Déni conservateur des changements climatiques

[ad_1]

Le chef conservateur Andrew Scheer n’en démord pas. La taxe sur le carbone du gouvernement Trudeau doit être combattue par tous les moyens, au point même de convoquer la presse le Premier de l’an, à Régina, pour répéter son message.

L’opposition conservatrice contre la stratégie fédérale de lutte contre les changements climatiques, et la taxe sur le carbone en particulier, n’est pas nouvelle. M. Scheer a toujours soutenu que cette stratégie n’en était pas une, que la taxe sur le carbone était une manoeuvre pour engranger plus de revenus. Il ajoute maintenant que la réélection des libéraux se traduira par une hausse vertigineuse de ladite taxe. Il lance des chiffres : 100, 300 $ la tonne ? Avec lui, par contre, fini la taxe.

Mais pas la lutte contre les changements climatiques, insiste M. Scheer. Depuis avril, il promet même un plan à cet effet. Un plan qu’on attend toujours, mais qui sera dévoilé, a-t-il dit mardi, suffisamment tôt avant la campagne pour que les électeurs puissent le soupeser et le comparer.

Avec, entre autres, les stratégies qui se sont succédé au Canada depuis vingt ans, qui ont toutes échoué et qui avaient en commun d’exclure la tarification du carbone, ce qu’envisagent les conservateurs. Car la tarification entraîne la perte d’emplois et une hausse du coût de la vie, martèlent-ils. Ils n’ont pas tort sur ce dernier point, puisque le but de la taxe est de hausser le prix des hydrocarbures pour en décourager l’utilisation. Pour ce qui est de l’emploi, notons que la Colombie-Britannique a une taxe sur le carbone depuis dix ans, qui atteint maintenant 30 $ la tonne, et une des économies les plus florissantes au pays.

La taxe fédérale, qui ne s’appliquera qu’à partir d’avril dans les provinces sans plan de lutte correspondant aux critères fédéraux, sera quant à elle de 20 $ la tonne. Elle augmentera ensuite de 10 $ par année pour atteindre 50 $ en 2022. Ottawa récoltera des revenus substantiels auprès des entreprises et des particuliers, mais il a déjà prévu de retourner 90 % des sommes recueillies aux contribuables des provinces visées. La quasi-totalité des ménages recevront plus qu’ils n’auront payé.

 

 

Mais malgré toutes ces mesures et celles déjà annoncées, le Canada ratera la cible qu’il s’est fixée à Paris, selon Environnement Canada, soit une réduction, d’ici 2030, de 30 % des émissions de GES par rapport aux niveaux de 2005.

En brandissant la taxe comme un épouvantail, M. Scheer cherche à susciter la division sur un enjeu qui exige pourtant une action collective qui transcende les lignes de parti. La taxe a ses défauts, mais faute d’une solution de rechange et devant l’appui sans réserve accordé aux leaders conservateurs provinciaux qui contestent la taxe devant les tribunaux, le PC donne l’impression qu’il est prêt, dans l’espoir de glaner quelques votes, à brader l’environnement.

Le Canada n’émet que 1,6 % des GES de la planète, mais son empreinte écologique est trois fois plus lourde que son poids démographique. Son taux d’émissions par habitant est l’un des plus élevés au monde. On ne peut s’en laver les mains, d’autant plus qu’il y a urgence, selon un rapport onusien publié en octobre. Au rythme où vont les choses, la hausse globale des températures atteindra 1,5 degré par rapport aux températures de la période préindustrielle entre 2030 et 2052.

Fournir sa part d’efforts impose des coûts à court terme dans l’espoir d’obtenir des résultats à long terme. L’enjeu environnemental contraint les partis à choisir entre la politique à courte vue ou la vision et le sens des responsabilités envers les générations futures. Quel camp M. Scheer choisira-t-il ? Le dévoilement plus tôt que tard de son plan et la crédibilité de ce dernier offriront la réponse attendue.

[ad_2]

Source link

قالب وردپرس

Déni de démocratie | Le Devoir

[ad_1]

Il y a eu, en début de semaine dans le salon du Bureau ovale, cet esclandre du président avec Nancy Pelosi et Chuck Schumer au sujet du financement du mur frontalier. Devant les caméras. Suivi d’une salve de tweets présidentiels. Au nom de la transparence, a dit le président. Grand-guignolesque, ont rétorqué ses opposants. Dans tous les cas, c’est un accroc de plus, une rupture dans les usages politiques (ce qui, en soi, peut donner lieu à un débat, on le sait ici). Il reste que la politique-poubelle d’un homme sans apprentissage de gouvernance (même après deux années), et qui apprécie visiblement beaucoup plus d’être en campagne électorale qu’aux commandes du pays, va au-delà du seul spectacle.

