comment enrayer leur déclin ?

[ad_1]

AU JARDIN CE WEEK-END – Ce week-end, le Muséum national d’Histoire naturelle et la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) nous invitent à compter les oiseaux pendant une heure.

C’est un fait maintenant établi: il y a de moins en moins d’oiseaux dans nos jardins. Le Muséum national d’histoire naturelle qui procède à des comptages réguliers, notamment au travers du programme «Oiseaux des jardins» auquel participent plus de 30.000 particuliers, évalue la baisse des effectifs à 10% toutes espèces confondues au cours de la dernière décennie.

Pour enrichir ces données et prendre en compte les dernières évolutions, une nouvelle opération de comptage est organisée samedi et dimanche pour la 7e année consécutive à travers toute la France. Les amoureux de la gent ailée sont invités à participer (en cliquant ici) qu’ils aient un jardin ou non, dans la mesure où il est possible d’effectuer l’opération dans un parc ou un jardin public ou collectif.

VOIR AUSSI: VIDÉO – Oiseaux, hérissons, abeilles: comment les inviter dans son jardin?

Les causes de ce phénomène préoccupant sont multiples. Outre les produits phytosanitaires régulièrement mis en cause, l’augmentation du parcellaire, la modification des pratiques agricoles, la suppression des haies et des jachères mais aussi la destruction de nombres d’habitats naturels liée à l’urbanisation (lotissements, zones commerciales, routes…), jouent un rôle au moins autant, si ce n’est plus important. Les espèces granivores sont les plus impactées: moineau friquet (à ne pas confondre avec le moineau domestique fréquent dans les villes), linotte mélodieuse, verdier d’Europe, chardonneret, bruant jaune, pour ne citer que ceux-là (voir leur photo dans le diaporama), enregistrent les baisses les plus fortes du fait de la dégradation de leur habitat naturel et de la diminution de leur garde-manger. À savoir les graines des herbes sauvages qui constituent l’essentiel de leur régime.

LIRE AUSSI: HORTIQUID – Quels arbustes à baies privilégier pour les oiseaux?

Bouvreuil pivoine ( <i>Pyrrhula pyrrhula</i>) mâle.
Bouvreuil pivoine ( Pyrrhula pyrrhula) mâle. Jean-Jacques Boujot sous licence CC

Un exemple parmi d’autres: depuis quelques années, les agriculteurs ont l’obligation de déchaumer leurs parcelles avant l’hiver afin d’y semer des engrais verts qui empêchent aux nitrates de migrer vers les nappes phréatiques. «Du coup, les graines de céréales, de colza ou de mauvaises herbes qui restaient auparavant en surface sont maintenant enterrées, si bien que les oiseaux se trouvent rapidement privés de nourriture», explique l’ornithologue Frédéric Jiguet, professeur au Muséum qui constate une baisse très nette des populations de chardonnerets et de verdiers depuis la mise en œuvre de cette mesure décrétée par l’Europe.

Une étude publiée dans la revue scientifique Biological Conservation vient d’ailleurs de montrer que les espèces granivores fréquentent d’autant plus les mangeoires mises à leur disposition en hiver que l’agriculture alentour est intensive. «Comme ils trouvent de moins en moins de graines dans les parcelles agricoles, ces oiseaux viennent dans les jardins chercher une nourriture de substitution au fur et à mesure que l’hiver progresse» explique Frédéric Jiguet, cosignataire de cette étude avec sa collaboratrice Pauline Pierret, qui souligne, au passage, «le rôle important du nourrissage hivernal pour les oiseaux».

Enrayer le déclin de la gent ailée

Ne vous posez donc plus la question: outre le plaisir que cela procure, le fait d’installer des mangeoires dans son jardin entre la mi-novembre et la mi-mars contribue bel et bien à enrayer le déclin de la gent ailée. Faut-il le faire au-delà, pendant la période de reproduction? «A ce stade, la question n’est pas tranchée, poursuit Frédéric Jiguet. D’un côté, on augmente le nombre de portées, ce qui est positif, mais de l’autre, la viabilité des oisillons soumis à ce régime granivore risque d’être moins bonne. Des études sont programmées pour y voir plus clair. En attendant, mieux vaut interrompre le nourrissage pendant la période où les parents élèvent les petits quitte à le reprendre par la suite.»

