Le Canada a-t-il mis ses diplomates en danger, à Cuba?

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C’est parce qu’elle s’est sentie abandonnée par son propre gouvernement qu’une ex-diplomate à Cuba s’est tournée vers les tribunaux, avec ses collègues, pour obtenir réparation. Car pendant plus d’un an, le gouvernement canadien a ignoré ses appels à l’aide, compliqué sa quête de soins médicaux et minimisé la gravité des maux dont elle souffre encore, déplore l’une des victimes du « syndrome de La Havane » au Devoir.

Cinq diplomates canadiens ont déposé une poursuite en Cour fédérale mercredi pour réclamer plus de 28 millions au fédéral, pour eux et leurs proches. Au total, quatorze personnes réclament réparation : cinq agents des affaires étrangères, deux de leurs conjoints et huit enfants.

Leur requête judiciaire reproche au gouvernement de les avoir sciemment mis en danger, en les laissant à La Havane malgré leurs problèmes de santé, en leur cachant les risques encourus, et en tardant à les faire soigner.

« Il y a eu d’énormes délais entre le moment où le gouvernement a eu assez d’informations pour agir et le moment où il a réellement mis en place les évaluations d’experts capables de détecter, d’analyser et de soigner ces problèmes », déplore l’une des victimes du « syndrome de La Havane », qui s’est confiée au Devoir en réclamant de conserver l’anonymat puisqu’elle travaille toujours pour le gouvernement.

« Ce délai a un coût sur tout ce que nous avons vécu pendant cette année-là, à nous battre pour avoir des réponses parce que le gouvernement a minimisé cette problématique et nous a coupés de toute information de valeur pour prendre des décisions éclairées par rapport au risque », regrette cette source.

Les quatorze plaignants souffrent encore de divers symptômes, qui s’apparentent à ceux d’une commotion cérébrale. Le mal mystérieux qui les a frappés à Cuba — et dont la source demeure inexpliquée — a en outre laissé des lésions cérébrales semblables à celles d’un traumatisme crânien.

Lors de leur affection, adultes et enfants se sont mis à souffrir de maux de tête, de nausées, d’étourdissements, de problèmes de vision, ou de saignements de nez si abondants qu’on aurait dit qu’un meurtre avait eu lieu dans la maison, relate notre ex-diplomate.

De retour au Canada, ces symptômes ont perduré. Au point où certaines personnes peinent à travailler ou à effectuer des tâches du quotidien. Certains des enfants ont du mal à poursuivre leur scolarité, souffrant de problèmes de concentration ou d’hypersensibilité au bruit.

« Le Canada a très mal géré la crise grandissante », argue la requête judiciaire. « Même s’il connaissait très tôt les risques du syndrome de La Havane, le Canada a continué de mettre ses diplomates et leurs familles en danger », allègue le document, accusant le fédéral d’avoir « minimisé ou nié les risques » et « fait passer les intérêts de puissances étrangères avant ceux de ses propres diplomates et de leurs familles ».

Notre source est d’avis que le gouvernement « ne prenait pas le problème au sérieux […] n’ayant pas d’explication politique au fait que des Canadiens soient visés, ou que des enfants soient visés ».

Justin Trudeau a assuré jeudi que son gouvernement avait pris la situation au sérieux dès le départ. « Nous travaillons avec les autorités locales et avec la GRC pour déterminer exactement la source de ces perturbations », a fait valoir le premier ministre. La poursuite parle d’« armes soniques ou acoustiques ».

Notre source relate cependant que le gouvernement a tardé à les diriger vers des spécialistes — un an après que les Américains ont eu droit aux mêmes soins et quinze mois après que les premiers Canadiens ont ressenti des symptômes. L’une des familles a fini par se rendre par ses propres moyens en Pennsylvanie, pour consulter les médecins qui soignent les diplomates américains qui souffrent des mêmes maux.

Les plaignants avaient envoyé une mise en demeure à la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland, afin de réclamer la négociation d’une compensation. Sans nouvelles, une semaine plus tard, ils ont intenté leur poursuite.

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Des diplomates canadiens ont discrètement soutenu l’opposition vénézuélienne

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Le politicien reconnu par le Canada et ses alliés comme le véritable dirigeant du Venezuela a exhorté ses partisans réunis à Caracas vendredi à « garder le cap » s’il aboutit derrière les barreaux.

Cette déclaration défiante de Juan Guaidó constitue le plus récent rebondissement dans la crise politique vénézuélienne. Deux jours plus tôt, le politicien de 35 ans s’était autoproclamé président par intérim de son pays, après l’investiture contestée de Nicolas Maduro — que le Canada voit comme un dictateur.

La Presse canadienne a appris qu’un travail de longue haleine se cache derrière cet enhardissement de l’opposition. Les diplomates canadiens à Caracas et leurs homologues latino-américains ont travaillé plusieurs mois afin de coaliser les partis de l’opposition derrière Juan Guaidó.

