les Brian Mulroney, Lucien Bouchard et plusieurs autres figures marquantes de la politique et du droit.

Aux yeux de plusieurs, cet intellectuel féru d’humanités gréco-latines et doté d’une vaste culture historique et littéraire était un politicien très improbable. Quand il s’est parachuté dans la circonscription de Matane — où il n’avait jamais mis les pieds — lors des élections fédérales de 1968, personne ne donnait cher de son avenir politique. C’était compter sans le fait que l’érudit en lui était doublé d’un homme d’action qui, une fois qu’il s’était fixé un objectif, n’en démordait jamais.

Peu après sa première élection, le Bureau d’aménagement de l’est du Québec avait décidé de fermer plusieurs villages de l’arrière-pays, dont une majorité était située dans sa circonscription. Une douzaine d’entre eux furent détruits et leurs populations déplacées dans des zones urbaines. C’est alors qu’un vaste mouvement de refus prit son essor dans la soixantaine de villages auxquels les technocrates s’apprêtaient à faire subir le même sort. Ce fut la naissance des opérations Dignité, auxquelles le député de Bané s’associa sans réserve. En 1974, sous la pression populaire, le gouvernement du Québec renonçait à son projet.

Des motifs nobles

Pierre de Bané était en politique pour les motifs les plus nobles : enrayer autant que possible la pauvreté, mettre les institutions publiques au service des gens et des communautés, offrir à ses commettants des motifs de dignité et de fierté. Les ambitions qu’il nourrissait n’étaient pas pour lui-même. De toute ma vie, je n’ai jamais rencontré un politicien aussi altruiste.

Pierre de Bané était un esprit libre. En 1970, il vota contre la Loi sur les mesures de guerre. Quelques années plus tard, il eut aussi le courage d’épouser le combat des gens de l’air du Québec pour faire appliquer la Loi sur les langues officielles dans l’espace aérien québécois.

Pendant ses années au Conseil des ministres, il a continué de travailler sans relâche pour la région qu’il a représentée pendant plus de quinze années à Ottawa. L’une de ses réalisations les plus concrètes et durables à cet égard est sans aucun doute l’établissement à Mont-Joli, en 1987, de l’Institut Maurice-Lamontagne, l’un des principaux centres de recherche en science de la mer au monde.

Toute sa vie, que ce soit comme député ou à titre de sénateur, il demeura attaché à la vitalité et au rayonnement de la langue française, que ce soit au sein de l’Association internationale des parlementaires de langue française ou dans le cadre de l’Organisation internationale de la Francophonie, qu’il a largement contribué à mettre sur pied.

J’ai connu Pierre au milieu des années 1970, alors que je travaillais à une station radiophonique de Matane. Quelques mois plus tard, je me retrouvais du jour au lendemain correspondant à Ottawa, baragouinant à peine l’anglais, complètement égaré dans un univers dont j’ignorais tous les codes. La seule personne que je connaissais dans cette ville était Pierre de Bané. Je l’avais appelé, ne dissimulant rien de la détresse où je me trouvais. C’est alors que j’ai pris toute la mesure du désintéressement, de la générosité et de la noblesse de cet homme d’exception. Il m’a littéralement donné les clés de la ville, m’a appris ses conventions et ses usages, m’a présenté une foule de gens, et cet homme d’une perspicacité et d’une profondeur remarquables a été pour moi un exceptionnel professeur de sciences politiques.

Que de soirées nous avons passées à discuter d’histoire, de politique et de littérature, à parler de ses origines, de ses voyages et de ses expériences de député, de ministre et de sénateur. Pierre était un causeur intarissable dont la conversation n’était jamais ennuyeuse.

C’est avec Pierre que j’ai visité pour la première fois le Liban et d’autres régions du Moyen-Orient, où il m’a fait découvrir toutes les richesses de leurs cultures. J’ai alors découvert chez lui tout un pan oriental de sa personnalité qui n’a fait que l’enrichir à mes yeux. Vers la fin de sa carrière au Sénat, alors que sa santé le fragilisait considérablement, il s’est d’ailleurs beaucoup rapproché de ses origines, de la collectivité libanaise du Québec qui le vénérait, et en particulier de la communauté melkite.

De graves problèmes de santé ont miné les dernières années de sa vie. Il a eu la chance, pour traverser cette épreuve, de compter sur l’amour et le soutien sans réserve de sa conjointe Élisabeth, avec qui il a formé pendant 38 ans un couple exemplaire.

J’ai fait mes adieux à Pierre quatre jours avant son décès. Il était pleinement conscient que la fin approchait, mais demeurait serein. Nous nous sommes dit pour la dernière fois toute l’affection que nous nous portions. Je le pleurerai longtemps.

Le monde vient de perdre un juste.

[ad_2]

Source link

قالب وردپرس

Décès de Gérard Basset, meilleur sommelier du monde

[ad_1]

gerard-basset-meilleur-sommelier-du-monde-2010

Cette figure de premier plan du monde du vin avait su rester un homme d’une grande simplicité. Hommage.

Gérard Basset était l’une des figures les plus appréciées et respectées du milieu.

Il était le seul à cumuler les prestigieux titres de meilleur sommelier du monde et de Master of Wine (MW). Décoré officier par l’Ordre de l’Empire Britannique (OBE) et plus récemment par l’Ordre du Mérite Agricole, diplômé du MBA vins et spiritueux de Kedge Business Scholl et du MSc de l’OIV (Organisation Internationale du Vin), Basset avait accumulé les titres et les diplômes non pour la gloire, mais pour le savoir. Né à Saint-Etienne, cet autodidacte avait quitté l’école très jeune, sans qualifications et s’était exilé en Angleterre dans les années 80.

Il avait entamé sa vie professionnelle comme plongeur puis comme sommelier, avant de se hisser au plus haut niveau, menant une carrière exceptionnellement variée qui lui valut de multiples honneurs et récompenses. Très impliqué dans le milieu de la sommellerie il était aussi correspondant régulier du magazine anglais spécialisé Decanter, président du Wine and Spirit Education Trust (WSET), auteur, et propriétaire de l’hôtel TerraVina en Angleterre, qu’il tenait avec son épouse Nina.

Sa personnalité douce et rayonnante, sa gentillesse, son absence complète d’égo malgré le prestige de son statut et sa disponibilité continuelle, conféraient à l’homme une aura particulièrement lumineuse. Il s’est éteint le 16 janvier 2019 ; son ombre légère et bienveillante restera posée sur l’âme de tous ceux qui ont eu la joie le connaître. Merci Gérard Basset d’avoir laissé une si belle trace tant sur le plan professionnel qu’humain.

‘);
window._taboola = window._taboola || [];
_taboola.push({
mode: ( isMobile.phone ? ‘thumbnails-feed’ : ‘thumbnails-a’),
container: taboolaContainerId,
placement: ( isMobile.phone ? ‘Mobile Article Feed’ : ‘Below Article Thumbnails’),
target_type: ‘mix’
});

[ad_2]

Source link

قالب وردپرس