Les politiques publiques mises en place par le gouvernement en attestent. Quoique l’on parle finalement moins de l’incarcération de 15 000 enfants migrants, de l’intensification de l’expulsion des réfugiés cambodgiens arrivés dans la foulée des massacres commis par les Khmers rouges au siècle dernier, du déclin du droit des femmes (comme le démontre l’index SRHR développé par le Center for Health and Gender Equity) ou de l’éviscération du Clean Water Act (en limitant la protection fédérale aux seuls cours d’eau majeurs et à leurs affluents) que des diatribes incendiaires du président en 280 caractères.

C’est là que réside le coeur du problème, dans ce cirque où on ne sait plus qui, de l’auguste ou du clown blanc, va clore la représentation. Car au-delà de la déréglementation intensive que subit le pays (avec le risque imminent d’une autre crise financière, énoncé récemment par Janet Yellen), au-delà de la paupérisation annoncée de la classe moyenne, de la dégringolade économique prévisible des plus pauvres, du déclin de l’accès aux services de santé et aux médicaments de base — par exemple, le coût croissant de l’insuline a conduit des patients diabétiques à se rationner… pour en mourir —, il y a un effet sournois de cette politique spectacle qui s’érige en paravent d’une réalité sordide :

la normalisation de comportements qui auparavant auraient été fustigés publiquement ;

la banalisation des bénéfices personnels dans le cadre d’une fonction publique ;

l’admissibilité de la corruption (Rudy Giuliani affirmant que, tant que personne n’est mort… ce n’est pas si grave, tandis que le sénateur Orrin Hatch de l’Utah affirme qu’il s’en « balance ») ;

la tolérance du népotisme, de l’atteinte aux droits individuels et aux libertés publiques ;

l’acceptation de la disparition des faits au profit d’émotions fabriquées, de la manufacture des termes des élections par compromission.

 

Il y a derrière le « show de boucane » dans lequel de nombreux commentateurs s’abîment un danger plus grand : l’avènement de cette démocratie illibérale annoncé dès les années 1990 par Pierre Rosanvallon et Fareed Zakaria.

Dans cet espace illibéral, fruit de ce que Bertrand Badie nomme la désinstitutionalisation des médiations politiques, on érige un autel à la souveraineté populaire et c’est en son nom que s’installe la lente érosion de l’état de droit. Pas seulement à travers la production de décrets exécutifs ou d’ordres présidentiels… mais aussi en raison de ce que le contexte autorise. En raison du blanc-seing qui émane du sommet de l’État et du silence de ceux qui, en position de pouvoir, pourraient s’y opposer.

Ainsi s’installe la tolérance de l’inacceptable : l’expression d’un arbitraire croissant par un certain nombre d’agences fédérales (l’expulsion de citoyens américains sur la seule base d’un délit de faciès), l’exercice de pouvoirs inédits par d’autres (la patrouille de la zone frontalière par les services de la Faune), l’exercice sans limites du pouvoir (comme la séparation violente de Jazmine Headley de son bébé, à New York, il y a une semaine), la valeur relative de la vie (la justification par la secrétaire à la Sécurité intérieure Kirstjen Nielsen, basée sur le fait qu’elle avait franchi « illégalement » la frontière, de la mort d’une enfant de sept ans après son passage par une hielera, ces cellules glaciales de détention des services d’immigration). Il faut inscrire dans cette même logique l’ampleur actuelle du charcutage électoral qui défigure les votes jusqu’à les travestir, le fait que les législatures sortantes du Wisconsin et du Michigan choisissent d’altérer les pouvoirs du gouverneur nouvellement élu parce qu’il n’est pas de leur bord, les irrégularités électorales patentes et délibérées en Caroline du Nord et en Floride.

Le déni de la démocratie. Car il n’existe aucune sanction immédiate à ces exactions. Ni juridique. Ni populaire. Ni politique.

À moins, bien sûr, que la référence bipartisane, hier, au Sénat, et pour la première fois depuis 1973, à la loi sur les pouvoirs de guerre face à l’exécutif représente le début du retour de balancier. À moins que ce sursaut ne s’avère, la résistance a du plomb dans l’aile et la démocratie, un boulet au pied.