Depuis cet été, le merle noir est victime d'un parasite mortel: le virus isutu.
Depuis cet été, le merle noir est victime d’un parasite mortel: le virus isutu. 63859815/YK – Fotolia

Autres problèmes: les maladies. Le verdier d’Europe est victime d’une épidémie de salmonellose, une maladie bactérienne véhiculée par les fientes. D’où, au passage, l’importance de nettoyer régulièrement les mangeoires pour éviter la contamination. Plus surprenant encore: depuis cet été plusieurs espèces d’oiseaux, en particulier le merle noir, sont décimées par le virus isutu, un parasite transmis par un moustique. «Le comptage de ce week-end nous permettra d’évaluer précisément l’impact de cette maladie émergente sur les populations» poursuit Frédéric Jiguet.

Gare aux chats! 

Pour avoir le maximum de chances de voir des oiseaux dans son jardin, il est bien évidemment recommandé, comme l’a vu, de les nourrir avec des aliments appropriés et d’installer des nichoirs. Le tout en les protégeant des chats avec des dispositifs recommandés par la LPO: substances et plantes répulsives (Coleus canina), grilles en plastique hérissées de picots placées sur les branches ou le tronc des arbres, appareil à ultrasons etc. Sachez qu’à l’échelle mondiale, la prédation de ces petits félidés est estimée à 4 milliards d’oiseaux tués chaque année. La prolifération des corneilles et des pies, grandes consommatrices d’œufs et d’oisillons, est également pointée du doigt.

Enfin, outre le nourrissage, sachez rendre votre jardin accueillant en laissant une place aux fleurs sauvages, en aménageant un point d’eau, en plantant des arbres ou des arbustes à baies, etc. Les oiseaux mais aussi les hérissons, les crapauds ou les musaraignes vous le rendront au centuple en vous débarrassant des pucerons, chenilles, limaces et autres parasites.

Vos événements «jardin» à ne (surtout) pas manquer

• 26-27 janvier: fête des plantes «Mimosalia», sur le thème de l’«intelligence des arbres», village médiéval, Bormes-les-Mimosas (Var)

• Du 9 au 17 février: exposition-vente d’orchidées Vacherot & Lecoufle, Parc floral de la Source, Orléans (Loiret).

• Du 14 février au 11 mars: 7e exposition «Mille et une orchidées», grande serre du Jardin des Plantes, Paris.

• 16 février: Conférence «Jardiner au naturel: des solutions existent», espace Jean Vautrin, Bègles (Gironde).

• Jusqu’au 28 février: exposition «Jardins d’hiver», Domaine de Chaumont-sur-Loire (Loir-et-Cher).

• du 28 février au 3 mars: Salons «Piscine & jardin» et «Ma maison mes envies», Parc Chanot, Marseille (Bouches-du-Rhône).

• Du 2 au 4 mars: 560e foire aux arbres et aux plantes, Lisieux (Calvados).

• 14 mars: Colloque «Buis, enjeux, renouveau et renaissance des jardins», centre de conférences, Orléans (Loiret).

• 29, 30 et 31 mars: Concours international d’art floral, «Élégances florales», salle Claude Nougaro, Revel (Haute-Garonne).

[ad_2]

Source link

قالب وردپرس

Le déclin de l’État chinois et le refus de la modernité

[ad_1]

On entend régulièrement que le XXIe siècle serait celui de la Chine. Sur toutes les tribunes, les spécialistes y vont de leurs prédictions afin de trouver le moment à partir duquel la Chine dominerait complètement l’économie mondiale et la politique internationale. Pourtant, quand on observe les mutations politiques récentes du pays et surtout la manière cavalière avec laquelle la Chine négocie sa place dans l’arène internationale, on ne peut s’empêcher de remarquer le déclin de l’État chinois et son refus de la modernité.