Selon une source, le 4 janvier a marqué un moment décisif. Le Groupe de Lima — le bloc qui inclut le Canada et plus d’une douzaine de pays d’Amérique latine — s’est opposé à l’investiture imminente de Nicolas Maduro, en rejetant sa victoire électorale du printemps dernier et en ne reconnaissant la légitimité que de l’Assemblée nationale.

« Ils cherchaient vraiment un soutien international quelconque afin de s’accrocher à une raison de s’unir et de présenter quelqu’un comme Juan Guaidó », a expliqué une source.

La Presse canadienne a interrogé de hauts responsables du gouvernement canadien, qui ont requis l’anonymat en raison du caractère délicat de la crise au Venezuela. Ils ont détaillé le rôle du Canada dans l’aide apportée aux forces démocratiques locales pour sauver ce pays de la spirale économique et politique qui a contraint trois millions de Vénézuéliens à fuir.

La tradition diplomatique canadienne

Le Canada avait anticipé les événements de cette semaine puisque ses diplomates ont maintenu des contacts étroits avec M. Guaidó et d’autres membres de l’opposition.

« Nous sommes à leur écoute. Nous écoutons la diaspora au Canada et ailleurs dans le monde et nous faisons ce que nous pouvons », a déclaré une source.

La discrète intervention de la diplomatie canadienne a été menée en tandem avec des alliés du Groupe de Lima tels que le Chili, le Pérou, la Colombie et le Brésil. Cette démarche s’inscrit dans une tradition diplomatique canadienne qui comprend entre autres les efforts déployés dans les années 1980 pour protéger les dissidents chiliens sous la dictature de Pinochet.

En 2000, le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Lloyd Axworthy, avait dirigé une mission multilatérale au Pérou qui a renversé l’homme fort Alberto Fujimori, rappelle l’ancien ambassadeur du Canada au Venezuela, Ben Rowswell.

« La tradition ici veut que le Canada adhère aux principes des droits de la personne et de la démocratie et qu’il prenne des mesures pragmatiques sur le terrain pour débloquer les situations politiques », a fait valoir M. Rowswell.

Le Groupe de Lima est né après le départ de M. Rowswell en 2017, et le Canada a alors commencé à œuvrer au sein de cette coalition, qui n’inclut pas les États-Unis.

Un travail d’unification

La victoire de Nicolas Maduro aux élections du 20 mai 2018 a galvanisé les efforts du Groupe, qui a continué de concentrer leurs efforts sur l’unification d’une opposition fracturée.

Les principaux opposants susceptibles de diriger une éventuelle coalition, Léopold Lopez et Julio Borges, présentaient certains problèmes. M. Lopez est maintenu en résidence surveillée depuis 2014, tandis que M. Borges vit en exil.

C’est ce dernier qui aurait suggéré Juan Guaidó, selon une source.

À la mi-décembre, M. Guaidó a effectué un voyage clandestin à Washington pour informer les autorités américaines de sa stratégie. Il a traversé la frontière avec la Colombie en secret, afin que les agents d’immigration vénézuéliens ne sachent pas qu’il avait quitté le pays et tentent possiblement d’empêcher son retour.

Au fil des discussions entre les factions de l’opposition vénézuélienne, celles-ci ont commencé à mettre de côté leurs divergences, rapporte une source. Bien que tout le mérite revienne aux groupes de l’opposition, indique une source, les diplomates canadiens ont pu les aider en « facilitant les conversations avec des gens qui étaient à l’extérieur et à l’intérieur du pays » avec d’autres diplomates.

Deux présidents

M. Maduro a finalement été assermenté avec le soutien de pays tels que Cuba, la Russie et la Chine.

Après que M. Guaidó se soit déclaré président par intérim, mercredi, des Vénézuéliens sont descendus dans la rue à travers le pays. En conférence de presse vendredi, Nicolas Maduro s’est dit ouvert à discuter avec l’opposition, mais a qualifié la déclaration de son adversaire d’« un acte désespéré » soutenu par le gouvernement américain.

Des responsables canadiens ont précisé que, bien que des dirigeants américains tels que le président Donald Trump, le vice-président Mike Pence et le secrétaire d’État Mike Pompeo eurent également dénoncé le régime de Maduro, il n’y a pas eu de coordination directe entre le Groupe de Lima et Washington.

En ce qui concerne les rassemblements de cette semaine, les Vénézuéliens en sont entièrement responsables.

« Ça a été complètement fait par l’opposition et leurs gens sur le terrain au Venezuela, a déclaré un représentant gouvernemental. Nous n’aurions pas pu les aider à parvenir à ce point […] s’ils n’en avaient pas la volonté et n’étaient pas prêts à prendre le risque. »

Le cabinet du premier ministre rapporte que Justin Trudeau s’est entretenu samedi avec le président colombien, Ivan Duque Marquez. Les deux dirigeants ont réaffirmé leur soutien à M. Guaidó et se sont engagés à continuer de « promouvoir la démocratie, l’État de droit et les droits de la personne au Venezuela », notamment à travers leur travail au sein du Groupe de Lima, selon le cabinet.

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