[ad_2]

Source link

قالب وردپرس

La tentation du déni | Le Devoir

[ad_1]

Si aucune erreur n’a été commise durant la campagne électorale, comme Jean-François Lisée semble le croire, la situation du PQ est encore plus dramatique qu’on pouvait le croire. M. Lisée soutient avoir réussi à éviter le pire, mais un résultat aussi catastrophique après un parcours sans faute aurait de quoi décourager les plus optimistes.

Il fallait être culotté pour se féliciter d’avoir sauvé les meubles après avoir promis de mener le PQ sur le « chemin des victoires ». Quoi qu’il en dise, M. Lisée a bel et bien brisé l’élan de son parti — et le moral de ses troupes — avec son attaque incongrue contre Manon Massé lors du deuxième débat en français, mais il ne faudrait pas exagérer l’effet de cette bourde. Le PQ aurait peut-être sauvé quelques sièges de plus, mais sa situation n’aurait pas été tellement plus rose.

Au lendemain d’une défaite, surtout une telle raclée, la tentation est grande de se réfugier dans le déni ou de chercher des boucs émissaires. Le PLQ semble également avoir beaucoup de mal à faire une analyse objective des résultats du 1er octobre.

Certains, comme les anciens députés Nicolas Marceau et Alain Therrien, s’en prennent à la « convergence ». En voulant s’allier à Québec solidaire, le PQ aurait fait fuir ceux qui voient en QS une bande de bolcheviques ou, au mieux, de rêveurs. Cela est très possible. D’ailleurs, de nombreux solidaires étaient encore plus horrifiés à l’idée de faire alliance avec le PQ. La plus grande erreur a peut-être été d’avoir sous-estimé leur répulsion.

Il est également vrai que le report du référendum après 2022 a pu inciter des électeurs souverainistes à tourner le dos au PQ, tout comme des électeurs fédéralistes se sont sentis autorisés à faire faux bond aux libéraux.

 
 

Tout cela n’explique cependant pas pourquoi la popularité du PQ était en baisse depuis vingt ans, malgré la victoire de 1998, remportée avec moins de voix que le PLQ, et le bref gouvernement de Pauline Marois, qui apparaît en rétrospective comme un accident de parcours. On a évoqué avec raison la charte des valeurs, mais elle a accéléré plus qu’elle n’a provoqué cette désaffection.

Il est sans doute injuste de comparer le PQ des dernières années à celui de sa période glorieuse, alors que le bipartisme lui assurait de revenir au pouvoir quand le passage du temps avait suffisamment usé les libéraux.

L’avènement du multipartisme a fait disparaître cet automatisme. Cet éclatement du paysage politique était sans doute inscrit dans le résultat du référendum de 1995. Il était difficile d’envisager un match revanche à court terme. À partir du moment où l’indépendance était reportée sine die, maintenir intacte la coalition du oui devenait pratiquement impossible.

 
 

Au PQ, on se plaît à répéter le mot de Bernard Landry, à savoir que l’indépendance n’est ni à gauche ni à droite, mais en avant. On a cependant beaucoup de mal à accepter que le PQ n’est plus la coalition d’antan ; il ne peut plus qu’être un membre parmi d’autres au sein d’une nouvelle coalition, dont l’instauration d’un mode de scrutin proportionnel faciliterait la formation.

Il va de soi que la promotion de la souveraineté doit être au centre de l’action du PQ, mais il ne peut pas faire l’économie d’un projet de société et de gouvernement en attendant le Grand Soir. C’est très bien de dire que « la maison doit être accueillante pour tout le monde », mais un parti politique n’est pas un magasin général où chacun peut choisir ce qu’il veut. Cela implique de faire des choix d’ordre idéologique.

Après le virage à gauche du congrès de septembre 2017, voilà maintenant qu’on voudrait ramener le PQ vers la droite, mais est-ce réellement l’orientation social-démocrate du PQ qui a été rejetée le 1er octobre ? Cloner la CAQ est-il la solution ?

Le plus difficile après une défaite est de regarder la réalité en face. Avant de discuter de stratégie, les péquistes devraient peut-être se demander pourquoi la souveraineté n’intéresse plus la jeune génération. On connaît la réponse : « Parce qu’on ne leur en a pas assez parlé. » Vraiment ? Finalement, Jean-François Lisée a peut-être raison : le pire est encore à venir.

[ad_2]

Source link

قالب وردپرس