La récente querelle diplomatique entre le Canada et la Chine, au sujet de la détention de Meng Wanzhou de la compagnie Huawei, et l’arrestation en guise de représailles de deux citoyens canadiens (Michael Kovrig et Michael Spavor) confirment tout simplement que la légitimité de l’État chinois est en perte de vitesse et que son pari d’accéder au rang des grandes puissances modernes continue à battre de l’aile.

Depuis l’ouverture de la Chine en 1978 sous l’égide de Deng Xiaoping, la politique étrangère chinoise repose sur les principes de la « coexistence pacifique », incluant la fameuse « non-ingérence dans les affaires intérieures » des autres pays. Pendant longtemps, ces principes ont été perçus par plusieurs comme le symbole d’un désir d’harmonie entre les peuples, constituant une contribution originale de la civilisation chinoise à une saine conduite des affaires internationales. Cependant, il serait difficile de ne pas reconnaître aujourd’hui que c’est surtout parce que la Chine se trouvait en position de faiblesse face au reste du monde qu’elle défendait ces principes. En d’autres mots, la conduite des relations internationales de la Chine contemporaine reproduit étrangement la logique de ce que Nietzsche a décrit dans un autre contexte comme « la morale des faibles ».

Depuis l’accession au pouvoir de Xi Jinping, par contre, forte d’une position économique enviable, la Chine ne se gêne plus pour exprimer ouvertement ses rêves de grandeur et elle apparaît de plus en plus arrogante dans sa manière de gérer les affaires internationales. Qu’il soit question de géopolitique dans les mers d’Asie, de querelles territoriales avec ses voisins immédiats, d’exploration de l’espace ou de rivalités commerciales avec l’oncle Sam, on voit que la notion de « bien commun » est d’abord tributaire de l’intérêt et du bénéfice immédiat de la Chine, qui priment toutes les autres questions (progrès scientifiques, droit international, paix mondiale, environnement, etc.).

Dans cette optique, l’épisode récent de l’emprisonnement de deux ressortissants canadiens afin de tenter de faire pression sur le gouvernement du Canada dans l’affaire Meng Wanzhou est une forme de chantage politique qui n’a rien de vraiment surprenant. Pour ceux qui connaissent bien l’histoire moderne de la Chine, il y a même un parallèle à faire avec les événements du printemps 1839, qui nous ramène au déclenchement de la première guerre de l’opium. Suivant les directives de l’empereur Daoguang, le commissaire impérial Lin Zexu avait alors mis en arrêt les marchands britanniques de Canton ainsi que le superintendant au commerce de l’époque, Charles Elliot. Les motivations de la Grande-Bretagne quant au déclenchement de cette guerre étaient nombreuses, mais il est tout de même ironique de constater, en lisant la déclaration de guerre signée par lord Palmerston en février 1840, que la justification donnée est précisément que l’arrestation d’Elliot avait fait de l’agent britannique « un instrument au profit du gouvernement chinois afin de faire appliquer sa propre loi ». Cette digression historique n’a surtout pas pour but de minimiser l’agression impérialiste contre l’empire Qing au XIXe siècle, mais tout simplement de montrer ce à quoi nous ramènent les agissements contemporains du gouvernement chinois, qui sont manifestement ceux d’une autre époque.

Par ces bassesses politiques qui font écho aux agissements des États voyous d’un autre siècle, le gouvernement chinois renie ses propres engagements à l’égard du respect du droit international et trahit de surcroît l’universalisme et l’avant-gardisme qui ont été le moteur de la véritable révolution chinoise, amorcée il y a bientôt 100 ans.

La guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis existe bel et bien, et il y a fort à parier qu’on en subira les impacts avant longtemps. Mais ce qui ressort aujourd’hui de cette querelle diplomatique avec le Canada, c’est surtout le refus de la modernité et l’effritement du rêve chinois, alors que le masque du Léviathan est en train de tomber et que le vrai visage de l’Empire du Milieu se révèle à la face du monde. Obnubilée par des rêves de grandeur égoïstes, la Chine actuelle n’a aucune solution viable à offrir pour remplacer la politique du plus fort qui a tant déchiré le monde au XXe siècle.

[ad_2]

Source link

قالب وردپرس